Claire & Yvan GOLL

01 octobre 1999

Biobibliographie Yvan Claire Goll 1924 à 1930

Surréalisme [1] n° 1 - Octobre 1924 - Directeur Ivan Goll, collaborateurs : Guillaume Apollinaire, Marcel Arland, P. Albert-Birot, René Crevel, Joseph Delteil, Robert Delaunay, Paul Dermée, Ivan Goll : Manifeste du Surréalisme & Exemple de Surréalisme : le cinéma, Jean Painlevé, Pierre Reverdy - 16 feuilles - 26 cm., avec une illustration de Robert Delaunay

Paris 27, rue Jasmin.

Le Journal Littéraire n° 26 - 18 octobre 1924 : Surréalisme et surréalité [2]

Montparnasse, 9ème année (nouvelle série) n°37 - Mensuel, 1er nov. 1924.

Dir. Géo Charles. Ivan Goll :* Assez (14 vers)

La Revue Européenne II - n°21 - 1er nov.1924

Tibor Déry : La grande vache , trad. Illyés + Goll

Das Dreieck. Jahrgang 1, Heft 3, November 1924 Monatsschrift für Wissenschaft, Kunst und Kritik. Hrsg. von Walter Gutkelch, Jo Lhermann.

Mit Beiträgen von Gustav Landauer, Claire und Ivan Goll : Poèmes d'Amour p.79, Ernst Blass, Egon Erwin Kisch, Léo Lania, Günther Stern, Albert Ehrenstein u.a.

Berlin : Dreieck Verlag Gerhard Fuchs. 1. 1924

Le Mouvement Accéléré , Mensuel - Organe accélérateur de la Révolution artistique et littéraire 2 ème année — Novembre 1924 . Directeur : Paul Dermée . Collaborateurs :

Céline Arnauld , René Crevel , Paul Dermée: Pour en finir avec le Surréalisme, Ivan Goll: Surréalisme jusqu’au bout , Armand Henneuse , Vincent Huidobro , François Kupka , Francis Picabia , G. Ribemont-Dessaignes , Eric Satie .

Pour en finir avec le Surréalisme

Oui, le fer fut engagé à propos du Surréalisme. M. Breton s'était éveillé, un beau matin de cet été, ébloui d'une trouvaille qu'il avait fait en rêve: un mot : « Surréalisme », et une théorie de l'inspiration !

On sait que les rêves nous dupent souvent et nous font prendre pour trouvaille ce qui n'est que larcin .

M. Breton, très malin, mais fort suffisant, feignit de croire à son rêve et redécouvrit donc le Surréalisme . Beau tremplin de publicité en vérité !

Ouais ! Mais et le mot, et la théorie, et la poésie qui en résultait, nous étions plusieurs à les avoir trouvés ou pratiqués depuis longtemps . Dès 1917, Apollinaire avait pris pour son œuvre l'épithète « Surréalisme » .

La longanimité est sans doute de mise avec les mégalomanes. Mais à certains moments il est utile de leur délivrer un petit uppercut comme avertissement.

En voici un, porté dans les colonnes du Journal Littéraire , du 30 août dernier, qui , paraît-il, a mis la mâchoire de M. A. B. en très piteux état . Il n'avait pas voulu cela !

Paris, ce 26 août 1924:

Cher monsieur,

M. Breton m'est témoin que j'ai systématiquement évité, jusqu'à présent, d'ouvrir les hostilités contre lui, malgré les notes tendancieuses qu'il faisait passer dans les journaux.

J'avais, moi aussi, effectué un repli de 10 kilomètres afin d'éviter les escarmouches d'avant-postes. Car j'étais et je reste persuadé que la cause de la poésie nouvelle n'a rien à gagner à ses querelles publiques, et je proclamais dans le premier numéro d'Interventions :

« L'ennemi n'est pas à gauche ! »

Mais puisque la guerre est déclarée, hardi ! Je la mènerai brutalement. M. Breton sait que je n'ai peur de rien ni de personne, et que je n'ai aucun intérêt à ménager.

Tout d'abord, je trouve suprêmement ridicule de vouloir, ainsi qu'il le fait, accaparer, quand cela lui chante, un mouvement de rénovation littéraire et artistique qui lui est bien antérieur et qui dépasse de beaucoup en ampleur sa petite personne agitée.

C'est pour donner une nouvelle impulsion à ce mouvement, qu'avec mes amis Ozenfant et Jeanneret, j'ai créé, en 1920, la grande revue L'Esprit Nouveau. Et je me suis appliqué, depuis lors, à maintenir en vigueur le terme de surréalisme qui, je le croyais, pouvait échapper aux petites polémiques de chapelle.

Depuis un an, je recherche méthodiquement, au cours d'une série d'études que publie L'Esprit Nouveau, en quoi Baudelaire, Poe, Borel, Lautréamont (et bien d'autres plus importants encore qui auront leur tour) sont les annonciateurs de la poésie nouvelle.

Et c'est à ce moment que M. Breton, trouvant les marrons cuits à point, prétend les retirer du feu ! Il s'y brûlera les pattes, je l'en avertis.

Asphyxié par le cadavre de Dada, qu'il a tué par sa cautèle arriviste et son petit esprit d'intrigue, M. Breton cherche en vain une bouffée d'air pur. En vain ! L'aventure se renouvellera sans cesse : M. Breton est condamné à vivre sur des cadavres.

Mais sa sotte vanité ne trouvant à se satisfaire ni par un lyrisme intérieur, dont il est tristement privé, ni par une vie aventureuse à laquelle sa pleutrerie ne peut se décider, M. Breton se console en arborant agressivement de fausses décorations.

Il prétend capter après coup le Mouvement Dada, qui, créé en Suisse par Tristan Tzara [ et Francis Picabia ( censuré ) ] existait depuis cinq ans lorsqu'il lui apporta son humble adhésion.

Il prétend posséder en monopole, à la faveur de vagues notules, et Lautréamont (réimprimé dès avant la guerre par Vers et Proses, et si lu, si discuté à Montparnasse dès 1914 , et Borel (dont M. Pierre Marie a donné il y a plusieurs années, une si remarquable biographie, en même temps qu'une réédition soignée, — M. Breton l'ignorerait-il ? ) et Verlaine, et Germain Nouveau et tant d'autres... Ceci n'est-il pas vrai, est tout bonnement grotesque.

Enfin, où M. Breton a-t-il pris les caractères du surréalisme qu'il veut bien nous révéler dans sa lettre ? Mais tout simplement dans mon étude : Découverte du Lyrisme (« Esprit Nouveau », octobre 1920), dont il reproduit les termes mêmes... ce qui ne va pas sans me flatter...

Et ce n'est pas tout : j'aurais bien d'autres choses à dire... Mais permettez-moi, cher Monsieur, de ne point abuser de votre hospitalité.

Tout ce que j'avance dans cette lettre est malheureusement vrai. Mais il aurait fallu de multiples notes pour éclairer la critique , qui n'y regarde pas de très près .

On fait donc déjà honneur du Surréalisme à M. A. B. Toutes mes félicitations, chers confrères de la critique des journaux et même des petites revues . Tout l'honneur est pour vous .

M.A.B. a pissé sur la mariée, nous n'en voulons plus. A lui donc le mot surréalisme, et que le bonheur habite la couche des époux. Nous sommes sûrs que M. A. B. ne lui fera pas d'enfant .

Mais notre mésaventure n'est pas grave car M. A. B. s'est simplement laissé pipé par un mot .

Ma théorie du lyrisme, dont il a pillé un chapitre, — le seul qu'il a connu sans doute, — il en a fait tout au plus grimacer grotesquement un coin de lèvre . Quant au reste, il n'en a rien soupçonné .

Elle reste indemne , donc , ma théorie du Panlyrisme .

Quant à l'essence et aux ressources de la poésie nouvelle , l'aventure est plus amusante encore .

M. A. B. n'a vu que certains aspects qu'il a raclés à la hâte, dans toutes les oeuvres, pour en composer un plat de poissons pourris .

Mais, pauvre Monsieur, une œuvre publiée, c'est déjà du passé, une étape franchie, un feu de campement qui s'éteint . Décidément, vous serez toujours en retard d'une bonne journée !

Nous , nous laissons à leur maigre gîte et à leur fatigue les traînards du surréalisme .

Nous jouons sur le trottoir roulant du Mouvement accéléré . PAUL DERMEE

Ivan Goll nous écrit : Surréalisme jusqu’au bout

Mon cher Paul Dermée ,

La revue « Surréalisme » a été fondée dans l'unique but de conserver à la poésie nouvelle la véritable marque de celui dont on peut à juste titre dire qu'il en fut l'annonciateur : Apollinaire. En effet , il a , après Rimbaud , donné à la France ce lyrisme transcendant , qu'elle n'avait pas connu depuis des siècles . Et il est important de lui attribuer, à lui , la gloire d'avoir trouvé le mot magique par lequel on évoquera tout ce que la poésie d'aujourd'hui et de demain peut représenter : surréalisme . Ce mot a été défini dans le n°1 de Surréalisme . Tout le monde sait , que d'autres ex-disciples d'Apollinaire , utilisent ce mot pour des fins tout autres ; ils fondent un syndicat d'initiative pour l'enseignement du génie poétique : modes d'emploi , recettes , réussite , garantie . Nous ne reviendrons pas sur cette question que tout le monde connaît . Plus tard les deux surréalisme se confronteront . Les deux , en effet , il n'y en a que deux . Les courriéristes se trompent qui les comptent d’après les revues qui paraissent . Et le compte promet d'ailleurs de se faire plus facile encore , puisque voici que vous , Paul Dermée abandonnez . C'est votre affaire . Vous me dites bien , que vous ne vous désolidarisez pas du « Surréalisme », mais vous ne vous appellerez plus ainsi . Vous avez tort . Dans un récent article du "Journal Littéraire" je vous appelai un héritier du patrimoine d'Apollinaire , de son surréalisme . Devant votre carence , je me sens d'autant plus qualifié pour tenir à jour le compte Surréalisme .

Ivan Goll.

post-scriptum Accéléré. — Ivan Goll sait que nous n'abandonnons qu'un mot . Mais la réalité ou surréalité — qu'il couvrait de son pavillon , nous y courons au contraire au pas accéléré .

Quant au « patrimoine » d'Apollinaire , nous tenons dès aujourd'hui à formuler des réserves . Non , Apollinaire n'est pas un dieu terme . C'est une borne milliaire qui est déjà loin derrière nous . Par delà Apollinaire , en avant !

PAUL DERMEE

Die schöne Literatur Jg. 25, n° II, 15 nov. 1924

p. 441 : Iwan Goll, Satirisches Drama Methuselem.

C.A.P. I - 1924. Critique, Art, Philosophie. Bulletin mensuel d'Art et de Littérature.

Directeur : Maurice Hiver. Ivan Goll : Printemps de Londres p. 3

Paris. 1. 1924 - 4. 1927.

Das Tagebuch 5 - 1924 Iwan Goll : Prozess Germaine Berton p.9-10

Das Tagebuch 5 - 1924 Iwan Goll : Pariser Theater II : Die Avantgardisten Theater

p. 149 à 152

Das Tagebuch 5 - 1924 : Iwan Goll : Pariser Chansons. p. 633 à 635

Die Kassette - 1924 : Cahier spécial Georg Kaiser. Iwan Goll : Georg Kaiser, Dynamit p.7

Le Disque Vert 2è année n°4-5 - 1924. Revue mensuelle de Littérature, Directeur Franz Hellens - Numéro spécial Charlot (Charlie Chaplin).p.71-72 Paul Fierens : Charlot little titch et la poésie. Bruxelles

L'Arc -[3] anthologie,

p. 73, Claire Goll : * Gedicht & p. 74, Ivan Goll : * Angelus in Paris

Les Editions de L'Arc, 1924

Verse der Lebenden. Deutsche Lyric seit 1910. (211 p.)

Herausgegeben von Heinrich Eduard Jacob.

Johannes R. Becher, Gottfried Benn, F.W. Bischoff, Ernst Blass, Paul Bold, Bertolt Brecht, Georg Britting, Max Brod, Rudolf Fuchs, Iwan Goll : * Die Bürgering, Die Kindsmörderin, Frühling p.77-78-79 ; Hasenclever Walter, Heym Georg, Jacob Heinrich Eduard, Klabund, Klemm Wilhelm, Landau Lola, Loerke Oskar, Mayer Paul, Neumann Alfred, Rheinhard Emil Alfons, Schickele René, Schnack Anton, Schnack Friedrich, Stadler Ernst, Trakl Georg, Wegner Armin T., Weiss Ernst, Werfel Franz, Wesse Kurt, Wolfenstein Alfred, Zech Paul, Zoff Otto .

Im Propylaën-Verlag. Berlin 1924

Zweite, durchgesehene und ergäntzte Auflage (214 s.) Im Propylaën-Verlag Berlin 1927

Dritte durchgesehene und ergäntzte Auflage (232 s.)Im Propylaën-Verlag. Berlin 1932.

Iwan Goll : * Der Eiffelturm, Gesammelte Dichtungen.

Der neue Orpheus (1923), Paris Brennt (1921), Astral (1917), Noemi (1915), Der Panamakanal, (1912), Die Chaplinade (1920) [4], Lyrische Dichtungen : A) Drahtlos vom Eiffelturm ( neue Gedichte) : Ode à Paris (1918), Ode à Berlin (1918), Ode an London (1923), Für eine neue Mythologie (1923), Des Dichters Tod, Süd, Katze, Frau auf dem Boulevard, Kölner Dom, Der letzte Romantiker; B) Erinnerungen aus der Unterwelt (1917) : Karawane der Sehnsucht, Reise ins Elend, Das Kälbchen, Die Kindsmörderin, Die tote Bürgerin, Der Weichensteller, Trauermarsch, Demonstration, Der Variété-Neger, Birnbaum im Baugelände, Die Ahornallee, Herbst-Seele, Welle und Wolke, Bäume, meine Brüder, An den Hügel ; C) Der Schmerz der Schöpfung ( 1916 ) : Schöpfung des Menschen I-III, Frühling I-IV, Sonne I-III, Mond I-V, Wald I-III ; 127 pages, avec dessins de Fernand Léger et de Robert Delaunay - portrait d'Iwan Goll par R. Delaunay,

Berlin, Verlag Die Schmiede, 1924

Iwan Goll : Der Stall des Augias (Les écuries d'Augias) Tragédie [5]

Berlin, Verlag Die Schmiede, 1924 ( 75 pages )

Anthologie de la Nouvelle Poésie Française.

Pierre Albert Birot, Guillaume Apollinaire, René Arcos, Marcel Arland, Charles Baudelaire, Bertrand Aloysius, Francis Carco, Blaise Cendrars, Paul Claudel, Jean Cocteau, Charles Cros, Tristan Derème (pseudonyme de Philippe Huc), Fernand Divoire, Pierre Drieu La Rochelle, Isidore Ducasse (Comte de Lautréamont), Georges Duhamel, Luc Durtain, Léon Paul Fargue, Georges Gabory, Francis Gérard, André Germain, André Gide, Jean Giraudoux, Ivan Goll [6]: Printemps de Londres (inédit p.368 à 370) Acacia, Départ, Soleil (Le Nouvel Orphée p.371), Max Jacob, Francis Jammes, Alfred Jarry, Pierre - Jean Jouve, Jules Laforgue, Valéry Larbaud, Henry Jean - M. Levet (pseudonyme Levey), Mathias Lübeck, Pierre Mac Orlan, Maurice Maeterlinck, Stéphane Mallarmé, François Mauriac, Oscar - Vladislas de Lubicz Milosz, Comte Robert de Montesquiou-Fezensac, Henry de Montherlant, Paul Morand, Gérard de Nerval, Germain Nouveau, Charles Péguy, Jean Pellerin, Marcel Proust, Raymond Radiguet, Pierre Reverdy, Georges Ribemont-Dessaignes, Arthur Rimbaud, Jules Romains, Raymond Roussel, André Salmon, Philippe Soupault, André Spire, Jules Supervielle, Paul-Jean Toulet, Tristan Tzara, Paul Valéry, Emile Verhaeren.

Editions du Sagittaire, Kra, Paris, 1924.Edition revue et augmentée, 446 pages.

Le théâtre surréaliste (Théâtre Albert Ier), Revue mensuelle.

Fondateur, directeur et rédacteur : Ivan Goll (sans date), 1924 ou 1925

Montparnasse n°38 -10ème année ( nouvelle série ) 1er janvier 1925 . Mensuel .

André Salmon, Claire Goll : Poème d'amour [7] p.3 ; Georges Linze, Géo Charles, Paul Husson, Jean Marembert, Du Marboré, A.P. Gallien . Grand in -4 broché .

Montparnasse n°39 -10ème année ( nouvelle série ) 1er février 1925 . [8]

Les Cahiers du Mois 8 - Janvier (mensuel) 1925 : Critique. Directeurs : François et André Berge, secrétaire de Rédaction : Maurice Betz ; 128 pages.

Sommaire : A propos du Surréalisme :

I. Révolution, Surréalisme, Spontanéité (René Crevel)

II. André Breton et le Surréalisme (André Desson)

III. André Berge) [9]

Insuffisances : J. P. Palewski

MA - XI - 1 - 15 juin 1925 - AKTIVISTA FOLYOIRAT. Das Junge Schlesien

Szerkesztik : Kassak Lajos

Ernst Joseph : Surréalisme[10] (sans pagination )

Wien 1925

Das Dreieck. Jahrgang 1, 1925 - Iwan Goll : Le Cinéma p.185-86

Das Dreieck. Jahrgang 1, 1925 - Heft 4-5 (Sonderheft " Die Lyrik der Generation " )

" Eine Anthologie unveröffentlichter Gedichte sechzig deutscher Autoren " .. Mit Beiträgen von Becher, Brecht, Goll : * An den Eiffelturm, * Gaslaterne, * Narkose p. 18, Henriette Hardenberg, Max Hermann-Neisse, Wieland Herzfelde, Paula Ludwig, Walther Petry, Ernst Toller u.v.a. Berlin, 1925

Maurice Martin du Gard : Feux Tournants, Nouveaux Portraits Contemporains : André Breton [11], p.119. Paris, Camille Bloch, Editeur 1925

Iwan Goll : Germaine Berton, die rote Jungfrau.[12] Couverture de Georg Salter, autoportrait et lettre fac-similé de Germaine Berton (20-7-22) et 5 dessins de L. Behrings Aussenseiter der Gesellschaft — Die Verbrecher der Gegenwart, Band 5 (1925)

Verlag Die Schmiede, Berlin 1925 (77 S.)

Blaise Cendrars : Gold, Die Fabelhafte Geschichte des Generals Johann August Suter. Deutsche Ausgabe von Iwan Goll - Erste Ausgabe, 256 S.

Rhein Verlag, Basel - Zürich - Leipzig - Paris - Strassburg (sans date) 1925

Blaise Cendrars : Gold (L'Or), Die Fabelhafte Geschichte des Generals Johann August Suter. Deutsche Ausgabe von Iwan Goll -193 S.

Berlin, Volksverband der Bücherfreunde 1925

Jean Maxe : L'Anthologie des Défaitistes

Préface d'Emile Buré à compléter

1925

Claire Goll : Journal d'un Cheval - Les Mémoires d'un Moineau

Avec un dessin de Chagall & un dessin de Delaunay

petit -8°.67 p. Première édition 300 ex. Bibliothèque Alsacienne/ Elsässische Bibliothek

Bâle - Editions du Rhin - Strasbourg (1925 )

Claire et Ivan Goll : * Poèmes d'Amour . 60 p.

Avec quatre dessins de Marc Chagall. - 600 exemplaires sur Vergé numérotés de 1 à 600 et 25 exemplaires sur Hollande numérotés de I à XXV et signés par les auteurs et le dessinateur -

1925 Paris, Chez Jean Budry & Cie.

Ceux qui viennent, n°4 - Juillet /Août 1925. Les numéros 1 à 3 in-8 carré et Nouvelle série n°1 à 6 in-4° oblong (au total 9 numéros).

Revue d'orientation surréaliste de Guy-Lévis-Mano. Collaborations littéraires :

Guy-Lévis-Mano, H. Izdelbeska, M. Sauvage, G. Poulain, P. Brasseur : Chez Ivan Goll [13]. Nombreux bois gravés et reproductions de dessins par R. Barriot, R. Baclet, J. Moreau, J. Beysom, G. Poulain, E.P. de Leusse, R.Y. Creston, G. Piaggio, Taffy.

Le disque vert n°3 - 3 ème année - 4 ème série, 1925.Directeurs : Franz Hellens et Henri Michaux ; 68 pages. Sommaire : Jean Prévost, Paul Desmeth, Jules Supervielle, Robert de Geynst, Antonin Artaud, Franz Hellens, Henry Michaux, Robert Marin, Maurice des Ombiaux, Henry Dommartin. Notes sur les livres : Franz Hellens [14] : Claire et Ivan Goll, Poèmes d'amour - Dessins de Chagall (Budry) p.58 et 59.Paris, Bruxelles.

Europa, Almanach : Herausgegeben von Carl Einstein und Paul Westheim : Malerei, Literatur, Musik, Architectur, Plastik, Bühne, Film, Mode.

Gr.8°, 282 S., 14 S. avec de nombreuses reproductions und 1 Musikbeilage : Komposition " Fuge VI für Orgel oder Klavier zu 3 Händen " von Lionel Feininger.

Avec des textes de Barlach, Braque, Brecht, Cendrars, Chagall, Cocteau, Czacky [15], Dix, Ensor, Feininger, Gide, Claire et Iwan Goll : Poèmes d'Amour : à Claire [16] p. 146 / 147, J. Gris, Grosz, H.H. Jahnn, Kandinsky, E.L. Kirchner, Kokoschka, Kubin, Lasker-Schüler, Le Corbusier, Léger, El Lissitzky, Loerke, A. Lothe, Macke, Majakowsky, Malewitsch, Mehring, Meidner, Modigliani, Nolde, Ozenfant, Benjamin Péret, Picasso, Ezra Pound, Reverdy, Rimbaud, Erik Satie, Oskar Schlemmer, Schlichter, Severini, P. Soupault, Toller, Melchior Vischer, R. Vitrac, Vlaminck

Postdam, Kiepenheuer 1925

Kiepenheuers Tabatière 1925 -H.1:Herausgegeben von Hermann Kasack und Edleff Köppen

Iwan Goll : Erde in der Nacht. Hermann Kasack gewidmet. p. 9

Postdam: Gustav Kiepenheuer Verlag, 1925.

Menorah Journal 11 - 1925.Ivan Goll : Expressionistic poets of Germany p.28 à 33

Das Kunstblatt 9 - 1925. n°2 - Iwan Goll : Der neue Pariser Chagall p.60 à 62

La revue Européenne IV ème Année n°35 - 1er Janvier 1926 (mensuelle) Sommaire :

Les livres du mois : p.73 et 74, Jean Cassou [17]

Die Literatur 28 - 1925/26.Scheller Will : p.419/420 Iwan Goll : Der Stall des Augias. Tragédie en cinq actes. Création au Petit Théâtre de Kassel 27.2.1926

Ivan Goll : Assurance contre le Suicide ; représentée à Paris au Studio Art et Action, 20 et 21 mars 1926

Claire et Ivan Goll : * Poèmes de Jalousie.

Avec une eau-forte originale et deux dessins de Foujita -

300 Exemplaires sur Vergé antique numérotés de 1 à 300 et 33 exemplaires sur Hollande numérotés de I à XXXIII, signés par les auteurs et le dessinateur .- 46 p.

Chez Jean Budry & Cie (avril)1926, Paris.

Teatro - IV -n° 6-7, Juin - Juillet 1926 : p.2-4 : Ivan Goll, par Cesare Giardini (avec portrait de Goll par Delaunay) et p.16 à 24 : La Chaplinade, ovvero Charlot Poeta, Poemo cinematografica di Ivan Goll, nella traduzione di Cesare Giardini. Avec dessins de G. Grosz et F. Léger. Milan 1926

Ceux qui viennent, n° 9 - Juillet / août 1926. Nouvelle série (au total 9 numéros)

Revue d'orientation surréaliste de Guy-Lévis-Mano [18].Collaborations littéraires : Guy Lévis-Mano, H. Izdelbeska, M. Sauvage, G. Poulain, P. Brasseur,

Nombreux bois gravés et reproductions de dessins par R. Barriot, R. Baclet, J. Moreau, J. Beysom, G. Poulain, E.P. de Leusse, R.Y. Creston, G. Piaggio, Taffy..in-4 oblong

"900 "- Cahiers d'Italie et d'Europe - n° 1, Cahier d'Automne 1926 . Fondateurs :

Massimo Bontempelli - Curzio Malaparte. [19]

Proses de : Bontempelli - Mac Orlan - Barilli - Alvaro - Gomez de La Serna - Soupault - Kaiser : " Juana " p.67 à 83 (Tragédie en un acte : traduction française d'Ivan Goll) - Emilio Cecchi - Aniante - Solari - Joyce - Goll : " L'Eurocoque " [20] p.132 à 138 - Campanile - Spaini - Mouratoff - Nino Frank : Astérisques [21] (p.185) - Alberto Cecchi Dessins de : Oppo - Conti - Lydis - Rosai.

Editions " La Voce " Roma - Firenze

La Presse - 1er octobre 1926 [22]

Comoedia XVIIIè année - Jeudi 11 novembre 1926 ( N° 4316 pour le 16 octobre 1924 )

Directeur : Gabriel Alphaud

Marcel Berger : A propos d'une bagarre [23]

Die literarische Welt 2 n° 3 - 1926 - Herausgegeben von Willy Haas. Berlin.

Iwan Goll : Revuen. Die Neger erobern Europa p.3/4

Die literarische Welt 2 n° 24/25 - 1926 - Iwan et Claire Goll : Gedicht, französisch und deutsch p.9, avec un portrait de Claire et Ivan par Foujita

Die literarische Welt 2 n° 36 - 1926 - Iwan Goll : Die Rückkehr zu Gott (Über die französische zeit genössische Literatur) p.3

Das neue Dreieck 1 - 1926 : Poèmes d'amour - Claire à Ivan, Ivan à Claire p.11

Claire Goll : Neger Jupiter raubt Europa . Roman, 289 S., Erstausgabe .

Basel, Rhein Verlag, 1926 .

Claire Goll : Journal d'un Cheval - Les Mémoires d'un Moineau

Avec 1 dessin de Marc Chagall et 1 dessin de Robert Delaunay

petit -8°, 19 cm..67 p. ( 300 ex .)

Jean Budry et Cie Paris 1926

Le Journal - 1 décembre 1926 [24]

D'Artagnan - 9 Déc. 1926 [25]

?? - 31 Déc. 26 [26] rubrique " Ne coupez pas " de Paul Achard :

Der neue Orpheus, Op. 15. Cantate pour chant, violon et piano ; musique de Kurt Weill, texte d'Iwan Goll - partition pour piano d'Arthur Willner.

Universal-Edition A.G.Nr.8691, Wien - New-York 1926 [27]

Royal Palace, Musik von Kurt Weill Opus 17. Oper in einem Akt - (Opéra en 1 acte dédié à Georg Kaiser) Text von Iwan Goll [28]

Livret sans musique, in - 8 de 16 pages

Partition pour piano avec texte d'Arthur Willner, 83 pages .

Universal-Edition A.G.Nr.8691, Wien - New-York 1926

Paul Fort et Louis Mandin : Histoire de la Poésie Française depuis 1850.

Cosmopolitisme, " Poésie mondiale " [29] (Goll p.293-294 et 314). 394 p.

Toulouse, Léon Privat 1926 — Paris, Ernest Flammarion - Henri Didier 1927

D'Artagnan - 13 Janv. 1927 [30]

Die Weltbühne XXXIII, 1 (1927) : Kalenter Ossip : Die Golls (Über Claire et Yvan Goll) p.761/62; Iwan et Claire Goll : Liebesgedichte p. 986

Die literarische Welt 3 n° 4 - 30 janv. 1927 - Gespruch zwischen Mann und Frau : Claire et Iwan Goll, Liederkämpfe in Madagascar p.5

Die Weltbüne XXXIII, 2 (1927) Iwan Goll : (Der Mitropäer, Ausz.) Die drei Jünglige von heute, p. 103 à 106 ; Iwan Goll : Boulevard de Clichy (inédit) p.416 à 418

Berliner Zeitung : 4 mars 1927 [31]

Journal non identifié - 10 mars 1927 [32]

Paris-Midi - 11 mars 1927 : " Mathusalem " ou "l'Eternel bourgeois", drame - bouffe en 10 Tableaux d'Yvan Goll, musique de M. Maxime Jacob.[33]

La Croix du Nord : 12 mars 1927 - L'Exploitation du scandale [34]

L'Excelsior - 12 mars 1927 - Charles Méré : Théâtre des Mathurins " Mathusalem " ou "l'Eternel bourgeois" [35] drame - bouffe en 10 Tableaux d'Yvan Goll, musique de M. Maxime Jacob

Comoedia - 12 mars 1927 [36] : Max Frantel : Au Théâtre Michel

Ivan Goll - lettre du 12 mars à Jean Painlevé [37]

Le Journal - 16 mars 1927 [38]

Carte d'Ivan Goll du 30 mars à Jean Painlevé, Ministère de la Guerre, Paris [39]

Die literarische Welt 3 n° 11 - 20 mars 1927: Dolbin B.F. " Der neue Orpheus " und " Royal Palace " von Kurt Weill et Iwan Goll. Zur Uraufführung an der Berliner Staatsoper p.7

DEUTSCH-FRANZÖSISCHE GRUPPE / GROUPE FRANCO-ALLEMAND

Deutsch = französischer Almanach anlässlich des Gesellschaftabends am 4 Mai 1927 im Curiohaus-Hamburg . Herausgegeben von Johannes Asmus .

Sommaire : Paul Hamann, Marcel Roland, Heinrich Mann, Henri Matisse, Henri Barbusse, Karl Scheffler, Paul Raynal, Fr. Ahlers-Hestermann, Hans Schimank, Hans Harbeck, Joachim Ringelnatz, Firmin Gémier, Franz Masereel, Walter Hasenclever, Kurt Lövengard, Eva Leidmann, Claire et Ivan Goll : Poèmes d'Amour . A Ivan : Les oiseaux me tutoient p. 38, A Claire : La nuit ta chevelure orange illuminait p.39, Paul Schurek, couverture de Kurt Lövengard 43 pages plus 17 pages de publicité /

Johannes Asmus Verlag, Hamburg 1927

UHU . 3. Jg. Heft 8 - Mai 1927 . ( mensuel ). Schriftleitung L. Feist.

Page 3, Iwan Goll : Mai - Premiere

Berlin, Üllstein, 1927

Berliner Boersen-Courier, Berlin. Jahrgang 59, Nr. 237 (Sonntag, 22. Mai 1927), 3. Beilage, p. 13. Ivan Goll: * Andante, Paula Ludwig: * Abend.

UHU . 3. Jg. Heft 10 - Juin 1927 . ( mensuel ). Schriftleitung L. Feist.

Page 68, Claire Goll : Dass Vögel sind !

Berlin, Üllstein, 1927

Die literarische Welt 3 n° 24 - 17 juin 1927 Iwan Goll : Der Homer unserer Zeit : Über James Joyce (l'Homère de notre Temps : sur James Joyce) p.1 / 2

(j'en ai la traduction)

Die literarische Welt 3 n° 25 - 24 juin 1927

Iwan Goll : suite et fin de l'Homère de notre Temps (sur James Joyce)

Die literarische Welt 3 n° 30 - 29 juillet 1927

Iwan Goll : Ein junger Lyriker : (Georg Dobo) p. 4

La Revue Nouvelle 3 ème année - n° 33/34, août/septembre 1927, in-6

(Mensuelle ) Directeur : Auguste Dewavrin . Comité de rédaction : Francisco Amunategui, Jean Cassou, Edmond Jaloux, Manuel Lelis, Georges Petit . Sommaire :

Jean Cassou, Pio Baroja, Ivan Goll : Saint-Elvire [40] p.17 à 23, Nino Frank, Bernard Nabonne, Klaus Mann .

Paris

"900 "- Cahiers d'Italie et d'Europe -n° 4, Cahier d'Eté 1927 . Fondateurs :

Massimo Bontempelli - Curzio Malaparte. [41] :

Proses de : Bontempelli - Ehrenstein - Barilli - Alvaro - Hellens - Divoire - Malraux - Goll : George Grosz,[42] p. 125 à 135 - Guerriero - Luciani - Cipriani - Marichalar - Frank - Chiaromonte - Liuzzi - Artieri - Radius - Spaini.

Editions " La Voce " Roma - Firenze

Die literarische Welt 3 n° 42 - 21 octobre 1927: Dolbin B.P.: Iwan Goll, Eine Sammlung autobiographischer Skizzen. Zeichnung p.3. Iwan Goll : Ein Diebstahl : Als wir uns noch 50 Pfennig pumpten p.3

Die literarische Welt 3 n° 46 - 18 novembre 1927 - lwan Goll : Hai-Kai (Bestimmung der Form und 12 Hai Kais der Liebe) p.3

Transition, n° 7-9 Revue littéraire, directeur Eugène Jolas -: Textes et illustrations de J.Joyce, W. Carlos William, Ph. Soupault, E. Jolas, M. Jouhandeau,P. Minet, H. Arp, G. Ungaretti, Calder, P. Reverdy, I. Goll…[43] p.136 : Ivan Goll, Caravan of Longings. In 12 br. 182 pages

Editorial and Business Offices, Paris, La Haye, New-York.1927

Die Weltbühne XXIII, 52 (27 Déc. 1927)

Iwan Goll : Ulysses : Sub specie aeternitatis. p. 960/ 963

Berlin (j'en ai la traduction)

Der Zuschauer. Blätter der Saltenburg-Bühnen -1927- n°4 : Iwan Goll : Sachliches Theater p. 12 à 14 et 16

Claire Goll : Eine Deutsche in Paris 170 S. Roman

Berlin, Wasservogel - Verlag, 1927

Claire et Ivan Goll : * Poèmes de la vie et de la mort.

Avec deux radiographies des têtes de Claire et d'Ivan. 350 exemplaires sur Alfa numérotés de 1 à 350 et 10 exemplaires sur Hollande numérotés de I à X - (46 p.)

1927 Paris, Chez Jean Budry & Cie

Ivan Goll : Le Microbe de l'Or, Roman [44]

Cinquante exemplaires sur pur fil Lafuma tous numérotés. In-16, 198 p.

Paris Editions Emile - Paul Frères 1927 ( 6 octobre ), Collection Edmond Jaloux.

Iwan Goll : Die Eurokokke, roman, mit neun Zeichnungen von Georges Annenkov (Paris) ; die Auflage von 900 Exemplaren in der Presse numeriert. Zehn Exemplare auf Bütten n° I bis X sind vom Autor handschriftlich signiert

Berlin, Martin Wasservogel Verlag, 1927

repris dans Dichtungen (Oeuvres) Berlin Luchterhand Verlag, 1960

- Argon, 1988 (Nachwort v. J. Sartorius, 125 p.-9 dessins d'Annenkov)

Front. VI. fronta. Internationaler Almanach der Aktivität der Gegenwart. (Almanach International du Temps Présent.) Kunst, Technik, Literatur, Soziologie, Wissenschaft, Modernes Leben (allemand, français, tchèque) [45]

Redaktion: Fr. Halas. Prusa, Zd. Rossmann, B. Vàclavek.

Iwan Goll : Brief an den Herausgeber von Front p.44/45.

Brno (Brünn)Ed. Fronta 1927.

Transition, n° 10 Revue littéraire, directeur Eugène Jolas -: Textes et illustrations de G. Stein,, Claire Goll, W. Carlos William, Ph. Soupault, G. Ribemont Dessaignes, G Antheil, E. Jolas, Chirico …in 12 br. 160 pages

Editorial and Business Offices, Paris, La Haye, New-York.1928

11 janvier 1928 : Lettre d'Ivan Goll à Gaston Picard [46]

Quelques jours plus tard, le 25 janvier 1928, à l'occasion d'une lecture au Vieux Colombier de poèmes chantés, Eluard, malade, ayant vu son nom annoncé au programme demande à Breton « d'empêcher cette saloperie et de fermer la gueule au salaud ou à la salope qui osera prononcer devant un public idiot le premier mot des poèmes qui m'appartiennent.»

Les Cahiers idéalistes français, Nouvelle série n°16 - février 1928

Revue de Littérature d'Art et de Sociologie paraissant trimestriellement sous la direction d'Edouard Dujardin, Paris.in-8 (18/24) Sommaire : Edouard Dujardin : Quelques livres nouveaux : p.64 Ivan Goll, Le Microbe de l'Or [47] (Emile-Paul)

Montparnasse, 12ème année (nouvelle série) n°50–Mars 1928. Revue fondée en 1914 par Paul Husson. Numéro spécial consacré au souvenir de Paul Husson

Dir. Géo Charles. Textes de : Romain Rolland, Emmanuel Bove, Henri Barbusse, André Salmon, Philippe Chabaneix, Paul Dermée, V. Bonnans, Ivan Goll [48], Marcel Say, Maurice Wullens, R. Gruel, Freundlich, Gustave Kahn, Henri Poulaille, Francis Carco, Bouhélier, Marcel Millet, Schneeberger, Martinie, Renée Dunan, André Fontainas, Henneuse, Paul Jamati, Guillaume Apollinaire, Albert Thibaudet, Géo Charles. Grand in-4 broché, 60 p.

Mitropa : Paris brennt / Eine ekstatische Szene mit Jazz. Vers d'Iwan Goll,

Adaptation scénique de Reinhard Braun, Musique de Franz S. Boinnier, Danses de Darja Collin. Régie et mise en scène de Gérard Rutten et Bruno Fritz. Au Central Theater d'Amsterdam, le 17 mars 1928 (Affiche du spectacle du Cabaret des artistes de Berlin)

Iwan Goll : Paris brennt. Programme et texte du spectacle de Mitropa à Amsterdam, avec portrait d'Ivan Goll par Delaunay.

La Nouvelle Revue Française -15 ème année n° 175 - 1er avril 1928

Revue mensuelle de littérature et de critique - Directeur : Gaston Gallimard, rédacteur en chef : Jean Paulhan. Albert Thibaudet, Odilon-Jean Périer, Jean Cassou, Max Jacob, Auguste Bréal, André Malraux. Revue des livres par Georges Dupeyron [49] Le Microbe de l'or d'Ivan Goll, p.571

Neï Rythmoi (Nouveaux Rythmes) mars 1928, Revue néo-grecque mensuelle : 1 poème de Claire et d’Yvan tirés de Poèmes de la Vie et de la Mort, ainsi qu’un compte rendu de ce recueil et de Poèmes d’Amour 1925, et un résumé du livre de Claire Goll Une Allemande à Paris

Drama, Grêce

Claire Goll : Une Allemande à Paris Roman In-8 191 p .

Editions Radot, Paris 1928 (12 juin)

Transition, n° 13 - été 1928 Revue littéraire, Edited by Eugene Jolas. Sommaire : Ecrivains et Poètes : James Joyce, Man Ray, Kay Boyle, Ribemont-Dessaignes, Gertrude Stein, Tzara, G. Benn, Ivan Goll p.255/256, J. Delteil, Paul Bowles … illustrations de Picasso, Man Ray, E. Atget.

Paris, Editorial and Business Offices, 1928

Die literarische Welt 4 - n° 38 -24 septembre 1928, Iwan Goll : Die Drahtseilbahn, Novelle, p.3-4

Die literarische Welt 4 - n° 39 - 1er octobre 1928, Iwan Goll : Die Drahtseilbahn, Novelle, p.7-8

Die literarische Welt 4 - n° 40 - 8 octobre 1928, Iwan Goll : Die Drahtseilbahn, Novelle, p.7-8

Die literarische Welt 4 - n° 41 - 15 octobre 1928, Iwan Goll : Die Drahtseilbahn, Novelle, p.7-8

Die literarische Welt 4 - n° 42 - 22 octobre 1928, Iwan Goll : Die Drahtseilbahn, Novelle, p.7-8

Die literarische Welt 4 - n° 43 - 29 octobre 1928, Iwan Goll : Die Drahtseilbahn, Novelle, p.7-8

Der Scheinwerfer n° 4 - novembre 1928 Iwan Goll : Soll das drama eine Tendenz haben ? Umfrage. p. 7

Neï Rythmoi (Nouveaux Rythmes) novembre 1928 - Revue néo-grecque mensuelle :

Une analyse substancielle du livre de Claire Goll Le Nègre Jupiter enlève Europe

Drama, Grêce

Ivan Goll : A bas l'Europe, Roman (version française de Der Mitropäer).

Cinquante exemplaires sur pur fil Lafuma numérotés de un à cinquante.In-16, 216 p.

Paris Editions Emile - Paul Frères, 1928 (6 nov.)- Collection Edmond Jaloux

Claire Goll : Le Nègre Jupiter enlève Europe [50] Roman, in-16, 218 p.

Paris, Les Editions G. Crès et Cie 1928 (23 novembre),"Le Beau Navire".

Claire Goll : Der Neger Jupiter raubt Europa . Roman ,

Basel, Rhein - Verlag 1928

Iwan Goll : Der Mitropäer, Roman, 243 S. Farbig illustrierter Oln.

Im Rhein - Verlag, Basel - Zürich - Leipzig - Paris - Strassburg, 1928

Jacques Beers : Trois chansons pour danser, dédiées à Madame Véra Janocopoulos. Textes des noirs de l'Afrique recueillis par Ivan Goll.

Paris, Au Ménestrel, Editions Enzel, 1928, n° H 30.038

Iwan Goll :* Die siebente Rose, Umschlagzeichnungen von Hans Arp.

(La Septième Rose, couverture de Hans Arp et signature autographe) 16 p. - 19 cm.

Verlag Poesie & C°, Paris XVI, rue Raffet 19 - 1928 (16 Bl.)

Europäische Revue 4 - 1928. Iwan et Claire Goll : Liebesgedichte p.833 / 835

Der ewige Garten, ein Buch der Einkehr von Kurt Offenburg :

Iwan Goll, * Baüme, meine Brüder [51], 18 vers p.171

Verlag der Büchergilde Gutenberg / Berlin 1928

Iwan Goll : Mathusalem (Traduction japonaise de Hugo Sakae) avec le portrait de Goll par Robert Delaunay et six illustrations de Georges Grosz pour les costumes de Mathusalem. 140 pages - 13 / 19 cm.

Tokyo 1928

Die fünf Weltteile / 1928

Ein Unidyllisches Verlegerjahrbuch, Mit einem idyllischen Dichter-Almanach von Francis Jammes. 154 pages.

Proben und Aufsätze von : Charles Andler, Blaise Cendrars, Joseph Collins, Ilja Ehrenburg, Efraïm Frisch, Claire Goll : Schwartz Weisses Ehedebüt, Mit einem Bildnis der Dichterin p.114, Iwan Goll : Vorrede zu " Das Lächeln Voltaires ". Mit dem Voltairekopf von Max Oppenheimer p.66, Iwan Goll : Drei Jünglinge von heute. Mit dem Bildnis des Dichters p. 70, Iwan Goll : Der neue Weltroman p.97, Peter Hamp, Francis Jammes, James Joyce, René Maran, Madeleine Marx, Eduard Reinacher, René Schickele, Bernard Shaw, Franziska Stöcklin, Wilhelm Van Vloten, Stefan Zweig U.A. Zeichnungen und Bilder von : Otto Baumberger, E. Bizer, Frank Buchser, Max Oppenheimer, Botto Schmidt U.A. Der Rhein-Verlag 1928 - Basel, Zürich, Leipzig, Stuttgart., Paris

Mercure de France ? -15 Janvier 1929 ( bi-mensuel ) John Charpentier sur "Agnus Dei ", roman d'Ivan Goll, Editions Emile - Paul Frères.

Mercure de France ? -15 février 1929 ( bi-mensuel ) John Charpentier sur "Le nègre Jupiter enlève Europe ", roman de Claire Goll, Editions G. Crès et Cie

Les soirées de Sagesse :

Les " Amis de Sagesse " se réunissent tous les samedis soirs, à la Brasserie Courbet, 133 Bd .Brune ( 14° )

23 février 1929 : Quelques poètes allemands contemporains .Poèmes de Rainer Maria Rilke, Ernst Toller, Karl Liebknecht, Ludwig Rubiner, Claire Studer par Jean Dorcy, E.P. Jalbert, Fernand Marc .

16 mars 1929 : Soirée réservée à l'Anthologie mondiale de la poésie contemporaine d'Ivan Goll .

Mediterranea - 3ème année, n° 27-mars 1929 Revue mensuelle, directeur Paul Castela Grd. In .4, 244 pages:. Claire et Ivan Goll : Hommage à Armand Godoy [52] p.61
Nice

Sagesse (Cahier 7) printemps 1929 [53]

Cahiers de Littérature et d'Art paraissant chaque saison.

Poèmes de Jules Supervielle, Raoul Gain, André Salmon, Ivan Goll * Moi qui ne vibrais plus p. 7, * Ah je voudrais me plaindre p.8, Pierre Gueguen, Valentine Estoup, Henri Dalby, Louis Jovent, René Maublanc, Jacques Dalléas, Jean Follain, P.A. Bréal, André Dhôtel, Roland de Noisay, Louis Emié, Emile - Pierre Jalbert, Fernand Lot, Jacques Davout, Emmanuel - Flavia Leopold, Raoul Gain, Géo Charles, Daniel-Rops, Fernand Marc, R.C. Opitz Dessins et Bois gravés de : Franz Masereel, Engel - Rozier, Hortense Begue, Albert Chazalviel . H.T. Jean Marembert et Max Feuerring. (64 p.)

Paris, Directeur Fernand Marc. Petit in - 4 broché

BIFUR -1- mai 1929 -

Rédacteur en Chef : Ribemont Dessaignes. Directeur : Pierre G. Lévy

Gottfried Benn: Elément Premier traduction d'Ivan Goll (p. 5 à 15), Blaise Cendrars, Henri Michaux, L. Pierre-Quint, Isaac Babel, Fernand Divoire, Philippe Soupault, Ch. A. Cingria, Tristan Tzara, Jean Toomer, Jean Lurçat, Paul Rosset, André Salmon, Bruno Barilli, G. Limbour, I. Ehrenbourg, G. Ribemont Dessaignes. 191 pages.

Editions du Carrefour, Paris.

Sagesse (Cahier 8) été 1929

Cahiers de Littérature et d'Art paraissant chaque saison

Poèmes de : Paule Reuss, Jean Cayrol, Oscar Cerruto, Lionello Fiumi, Ivan Goll * La Forêt ferme p. 14, Louis Parrot, Marcel Martinet, Maurice Fombeure, André Salmon, René Char, Madeleine Israël, Robert Valançay, Fernand Marc. Textes de : Jean Hytier, Pierre Menanteau, Paul Dermée.

Bois gravés, dessins et peintures de Jean Lébédeff, Delval, Mario Tazzi, Etienne Farkas, Jean Marembert, Papzoff, Auguste Sandoz, Langerman. 68 p.

Paris, Directeur Fernand Marc. Petit in - 4 broché

Sagesse (Cahier 9) automne 1929 .

Cahiers de Littérature et d'Art paraissant chaque saison

Poèmes de : Jean Hytier, Jacob Haringer, Pauvres Petites Filles, trad. Ivan Goll, Max Hermann - Neisse (A une Photographie, trad. Ivan Goll), Hannes Kuepper : Suzanne Lenglen la Divine, trad. Ivan Goll, Jean Follain, Adolphe de Falgairolle, Gabriel Audisio, Géo Charles, Georges Garampon, Madeleine Israël, René Char, Louis Parrot, Fernand Marc, René Maublanc, Jacques - Robert Duron, Nestor Miserez

Reproductions : Flouquet, W. Baumeister, Modigliani, Clergé, Le Fauconnier, Marie Vassilief, Marembert...104 pages.

Paris, Librairie Montparnasse. in - 4 broché

Ivan Goll : Agnus Dei, Roman.

50 exemplaires sur pur fil Lafuma numérotés de 1 à 5 0, In - 16, 246 p.

Paris Editions Emile - Paul Frères 1929 (6 octobre)

Claire Goll : Une Allemande à Paris Roman In-16, ( 229 p. à vérifier )

Paris, Les Editions G. Crès & Cie 1929

Claire Goll : Une Perle Roman In-16, 229 p.

Paris, Les Editions G. Crès et Cie 1929 (24 décembre)," Le Beau Navire "

Vient de Paraître : 9ème année n°89 Nov.29 Revue mensuelle des Lettres et des Arts

Léon Lemonnier : Une perle, par Mme Claire Goll p.364-365

Emile-Paul Frères Paris

Ivan Goll : Sodome et Berlin, Roman

Quarante cinq exemplaires sur pur fil Lafuma numérotés de 1 à 45. In-16, 250 p.

Paris Editions Emile - Paul Frères Editeurs 1929 ( 17 décembre)

Circe Editeur Strasbourg, 1989 - Nouvelle édition : 116 p.

La Revue Mondiale, XXX ème Année -15 novembre 1929 (ancienne Revue des Revues)

Directeur Louis-Jean Finot . p.216 [54]

Jazz - 1ère année - n° 11 - - 15 novembre 1929. L'Actualité Intellectuelle. Directrice : Titaÿna. Rédacteur en Chef: Carlo Rim. Sommaire : Titaÿna, Carlo Rim, Georges Altman, Eli Lotar, Georges Thiry, Serge, Legrand-Chabrier, Sougez, André Hunebelle, Ivan Goll : Sodome et Berlin [55], p. 497/498, Sougez. Chroniques: Paul Scize, André David, Louis Laloy, Marcel Brion. Dessins: Lubaki, Carlo Rim, Sem. Photographies: Tabard - El Lotar - Rap - Antoine - Cergely - Hansa Luftbild - Michaud - Rep - Keystone - Sougez - Jean Painlevé - Paul Martial - Wide - World - Norddeutscher-Lloyd-Bremen - Illustration.

Paris.

Montparnasse, 15ème année (nouvelle série) n°57- Novembre-Décembre 1929.

Dir. Géo Charles. Collaborateurs: Charles Dekeukeleire, Blaise Cendrars, Géo Charles, Maurice Fombeure, Aygueparse, Claire et Ivan Goll : Six Poèmes d'Amour [56], Jean Follain, Fernand Marc, Van der Cammen, André Mora, Mad. Israël, Sandoz.

Margaritone d'Arezzo, Duccio di Buoninsegna, Monteiro, Zak.

Grand in-4 broché, 20 p.

Iwan Goll : Noemi (écrit en 1915) 12 pages - Gr 8°

Berlin, Aldus Druck, 1929

Albert Londres : Schwarz und Weiss, Die Wahrheit über Afrika

(Terre d'Ebène, La Traite des Noirs ) Deutsche Ausgabe von Iwan Goll.

Agis - Verlag Wien / Berlin (224 S.) 1929.

19 Décembre 1929 : Jean-Daniel Maublanc :

Conférence sur " Ivan Goll et la poésie internationale ", au Cercle Demain, dans les salons de Floréal ( Bd. Bonne-Nouvelle, Paris.)

Audition de poèmes de Claire et Ivan Goll, Madeleine Israel, Maria-Pia Bério, Follain, Géo Charles, Bréal, Audisio, Hytier, Marc ...

par Jean Dorcy, Riera, Bréal, Dobs .

( voir " Sagesse ", dixième cahier - hiver 1929-30 p.76 )

Ivan Goll : Pascin - Essai

Illustré de 32 reproductions en héliogravure. in-16, 13 p.

Collection Les Artistes Nouveaux, publiés sous la direction de Georges Besson :

Paris, Editions G. Crès et Cie 1929 ( 24 décembre )

Technische Zeit. Dichtungen. Gesammelt von Hannes Küpper.

Essen, 1929. (Jahresgabe der Essener Bibliophilen Abends)

Die literarische Welt V - 1929 n° 5 p.7 : "Der Mann, der zwischen zwei Sthülen sitzt" (über Iwan Goll) [57]

Sagesse (Cahier 10) hiver 1929 - 30.

Cahiers de Littérature et d'Art paraissant chaque saison - Directeur Fernand Marc.

Poèmes de : Jean Follain, Raoul Gain, Marcel Sauvage, Jacques Dalléas, Louis Emié, Fernand Marc, Fernand Pouey, Jean Cayrol.

J.R. Duron, André Cayatte, O.V. de L.Milosz, Marc Seize.

Chronique des livres par J.- R. Duron, Fernand Pouey, Armand Colombat [58]:

Poèmes d'Amour - Poèmes de Jalousie - Poèmes de la Vie et de la Mort par Claire et Ivan Goll - p. 66, 67, 68.

Dessins et peintures de : Domingo, Hedley-Sandoz, Lagar, Adrienne Jouclard, Buchet, Joaquim, Mario Tozzi, André Lhote, Marembert, Bosshard, Eekman, Bottema, Gounaro, Eberl.76 p. in - 4 broché

Paris, Librairie Montparnasse.

Pierre Frondaie : Die Frau von zweimal Zwanzig [59], roman, traduction d'Iwan Goll (219S.)

Ùllstein Verlag, Berlin - 1929.

Mercure de France ? -1 janvier 1930 ( bi-mensuel ) John Charpentier sur " Une Perle ", roman de Claire Goll, Editions G. Crès et Cie


[1] Surréalisme n°1 est paru en fac-similé dans la revue Europe n°475/476 (nov.- déc. 1968), Paris, pages 111 à 126, accompagné d'un article de Claire Goll intitulé Goll et Breton pages 109-110:

En 1919, Yvan Goll publia aux Editions Erich Reiss, Berlin, sous le titre : Trois bons esprits de France, des essais sur Diderot, Mallarmé et Cézanne, qui selon une annotation dans le livre, ont été écrits en 1918.

Dans son étude sur Mallarmé, Goll dit: " L'oeuvre d'art doit surréaliser la réalité. Seule est poésie ce qui traite de l'irréel. L'art doit être une création et non une représentation. L'art commence où finit l'imitation. Jusqu'à nous l'art était un parasite de la réalité: le poème doit être lui-même son sujet. Le poète doit chanter la surréalité, non la réalité " .

Ce premier appel au Surréalisme se trouve davantage précisé dans les deux préfaces des pièces de Goll, Mathusalem ou L'éternel Bourgeois et Les Immortels, deux surdrames, publiés aux Editions Gustav Kiepenheuer, Berlin-Postdam, qui, selon de nombreux critiques allemands et anglais, " anticipent le théâtre moderne d'avant-garde ". La première de Mathusalem eut lieu en 1924 à Berlin avec des décors de George Grosz et le 10 mars 1927 la pièce fut jouée au Théâtre Michel à Paris avec Antonin Artaud dans un des rôles principaux. Dans Mathusalem, Goll inaugure également l'introduction du film sur scène.

Dans son livre German Expressionist Plays, qui vient de paraître chez Calder et Boyars, Londres, et qui contient entre autres une pièce de Kafka: Le Gardien du tombeau et le Mathusalem de Goll, le traducteur, le Professeur J.-M. Ritchie, écrit dans sa préface: " Mathusalem is an amazingly prescient work with entire scenes that reappear nearly verbatim in the much later work of Ionesco, particulary in the Bald Soprano ". Mathusalem est une oeuvre étonnamment précurseur avec des scènes entières qui apparaissent presque textuellement dans l'oeuvre beaucoup plus tardive de Ionesco, particulièrement dans la Cantatrice Chauve.

Les Editions Jean Budry, Paris, firent paraître en mars 1925 nos Poèmes d'Amour, écrits en dialogue depuis 1920. Le livre portait la bande : Collection Surréaliste, ce qui n'impliquait pas une affiliation quelconque avec Breton et ses amis. Ce recueil était suivi de deux autres, dont le dernier, Poèmes de la Vie et de la Mort, orné de radiographies de nos deux crânes, était bien dans la ligne des idées anticonformistes d'Yvan Goll.
Le 24 octobre 1924, quelques semaines, si je ne m'abuse, avant la sortie du Manifeste Surréaliste de Breton, Goll publia le numéro 1 de sa revue Surréalisme.

Breton, ignorant tout des deux manifestes allemands surréalistes de Goll, datés de 1920, ne cherche à partir de ce moment qu'un prétexte pour agresser le concurrent.

Quelques contemporains n'ont certes pas oublié le pugilat Breton - Goll au Théâtre des Champs-Elysées.

Valeska Gert, célèbre en Allemagne pour ses " danses grotesques ", y donna en novembre 1924 un récital .

(Voir L'Intransigeant du 29 octobre 1926 et du 6 novembre 1926 p.5 : Claire Goll se trompe, il s'agit du 6 novembre 1926 : voir Comoedia du 11 nov. 1926 l'article de Marcel Berger qui rend compte de l'incident .)

L'affiche portait en lettres multicolores " Danses Surréalistes ".

La salle était comble. Il y avait dans l'assistance beaucoup de nos amis: Fernand Léger, Zadkine, Pascin, René Crevel, Brancusi, Paul Dermée, Pierre Albert-Birot etc.…et les antagonistes: Breton entouré de jeunes disciples, tous armés de cannes.
Dès l'entrée en scène de Valeska Gert le groupe de Breton commença à siffler, à huer, à imiter des voix d'animaux. Au milieu de ce vacarme indescriptible, Goll se dressa et hurla: " Je vous demande un minimum de courtoisie envers une artiste étrangère ".

Ce fut le signal. Breton et ses adeptes, sachant que la danseuse était patronnée par Goll, se jetèrent sur lui, brandissant leurs cannes. Tout en tremblant pour mes dents, je m'interposais. Brusquement Goll donna un coup de poing vigoureux à Breton, qui chancela. Ses partisans, impressionnés, battirent en retraite. Aux policiers accourus, Breton pressant un mouchoir contre son oeil poché, dit avec dignité: " Ceci ne regarde pas les flics ". Suivi de ses amis il quitta la salle et Valeska Gert continua triomphalement son récital.

Goll qui était l'être le moins belliqueux que j'aie connu, ne garda aucun ressentiment envers Breton, mais celui-ci n'oublia pas la gifle pendant vingt ans.

En effet en 1940, amenés à coopérer côte à côte à la section française de l'Office of War Information à New-York, où ils préparaient les émissions destinées à la France sous la direction de Pierre Lazareff, Breton dit à Goll dès leur première rencontre: " Vous avez levé la main sur moi ". Mais bientôt il devint plus conciliant et finit par collaborer à la revue franco-américaine Hémisphères que Goll avait fondée à New-York. Il préfaça même la traduction anglaise que Goll avait faite du Cahier d'un Retour au Pays natal d'Aimé Césaire, publiée en 1945 chez Brentano's, New-York.

Les deux Surréalistes de tendance différentes étaient enfin devenus amis .

Cette version " hagiographique " de Claire Goll masque une réalité quelque peu différente. Lire la très sérieuse étude publiée par Albert Ronsin, Président des Amis de la Fondation Yvan et Claire Goll, sur les difficiles relations entre Goll et Breton dans :

Yvan Goll (1891 -1950) Situations de l'écrivain, p.57 à 74 -

Collection " Contacts ", Série II - Gallo-germanica. Volume 12 — 1994 -236 p.

Peter Lang, Editions scientifiques européennes.

Bern, Berlin, Frankfurt / M., New-York, Paris, Wien.

La lettre ci-dessous , de Goll à Breton, tapée à la machine et datée du 15 mars 1942 fait partie de la correspondance d'Yvan Goll - Fonds Yvan et Claire Goll, Bibliothèque Municipale de Saint-Dié-des-Vosges n°510.513 ff. 90:

André Breton :

Si ce n'était que pour le chagrin d'une douce petite fille, qui dut quitter une maison amie, parce que mon nom fut prononcé,

J'affronterais votre mépris, en écrivant cette lettre,

Mais c'est aussi pour mettre fin au souvenir douloureux de cette rixe à la Comédie des Champs-Elysées, que vous avez évoqué hier soir.

Dois-je vous l'avouer ? Ce coup de poing malheureux est le seul, que j'aie jamais donné à un être humain, il est le seul aussi, j'en suis sûr, que vous ayez jamais reçu dans votre vie.

Dois-je vous avouer en même temps qu'il fut un geste d'amour ? J'ai frappé votre beau visage de Jochanaan, comme Salomé, parce que je ne pouvais pas l'atteindre autrement . Ce fut un moyen suprême d'entrer en contact avec vous. J'en ai souffert plus que vous, sachant que ce fut une chose atroce pour vous.

A votre arrivée à New-York, je suis venu vers vous et je vous ai tendu la main - cette main qui vous a frappé par amour et admiration. Le globe s'est tellement rétréci ; il n'y a plus que quelques rues, hélas, quelques chambres qui s'offrent à nous. Nous serons obligés encore de nous rencontrer: nous jetterons le froid chez des amis, dans le coeur de nos femmes .

Et je suis un de vos plus fervents et plus purs admirateurs

Yvan Goll

(Ce qui est ici souligné a été rayé par André Breton qui a rajouté cette réponse manuscrite)

Il y a ici ce que je ne puis accepter et ce que j'accepte. Je vous en donne acte humainement, sans mépris. Il ne sera plus jamais bruit de cette histoire : c'est malheureusement tout ce que je puis faire, et vous rendre cette lettre

André Breton

[2] Le Journal Littéraire du 18 Octobre 1924 publie la lettre-réponse du groupe d'André Breton à un article de Pierre Morhange qui avait quelque peu critiqué le surréalisme dans son Billet de "Philosophies "n°3 du 15 septembre 1924:

" Monsieur,

Nous vous avertissons une fois pour toutes que si vous vous permettez d'écrire le mot "Surréalisme "spontanément et sans nous en avertir, nous serons un peu plus de quinze à vous corriger avec cruauté !

Tenez-vous le pour dit !

Pour le Bureau de Recherches Surréalistes

Signé: Paul Eluard, Louis Aragon, André Breton, Roger Vitrac, etc.… "

M. Morhange a répondu. Nous extrayons de sa réponse ces fragments:

"Vous me menacez de vos cruautés ; Pourquoi ne les exercez-vous ? Je dis qu’elles sont légitimes. Et elles seront accueillies par une défense efficiente et implacable, n’en doutez pas . Je donnerais ma vie pour mon honneur et je la donnerais pour la défense d’une virgule.

Ce mot qui absorbe, réjouissez-vous que nous l’enrichissions en passant. Patience ! Pour nous, vous êtes les vieux, maintenant. A vous la loi de détester la jeunesse: notre jeunesse et sa foi intruse ".

Ajoutons que dans cette lettre M. Morhange emploie le mot Dieu au moins cinquante fois.

Pour le directeur d’une revue qui s’intitule Philosophie, c’est beaucoup !

[3]Association strasbourgeoise représentant la littérature alsacienne, fondée par Henri Solveen à laquelle adhère Goll.

[4] version condensée et remaniée S.45 - 70

[5] créée à Cassel en 1927. Une traduction française de cette pièce est consultable à la Bibliothèque de Saint-Dié-des-Vosges

[6] "Ivan Goll, Né le 21 mars 1891

"Le monde moderne inspire Ivan Goll qui, par saccades, par bonds imagés, découpe et reconstruit le grand bazar où nous vivons. Cet Alsacien, qui a fait de Montparnasse sa seconde patrie, est un esprit cosmopolite. Soucieux de toutes les littératures, il est l’auteur d’une anthologie poétique des Cinq Continents (1922). L’Alsace, dit-il volontiers, était un corridor pleins de courants d’air entre l’âme de la France et l’esprit allemand qu’enseignaient les écoles. "Qui de ma génération n’y a pas contracté une bronchite ? "

Dés 1912 son Canal de Panama était un hymne à la fraternité des races. Ses Elégies Internationales expriment en 1915 l’horreur de la guerre. Son Requiem pour les Morts de l’Europe paru en allemand en 1916 se termine par un hymne à la paix. Il a traduit sous le titre Le Coeur de l’Ennemi (Les Humbles 1919) des poèmes d’écrivains allemands exprimant des sentiments analogues ".

'Il y a de nombreuses Editions de cette Anthologie, pas moins de 29 en quatre années et la pagination est alors différente).

[7] Ce poème "Aurore sans globules rouges" est repris dans : Claire et Ivan Goll : Poèmes d'Amour p.44/45 (imprimé le 20 mars 1925 avec quelques variantes ) . Egalement dans ce numéro 38 , une très intéressante analyse par Geo Charles de l'exposition du sculpteur CZAKY , à qui Claire demandera , après la mort d'Yvan, d'illustrer 2 poèmes de L'Ignifère .

[8] Dans le mensuel "Montparnasse" du 1er février 1925, Géo Charles, dans une rubrique où il traite des Revues , montre qu'il soutient le camp de Goll dans la querelle Goll-Breton (Goll a écrit plusieurs fois dans Montparnasse) , en parlant du numéro de Clarté paru le 1er janvier :

« Ce numéro constitue d'après nous le numéro-type de Clarté. Jamais la direction de cette revue ne devrait s'en écarter ; elle l'a fait parfois dans des numéros précédents; ce fut, je pense, une erreur, car on ne nous fera jamais croire, à nous sincères écrivains d'avant-garde littéraire et de gauche, gens simples, que « flirter » par exemple , avec " les petits compilateurs desséchés de Rimbaud ", sous la férule d'André Breton, magister, puisse nous être de la moindre utilité, tant au point de vue de l'Art qu'à celui des Idées que nous défendons . »

En ce qui concerne les revues belges, Géo Charles s'élève contre les propos d'un article désolant de Henri Van de Putte - qui est d'ordinaire mieux inspiré - , consacré au soporifique André Breton :

« Quel est l'artiste, le poète français digne de ce nom, qui prendrait Breton au sérieux .

Seuls ses petits amis ( ils sont trois ou quatre ), son éditeur et les contrats de publicité dudit ( exerçant la profession "d'agent de publicité", je sais à quoi m'en tenir ), ont proclamé la Gloire et le Génie de M. Breton et de son Surréalisme. »

et , après avoir cité les propos exagérément laudatifs de Van de Putte, il termine :

« Qu'à Paris, quelques personnages intéressés, " fassent la claque ", peu importe, mais qu'il y ait en Belgique des esprits que je ne puis accuser de n'être pas sincères, pour applaudir un pareil fatras littéraire, c'est à désespérer de tout .»

[9] P.29: Manifeste du Surréalisme. Poisson soluble, par André Breton (édit. Du Sagittaire)

Surréalisme n° 1(revue dirigée par Ivan Goll).

"Il y a des époques où l’art se sent à l’étroit. Il s’anime alors d’un souffle plus jeune et fait craquer son corset de conventions et de vieilles formules ; cet effort de libération s’appela jadis "Romantisme "Aujourd’hui sous une forme bien différente, ne serait-ce pas lui que l’on nomme "Surréalisme "?

L’homme, toujours pressé de définir "le Beau ", prend vite sa définition pour un idéal. Il assigne ainsi un terme précis à l’élan très imprécis qui le soulève. Puis, soudain, il s’aperçoit qu’il existe encore de la beauté au delà des limites qu’il s’était fixé ; le voici obligé de renverser ses barrières à grand fracas ! Une telle audace fait réfléchir ceux-même qu’elle effraye ou laisse un peu sceptique.

C’est justement parce qu’il "fait réfléchir "de cette façon que le Surréalisme attire les sympathies. Là où notre plume allait glisser une phrase dure au mécanisme banal de l’habitude plutôt qu’à notre spontanéité, le Surréalisme s’insurgera. Il ne craint pas de nous secouer brutalement, il ne répugne même pas à l’incompréhensible: ce qu’il veut, c’est nous dégager de cette réalité factice dont notre raison s’est entourée par un désir trop humain de repos et d’équilibre. Il vise à une réalité plus profonde, à une "Surréalité ". Cette tendance artistique est d’ailleurs en rapport étroit avec certaines tendances philosophiques contemporaines: M. Meyerson, en effet, a déjà tenté de nous prouver que l’apparence logique et rationnelle de la Nature était une vaine création de l’esprit humain. Je crois cette théorie conforme à la plus pure doctrine surréaliste.

Mais comment atteindre cette réalité si profonde qu'elle a fini par disparaître entièrement de notre vue ? André Breton et Yvan Goll sont là pour nous éclairer: tous deux disent le plus grand mal de l'Esthétique et de toute intelligence. Cependant leurs manifestes s'adressent à notre intelligence (surtout celui d'André Breton) et sont en même temps de véritables traités d'esthétique, d'une esthétique assez nouvelle, il est vrai ! Il y a là sans doute un manque de logique.... ou peut-être - qui sait ? - une sorte de "Sur-logique ". Gardons-nous bien de nous en plaindre, puisque sans les heureuses conséquences de cette contradictions, nous ne comprendrions peut-être pas grand chose à l’intérêt très vif de l’effort entrepris.

Inutile de dissimuler qu’André Breton et Ivan Goll ne sont pas d’accord: l’un se réclame du docteur Freud, l’autre des cubistes ; l’un découvre au fond de notre inconscient cette fameuse "Surréalité "qu’il cherchait ; l’autre la trouve dans le monde extérieur considéré "objectivement "et sans aucune intervention de la pensée humaine. Paul Dermée, un autre maître de cette nouvelle école, se rapprocherait plutôt de ce dernier point de vue: il veut "épurer la réalité "en la débarrassant de ses préoccupations utilitaires.

Les résultats obtenus dans tous les cas se ressemblent beaucoup aux yeux du profane: il y a en somme rupture des anciens systèmes d’images au profit de nouvelles associations, assez inattendues, souvent même cohérentes, et parfois d’une beauté indéniable. J’aime par exemple:

... la colline singulière

où le chemin tourne en montant

jusqu’au rocher sanglant où périt la lumière

dans les abattoirs du couchant.

Mais ces vers sont signés Pierre Reverdy, qui - de toutes façons - est un poète.

'suivent trois pages d’analyse critique: Poisson soluble d’André Breton, Jean Painlevé, Anatole France, André Gide, Jean Paulhan...)

Mais que pouvait produire en littérature cette spontanéité déréglée ? Les romantiques autrefois avaient cru à la spontanéité du génie ; mais un sentiment frénétique déclenchait et ordonnait toujours leur lyrisme. Privées de ce principe directeur, les images ne risquent-elles pas de se répandre sans la moindre signification ? Selon Freud, la partie la plus intimement personnelle de notre âme va se donner jour dans ce désordre ; pour André Breton, au contraire, , les oeuvres obtenues par un fidèle enregistrement de ce phénomène ne portent aucune trace de l’humeur de chacun: elles révèlent une "Surréalité "impersonnelle et que l’auteur de Poisson soluble semble diviniser, comme les romantiques firent jadis de l’enthousiasme lyrique. Or, c’est précisément cette divination qui est sujette à la critique. Il est évident que les "recherches surréalistes "peuvent être fécondes en découvertes essentielles: mais pourquoi cette mystérieuse et illogique "Surréalité "serait-elle supérieure à la réalité habituelle, comprise par la raison consciente ? Pourquoi serait-elle plus belle, plus poétique ? Avant de souscrire à cette doctrine, il faudrait admettre un renversement complet de notre échelle de valeurs la plus courante. Et comment le justifier ? Personne ne nous en indique le moyen.

Des objections du même genre peuvent s’adresser aux théories d’Ivan Goll. Mais ce dernier nous offre peu de prise, car il est encore bien imprécis. Il semble vouloir se dégager de la pensée, cette éternelle déformatrice, sans toutefois être hostile à une nouvelle volonté constructive. La littérature et l’art qu’il propose sont purement visuels: l’apogée de cet art est le film cinématographique le plus "condensé" et le moins "truqué". Le Surréalisme d’André Breton est au contraire idéaliste (oh ! paradoxe ! ). Il rompt nettement en visière avec l’ancien réalisme que prolonge et exagère Ivan Goll.

De toutes façons nous assistons à une tentatives de renversement des anciennes valeurs esthétiques et même morales. La définition que Breton nous donne "une fois pour toutes "est assez explicite sur ce point. Il est indispensable de la citer intégralement, car elle précise son point de vue, et peut aider à faire comprendre celui des autres.

"Surréalisme, n. m. Automatisme psychique pur par lequel on se propose d’exprimer soit verbalement, soit par écrit, soit de toute autre manière, le fonctionnement réel de la pensée. Dictée de la pensée en l’absence de tout contrôle exercé par la raison, en dehors de toute préoccupation esthétique ou morale.

"ENCYCL. Philos. Le Surréalisme repose sur la croyance à la réalité supérieure de certaines formes d’associations négligées jusqu'à lui, à la toute puissance du rêve, au jeu désintéressé de la pensée. Il tend à ruiner définitivement tous les autres mécanismes psychiques et à se substituer à eux dans la résolution des principaux problèmes de la vie. "

Ce redoutable programme s’explique par un juste dégoût pour tout ce qui est usé et ressassé, en même temps que par une ardeur juvénile. Par haine du "cliché "banal, les Surréalistes de toutes sortes, avec un très louable désir de rénovation, font autour d’eux une table un peu trop rase. Leur effort a la valeur de toute crise de conscience, vraiment intense et profonde. Mais il me font penser à des guerriers hardis, derrière lesquels se serait reconstruite d’elle-même la muraille qu’ils venaient d’abattre. Cette muraille les limite encore, bien qu’ils l’aient franchie: quand elle sera bel et bien démolie, l’on pourra se rendre compte de la portée de leur conquête. C’est alors que l’Art, sans distinction d’écoles, parviendra sans doute à assimiler le meilleur de leurs découvertes.

André BERGE.

[10] Long article comparant le Surréalisme de Goll et celui de Breton

[11] Reprise du portrait paru dans Les Nouvelles Littéraires du 11 octobre 1924

[12] La traduction française "La Vierge Rouge "est consultable à Saint-Dié: Ms .548.(traduction de Gilberte MARCHEGAY, inédite à ce jour.)

[13] "Ivan Goll habite à Passy, rue Jasmin...Dans le petit salon où flamboient quelques Picasso, Gleizes et Delaunay, un fort beau chat siamois saute sur mes genoux....

“ La fonction de la poésie aujourd'hui ?

— Le revirement a pris naissance vers 1910-12. Ce fût une véritable révolution...De là datent les "ismes ": cubisme en France, futurisme en Italie, expressionnisme en Allemagne. Grande divergence de forme dans ces écoles, mais bien des traits communs: l'amour de la vie, de l'activité nouvelle et ce je ne sais quoi poétique qui est un parallèle du mouvement plus rapide de notre existence. C'est Picasso, Delaunay, Cendrars, Apollinaire, Salmon qui furent les principaux meneurs à Paris.

La guerre... elle effaça en réalité presque toutes les tentatives d'action artistique. Et la paix, jusqu'en 1924, eut une influence encore plus néfaste sur le développement de l'art moderne....En 1924, il y a du nouveau: Dada touche à la banqueroute, les cubistes retouchent à l'objet...J'écrivis dans Paris-Journal un article contre l'art snob, prétentieux et pédéraste qui avait pris le haut du pavé. Les véritables poètes se cachant, les salles de spectacle s'emplissaient de la sottise quotidienne. Le théâtre était mort, remplacé par le ballet russe, suédois ou nègre.....ce n'est qu'au théâtre que l'art pourra devenir excessif, brûlant comme du vitriol et surréaliste, c'est à dire plus puissant plus fiévreux, plus vrai que la vie.

— Surréaliste...Nous y voilà ! Parlez-moi donc du surréalisme.

— Oui, surréaliste. Pour moi surréalisme signifie plus que la réalité, la réalité à outrance, la vie radiographiée, nue jusqu'aux os, et toute chair incendiée ; la vie vue à la loupe...

— Mais que pensez-vous du surréalisme de la rue de Grenelle? ..

— C'est presque l'opposé extrême, oui ; mais vous verrez qu'à la fin les extrêmes se touchent. Les surréalistes bretonniens préconisent la surréalité, qui signifie au-delà de la réalité ou l'autre réalité... Parce qu'ils sont partis du rêve....ils ont conservé du rêve la notion enfantine qu'il est quelque chose d'irréel. Mais pour moi le rêve n'est en aucune façon à distinguer de la vie. Il en est au contraire la continuation sournoise et peut-être encore plus directe. Mes rêves ne sont pas des promenades dans un absolu inconcevable pour mon être conscient, mais des continuations immédiates de ma vie journalière. Ils jugent ma vie. Dans le rêve je vois plus clair et je pense plus logiquement. Je l'attends pour résoudre les questions embrouillées par la "logique", par la diplomatie, par le cynisme des jours. Le rêve est donc pour moi une réalité plus intense, plus lucide, plus directe.

— Et le rôle du rêve dans la poésie ?

— En temps que songe matériel, aucun rôle. La surréalité des grands poètes de toutes les époques, arabes, grecs ou lapons, est due à cette extase qu'on a toujours appelée inspiration et qu'il est inutile d'appeler aujourd'hui surréalisme. Ne sera pas poète qui veut et qui, sans s'abreuver d'opium, se mettra consciemment dans cet état d'inconscience que Breton et ses amis conseillent pour former une génération soi-disant plus géniale que toutes celles qui vécurent depuis 5.000 ans.

— Qu'elle est alors la fonction politique de votre surréalisme ?

— Mon surréalisme est beaucoup plus modeste ; il ne cherche pas à créer une école absolument nouvelle et différente de tout ce qui exista jusqu'à nos jours. Il ne veut que grouper sous une formule les poètes qui expriment la volonté actuelle de faire des œuvres où coule la vie et où celle-ci puisse être construite d'une façon presque aussi parfaite que notre système cardiaque .

[14] "Ces poèmes d'un homme et d'une femme, entrelacés comme deux noms, joints comme deux corps, sont parmi les plus angoissants, les plus purs et les plus étranges à la fois qu'on ait publiés depuis assez longtemps. A vrai dire, le fond en est plus mystique que réel ; la forme se distingue par un lyrisme double, fait d'images exagérées, cosmiques, ou très proches, et d'élans spirituels fort émouvants. C'est là un livre d'une grande originalité et souvent d'une fraîcheur délicieuse... (suivent des extraits) L'expressionnisme des deux poètes, si l'on peut leur donner cette étiquette dont ils n'ont jamais voulu, je crois, et avec raison, s'est précisé, dépouillé et affiné ; la fermeté du mouvement poétique et la justesse de l'image, malgré son grossissement volontaire, confèrent à ces liturgies une allure classique. Je ne résiste pas à l'envie citer ce poème d'un lyrisme bouillant et contenu ”:

Depuis que je ne t'aime plus je t'aime

J'arrache les chênes et les myosotis

Je m'arrache les cheveux de la terre

Et j'écorche le ciel avec mes ongles.

N'avoir plus d'yeux pour pleurer,

N'avoir plus Dieu pour se plaindre,

Ecoutez le silence crier à l'autre bout de la nuit.

Je prends le sabre turc d'une comète

Et m'en perce le cœur.

[15]Czacky illustrera deux poèmes de "L'Ignifère "de Claire Goll en 1967, Editions Jean Petithory.

[16] I. G.: "Les lilas ont déteint sous la pluie "

C. G.: "Où que tu sois "'Poèmes d'Amour), ces deux poèmes en français avec d'infimes variantes

[17] Poèmes d'amour, avec quatre dessins de Marc Chagall par Claire et Ivan Goll (Jean Budry).
"D'aériens dessins de Chagall ornent ce petit livre et conviennent à sa malicieuse candeur. Nous assistons ici aux noces de deux poètes, dont on ne saurait dire lequel est plus poète: lui, plus habile peut-être, elle plus rouée ; chez lui, plus d'émotion vraie, exprimée avec assurance ; chez elle, une innocence toute étonnée et toute étonnante, très dix-huitième siècle, très Cruche cassée.

Il faut savoir gré à Claire et Ivan Goll de cette fenêtre qu'ils ont eux-mêmes ouverte sur leur intimité: mais celle-ci n'apparaît que sous forme de belles et ingénieuses images successives. Tout un libertinage lyrique s'étale avec une aimable et douce tranquillité.” (Jean Cassou)

[18] Claire et Ivan Goll sur un thème ancien à propos du Surréalisme:

«...en dépit du parti pris des poètes contemporains, certains écrivent encore des "poèmes d'amour ". En dépit de la malveillance des lieux communs, en dépit de la douceur des paradoxes, j'en connais, qui écrivent des poèmes d'amour avec génie.

Claire et Ivan Goll est un couple exceptionnel, ils ont bu un philtre qui est un cocktail à base de Gulf-stream et d'aurore boréale, rien ne les épouvante ou plutôt ils vivent dans l'épouvante ravissante de leur amour. N'ont-ils pas fait de la poésie une complicité conjugale ? comme l'anneau de Tristan et Yseult.

Pour éviter les malentendus dont se nourrissent la vie et l'amour et dont ils crèvent, ils parlent en cœur à cœur dans un langage chiffré qui est celui des anges et ce langage surnaturel est fait de demi-mot:

(suivent de nombreuses citations, accompagnées de commentaires élogieux)

Le surréalisme a trouvé chez ceux-là même qui le découvraient des commentateurs qui en firent une boîte à musique aussi bruyante qu'un congrès politique.

Il eut aussi ses héros qui en firent l'expérience dangereuse. J'aime à me persuader qu'ils sont tombés parce que les héros meurent jeunes.

La table des matières des "Poèmes d'Amour" est suivie d'une page publicitaire étayée par trois définitions du surréalisme. Les deux premières sont fumeuses et, avec tout le prétentieux vocabulaire emprunté à la plus fâcheuse critique, essaient de nous convaincre d'abstractions creuses.

La troisième, la seule qui arrache la sympathie, ne veut rien dire non plus, mais se propose une ambition beaucoup plus sévère, que d'être probante :

"Surréalisme: c'est la poésie tout court ".»

[19] Chaque saison un cahier par les soins de Massimo Bontempelli - Ramon Gomez de La Serna - James Joyce - Georg Kaiser - Pierre Mac Orlan .

[20] Ces sept pages sont inédites. Un an plus tard en Allemagne paraîtra "Die Eurokokke", une version française paraîtra chez Corréa en 1934 sous le titre: Lucifer vieillissant, mais à ce point différente de la version allemande que Claire Goll a traduit "Die Eurokokke" par son titre "L'Eurocoque": cette traduction, inédite à ce jour est archivée à la B.S.D.d.V. — Ms 549(47 ff. Dactylographiés)

[21]: "Ivan Goll, l'homme qui chante tout le long de sa vie. Impossible de ne pas voir qu'il est allemand. Il a un rire couleur du Rhin. Des lunettes qui agrandissent l'oeil, clignant comme les lumières de Nüremberg, dans la nuit de la fantaisie. Impossible de ne pas voir qu'il est français. Il est plein de sourires, d'ironie foraine. Son oeil se fixe sur tout spectacle, il en profite pour oublier la versification ; il crée de mystérieux projets de cosmogonies nouvelles.

Mon cher Robert Delaunay, surveillez Goll ; c'est l'homme qui un jour ou l'autre vous volera la tour Eiffel pour l'emporter.

Où ? "

Nino Frank parlera de Goll dans le numéro 23 ( novembre 1949) de La Table Ronde: Souvenirs sur James Joyce où il indique le rôle moteur de Goll dans cette rencontre, dans Mémoire brisée , Calmann Lévy, 1967 où il relate l'aventure de la revue "900" et de "Bifur ". Il y est souvent question de Goll et de ses relations avec Joyce (p. 30 à 64), Malraux (p. 281 / 82) et dans un autre livre de souvenirs "10.7.2. et autres portraits", Maurice Nadeau / Papyrus 1983 ( où l'on retrouve Claire et Ivan Goll).

[22] page 231 Dialogue entre LUI et MOI

MOI : Balbutiements, ténèbres, décousu et divagation, Eluard, Reverdy, Ivan Goll . Prenez un passage de Mr. J. Cocteau et constatez, je vous prie, l'impossibilité où se trouve cet écrivain, de faire des phrases qui se tiennent, qui se suivent, qui se lient, de cimenter deux idées, de réaliser un développement . Ces messieurs ont improvisé, chacun avec son "génie" spécial, une entreprise forcenée de démolitions et de transports de matériaux

LUI : je vous suis avec difficulté et il me semble que c'est vous qui rassemblez mal vos idées

MOI : …Le charlatanisme littéraire a pris, depuis peu, des dimensions inusitées et le public ces gogos ( Littératures d'Avant-Garde )

[23] Bagarre à la Comédie des Champs Elysées

A propos une bagarre.

Combien y a-t-il de surréalismes ?

Une danseuse allemande dansait l'autre jour a Paris. Et il y a eu bataille autour d'elle. Nous ne prétendons pas à prendre parti dans cette bagarre dans nous ignorons les causes et les circonstances. Mais l'un des assistants, M. Marcel Berger nous adresse là-dessus une note qui cherche à fixer de façon intéressante le sens des deux « surréalismes ». Car ils sont bien deux.

Voici la note de M. Marcel Berger :

J'étais venu Samedi dernier à la comédie des Champs-Elysées. En simple curieux, alléché par ce qu'on m'avait dit de cette danseuse berlinoise, Valeska Gert, « surréaliste » portait le programme, « danseuse de la laideur », et qu'une réputation européenne, on ne l'ignore pas, précédait.

« Surréalisme » ? Avourai-je que ce mot demeurait un peu vague à mes yeux.

Je savais tout au plus que deux groupes, sinon trois, se disputent cette étiquette, ce qui n'est pas pour déplaire, car querelles de mots sont souvent prétexte à discussions d'idées. « Surréalisme » ! Me fiant à mes modestes notions d'étymologie, je concevais à priori cette formule comme celle de jeunes hommes, qui se font fort de dépasser en acuité, en profondeur, les visions de la vie quotidienne : plus que la réalité.

La séance allait être pour moi pleine d'un singulier enseignement. Car Valeska Gert n'avait pas fini son premier numéro, qu'une petite bande se révélait au milieu de l'orchestre. J'y reconnus les jeunes et charmants camarades un peu fous, à moins qu'ils ne soient sages pleins de foi, croyais-je, et d'espérances à défaut de charité, et, ma foi, au lieu d'applaudir, comme je jure que je m'y attendais ferme, cette déléguée de l'avant-garde d'une autre nation qui ne passe pas pour mettre spécialement rétrograde en matière d'art, tout au moins d'une nation avec laquelle je crois que leur rêve audacieux est de supprimer toutes frontières, voilà qu'ils vociféraient, déchaînés, enfiévrés, vengeurs :

- A la porte ! Conspuez ! Au b... ! Ivan Goll, à l'instant, se dressait, protestant à son tour - contre eux - ainsi qu'on devait l'attendre de l'auteur de Mathusalem. Echange d'invectives , pugilat, digne des héros d'Homère. Breton ne sentira que l'oeil poché ; la police dut intervenir, a évacuer les perturbateurs, et, pour faire largement les choses, les

mainteneurs de l'ordre également.

J'avoue que je me suis pris la tête et que j'ai eu du mal à comprendre. Manifestation chauvine ? Jamais. Cette équipe turbulente ne vient-elle pas de reprendre en main Clarté ? Démonstration très « gensdelettres » de jeunes gens jaloux du mot « surréalisme » comme ils le seraient d'une maîtresse ? On me dit que le conflit serait plus profond, vrai conflit de doctrine, intéressant à cause de cela. On me dit qu'il convient en effet de faire un scrupuleux départ entre les deux « surréalismes » l'un qui s'appuie sur la réalité pour s'élever au-dessus d'elle, récuse, bien sûr, la transposition servile de la vie, mais se flatte de demeurer une formule intellectuelle et poétique, celle d'Ivan Goll justement avec sa fantaisie qui cache l'ironie la plus subtile et l'art plus équilibré, celle d'une artiste aussi qui donne, sous couleur de danse, une leçon cruelle et précise à l'égoïsme, au bourgeoisisme, au panmuflisme contemporains. Et l'autre qui n'est qu'une resucée de ce dadaïsme, défi monstrueux à toutes les règles, doctrine purement anarchiste, nihiliste, négatrice, avec un sourire d'ivrogne, de tout ce qui serait lien de raison, d'harmonie entre les phénomènes. Doctrine de neurasthéniques freudiens, de désespérés peut-être, doctrine qui fait des dégâts pas, doctrine contre laquelle il faut peut-être que l'on ne se contente pas de hausser les épaules, mais qu'on serre les rangs. Marcel Berger

[24]Le fils de M. Painlevé devient "le fils de Mathusalem"- assez long article de Géo London, accompagné d'une photo de Jean Painlevé interrogé sur la pièce "d'une conception hardie ", de son personnage "un jeune homme hanté par l'agiotage, le change, les cours de la Bourse ; de son visage dissimulé pendant l'action derrière un masque représentant une pièce d'un dollar, de son costume de businessman ; une manche a la forme d'un stylographe, l'autre la forme d'un carnet de comptes. La veste s'orne d'additions et de multiplications ; le col est un cadre de T.S.F. et la cravate un haut-parleur "....

[25]Après le film Painlevé du fils Painlevé voici la farce Painlevé (article non signé) "… Ce cabaret a ceci de curieux qu’il est dirigé par un nommé Andrieux dont l’épouse ne veut engager que des artistes juifs. Passons …La pièce à interpréter est de M. Yvan Gall ; la musique de M. Maxime Jacob. La première répétition se passa sans encombre. La deuxième se termina en catastrophe. "l'Oeil de Paris" appartient à Mme Andrieux, née Djoudha …M. Painlevé fils fit, sur elle, grosse et favorable impression. Mais le jeune homme ne voulut rien savoir. Mme Djoudha ne put supporter cet affront personnel. Au moment où la deuxième répétition battait son plein, elle fit jeter tout le monde à la porte.- ça vous apprendra à jouer les “ Joseph ”, dit un artiste au fils du ministre.

[26]Allô, Ivan Goll ? - C'est à partir du 25 que la Compagnie du Loup blanc présentera au Théâtre Michel, tous les jours à 5 heures, Mathusalem.- Une farce ?

- Non un spectacle, qui comprendra une importante partie cinématographique, un spectacle satirique sur la bourgeoisie et la révolution....

[27] Cette Cantate fut donnée pour la première fois à l'Opéra de Berlin le 2 mars 1927 sous la direction d'Erich Kleiber avec pour solistes Delia Reinhardt et Rudolf Deman , comme prélude de concert à la première exécution de l'Opéra en un acte de Kurt Weill et d'Yvan Goll "Royal Palace". Dans une lettre à ses parents de janvier 1926, Kurt Weill décrit "Der Neue Orpheus" comme l'œuvre pivot dans la découverte progressive de soi qui le mènerait ultérieurement à un style "beaucoup plus assuré, plus libre , plus léger et plus simple".

Il existe un enregistrement de cette Cantate pour chant, violon et orchestre: Carole Farley (Soprano) , Michael Guttman ( violon) et le Rheinische Philarmonie dirigé par José Serebrier , CD DCA 987 (ASV).

[28] Dans une lettre du 12 mars 1927 à Jean Painlevé, Ivan Goll, absent à la générale de Mathusalem , évoque la première de Royal Palace :

Ici, tout avait si bien marché ! Triomphe à l'Opéra d'Etat, ci-devant Impérial , où mon "Royal Palace" a ébranlé comme une bombe les poutres ancestrales . Un opéra de jazz avec film , décors cubistes , et une musique effrénée , atonale , toute moderne : un parquet d'élite , le Tout Berlin grossi de curieux accourus de toute l'Allemagne , critiques de Prague et de Francfort . Et ils n'en sont pas encore revenus ? !

Et maintenant : Mathusalem sans moi ; Toutes mes joies s'effondrent !

Ecrivez-moi , télégraphiez-moi

votre inconsolable

Ivan

Dans "Le Monde" du 03.08.01:

" Royal Palace, de Kurt Weill, rareté de 1925 d'avant L'Opéra de Quat'sous, mi-sérieuse, mi-thé dansant., a été donné le 2 août sous la direction de Sir Andrew Davies ....on avouera être venu ce soir surtout pour la rareté de Kurt Weill, un opéra de poche, au texte vaguement décalé et onirique, d'Yvan Goll, Royal Palace, écrit en 1925 et créé deux ans plus tard par Erich Kleiber . Les parties orchestrales ayant été perdues, Gunther Schüller les a formidablement "réinventées", en 1971 à partir de la réduction pour piano qui, elle, a survécu . La beauté de son instrumentation , avec ses mélanges de percussions et la présence d'un saxophone, concourt grandement à l'intérêt de cette redécouverte . C'est un Kurt Weill d'un raffinement extrême, qui ne pèse jamais ( comme c'est hélas le cas dans l'opéra Die Burschaft ( 1930-1932 ), par exemple. Dans Royal Palace , on admire le trait net de l'écriture mais aussi les beaux passages mercuriaux du rôle principal féminin ( excellente Janice Watson ), le choeur final, les passages de danse, disposés comme les "follies" d'une comédie musicale ou d'une revue pour Broadway, un genre dans lequel Weill n'allait s'illustrer que bien plus tard . Royal Palace peut paraître un peu court de portée, mais c'est surtout en raison d'un texte elliptique. C'est en tout cas un concentré parfait du meilleur Kurt Weill, parfaitement cajolé et puisé par Andrew Davies. R.Ma.

[29] En 1923, un écrivain, M. Ivan Goll a fait paraître une "anthologie mondiale de poésie contemporaine ". Il a mis là 150 poètes originaires de tous les pays: Etats-Unis, Grande-Bretagne, Irlande, France, Belgique, Italie, Espagne, Catalogne, Amérique du Sud, Grèce, Roumanie, Allemagne, Autriche, Hollande, Suisse, Suède, Norvège, Danemark, Hollande, Russie, Pologne, Hongrie, Tchécoslovaquie, Yougoslavie, Japon, Chine, Indes, Turquie, Arménie...

Toutes les races sont représentées, jusqu'aux Indiens d'Amérique, jusqu'aux nègres africains. La race juive étant la plus "mondiale "y occupe une belle place.

Il est remarquable que notre époque, au début du XXè. siècle ait fait naître à la conscience une littérature d'esprit européen, voire eurasiatique et même mondial.... en général les poètes cosmopolites, internationalistes, mondiaux (comme on voudra les appeler) s'attachent plus au fond qu'à la forme du vers, — ou plutôt ils cherchent à donner, à cette forme un caractère aussi universel que possible, c'est à dire transmissible, assimilable aux lecteurs et traducteurs de partout.....certains de ces poètes exalteront la vie pour elle-même, la vie diverse, grouillante, vue dans la variété du panorama, dans le vertige du cinéma. Quelques uns, reprenant les vieux rêves de fraternité, embrasseront le monde entier sur leur cœur.....

A la place du patriotisme enterré, l'esprit de race prend relief, se dresse et clame chez quelques juifs ; et l'âme de l'antique Israël, trempée par tant de siècles, est comme un lien solide et ténu, une fibre vivante qui traverse et unit les tronçons dispersés du cosmopolitisme littéraire.

p.314: ...Aujourd'hui, nous ne saurions nous charger de les définir et de les étiqueter un à un, car nous voyons des dadas de ce matin qui sont des surréalistes ce soir, et nul ne peut dire ce qu'ils seront demain. Pour ne pas gêner leur liberté d'évolution, contentons - nous de les classer seulement par ordre alphabétique, et de nommer ici les plus entreprenants d'entre eux: Pierre Albert-Birot, Louis Aragon, Jacques Baron, André Breton, Joseph Delteil, Paul Dermée, Paul Eluard, Ivan Goll, Francis Picabia, Philippe Soupault, Roger Vitrac.

[30] “ M. Jean Painlevé, fils de M. Paul Painlevé répète avec ardeur tous les après-midi au Théâtre de la Madeleine, une pièce étrange, écrite ? ) par un auteur russe et qui doit être jouée au profit des laboratoires. Les laboratoires sont l’excuse des débordements artistiques de M. Jean Painlevé. Dans cette pièce étrange, les acteurs doivent être costumés qui en cafetière, qui en soupière, tous en instruments de cuisine, Pot-bouille aggravé de Chanteclerc.

M. Jean Painlevé, par respect pour les convictions anciennes de son père, avait fait décider que les règles d’un socialisme autoritaire présideraient à cette oeuvre artistico-théâtrale. Pas de rivalité, pas de vedettes. On promit, on jura. Mais vendredi, au cours de la répétition, une vieille artiste de la troupe exigea la vedette. M. Barencey aussi. Puis tout le monde. M. Jean Painlevé fait l’apprentissage des difficultés sociales. Il ferait bien aussi, avant de se mêler de jouer la comédie de faire l’apprentissage du théâtre.”

[31] Importante critique sur la création de "Royal Palace".

[32] "Le roi de la chaussure convie cet après-midi la critique au Théâtre Michel. …Chaque personnage est typé avec expression, mais le masque qu’il porte sur la figure symbolise ses intentions et son rôle dans l’existence. Prenons le personnage du fils de Mathusalem, que va camper avec beaucoup de pittoresque M. Jean Painlevé. Son costume est très caractéristique, en ce sens que son bras droit est représenté par un stylographe, son bras gauche par des feuillets et son col par des accessoires de T.S.F. … Ce roi de la chaussure est entouré d’animaux. Ceux-ci s’animeront au cours du premier acte, ils fomenteront une révolution, faisant valoir leurs droits pour abattre le pouvoir de l’homme. Et lorsque le mouvement insurrectionnel sera opéré, ces bêtes seront forcées de reconnaître qu’elles font la même chose que les humains qui les ont précédées. …

Mathusalem a une action bien déterminée, après deux morts violentes, tous les personnages se retrouveront dans la plus calme et la plus douce des béatitudes. Et les personnages seront interprétés par M. Harry James, imposant et truculent Mathusalem, Mme Marguerite Ducouret … "

(dans la distribution on trouve, pour le rôle de Mme Jésusfils, Jacqueline Delubac et dans les personnages des films, Jean Painlevé et Antonin Artaud ; les films ont été conservés et remis à 25 images seconde. Mise en scène de A. René Sti - Décoration de L. Medgyès)

[33]Article de Fortunat Strowski, Membre de l'Institut: “ Je ne voudrais pas passer pour l'extravagant courtisan de l'extravagance ; mais j'avoue que ce jeu extravagant m'a plu.

J'ai eu le plaisir de l'oreille, grâce à une musique savante...mais point affectée. J'ai eu le plaisir des yeux grâce à un décor plein de détails pittoresques et où un chemin en vrille qui occupe le centre, conduit ou plutôt dépose les personnages sur la scène ! J'ai même eu un plaisir de l'esprit - si tant est que j'ai de l'esprit - grâce à une action simplifiée et voilée qui se déroule pour ainsi dire dans l'herbe.... ”

[34] "Monsieur Jean Painlevé jouera sous l'égide d'un groupe d'avant-garde au Théâtre Saint-Michel une pièce politico-anarchiste qui se déroulera de nos jours malgré son titre biblique Mathusalem ....En effet dans la pièce il y a une foule bolchevique qui brandit le portrait de Lénine et vocifère l'Internationale...M. Jean Painlevé et ses amis comptent beaucoup sur le tumulte que pourrait soulever la pièce - qui fut déjà jouée en Allemagne - pour attirer les amateurs de spectacles chahutés. Elle va bien la descendance de l'Aristocratie républicaine et laïque ! Mais n'est-ce pas dans l'ordre ? Les pères ont semé. Voici la récolte. "

[35] "... si extravagante qu'elle soit, la fantaisie de M. Yvan Goll est imprévue, abracadabrante et pour le spectateur définitivement blasé, ce spectacle est un régal, car il ne ressemble à rien. Vais-je vous raconter la pièce ? elle est inénarrable dans toute l'acception du terme. Les décors, les costumes, la mise en scène procèdent du même esprit, directement influencé par l'art Dada. C'est drôle, systématiquement excentrique...Ça repose ! MM. Harry James, Jean Painlevé, Maurice Lagrenée, Mmes Ducouret, Avril jouent imperturbablement cette étonnante pochade. "

(L'auteur de cet article, Charles Méré qui persiste à écrire Yvan Goll, avait assisté à une répétition en avant-première au Théâtre des Mathurins où, comme au Théâtre Michel, les trois coups étaient remplacés par une annonce de course - Plus que 3 secondes - plus que 2 secondes - plus qu'une seconde - partez ! )

[36] Au Théâtre Michel

Le Loup blanc a donné son premier spectacle :

Mathusalem de M. Ivan Goll, que nous a montré pour son premier spectacle le groupe d'avant-garde Le Loup blanc, contient du meilleur et du pire. Mais c'est une œuvre qui certes n'est pas indifférente. En l'écoutant, on pense à Têtes de rechange. L'on m'a dit que Mathusalem avait été écrite avant la pièce de M. Pellerin . Je n'en sais rien. Mais Mathusalem est encore dans les cornues du laboratoire, tandis que pour Têtes de rechange la distillation est terminée .

Quelle histoire nous conte-t'on en ces tableaux symboliques, par la bouche de ces personnages au visage couvert d'un masque ? L'éternelle opposition du réel et de l'idéal . Mathusalem le bourgeois, propriétaire d'une firme de chaussures qui a des succursales dans les cinq parties du monde . Il ne songe qu'à ses affaires et à ses plaisirs : la table et une maîtresse . Il craint sans cesse l'écroulement de sa fortune et toutes les voix des révoltés du monde lui arrivent effrayantes . Mais son optimisme a le dessus et dans son rêve il voit un acteur qui répète Hamlet et qui tient le crâne de Yorick entre ses mains . Lui trouve cela fade et sans nul attrait ; il ôte le crâne d'entre les mains d'Hamlet et met à la place une chaussure . Hamlet n'a plus qu'à recommencer sa méditation : To be or not to be !

Tout cela, quoique biscornu est excellent . C'est le premier tableau, dont je n'aime pas le décor aux lignes trop nettes, aux couleurs trop heurtées . Et cependant l'on a tenté je crois de représenter par une sorte de chemin en spirale tout le flou de l'esprit créateur quand il conçoit une œuvre . Alors ? Il fallait estomper !

Le deuxième tableau est, lui, beaucoup plus harmonieux. Le texte en est très heureux et le décor . Trois personnages qui représentent les diverses aspirations d'un même être : Toi, Moi, Lui, courtisent la même femme, l'un avec sincérité, les autres avec moquerie . Le décor avec la Tour Eiffel sur un fond noir est très évocateur. Il y a là-dedans une fantaisie très savoureuse. J'aime moins le reste de la pièce qui semble se précipiter ; et cela nuit aux proportions de l'ensemble . Mathusalem voudrait marier sa fille Ida à un bourgeois cossu. Mais Ida a un amant. Félix, le fils de Mathusalem, venge l'honneur de la famille en tuant le séducteur, un étudiant russe . Mais comme nous sommes dans la fantaisie, les gens qu'on tuent ici se portent assez bien. Et l'étudiant ressuscité, qui est un peu bolcheviste, tue le Bourgeois Mathusalem. Mathusalem ressuscité aussi est au dernier rideau. Sa fille est mariée à l'étudiant : elle a un poupon ; et elle semble, elle qui était poésie, illusion, rêve, fort embourgeoisée. Le mariage tue l'amour ! Seul, l'étudiant pleure l'idéal d'égalité et de justice universelles perdu.

Une agréable musique de M. Maxime Jacob, une musique qui n'est point trop révoltée, peut-être pas assez, accompagne le texte. La mise en scène adroite et subtile est de M. A. Sti, la décoration est de Medgyès; je l'ai dit, je n'aime pas son premier décor, mais j'aime beaucoup le second. Parmi les acteurs, il y a M. Maurice Lagrenée qui dit admirablement son texte et sait par d'intelligentes nuances le faire valoir; dans le rôle d'Ida Mlle Gine Avril est le printemps et la grâce même. M. Harry James compose pittoresquement Mathusalem. M. Pierre Noyelle est Lui; il dit peu de chose, mais cela est assez pour que nous goûtions son talent qui est grand. M. Jean Painlevé , le fils de notre ministre de la Guerre, jouait le rôle de Félix, le fils de Mathusalem . Félix ! Il l'a été dans son interprétation ! (Félix , je le dis pour ceux qui ne savent que la langue du jazz-band, signifie heureux ! ). Les autres acteurs : Mmes Clary-Monthal, Lily Janlys, Jacqueline Delubac, Monique Stani ; MM. Henri Marchand et Daniel Durret . L'orchestre était dirigé par M. Robert Chabé qui fit exécuter la partie symphonique à ses musiciens excellemment, avec beaucoup de délicatesse et de finesse. Dans l'orchestre : MM. Morel, Blachet, Rible, Adriano, Rumeau et Maxime Jacob. Le cinéma participe aussi à l'action : il nous montre Le rêve de Mathusalem . Ce court film était incontestablement très amusant et mériterait une analyse détaillée. Les deux autres bouts de film, L'Enterrement et Le Mariage , pour plaisants qu'ils fussent m'ont apparu un peu comme les hors-d'œuvre. Mais n'étions-nous pas au royaume de la fantaisie surréelle ? » Max Frantel

[37] Cher ami,

Ainsi, après que vous ayez préparé Mathusalem, ma chère oeuvre, avec tant d’amour et de dévouement - le sort a voulu que je fusse exclu du dernier effort et du suprême élan ! Oh, comme je regrette ! Mais n’y a-t-il pas beaucoup de votre faute ? Pourquoi ne rien m’avoir écrit, m’avoir laissé sans le moindre détail sur votre travail et tout ce qui se préparait. Un petit télégramme de votre part et j’étais dans le train de Paris ! Mais votre silence ne pouvait que me faire prévoir que vos répétitions suivaient toujours le même train que depuis le 15 novembre. Seule une lettre charitable de Gine Avril m'a ouvert les yeux, arrivée le soir même de mercredi: jour de la Générale ! Faut-il vous décrire mon effarement et mon chagrin ?

Ici tout avait si bien marché ! Triomphe à l’Opéra d 'Etat, ci-devant impérial, où mon "Royal Palace" a ébranlé comme une bombe les poutres ancestrales. Un opéra de jazz, avec film, décors cubistes, et une musique effrénée, atonale, toute moderne : un parquet d’élite, le Tout Berlin grossi de curieux accourus de toute l’Allemagne, critiques de Prague et de Francfort. Et ils n’en sont pas encore revenus ? !

Et maintenant: Mathusalem sans moi. Toutes mes joies s’effondrent !

Ecrivez-moi, téléphonez-moi

votre inconsolable Ivan

[38] en 1 ère page une photo légendée: M. Jean Painlevé qui a joué hier au Théâtre Michel (on le voit dans le costume dessiné par L. Medgyés pour le rôle de Félix, le fils de Mathusalem). En page 2, un article de Géo London: Les débuts au Théâtre de M. Jean Painlevé.

[39]"Mon cher Jean, je lis à l’instant dans le Figaro que vous allez reprendre "Mathusalem" en soirée dans de nouveaux décors. Bravo bravo bravo ! mais j’espère que vous m’enverrez une petite invitation cette fois

Bien amicalement votre Ivan Goll

[40] Extrait d'un roman à paraître "Le Microbe de l'Or"( Emile-Paul) .Il s'agit du chapitre XV de l'édition originale, pages 165 à 180.

[41] Chaque saison un cahier par les soins de Massimo Bontempelli - Ilya Ehrenbourg - Ramon Gomez de La Serna - James Joyce - Georg Kaiser - Pierre Mac Orlan (2000 exemplaires, 300 marqués de I à CCC et 1700 numérotés de 1 à 1700

[42] George Grosz

La brutalité de notre époque pose l'alternative, en dehors de laquelle il n'y a plus rien il faut lui dire Oui ou Non. Il faut se monter le coup, aimer la force pour la force, exalter les progrès du XXe siècle, qui nous firent atteindre aux gaz asphyxiants, il faut trafiquer, peiner, suer et dire : « c'est la vie » comme on avale un Amer Picon, il faut devenir boxeur au ministre ou fabriquant de casseroles en aluminium : tout le monde peut y arriver avec un peu beaucoup de bonne mauvaise foi .

Ou bien il faut cracher dessus. Se mettre en dehors. Retrousser les manches de la chemise. Et crier la vérité. Ce qu'il y a de plus redoutable dans le monde : la vérité. Ne plus se leurrer soi-même, prendre une glace de poche et s'y trouver la grimace de l'humanité : tête de mort.

Gare à ceux, qui ne disent ni oui ni non : ils sont condamnés. Ils sont roulés. Ils prêtent leur capital à une société qui n'existe déjà plus, dans la façade cache les écroulements intérieurs, dans la faillite, jamais publique, a été consommée plus de dix fois déjà. Ceux qui ne disent ni oui ni mort se figurent que la Guerre est terminée et que tout va redevenir comme « avant » ; et pour ne rien savoir, ils achètent un pyjama et un bonnet de nuit.

Ce qui nous intéresse, c'est la position que prennent les artistes par ces temps de tremblement de conscience de l'Europe. L'exemple est donné par les pays révolutionnés, où les façades croulent comme les barques de la foire, où les tours d'Ivoire son séquestrées et transformés en jetons pour maison de jeux clandestines, où en manches de parapluies pour dames, en cas d'attaques nocturnes.

L'artiste se trouve dans la rue. Il prend vite position. Il est né pour dire Non, éternel Prométhée : Tel fut le cas en Russie. Tel fut le cas en Allemagne.

À une époque aussi sinistre que la nôtre, il n'y avait pas à se tromper. Tout était négatif. Devant tant de mines cadavériques le mot de « Création » était presque de l'ironie. Aussi le courant le plus applaudi, inconsciemment, par un public qui ne s'en rendait pas compte, était celui qui disait " Non " tout court à tout ce qui existait.

Nous sommes en Allemagne. Déclic. Novembre 18. L'homme de fer, - qui n'avait plus de chair, l'homme de papier, qui n'avait plus de coeur, l'homme -- ersatz tomba en miettes. Tout l'effort, toutes les victoires étaient vaines. Désespoir. Renoncement. Le Rien. Alors Dada vint. Et il régna pendant un bon mois à Berlin. Disons de suite qu'il avait beaucoup plus de raison d'être là-bas qu'à Paris. L'esprit Négatif était urgent partout. Mais il faut se rendre compte que les dadaïste français ne connaissaient pas leur métier. Il s'affublèrent de monocles, de cravates multicolores, ils écrivirent des manifestes sur papier doré et crurent en imposer à leurs contemporains en disant Zut ! et Merde ! comme tout voyou de faubourg sait le faire. D'une part, leur monocle les firent ressembler terriblement à l'esthète Wilde, qui est pour notre époque aussi pompier qu'on peut l'être. D'autre part, leurs Zuts étaient tellement timides, qu'ils en tremblaient sur leurs piédestaux. Résultat : tout compte fait, on ne sut pas qui était le véritable imbécile : du public qui venait les écouter, ou de ceux qui n'avait que ces interjection sur les lèvres.

Les Dadas berlinois se fichèrent carrément de la société. Il ne dire pas non pour avoir une attitude glorieuse et pour faire parler la presse et citer leurs noms, ce qui, à Paris, rapportait de nombreuses coupures de l'Argus, unique désir ; à Berlin, ils giflèrent le passant, ils s'attaquèrent à la brute et firent une révolution qui compte.

George Grosz a été un chef des dadas allemands. Son oeuvre compte dans l'histoire de l'art de son pays. Il est le Daumier de sa génération, mais comme celle-ci, cent fois plus amer, plus méchant, plus sarcastique, plus brutal et plus agressif. Que faut il pourrait être révolutionnaire ? Il suffit d'avoir du bon sens et de connaître la bêtise et la misère des hommes. Il suffit de s'asseoir dans un café berlinois et noter sur sa manchette les crânes appauvris, les rictus hébétés, les sourires équivoques des Européens qui se disent les pasteurs de la Kultur. George Grosz l'a fait et il a collectionné des silhouettes qui éternisent la brute prussienne, dans toutes les attitudes : l'officier au profil émacié, fier des cadavres à la santé desquels il vide sa coupe de Champagne ; l'honorable bourgeois, qui par-dessus la table parle de coton ou de bible, et sous la nappe, d'une main moite, fouille les jambes nues d'une cocotte ; l'amant sentimental, assez riche pour se payer de la nostalgie, cachant sous son veston le revolver gentiment posé près du coeur, et un squelette maladif dans le dos. En tournant des pages des albums de Grosz, nous entrevoyons un formidable sabbat déclenché, non dans quelque antre caché, mais là, devant nous, à chaque coin de boulevard, devant chaque table de café, dans chaque magasin transformé en bordel clandestin.

La «Danse de mort » de Dürer est moins triste que cette danse de la vie pleine des grimaces de femmes que nous côtoyons tous les jours et des masques de brutes qui ressemblent affreusement à nos maîtres d'hier. Les dessins de Grosz, si comiques soient ils, nous prêtent à rire à la première minute, mais par la suite ils nous effrayent, et au fur et à mesure que nous tournons les pages, une obsession s'empare de nous, qu'il est impossible d'oublier.

S'il y a un artiste qui accuse notre façon de vivre, c'est bien George Grosz. S'il y a un homme qui a découvert les tares de notre société et les a montrées systématiquement, sans sourciller et sans craindre l'explosion de colère et surtout de honte, c'est bien George Grosz. S'il y a un document qui nous révèle l'âme « boche » jusque dans ses profondeurs les plus abjectes, ce sont ces cahiers de dessins, qui ne prétendent pas être du grand art, de la composition géniale, de la création surhumaine : mais qui simplement s'exercent à démasquer la racaille sociale qui dévore l'Europe moderne.

George Grosz est encore très jeune. Mais il était encore bien plus jeune, il y a dix ans, et des critiques le proclamait déjà le nouveau champion d'un art inconnu. Grosz a l'étoffe de ce qu'on nomme un grand artiste. Dans ses oeuvres d'avant-guerre, où il s'était créé une manière toute personnelle, toute infantile, et où il nous montrait déjà la face de nos villes modernes, des gratte-ciels américains, des boulevards apocalyptiques, avec une imagination et une puissance de mouvement et d'évocation rares, ils se révélait parfois mélancolique, subtil et hautement poétique, plaçant au-dessus des bouges d'ivrognes, les rues prostituées et des maisons hantées du malheur social, des étoiles souriantes et des demi-lunes pleines de promesses et d'espoir.

Ces promesses et ces espoirs ne se sont jamais réalisée. La guerre vint, la paix suivit. Que s'est-il passé ? D'aucuns l'ignorent, mais il y a en a qui ne dorment pas et qui attendent l'aurore avec le revolver sous l'oreiller, hantés de visions insupportables ; ils deviennent comme George Grosz, des révolutionnaires, en art et en fait, et à présent par l'image et par la parole ; un miroir cassé (leur arme unique) tremblant entre leurs mains, ils vont montrer à leurs contemporains la face véritable de l'époque, et ils parviennent à engendrer la honte, la honte féroce. Si ce qui se regardent dans ce miroir se cachent la face, ils vaincront, ils auront raison du mauvais esprit. Hélas ! L'Allemagne est loin de le reconnaître. N'a-t-elle pas traîné Grosz et ses amis devant les tribunaux, pour « outrage à l'armée » ? On poursuit Grosz ? Mais tant mieux aussi : c'est que la bête est touchée. Le sanglier saigne de toutes parts. Et ses taches de sang poisseux seront un jour les signes auxquels on reconnaîtra la route qui mena à des ténèbres à la clarté.

George Grosz, on le saura un jour, a plus fait pour la révolution allemande que n'importe quel politicien.

Ivan Goll.

[43] Comme Goll, Eugène Jolas est lorrain. Leur amitié qui date des années 20 se poursuivra jusqu'à la mort de Goll. Jean Bertho possède le livre de Claire Studer: Lyrische Films . Gedichte

Basel, Rhein Verlag, Leipzig 1922

avec cette dédicace:

A Eugène Jolas

au poète et reporter

Claire Goll ( 1924 )

[44] Traduction allemande par Georg Goyert dans Dichtungen (Oeuvres) Berlin Luchterhand Verlag, 1960.

[45] "front du développement du travail créateur et de la lutte pour l’avenir", cent cinquante collaborateurs liés à l’expressionnisme, au dadaïsme, cubisme, constructivisme, Bauhaus, surréalisme ont contribué à cet Almanach, édité par un groupe tchèque avant-gardiste.

Extraits de la contribution de Goll:

"L’Art en ce moment n’a pas droit de cité "... "Attention au succès ! C’est le pire qui pourrait nous arriver. "... "L’Art auquel nous travaillons, balbutie... les grands extrémistes sont fatigués "... "Moi je suis un poète... le poète est un anachronisme ".

[46] Paris 11 - I - 28

Mon cher Gaston Picard

Votre enquête me touche de trop près pour que

je n'y réponde pas :

Le Surréalisme !

Parce que ce terme a été inventé par Apollinaire

qui le premier a pressenti, avec ses antennes sensibles

la destinée de notre époque

Parce que ce terme désigne les deux courants

les plus caractéristiques, quoique les plus opposés, de

notre vie intellectuelle : l'un conduisant vers

l'inconscient ou le subconscient , en conformité

avec les récentes théories médicales et psychologiques

l'autre , au contraire , vers le superconscient , en

écoutant les préceptes de la science , de la

technique et de l'art modernes , avec le but suivant :

créer , par le truchement de l'œuvre d'art , une

réalité surréelle, en extrayant la substance éternelle,

le sentiment standard , de la chose quotidienne ,

de la réalité factice et fugitive , qui , à l'état brut,

" photographiée " , n'avait conduit qu'au réalisme infécond .

Bien cordialement votre Ivan Goll

[47] Satire acerbe, caricaturale et étonnamment puissante de l'avarice, avec une laideur déformante qui rappelle les charges de Georges Grosz.

[48] p.7 Paul Husson est mort:

Paul Husson, quel tendre martyr de la Fraternité ! Lui seul n'eut jamais de frère. Je le revois toujours, avec sa petite figure d'écolier réprimandé et soucieux, attendre à la terrasse de la Rotonde, quelles vacances du coeur ! Il portait en lui les cris douloureux de l'humanité en deuil, mais qui les a entendus ?

Il a souffert de la faim et de la solitude pour écrire des vers qui pourtant n'accusent jamais et sont désespérément tendus vers l'espérance comme les routes longues et sans issue ; mais qui les a lus ? Je le revois, cet inébranlable chercheur de Liberté et de Bonté, et que le doute ne toucha jamais, assis humblement dans un petit coin de la rédaction du "Quotidien", aligner les bêtises fredonnantes que " l'abonné " veut engloutir tous les matins avec son café au lait. Quel humble martyr de cette époque féroce, ce poète tendre et timide qui ne reçut que les coups de pied de la gloire ! Ajouterai-je l'avis de la concierge: C'est tout de même malheureux que ce soient ceux-là, les pauvres et les tranquilles, qui doivent partir les premiers, les honnêtes Husson et Chennevière, tandis que tant d'autres, éclairés par l'or et les lampes à arc de la publicité, roulent dans les Citroëns de la vie ! Ivan Goll

[49] " L'Avare, ici le père Tric, gagnerait pourtant à paraître moins caricatural. Il y a certains excès voulus dans ce portrait d'où le paradoxe n'est pas absent..... Et puis Ivan Goll montre finement que l'avare est toujours dupe d'une abstraction, d'une idée pure. En somme il ignore l'argent et sa valeur exacte. C'est le côté sentimental de toutes les passions. "

[50] La littérature contemporaine nous a présenté le « nègre » sous toutes ses faces et le « négrisme » nous a , pour ainsi dire envahis . Si la présentation en est parfois curieuse, elle noue est, par contre, franchement insupportable lorsque le type de sauvage mis sous nos yeux est sciemment poussé « au noir », ou quand l'auteur, voulant faire montre d'indépendance spirituelle, calomnie cyniquement sa race en portant aux nues un quelconque fils d'esclave. Claire Goll avec son instinct de femme supérieure et affranchie, a peint, en tons volontairement attiédis, une figure assez sympathique d'un roitelet Peuhl, arriviste par puéril orgueil, et dont les qualités naturelles — puisées dans le fonds instinctif d'une race vigoureuse et tout de même saine — en composent un personnage de gouvernement et presque un homme di monde .

Mais l'orgueil des nègres ne peut se circonscrire dans l'horizon pourtant limité des blancs. Jupiter Djilbouti, prince d'opérette et gentleman de confection, saura conquérir la blonde et bourgeoise Europe - Alma Valery - que l'exotisme éblouit un instant, peut-être aussi la soif de l'or facile et la fièvre paresseuse du snobisme . Mais un mariage aussi dissemblable ne peut fleurir en l'acide humus des jalousies, des préjugés et des petitesse d'esprit de notre société badigeonnée de civilisation. Et c'est le malheur sentimental après les illusions d'un rêve impossible, le malheur du « sauvage » trop simple encore pour jouer son rôle en la mascarade blanche, trop jeune de sensations et de cœur dans un monde pourri de politesse, d'égoïsme et de lâcheté.

Cette simple histoire - triste tout de même puisque le cœur y pantèle - est narrée par Claire Goll avec cette simplicité poétique, cette finesse de trait et cette exactitude qui sont la caractéristique de son jeune talent. Soutenu par une documentation fort précise, mais qu'elle n'étale qu'en soutien et recouvre d'images personnelles et très fraîches, son style chante sous la caresse d'une plume élégante qui dessine sans appuyer, évoque sans aveugler, suggère plutôt par une multitude de détails d'apparence décorative, mais qui composent, avec un art exquis, des personnages toute nature, des décors en raccourcis et des dialogues spontanés . Sans le souci de cette outrance réclamière qui nous a rendu suspects certains talents féminins et sans spéculer sur une sensualité toujours bête et point du tout attrayante . Claire Goll m'apparaît comme un romancier de tempérament exceptionnel, puisant à même le grand fleuve du réel, et dont l'avenir fera la gloire . Jean-Daniel Maublanc

[51] Déjà paru en 1920 dans Die Freude

[52] Depuis quelques années, dans tous les milieux, dans tous les pays, on se plaît à crier : La poésie est morte ! Notre siècle anti-sentimental aurait étranglé les muses . Et nous resterions seuls dans un monde de machines et de chiffres et de logique !

Heureusement, il n'en est rien. Nous avons trouvé, en cherchant avec une jumelle de précision, un nouveau poète qui, peut-être bien, pourrait-être « le dernier poète » : Armand Godoy dont l'âme est encore bleue et triste et tendre, et dont le col s'orne d'une lavallière comme d'un papillon. Dans notre Europe grise et matérielle , il nous apporte les véritables soleils d'un pays encore pur et les étoiles vierges de nuits encore non usées.

Il est doux de savoir qu'un poète existe encore, plus doux encore de le savoir si près de soi, dans ce vieil Auteuil ; de notre fenêtre, nous apercevons la dernière branche d'un orme de son jardin, et lorsqu'un oiseau s'y pose, nous pensons qu'il s'exerce à réciter les derniers vers nés le même jour dans cette maison enchantée. Et, alors, nous saluons Armand Godoy .

Claire et Ivan Goll.

[53]Les soirées de Sagesse: Les "Amis de Sagesse "se réunissent tous les samedis soirs,

à la Brasserie Courbet, 133 Bd.Brune(14°)

23 février 1929:

Quelques poètes allemands contemporains .Poèmes de Rainer Maria Rilke, Ernst Toller, Karl Liebknecht, Ludwig Rubiner, Claire Studer par Jean Dorcy, E.P. Jalbert, Fernand Marc

16 mars 1929: Soirée réservée à:

l'Anthologie mondiale de la poésie contemporaine d'Ivan Goll.

[54] "M. Ivan Goll se révèle ironiste implacable dans Sodome et Berlin . Et son humour est si féroce qu’on ne peut guère démêler la vérité de la fiction. Il nous dépeint avec verve un Berlin se réveillant avec peine des émeutes communistes, puis livré à la folle spéculation lors de la grande inflation, aux moeurs désaxées, aux aventures ahurissantes subies ou provoquées par mille gens divers, et cette fièvre de débauche, cet amour du jeu, fond du livre, sont un perpétuel rebondissement pour l’intrigue de ce roman un peu fou, parfois désordonné, qui traîne en longueur vers la fin, mais que M. Ivan Goll a réussi malgré tout, car original et vivant. "(Louis Jean Finot)

[55] M. Ivan Goll, dont le roman "Sodome et Berlin "vient de paraître, nous a offert de publier un chapitre qu’il a dû supprimer en cours de travail, par souci de composition.

[56] Claire Goll à Ivan: Ivan Goll à Claire :

1) Le jour où mes yeux …17 vers 1) Je voudrais être ce saule…16 vers

2) Nourris-moi de tes regards…10 vers 2) Tu es insaisissable…14 vers

3) Ne sors pas ce soir …16 vers 3) Puisque je sais que ta tête …14 vers

[57] "L'homme assis entre deux chaises"

[58] « Je n'ai jamais si vivement senti la vanité des esthétiques qu'en lisant Claire et Ivan Goll.. Dirai-je le fond de ma pensée ? Le Poète n'a pas d'abord envie d'être animiste, simultanéiste ou surréaliste, mais il a besoin d'avouer ou de crier ses sentiments. Le cri, l'aveu spontané, voilà la véritable origine de tout lyrisme, et ce qui me touche immédiatement dans ces trois plaquettes, c'est la franchise de leur titre. J'aime qu'on ait le courage d'écrire : "Poèmes d'Amour", "Poèmes de Jalousie" au fronton d'un recueil. Car les sentiments se nomment et il y aurait beaucoup à dire au sujet de la thèse qui prétend notre vie intérieure totalement déformée et trahie par les mots. Donc Claire et Ivan Goll sont amants avant d'être artistes et modernes.

De là cette qualité de leur poésie où l'image inattendue, l'humour et le vocabulaire scientifique ne font que servir de toile de fond à la vérité et à la violence des aveux. De là encore la réhabilitation d'une nouvelle préciosité mise cette fois à sa véritable place, je veux dire celle que la pudeur, le respect humain et le besoin de se moquer de soi-même...lui devraient toujours assigner.. (suivent de nombreuses citations commentées)...

Par ce lent glissement de l'humour et du moderne (un baiser fait de miel et d'électricité...fier comme un Transatlantique...le coeur fermé comme une huître...) vers l'humain, cette poésie peut atteindre à une grande force et à une authentique grandeur:

je suis le frère et le mari

je suis le fils de ma douleur

je ne suis rien sans elle

je la mange

je la ris

je la fume

je la hurle

je la crache

je l'aime puisqu'elle est de toi

Ce contraste entre le cri de toujours qui jaillit et les formes verbales actuelles, c'est toute l'originalité et la saveur intense de cette poésie. » (A. Colombat)

[59] Deux fois quarante ans, roman, 242 pages, Editions Emile Paul Frères, Paris 1928

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02 décembre 2008

Biobibliographie Claire et Yvan Goll jusqu'en1919

 Yvan et Claire Goll par Jean Bertho [1] 

Isaac Lang, né le 29 mars 1891 à Saint-Dié (France), est le fils d'Abraham Lang et de Rébecca Lazard. Sa généalogie a été établie par Paul Kurts, un cousin au deuxième degré, qui trouve des traces de sa famille avec certitude jusqu'en 1672.

Ses premières oeuvres sont signées en France ( Nancy ) 1910 : Ivan Lazang, en langue allemande Iwan Lazang, pour des poèmes publiés à Strasbourg en 1910, Iwan Lassang pour plusieurs poèmes publiés à Berlin en 1910, Iwan Lazang pour Lothringische Volkslieder, des poèmes publiés à Metz en 1912 et en 1913 et pour d'autres poèmes parus à Berlin en 1912/1913, Johannes Lang, son nom patronymique en janvier et en avril 1913 pour la publication dans Die Aktion de deux courts poèmes : Der Kanal et Nachtlied, Iwan Lassang pour plusieurs poèmes parus en 1914 dans Die Aktion (Café, Die beiden Schwestern, Die Automammus ) . Il signe d'un nouveau pseudonyme Tristan Torsi son premier recueil de 14 poèmes "expressionnistes" publiés à Berlin en 1914,"Films" dont voici la préface :

L'éditeur vous parle

L'expressionnisme n'est pas une nouvelle religion que nous fondons ici. Il est depuis longtemps le pain quotidien de la peinture ; il est une coloration de l'âme qui (pour les techniciens de la littérature) n'a pas encore été analysée chimiquement et qui, de ce fait, n'a pas encore de nom.

L'expressionnisme est dans l'air de notre temps, comme le romantisme et l'impressionnisme furent l'unique possibilité d'exister pour les générations précédentes.

L'expressionnisme s'écarte rigoureusement de ces écoles. Il nie ces formes de "l'art pour l'art", car il est moins une forme d'art qu'une forme d'expérience. Au sens goethéen.

L'expressionnisme se rapproche du classicisme. Il a plus de cerveau que de sentiment, il est extase plutôt que rêve. Et par là, il tient du classicisme, sans avoir la prétention de ne jamais devenir classique.

Tristan Torsi. 

C'est à l'occasion de la publication à Lausanne de son premier recueil de poèmes écrits et publiés en français, "Elégies Internationales", Pamphlets contre cette guerre qu'il adopte en 1915, le pseudonyme GOLL : GOLL en allemand, c'est GOTT en écriture gothique : DIEU. Isaac Lang aurait tout aussi bien pu signer POETE car, il va l'écrire tout au long de son oeuvre, le poète est l'envoyé de Dieu sur cette terre, le devin à qui revient le devoir d'alerter les hommes, de les prévenir des calamités qu'ils se préparent eux-mêmes. Le poète c'est Dieu.

Après ses "Elégies Internationales", il abandonne ses précédents pseudonymes : Johannes Lang, Iwan Lassang et Tristan Torsi pour celui de Goll, sans ajouter de prénom, pendant plus d'une année puis à partir de décembre 1915, il deviendra Yvan Goll (Iwan en langue allemande) pour l'éternité.

Il a, en plusieurs circonstances, livré les éléments essentiels de sa biographie :

« Ivan Goll, né en Europe, citoyen de la terre, attaché à nul village, a écrit plusieurs volumes de vers qui traitent de l'amour et de la haine, de la joie et de la  tristesse de vivre. Parmi ceux-ci il recommande les Chansons d'Amour, écrites en  tête-à-tête avec Claire Goll, les Chansons Malaises et la Chanson de Jean Sans Terre. Paris 1937 »

(Ms 584 G FF 84)

« Je suis né à Saint-Dié, (Vosges, France), d'un père alsacien et d'une mère  lorraine, c'est à dire en constante contradiction avec moi-même, avec l'Est et l'Ouest.

J'ai passé la plus grande partie de ma vie à Paris, en menant avec ma femme Claire une pure existence de poète. J'ai contribué à la destruction du capitalisme, en  vivant des rentes de mes parents, sans rien y ajouter par mon travail. 

 En été 1939, je suis venu aux Etats-Unis, apportant comme tout bagage les 3 plaquettes de "Jean sans Terre", des "Chansons Malaises», une prose poétique "Lucifer Vieillissant". Ici en Amérique, je continue "Jean sans Terre" et la résistance passive du poète. » [2] 

(Ms 584 G FF. 83)

«Yvan Goll est né le 29 mars 1891, à Saint-Dié, (Département des Vosges).

Son père, fabricant de tissus, dans cette vallée vosgienne, où les ruisseaux fournissaient la force motrice, était originaire de Ribeauvillé (Alsace), situé dans une autre vallée, sur un autre versant des montagnes .Sa mère était née à Metz (Lorraine).

Le fils représente le croisement de deux provinces ennemies, l'Alsace et la Lorraine, qui forment les deux contrastes de l'âme humaine.

L'Alsace a toujours été le pays de la vie exubérante, avec ses vallées riches, plantées de houblon, et ses collines aimables couvertes de vignes. Pays du rêve, de l'imagination et de la versatilité. Un dicton dépeint ainsi l'Alsacien : "Ce qu'il a, il ne veut pas, ce qu'il veut, il ne l'a pas». Située entre la France et l'Allemagne, tour à tour dominée par l'un ou par l'autre, au cours des siècles, elle s'en est toujours tirée à bon compte, avec un humour philosophe et narquois, sans grande conviction dans les principes de part et d'autre. Changer de morale et de politique tous les quarts de siècle, émoussent les convictions les plus candides.

 La Lorraine, dont les vastes plaines roulantes, soumises aux lois inébranlables des saisons, habitées par des vents qui ne connaissent aucune pitié, ne rendent gorge qu'au prix d'un labeur dur et continu, a une population paysanne élevée dans les principes de la terre, se souciant peu des conquérants qui passent et jamais ne restent.

Après la mort de son père, en 1897, la mère d'Yvan retourna dans sa ville natale, à Metz, où il fut élevé jusqu'à sa maturité. Tous les jours, en se rendant au lycée, il passait dans la rue où Verlaine est né.

L'Alsace-Lorraine était alors sous la domination allemande, et Yvan Goll fut témoin et victime de tous les déchirements et de toutes les humiliations infligées à ces deux provinces. Resteraient-elles éternellement la frontière disputée, où deviendraient-elles un jour le trait d'union entre l'Allemagne et la France ? Ce point d'interrogation resta menaçant pendant tout un demi-siècle.

Le drame qui se jouait dans le microcosme Alsace-Lorraine, se répétait dans le macrocosme Paris Berlin.

En 1913, avant la guerre, Yvan Goll, jeune étudiant à Berlin, fut dans la bagarre expressionniste, collabora à "Die Berlin" et "Die Weissen Blätter», que dirigeait l'alsacien René Schickele, fréquenta au fameux "Café des Westens" (Café de l'Ouest, nom fatidique) les poètes Klabund, Alfred Wolfenstein, Albert Ehrenstein et la délicieuse poétesse orientale Else Lasker-Schüler. Ses poèmes seront imprimés dans l'anthologie "Menschheitsdämmerung" de Kurt Pinthus, qui donne la somme du mouvement expressionniste.

Il passa la guerre 1914-1918 en Suisse, en partie à Zurich, où se réfugièrent les Expressionnistes, en partie à Lausanne et à Genève, où il prit part au mouvement de "demain», fréquenta Romain Rolland, Henri Guilbeaux, Pierre-Jean Jouve, Franz Masereel ; ses "Elégies Internationales" paraissent à Lausanne en 1915 et les Editions "demain" publièrent son "Requiem». Finalement il se retira à Berlin, dans le Tessin, où une colonie d'artistes étaient en train de se former ; par la suite, ce charmant village situé sur les bords du Lac Majeur, du côté suisse, vit défiler des écrivains de toutes les nationalités et devint le berceau d'un mouvement occultiste. Les adhérents du groupe "Eranos" y tinrent leurs assises annuelles, et y composèrent leur "Jahrbuch».

 Dés 1919, il est à Paris avec les Dadaïstes et Surréalistes, rencontrant régulièrement au Café Certa, André Breton, Paul Eluard, Philippe Soupault, Louis Aragon et d'autres. Mais il est aussi en rapport avec les Expressionnistes, les "Zénitistes" de Zagreb, les "Ultraïstes" de Madrid, extrêmement actif dans la mêlée et le magma de la dissolution européenne.

En 1923, Yvan Goll fait paraître aux "Editions de la Sirène", "Le Nouvel Orphée", volume qui contient une pièce satirique "Mathusalem", le poème cinématographique (écrit en 1920) "La Chaplinade", les cantates "Orphée" et "Paris Brûle", et un groupe de poésies "Edition du Matin" .

Les années suivantes, il publie avec sa femme Claire, qu'il connut en Suisse, les "Poèmes d'Amour", illustrés par Marc Chagall.

Claire et Yvan habitèrent d'abord quelques semaines à l'hôtel Pigalle, en plein Montmartre, puis un été à Fréville - Ville d'Avray, ensuite à Auteuil, rue Jasmin et rue Raffet, enfin dans l'île Saint Louis, puis finalement rue de Condé, prés du Luxembourg De nombreux peintres fréquentèrent chez eux et firent leurs portraits : Robert Delaunay, Albert Gleizes, Chagall, Pascin, Kisling et d'autres.

Les Goll avaient fait la connaissance de James Joyce et de sa famille à Zurich, et lorsque ceux-ci vinrent s'installer à Paris, l'amitié entre les deux familles dura jusqu'à la mort du grand écrivain. Yvan et Claire fêtèrent avec James Joyce la parution de la première édition d'Ulysse, chez Sylvia Beach, et furent avec le poète attristé, dans l'appartement lugubre 7, rue Edmond Valentin, lorsqu'il reçut pour son anniversaire, le premier exemplaire de son dernier livre "Finnigan's Wake", imprimé à Londres. Il était seul et malheureux ce jour-là (alors qu'à ses anniversaires précédents James Joyce donnait toujours une fête intime, où il aimait danser), car sa fille se trouvait dans un asile d'aliénés, et il devait aller la voir le soir même, pour lui chanter des chansons irlandaises.

Rainer Maria Rilke vint également souvent visiter les Goll, rue Raffet. Son apparition était une grande fête spirituelle : il lisait ses derniers poèmes, d'une voix douce et musicale.

Des voyageurs de toute part se rencontrèrent chez les Goll : Maïakowski et Essenine de Russie, Stefan Zweig et Franz Werfel d'Autriche, Hongrois, Espagnols, Haïtiens.

Tandis que Claire publiait ses romans "Le Nègre Jupiter enlève Europe" et "Une Perle", Yvan publiait "Le Microbe de l'Or", "Sodome et Berlin" et "Lucifer Vieillissant».

Puis vinrent "Les Chansons Malaises" et "Jean sans Terre».

Puis vint Munich et la deuxième Guerre, et le départ pour l'Amérique.»

(Ms 584 G FF 85-86-87)

Cette note, tapée à la machine, a sans doute été revue par Claire Goll. 

Au cours de son séjour aux U.S.A., Ivan Goll travaille à La Voix de France et continue "Jean Sans Terre" dont certains poèmes sont traduits par les plus grands poètes américains. Dés 1941, un nouveau pseudonyme, Jean Longeville, pour signer deux traductions d'Emil Ludwig car Goll doit assurer à la fois le quotidien et les frais d'édition de "Poets' Messages" ; il fonde ensuite une revue bilingue "Hémisphères" qui devient un incontournable pont entre les deux langues. Devenu citoyen américain, il apprend en juillet 1945 qu'il est atteint d'une leucémie. Il décide bientôt de revenir en France pour y terminer sa vie. Après avoir publié plusieurs recueils écrits en anglais, il quitte les U.S.A. et le 7 juin 1947, le couple Goll débarque du Mauretania à Cherbourg et arrive à Paris à la Gare Montparnasse. La leucémie d'Yvan l'oblige à surveiller en permanence la prolifération de ses globules blancs mais de nouveau il écrit en langue allemande, la langue de ses premiers succès littéraires et de l'Expressionnisme qui l'a rendu célèbre. Son premier recueil "Films", en 1914, était signé Tristan Torsi et cinq nouveaux poèmes vont être publiés en juillet 48 dans la revue mensuelle d'Alfred Döblin, "Das Goldene Tor" ("Le Portail d'Or»), sous le pseudonyme de Tristan Thor : Tristan Torsi, Tristan Thor, Goldene Tor … le cercle magique de Goll se referme lentement.

Alors qu'en Septembre 1948, il est chez sa mère en Lorraine, il est atteint d'une broncho-pneumonie. Claire doit d'urgence le faire admettre à l'hôpital de Strasbourg.

Pendant ce séjour il écrit, d'une écriture quasiment illisible, ce bouleversant faire-part :

« Nous avons la joie d'annoncer la mort du poète Yvan Goll. Il était très souffrant.

d'avoir contracté une pneumonie dans les courants d'air et d'idées en Europe.

Né sur la frontière, entre la France et l'Allemagne, ayant bu le bon vin rouge de la raison et les vins du Rhin romantique, toujours ballotté entre l'Est et l'Ouest, il ne sut jamais à quel saint se vouer.

Avec les Expressionnistes il fit la révolution allemande qui fut ratée.

Avec les minorités détruites de la poésie française son oeuvre était aussi périssable que les différents ismes qui se suivent d'année en année, qui moussent un instant et disparaissent dans la nuit des bombardements.

De ses poèmes, il restera, davantage que quelques mythes, le nom d'un personnage légendaire qu'il créa "Jean sans Terre" et le symbolise. » 

(BM Saint-Dié 510.29/3 VI)

Le mercredi 15 décembre 1948, à 12 heures, il pourra écouter une émission de Radio Strasbourg consacrée à sa poésie.

Le 14 janvier 1949, il quittera cet Hôpital, guéri de sa pneumonie, emportant des liasses de feuillets, de notes et de poèmes en langue allemande "les seuls qui comptent à présent" et qui, à l'exception des cinq déjà parus, ne seront publiés qu'après sa mort, dans "Traumkraut" en 1951 et dans "Berlin" en 1954.

Sa leucémie lui laisse quelques mois de rémission ; il aura même le bonheur de retourner en Italie avec Claire ; mais le 7 décembre, il est admis d'urgence à l'Hôpital Américain de Neuilly-sur-Seine où il meurt le 27 février 1950.

Claire GOLL [ Claire Aischmann, née à Nuremberg le 29 octobre 1890, fille de Joseph Aischmann et de Malvine Further, domiciliés à Munich, Hannhauserstrasse 19, divorcée de Henri STUDER, depuis le 27 mars 1919, mariée avec Isaac Lang (Yvan Goll) le 21 juillet 1921, décédée le 30 mai 1977 à Paris, enterrée avec Yvan Goll au cimetière du Père Lachaise ]

Journaux, Revues, Anthologies, Oeuvres —

Osterlied * [3] (20 vers) (1906)

In uralten Seen, * (10 vers.1907) [4]

Le Pays Lorrain et le Pays Messin, Septième année - 1910 Revue mensuelle illustrée (64 p.) Littérature, Beaux-Arts, Histoire, Traditions populaires) Paraissant le 20 de chaque mois. Ivan Lazang (de Metz)* Nocturne (16 vers) p.301

Nancy - 29 rue des Carmes

  Nocturne

La lune, à travers le rideau,

Verse sa lumière dorée,

Et l'on entend le crescendo

Des tristes rythmes de Borée.

Sur la fenêtre, un chat câlin

Rêve, zébré de noir et jaune,

Son œil dans l'orbite opalin

S'irise comme un œil de faune.

Il est profond comme un miroir,

Qu'un beau profil d'enfant caresse,

Et semble chercher dans le noir

Les immensités de tristesse.

Cet œil, c'est l'âme de la nuit,

Qui cherche tout sans rien comprendre:

Il veut saisir tout ce qui luit,

Et, saisi, ce n'est plus que cendre.

 Ivan Lazang (de Metz)

Le Pays Lorrain et le Pays Messin, Septième année - 1910 Revue mensuelle illustrée (64 p.) Littérature, Beaux-Arts, Histoire, Traditions populaires) Paraissant le 20 de chaque mois.

Ivan Lazang :*La Fête au Village (10 vers) p.570

Nancy - 29 rue des Carmes

C'est la fête aujourd'hui. Les parfums de lavande

Et de brioche s'embrassent. Toute une bande

D'enfants, petits-enfants s'est rassemblée. On boit

Du kirsch, du marc dans les petits verres en bois.

Le grand-père et la grand-mère font le service.

Léon, le benjamin, mange du pain d'épice,

Pendant que sa sœur Jeanne arrange le bonnet

Lorrain sur ses cheveux blonds tout enrubannés.

Mais sur la place autour du carrousel, la foule,

En attendant le bal, chante avec la vioule.

Strassburger Neue Zeitung, 22 novembre 1910 :

Iwan Lassang : * Tolstois Abschied (poème de 10 vers) p.1

Das Talent. Heft 5/6 Literarische Halbmonatsschrift zur Förderung unbekannter Autoren. Herausgegeben von Ernst Potthof : Iwan Lazang : Die Gabe des Mondes [5] p.187

Berlin. 1910.

Allgemeine Zeitung - 1910 : Iwan Lazang p.427 : Ein Mädchen, Die Reise [6] 

Der klingende Garten . Eine Dichtergabe für die Dt. Schutstiftung.

Hrsg. A.K. Martin . Beitrage von 243 Autoren, darunter P.Altenberg, P. Baum, Beerhofmann, Hofmannsthal, Holz, Lasker-Schüler, Iwan Lazang : Erkenntnis p.77, H.T. Mann, St. Zweig u.a. (149 S. 23, 8 x 21, 4 cm)

Leipzig, Verlag d. Dichtergabe, o.J. 1912

Lothringische Volkslieder *- Nachdichtungen von Iwan Lazang . Bilder von Alfred Pellon. Mit einem Geleitwort von Viktor Wendel. (S. 21)

Metz, Steinweg: P. Müller, 1912.

Petite pluie,

Petite pluie, 

Est-ce toi qui pries

Les litanies de nos misères?

Petite sœur,

Petite sœur, 

Est-ce toi qui pleures

Toute seule au bout de la terre?

Petite mort, 

Petite mort,

Est-ce toi qui dors

Dans mon coeur gros qui désespère?

Cette Chanson lorraine (Lothringisches Lied), composée vers 1907 selon Barbara Glauert figure p.274 dans Yvan Goll : Die Lyric in vier Bänden (I) Argon 1996, mais n'a jamais fait partie des Lothringische Volkslieder ( Metz 1912 )

Licht und Schatten 3 (1912/13) n° 1 - Wochenschrift für Schwartzweisskunst und Dichtung. Herausgegeben von Hanns von Gumppenberg. Berlin.

p.1 Iwan Lazang : *Sonnenaufgang ( 12 vers )

Licht und Schatten 3 (1912/13) n° 18 - Wochenschrift für Schwartzweisskunst und Dichtung. Herausgegeben von Hanns von Gumppenberg. Berlin.

Iwan Lazang : p.19 *Die Mauer ( 12 vers )

Lothringer Almanach auf das Jahr 1913 [7]. Gegrundet und herausgegeben von Heinrich Hemmer.

page 152: Iwan Lazang : Lothringisches Volkslied, avec une gravure d'Alfred Pellon, reprise du quatrième poème de Lothringische Volkslieder et 4 poèmes inédits (p. 178 - 180): Frülingslied, Geduld, Der Apfel und das Herz, Die Erfüllung.

Druck und Verlag von Gebr. Lang, Metz.

Die Aktion 3 ème année n° 4 - 22 janvier 1913

Wochenschrift für Politik, Literatur, Kunst. Herausgegeben von Franz Pfemfert 

Inhalt : Franz Pfemfert, G. Fuchs, Rudolf Leonhard, Marie Holzer, Paul Boldt,

Rudolf Kayser, Paul Mayer, Johannes Lang [8]: * Der Kanal p.113, René Schickele.

Berlin-Wilmersdorf : Verlag Die Aktion.

Die Aktion 3 ème année n° 15 - 9 avril 1913

Wochenschrift für Politik, Literatur, Kunst. Herausgegeben von Franz Pfemfert 

Inhalt : Franz Pfemfert, Stanislaw Przybyszewsky, Ludwig Rubiner, René Schickele, Nikodemus Schuster, Paul Boldt, Johannes Lang : * Nachtlied p.411

Berlin-Wilmersdorf : Verlag Die Aktion.

Revolution 1er nov. 1913. Herausgegeben von Hans Leybold puis Franz Jung.

Iwan Lazang : *Die Fahne (le Drapeau), page 12

München 1913-1914.

Genesis [9] 

1913

Die Aktion 4 ème année n°15 - 11 Avril 1914

Lyrische Anthologie Beiträge von Ernst Angel / Ludwig Bäumer / Johannes R. Becher / Franz Blei / Paul Boldt / Maximilian Brand / Max Brod / Kasimir Edschmid / Eugen Fischer / Hans Flesch von Brunningen / Paris von Gütersloh / Victor Hadwiger / Henriette Hardenberg / W.G. Hertz / Oskar Kanehl / Hugo Kersten / Wilhelm Klemm / Gottfried Kölwel / Mimi Korschelt / Iwan Lassang :* Café (13 vers),p.320 / Hans Leybold / Käte März / Paul Mayer / Heinrich Nowak / V.J. Paukner / Anselm Ruest / Götz Salomon / Robert Schnitzer / Arthur Seehof / Mario Spiro / Ernst Stadler / Kurt Striepe / Leo

Sternberg / Josef Tress / F.W. Wagner / Helmuth Wetzel / Alfred Wolfenstein. 

Berlin-Wilmersdorf : Verlag Die Aktion.

Die Aktion 4 ème année n°24 - 13 Juin 1914

Iwan Lassang :* Die beiden Schwester p.526 - 8 vers

Die Aktion 4 ème année n°40-41 - 10 Octobre 1914

Iwan Lassang : * Die Automammuts p.808 (24 vers)

Iwan Lassang : * Der Panama-kanal [10]. Mit einem Titelbild von Georg Walter Rössner

Berlin-Wilmersdorf /A.R. Meyer, 1914. Lyrische Flugblätter. Quer-8°, 8 Bll.

Tristan Torsi : * Films (Verse)14 poèmes, 16 p.- 20 cm.

14 poèmes: Der Herausgeber spricht ( en prose, sur "l'Expressionnisme", Hôtel zur Zivilisation, Heimat, Karussell am Friedrichsbahnhof, Alexanderplatz (Berlin), Vater, Krieg, Die Flucht nach Lesbos, An Ganymed, Satyros, Brasilianerin, Klementine, Baum im Hof, Die Kerze, Spätherbst.

Berlin - Charlottenburg : Verlag der expressionnistischen Hefte, 1914.

Die Aktion n° 5-6, 30 janvier 1915 : Iwan Lassang : * Der letzte Mensch p.63 (10 vers) 

Die Aktion n° 13, 20 mars 1915 : Iwan Lassang : * An Suzannah, p.164 (5 vers) 

Die Weissen Blätter 2ème année : Neunter Heft (9ème cahier) septembre 1915. Eine Monatsschrift, Herausgabe von René Schickele. Iwan Lassang : Der Panamakanal : Die Arbeit, Das Fest. (1ère version) p.1142 à 1147

Zürich, Leipzig, Rascher / Bern, Verlag der Weissen Blätter / Berlin, Cassirer

Die Aktion 5ème année - n° 39-40, 25 Sept 1915 : Sechste, Lyrische Anthologie : Kurt Adler, Ernst Angel, Theodor Däubler, Manfred Georg, Walter Hasenclever, Emmy Hennings, Else Lasker-Schüler, Iwan Lassang : * Letzte Nächte [11] p.494 - 495,44 vers et * Weltlied p. 495 - 7 vers ; Hans Leybold, Alfred Lichtenstein, Karl Otten, Franz Werfel, Alfred Wolfenstein …

Goll : Elégies internationales. Pamphlets contre cette guerre.

Lausanne : Edition des Cahiers Expressionnistes, 1915 (21, 5 cm.- 16 p. non chiffrées)

Ces douze pamphlets "Peuples guerriers!, J’ai couché dans le printemps, La chute des villes, Jusqu’à vos cathédrales, Bombardement, Printemps de guerre, Automne de guerre, Et moi qui n’avais point d’amie encore, Je suis un homme droit, Charleroi, Le supplice de la mer, Le frère des frères" sont les premiers textes signés Goll :

1) Peuples guerriers! 

Peuples des chansons militaires! Rêveurs! Européens! 

Pourquoi ces matins grelottant sous le clairon, ces campements dans la fraise des bois, les villes énervées du sang lointain, la cavalerie flottante par les brouillards, des routes hagardes traînant l’exode des veuves, des plaines inondées de feu, les enfants sentinelles, les nuits malades et chancelantes à la toux du canon, et puis la pitié des Croix-Rouges? Pourquoi cherchiez-vous l’amertume et la douleur, le tambour claquant de ses os et la plainte des tombes dans les dunes?

Peuples rêveurs!

Et vous aviez déjà la guerre hurlante dans les galeries de vos houillères! Et la guerre sournoise qui rongeait les fabriques carrées et grises, les bureaux du coton et du tabac! L’état-major des banques! Le blé était le génie de la victoire! L’eau était l’ennemi! La ruse d’un express déraillant sur le pont armé! La faim criarde de vos femmes! L’anarchie de vos fils! Peuples guerriers! Tisserands! Ouvriers! Vos chèques! Les journaux! Quels combats! Hauts-fourneaux! Le sang au coeur et dans les yeux! 

O peuples héroïques! Vous qui cherchez votre grande bataille! 

Vous en perdites la plus grande, Européens!

L'Europe!

2) J'ai couché dans le printemps 

J'ai couché dans le printemps de ton jeune pré, mon frère, et mon cheval a brouté tout ton trèfle rouge et blanc.

J'ai caché la honte de nos patrouilles dans les ombres de ton blé, mon frère, et j'ai enfoui notre batterie dans le ventre de tes dernières meules.

J'ai piétiné le seigle et j'ai coupé la fragile framboise : oh les buissons ardents ! Ma main en sortit vile et veule.

Nous allons tous les fleurs au képi et des rubans sur le coeur : mais ça ne fanera jamais, car c'est de toi, mon frère, c'est ton sang.

3) La chute des villes 

Même : Vous trahissez vos villes et vos filles !

Vous les laissez ainsi que des coquilles oubliées par la marée des batailles.

Vos pauvres villes sont folles : leurs rues fières sont saoulées de sang, et déjà dansent-elles la marche du vainqueur.

Leurs incendies ont dévoré les cachettes de votre coeur, et les ponts ont jeté au fleuve leurs souvenirs en fuite.

Peuples, vous reniez vos villes : les dômes dont les seins allaitaient vos chrétiens, les cafés assis en été sous la marquise, l'honneur équestre de vos grandes places et la noblesse de l'Hôtel de Ville.

Leurs fils sont mutilés, leurs filles sont des demoiselles, qui auront faim, qui auront faim !

Peuples guerriers : par le malheur de vos cités vous trahissez vos filleuls et vos pères !

4) Jusqu'à vos cathédrales

Jusqu'à vos cathédrales, les navires d'outre-ciel, jusqu'aux pieuses chapelles, qui abritaient le val bruyant sous la mantille de leurs cloches,

Vous avez abattu les tours, les ruches du soleil, vous avez saccagé le jardin matinal de votre vierge : les gobelets d'or et de vin et le troupeau des cierges, qui broutait autour du peuple.

Où devrons-nous reposer nos genoux ? Où pourrons nous déposer notre coeur tel un bijou qu'en ôtait dans l'armoire de la mère ou dormir ?

Vous ne rechercherez plus le secret gothique, vous vous acharnerez à des canaux, des hôpitaux et des fabriques et vous aurez raison.

Mais vous ne saurez plus la rosace qui du vent, du soleil et de l'âme indiquait l'unanime et l'ultime voix !

La brisure des vitraux saints brille à travers la paille de vos blessés, et seul le Christ manchot tient tristement la place, où Dieu servait tous ses servants. 

5) Bombardement

« J'ai peur, ma mère ! »

Tais-toi ! C'est le ciel qui en veut à notre ville.

La ville était trop fière et tendait ses usines comme des poings vers le ciel. Et que le boulevard regrette et pleure -- il n'en est rien ! Nos maisons uniformes crouleront vers son rivage. Aucune étoile pour nous retenir. Les nuages d'été dresse leur dard : il tonne.

Tais-toi ! Le ciel et malheureux : il crie.

« J'ai peur, ma mère ! »

Tais-toi ! C'est la terre qui se révolte. Nos mines la tracassent toute la nuit. La terre a des colères comme la bête. Le fiel de son grisou s'ébranle. Ton père y est bien mort aussi. L'incendie déshabille l'horizon tout entier. Et la terre s'effraie de la nudité de ses champs opaques. Elle se dresse et elle punit.

Tais-toi ! La terre est malheureuse : elle bat.

« J'ai peur, ma mère ! »

Tais-toi ! C'est l'homme qui ont veut à l'homme. Le ciel est doux comme un aveugle. La terre est triste comme une orpheline. Mais l'homme surgit. Il traîne par l'Europe ses régiments et ses canons bavards. L'homme rugit ! Il tache la nuit de son sang. Il trame le linceul de notre ville : et la navette de ses obus est plus alerte que celle du tisserand. C'est la guerre : tais-toi ! L'homme est malheureux : il tue !

6) Printemps de guerre

Mais lorsque tous les fleuves embrasseront leur rive comme un souvenir, les champs s'alarmant au bruit des chevauchées du Sud,

Voici les laboureurs, lourds artilleurs au casque noir et or, qui fouleront les calmes primevères,

Voici les canons lents triant furtivement les quarts et les huitièmes du cadre rural. Et leurs roues graveront la douleur du sillon.

La batterie dans le buisson éclatera entre les nuées d'aubépines et bondira par les jardins avec les pommiers épanouis vers le ciel. Et la chute de ses grenades comblera notre siècle.

Les nuits ne seront plus les tendres pèlerins : les nuits souffriront comme des phtisiques qui crachent en rêvant le sang : une lave d'obus.

Les serres de tulipes agenouillées dans les Flandres auront des lèvres rouges, qu'on dirait des cocottes de Paris, car tous les fils de bourgeois du pays ont dormi dans leur lit.

Et des colonnes bleues, des colonnes noires, sortiront en chantant du creux des prés mouillés : des soldats de zinnobre, des soldats de feu, mourront en embrassant l'ultime Vie.

7) Automne de guerre

Aux blés : Voici les épis blonds et bruns sous le rideau de bluets et de coquelicots ! Voici les soldats blonds et bruns dans leur capote et leur plaie rouge ! Vous tracerez le sillon de leur croix. Vous ouvrirez les ailes de vos granges aux chariots et à l'ambulance !

Holà, la vigneronne au tablier fleuri ! Dans le calice de tes mains étreins les grappes du soleil. Et par les ceps bleus de sulfate et par les fils de fer, les grappes rouges de l'infanterie tachent ta jupe. Ton vin se lèvera, roux de leur sang et lourd de leur orgueil !

Vous aurez chaud, les gueux, tout cet hiver ! Vos chars et vos brouettes seront trop petits pour les squelettes des sapins et les cercueils des antres souterraines. Vos brancards seront trop étroits pour les diables des Alpes qui, tels les daims, sont morts de liberté !

Et vous sur les grand' routes ! Les pommes tombent dans la poussière des fossés, les poires pendent par dessus les murs du parc. Attelez, les charretiers ! Mais vos fourgons sont pleins déjà de ronds boulets cuivrés et des obus mûris dans les nuits chaudes des fabriques ! 

8) Et moi qui n'avais point d'amie encore ...

Et moi qui n'avait point d'amie encore, à qui penser pendant toute une mort ?

A qui offrir la floraison des aubes pleines des bravos du thym ?

Qui courra au passage de mon tambour sonnant la gloire comme un squelette ?

Ma mère aura le crêpe et ornera ma tombe des géraniums aigus de sa cuisine.

Et ma photographie acceptera le souvenir de mes deux épaulettes rouges (en dessous des diplômes).

Mais moi qui n'étais qu'un enfant, qui gardera mon coeur de perce-neige ?

9) Je suis un homme droit 

Je suis un homme droit. Mon front d'ivoire porte en couronne les étoiles. Mon boulanger pétrit mes ronds soleils de pain. Mes enfants m'aiment.

Je suis un homme et vous êtes mon peuple.

L'échelle de Jacob tout les soirs descendait du ciel vers mon lit, et l'homme était frère de Dieu. J'étais libre et le consultai. J'étendais loin les ailes de ma conscience.

J'étais un homme, un homme de mon peuple.

Pourquoi me voulez vous taupe, requin, vautour ?

Le ciel, la mer, la terre, j'en étais bon propriétaire.

Je travaillai le champ, l'onde élevant. Il me servait tout en m'aimant.

J'étais un homme, un homme de mon peuple.

Voici que ton obus blesse la fragile semaille. Ton sous-marin sournois assomme le pêcheur, qui régnait là depuis mille ans. L'aéroplane dans son manteau de vent imite le geste de foudre. Tuer en chantant, bénir en râlant...

Je suis un homme droit, je ne te le suivrai pas, mon peuple !

10 )   Charleroi

Dans les halls de la nuit nous forgions la grandeur de la cité. La ferraille

haletante enivrait comme un vin trop lourd le ciel et la campagne et leur prenait l'haleine.

Le pouls de la cité battait au tocsin de nos wagonnets. Et les horloges épiaient les sirènes.

La cohorte des cheminées agiter ses drapeaux rougeâtres en signe de victoire.

Dans les halls de la nuit nous forgions la grandeur Européenne. Et nous étions sa gloire.

Mais voici qu'à midi

Le cliquetis des baïonnettes

Fendant le soleil en cent mille aiguilles

Fracassa les halls du travail -

La cité balbutia quelques rumeurs de cloches.

Et la bataille coula claire comme la fonte par le midi noirci de tant de mort.

La chaudière de sang éclata en cadavres.

Le coeur de Charleroi était percé. Les rues pendaient au long et portaient leurs murs dans leurs mains comme des hommes écrasés rattrapent leurs entrailles .

Dans les halls de la nuit, dans le bercail du fer, les régiments des travailleurs chantèrent la mort de l'Europe.

11 ) Le supplice de la mer 

La mer, la sombre vierge aux cheveux roux : est-ce elle qui porte le casque d'acier gris ? Et sa crinière flambe ?

Dans vos lourdes cuirasses, vous chevauchez l'onde amoureuse ! Vous lui mettez les mords du fier dreadnought, pour que le sa lèvre amère écume ; et tout en se cabrant la grande guerrière obéit !

Mais vous inquiétez ses loisirs, peuples pervers, et vous la privez de ses clairs voyages ! Elle aimait les yachts blancs et les villas sentimentales, elle aimait s'accouder aux docks sentant le cacao, aux ports cinématographiques....

Que l'éperon du sous-marin ne l'effraie pas, quand le vers luisant des

torpilles rongera sa chair mate et molle jusqu'au rocher des navires de bataille et qu'elle saignera !....

La mer, la Sainte, la Virginité : est-ce elle qui sera d'un peuple la nouvelle Jeanne ?

Et pourtant, elle ne vous aime pas !

12 ) Le frère des frères 

Nous étions des bras noirs et des voix sourdes dans les palais d'or et de houille ; seul notre nom était humain et notre pain nous parlait de midi.

Quand nous faisions saigner la terre de ses blessures de pétrole, ou que nous mordions de des tunnels dans le glacier livide et creusions les caves d'un canal dans la plaine.

Nous n'étions que des numéros de statistique ; mais nous étions des frères. Et nous aimions la terre et son travail. Nous étions Nous !

Or maintenant vous êtes l'armée du grand général. Le général c'est votre armée. Vous êtes patrie, foule, cri....

Vous n'êtes plus vivants : la volonté de l'adjudant vous cingle.

Oh ! abattez ma ville, forcez ma fille et encore ma femme, ayez les vertus du lion et du brochet rapace, vous qui n'étiez que bras noirs et voix sourdes : brûlez la carcasse des couloirs de nos mines et déchirez la dentelle de nos ponts de fer....

Je ne vous tuerai point pour votre casque ou pour votre képi !

Vous n'êtes que foule et cri :Ce n'est pas vous !

Car je sais, votre coeur est là comme une noix que personne n'a su casser, et votre cerveau est un soleil noir, qui se consume, au lieu de rayonner....

Mes frères, pour être des hommes, nous nous aimerons ! 

Voir le texte critique de Jean-Marie Valentin : Ivan Goll : Elégies Internationales p.141 à 156 dans "Ecritures Franco-allemandes de la Grande Guerre" Artois Presses Université 1996

Die Aktion 5ème année - n° 45-46, 6 novembre 1915 : Critique de Ferdinand Hardekopf page 580, Goll : Elégies internationales, Lausanne 1915

Sirius 1 (1915/16). Monatsschrift für Literatur und Kunst. Herausgeben von Walter Serner. p. 45 Tristan Torsi :* Heimat (poème de "Films" )

Zürich 1915/16 (n° 1 à 8) 

Die Aktion 6ème année n° 3-4, 22 Janv. 1916

Goll (Lausanne) : * Gebirge p. 39 - 18 vers 

demain I - n°2 - 15 Février 1916 - Pages et Documents paraissant le 15 de chaque mois.

Directeur : Henri Guilbeaux. Parmi les livres - Goll : Elégies internationales [12]

Genève, Suisse.

Die Aktion 6ème année n° 14-15, 8 Avril 1916

Goll : * Schöpfung [13] p. 194 - 15 vers et Iwan Lassang : * Klementine p.195 - 14 vers

Die Aktion n° 20-21, 20 Mai 1916

Stéphane Mallarmé : Hérodias, Nachdichtung (adaptation de Goll ) p. 273-274

Die Aktion n° 29 -30, 22 Juli 1916 : Goll : Die letzten Tage von Berlin - Romanfragment, p. 421 à 423 

demain I - n°9 - 15 Septembre 1916 - Genève, Suisse.

« Nous sommes heureux de publier une élégie du jeune poète "expressionniste" dont

nous avons parlé ici-même à propos de ses Elégies Internationales ( Voir demain N°2 ).

 Elégie

La bataille sans s'affaisser

Titubait dans l'orgie et dans le sang :

Son trop gros ventre l'entraînant

Jusqu'où les canons sur sa nuque

Hargneusement tombaient comme des marteaux mécaniques ;

Là, tel un sanglier dans les glands frais, 

Elle croula …

Ce soir, de la bataille il ne resta

Que le bras noir et suppliant de leur dernier soldat

Tout droit,

Mais il suffit pour fracasser le ciel qui avait fui,

Comme une seule torche folle

Suffit pour fracasser la cage de la nuit .

Un bras : le geste

D'un homme, qui aurait prié et pardonné ;

L'ombre d'un aigle qui frôlait la terre ;

Un cri transi d'effroi,

Comme une sépulture,

Eternellement,

Noir parmi le soleil ;

Un bras brandi brave la mort des siècles .

 GOLL

Aux Editions du Sagittaire chez Simon Kra, Paris

Die Aktion 6ème année n° 41-42, 14 Oktober 1916

Goll : * Schöpfung [1] p. 569, 15 vers

Die Aktion 6ème année - n° 49-50, 9 Dezember 1916  

Iwan Goll : * Noemi, Dithyrambe I.II.III.IV.V.VI [2] p. 672 à 676 - 149 vers

12-02-1917 Première lettre d'Ivan Goll à Claire Studer [3]

März II, IV (1917) Halbmonatsschrift für deutsche Kultur. Begründet von Albert Langen. Herausgeber : Ludwig Thoma, Hermann Hesse. 1913 verantwortlich : Wilhelm Herzog, dann Theodor Heuss. Iwan Goll :* Vögel, * Schnee p. 1076

Stuttgart, 1907-1917 

Die Aktion 7 ème année - n° 13, 30 märz 1917

Iwan Goll : * Schneemorgen p.169 - 18 vers

Die Weissen Blätter 3 - mai 1917. Eine Monatsschrift, Herausgabe von René Schickele. ( annonce de la publication de Requiem für die Gefallenen Europas )

Zürich, Leipzig, Rascher / Bern, Verlag der Weissen Blätter / Berlin, Cassirer

Iwan Goll : * Requiem für die Gefallenen von Europa. Eine Dichtung. [4]

page de titre, linotypie de Marianne von Werefkin et André Jawlensky

Verlag Max Rascher & Cie, Zürich / Leipzig 1917, 44 S. 

demain I - n°12  à vérifier - 15 mai 1917 -

Directeur : Henri Guilbeaux.

Note sur Requiem für die Gefallenen Europas

Genève, Suisse.

Zeit-Echo. Ein Kriegs-Tagebuch der Künstler.3 Jg.- cahiers 1 et 2 - juillet 1917 — Herausgegeben von Ludwig Rubiner :

Claire Studer "Die Stunde der Frauen" p.9 & 10

Iwan Goll : "Menschenleben" p.20-21

Bern, Leipzig, 1917

Die Freie Zeitung (Berne) 1. Jg. Nr 28 -18/ 07/ 1917 : Die deutsche Schmach

Gazette de Lausanne n° 213 - 5 août 1917 : Iwan Goll : " A propos d'une nouvelle loi allemande" 

Les Tablettes n° 11 - 1ère année - août 1917 ( mensuel ) Directeur Claude Le Maguet :

Iwan Goll : Requiem ( version française ) [5] 

Le Carmel  - Directeur : Charles Baudouin

Compte rendu du livre de Goll : Requiem pour les Morts de l'Europe à vérifier

Die Aktion 7 ème année - n° 31-32, 11 August 1917 - Iwan Goll : * Das Fenster p.432 - 13 vers, Claire Studer : * Gefallener Sohn p. 429 - 21 vers. 

Die Freie Zeitung (Berne) 1. Jg. Nr 39 -25 août 1917 :

Claire Studer, article sur " Iwan Goll : Ein Lassalle-Drama "

Die Aktion, VII - n° 35-36, 8 Sept. 1917

Iwan Goll, Meeting der fünften Klasse [6] (prose) p.472 à 475 Claire Studer : * Sonntag p.478 -

Die Freie Zeitung 1. Jg. Nr 45 -15 sept 1917, article signé I. G.: " Das Janushaupt der Schweiz "

Die Freie Zeitung 1. Jg. Nr 46 - 19 sept. 1917, article signé I. G. (suite du n° 45)

Die Aktion, VII - n° 39-40, 6 Okt. 1917

Iwan Goll : * Unterwelt p.532 à 534 - 20 vers

Die Freie Zeitung 1. Jg. Nr 54 -17 octobre 1917:

article de Goll : " Ein schweigender Poet (Franz Pfemfert) "

Journal de Claire Studer : Vendredi 19 Octobre 1917 [7]

Die Aktion, VII - n° 41-42, 20 Okt.1917

Iwan Goll : Kleines Kino der Menschlichkeit (une scène). Speisewagen Paris-Milan,

Dialoge p.561 à 563

Die Freie Zeitung (Berne) 1. Jg. Nr 59 -03/ 11/ 1917 : Claire Studer : Für Armenien

Die Aktion, VII - n° 45-46, 17 Nov. 1917

Iwan Goll : Appell an die Kunst [8], Manifest. p.599-600, * Ich sass bei euch in Absynthschenken p.607-608 - 19 vers 

Die Aktion, VII - n° 47-48, 1 décembre 1917

Iwan Goll : Der Führer (Der Student) p.644 - 645

Claire Studer [9]: Totendialog p. 645 à 647 

Die Aktion : VII, Nr. 51-52, 29 décembre 1917 Sonderheft Iwan Goll (spécial Iwan Goll ), p.677 à 702 : Hans Richter : Porträt des Iwan Goll, Iwan Goll : Vom Geistigen p.677-678-679, Der pflichtvergessene Geistige p. 679, Die göttliche Orgel, Dithyrambe et Gedicht in Prosa p.680, Hans Richter : Drei Federzeichnungen zu Iwan Golls " Unterwelt " ; Iwan Goll : Die Prozession Dithyrambe p.683-684, Industrievorstadt p.684-685, Möblierte Zimmer p.686, Der Sonne-Ball et Café p.687, Der Kino-Direktor Dithyrambe p.688-689, Aus der " Alpen-Passion" (deux scènes) p.690-691-692 ; Aus der Drama " Lassalle " p.692-693 une scène de Ferdinand Lassalle ) ; Aus dem Roman " Die letzten Tage von Berlin " p.694-695, Kleines Kino der Menschlichkeit : Friedhof. Eine Szene p.696 à 701. Claire Studer : Porträt des Dichters Iwan Goll. Eine Federzeichnung / F.P.: Ich shneide die Zeit aus ; Kleiner Briefkasten ; Die zweite Sonder-Austellung der Aktion / Emil Maetzen : Original Holzschnitt / Jakob Goldbaum : Original Holzschnitt

Berlin-Wilmersdorf : Verlag von Franz Pfemfert.1917

- Réédition Kösel - Verlag München 1967 [10] 

- Réédition Berlin 1986 et Köln 1987

Das Aktionsbuch 1917 Herausgabe von Franz Pfemfert - Iwan Lassang: * Litanei, p.242,* Kriegsbeginn (Début de Guerre)p.225/226 

Berlin-Wilmersdorf : Verlag Die Aktion. 346 pages, 156 articles

Marsyas, Eine Zweimonatsschrift - 1 Jg., 1.Heft. Hrsg. von Theodor Tagger.

Iwan Goll : * Die Frager vor dem Ozean p. 130/131, * Nachtwandlerinnen p.132

Berlin, Verlag Heinrich Hochstim, 1917.

Marsyas, bi-mensuel - 1 Jg., 2.Heft. Hrsg. von Theodor Tagger.

Iwan Goll : " Domkonzert" , Szene.p.176

Berlin, Verlag Heinrich Hochstim, 1917.

Iwan Goll : Die letzten Tage von Berlin, roman, 1917

Internationale Rundschau (Revue Suisse) - Herausgeber Prof. Feilbogen :

Um Elsass - Lothringen :

Iwan Goll (Reichslande): Zur Psychologie der Elsässer p.677 

Zeit-Echo -3- 1917, H.4 : Iwan Goll : Menschenleben (prose, p.20/21),

Iwan Goll : " Requiem " Rezension von Ludwig Rubiner p.48

Bern, Leipzig, 1917

Agathon 1 (1917/18)N° 1 Herausgegeben von Hermann Kruse Der Knabe, p.41 et 42 Textvariante zu : Alexanderplatz (Berlin) in Films

Wolgast

Agathon 1 (1917/18) N°3 Herausgegeben von Heinrich Böhme

Textvariante zu : Satyros in Films

Hannover

Agathon 1 (1917/18) N°4 Herausgegeben von Heinrich Böhme

Textvariante zu : Vater in Films

Hannover

Neue Blätter für Kunst und Dichtung n° 1 - 1918 : Iwan Goll : * Der Kanal p.105, * Welle und Wolke p.106 

Die Aktion, VIII - n° 3-4, 26 Januar 1918

Iwan Goll : * Der Torso, Dithyrambe I.II.III. IV. V p.27 à 29

demain I - n° - 15 mars 1918 -

Directeur : Henri Guilbeaux. Traduction de Goll

Genève, Suisse. à vérifier

Almanach der Freien Zeitung 1917-1918 . Herausgegeben und ungeleitet von Hugo Ball . Umschlagzeichnung von Hans Richter ; Enthält Beiträge von Hugo Ball, Ernst Bloch, Claire Studer p.71, u.a.

Bern, Der freie Verlag 1918 . XIV, 305 S.,1 S. Ill .

Die Aktion, VIII - n° 9-10, 9 März 1918

R.R. Junghans : Porträt Iwan Goll p.115

Claire Studer : Brennendes Dorf p.123-124 ( 23 vers )

Neue Zürcher Zeitung n° 346 -12 mars 1918

Iwan Goll : René Schickeles Vortragsabend [11].

Die Aktion, VIII - n° 11-12, 23 März 1918

Iwan Goll : Vorspiel zum Drama "Lassalle" p.149 à 153

Die Aktion, VIII - n° 21-22, 1 Juni 1918 

Claire Studer : An mein Kind p.265-266 ( 34 vers )

Die neue Rundschau 29 - Juin 1918 - 6ème cahier

p.816 à 818, Iwan Goll, sieben Gestalten aus der Unterwelt [12]: Nachtwanderinnen, Die Einsamen, Die Betjungfern, Die Schläfer, Die Landstreicher, Die Betteljuden, Der Tröster.

Berlin, S.Fischer Verlag

Die Aktion, VIII - n° 25-26, 29 Juni 1918 

Claire Studer : Krankenschwestern p.324 ( 13 vers )

Die Aktion, VIII - n° 27-28, 13 Juli 1918 

Claire Studer : Fenster in der Nacht p.357 -358

Neue Zürcher Zeitung n° 941, juillet-août 1918 : Iwan Goll " Junge Zeitschriften in Frankreich " 

Die Friedens-Warte-20-n°7/8, juillet-août 1918 : Iwan Goll " Alles oder nichts" p.191

Zürich

Die Weissen Blätter -5 -  1918 Walt Whitmann : Der Wundarzt. Briefe, aus dem amerikanischen Sezessionskrieg ;.traduction d'Iwan Goll p.85 à 96

Die Weissen Blätter -5- septembre 1918. Eine Monatsschrift, Herausgabe von René Schickele. Iwan Goll : Flucht der Fabriken * et Gesang aus der Zelle * p.160 

Die Aktion : Die Frauen erwachen . Novellen .134 S.+ 2S.

Nouvelles de Claire Studer, couverture illustrée par Otto BAUMBERGER

Frauenfeld : Verlag Huber & Co., 1918 .

Iwan Goll : Der Torso *, Stanzen und Dithyramben, dédié à Claire Studer [13] 

70 exemplaires, numérotés de I à LXX et signés par l'auteur. 8° - 53 (+1)S.

München, Roland-Verlag Dr. Albert Mundt 1918 (Dans la collection "Die neue Reihe")

Die Aktion : Claire Studer : * Mitwelt

Berlin-Wilmersdorf : Verlag des Wochenschrift " Die Aktion ".29S.+3S.

(Franz Pfemfert )1918 .( Der Rote Hahn Band 20 ) .

Nachdruck, Nendeln, Kraus Reprint 1973

Die schöne Rarität 2 - 1918. Herausgegeben von Adolf Harms.

Iwan Goll : * Die Spaziergänger p.60, * Die Traüme p.94 

Kiel 1.1917-2.1919

Daimon 1 (1918). Herausgegeben von Jakob Moreno Levy-Jg.2 : Der neue Daimon und Herausgegeben von Fritz Lampl.)

Iwan Goll : * Café [14] p. 114 * Der Laternenmann p.149

Wien 1+2. 1918/19

Iwan Goll : Der Neue Orpheus, eine dithyrambe (Le Nouvel Orphée) : I - Unterwelt, II - Boulevard, III - Absynthschenke, IV - Globus Kino, V - Café, VI - Wildnis, VII - Absolution.29 S. u. Porträt von R.R. Junghans.

Dans la collection " Der Rote Hahn " - Band 5

Verlag der Wochenschrift Die Aktion, Berlin - Wilmersdorf 1918.

Iwan Goll : Dithyramben, dédié à Claire Studer : Der grosse Frühing (Die göttliche Orgel, Der Kinodirektor, Der Student, Meeting der fünften Klasse, Der Pflichtvergessene Geistige, Der Streik, Die Prozession, Das Goldene Vlies), Die Alpen Passion ( I - Flucht, II - Schlucht, III - Bergwald, IV - Gipfelan, V - Panorama, VI - Gletscher, VII - Grat, VIII - Nachthütte, IX - Wassersturtz), Der Panamakanal (dritte Fassung) 8°— 37 (+1)S.

Der Jüngste Tag, Band 54 .Kurt Wolf Verlag, Leipzig, 1918

MA -III- 12 - 20 décembre 1918 - Irodalmi és Kepzomuveszeti Folyoirat.

Szerkesztik : Kassak Lajos és Uitz Béla

Iwan Goll : Ditiramb p.139

Budapest

Das junge Deutschland 1 (1918) Monatsschrift für Theater und Literatur. Herausgegeben vom Deutschen Theater zu Berlin (Redaktion : Arthur Kahane und Heinz Herald) : Iwan Goll : * O die ihr nie auf Gipfeln auferwachendürft..., * Das Leid ist da..., * Der Tod des Frühlings p. 13 et 14

Berlin. 1.1918 - 3.1920. 

Résurrection - n°4 - 1918.Cahiers littéraires mensuels illustrés. Directeur : Clément Pansaers.

Iwan Goll : Appel à l'art [15] p.121/122 et J'étais assis auprès de vous en un cabaret d'absinthe p.130 et 132 (trad. de Clément Pansaers), Gaston Dehoy, Clément Pansaers, Carl Einstein, Ghelderode...

28 Editions Clément Pansaers, Namur - 1918

Der Mensch 1 (1918). Heft 8/10 Monatsschrift für Kultur. Herausgegeben von Leo Reiss.

Iwan Goll : * Die Kloaken, * Die Tänzerinnen p. 101 et 102

Brünn : Verlag der Zeitschrift Der Mensch, 1918

Der Mensch 1 (1918). Heft 11/12

Iwan Goll : *Bergräbnisse p. 137

Brünn : Verlag der Zeitschrift Der Mensch, 1918

Iwan Goll : * Die Unterwelt (Le Sous-Monde). dédié "à Claire Studer", (52 poèmes [16]) 

S.Fischer Verlag, Berlin 1919, 66 Bl..

Das literarische Echo 21 (1918/19)- Lyrisches Warenhaus II - Gregori Ferdinand :Über Iwan Goll : Die Unterwelt - Der Torso - Dithyramben p.1488 - 1496

Der Gral 13 (1918/19).Seidenfaden Theodor : (Zum Iwan - Goll - Heft der Aktion. 1917) p.374 / 378 

Das Forum 3 ème année18 /19 - Heft 1 - Janvier 1919. Herausgeber Wilhelm Herzog

Romain Rolland, Iwan Goll : Diderot p.250 à 255, Jean Jaurès, Hermann Kesser, Foemina (Madame Buteau), Hans Fehlinger.

Gustav Kiepenheuer Verlag Postdam - Berlin, .

Menschen[17] 2 - n° 4 - 1er février 1919 : Zeitschrift für neue Kunst, Literatur - Graphik - Musik - Kritik : Herausgegeben von Heinar Schilling , Felix Stiemer Walter Rheiner.

Iwan Goll : Gedichte : Ararat, Chianti, Ozean Pharao, Zanzibar p.1, Die Pyramide p.4

Dresden Verlag der Menschen.

Menschen 2 - n°5 - 1919

Iwan Goll : An den Februar p.1

Die schöne Rarität 2 - 1919 :

Iwan Goll : Kleines Kino der Menschlichkeit (Dialoge) p.163 / 167 

Kiel

Das Landhaus 4 - 1919, Toni Schwabe : Das Dichterjahr. Eine Bücherbesprechung (Über Alfred Grünewald, Henriette Hardenberg, Iwan Goll, Kurt Heinicke, Robert Braun, Hans Chr. Ade, Walter Rheiner, Oskar Loerke) p.138/144.

Die Weissen Blätter. VI : Zweites Heft (2ème cahier) Février 1919.

Eine Monatsschrift, Herausgabe von René Schickelé. (50 ex. numérotés.)

Iwan Goll : Brief an der verstorbenen Dichter Apollinaire ( Lettre à Feu Guillaume Apollinaire cette lettre avait été écrite en 1918, après l’annonce du décès d’Apollinaire) p.78 à 81, Hazfeld, A.Siemsen, Freundlich, E.Weiss ; gr. - 8°

Zürich, Leipzig, Rascher / Bern, Verlag der Weissen Blätter / Berlin, Cassirer

Menschen 2 - n°5 (25) - 1er mars 1919 : Zeitschrift für neue Kunst, Literatur - Graphik - Musik - Kritik : Herausgegeben von Heinar Schilling und Walter Rheiner. Mit 3 Original - Holzschnitten von O. Sebald und Georg Kind.

Beiträge von Jakob Haringer, Iwan Goll, Walter Rheiner u.a.

Programmatisches Heft mit dem " Aufruf der russischen fortschritlichen bildenden Küntsler an die deutschen Kollegen ! "

Dresden Verlag der Menschen.

Die Weissen Blätter. VI : (4 ème cahier) Avril 1919.

Iwan Goll : Über das neue Buch von Barbusse (Clarté) p.187 à 192

Münchner Blätter für Dichtung und Graphik. 1. 1919 Eine Monatsschrift in genossensflachlichem Zusammenwirken von René Bech, Heinrich Campendonk u.a., verantwortlich herausgegeben von Renatus Kuno.

Iwan Goll : Der Möbelwagen p.41

Henri Guilbeaux : Der Rheingesang, Deutsche Nachdigtung von Iwan Goll p.65-67

München

Die neue Blätter für Kunst und Dichtung n° 2 - 1919 :

Aus dem Gedichtband " Die Unterwelt " (8 Gedichte I. Goll) p.48/50

p.51 et 52 Stéphane Mallarmé : Der Nachtung eines Fauns (L'après-midi d'un Faune) Trad. allemande d'Iwan Goll. 

Littérature [1], mensuel n° 2 - avril 1919

Direction Louis Aragon, André Breton et Philippe Soupault, du n°1 au n° 20 - août 1921

Fil spécial signé Gollifan (Ivan Goll ?) [2]

Die Aktion : Claire Studer: Der gläserne Garten, zwei Novellen . 44 S.+4 S.

München : Roland Verlag Dr. Albert Mundt . 1919

Nachdruck, Nendeln, Kraus Reprint 1973

Das Forum. 3 - cahier 8 - mai 1919, Iwan Goll : Guilbeaux (Aufsatz.) p.663-666

Déclaration d'Indépendance de l'Esprit [3] (Ce manifeste est publié en français ainsi que les noms des signataires à la date de la parution p. 901 à 904, Ivan Goll p.903)

Gustav Kiepenheuer Verlag Postdam - Berlin .

Le Coeur de l'Ennemi, Poèmes actuels, traduits de l'allemand par Ivan Goll et illustrés de 16 bois gravés par Louis Moreau. 20 exemplaires de luxe numérotés de I à XX et 750 exemplaires non numérotés (32 pages) : Maurice Wullens [4], Avant-propos : Ivan Goll [5] p.5/6, Johannes Becher : A. Zola, Albert Ehrenstein : L'Europe se meurt, Ivan Goll : Requiem [6] p.12 à 14, Walter Hasenclever : Résurrection de Jaurès, Wilhelm Klemm : La Bataille de la Marne, et Bataille l'après-midi, Rudolf Leonhard : Frère et Soeur, Karl Otten : A Marcel Martinet, Ludwig Rubiner : La lumière céleste, René Schickelé : Gloria Victis !, Claire Studer : A mon enfant, Georg Trakl : Grodek, Franz Werfel : Le Despote, Alfred Wolfenstein : A Ceux de 1914, Stefan Zweig : Inscription sur une statue de Liebknecht.

Edition de la Revue littéraire des Primaires, Les Humbles. Directeur Maurice Wullens Cahier n° 12 - Avril 1919. [7]

MA - IV - n°5- 15 mai 1919 - IRODALMIES KEPZOMU VESZETI FOLYOIRAT.

Szerkesztik : Kassak Lajos és Uitz Bela

Iwan Goll : Az uj Franciaorzag, p. 73 à 77

Budapest

Die Neue Schaubühne I (1919) H.6 - Iwan Goll : Explosion (un acte) p.173 à 180

La Feuille 2 juin 1919

Genève à compléter

La Feuille 13 juin 1919

Genève à compléter

MA - IV -n°7- 15 juin 1919 - IRODALMIES KEPZOMU VESZETI FOLYOIRAT.

Szerkesztik : Kassak Lajos és Uitz Bela

Iwan Goll : Processio, p. 148 et 149 ( trad. Szekely Janos )

Budapest

[1]Littérature, Mars 1919 à Juin 1929 - 33 numéros en 32 fascicules ; importante revue littéraire qui réunit des collaborateurs prestigieux.

[2] « Le docteur SERNER, philosophe dadaïste, vient de succomber à la suite d'une imprudence. Des peintres genevois s'étant introduits dans son appartement pour tapisser les murs de différentes peintures. SERNER, en rentrant, prit pour des réalités ces femmes et ne tarda pas à esquisser des attitudes malheureusement trop banales, lorsqu'il apprit de quoi il s'agissait. La mort fut instantanée.

ARCHIPENKO expose 38 sculptopeintures au Kunsthaus. Harp expose 16 hypoglosses, SCHAD 8 peintures Dada. 62 membres du Kunsthaus ont donné leur démission.

On nous assure que A. SAVINIO est un homme honnête. Rien de plus inexact : c'est un idiot.

Le duel TZARA-ARP n'a pas eu de suites fâcheuses, puisque les duellistes ont tiré avec des canons dans la même direction. La police a ouvert une enquête sur le mouvement Dada.

André SALMON n'est pas dadaïste.

M. ROBBER , le dadaïste américain, vient d'arriver à Zurich avec 2 autos. Le but de son voyage est d'écraser MARINETTI, qui malheureusement est déjà à Milan.»   GOLLIFAN 

[3] Ont signé cette déclaration: 

en Allemagne: G. von Arco, A. Einstein, Leonhard Frank, H. von Gerlach, I. Goll, Wilhelm Herzog, Hermann Hesse, Käte Kollwitz, Max Lehmann, Paul Natorp, G.F. Nicolaï, Heinrich Mann, A. Moissi, H. Paasche, Fritz von Unruh, Franz Werfel …

en Angleterre: Edward Carpenter, Bertrand Russel, Israël Zangwill

en Autriche: Dr. A. Fried, Stefan Zweig,

en Amérique: Jane Adams

en Belgique: Paul Colin, Georges Eekhoud, G. Khnopff, Franz Masereel, Melot Du Dy, Jacques Mesnil, Edmond Picard, Henry van de Velde.

en Catalogne: J. Lopez-Pico, Alfons Maseras, Eugenio D’Ors,

en Danemark: Sophus Michaelis

en France: René Arcos, Charles Baudouin, Henri Barbusse, Léon Bazalgette, J.R. Bloch, Samuel Buchet, Prof. Burnet, Alain Chartier, A. de Chateaubriand, Georges Chennevière, François Crucy, Paul Desanges, Albert Doyen, Georges Duhamel, Edouard Dujardin, Gustave Dupin, Waldemar George, P.J. Jouve, C.A. Laisant, Raymond Lefebvre, Marcel Martinet, Emile Masson, Luc Meriga, Mathias Morhardt, A. Pierre, Prof. A. Prenant, Gabriel Reuillard, Romain Rolland, Jules Romains, Hans Ryner, Edouard Schneider, Prof. Ed. Schoen, Prof. P. Schulte, Séverine, Prof. Schirardin, Paul Signac, Gaston Thiesson, Jules Uhry, Paul Vaillant Couturier, Charles Vildrac, Prof. Wacker, Léon Werth

en Hindoustan: Rabindranath Tagore

en Hongrie: Andréas Latzko

en Italie: Roberto Bracco, Benedetto Croce en Pologne: Dr. M. de Rusiecka

en Russie: Paul Birukoff, Nicolas Roubakine, L. de Wiskovatoff

en Suède: Verner von Heidenstamm, Ellen Key, Selma Lagerlöf, Carl Lindhagen

en Suisse: Enrico Bignami, Ernest Bloch, Prof. A. Forel, Prof. Ragas …

[4] "Tremblent encore entre mes mains les menus feuillets que m’envoie de Suisse un ami inconnu.

Et résonnent au tréfonds de moi-même, en écho joyeux, les cris attendus, les paroles aimées — à Moi aussi: 

 "Mon coeur est grand comme l’Allemagne et la France réunies,

 Il est troué par les balles du monde entier."

Geste fraternel, d’hommes à hommes, notre dernier cahier de la quatrième série

— ultime série de guerre ! — sera ce florilège unique encore, bouton frêle que suivront bientôt

— nous l’espérons fermement — d’innombrables floraisons. Bouton frêle et unique encore, mais si riches d’espoirs et que nous veillerons si amoureusement.

Des prétextes pour accomplir ce geste ? Aucun.…Nul besoin. Nous avons trop de raisons.

Poètes d’Allemagne, ô frères jadis inconnus, enfin connus, nous sommes des hommes tout simplement. Et tout heureux de trouver devant nous des hommes, nous vous tendons nos mains fraternelles et vous donnons une étreinte loyale, d’homme à homme.

Poètes d’Allemagne, ô frères enfin connus !»

 M.W.

[5] "C’est la nuit Européenne. Les peuples marchent à tâtons. Forêts de méfiance. Broussailles du mensonge. Et les précipices du meurtre, les gouffres de la maladie et de la faim

A qui s’en remettre, si ce n’est au Poète, le Nouvel Orphée ! Qui, sinon lui, imposera le silence aux chacals de la civilisation et entraînera les brutes montées sur rails de canons vers les horizons du Grand Printemps de l’humanité ?

Entendez-le, hommes de la terre: le chant de son âme éternelle auréolera vos fronts assombris. Ah, je sais bien, vos propres frères, vous les bannîtes, les aigles de la liberté, vous n’en vouliez voir l’ombre dans la cage étroite de vos frontières.

Or comment boucher plus longtemps vos oreilles épaisses à la voix cristalline du poète, qui est l’enfant d’un nouveau siècle ?

C’est votre propre voix intérieure. Vainement vous irez encore vous retrancher dans les bas-fonds du terrain ensanglanté: elle vous poursuit comme une cloche folle à travers la nuit et les bombardements.

Cette cloche est suspendue sur l’Europe entière: inutile de la fuir. Inutile aussi de vouloir la détruire: il faudrait escalader le ciel de feu, et vous vous y brûleriez l’âme et le coeur.

Vous ne lui échapperez point !

Ah, mais c’est un son étranger ! Frères, c’est un chant de l’ennemi. Malheur à lui ! direz-vous. Mais il chante, le Poète, le "Vates ", l’homme éclairé, et il érige un dôme en granit gothique !

Quel ennemi donc, mes frères ? J’entends sa voix, je l’entends qui pleure le meurtre de ses pères et de ses fils. C’est l’ennemi de votre malheur, c’est votre ami !

Attendez encore un instant, ne fermez point la page, ayez foi en l’Homme qui parle à l’Homme. Ecoutez une strophe seulement, un instant seulement, moins long que quand vous attendiez le train des blessés, et vous vous jetterez en sanglotant dans les bras de celui, qui n’a plus de visage, plus de bras ni de jambes: mais son coeur pour pleurer avec vous.

Ah, vous qui fûtes sourds pendant si longtemps: quand ils chantèrent dans un désert, il vous fut impossible de les entendre car la caravane des armées passait, passait et tuait leurs voix.

C’était là-bas comme chez vous. Les poètes allemands restèrent seuls dans la clameur. N’est-il pas grand temps que tu les recueilles, Peuple-Victoire ? N’est-il pas temps, que tu saches, que lors de la bataille de la Marne, un soldat allemand s’écria tout haut et fit insérer en Septembre 1914, dans la revue "Die Aktion ", en plein Berlin: 

 Mon coeur est grand comme l’Allemagne et la France réunies !

Il est temps, Christ-Français, que tu embrasses l ’Allemand-Judas. Le Messie, mon frère, frappe tous les jours à ta porte. Il est temps, Homme, que tu le reconnaisses et le bénisses !

 Ouvre ! Aime ! Souris ! "

 Ivan Goll

[6] 

Requiem  I

La Mort, le carnaval de la mort ! Masques noirs qui sautaient ; âmes, qui formaient des nuages rougeâtres au dessus du charnier.

Au-delà d'une forêt ivre d'obus : les courbes immenses des hommes ! Les étoiles dansaient farouches parmi les combattants !

Voici le buisson des baïonnettes ; la barbe dorée d'un homme y fleurit ; un homme, comme il ressemble à mon père ! Homme de la terre, viens-tu pour me tuer ? Mais non, sans farce : à bas le masque ! Embrasse-moi donc !

Mais des yeux flambent et incendient le soir de cuivre ! Un apache : est-ce sa baïonnette, est-ce sa bouche aux dents aiguës qui brillent ? Son bras qui me happe est gelé dans la mort : (hélas ! Il happera toujours, il happera dans tous mes cauchemars !)

L'étoile d'une médaille brille sur un torse râlant. Une bague cingle un doigt crispé et l'éclaire. Combien de vies prodigue-t-on en ce jour ? Les tombes s'ouvrent machinalement.

Ah, mon frère : tu embrasses la terre si lourdement ! Mon bon camarade, tu as de l'or et du sang autour du front : donne-moi la main !

Oh pourquoi, grand prince de la vie, pourquoi est tu muet ? Tu trébuches ? Tu te penches si bas ?

Çà, c'était une mitrailleuse ! Et il s'agenouille, bête comme un pantin, dans l'herbe qui hésite et qui frissonne !

Mon pauvre ami ! 

    II

La Guerre repue mordait jusqu'à la moelle des pays ;

La Guerre jetait son ombre géante sur les ports éclairés d'hommes, sur les fabriques et les usines tremblant d'intense lumière ;

La Guerre labourait les jeunes champs et abattait les vieilles forêts.

La Guerre était l'invisible partout ; son pouls frappant les fibres des hommes, sonnant avec les cloches des villages, tonnant la nuit pendant l'orage.

La Guerre, c'était la date journalière du calendrier. C'était le chiffre du siècle. C'était la plainte des pauvres ; la rage des faibles. C'était la faim. C'était la mort.

La saignée de l'Europe : le choléra dans les sombres ruelles des villes ; la haine hurlante des esprits.

C'était la guerre : et le soleil restait figé au ciel comme un rubis, un oeil rond qui saigne.

Coteaux rouges du printemps. Neige rouge de l'hiver.

Sang qui jaillissait des montagnes vers les fleuves, vers les lacs.

Fusées de sang : les chaussées et les boulevards.

Drapeaux gonflés de sang sur les places, sur les casernes, devant les bars.

Les journaux étaient imprimés avec du sang.

Les téléphones redondaient du tumulte du sang.

C'est le coeur de l'Europe qui coulait.

C'est la Mer Rouge qui dansait.

   III

Vous tous, mes frères ! Vous, Tommies, Poilus, Bavarois, Moujiks, Bersagliers, Honveds ! Vous tous, naguère le boulevard, la salle des fêtes, la foule, la mer qui me portait comme son onde !

Européens, visage de lait et de sang ! Chacun le fils d’une splendide mère ! O vous, symboles de choses éternelles : amour dans l’oeil limpide, bonté souriante sur vos lèvres, et la sagesse de votre front penseur !    

 Créatures de la Grande Bonté : comme un faisceau de rayons de soleil autour de moi (est-il quelque chose de plus pur que du soleil ?)

 Et vous ! Peuples des îles vertes de l’océan, des caps pointus, de golfes au nom sonore, de ports largement ouverts où la mer étreint la terre ! Zouaves, Nègres grimaçants, Indiens rêveurs !

 Vous tous, nourris de Soleil et de Terre ! Vous tous, enfantés dans un amour surhumain !

 Je ne crois pas à votre haine ! Je ne crois pas à votre guerre ! 

Vous, les peuples de Dieu ! Et vous, prédicateurs, maîtres d’école, juges et moralistes ! Inventeurs des Enfers, des Prisons, des Guillotines !

Vous, citoyens, soumis à la loi effritée et pourtant fiers de cette liberté, que vous n’échangiez que contre la mort.  

Vous si confiants dans votre propre droit et dans celui du voisin ! Qui érigiez les polycliniques, les asiles de nuit et les théâtres du peuple. Qui construisiez chacun sa maison à l’alignement. Qui ôtiez le chapeau devant quiconque vous saluait !

Vous, qui saviez la valeur de toute chose. Sacrifiant la moitié d’une vie pour découvrir une étoile lointaine. Suicidés — o les plus pudiques — ne pouvant survivre au reproche d’un être aimé. Hommes subtils !    

Non, vous ne pouviez tuer ! Vous ne pouviez assassiner ! Je ne crois pas à votre haine ! Je ne crois pas à votre guerre !

La version française du Requiem (par Goll) n'existe pas en intégralité.

[7]Dans le livre de souvenirs de Claire Goll "La poursuite du Vent" paru chez Olivier Orban, Paris 1976, p.113 "…L’ennemi n’a pas de cœur ! "claironnait le Commissaire de police en faisant irruption dans notre chambre … "Vous insultez nos morts, vous les tuez une seconde fois" puis il regarda Goll dans les yeux. "Et d’abord êtes-vous vraiment français ? " Tous les exemplaires saisis furent mis au pilon …


[1] Déjà paru dans le numéro 14-15 et repris dans Der Eiffelturm 1924

[2] Cette version, revue en 1929, est traduite par Claire Goll dans : Yvan Goll, Oeuvres I, Emile Paul - 1968, pages 39 à 44

Noëmi I  

Je porte, lourd fardeau, l’héritage fatidique

De mes frères bibliques,  

De mes prophétesses,  

De mes reines. 

Des siècles obscurs monte le bruit puissant 

Des années de Dieu, 

Des années du Temple,

Des années du ghetto.

Il est confus le chant, dans mon âme éclatée,

Des fêtes des saisons,

Des fêtes du ciel, 

Des fêtes des morts.

Ils marchent lourdement dans mon sang fou, 

Les Patriarches,

Les Héros,  .

Les Fils.

Ecoute, Israël, Adonaï était ton Dieu, 

Adonaï était l’Unique !

Noëmi VI  

A la nouvelle lune, je veux ressusciter

Oindre mes tresses bleu-noir avec l’huile des noix

Accueillir le Bien-Aimé d’un baiser étoilé,

A la nouvelle lune, je veux aller voyager,

Plus haut que le ciel heureux renoncer mon amour,

Fonder sur la terre la victoire de mon amour, 

A la nouvelle lune, je veux aller danser,

Réveiller les hommes de leur rêve,

Allumer au-dessus des villes la lumière neuve,

A la nouvelle lune, je veux ressusciter,

Relever des cendres comme un phénix l’ultime esprit,

Donner à l’ancienne Foi le nom de Connaissance.

[3] Claire et Yvan se sont rencontrés le 10 février ; leur correspondance sera publiée en 1966: 

Iwan Goll Claire Goll Briefe, Florian Kupferberg Verlag, Mainz/Berlin.

Une nouvelle édition paraîtra en 1978: Claire Goll & Iwan Goll Meiner Seele Töne chez Scherz en 1978, avec notes et commentaires de Barbara Glauert ; c’est cette édition que nous prendrons comme référence en utilisant les 3 initiales M.S.T., car la version française, traduction de Claire Goll, que l’on peut consulter à la Fondation Yvan et Claire Goll de Saint-Dié-des-Vosges ( S.D.d.V.) est toujours inédite. Ceci à l’intention d'Editeurs "éclairés" qui devraient être intéressés par cette correspondance, document littéraire de première importance.

Extraits de cette première lettre:

"…suis-je réellement aussi mauvais que j’en ai l’air ? Vous avez dû maintenant vous prononcer, et la conclusion la plus raisonnable à laquelle vous vous êtes arrêtées, c’est peut-être: ce type est venu avant - hier, aujourd’hui il est reparti, gardons notre calme après ce jeu fatal, etc. Mais vous êtes les premières à savoir que ce qui importe dans la vie, ce n’est pas toujours d’être raisonnable. Il y a une chose que je sais, c’est que vous deux, Yvonne (Schwam) et Liliane (Claire Studer, née Clara Aischmann se faisait appeler Claire mais Yvan l’appellera indistinctement Lillan, Liliane, Liane, Neila, Claire, Clarisse, Zouzou, Susu), vous avez été pour moi quelque chose d’important, et je crois que vous pouvez devenir mon destin.…

Mais surtout que je ne l’oublie pas: merci, merci, pour m’avoir accueilli si familièrement, mes bonnes soeurs. Quand on se sent des âmes si proches, pourquoi ne doit-on pas aussitôt se tutoyer ? … hier soir, mon vieux propriétaire a téléphoné à tous les bureaux de poste qu’il fallait rechercher le skieur disparu, et l’alerte a été donnée dans toutes les Alpes. En ce moment, on cherche mon cadavre imaginaire sous les avalanches de neige. Si l’on savait quelles autres blanches avalanches m’ont enseveli ! 

 Je vous envoie par le même courrier 3 exemplaires du "Requiem" et la "Himmlische Licht" de Rubiner, que je vous avais annoncée et que devra garder pour elle celle de vous qui croit pouvoir le mieux me dispenser, en échange, une autre lumière céleste

 cordialement

 votre

 Iwan 

(Quelques jours plus tard, Goll avait le pressentiment que son destin s’appellerait Claire).

[4] Version allemande écrite en 1915 ;

1)  Rezitativ: "Klagen will ich über den Auszug der Männer aus ihrer Zeit "

2)  Elegie für die Ausziehenden

3)  Rezitativ: "Wehrender Ruf ging über Europa "

4)  Litanei auf Wachtposten herzusagen

5)  Rezitativ: "Da schritten sie herrisch ins fremde Land "

6)  Ballade von einem Traum auf der Flucht

7)  Rezitativ: "Endlich platzte "

8)  Messe für die Dichter

9)  Rezitativ: "Da feierte der Tod seinen Karneval "

10) Chor der Mütter

11) Rezitativ: "O roter, erster Mai "

12) Chor der Proletarier

13) Rezitativ: "Die hundertköpfige, tausendnamige Schlacht "

14) Klage der Brant

15) Rezitativ: "Wie eine graue Wand um Europa

16) Chor der Gefangenen

17) Rezitativ: "Und Tief ins Mark der Länder "

18) Strophe der verlassenen Frauen

19) Rezitativ: "O ihr Brüder alle "

20) Weltbürgers Wanderlied

21) Rezitativ: "Aber als ich euch sterben sah "

22) Hymne an die Toten

23) Das Friedenfest

24) Schlusschor . 

Cette version fut publiée quelque mois auparavant par les Editions "demain" à Genève, sous le titre "Requiem ". La seule version française (datée 1916), publiée dans OEUVRES I, Emile-Paul, 1968 p. 27 à 35 est en fait une traduction plus tardive de Claire Goll :

" Comme un mûr gris autour de l’Europe

Courait la longue bataille.

La bataille éternelle, la bataille pourrie, 

Qui n’était jamais la dernière.

Monotonie du combat. Tranchées sépulcres. Sommeil de la faim.

Au dehors les ponts faits de cadavres.
Au dedans les rues pavées de cadavres.

Les fossés des mûrs cimentés de cadavres.

Pendant des mois l’horizon regarda, vitreux, mystérieux comme l’oeil d’un mort

Pendant des années, les lointains sonnèrent un seul glas.

Les jours se ressemblaient comme des ossuaires.

Vous qui veniez des villes électriques, grouillantes dans la nuit mouillée, grouillantes dans le froid dur

La sentinelle échangeait douze nuits de sommeil contre une cigarette.

Des armées entières jouaient l’éternité contre dix mètres de désert.

Jurons gras crachés dans les immondices.

Caveaux moisis.

Arrachés à l’ennemi, des trophées de fer blanc.

Aucun de vous ne voyait-il le regard de l’ennemi ?

Aucun de vous ne croyait donc plus à la mémoire de la terre ? 

Mes semblables ! " (extraits)

Voir le texte critique de Jean-Marie Valentin : Ivan Goll : Requiem für die Gefallenen von Europa p.141 à 156 publié dans "Ecritures Franco-allemandes de la Grande Guerre"

Artois Presses Université 1996

[5] Ce n'est qu'une partie du Requiem, celle qui sera reprise dans Le Cœur de l'ennemi, Les Humbles. Directeur Maurice Wullens Cahier n° 12 - Avril 1919. Voici ce que dit Stefan Zweig, Romain Rolland. Der Mann und das Werk. Frankfurt am Main, 1926, pages 229-231. « La revue Les Tablettes, fondée par l’imprimeur suisse Jean Saltives sous le pseudonyme de Claude le Maguet, parut d’Octobre 1916 à Janvier 1919. Les quatre premiers fascicules furent imprimés comme un « travail exécuté en camaraderie », c’est-à-dire à compte d’auteur, les autres par l’Imprimerie des Unions Ouvrières à Genève. Grâce à des contributions audacieuses et aux dessins de Masereel, ce fût la revue la plus vivante que la Suisse ait connue. Il se crée une petite île d’indépendance que tous les vents du monde saluent quelquefois de loin ; il n’y avait que là qu’on sentait un air européen au milieu des vapeurs de sang. »

Stefan Zweig, Romain Rolland. Der Mann und das Werk. Frankfurt am Main, 1926, pages 229-231.

[6]Repris dans Dithyramben, 1918

[7]  "Ce soir à 7 heures, Liane et Iwan se sont mariés. Voici ce que Liane jura à Iwan:

Je te jure de ne jamais t’abandonner, car ce serait m’abandonner moi même. Je te jure fidélité, car seulement ainsi je pourrai me rester fidèle à moi-même. Je veux te connaître plus profondément chaque jour, pour pouvoir t’aimer davantage ; aide-moi donc, à toute heure, à me connaître. Je serai toujours à tes côtés, quel que soit ton chemin ; car je crois en toi et en ton amour.

Eternellement (pas au sens humain de ce mot, car ce serait bien trop bref)

 Ta Liane

 Et voici ce que jura Iwan:

 J’accepte ton serment, car ton serment est le mien. Je veux te reconduire à toi-même — car c’est le chemin qui mène, en ligne droite, à moi. Je veux être ton mari, parce que je crois en toi: toi la profonde, toi la vraie, toi la grande Femme. Toi la poétesse. Toi l’aimante. Je suis tien, et je serai tien, même après ma mort.

 Iwan

 Sur ces mots, ils échangèrent leurs bagues.

(Le mariage "officiel" sera célébré le 21 juillet 1921 à la mairie du 16 ème arrdt. de Paris)

[8]Appel à l’Art, paraîtra en français dans Résurrection, revue littéraire n° 4 - Namur, 1918

[9]Stefan Zweig: Journaux 1912 - 1940, édités par Knut Beck et traduits de l’allemand par Jacques Legrand (Ivan Goll p.278, 281, 282, 287, 465 — Claire Studer 282, 287, 450. ) Belfond, 1986 : 

vendredi 21(décembre 1917)

"… Le soir, chez Goll et Mme Claire Studer, une ravissante jeune femme ; Mme Werefkin, l’artiste peintre russe, vient se joindre à nous. Une créature magnifique, vivante, étincelante elle raconte des souvenirs inoubliables sur son enfance et son pays (l’histoire de la fille enceinte qui lui sert de modèle et qui lui baisa les pieds, son entrée en Allemagne, elle Russe, en pleine guerre, croyant de bonne foi qu’il ne lui arriverait rien), nous avons une excellente conversation, il y a quand même ici des gens merveilleux.

[10]avec un commentaire de Paul Raabe

[11] Goll présente dans cet article Schickele comme l’un des chefs de file de la jeune génération "celui qui comprend mieux que quiconque l’esprit du temps". Ivan et Claire Studer écrivirent assez régulièrement dans la N.Z.Z. entre 1917 et 1920

[12] Il est annoncé 7 textes, mais le 5 ème "Die Landstreicher" (Les vagabonds) ne sera pas repris dans "Die Unterwelt"

[13] Contient: Création, Printemps, Soleil, Lune, Forêt, Le Torse, Noemi (écrit en 1915), Le Canal de Panama, revu en 1918 (2ème version), elle est faussement qualifiée de première version dans Menschheitsdämmerung.

[14] Des variantes avec le poème paru dans Die Aktion 1917 p. 687

[15] Version française du Manifeste paru dans Die Aktion n° 45-46, 17 novembre 1917:

Appel à l'art par Ivan Goll

 L'art n'est pas un métier. L'art n'est pas un destin. L'art est amour.

 L'amour exige l’amour, est une question bilatérale. L'art exige le public, est une question publique.

 L'art devient aujourd'hui une charitable occupation sociale.

 C’est pourquoi, artiste, entre dans le peuple et montre lui ton grand coeur. Tes appels aux hommes, tes discours seront des poèmes.

 Tu as l’ultime moyen de l'amour: tu as Dieu. Ainsi qui que ce soit, le cocher de fiacre comme le haleur de bateaux, ils t'entendront et devront croire, . Ton travail est combat: combat contre le l'inertie et le crétinisme ;combat contre la nullité et la nuit.

 L'homme a inventé les étoiles.

 Avant tout, cependant, combat contre toi-même: contre l’atavisme que tu portes en toi. Avant tout, artiste, distingue-toi du "talent "en ce que tu ne sois plus égoïste.

Le lyrique de son "moi " ment, qui se sépare de l'humanité et arrose sa douleur imaginaire d'eau de rose.

 Le peintre ment, qui s’enserre en miniatures et portraits bourgeois: il n'a pas de grand cœur, de coeur ouvert, pas le geste divinement large.

 Ne t'étonne pas, toi, petit érotique centrifuge des ateliers-bohémiens et des cafés, que l’on ne te comprenne pas: tu n'as pas d'amour.

 Celui qui a un cœur se place devant les hommes, se dresse et il dit la douleur des millions qui souffrent autour de lui.

 Celui-là bâtit des temples, des halles spacieuses, des jardins infinis, des paradis ; les voûtes circulaires de la maison du peuple - où des hommes-frères se coudoient et souffrent ensemble ; des tribunes d’où la vérité rouge est versée dans le monde noir, sans égard ; - la vérité, une soif corrodante plus difficile à supporter qu’aux yeux des hommes le soleil liquide.

 Le peintre montre en des fresques éclatantes la sublime vocation de l'humanité: le grand, l’irisant humain, l'allégorie éternelle de la beauté.

 Et toi, poète, n'aie pas honte de souffler dans la trompette. Viens avec la révolte. Roule le tonnerre dans les petits nuages de la rêverie romantique, jette l'éclair de l'esprit dans la masse. Cesse les tromperies doucereuses et les légers désespoirs des pluies et des fleurs au crépuscule.

 Il nous faut de la lumière: lumière, vérité, idée, amour, bonté, esprit ! 

 Chante des hymnes, crie des manifestes, forge des programmes pour le ciel et la terre. Pour l'Esprit !

 Artiste, présente-nous ton grand coeur. Entre sur tes ailes dans le peuple sourd et muet. Entre dans les chambres, où suinte la fièvre puerpérale, des jeunes mères, dans les hôpitaux retentissant de cris écoeurants, remplis de mourants, d'espérants ; entre dans les prisons sans air, dans les casernes lourdes de colères, dans les palais de justice et les asiles de vieillards.

 Souris toujours, et pardonne, comme l'ange, à l’inconnu. Aussi mauvais, aussi profondément sourds qu’ils puissent être - d’autant plus beau, d’autant plus élevé et plus limpide soit ton chant..

Artiste - amour !

 Iwan Goll

[16] Deux de ces poèmes auront des versions françaises: Das Fenster, p.47 et Die Säufer, p.49 seront repris dans La Vie Nouvelle n° 2 - janvier 1921 p.27 et 28

[17] Le numéro 1 de Menschen paraît en janvier 1918


[1] On peut consulter à la bibliothèque de la ville de Saint-Dié des Vosges les éléments cités de sa biographie qui sont répertoriés: Ms 584 G FF 83-84-85-86-87. Toute l’oeuvre de Goll écrite en français a été léguée par Claire Goll à Saint-Dié des Vosges et l’oeuvre allemande se trouve au Schiller-National Museum (Deutsche Literaturarchiv) à Marbach (Allemagne)

[2] View - Décembre/Janvier 1941 page 4

[3].Les poèmes sont indiqués par cet astérisque *

Premier poème conservé et inédit : Yvan Goll, Dichtungen, Hermann Luchterhand Verlag, 1960 p.9.

[4] Inédit : Yvan Goll, Dichtungen, p.10

[5] Deux strophes de 6 vers, sans doute écrites en 1909 selon Barbara Glauert

[6] Ces deux textes publié p.275 et 276 dans Yvan Goll Die Lyric in vier Bänden (I) Argon 1996, avec deux notes de Barbara Glauert p.389 du même tome .

[7] Bibliothèque de Metz (LSL 182), comprend page 152 : Lothringisches Volkslied, avec une gravure d'Alfred Pellon, et Vier Gedichte (p. 178 - 180): Frülingslied, Geduld, Der Apfel und das Herz, Die Erfüllung.

[8]Nouvelle signature avec son véritable nom et un prénom emprunté.

[9]La version française de La Genèse date de 1919: elle est parue dans Yvan Goll, Oeuvres, Emile-Paul, 1968, pages 75 à 78 alors que cet inédit de 1913, en allemand est publié p.11 à 14 dans : Yvan Goll, Dichtungen, Hermann Luchterhand Verlag, 1960

[10] Die Arbeit

I ) Wo einst der Karaïbe träumend sein leichtes Geflöss

II) Wo aber Steinwust lag, grau, mit grünem Mergel und Moor gefleckt

III) Rasend waren im Sommer die Ströme, warfen schaümend sich in den Betten

IV) Rings auch bäumte die Erde sich vor all dem Frevel

V)  Städte indes, Städte waren wie Moos im Felsgespalt angeschossen:

VI) Da von Zeit genagt, von Blut gehölt, mit Gold ohne Zahl

Das Fest 

Première version, la conclusion sera retouchée dans les versions de 1918 et 1924 du même poème: 

Et quand ces portes s’ouvriront

Quand les deux océans hostiles s’embrasseront remplis de joie, 

Alors

Pleureront tous les peuples de la terre (trad. S.F.)

[11] Letzte Nächte parait sous la signature de Lassang mais Paul Raabe attribue ce texte à Richard Huelsenbeck ( Bio-Bibliographischer Anhang zu den Jahrgängen 1915-1918 Aktion )

[12] Editions "Les Cahiers expressionnistes ", Lausanne.

"Pourquoi ces matins grelottants sous le clairon, ces campements dans la fraise des bois, les villes énervées du sang lointain, la cavalerie flottante par les brouillards des routes hagardes traînant l'exode des veuves, des plaines inondées de feu, les enfants sentinelles, les nuits malades et chancelantes à la toux du canon, et puis la pitié des Croix-Rouges ? Pourquoi cherchiez-vous l'amertume et la douleur, le tambour claquant de ses os et la plainte des tombes dans les dunes ? "

Ainsi s'adresse à ses frères d'Europe l'auteur de cette mince plaquette, qui est un Alsacien et un Européen

Ces poèmes" expressionnistes" qui dépassent les théories sont imprégnés de whitmanisme, — quoique très personnels, — et se différencient très heureusement de la collection des vers guerriers et mirlitonesques. La pièce intitulée "Charleroi "éclate d'un dynamisme poétique. H. G (Henri Guilbeaux)

[13] Repris dans Eiffelturm - 1924


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Biobibliographie Yvan Claire Goll 1930 39

Les Oeuvres libres n°104, février 1930 :

Marcelle Vioux, Fernand Nozière et J. W. Bienstock, Ivan Goll : Gala [1], grande nouvelle inédite (p. 199 à 260), André Foucault, Marcel Astruc. -17 cm.

Paris, Fayard 1930

Claire Goll : Ménagerie sentimentale ( Histoires de Bêtes ) Nouvelles, 199 p., quinze exemplaires sur vergé pur fil Lafuma, dont cinq hors Commerce, numérotés de 1 à 10 et de 11 à 15

Paris, Les Editions G. Crès et  Cie 1930

Sagesse (Cahier 11) printemps 1930

Cahiers de Littérature et d'Art paraissant chaque saison - Directeur Fernand Marc.

Poèmes de: Pierre-Albert Birot, Gabriel Audisio, Fernand Marc, Claire Goll * Hymne à la France, Ivan Goll * Poème d'Amour [2], Marc Seize, Maurice Fombeure, Louis Parrot. Textes de René Vaës, Luc Durtain, Pierre Gueguen, J.R. Duron, Simone Saint-Maur. Dessins et reproductions : W. Baumeister, André Lhote, Jean Marembert, Otto Freundlich, Marc Chagall, Marcelle Cahn, Joaquim, Le Fauconnier, Adrienne Jouclard, Auguste Sandoz, Gounaro, Hortense Bégué, Rebull.

Paris, Librairie Montparnasse - in 4 broché

La Revue Nouvelle 6 ème année -n°57 - mai 1930 (Mensuelle ) Directeur : Auguste Dewavrin . Comité de rédaction : Francisco Amunategui, Jean Cassou, Edmond Jaloux, Manuel Lelis, Georges Petit .

Les livres : Sodome et Berlin ( Ivan Goll ) p.87/88 par Raoul Celly

Paris, chez J.O. Fourcade

Sang Nouveau XVII, XVIII - 4ème année n° 1/2, mars/avril/mai 1930.

Cahier littéraire d’une Revue fondée en 1927 par Nestor Miserez et Philippe Pirote , paraissant 6 fois par an

Georges Adam, Armand Bernier, Ivan Goll * Gare de Banlieue [3] (15 vers) p.13, Robert Harpignies, Jean-Daniel Maublanc, Jules Supervielle, Claude Bordas, Léon Follain, Walter V.

Les Nouvelles Editions Européennes, Charleroi - Paris

Tambour 2ème série - n°7 mai 1930 directeur : Harold J. Salemson. ( bilingue, français-anglais, 76 pages.) Sommaire :

Poèmes anglais: Frédéric Cover, H.R. Hays, Romola S. Voynow, Arabella Yorke, Norman Mac Léod, Richard Thoma, Virginia Stait .

Poèmes italiens(en français, tous les poèmes ont été traduits par Lionello Fiumi et Eugène Bestaux): Maxime Bontempelli, Angelo Silvio Novarro, Corrado Govoni, Giuseppe Villaroel, Eugenio Montale, Nicola Moscardelli, Giacomo Prampolini, Garibaldo Alessandrini, Ignazio Drago, Georgio Ferrante, Lionello Fiumi, Claude Symil, Mario Montanard, Nino Frank, Massimo Bontempelli .

Harold J. Salemson. : Il n'est plus de crime de LESE LITTERATURE p. 58 à 67

H.J. S.: Les livres, p.70 [4]

Harold J. Salemson, Editor, Paris.

L'Archer, Jean-Daniel Maublanc : Ivan Goll et la Poésie internationale [5]

Toulouse, Juin 1930

Demain n°2 - Eté 1930 - Directeur: Paul Hay et R. Pernet Solliet

Poème d'Ivan Goll p.3 " Manège " [6], Robert Valançay, Y. Chabauty - Bretagne....

Claire et Ivan Goll : * Poèmes d'Amour [7],

illustrés de sept dessins de Marc Chagall - cinq exemplaires sur Japon impérial numérotés de 1 à 5, dix sur Hollande Van Gelder numérotés de 6 à 15 et huit cent cinquante sur papier bibliophile numérotés de 16 à 865

Editions Fourcade Paris, 1930 (110 p.)

Blaise Cendrars : Gold (L'Or) Die Fabelhafte Geschichte des Generals Johann August Suter

Deutsche Ausgabe von Iwan Goll - 196 S.

Berlin VdB ca 1930

Blaise Cendrars : Gold (L'Or), Die Fabelhafte Geschichte des Generals Johann August Suter Deutsche Ausgabe von Iwan Goll - 212 S.

Rhein Verlag, Zuerich-Muenchen, 1930

Der Weltspiegel n° 4 - 1930. Iwan Goll : Wanda Landowskas Schule von Saint-Leu p. 3

Tambour 2ème série - n° 8 - juin 1930. Directeur : Harold J. Salemson. (bilingue, français-anglais, 77 pages). Sommaire: Poèmes de: Claire Huchet, Yves Chabauty - Bretagne, Ivan Goll: Poème d'Amour [8], Robert Radelet, Francis Ambrière, J. Mariotti, Richard Thoma, Walter Lowenfels, Valentin de Manoll, Samual Putnam, Max Reynolds, Joseph Upper, Paul Frédéric Bowles. Claude Bordas, James T. Farrell, Pierre-Louis Flouquet, Edouard Roditi, Georges Linze, Van der Cammen, Henry-Fagne, Karlton Kelm, Claude Symil, H. R. Hays, H. J. Salemson. [9]

Harold J. Salemson, Editor, Paris.

chercher Contrepoint août 30 pour article de Colombat puisé  selon Goll chez Jaloux dans les Nouvelles littéraires

Mercure de France  ? -15 octobre 1930 ( bi-mensuel )

John Charpentier sur " Ménagerie sentimentale ( Histoires de Bêtes )" Nouvelles de Claire Goll, Editions G. Crès et Cie

Mercure de France  - 1er novembre 1930 ( bi-mensuel ) André Fontainas sur "Poèmes d'Amours" par Claire et Ivan Goll, Fourcade 1930.

Iwan Goll rencontre Paula Ludwig vraisemblablement au Bal de la Presse à Berlin le 31 janvier 1931. [10]

Ivan Goll : lettre à Claire Goll datée 1er février 1931[11] :

Ivan Goll : lettre à Claire Goll datée 22 février 1931 [12]

Ivan Goll : lettre à Claire Goll, datée samedi 7 mars 31 [13]

Ivan Goll : lettre à Claire Goll, datée jeudi 12 mars 31 [14]

Le Journal des Poètes 1ère année, n° 2 - 11 avril 1931-Hebdomadaire de Poésie : Création, Information et Critique.[15] : Yvan Goll : Rue de la mort [16] (28 vers) et reproduction du dessin de Chagall (couverture de " Poèmes d'Amour", Fourcade 1930)

Bruxelles.

La Nouvelle Revue Française -19 ème année n° 212 - 1er mai 1931 :

Revue mensuelle de littérature et de critique

A propos d'une traduction par Philippe Soupault [17] p.633 à 637

Gallimard, Paris

Sagesse (Cahier 15-16) printemps - été 1931

Cahiers trimestriels de Littérature et d'Art, Directeur Fernand Marc  .

Textes et poèmes de : Géo Norge, Lorna Réa, Ivan Goll : Mélusine Acte IV - scène 1 avec un dessin inédit de Joaquim, Raoul Gain, René Vaës, Georges Linze.

Les livres par Adrien Copperie, Robert Revel, Jacques-Robert Duron.

Illustrations par Claysen, Picasso, de Chirico, Carla Vica, Marie Laurencin, Van Leckwick, Joaquim, Victor Servranckx, Gilles Pax, Calder, Jaques Maret.

Paris, Les Nourritures Terrestres. in - 4 broché

15 novembre 31, lettre d'Ivan Goll à Elisabeth Bergner [18]

Le Journal des Poètes 2ème année, n°2 - 22 nov. 1931- Bruxelles.

Douze poètes de l'Allemagne contemporaine  [19] dont 5 traductions d'Yvan Goll : .Jacob Haringer, Oscar Loerke, David Luschnat, Paula Ludwig "Poème", Alfred Wolfenstein…

Cahiers Alsaciens et Lorrains nov./ déc. 1931

Ivan Goll : Profil ( Über Maurice Betz ) p.158 / 159

Le Journal des Poètes 2ème année, n°5 - 12 déc. 1931- Bruxelles.

p.1 -2 Géo Charles : Interview de Claire et Ivan Goll sur la Poésie [20]

Annuaire Bio - Bibliographique des Ecrivains et Publicistes de la Région d'Alsace et de Lorraine: p.33 Claire Goll, Yvan Goll.

publié par la Société des Ecrivains d'Alsace et de Lorraine1931

Claire Goll : Ein Mensch ertrinkt, Roman

Leipzig-Wien, E.P.Thal - Verlag, 1931

Claire Goll : The Jewel,[21] traduit du Français par Pierre Loving 231+1 p.-8°

New-York, Alfred A.Knopf, 1931

André Fontainas : Tableau de la Poésie Française d'aujourd'hui (238 p.) [22]

Goll p.134 - p.140 - Index p.233

Editions de la Nouvelle Revue Critique, Paris 1931

Iwan Goll : Stervend Europa [23], traduction hollandaise de Evert Straat (116 P.)

Amsterdam, " De Gulden Ster", sans date (1931)

Hier schreibt Paris, ein Sammelwerk von heute. Herausgegeben von Alfred Wolfenstein 336 p.: Paul Valéry, Henri Lichtenberger, Marcel Aymé, Iwan Goll : Paris brennt I p.45 à 51 et II p.249 à 256, Marcel Jouhandeau, Jules Supervielle, René Benjamin, Georges Duhamel, Jean Giraudoux, Jean Cocteau, Roger Vitrac, Charles Péquignot, André Chamson, Valéry Larbaud, Léon-Paul Fargue, René Lalou, Fernand Divoire, Max Jacob, Augustin Habaru, Georges Ribemont-Dessaignes, Pierre Mac Orlan, Jules Romains, Julien Green, André Gide, Blaise Cendrars, Darius Milhaud, Louis Jouvet, Le Corbusier, G.F. Bergery (député de Seine - et - Oise).Internationale Bibliothek G.m.b.H.Berlin 1931

Berliner Gedichte. Herausgegeben von Kurt Lubach und Emil Tuchmann. Gedruckt und dem Berliner Bibliophilen-Abend zum 10 März 1931 überreicht von J.S. Preuss, Berlin, 14 pages.

Camille Recht : Die alte Photographie, (préface d'Ivan Goll) p. XI à XVI

Paris, Berlin, Leipzig 1931. Henri Jonquières 144 p.

Claire Goll : El beso negro

Editora Zig-Zag, Santiago di Chile, 1931

Vossischen Zeitung : Plusieurs poèmes de "Malaiische Liebeslieder" d'Iwan Goll ont été publiés dans cette revue entre 1932 et 1934

Die Weltbühne 28 -I- février 1932. Iwan Goll : James Joyce (Würdigung zum 50 Geburtstag) p. 216/218. Berlin . (j'en ai la traduction)

Sang Nouveau 5 ème année XXIV. n° 2, Janv.- Fév.1932. Revue littéraire bimestrielle

Georges Adam, Gilbert Anthelme, Pierre Courthion, Daniel-Rops, Hubert Dubois, Jos. Duchesne, James Ensor, Marie Gevers, Claire Goll * L'Amante au Téléphone (14 vers) Ivan Goll * Qu'était-ce donc la Vie (12 vers) p.31, Jean Milo, Marcel Thiry.

Les Nouvelles Editions Européennes, Charleroi - Paris

Le Journal des Poètes 2ème année, n° 11 - 6 février 1932

Deux poèmes de Paula Ludwig - traduction de l'allemand d'Yvan Goll - Bruxelles.

Le Journal des Poètes 2ème année, n°25 - 28 mai 1932-6 pages: Création, Information et Critique.:[24]

Bruxelles.

Der Querschnitt 12 juillet (1932) Iwan Goll : Metro (poème en allemand) p.180, Ein Tag aus dem Leben eines Genies (James Joyce) p.492/493

Les Poètes indépendants, fantaisistes, modernes, tendancieux et surréalistes

Cahiers spéciaux de la Poésie - Tome 2, août 1932, grand in-8.   

publiés sous la direction de Jean-Daniel Maublanc : René Arcos, Gabiel Audisio, Aloys Bataillard, Pierre Albert-Birot, Francis Carco, Jean Cayrol, André Cayatte, Philippe Chabaneix : Indications, René Char, Jean Cocteau, Guy-Charles Cros, René Daumal, Paul Dermée, Tristan Derême (pseudonyme de Philippe Huc),, André Dhôtel, Fagus, Maurice Fombeure, Georges Gabory, Claire : J'ai peur quand tu dors, et Dans cent ans tu me tromperas, p. 139 et Ivan Goll : Tes cheveux sont le plus grand incendie du siècle et Dans cent ans les jets d'eau te pleureront encore, p 140, Gabriel-Joseph Gros, Robert Guiette,  Georges Hugnet, Max Jacob, Gustave Kahn, Tristan Klingsor, René Laporte, Guy Lavaud, Henri Lamblin : L'influence de Paul Valéry sur la poésie contemporaine, Fernand Marc, Pierre Minet, Vincent Muselli, Louis Parrot : Coup d'Oeil, Pierre Reverdy, Georges Ribemont-Dessaignes, André de Richaud, A. Rolland de Renéville : Le Surréalisme, Jean Royère,  Noël Ruet, André Salmon, Jules Supervielle, Paul Valéry, Léon Vérane, Roger Vitrac, Charles Vildrac…

Editions Le Rouge et le Noir , Paris (août 1932)

Le Journal des Poètes 3ème année, n° 6 - 18 décembre 1932

Ivan Goll : Les Mariniers de Rotterdam (24 vers)

Paula Ludwig : Dem dunklen Gott [25] (79 S.)

Wolfgang Jess Verlag, Dresden - 1932

Claire Goll: Un crime en province Roman, In-16  254 p.

Paris Editions des Portiques,1932

Claire Goll : Der Neger Jupiter raubt Europa . Roman ,

Berlin, Verlag Ullstein, 1932 ( Taschenbuch )

Karl Walter : Zwischen Rhein und Mosell  (Anthologie de poésie alsacienne et lorraine contemporaine de Karl Walter, 333 p.).Iwan Goll [26]

Heitz Verlag, Strasbourg, 1933

Claire Goll :  Arsenik ( version allemande de " Un crime en Province ) 267 P.

Paris-Wien : Bergis Verlag, 1933

L'Intransigeant  : mercredi 17 mai 1933 p.8 Claire Goll : J'ai mendié sur la voie publique ( 1ère partie )

L'Intransigeant  : jeudi 18 mai 1933 p.8 Claire Goll : J'ai mendié sur la voie publique avec une photo de Claire Goll en mendiante

Le Phare de Neuilly [27] n° 2 - (sans date) 1933 - Revue mensuelle : Directrice Lise Deharme.Gérant : G. Ribemont - Dessaignes. (Br. 88 p. 25 x 18, 5 cms)

Sommaire : Manifeste du Désarmement Psychique, René Guilleré, Stendhal, Hans Arp, Gottfried Benn : Belle Jeunesse (Extrait du cycle Morgue) Traduction Ivan Goll p. 23, James Joyce : Ecce Puer, traduction Ivan Goll p. 24 / 25, P. Drieu La Rochelle, Lise Hirtz, Juan de Zabaleta, Benjamin Fondane, Paul Dermée, Thérèse Aubray, Nathalie Barney, P. J. Launay, G. Ribemont-Dessaignes. Photos de Man Ray, Lee Miller, Brassaï, Keffer et Dora Maar.

Le Phare de Neuilly n° 3-4 -1933 Directrice Lise Deharme

Claire Goll : Dernier Rendez-vous du pont de l'Alma ( 24 vers ) p.97

Les Nouvelles littéraires n° 591, 10 Février 1934.Direct. Maurice Martin du Gard.

Ivan Goll : Chansons Malaises

Voilà ( l'hebdomadaire du Reportage ) 4ème année -N° 151 Samedi 17 Février 1934 ([28])

Voilà 4ème année -N° 152 Samedi 24 Février 1934 ([29] )

Europe, Revue mensuelle : n°137 - 15 Mai 1934. Rédacteur en chef : Jean Guéhenno

Max Eastman, Herman Simpson, Ivan Goll : * Chansons Malaises p.38 et 39 * Depuis que tu me connais, * Que ne suis-je une datte (n'est pas dans le recueil publié en 1935), * Je ne voudrais être, * Je suis couverte de sept voiles, * Sarclez toutes les fougères, Fédor Gladkov, I. Silone, Jean-Richard Bloch, Jean Guehenno, Victor Serge, Marc Jaryc, Léon Werth, Dominique Braga, Jean Pérus, Christian Sénéchal, René Maublanc, Georges Dupeyron, Jean Blanzat, .In -8°, 160 p.

Editions Rieder, Paris

Ivan Goll : Lucifer vieillissant [30] (cinq exemplaires sur vergé d'Arches numérotés de 1 à 5 et vingt exemplaires sur vélin bibliophile numérotés de 6 à 25  (138 p.)

Editions R-A Corrêa Paris, 1934

Cahiers du Sud 22 ème année - n° 167 - décembre 1934 (mensuel)

Directeur: Jean Ballard.

Chroniques : Georges Petit : Lucifer Vieillissant par Ivan Goll [31]

Marseille

Témoignages de notre Temps n° 5 - février 1934

Numéro spécial "Un siècle de scandales" à compléter

La Part du Feu n° 3 - décembre 1934 - Cahiers mensuels - Directeur : Joseph de Belleville . Ivan Goll : Chanson Malaise ( J'ai grimpé dans le néflier) [32], p. 53/54

Duhort par Aire  (Landes)

Annuaire général des Lettres, 1933-1934 à compléter

Les Nouvelles Littéraires  12 janvier 1935

Jean Cassou à propos de Chansons Malaises [33]

Ivan Goll : * Chansons Malaises [34]

500 exemplaires numérotés sur Vélin d'Arches

Paris, Editions Poésie 1935 (- 21 cm.- 40 p.- couverture illustrée)

Anthologie, Georges Linze à propos de Chansons Malaises [35]

Comœdia, Fernand Lot à propos de Chansons Malaises[36]

Le Jour : Henri Clouard à propos de Chansons Malaises [37]

Le Journal des Poètes -5ème année - 1935 Edmond Vandercammen à propos de Chansons Malaises [38]

La Presse. Fernand Divoire à propos de Chansons Malaises [39]

Sélection, 9 Février 1935 Francis de Miomandre à propos de Chansons Malaises

Les Nouvelles littéraires -n° 645, 23 Février 1935.Dir. Maurice Martin du Gard.

Nos poèmes : Ivan Goll, Ode à Rome [40] p.2

Les Nouvelles littéraires -n° 647, 9 Mars 1935.Dir. Maurice Martin du Gard.

p.5 : Ivan Goll, Chansons Malaises (Ed. Poésie et Cie) et photo d'Ivan Goll [41]

Est n°1, mai 1935 : Ivan Goll : Les Chevaliers de L'Est, Poème.25 cm. 31 p.

Paris, Editions Est, 1935

Cahiers du Sud 22 ème année - n° 172 - mai 1935

p.404 - 405 La Poésie par Jean Follain : Chansons Malaises par Ivan Goll [42]

Apollinaire n° 1 - juin 1935, Cahiers mensuels d'Art et de Poésie

Benjamin Crémieux, Pierre-Albert Birot, Luigi Paladini, Jean Cocteau, Pierre Courthion, Antonio Aniante, Giorgio de Chirico, Notes sur Ivan Goll [43] p.8, avec un portrait de Goll par Takal, Coubine, Yves Florenne, Palazzoli, Paul-Henri Michel, Stella Mertens, Sarmiento etc.; Illustrations de Chirico, Paula Ludwig (un dessin des Chansons Malaises), de Vitis, Halé Asaf, Kurt Séligmann, André Lothe, Annenkoff, Ivy Langton etc.. In-8 broché, 16 pages

Se trouve à la Librairie d'Art R. van den Berg, 120 Bd. du Montparnasse, Paris

Transition 1934/1935, Revue littéraire, n° 23 -1er juillet 1935 - An Inquiry on the Malady of Language (Enquête sur la maladie de la Langue) p.149 / 150 : Ivan Goll [44]: Réponse à une enquête d'Eugène Jolas concernant une Révolution de la Langue .

The Servire Press, The Hague (Holland) Edité par Eugène Jolas,

Jeune Europe [45] : 1 - Septembre 1935, Cahiers d'Art et de Poésie - In-8 broché, 16 pages : Aniante, Arp, Aubray, Audiberti, Bert Brecht : Discours matinal à l'arbre green, traduit par Ivan Goll, de Chirico, Collet, Courthion, Eliot, Essenine, Follain, Garfias, Ivan Goll : Thanatos Poème de 36 vers, p. 9, Halé Hasaf, G.L. Mano, Moravia, P.H. Michel, Okamoto, Pasternak, Petersen, Gisèle Prassinos, Rossi, Seifert, Kurt Séligmann, Torrès-Garcia, Vulliamy

Editions Poésie & Cie, 37 Quai d'Anjou, Paris.

Se trouve à la Librairie d'Art R van den Berg, 120 Bd. du Montparnasse, Paris.

Le Temps 5 Sept 1935 André Thérive à propos de Chansons Malaises [46]

Ivan Goll : Tcheliouskine (épopée - cantate) 1935 musique du  compositeur David

à compléter page 357 Meiner Seele Töne

Ivan Goll : Marie Bashkirtscheff (pièce écrite en 1935 ; Goll qui avait pensé la faire monter par Bruckner et la faire jouer par Alice  Cocéa qui avait le manuscrit, sinon par Marie Bell, Boggaert, Jenny Holt, Madeleine Ozeray ou Ludmilla Pittoeff, apprend qu'une pièce sur le même sujet va se donner à Vienne et dans une lettre à Claire du 12 octobre , il décide qu'il n'écrira plus pour le théâtre « je jette le manche après la cognée.»

May Reeves : Charles Chaplin intime

Souvenirs recueillis par Claire Goll

N.R.F. Gallimard, Paris 1935     In-16 196 p.

R. Schermann : L'écriture ne ment pas . Préface de J. Crépieux-Jamin. Traduction d'Ivan Goll. 187 pages

Gallimard, Paris 1935

Henri Derieux : La Poésie française contemporaine -1885 à 1935 - 294 p.

Avec une bibliographie des Poètes, une bibliographie des ouvrages généraux, une table analytique des matières et un Index des noms cités ( Claire et Yvan Goll [47] p.202 )   

Paris, Mercure de France 1935

Les Nouvelles littéraires n° 694, 1er Février 1936.Direct. Maurice Martin du Gard.

Ivan Goll : La Chanson de Jean sans Terre

La Revue Doloriste 1ère année - n°2 / 1er février 1936 : Directeur Julien Teppe;

Textes de : Claire Goll, Monique Saint-Hélier, Yvonne Deguéret, Louise-Constance Meunier, Lucienne Manalt, Germaine de Gonnès, Julien Teppe . 32 pages .

Paris

Mercure de France n° 266-15 Fév. 1936 ( bi-mensuel ) André Fontainas sur "Chansons Malaises" [48] p. 141-142

Cahiers du Sud 23ème année - n° 180, février 1936 : Joé Bousquet, Jean Fretet, Ivan Goll, Poèmes : Métro : Rame, Le Prisonnier dédicacé " à Thérèse Aubray", Le feu défendu, Toilette p.96 et 97, Georges Neveux, G. Mouren et Gabriel Bertin, Marguerite Yourcenar

Soutes, Revue de culture révolutionnaire internationale n° 2, février 1936            

Poèmes de : Aragon, L. Decaunes, J. Desrives, Gil, Ivan Goll * Métro : Rame [49], Le feu défendu, Liquidation avant inventaire [50] p.93 et 94, L. Guillaume, Kirasanov, P. Katona, Lelubre, Lougovskoï, Nigg, J. Prévert, M. Rochvarger, Nathan Adler, Louis Guillaume, Henri Hisquin, Jean Giono. Paris, Directeur Luc Decaunes. In - 12 broché

Ivan Goll : * Métro de la Mort, Poèmes (25 exemplaires de luxe sur Featherweight fort, numérotés de 1 à 25, portant le signe du coeur couronné, 100 exemplaires sur Featherweight léger numérotés de 1 à 100, réservés aux souscripteurs de la collection 1936 et 300 exemplaires non numérotés, 47 pages)

Editions Les Cahiers du Journal des Poètes, Série poétique n°4, Bruxelles mars 1936

Poésie, Cahiers mensuels illustrés -15ème année - n°4 - avril 1936. Poèmes de :

Octave Charpentier, René Virard, Raymond Millet, Paul Cour-Ancay, Berthe Pélissier, Claude Mirbel, Louis Paul Beynard, Geneviève Fays, J. Bridot, Eliane Greuze, Jean Brouillaud, Charles Corme, Clodion Bauquier, Ivan Goll : * Individu, [51] p. 72, Germain Lefèvre Pontalis, Serge Allars, Luce Doll, Jean Bégram, Lucie Guillet, J.B. Sisley, Olympio, Alexandre Goichon, George Bonnamour. Dessin de Paul Baudier.

Editions La Caravelle, Paris.

29 avril 1936, mort brutale à l'âge de 73 ans, de Daniel Kahn, beau-père d'Yvan

Yvan Goll : * Deux Chansons de la Seine :

La Chanson des Pêcheurs et des Goujons & La Chanson du Pont-Marie (inédites)

Paris, Editions Sagesse, 21 ème Feuillet-1936, " Aux Quatre Chemins", 99 Bd Raspail.

Les Nouvelles littéraires n° 707, Samedi 2 mai 1936.Direct. Maurice Martin du Gard.

Ivan Goll : Jean sans Terre devant le Printemps et la Mort [52], p.2

Les Feux de Paris - n° 5 - 21 mai 1936 : Dir. Jean Fraysse.

André Salmon, Jean Fraysse, Ivan Goll (2 poèmes inédits: Victoria, Le Maçon), Roger Lannes, Jean Le Louët, Fernand Marc, . 25 cm.

Les Cahiers du Journal des Poètes n° 14, Juin 1936 : Le Courrier des Poètes n°1

Bruxelles

Ivan Goll : * La Chanson de Jean Sans Terre, Poème en 9 Chants [53], dessin de Marc Chagall, six exemplaires sur papier Japon impérial et 500 sur vélin d'Arches numérotés de 1 à 506 (63 p. couverture illustrée - 21 cm.)

Editions Poésie et Cie Paris 1936

Les Cahiers du Journal des Poètes n° 16, 10 Juillet 1936. Série Enquêtes

Le Poète et son Temps, réponses de : F.-P. Alibert, Joë Bousquet, Jean Cassou, Aldo Capasso, Henriette Charasson, Louis-Charles Baudouin, Hubert Colleye, J. de Bosschère, Luc Durtain, Mélot du Dy, Paul Fierens, Ivan Goll [54] p.27-28, Léon-Gabriel Gros, Pierre Gueguen, Raymond Herreman, Max Jacob, Robert Kanters, Raïssa Maritain, Charles Plisnier, Michel Seuphor, Tristan Remy, Jules Supervielle, Henri Vandeputte. Présentation de Gaston Pulings.- 62 pages

Bruxelles 1936

Vendredi 21 août 1936

Paul Jamati [55] sur "La Chanson de Jean sans Terre"

Paris

Yggdrasill - n° 5, Août - Sept. 1936

Bulletin mensuel de la Poésie en France et à l'étranger.

Comité de rédaction : Guy Chastel, Noël Jeandet, Guy Lavaud, Raymond Schwab.

Sommaire : Abel Bonnard, Charles Baudouin, Shelley, Denis Saurat, Noël Jeandet, Ivan Goll * La Lionne p. 8, Jean Marchand, Mathias, Raoul Boggio, Edith Boissonnas, Marie-Louise Boudat, Guy Chastel, Paul Souffron, Albert Flory, Henri-Philippe Livet, Jean-Abel Marchand, Camille Melloy, Maurice Carême.

Les Cahiers du Journal des Poètes n° 19 - Sept. 1936 : Le Courrier des Poètes n° 2

Bruxelles

La Nouvelle Revue Française -24 ème année n° - 1er septembre 1936

Revue mensuelle de littérature et de critique -: Jean Wahl [56]

Gallimard, Paris

Les Cahiers du Journal des Poètes n° 20 - Oct. 1936 :

Anthologie de la Poésie Juive contemporaine

Bruxelles

Europe, n°168 - 15 Décembre 1936, Revue mensuelle . Rédacteur en chef : Jean Cassou. Comité de rédaction: Romain Rolland, Pierre Abraham, Aragon, René Arcos, Jean-Richard Bloch, Dominique Braga, André Chamson, Luc Durtain, Georges Friedmann, René Lalou, René Maublanc.:

p. 561 à 563 Comptes rendus : Audiberti : Ivan Goll, La Chanson de Jean Sans Terre [57]

Editions Rieder, Paris

Les Cahiers du Journal des Poètes n° 25 - 31 Déc. 1936 : Courrier des Poètes n° 3

Hommage à Pierre-Louis Flouquet, animateur du Journal des Poètes :

p.50 Ivan Goll * Les dormeurs

Bruxelles

Balises : Jean Daniel Maublanc, avec 13 bois gravés hors-texte :

Ivan et Claire Goll p. 37 à 43 ( article daté octobre1932 ) [58]

La Pipe en Ecume, Paris 1936

Cahiers du Sud n° 193 mars 1937

Léon Gabriel Gros [59]

Marseille

La Vie Réelle - I -n° 1, Juillet 1937 : La Rue vue par :

Pierre Mac Orlan, Philippe Soupault, Jean Le Louet, Henri Hertz, George Pillement, Ivan Goll : Boulevard nocturne, Francisco Amunategui, Joseph Milbauer, Jacques Lassaigne, Noél Bureau, Elie Marcuse, Jacques de Ricaumont, Ilarie Voronca, Marcel Zahar

Editions de la Vie Réelle

Europe n°176 - 15 juillet 1937 - Revue mensuelle

Henri Hertz [60] à vérifier

Les Amis de 1914, 6ème saison, n°137 -29 Octobre 1937 - Bulletin hebdomadaire de l'Académie de la Coupole, Café de Versailles, 3 place de Rennes, Paris.[61]

Allocution de Mr. Pierre Albert-Birot lors de la réception de Claire et Yvan Goll [62]

Europe n°179 - 15 novembre 1937 - Revue mensuelle : Luc Durtain, Elie Faure, Ivan Goll : Jean sans Terre épouse la lune p.322 -323-324  (68 vers) [63], Denis Marion, Maurice Martin du Gard, Anna Galil, Roberto Marvasi, G.-H. Borghin, Jean-Richard Bloch, Jean Cassou, André Würmser, Henri Hertz, Dominique Braga, Anne Fernier, René Bertelé. Les Editions Rieder, Paris.

Mirko Jelusich : César (traduit de l'allemand par Yvan Goll) 365 p.

Editions Albin Michel Paris 1937

Orchestre : Poèmes de Philippe Chabaneix, Guy-Charles Cros, Tristan Derème (pseudonyme de Philippe Huc),, Luc Durtain, André Fontainas, Claude Fourcade, Claire Goll p.49 à 52 : Méditation devant sa première Rose, Violette de Parme, A cent à l'heure, Ivan Goll p.55 à 57 : Trois Chansons Malaises : I) Tu passes… (9 vers), II) Si j 'avais… (7 vers), III) Seras-tu l'oiseau rapace … (9 vers), Jean-Marie Guislain, Jean Pourtal de Ladevèze, Léon Laleau, Paul Lorenz, Noël Ruet. Deux exemplaires sur Japon Impérial marqués A et B. Cinquante exemplaires sur Rives jonquille, numérotés I à L. Deux cent cinquante exemplaires sur Rives pervenche numérotés 1 à 250. (96 pages)

Paris, Le Divan 1937

Daigaku Horiguchi : Traduction japonaise de Chansons Malaises d'Ivan Goll

Tokyo Editions Hanga-Sha, 1937 (51p.)

Cahiers du Nord 1937 n°2 (11è. année n° XL-XLI) Revue Trimestrielle fondée en 1927 : Roger Lannes, Louis Emie, Jean Rousselot, Yvan Goll p.86 à 90 : Jean l'Hermaphrodite [64], Jean Follain, Fernand Marc, Michel Manoll, René Lacote. Les Nouvelles Editions Européennes, Charleroi, Belgique.

Revue du Rhin, 2ème année, n°1, janvier 1938 :

Eine Monatsschrift für Kunst und Litteratur

Ivan Goll : p.20/21 L'an nu et p.37/38

Strasbourg : Editions Sébastian Brant.

Revue du Rhin, 2ème année, n°?,  1938 à reclasser à sa bonne date

Eine Monatsschrift für Kunst und Litteratur

Ivan Goll : Les nouveaux spectacles de Paris : Les Fils et les Mères p.61/62/63

Strasbourg : Editions Sébastian Brant.

Cahiers de Mai mars ( ou mai )1938 . Paris

Pierre Créange [65]

Europe, Revue mensuelle, 17ème année, n° 186 - 15 juin 1938

Comptes rendus : Ivan Goll pour Les Chants terrestres de Jean Follain (Denoël) p.288

Le Pont Mirabeau. Revue trimestrielle, n°1 - 1er juillet 1938 (25 cm.). Paris

Directeur, Marcel Castay : Jean Follain, Henri-Philippe Livet, Robert Ganzo, Raoul Dufy, Marcel Castay, Adolphe de Falgairolle, Jules Lagrange, Jean Loisy, Louis Codet, Jean-Marie Guislain, J. Milbauer, Gabriel Brunet, Jean Tortel, Ivan Goll : Chanson du Pont Marie [66] Charles Mauban, Claude Dubosq, Claude Sernet.

Ivan Goll : * Deuxième Livre de Jean Sans Terre [67]

506 Exemplaires - 21 cm.

six sur papier Japon impérial et 500 sur vélin d'Arches numérotés 1 à 506 (63 p.)

Editions Poésie et Cie Paris 1938

Lettre de Claire à Ivan du 23 juillet 1938 [68]

Les Nouvelles Lettres 1ère An. n° 2 - 1er Août 1938 - Revue Bimestrielle de Littérature et de Critique. Directeur Jean Le Louët :

Revue des Livres de Poèmes, par René Lacôte : Ivan Goll : Le deuxième livre de Jean sans Terre [69] p.104-105

Revue du Rhin, 2ème année, n°8, août 1938 :

Eine Monatsschrift für Kunst und Litteratur

Henri Solveen: compte rendu du "Deuxième livre de Jean sans Terre"

Strasbourg : Editions Sébastian Brant.

Revue du Rhin, 2ème année, n°9, septembre 1938.

Eine Monatsschrift für Kunst und Litteratur :

Ivan Goll, Jean sans Terre s'assied sous un chêne, poème.p.20-21

Strasbourg : Editions Sébastian Brant.

Revue du Rhin - 2ème année - n° 10, octobre 1938 :

Ivan Goll : Le Théâtre à Paris p.59/60

Strasbourg : Editions Sébastian Brant.

Les Nouvelles Littéraires - 29 octobre 1938

Pierre de Massot[70]

Revue du Rhin - 2ème année - n° 11, novembre 1938 :

Ivan Goll, La Ballade du Pont des Morts (Légende lorraine)

Strasbourg : Editions Sébastian Brant.

La Muse Française 15 novembre 1938

Poésie par Maurice Rat [71]

La Vie Réelle - II -n° 1, 1938 - Revue Littéraire : Construire (90 pages) :

Auguste Perret, André Arbus, Waldemar-George, Ivan Goll : Chant des Cyclopes, p.17 à 20, Georges Cattaui, Makhali Phal, Ilarie Voronca, Pierre Petitbon, Paul Vyle, Eugène Jolas, Myriam Gattegno, Joseph Milbauer, Assia Lassaigne, Pierre de Lannex, Marcel Zahar

Editions de la Vie Réelle

Marcos Fingerit : Canciones de Manyana Muchacha Malaya, Traduction espagnole de Chansons Malaises

Buenos-Aires, Incunabula, 1938

Poésie de Paris -

(Goll, p.11)

Liège 1938

L'Age Nouveau n°11 - Janvier 1939. Revue mensuelle d'Expression et d'Etude des Arts, des Lettres, des Idées. Directeur Littéraire : Marcello Fabri

Jacques Duvaldizier : sur quelques recueils de poèmes [72] p.219

Les Volontaires - 2ème année - n°4. Mars 1939. Revue mensuelle, direction : Renaud de Jouvenel. Sommaire : Philippe Lamour, Renaud de Jouvenel, Jaroslav Hasek, Ivan Goll * Jean sans Terre a le mal de terre [73], 48 vers, p.219 ; Georges Friedmann, Claude Morgan, Paul du Véou, G.D.H. Cole, Carlo Torre, Heinrich Werth, Roland Malraux, Michel Lorin. Dessins de Mayo et de Tal-Coat.

Paris.

Cahiers du Nord n°4 - mars 1939. Revue Belge - Méthode de critique :

Roger Maxence sur Chansons Malaises d'Ivan Goll [74]

Cahiers du Sud - 26ème année n°215 - Avril 1939

Méthodes critiques de Yanette Delétang-Tardif [75] p.343 à 346

Europe, Revue mensuelle, 17ème année, n° 196 - 15 avril 1939 :

Romain Rolland, Fr. M. A. Couturier, Yanette Delétang-Tardif, Ivan Goll : Anciens poèmes de guerre chinois p.459 -460-461, L'invasion des Huns  (12 vers), La guerre dans le désert de Gobi  (16 vers), Printemps sur la frontière (8 vers), Jeune femme de soldat  (32 vers)

Denoël, Paris.

Commune (1939) Traduction d'un poème par Ivan Goll

Europe, Revue mensuelle, 17ème année, n° 197 - 15 mai 1939

Paul Jamati : chronique de poésie (René Ghil, Philippe Soupault, Paul Eluard, Jacques Dyssord, Ivan Goll : * Deuxième livre de Jean sans Terre p. 128 [76], Ilarie Voronca, Gabriel Audisio)

Denoël, Paris

Dernières Nouvelles de Strasbourg, 25 mai 1939

Ivan Goll : Der Dichter Henri Solveen [77]

Georg Kaiser : Du matin à minuit ( adaptation radiophonique en 7 tableaux d'Ivan Goll [78] diffusée le 30 mai 1939, présentation de Pierre Descaves ) 77 pages .

Ivan Goll : Troisième Livre de Jean Sans Terre [79], avec, en couverture, une réduction du dessin original de Galanis repris au format p.7.

615 exemplaires dont 600 sur papier Vélin des Manufactures d'Arches numérotés de 1 à 600 et 15 exemplaires sur Japon numérotés de I à XV (48 p.)

Editions Poésie et Cie Paris 1939

Mercure de France : n° 983, 50° Année, 1er Juin 1939

André Fontainas sur Deuxième livre de Jean sans Terre et Troisième livre de Jean sans Terre : Les Poèmes [80] p.367

Le Beau Navire Revue de la Poésie, II - n° 9, Juin 1939, (paraît 6 fois l'an).
Directeur : Maurice Chapelan. Sommaire: p.98, portrait d'Yvan Goll par Zadkine
[81], Roland de Renéville, Thérèse Aubray, Marcel Martinet, Yvan Goll : "Jean Sans Terre vainc le sommeil".p.114 à 116, Audiberti, Louis Guillaume, Carmen Oriol, Lucien Becker, Maurice Fombeure, Camille Bryen, Luc Estang, Paul Voyle, Marcel Béalu, Armen Lubin, Charles Mouron . Critique. Tour d'Horizon.

Paris.

17 juin 1939 lettre d'Ivan Goll à Henri SOLVEEN :

7 juillet 1939 dédicace d'un poème inédit à Henri Michaux:

            Sur un dessin de Henri Michaux

26 août 1939 : Ivan et Claire Goll quittent la France depuis le port de Boulogne à bord du Veendam , bateau Hollandais qui  les mène à New-York le 6 septembre 1939.


[1] p.203:  "La renonciation,  c'est le désaveu de Dieu. La mort est la négation de Dieu. La loi de la vie,  c'est la haine de la mort "

p.204:  "il y a deux sortes de femmes:  les jouets et les joueuses "

[2] J'ai vieilli à regarder venir

Les févriers humides et les avrils tardifs,

Pour t'offrir un brin de muguet.

J'ai veillé combien de nuits pâles

Pour consulter la lune avant sa mort

Sur ta fidélité .

J'ai supporté des étés électriques

En attendant ton télégramme,

Et par les soirées de tristesse

J'ai tâté le pouls des prairies malades,

Et caressé les mains des lys phtisiques ...

Toute saison est bonne pour le travail du cœur :

Paysan du ciel

Je sème et je récolte les étoiles,

Pour nous nourrir, ma bien-aimée .

[3] Les trains de banlieue charrient la nuit

Comme une cargaison d'anthracite .

Ils pleurent sur leur boggies

Mais cela ne leur sert à rien .

La pluie aussi pleure sur les hangars d'ennui .

Dans les champs désolés plus un corbeau .

Pourtant dans les salles d'attente

Les yeux brûlés par les phares d'espoir,

Aussi dociles que leurs choses,

Que leur valise aux hardes de bonheur

Les naufragés du jour attendent,

Qu'attendent-ils ?

De fréter un nuage ?

De grimper dans un cerisier en fleurs ?

Ou simplement d'enterrer un cousin ?

[4] "…mais parmi les rares livres qui semblent importants,  lus dernièrement,  il faut mettre au premier plan SODOME ET BERLIN (Emile-Paul) d'Ivan Goll. C'est un bien curieux roman de notre temps,  mettant en scène l'inflation allemande,  et dû à la plume d'un romancier poète particulier qui chevauche les civilisations allemande et française. On ne saurait trop le recommander. "

[5] article de Jean-Daniel Maublanc reprenant probablement sa conférence du 19 Déc. 1929 au Cercle Demain dans les salons de Floréal,  Bd Bonne-Nouvelle. Audition de poèmes de Claire et Yvan Goll,  Follain,  Bréal,  Audisio,  Hytier,  Géo Charles …

(voir Sagesse n° 10 p.76)

IVAN GOLL ET LA POESIE INTERNATIONALE

Si l'histoire politique demande parfois le recul d'un demi siècle pour se dégager et prendre les apparences de la vérité, l'histoire littéraire, qui reflète des passions aussi ardentes et enregistre des bouleversements spirituels aussi profonds, demande les apaisements séculaires pour fixer les figures et situer les oeuvres. Mais, de même que l'histoire politique se constitue au jour le jour par l'accumulation des faits et l'élan continu des forces nouvelles, de même l'histoire littéraire s'inscrit au fil des ans selon le rythme des créations intellectuelles, chaque auteur apportant à l'édifice de la petite pierre de son talent, parfois l'airain de son génie. Il arrive, dans l'une et l'autre histoire, que des révolutions ébranlent l'édifice tout entier, que certaines personnalités s'inscrivent en lettres capitales et éclaboussent, des poussières qu'elles déplacent, un siècle de patiente harmonie et de laborieuses acquisitions. Notre début de siècle aura connu des bouleversements de tous ordres et dans tous les domaines mais si,  conduits sans conviction et mal soutenus des élites,  les bouleversements politiques s'amenuisent et s'orientent vers une stabilisation franchement régressive,  les révolutions littéraires,  après avoir consolidé d'immenses et fructueuses acquisitions,  s'installent en conquérantes dans les domaines de l'esprit.

             On pourra dire que le XX ème siècle aura consacré la mort des vieilles écoles et qu'une nouvelle poésie - la seule vraie poésie pour certains -,  est née avec lui. Le cubisme,  Dada,  le surréalisme - le vrai et l'autre -,  figureront,  dans le débat,  l'extrême gauche réalisatrice et,  parmi ces cohortes à gilet rouge et "stylo entre les dents ",  Ivan Goll m'apparaît déjà comme un chef résolu,  fier d'une doctrine qu'il a enfantée,  nourrie de son talent et de son coeur. L'avenir fera la part de son activité et de son oeuvre,  il m'a semblé bon d'en fixer dès maintenant le témoignage.

Il est incontestable que nous vivons actuellement quelques heures capitales de l'histoire humaine,  les vieilles hiérarchies s'écroulent,  prennent peur,  tentent d'endiguer le flot nouveau.

La grosse erreur de notre époque fut de donner à la bourgeoisie cette prédominance bestiale,  expression d'un désir immodéré de jouissances et de réalités matérielles. N'en incriminons pas forcément l'argent,  mais bien cet état d'esprit qui donne au ventre la maîtrise et laisse à la pourriture les valeurs spirituelles. C'est sur ce fumier qu'a fleuri la digitale Dada. Les dadaïstes étaient intelligents trop,  sans doute,  puisqu'ils poussèrent leur système à l'absurde ; ils étaient des bourgeois au sens vulgaire du mot ; mais,  révolutionnaires d'instinct,  ils rêvaient le renversement total des idées reçues et la table rase des acquisitions antérieures. Partis d'un point de vue défendable ils se contentèrent de renverser sans construire,  car l'illogisme était leur acte de foi,  la confusion,  la caractéristique essentielle de leur mouvement. Fiers de se contredire toujours,  ils réunirent à démontrer qu'ils n'étaient rien et ne pouvaient rien être.

Le mouvement Dada ne fut qu'une convulsion,  une mode fugitive,  une attitude pour milieux snobs.

Comme nombre des jeunes gens d'alors, Ivan Goll n'ayant rien de commun avec certains hommes dont le poil est gris aujourd'hui,  a participé au mouvement Dada en tant que manifestation révolutionnaire humaine. Comme les dadaïstes,  il a toujours été du côté de ceux qui voulurent jeter bas les vieilles ruines qui encombrent l'Europe et bouchent notre horizon. En cela,  il se rapproche plus,  à mon sens,  du cubisme extrêmement réalisateur et constructif d'un Cocteau. Mais après,  quelques,  tournois sonores,  à l'âge où tout paraît possible,  il s'est aperçu que les pierres moisies risquent de tomber sur la tête  (Cocteau n'a-t-il pas ruiné ses forces à essayer de soulever les mondes ? ) et il a pensé qu'il valait mieux laisser les musées à leur place et construire sa petite ville à côté. Il ne manque pas d'espaces incultes et de vallons fleuris sur cette terre. En sorte que les traces de Dada qu'il nous est possible de trouver dans les premiers vers d'Ivan Goll ne sont sans doute que des manifestations d'un esprit affranchi et non fonction d'une doctrine. Je dirai tout à l'heure ce qu'est le surréalisme d'Ivan Goll. Ses poèmes d'aujourd'hui différents pourtant des poèmes de jadis - sont tout aussi libres qu'eux et son surréalisme  (car c'est la véritable doctrine à laquelle il se rattache) était en substance aussi bien en 1920,  en 1924 qu'en 1929 dans son oeuvre. La théorie érigée dans le premier numéro de son éphémère revue (numéro premier et unique) n'était qu'une simple déclaration,  une définitive mise en règle de ce que lui avait appris 1'exercice de son art.    

Mais,  direz-vous,  le surréalisme d'Ivan Goll n'est donc pas le surréalisme orthodoxe et dictatorial qu'on nous prêche aujourd'hui sous les plafonds du " Radio " ?  Si je veux examiner la question d'une certaine hauteur - et mettant à profit le recul de quelques années - je résumerai ainsi la différence entre les deux Surréalismes :    

   Toute poésie a besoin d'ailes,  pour arriver à imiter les oiseaux qui nous sont supérieur,  par la volonté de Dieu. Les surréalistes,  groupés autour de Breton,  empruntent leurs ailes au rêve,  à l'inconscient,  au fonctionnement obscur et étrange du cerveau. Le surréalisme de Breton,  pour lequel Freud est la Muse nouvelle,  relève plutôt de la psychiatrie. Le surréalisme d'Ivan Goll,  directement issu de Rimbaud,  Laforgue et Apollinaire,  puise son extase et son haut,  au coeur,  au sentiment,  à l'ivresse obscure de l'amour de toutes choses. Pour l'un comme pour l'autre,  l'art " échappe à toute préméditation ". " C'est un événement de la Nature. Naissance spontanée " (Delteil). Et puisque Dieu,  ou la force animatrice et créatrice des Mondes,  est le point de départ des deux doctrines,  on peut dire que,  manifestement divergentes,  il existe sûrement un point où les théories se rencontrent.

Yvan Goll avait déjà publié quelques oeuvres importantes quand il fonda la revue " Surréalisme " dont le premier numéro, paru le premier octobre 1924, n'eut pas de suite, 16 pages, sous couverture illustrée par Robert Delaunay. Au sommaire : Guillaume Apollinaire, Marcel Arland, Pierre Albert-Birot, René Crevel, Joseph Delteil, Robert Delaunay, Paul Dermée, Jean Painlevé, Pierre Reverdy. La couverture annonçait la fondation d'un " Théâtre surréaliste " avec programme monstre, metteurs en scène russes, autrichiens, italiens et un français : Gaston Baty. Mais, pour vivre et durer, Revue et Théâtre cherchèrent  un Mécène. Personne n'ayant ouvert sa bourse, Revue et Théâtre moururent aussitôt que conçus. Qu'importe, le sillon était tracé, la moisson devait mûrir, malgré tout.

"La réalité,  écrivait Ivan Goll dans son manifeste,  est la base de tout grand art. Sans elle,  pas de vie,  pas de substance. La réalité,  c'est le sol sous nos pieds et le ciel sur notre tête. Tout ce que l'artiste crée a son point de départ dans la nature... Cette transposition de la réalité dans un plan supérieur  (artistique) constitue le Surréalisme. Le surréalisme est une conception qu'anima Guillaume Apollinaire,  qui avec le matériel élémentaire des phrases et des mots de la rue faisait des poèmes... Seulement,  avec ce Matériel élémentaire,  il forma des images poétiques. L'image est aujourd'hui le critère de la bonne poésie. La rapidité d'association entre la première impression et la dernière expression fait la qualité de l'image... L'image est devenue l'attribut le plus apprécié de la poésie moderne... L'art est une émanation de la vie et de l'organisme de l'homme. Le surréalisme est un vaste mouvement de l'époque. Il signifie la santé... retrouve la nature,  l'émotion première de l'homme,  et va,  avec un matériel artistique complètement neuf,  vers une construction,  vers une volonté. "

Le surréalisme,  enfin " sera international,  il absorbera tous les ismes qui partagent l'Europe,  et recueillera les éléments vitaux de chacun ".

C'est sur le plan international que se détache avec le plus de netteté la personnalité littéraire d'Ivan Goll. Esprit cosmopolite,  humanitaire,  pacifiste,  il chante la fraternité des races et l'abolition des frontières. Sa première grande oeuvre naturellement méconnue,  "Les Cinq Continents "anthologie mondiale de la Poésie contemporaine  (La Renaissance du Livre,  1922) est un essai de collaboration simultanée de toutes les races intéressant tous les individus. Ce n'est sans doute pas une anthologie complète,  mais c'est le livre idéal de l'Européen de 1923 que pouvait se représenter l'auteur,  achetant ce livre dans une gare quelconque. Livre subjectif,  unilatéral,  partial et certainement systématique,  mais si plein de vie,  si mugissant des cris de la terre,  qu'il aurait mérité le grand succès et une place de choix dans le coeur des poètes.

" Une mappemonde sur une table de travail est le plus beau jouet et le délassement le plus doux que l'on puisse trouver. L'homme oublie sa tristesse quotidienne en parcourant d'un doigt rêveur le Globe qui contient tout. Navigateur de l'infini,  pendant cinq minutes,  il va se reposer dans un paysage lointain... Pour découvrir dans des pays inconnus les véritables valeurs,  c'est aux poètes,  qui sont des prophètes,  qu'il convient de s'adresser en premier lieu ". Et,  durant trois années,  aidé par une cinquantaine de traducteurs de toutes langues,  Ivan Goll a lié cette gerbe de jeunesse et de vérité. Voici les Américains  (Carl Sandburg,  Edgar Lee Mastera,  Vachel Lindsay,  Amy Lowell,  James Oppenheim,  etc.) Les Anglais  (Richard Aldington,  F.-S. Flint,  T.-S. Eliot et John Rodker) les Irlandais  (James Stephens,  Padraic Colum). Les Français - et cela donne aux lecteurs l'idée générale et la tendance de l'ouvrage - sont représentés par Guillaume Apollinaire,  Blaise Cendrars,  Jules Romains,  Max Jacob,  André Salmon,  Jean Cocteau,  Ivan Goll,  Pierre-Albert Birot,  Philippe Soupault,  Nicolas Beauduin. Je suis assez surpris de voir Paul Valéry compléter cette liste.... Nicolas Beauduin y figure sans doute comme résurrecteur du vieux paroxysme... mais alors,  pourquoi refuser à Paul Dermée et à Verhaeren un fauteuil en la section belge,  où je ne vois figurer que Franz Hellens,  Paul Neuhuys et Wies Moens ? L'Italie futuriste et cubiste avec Marinetti en tête,  l'Espagne (Ramon Gomez de la Serna,  Juan Ramon Jimenez,  Antonio Machado,  etc.) et la Catalogne,  séparatiste  (Engeni d'Ors,  Alfons Maseras,  Salvat Papasseit) complètent,  avec quelques Mexicains,  Nicaraguens,  Péruviens,  Chiliens,  Argentins,  Portugais,  Grecs et Roumains,  cet important groupe Latin qui me semble avoir la tâche la plus dure pour secouer les rudes remparts du moyen âge et brûler les vieilles grammaires. Le groupe germanique  (allemands,  autrichiens,  hollandais,  suisses,  suédois,  norvégiens,  danois et finlandais :  23 poètes a toutes les tendresses d'Ivan Goll,  mais si le groupe slave  (21 poètes) m'effraie un peu par ses cris sauvages et ses visions incandescentes,  j'aime à relire les tendres,  douloureux,  purs et naïfs poèmes des Vieux Peuples orientaux. Les japonais (l'Empereur Moutsou-Hito,  Nico D. Horigoutchi,  Rofu Miki,  Shira Tori,  etc.) les Chinois,  sont de merveilleux,  d'incomparables inspirés. Leurs oeuvres sont des violettes toutes simples cueillies le long de la grand-route humaine,  mais si parfumées,  si tendres de rosée,  que l'âme en est toute bouleversée. Et voici les Hindous représentés par Rabindranath Tagore,  les Juifs - avec inévitable pogrome -,  les Turcs,  les Arméniens,  les Indiens,  enfin les Nègres,  instincts à leur première aurore,  poésie directe,  intense,  vraie... Je connais nombre de Poètes modernes.       Dix à peine ont eu en mains "les Cinq Continents",  trois possèdent l'ouvrage et l'ont lu.. Navrant.

Entrons désormais dans les champs poétiques d'Ivan Goll. Quelques poèmes dès 1912,  à vingt ans. Je m'en tiendrai à "Le Nouvel Orphée",  édition collective publiée par "La Sirène" en 1923. Poésie âpre,  faite d'un papillotement d'images projetées du cœur-miroir par réflexion,  avec des contours de pointe-sèche et la matière du métal. Lampes à arc et feuilles de température,  j'écris ces mots avec intention. Ces Poèmes sont des jeux kaléidoscopiques,  films primitifs et éphémères,  dont les vertèbres ne sont qu'instants et rayons,  mais dont le corps émerge d'ensemble,  en silhouette crue et dans l'atmosphère. La beauté de ces morceaux et leur pouvoir évocateur,  naissent du choc incessant des images,  dans un désordre d'apparence,  car rien n'est désordre en la vie et la poésie d'Ivan Goll,  c'est la vie même.                  

Voici quelques images détachées de "Paris brûle"

Les blancs corbeaux des quotidiens

se battent autour des appâts de la nuit

Le monde juge en trois lignes

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Ses paupières sont des feuilles d'automne

qui ont peur de tomber dans l'herbe

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L'aiguille en platine de la Tour Eiffel

crève l'abcès des nuages...

…Et j'ai peur

que mon coeur

qui n'a pas de cran d'arrêt

comme un revolver

ne parte tout seul

Le plus insignifiant détail,  le plus banal,  la notation la plus imprévue,  l'incidence la plus saugrenue,  sont venus naturellement s'inscrire sur la toile où le pinceau du poète étale la pâte coloriée,  puisée à même la réalité et découpée dans son ciel de tous les jours. Les sentiments humains nous apparaissent sans métaphysique et sans subtilités,  sans logique ni esthétique,  sans effets de grammaire ni jeux de mots. Ce ne sont que des objets participant de la sensibilité universelle,  aussi nets de contours,  aussi vrais,  aussi schématisés que l'ovale d'un visage ou le cube monstrueux d'un gratte-ciel. Un peu d'exagération,  parfois,  mais exagérer n'est pas mentir...

Je me vends moi-même je vends Dieu je vends

le monde entier

Tout ce que nous faisons est péché

Ne pas agir est l'unique salut...

Poésie externe,  en somme,  pour l'oeil et pour les sens,  mâle et dure,  poésie qui touche et fustige,  ébranle plus qu'elle n'émeut. Et par-dessus tout poésie pessimiste,  désespérée,  impliquant au renoncement,  qui fait toucher du coeur,  les immortelles misères de la création,  les égoïsmes glacés d'une société sans amour et l'immense océan de la bêtise humaine.

Le poète enregistre comme un thermomètre

la fièvre du monde....

....Le poème est de l'angoisse anesthésiée

La douleur est meilleure que I'amour....

Ivan Goll démasque et écorche (lisez Mathusalem ou l'Eternel Bourgeois) fouaille et raille,  plonge son,  scalpel dans les pourritures et met l'homme à nu sous un ciel sans mensonges. Mais si le monde gagne insensiblement son excuse de vivre,  si l'humanité,  sauvée du suicide,  marche enfin vers l'or des horizons purs,  le poète,  méconnu toujours et toujours martyr.  ( "La Chaplinade",  "Le Nouvel Orphée") reste par essence l'éternel paria,  le fou zigzaguant du grand jeu d'échec de la vie.

Le premier devoir de l'homme est en lui-même ;

Sois bon ! avant de parler de bonté..

Poète-Narcisse. mire-toi dans tes propres larmes! 

Le Parnasse existe,  ami,  dans ton cœur!

...........................................................................

La terre tourne :  cinquième roue de l'automobile divine

L'ange a beau se suicider

La bêtise reste immortelle

Recueillons-nous  recueillons-nous... ?

Le trèfle est sage qui ouvre et replie ses feuilles

Le trèfle est solitaire

Et simple

Soyons donc solitaires

Et simples...

Le Poète,  dans cette réalité souveraine et totale,  n'est peut - être que le grain de folie des mondes,  le feu follet insaisissable et éphémère que la gifle du réel fait mourir à l'aurore quitte à renaître au soir par le caprice des nuits,  le point de ralliement des idéals et le symbole des espoirs,  le poète est peut-être Dieu !  "

1923 -1925 : Ivan Goll a rencontré l'élue. Son nom n'apparaît plus seul au frontispice des recueils que Jean Budry, l'éditeur des sept manifestes Dada et des oeuvres de Pierre Albert Birot, présente au public. Ivan a rencontré Claire, les deux poètes formeront désormais une même âme tout, ellipse parfaite dont les deux coeurs sensibles sont les brûlants foyers. Il me sera bien difficile de distinguer les deux sensibilités, mais cette distinction est-elle bien nécessaire ? Je considère Claire et Ivan comme l'envers et l'avers du même astre, comme les faces confondues d'une sphère dorée où se joue la lumière et pleure la rosée :

Voici dix ans que tu m'aimes,

Que sur ma montre-bracelet

Le temps s'arrêta pour toujours !

Claire Goll était merveilleusement pétrie pour comprendre Ivan. Partageant son amour de la nature, plein d'amertume, nourrie de ce style brusque (reste de l'emporte-pièce Dada), ses récits à facettes, les uns émouvants, les autres pleins d'humour, nous faisaient déjà pressentir quelques-uns des paysages intérieurs denses d'une philosophie où la tristesse prend place, de " Une Allemande à Paris " . Elle avait subi, comme lui, l'influence des écrivains internationalistes et des peintres allemands, autrichiens et russes. L'influence de Chagall surtout, aux lignes tirées, aux boucles vives, Chagall, comme Ivan et Claire Goll, n'aime la réalité que par les contours et trace seulement des dehors d'objets pour nous les peindre. Plus exactement, il n'aiment, tous les trois, que les reflets, les surfaces, ne s'occupent que des orages du concret. Leurs peintures seront des heurts d'images concrètes, ils sont des businesmen-artistes, dédaignant la spéculation les diamants bruts d'images vivantes. Et c'est pour cela que l'illustration des recueils de Claire et Ivan m'intéresse autant que les poèmes eux-mêmes. Robert Delaunay, George Grosz et Fernand Léger, artistes pour lesquels peindre est une fonction de tous les sens , avaient délimité quelques-unes des images de " Le Nouvel Orphée ". C'est à Chagall que fut dévolue l'illustration des " Poèmes d'Amour " (1925). Il nous montre Claire et Ivan, mêlés dans un dessin aux lignes pures, puis dans une ellipse que ferme tout un monde, une tour Eiffel que couronne, comme une double étoile noire, deux visages préparant, dans notre univers, une éclatante rentrée.... Puis le geste d'une consolation nue et plus loin le masque androgyne commençant à rouler comme les satellites inquiets d'une beauté toujours immuable.... Dans " Poèmes de la Vie et de la Mort ", deux tragiques radiographies et dans les " Poèmes de Jalousie " quelques eaux fortes de Foujita, pleines d'une mollesse dont l'art s'allie avec cette préciosité un peu voulue qu'affectionnent certaines des images des Goll.

Ouvrons les " Poèmes d'Amour ".

Ivan : Tes cheveux sont le plus grand incendie du siècle...

            ... Trompés par l'or faux de l'aurore

            Les oiseaux sont rentrés

            Désespérés...

            ... Tu es la nymphe échappée des bouleaux

            A tes pieds d'or se suicident les chiens...

            ... Parfois mon coeur mort crie dans la nuit...

            ... La nuit ta chevelure orange illuminait

            Le vieux château du ciel

            Jusqu'aux tours de Saturne...

            ... Depuis que je ne t'aime plus je t'aime...

            ...Des arbres de douleur gantés de rouge...

Lyrisme pur, nourri d'aliments modernes . Le vocable ancien, le matériel prosodique est changé. Voici le tramway, l'autobus, le métro, comme les constellations d'un nouveau ciel. Au milieu de cette terre inconnue, se confiant un amour très pessimiste, ils échangent, à la fin, des compliments naïfs tels que " ton coeur est comme un abricot " ! Le symbole de la chevelure attire Goll aussi, mais c'est une chevelure concrète dont il nous révèle les brûlantes colorations. Enfin, c'est ce lyrisme, non pas le lyrisme souterrain, intérieur, tel celui de Paul Eluard par exemple, mais un lyrisme de surface, dont les éléments appartiennent aux choses qui nous entourent, lyrisme immédiat qui naît toujours, comme l'électricité de deux objets la contenant déjà, en l'ignorant. Et la note féminine nous est donnée par Claire, avec la pitié profonde que recèlent ces beaux vers :

J'arrache mes premiers cheveux blancs

Les oiseaux en feront leur nid...

.... Dès que tu pars

Je crainte l'ange cycliste

Avec le télégramme de la mort...

...Car même de l'étreinte de la mort

Mon coeur immortel reviendra vers toi !

Ici, je crois que Claire Goll a poussé loin la réussite. Avec d'aussi simples éléments, elle nous oblige à une réflexion pleine de découvertes. Magnifique écrivains d'images, elle pousse, jusqu'à l'extrême de la clarté, leur intensité et leurs associations. Habileté très aiguë qui nous offre de réelles conquêtes à la lisière de ce monde mystérieux où commence la vraie et inexplicable poésie. Certaines de ces images nous satisfont même trop complètement pour que nous puissions les dire très poétiques, il leur manque de la folie... mais Claire, comme Ivan, y suppléent par une violente passion qui s'exprime en pures révélations, pleines de charmes et écrite dans une langue originale et tendue, jusqu'à ce cri de Claire que nous attendions depuis le début du livre de.

Car même de l'étreinte de la mort

Mon coeur immortel reviendra vers toi.

Les " Poèmes de Jalousie " me satisfont moins complètement. Cette jalousie est, à vrai dire, trop galante, trop fleurie. Benserade en colère... Certains tics, certains clichés que je retrouve dans Cocteau. Les voix sont toujours aussi pures, elles montent dans un violent désarroi. L'humanité des poèmes, tout de même existante, ne semble me masquée par des bariolages presque sportifs, évoquant, avec un certain déplaisir ému, le Boulevard et la Rotonde...

Claire : Je suis jalouse de la rue

              Et de tes pas en ut-mineur...

               .... Tu étais la Colonne Vendôme

               A laquelle je m'appuyais...

Voici par contre, de très beaux vers :

Yvan : Dans l'arbre rouge de tes veines

              sont perchés mes oiseaux de rêve

              ... Je vis ta vie tandis que tu la rêves...

Et cette sincérité, entachée parfois d'un désir trop grand d'originalité, je la retrouve dans les "Poèmes de la Vie et de la Mort".

Claire : Voici dix ans que tu m'aimes

              Dix ans qui furent dix minutes !

             Mais je te vois toujours pour la première fois....

Claire a la hantise de la mort, elle craint la pourriture et surtout la léthargie trompeuse qui peut ménager un terrible réveil au sein des territoires de la mort :

            Quand je serai morte

            fais embaumer mon corps :

            Sinon les bêtes sans patrie

            Viendraient coucher dans la sciure d'or de mes cheveux

            - Quand  je serai morte

            Fais couler du blanc formol dans mes veines

            Pour conserver leurs souvenirs...

            ... J'attends la mort

            Comme un enfant ses vacances...

Enfin, quelques très beaux vers :

Claire : Je n'aurai qu'à te regarder

               Pour que l'aurore monte dans mes joues

Ivan :   Ombre parmi les ombres,

               Que chassent les saisons

               Jusqu'à la proche tombe.

  Depuis lors, cédant au goût du jour et aux nécessités tyranniques, Ivan et Claire Goll ont quelque peu délaissé la poésie. Ils sont devenus de grands romanciers. Mais ils n'ont pas démissionné, et quelques poèmes, parfois, tombent en rosée claire sur leurs carnets. S'en tiendraient-ils à leur oeuvre déjà publiée, qu'ils auraient droit à une place de premier plan dans notre histoire poétique moderne. Si, dans ces pages forcément succinctes, j'ai pu en fixer le témoignage, j'estimerai mon travail profitable sinon digne des oeuvres présentées.

Ce long article critique paraîtra à nouveau en 1936 (à quelques mots près, daté 1932 ?) dans un livre intitulé "Balises"- La Pipe en Ecume,  Paris.

[6]                                  Manège

Pauvre musique de faubourg,

Qui t’arraches la valse d’entailles déchirées,

Si fatiguée que tu radotes sous la pluie

Ton histoire vieille comme le monde.

Pourtant tu fais tourner les enfants sales

Sur des aéroplanes de bonheur

Et dans des carrosses dorés de soir !

Mais la rue alentour

S’est mise à pleurer:

Les femmes de cire du coiffeur fondent,

Les belles du photographe jaunissent sous la pluie,

Et la tristesse

S’assied dans un coin du café

Et n’en bougera plus jamais.

Cette même tristesse qui comme une putain

A décidé de s’asseoir dans mon cœur

Et d’y mourir.

                                                                       Ivan Goll.

[7] cette édition reprend des textes de Poèmes d'Amour 1925,  parfois retravaillés,  des textes de Poèmes de Jalousie,  des textes de Poèmes de la Vie et de la Mort et quelques nouveaux poèmes.

[8]                                  Nos deux corps blancs

                                   Dorés par la lune

                                   Descendent le fleuve lent de la nuit.

                                   A peine le vent aux mains pâles

                             Soulève nos âmes.

                                   Nous longeons les jardins de l’éternité         

                                   Où dorment les oiseaux et les dieux.

                                   Parfois l’on entend

                                   Une anémone s’ouvrir

                                   Ou une étoile tomber

                                   Comme une mouche brûlée...

                                   Côte à côte nos corps descendent

                                    Le fleuve de mercure

                                    Dont on ne sait plus

                                   S’il est la vie,

                                   S’il est la mort.

[9] Ivan Goll est le célèbre auteur d'A bas l’Europe,  Sodome et Berlin,  etc.. C’est un poète bilingue  (franco-allemand)

[10] Suite à des problèmes juridiques, la correspondance Iwan Goll - Paula Ludwig:  Ich sterbe mein Leben, ne sera publiée qu’en 1993,  chez Limes .

Il sera souvent fait référence à cet ouvrage et aux commentaires de Barbara Glauert en reprenant simplement ces 4 initiales : IsmL

[11] "Georges Manfred avait invité les gens les plus en renom à une discussion sur le "drame contemporain ",  le drame didactique:  il y avait Brecht,  Döblin,  Diebold,  Faktor,  Herzfelde,  Wolfenstein,  Willy Haas,  Kersten,  Guilbeaux,  Cranach,  Carola Neher,  Marino,  Werner Hegemann,  etc.…Rien que des chefs de file. Brecht dont on a représenté récemment un drame didactique communiste "Die Massnahme ",  et qui affrontait ces artistes et ces critiques,  pour la plupart libéraux,  avec une superbe et une ironie que j’admirais,  prit la parole. La discussion déviait sans cesse et s’éloignait du sujet,  c’était un chaos incroyable d’idées,  de thèses différentes. On n’arrivait pas à y voir clair. Et comme s’était bienfaisant pour moi,  qui ne pris pas la parole,  d’observer cet abîme de sottises émanant de porte-plume les plus lus !  Seul,  Brecht était supérieurement brillant.… "'p..58-59-60) dans:  Claire Goll & Iwan Goll,  Meiner Seele Töne, Scherz,  1978. Cette correspondance d’une importance capitale est d’abord parue chez F. Kupferberg en 1966 ; dans cette nouvelle édition elle est accompagnée de remarquables commentaires de Barbara Glauert. La traduction de ces lettres due à Claire Goll reste inédite à ce jour.

[12] ... J'ai aussi fait la connaissance de Paula Ludwig . Etrange fille de paysans, son père fabriquait des cercueils; une tête un peu "bois gravé", mais une belle âme ? Elle évolue lentement et devient peu à peu une Lasker-Schuler chrétienne  . Elle a aussi un fils de 13 ans, qui vit dans une colonie scolaire au bord de la mer . Enfant illégitime . Elle a été femme de chambre, modèle à Münich, souffleuse ; à présent, elle écrit des poésies dédiées à son petit garçon . Et quelle modestie dans la pauvreté !

Remarques-tu quelque chose dans mon écriture ? J'écris avec le pouce et le majeur, car mon index droit est malade de nouveau ; grosse bosse de pus, cataplasmes et toute la suite . C'est ainsi que je devrai écrire les scènes de "Germaine" ( Berton ).

Beaucoup de tendresse de ton Ivan .

[13] Chère Suzu,

Que ta dernière lettre était merveilleuse ! Si sûre et si compréhensive. La voix de ton cœur est un alto apaisant . Oui, je suis maintenant très bien installé chez Paula Ludwig . Elle m'a très bien soigné pendant ma maladie ...

[14] ( il lui déconseille de venir à Berlin ) ... Je me propose de ne plus coller aussi étroitement à Paris, de me déplacer beaucoup plus qu'auparavant, de voyager beaucoup au printemps et en été . Puisqu'aucune profession fixe ne m'enchaîne, Dieu merci .

L'avenir idéal, voici comment il m'apparaît : milieu d'avril, toi et moi, encore en Allemagne . Ensuite, deux ou trois semaines à Paris . Pas plus . Et un grand voyage d'été, aux eaux ou à la mer . Durant des mois .

[15] Comité de lecture:  C. Arnaud,  P. Bourgeois,  M. Carême,  Géo Charles,  P. Dermée,  H. Fagne,  P. Flouquet,  C. et Y. Goll,  G. Linze,  Géo Norge,  A. Salmon,  H. Vandeputte,  E. Vanderkammen,  R. Verboom,  P. Werrie.

Le numéro du 27 juin 1931 comporte la première table alphabétique de tout ce qui est paru dans Le Journal des Poètes jusqu'à cette date.

[16] Sous ta poitrine de ciment,

Sous tes paupières de fer,

Ville narcotisée,

J'entends ton sang qui bat .

J'entends tes femmes qui chantent,

Sources chaudes souterraines ;

Tes escaliers qui pleurent

Et tes morts aux lèvres plombées .

Il y a les hommes qui se réveillent

Au milieu de la nuit,

Soudain ils comprennent

Qu'ils ont oublié de vivre .

Des rues désespérées

Courent en vain après le ciel

Et tremblent

De tous leurs réverbères . 

Est-ce toi, solitude ?

Qui grelottes sur la Place

Dans ton manteau de vent,

Prostituée qu'aime un poète ?

Un autobus malade

Transporte les soucis des gens

De l'aube au soir et retour

Sans jamais calmer son angoisse .

Quelquefois une porte

Restée ouverte

Comme la bouche d'une morte ...

Je suis son dernier confident .

[17] c'est l'histoire de la traduction d'Anna Livia Plurabelle de Joyce à laquelle ont participé E. Jolas,  I. Goll

[18]                                                                                                          Paris, 15 nov. 31

Lisl,

J'ai donné aujourd'hui ta bague à quelqu'un d'autre .           J'ai compris qu'elle ne signifie aucunement l'amitié, et j'ai honte de l'avoir portée pendant quatre ans comme symbole d'une erreur .

            Je ne te la renvoie pas, car je ne veux pas que cette bague, qui contient en elle beaucoup de mon être, risque d'être donnée à quelqu'un qui la mérite encore moins que moi .                                                                                                                                                                           Ivan Goll

[19] :  Le coeur d’Alfred Wolfenstein,  J.S. Bach jouant de l’orgue la nuit d’Oscar Loerke,  Pour Hilda de Jacob Haringer,  Mort argentée de David Luschnat et Poème,  de Paula Ludwig.

                                   Poème

Je ne sais jouer que de la flute

Je n'ai que cinq sons….

Mais quand je la porte aux levres

Les caravanes rentrent du désert

Et les oiseaux de leurs sombres ciels.

Les pêcheurs se hâtent sur le rivage

Et le soir parfumé déjaisse les Orients du matin.

Adossée à l'érable

Dans l'ombre du lierre

J'envoie ma chanson à ta recherche

                        Traduction d'Yvan Goll

Ce n'est pas la première fois que les noms d’Ivan et de Paula sont juxtaposés ; leur aventure amoureuse date de février 1931 et restera constante et passionnée jusqu’au départ d’Ivan et de Claire Goll pour les U.S.A. en août 1939

[20] Geo Charles . La représentation de votre "Mathusalem" à Bruxelles, mon cher Ivan Goll, nous a fourni l'occasion d'apprécier, une fois de plus, une oeuvre du "Théâtre poétique moderne ". Cette formule exprime assez bien la tendance et le mouvement de ce théâtre dit - toujours -"d'avant-garde ",  bien qu'il ait pris naissance longtemps avant la guerre. Je range sous ce signe :"Ubu Roi ",  de Jarry, "les Mamelles de Tirésias ",  d'Apollinaire, certaines pièces de Ribemont-Dessaignes, et justement ce "Mathusalem ".... Pourriez vous préciser votre conception personnelle quant à "l'esprit" poétique de cette oeuvre ?

Ivan Goll : J'estime que toutes les pièces que vous venez d'énumérer sont avant tout, en effet, des oeuvres de poètes que j'opposerai aux auteurs dramatiques. Comment les distinguer par une formule ? Ceux-ci excellent à copier la vie au théâtre, tandis que les poètes ont avant tout le désir de recréer la vie. Ils ne veulent pas du tout en donner, par exemple, une image exacte, mais plutôt révéler la signification profonde des faits et des paroles qui unissent les personnages dans une action.

Géo Charles : Et créer des prototypes ?

Ivan Goll:  Oui. "Mathusalem ",  par exemple,  c'est l'éternel Bourgeois. Il ne parle pas la langue courante du théâtre habituel et conventionnel. Il dit des phrases,  les phrases-types que chaque bourgeois,  dans n'importe quel pays,  répète suivant sa prononciation . L'action de la pièce n'est pas individuelle et unique : le cas est applicable et nettement imputable à tous les bourgeois du monde entier.

Geo Charles : Et rien de plus banal que les propos d'un tel héros ! 

Ivan Goll :"L'expression" en est apparemment banale,  mais avant tout elle est vraie. Et cette transposition du "vrai" me rappelle une autre formule,  celle de "surréaliste" dans le sens où Apollinaire l'entendait..

Vous savez, n'est-ce pas, qu'il inventa le vocable "surréaliste" pour désigner précisément" Les Mamelles de Tirésias ",  que vous citiez un instant parmi les pièces du théâtre poétique.

Geo Charles: En effet,  c'est d'ailleurs dans la revue "Surréalisme" que vous avez dirigée que Pierre Albert-Birot a fixé ce point d'histoire de la façon suivante :" … Quant au mot "surréalisme ",  nous l'avons, Apollinaire et moi, choisi et fixé ensemble . C'était au printemps 1917, nous rédigions le programme des "Mamelles ",  et, sous le titre, nous avions d'abord écrit" drame" et ensuite je lui ai dit : ne pourrions-nous pas ajouter quelque chose à ce mot, le qualifier, et il me dit en effet, mettons "surnaturaliste ",  et aussitôt je me suis élevé contre surnaturaliste qui ne convenait point au moins pour trois raisons, et naturellement, avant que j'eusse fini l'exposé de la première,  Apollinaire était de mon avis et me disait :"Alors mettons surréaliste ". C'était trouvé. "... La lettre d'Apollinaire à Paul Dermée écrite également en 1917, et reproduite dans la même revue, confirme les souvenirs de Birot..."Et vous Goll, rangez-vous "Mathusalem" sous la même formule ?

Ivan Goll: Mon Dieu,  si une formule est nécessaire ! 

Geo Charles : nous appelons les pièces de ce théâtre – et "Mathusalem"-- poétiques. Certaines de ces oeuvres, et particulièrement la vôtre, présentent un curieux mélange de poésie et de prosaïsme...

Ivan Goll : J'attendais cette objection. J'ai donné à chaque personnages la langue de son âme. Ainsi la jeune fille, Ida, sent et parle en vers, et je ne crains pas de lui prêter les images les plus lyriques, comme dans les pièces en alexandrins. Par contre le frère voué aux affaires modernes, n'emploie que le style haché des appareils Morse. Et ainsi de suite.... Mais le langage truculent et terra à Claire

terre-à-terre du père n'est pas moins poétique que celui de sa fille, s'il crée l'atmosphère élémentaire du personnage.

Geo Charles : Vous confirmez l'impression que me laisse la représentation de Bruxelles. Du lyrisme pur, cette réplique d'Ida :

" je ne connais plus d'autre jour que celui-ci

ou des narcisses remplacent l'herbe des gazons

le soleil est un chrysanthème que tu m'offres,

ton front pâle est une tour d'Ivoire

sur laquelle je monte pour voir le monde.

C'est toi qui bâtis les villes apocalyptiques,

les temples d'Asie et les docks d'Amérique,

les places portent toutes ton nom,

les horloges sonnent à chaque heure ton nom

et les navires en mer

ne sont partis que pour te voir. "

Ce poème pourrait très bien être tiré des "Poèmes d'Amour" que vous avez publiés avec Claire Goll

Claire Goll: Oh,  je n’accepte que les poésies qui me sont adressées personnellement !

Ivan:  Mais tout ce que j’écris,  s’adresse à toi. Pour qui écrit-on, par qui veut-on être compris,  sinon par l’être qu’on aime et dont on veut être admiré ?

Claire:  Tu me trompes !

Ivan:  Avec toi-même !

Geo Charles: Je pense que vous allez faire dévier,  publiquement,  en "scènes de ménage ",  vos beaux "Poèmes d'Amour "Au fait,  si vous continuez,  je pourrais dire que vos poèmes d’amour ne sont pas autre chose … finalement ! !

Claire:  Eh bien,  vous donneriez une belle idée de notre poésie !

Ivan: Mais,  Claire,  après tout,  je ne serais pas éloigné de croire que dans les poésies d’amour de tous les temps,  les poètes ne sont occupés qu’à exprimer à leur amante des reproches,  et sous forme de compliments,  des sottises.

Geo Charles:  Qu’en pensez-vous Claire ?

Claire: Pour moi il n’existe qu’une sorte de poésie,  celle de l’amour. Une femme ne doit chanter que l’amour. Ce n’est que par l’amour qu'elle participe de la vie du monde. Les seuls poètes que je relis toujours,  que je comprends et que j’éprouve jusqu’au fond des moelles sont Marceline Desbordes-Valmore et Elisabeth Barrett-Browning.

Geo Charles: L’essence de leur poésie est la souffrance.

Claire: L’essence de l’amour est la souffrance.

Ivan: - Peut-être y a t - il là comme une accusation ?

Claire:  Non,  c’est une déclaration d’amour. Géo Charles notez vite. Je prétends que c’est celui-là (qui me fait tant souffrir) qui m’a faite poète. Je lui dois d’avoir appris à exprimer en vers cette affection que toutes les autres femmes expriment en soupirs.

Geo Charles: Vous avez su prolonger à deux - en des oeuvres toujours lyriques et en des "Poèmes d’amour" que je relis avec une joie critique sans cesse accrue - votre amour de la Poésie. Votre double rêve a su se réaliser et se poursuivre en cette époque si bassement matérielle,  si misérable,  selon un rythme de beauté et d’idéal !

Ivan:  Ce rêve nous sauve !  Tout ce qui se passe en dehors de lui et de notre amour devrait nous laisser indifférents. Nous sentons confusément que les soucis du jour sont des soucis bien lamentables,  mais aussi passagers. Les époques où l’humanité a faim,  reviennent toujours. Cette fois,  sa détresse provient de sa bêtise. Mais passons. Parlons d’amour qui est la seule raison d’être et qui est éternel. Thème peu actuel Thème qui le redeviendra au prochain printemps,  soyez-en sûr !  Sinon,  dans cent ans. Et il vaut mieux avoir raison dans cent ans que l’année prochaine. La vérité se mesure par siècles.

Je laisse Claire et Ivan,  assis en leur jolie terrasse d'Auteuil, dont j'aime tant caresser les feuilles. Lui, grappillait les raisins qui pendaient au vieux cep qui épouse la grâce de la balustrade, elle, appelait une demi-douzaine de pigeons blancs et leur donnait à manger dans sa main pâle.... Les deux silhouettes, les bêtes et les choses, se composaient en des attitudes qui me sont familières depuis longtemps... en cette petite terrasse du jardin automnal d'Auteuil qui m'apparaît toujours comme un carrefour rustique où la vie et la poésie viennent s'unir.

Geo Charles.

[21] _Première traduction américaine de "Une Perle "

[22] "par l'outrance clownesque,  la fantaisie d'Ivan Goll provoque aisément le rire ; on ne saurait le situer trop près d'un Max Jacob,  d'un Cocteau sans doute,  mais surtout il réussit assez facilement à introduire dans le développement lyrique les procédés brusques et enfantins de quelque film cinématographique ".

[23] Ce texte a été donné en représentation publique par Charlotte Köhler pour la première fois le 22 avril 1931 au Stadsschouwburg d’Amsterdam. Devant le succès,  il fut repris et redonné en présence d’Ivan Goll le 21 novembre 1931

[24] Ce numéro comporte 6 pages: la page 3 est intitulée : UNE EXPRESSION POETIQUE DU MONDE ou l'aventure d'un hebdomadaire belge Table alphabétique des 24 premiers numéros de la seconde série 1931-1932 .

1. Poèmes. 2. Etudes et critiques . 3. Interviews . 4. Pages étrangères . 5. Enquêtes . 6. Poésie ethnique . 7. Divers .

Page 6,  compte rendu de la première réunion littéraire des Amis du Journal des Poètes tenue le 17 mai au Café du Bel-Air,  avenue du Maine:  présidence assurée par Paul Dermée en présence de Salmon,  Gans,  Gueguen,  Gyssord,  Pilchard,  Gonzague-Frick,  Launay,  Follain,  Seuphor,  Dermée,  Goll,  Fondane,  Madeleine Israél ( secrétaire du groupe parisien ) qui sont tous intervenus au cours des débats . La prochaine réunion,  le jeudi 9 juin sera consacrée à la jeune poésie espagnole .

Page 6 également,  un article de Charles Plisnier:  Révisions:  Le salut dans la fuite (adressé à Breton et à ses amis surréalistes) extrait:  "Pour moi la chose est assez claire . Le Surréalisme est seulement une maladie secrète dans le cerveau de la bourgeoisie,  une hantise de suicide,  une tache de folie,  cette angoisse du paralytique général qui croit toucher le point le plus aigu de la lucidité mais qui ne sait pas si demain il va trouver une lumière nouvelle et étonnante ou s'asseoir dans une petite voiture .

Vraiment la révolution n'a rien à voir avec cela . "

[25] "Ein Jahresgedicht der Liebe ". C’est Iwan le dunkel Gott et c’est en réponse à ce recueil de Paula que Goll écrit le magnifique chant d’amour que sont ses "Chansons Malaises ". Voir la correspondance Paula Ludwig - Goll  (Briefe 1931-1940) Limes Verlag 1993.

[26] Cinq poèmes en allemand:  Fremd et Grammatik der Gefühle p.219,  Liebesgedicht p.259,  Vision den toten Vaters p.290,  Weltbürgers Wanderlied p.207.

[27] Cette revue éphémère ne paraîtra que 3 fois:  n° 1 / n° 2 / n° 3-4. Principaux collaborateurs: Céline Arnaud,  Hans Arp,  Jacques Baron,  Gottfried Benn,  Georgette Camille,  Paul Dermée,  Robert Desnos,  Pierre Drieu-La Rochelle,  Léon-Paul Fargue,  Jean Follain,  Benjamin Fondane,  Claire Goll,  Eugène Jolas,  Marcel Jouhandeau,  James Joyce,  D.-H. Lawrence,  Jean Painlevé,  Raymond Queneau, Man Ray,  Georges Ribemont-Dessaignes,  Jules Supervielle,  Roger Vitrac. cote:  USGdo:  Ai-28/10/97

[28] Une photo de Claire Goll devant une station de Métro sur toute la page de couverture avec en surimpression "Chanteuse de Rues" un reportage par Claire Goll et le reportage en page 7 avec 5 photos en situation .

[29] p.14 et 15 : Chanteuse de Rues par Claire Goll avec 2 photos en situation .

[30] Ce texte est une version poétique de son roman "Die Eurokokke "mais,  à ce point différente que Claire Goll a fait une traduction française,  L'Eur