Claire & Yvan GOLL

01 octobre 1999

Biobibliographie Yvan Claire Goll 1924 à 1930

Surréalisme [1] n° 1 - Octobre 1924 - Directeur Ivan Goll, collaborateurs : Guillaume Apollinaire, Marcel Arland, P. Albert-Birot, René Crevel, Joseph Delteil, Robert Delaunay, Paul Dermée, Ivan Goll : Manifeste du Surréalisme & Exemple de Surréalisme : le cinéma, Jean Painlevé, Pierre Reverdy - 16 feuilles - 26 cm., avec une illustration de Robert Delaunay

Paris 27, rue Jasmin.

Le Journal Littéraire n° 26 - 18 octobre 1924 : Surréalisme et surréalité [2]

Montparnasse, 9ème année (nouvelle série) n°37 - Mensuel, 1er nov. 1924.

Dir. Géo Charles. Ivan Goll :* Assez (14 vers)

La Revue Européenne II - n°21 - 1er nov.1924

Tibor Déry : La grande vache , trad. Illyés + Goll

Das Dreieck. Jahrgang 1, Heft 3, November 1924 Monatsschrift für Wissenschaft, Kunst und Kritik. Hrsg. von Walter Gutkelch, Jo Lhermann.

Mit Beiträgen von Gustav Landauer, Claire und Ivan Goll : Poèmes d'Amour p.79, Ernst Blass, Egon Erwin Kisch, Léo Lania, Günther Stern, Albert Ehrenstein u.a.

Berlin : Dreieck Verlag Gerhard Fuchs. 1. 1924

Le Mouvement Accéléré , Mensuel - Organe accélérateur de la Révolution artistique et littéraire 2 ème année — Novembre 1924 . Directeur : Paul Dermée . Collaborateurs :

Céline Arnauld , René Crevel , Paul Dermée: Pour en finir avec le Surréalisme, Ivan Goll: Surréalisme jusqu’au bout , Armand Henneuse , Vincent Huidobro , François Kupka , Francis Picabia , G. Ribemont-Dessaignes , Eric Satie .

Pour en finir avec le Surréalisme

Oui, le fer fut engagé à propos du Surréalisme. M. Breton s'était éveillé, un beau matin de cet été, ébloui d'une trouvaille qu'il avait fait en rêve: un mot : « Surréalisme », et une théorie de l'inspiration !

On sait que les rêves nous dupent souvent et nous font prendre pour trouvaille ce qui n'est que larcin .

M. Breton, très malin, mais fort suffisant, feignit de croire à son rêve et redécouvrit donc le Surréalisme . Beau tremplin de publicité en vérité !

Ouais ! Mais et le mot, et la théorie, et la poésie qui en résultait, nous étions plusieurs à les avoir trouvés ou pratiqués depuis longtemps . Dès 1917, Apollinaire avait pris pour son œuvre l'épithète « Surréalisme » .

La longanimité est sans doute de mise avec les mégalomanes. Mais à certains moments il est utile de leur délivrer un petit uppercut comme avertissement.

En voici un, porté dans les colonnes du Journal Littéraire , du 30 août dernier, qui , paraît-il, a mis la mâchoire de M. A. B. en très piteux état . Il n'avait pas voulu cela !

Paris, ce 26 août 1924:

Cher monsieur,

M. Breton m'est témoin que j'ai systématiquement évité, jusqu'à présent, d'ouvrir les hostilités contre lui, malgré les notes tendancieuses qu'il faisait passer dans les journaux.

J'avais, moi aussi, effectué un repli de 10 kilomètres afin d'éviter les escarmouches d'avant-postes. Car j'étais et je reste persuadé que la cause de la poésie nouvelle n'a rien à gagner à ses querelles publiques, et je proclamais dans le premier numéro d'Interventions :

« L'ennemi n'est pas à gauche ! »

Mais puisque la guerre est déclarée, hardi ! Je la mènerai brutalement. M. Breton sait que je n'ai peur de rien ni de personne, et que je n'ai aucun intérêt à ménager.

Tout d'abord, je trouve suprêmement ridicule de vouloir, ainsi qu'il le fait, accaparer, quand cela lui chante, un mouvement de rénovation littéraire et artistique qui lui est bien antérieur et qui dépasse de beaucoup en ampleur sa petite personne agitée.

C'est pour donner une nouvelle impulsion à ce mouvement, qu'avec mes amis Ozenfant et Jeanneret, j'ai créé, en 1920, la grande revue L'Esprit Nouveau. Et je me suis appliqué, depuis lors, à maintenir en vigueur le terme de surréalisme qui, je le croyais, pouvait échapper aux petites polémiques de chapelle.

Depuis un an, je recherche méthodiquement, au cours d'une série d'études que publie L'Esprit Nouveau, en quoi Baudelaire, Poe, Borel, Lautréamont (et bien d'autres plus importants encore qui auront leur tour) sont les annonciateurs de la poésie nouvelle.

Et c'est à ce moment que M. Breton, trouvant les marrons cuits à point, prétend les retirer du feu ! Il s'y brûlera les pattes, je l'en avertis.

Asphyxié par le cadavre de Dada, qu'il a tué par sa cautèle arriviste et son petit esprit d'intrigue, M. Breton cherche en vain une bouffée d'air pur. En vain ! L'aventure se renouvellera sans cesse : M. Breton est condamné à vivre sur des cadavres.

Mais sa sotte vanité ne trouvant à se satisfaire ni par un lyrisme intérieur, dont il est tristement privé, ni par une vie aventureuse à laquelle sa pleutrerie ne peut se décider, M. Breton se console en arborant agressivement de fausses décorations.

Il prétend capter après coup le Mouvement Dada, qui, créé en Suisse par Tristan Tzara [ et Francis Picabia ( censuré ) ] existait depuis cinq ans lorsqu'il lui apporta son humble adhésion.

Il prétend posséder en monopole, à la faveur de vagues notules, et Lautréamont (réimprimé dès avant la guerre par Vers et Proses, et si lu, si discuté à Montparnasse dès 1914 , et Borel (dont M. Pierre Marie a donné il y a plusieurs années, une si remarquable biographie, en même temps qu'une réédition soignée, — M. Breton l'ignorerait-il ? ) et Verlaine, et Germain Nouveau et tant d'autres... Ceci n'est-il pas vrai, est tout bonnement grotesque.

Enfin, où M. Breton a-t-il pris les caractères du surréalisme qu'il veut bien nous révéler dans sa lettre ? Mais tout simplement dans mon étude : Découverte du Lyrisme (« Esprit Nouveau », octobre 1920), dont il reproduit les termes mêmes... ce qui ne va pas sans me flatter...

Et ce n'est pas tout : j'aurais bien d'autres choses à dire... Mais permettez-moi, cher Monsieur, de ne point abuser de votre hospitalité.

Tout ce que j'avance dans cette lettre est malheureusement vrai. Mais il aurait fallu de multiples notes pour éclairer la critique , qui n'y regarde pas de très près .

On fait donc déjà honneur du Surréalisme à M. A. B. Toutes mes félicitations, chers confrères de la critique des journaux et même des petites revues . Tout l'honneur est pour vous .

M.A.B. a pissé sur la mariée, nous n'en voulons plus. A lui donc le mot surréalisme, et que le bonheur habite la couche des époux. Nous sommes sûrs que M. A. B. ne lui fera pas d'enfant .

Mais notre mésaventure n'est pas grave car M. A. B. s'est simplement laissé pipé par un mot .

Ma théorie du lyrisme, dont il a pillé un chapitre, — le seul qu'il a connu sans doute, — il en a fait tout au plus grimacer grotesquement un coin de lèvre . Quant au reste, il n'en a rien soupçonné .

Elle reste indemne , donc , ma théorie du Panlyrisme .

Quant à l'essence et aux ressources de la poésie nouvelle , l'aventure est plus amusante encore .

M. A. B. n'a vu que certains aspects qu'il a raclés à la hâte, dans toutes les oeuvres, pour en composer un plat de poissons pourris .

Mais, pauvre Monsieur, une œuvre publiée, c'est déjà du passé, une étape franchie, un feu de campement qui s'éteint . Décidément, vous serez toujours en retard d'une bonne journée !

Nous , nous laissons à leur maigre gîte et à leur fatigue les traînards du surréalisme .

Nous jouons sur le trottoir roulant du Mouvement accéléré . PAUL DERMEE

Ivan Goll nous écrit : Surréalisme jusqu’au bout

Mon cher Paul Dermée ,

La revue « Surréalisme » a été fondée dans l'unique but de conserver à la poésie nouvelle la véritable marque de celui dont on peut à juste titre dire qu'il en fut l'annonciateur : Apollinaire. En effet , il a , après Rimbaud , donné à la France ce lyrisme transcendant , qu'elle n'avait pas connu depuis des siècles . Et il est important de lui attribuer, à lui , la gloire d'avoir trouvé le mot magique par lequel on évoquera tout ce que la poésie d'aujourd'hui et de demain peut représenter : surréalisme . Ce mot a été défini dans le n°1 de Surréalisme . Tout le monde sait , que d'autres ex-disciples d'Apollinaire , utilisent ce mot pour des fins tout autres ; ils fondent un syndicat d'initiative pour l'enseignement du génie poétique : modes d'emploi , recettes , réussite , garantie . Nous ne reviendrons pas sur cette question que tout le monde connaît . Plus tard les deux surréalisme se confronteront . Les deux , en effet , il n'y en a que deux . Les courriéristes se trompent qui les comptent d’après les revues qui paraissent . Et le compte promet d'ailleurs de se faire plus facile encore , puisque voici que vous , Paul Dermée abandonnez . C'est votre affaire . Vous me dites bien , que vous ne vous désolidarisez pas du « Surréalisme », mais vous ne vous appellerez plus ainsi . Vous avez tort . Dans un récent article du "Journal Littéraire" je vous appelai un héritier du patrimoine d'Apollinaire , de son surréalisme . Devant votre carence , je me sens d'autant plus qualifié pour tenir à jour le compte Surréalisme .

Ivan Goll.

post-scriptum Accéléré. — Ivan Goll sait que nous n'abandonnons qu'un mot . Mais la réalité ou surréalité — qu'il couvrait de son pavillon , nous y courons au contraire au pas accéléré .

Quant au « patrimoine » d'Apollinaire , nous tenons dès aujourd'hui à formuler des réserves . Non , Apollinaire n'est pas un dieu terme . C'est une borne milliaire qui est déjà loin derrière nous . Par delà Apollinaire , en avant !

PAUL DERMEE

Die schöne Literatur Jg. 25, n° II, 15 nov. 1924

p. 441 : Iwan Goll, Satirisches Drama Methuselem.

C.A.P. I - 1924. Critique, Art, Philosophie. Bulletin mensuel d'Art et de Littérature.

Directeur : Maurice Hiver. Ivan Goll : Printemps de Londres p. 3

Paris. 1. 1924 - 4. 1927.

Das Tagebuch 5 - 1924 Iwan Goll : Prozess Germaine Berton p.9-10

Das Tagebuch 5 - 1924 Iwan Goll : Pariser Theater II : Die Avantgardisten Theater

p. 149 à 152

Das Tagebuch 5 - 1924 : Iwan Goll : Pariser Chansons. p. 633 à 635

Die Kassette - 1924 : Cahier spécial Georg Kaiser. Iwan Goll : Georg Kaiser, Dynamit p.7

Le Disque Vert 2è année n°4-5 - 1924. Revue mensuelle de Littérature, Directeur Franz Hellens - Numéro spécial Charlot (Charlie Chaplin).p.71-72 Paul Fierens : Charlot little titch et la poésie. Bruxelles

L'Arc -[3] anthologie,

p. 73, Claire Goll : * Gedicht & p. 74, Ivan Goll : * Angelus in Paris

Les Editions de L'Arc, 1924

Verse der Lebenden. Deutsche Lyric seit 1910. (211 p.)

Herausgegeben von Heinrich Eduard Jacob.

Johannes R. Becher, Gottfried Benn, F.W. Bischoff, Ernst Blass, Paul Bold, Bertolt Brecht, Georg Britting, Max Brod, Rudolf Fuchs, Iwan Goll : * Die Bürgering, Die Kindsmörderin, Frühling p.77-78-79 ; Hasenclever Walter, Heym Georg, Jacob Heinrich Eduard, Klabund, Klemm Wilhelm, Landau Lola, Loerke Oskar, Mayer Paul, Neumann Alfred, Rheinhard Emil Alfons, Schickele René, Schnack Anton, Schnack Friedrich, Stadler Ernst, Trakl Georg, Wegner Armin T., Weiss Ernst, Werfel Franz, Wesse Kurt, Wolfenstein Alfred, Zech Paul, Zoff Otto .

Im Propylaën-Verlag. Berlin 1924

Zweite, durchgesehene und ergäntzte Auflage (214 s.) Im Propylaën-Verlag Berlin 1927

Dritte durchgesehene und ergäntzte Auflage (232 s.)Im Propylaën-Verlag. Berlin 1932.

Iwan Goll : * Der Eiffelturm, Gesammelte Dichtungen.

Der neue Orpheus (1923), Paris Brennt (1921), Astral (1917), Noemi (1915), Der Panamakanal, (1912), Die Chaplinade (1920) [4], Lyrische Dichtungen : A) Drahtlos vom Eiffelturm ( neue Gedichte) : Ode à Paris (1918), Ode à Berlin (1918), Ode an London (1923), Für eine neue Mythologie (1923), Des Dichters Tod, Süd, Katze, Frau auf dem Boulevard, Kölner Dom, Der letzte Romantiker; B) Erinnerungen aus der Unterwelt (1917) : Karawane der Sehnsucht, Reise ins Elend, Das Kälbchen, Die Kindsmörderin, Die tote Bürgerin, Der Weichensteller, Trauermarsch, Demonstration, Der Variété-Neger, Birnbaum im Baugelände, Die Ahornallee, Herbst-Seele, Welle und Wolke, Bäume, meine Brüder, An den Hügel ; C) Der Schmerz der Schöpfung ( 1916 ) : Schöpfung des Menschen I-III, Frühling I-IV, Sonne I-III, Mond I-V, Wald I-III ; 127 pages, avec dessins de Fernand Léger et de Robert Delaunay - portrait d'Iwan Goll par R. Delaunay,

Berlin, Verlag Die Schmiede, 1924

Iwan Goll : Der Stall des Augias (Les écuries d'Augias) Tragédie [5]

Berlin, Verlag Die Schmiede, 1924 ( 75 pages )

Anthologie de la Nouvelle Poésie Française.

Pierre Albert Birot, Guillaume Apollinaire, René Arcos, Marcel Arland, Charles Baudelaire, Bertrand Aloysius, Francis Carco, Blaise Cendrars, Paul Claudel, Jean Cocteau, Charles Cros, Tristan Derème (pseudonyme de Philippe Huc), Fernand Divoire, Pierre Drieu La Rochelle, Isidore Ducasse (Comte de Lautréamont), Georges Duhamel, Luc Durtain, Léon Paul Fargue, Georges Gabory, Francis Gérard, André Germain, André Gide, Jean Giraudoux, Ivan Goll [6]: Printemps de Londres (inédit p.368 à 370) Acacia, Départ, Soleil (Le Nouvel Orphée p.371), Max Jacob, Francis Jammes, Alfred Jarry, Pierre - Jean Jouve, Jules Laforgue, Valéry Larbaud, Henry Jean - M. Levet (pseudonyme Levey), Mathias Lübeck, Pierre Mac Orlan, Maurice Maeterlinck, Stéphane Mallarmé, François Mauriac, Oscar - Vladislas de Lubicz Milosz, Comte Robert de Montesquiou-Fezensac, Henry de Montherlant, Paul Morand, Gérard de Nerval, Germain Nouveau, Charles Péguy, Jean Pellerin, Marcel Proust, Raymond Radiguet, Pierre Reverdy, Georges Ribemont-Dessaignes, Arthur Rimbaud, Jules Romains, Raymond Roussel, André Salmon, Philippe Soupault, André Spire, Jules Supervielle, Paul-Jean Toulet, Tristan Tzara, Paul Valéry, Emile Verhaeren.

Editions du Sagittaire, Kra, Paris, 1924.Edition revue et augmentée, 446 pages.

Le théâtre surréaliste (Théâtre Albert Ier), Revue mensuelle.

Fondateur, directeur et rédacteur : Ivan Goll (sans date), 1924 ou 1925

Montparnasse n°38 -10ème année ( nouvelle série ) 1er janvier 1925 . Mensuel .

André Salmon, Claire Goll : Poème d'amour [7] p.3 ; Georges Linze, Géo Charles, Paul Husson, Jean Marembert, Du Marboré, A.P. Gallien . Grand in -4 broché .

Montparnasse n°39 -10ème année ( nouvelle série ) 1er février 1925 . [8]

Les Cahiers du Mois 8 - Janvier (mensuel) 1925 : Critique. Directeurs : François et André Berge, secrétaire de Rédaction : Maurice Betz ; 128 pages.

Sommaire : A propos du Surréalisme :

I. Révolution, Surréalisme, Spontanéité (René Crevel)

II. André Breton et le Surréalisme (André Desson)

III. André Berge) [9]

Insuffisances : J. P. Palewski

MA - XI - 1 - 15 juin 1925 - AKTIVISTA FOLYOIRAT. Das Junge Schlesien

Szerkesztik : Kassak Lajos

Ernst Joseph : Surréalisme[10] (sans pagination )

Wien 1925

Das Dreieck. Jahrgang 1, 1925 - Iwan Goll : Le Cinéma p.185-86

Das Dreieck. Jahrgang 1, 1925 - Heft 4-5 (Sonderheft " Die Lyrik der Generation " )

" Eine Anthologie unveröffentlichter Gedichte sechzig deutscher Autoren " .. Mit Beiträgen von Becher, Brecht, Goll : * An den Eiffelturm, * Gaslaterne, * Narkose p. 18, Henriette Hardenberg, Max Hermann-Neisse, Wieland Herzfelde, Paula Ludwig, Walther Petry, Ernst Toller u.v.a. Berlin, 1925

Maurice Martin du Gard : Feux Tournants, Nouveaux Portraits Contemporains : André Breton [11], p.119. Paris, Camille Bloch, Editeur 1925

Iwan Goll : Germaine Berton, die rote Jungfrau.[12] Couverture de Georg Salter, autoportrait et lettre fac-similé de Germaine Berton (20-7-22) et 5 dessins de L. Behrings Aussenseiter der Gesellschaft — Die Verbrecher der Gegenwart, Band 5 (1925)

Verlag Die Schmiede, Berlin 1925 (77 S.)

Blaise Cendrars : Gold, Die Fabelhafte Geschichte des Generals Johann August Suter. Deutsche Ausgabe von Iwan Goll - Erste Ausgabe, 256 S.

Rhein Verlag, Basel - Zürich - Leipzig - Paris - Strassburg (sans date) 1925

Blaise Cendrars : Gold (L'Or), Die Fabelhafte Geschichte des Generals Johann August Suter. Deutsche Ausgabe von Iwan Goll -193 S.

Berlin, Volksverband der Bücherfreunde 1925

Jean Maxe : L'Anthologie des Défaitistes

Préface d'Emile Buré à compléter

1925

Claire Goll : Journal d'un Cheval - Les Mémoires d'un Moineau

Avec un dessin de Chagall & un dessin de Delaunay

petit -8°.67 p. Première édition 300 ex. Bibliothèque Alsacienne/ Elsässische Bibliothek

Bâle - Editions du Rhin - Strasbourg (1925 )

Claire et Ivan Goll : * Poèmes d'Amour . 60 p.

Avec quatre dessins de Marc Chagall. - 600 exemplaires sur Vergé numérotés de 1 à 600 et 25 exemplaires sur Hollande numérotés de I à XXV et signés par les auteurs et le dessinateur -

1925 Paris, Chez Jean Budry & Cie.

Ceux qui viennent, n°4 - Juillet /Août 1925. Les numéros 1 à 3 in-8 carré et Nouvelle série n°1 à 6 in-4° oblong (au total 9 numéros).

Revue d'orientation surréaliste de Guy-Lévis-Mano. Collaborations littéraires :

Guy-Lévis-Mano, H. Izdelbeska, M. Sauvage, G. Poulain, P. Brasseur : Chez Ivan Goll [13]. Nombreux bois gravés et reproductions de dessins par R. Barriot, R. Baclet, J. Moreau, J. Beysom, G. Poulain, E.P. de Leusse, R.Y. Creston, G. Piaggio, Taffy.

Le disque vert n°3 - 3 ème année - 4 ème série, 1925.Directeurs : Franz Hellens et Henri Michaux ; 68 pages. Sommaire : Jean Prévost, Paul Desmeth, Jules Supervielle, Robert de Geynst, Antonin Artaud, Franz Hellens, Henry Michaux, Robert Marin, Maurice des Ombiaux, Henry Dommartin. Notes sur les livres : Franz Hellens [14] : Claire et Ivan Goll, Poèmes d'amour - Dessins de Chagall (Budry) p.58 et 59.Paris, Bruxelles.

Europa, Almanach : Herausgegeben von Carl Einstein und Paul Westheim : Malerei, Literatur, Musik, Architectur, Plastik, Bühne, Film, Mode.

Gr.8°, 282 S., 14 S. avec de nombreuses reproductions und 1 Musikbeilage : Komposition " Fuge VI für Orgel oder Klavier zu 3 Händen " von Lionel Feininger.

Avec des textes de Barlach, Braque, Brecht, Cendrars, Chagall, Cocteau, Czacky [15], Dix, Ensor, Feininger, Gide, Claire et Iwan Goll : Poèmes d'Amour : à Claire [16] p. 146 / 147, J. Gris, Grosz, H.H. Jahnn, Kandinsky, E.L. Kirchner, Kokoschka, Kubin, Lasker-Schüler, Le Corbusier, Léger, El Lissitzky, Loerke, A. Lothe, Macke, Majakowsky, Malewitsch, Mehring, Meidner, Modigliani, Nolde, Ozenfant, Benjamin Péret, Picasso, Ezra Pound, Reverdy, Rimbaud, Erik Satie, Oskar Schlemmer, Schlichter, Severini, P. Soupault, Toller, Melchior Vischer, R. Vitrac, Vlaminck

Postdam, Kiepenheuer 1925

Kiepenheuers Tabatière 1925 -H.1:Herausgegeben von Hermann Kasack und Edleff Köppen

Iwan Goll : Erde in der Nacht. Hermann Kasack gewidmet. p. 9

Postdam: Gustav Kiepenheuer Verlag, 1925.

Menorah Journal 11 - 1925.Ivan Goll : Expressionistic poets of Germany p.28 à 33

Das Kunstblatt 9 - 1925. n°2 - Iwan Goll : Der neue Pariser Chagall p.60 à 62

La revue Européenne IV ème Année n°35 - 1er Janvier 1926 (mensuelle) Sommaire :

Les livres du mois : p.73 et 74, Jean Cassou [17]

Die Literatur 28 - 1925/26.Scheller Will : p.419/420 Iwan Goll : Der Stall des Augias. Tragédie en cinq actes. Création au Petit Théâtre de Kassel 27.2.1926

Ivan Goll : Assurance contre le Suicide ; représentée à Paris au Studio Art et Action, 20 et 21 mars 1926

Claire et Ivan Goll : * Poèmes de Jalousie.

Avec une eau-forte originale et deux dessins de Foujita -

300 Exemplaires sur Vergé antique numérotés de 1 à 300 et 33 exemplaires sur Hollande numérotés de I à XXXIII, signés par les auteurs et le dessinateur .- 46 p.

Chez Jean Budry & Cie (avril)1926, Paris.

Teatro - IV -n° 6-7, Juin - Juillet 1926 : p.2-4 : Ivan Goll, par Cesare Giardini (avec portrait de Goll par Delaunay) et p.16 à 24 : La Chaplinade, ovvero Charlot Poeta, Poemo cinematografica di Ivan Goll, nella traduzione di Cesare Giardini. Avec dessins de G. Grosz et F. Léger. Milan 1926

Ceux qui viennent, n° 9 - Juillet / août 1926. Nouvelle série (au total 9 numéros)

Revue d'orientation surréaliste de Guy-Lévis-Mano [18].Collaborations littéraires : Guy Lévis-Mano, H. Izdelbeska, M. Sauvage, G. Poulain, P. Brasseur,

Nombreux bois gravés et reproductions de dessins par R. Barriot, R. Baclet, J. Moreau, J. Beysom, G. Poulain, E.P. de Leusse, R.Y. Creston, G. Piaggio, Taffy..in-4 oblong

"900 "- Cahiers d'Italie et d'Europe - n° 1, Cahier d'Automne 1926 . Fondateurs :

Massimo Bontempelli - Curzio Malaparte. [19]

Proses de : Bontempelli - Mac Orlan - Barilli - Alvaro - Gomez de La Serna - Soupault - Kaiser : " Juana " p.67 à 83 (Tragédie en un acte : traduction française d'Ivan Goll) - Emilio Cecchi - Aniante - Solari - Joyce - Goll : " L'Eurocoque " [20] p.132 à 138 - Campanile - Spaini - Mouratoff - Nino Frank : Astérisques [21] (p.185) - Alberto Cecchi Dessins de : Oppo - Conti - Lydis - Rosai.

Editions " La Voce " Roma - Firenze

La Presse - 1er octobre 1926 [22]

Comoedia XVIIIè année - Jeudi 11 novembre 1926 ( N° 4316 pour le 16 octobre 1924 )

Directeur : Gabriel Alphaud

Marcel Berger : A propos d'une bagarre [23]

Die literarische Welt 2 n° 3 - 1926 - Herausgegeben von Willy Haas. Berlin.

Iwan Goll : Revuen. Die Neger erobern Europa p.3/4

Die literarische Welt 2 n° 24/25 - 1926 - Iwan et Claire Goll : Gedicht, französisch und deutsch p.9, avec un portrait de Claire et Ivan par Foujita

Die literarische Welt 2 n° 36 - 1926 - Iwan Goll : Die Rückkehr zu Gott (Über die französische zeit genössische Literatur) p.3

Das neue Dreieck 1 - 1926 : Poèmes d'amour - Claire à Ivan, Ivan à Claire p.11

Claire Goll : Neger Jupiter raubt Europa . Roman, 289 S., Erstausgabe .

Basel, Rhein Verlag, 1926 .

Claire Goll : Journal d'un Cheval - Les Mémoires d'un Moineau

Avec 1 dessin de Marc Chagall et 1 dessin de Robert Delaunay

petit -8°, 19 cm..67 p. ( 300 ex .)

Jean Budry et Cie Paris 1926

Le Journal - 1 décembre 1926 [24]

D'Artagnan - 9 Déc. 1926 [25]

?? - 31 Déc. 26 [26] rubrique " Ne coupez pas " de Paul Achard :

Der neue Orpheus, Op. 15. Cantate pour chant, violon et piano ; musique de Kurt Weill, texte d'Iwan Goll - partition pour piano d'Arthur Willner.

Universal-Edition A.G.Nr.8691, Wien - New-York 1926 [27]

Royal Palace, Musik von Kurt Weill Opus 17. Oper in einem Akt - (Opéra en 1 acte dédié à Georg Kaiser) Text von Iwan Goll [28]

Livret sans musique, in - 8 de 16 pages

Partition pour piano avec texte d'Arthur Willner, 83 pages .

Universal-Edition A.G.Nr.8691, Wien - New-York 1926

Paul Fort et Louis Mandin : Histoire de la Poésie Française depuis 1850.

Cosmopolitisme, " Poésie mondiale " [29] (Goll p.293-294 et 314). 394 p.

Toulouse, Léon Privat 1926 — Paris, Ernest Flammarion - Henri Didier 1927

D'Artagnan - 13 Janv. 1927 [30]

Die Weltbühne XXXIII, 1 (1927) : Kalenter Ossip : Die Golls (Über Claire et Yvan Goll) p.761/62; Iwan et Claire Goll : Liebesgedichte p. 986

Die literarische Welt 3 n° 4 - 30 janv. 1927 - Gespruch zwischen Mann und Frau : Claire et Iwan Goll, Liederkämpfe in Madagascar p.5

Die Weltbüne XXXIII, 2 (1927) Iwan Goll : (Der Mitropäer, Ausz.) Die drei Jünglige von heute, p. 103 à 106 ; Iwan Goll : Boulevard de Clichy (inédit) p.416 à 418

Berliner Zeitung : 4 mars 1927 [31]

Journal non identifié - 10 mars 1927 [32]

Paris-Midi - 11 mars 1927 : " Mathusalem " ou "l'Eternel bourgeois", drame - bouffe en 10 Tableaux d'Yvan Goll, musique de M. Maxime Jacob.[33]

La Croix du Nord : 12 mars 1927 - L'Exploitation du scandale [34]

L'Excelsior - 12 mars 1927 - Charles Méré : Théâtre des Mathurins " Mathusalem " ou "l'Eternel bourgeois" [35] drame - bouffe en 10 Tableaux d'Yvan Goll, musique de M. Maxime Jacob

Comoedia - 12 mars 1927 [36] : Max Frantel : Au Théâtre Michel

Ivan Goll - lettre du 12 mars à Jean Painlevé [37]

Le Journal - 16 mars 1927 [38]

Carte d'Ivan Goll du 30 mars à Jean Painlevé, Ministère de la Guerre, Paris [39]

Die literarische Welt 3 n° 11 - 20 mars 1927: Dolbin B.F. " Der neue Orpheus " und " Royal Palace " von Kurt Weill et Iwan Goll. Zur Uraufführung an der Berliner Staatsoper p.7

DEUTSCH-FRANZÖSISCHE GRUPPE / GROUPE FRANCO-ALLEMAND

Deutsch = französischer Almanach anlässlich des Gesellschaftabends am 4 Mai 1927 im Curiohaus-Hamburg . Herausgegeben von Johannes Asmus .

Sommaire : Paul Hamann, Marcel Roland, Heinrich Mann, Henri Matisse, Henri Barbusse, Karl Scheffler, Paul Raynal, Fr. Ahlers-Hestermann, Hans Schimank, Hans Harbeck, Joachim Ringelnatz, Firmin Gémier, Franz Masereel, Walter Hasenclever, Kurt Lövengard, Eva Leidmann, Claire et Ivan Goll : Poèmes d'Amour . A Ivan : Les oiseaux me tutoient p. 38, A Claire : La nuit ta chevelure orange illuminait p.39, Paul Schurek, couverture de Kurt Lövengard 43 pages plus 17 pages de publicité /

Johannes Asmus Verlag, Hamburg 1927

UHU . 3. Jg. Heft 8 - Mai 1927 . ( mensuel ). Schriftleitung L. Feist.

Page 3, Iwan Goll : Mai - Premiere

Berlin, Üllstein, 1927

Berliner Boersen-Courier, Berlin. Jahrgang 59, Nr. 237 (Sonntag, 22. Mai 1927), 3. Beilage, p. 13. Ivan Goll: * Andante, Paula Ludwig: * Abend.

UHU . 3. Jg. Heft 10 - Juin 1927 . ( mensuel ). Schriftleitung L. Feist.

Page 68, Claire Goll : Dass Vögel sind !

Berlin, Üllstein, 1927

Die literarische Welt 3 n° 24 - 17 juin 1927 Iwan Goll : Der Homer unserer Zeit : Über James Joyce (l'Homère de notre Temps : sur James Joyce) p.1 / 2

(j'en ai la traduction)

Die literarische Welt 3 n° 25 - 24 juin 1927

Iwan Goll : suite et fin de l'Homère de notre Temps (sur James Joyce)

Die literarische Welt 3 n° 30 - 29 juillet 1927

Iwan Goll : Ein junger Lyriker : (Georg Dobo) p. 4

La Revue Nouvelle 3 ème année - n° 33/34, août/septembre 1927, in-6

(Mensuelle ) Directeur : Auguste Dewavrin . Comité de rédaction : Francisco Amunategui, Jean Cassou, Edmond Jaloux, Manuel Lelis, Georges Petit . Sommaire :

Jean Cassou, Pio Baroja, Ivan Goll : Saint-Elvire [40] p.17 à 23, Nino Frank, Bernard Nabonne, Klaus Mann .

Paris

"900 "- Cahiers d'Italie et d'Europe -n° 4, Cahier d'Eté 1927 . Fondateurs :

Massimo Bontempelli - Curzio Malaparte. [41] :

Proses de : Bontempelli - Ehrenstein - Barilli - Alvaro - Hellens - Divoire - Malraux - Goll : George Grosz,[42] p. 125 à 135 - Guerriero - Luciani - Cipriani - Marichalar - Frank - Chiaromonte - Liuzzi - Artieri - Radius - Spaini.

Editions " La Voce " Roma - Firenze

Die literarische Welt 3 n° 42 - 21 octobre 1927: Dolbin B.P.: Iwan Goll, Eine Sammlung autobiographischer Skizzen. Zeichnung p.3. Iwan Goll : Ein Diebstahl : Als wir uns noch 50 Pfennig pumpten p.3

Die literarische Welt 3 n° 46 - 18 novembre 1927 - lwan Goll : Hai-Kai (Bestimmung der Form und 12 Hai Kais der Liebe) p.3

Transition, n° 7-9 Revue littéraire, directeur Eugène Jolas -: Textes et illustrations de J.Joyce, W. Carlos William, Ph. Soupault, E. Jolas, M. Jouhandeau,P. Minet, H. Arp, G. Ungaretti, Calder, P. Reverdy, I. Goll…[43] p.136 : Ivan Goll, Caravan of Longings. In 12 br. 182 pages

Editorial and Business Offices, Paris, La Haye, New-York.1927

Die Weltbühne XXIII, 52 (27 Déc. 1927)

Iwan Goll : Ulysses : Sub specie aeternitatis. p. 960/ 963

Berlin (j'en ai la traduction)

Der Zuschauer. Blätter der Saltenburg-Bühnen -1927- n°4 : Iwan Goll : Sachliches Theater p. 12 à 14 et 16

Claire Goll : Eine Deutsche in Paris 170 S. Roman

Berlin, Wasservogel - Verlag, 1927

Claire et Ivan Goll : * Poèmes de la vie et de la mort.

Avec deux radiographies des têtes de Claire et d'Ivan. 350 exemplaires sur Alfa numérotés de 1 à 350 et 10 exemplaires sur Hollande numérotés de I à X - (46 p.)

1927 Paris, Chez Jean Budry & Cie

Ivan Goll : Le Microbe de l'Or, Roman [44]

Cinquante exemplaires sur pur fil Lafuma tous numérotés. In-16, 198 p.

Paris Editions Emile - Paul Frères 1927 ( 6 octobre ), Collection Edmond Jaloux.

Iwan Goll : Die Eurokokke, roman, mit neun Zeichnungen von Georges Annenkov (Paris) ; die Auflage von 900 Exemplaren in der Presse numeriert. Zehn Exemplare auf Bütten n° I bis X sind vom Autor handschriftlich signiert

Berlin, Martin Wasservogel Verlag, 1927

repris dans Dichtungen (Oeuvres) Berlin Luchterhand Verlag, 1960

- Argon, 1988 (Nachwort v. J. Sartorius, 125 p.-9 dessins d'Annenkov)

Front. VI. fronta. Internationaler Almanach der Aktivität der Gegenwart. (Almanach International du Temps Présent.) Kunst, Technik, Literatur, Soziologie, Wissenschaft, Modernes Leben (allemand, français, tchèque) [45]

Redaktion: Fr. Halas. Prusa, Zd. Rossmann, B. Vàclavek.

Iwan Goll : Brief an den Herausgeber von Front p.44/45.

Brno (Brünn)Ed. Fronta 1927.

Transition, n° 10 Revue littéraire, directeur Eugène Jolas -: Textes et illustrations de G. Stein,, Claire Goll, W. Carlos William, Ph. Soupault, G. Ribemont Dessaignes, G Antheil, E. Jolas, Chirico …in 12 br. 160 pages

Editorial and Business Offices, Paris, La Haye, New-York.1928

11 janvier 1928 : Lettre d'Ivan Goll à Gaston Picard [46]

Quelques jours plus tard, le 25 janvier 1928, à l'occasion d'une lecture au Vieux Colombier de poèmes chantés, Eluard, malade, ayant vu son nom annoncé au programme demande à Breton « d'empêcher cette saloperie et de fermer la gueule au salaud ou à la salope qui osera prononcer devant un public idiot le premier mot des poèmes qui m'appartiennent.»

Les Cahiers idéalistes français, Nouvelle série n°16 - février 1928

Revue de Littérature d'Art et de Sociologie paraissant trimestriellement sous la direction d'Edouard Dujardin, Paris.in-8 (18/24) Sommaire : Edouard Dujardin : Quelques livres nouveaux : p.64 Ivan Goll, Le Microbe de l'Or [47] (Emile-Paul)

Montparnasse, 12ème année (nouvelle série) n°50–Mars 1928. Revue fondée en 1914 par Paul Husson. Numéro spécial consacré au souvenir de Paul Husson

Dir. Géo Charles. Textes de : Romain Rolland, Emmanuel Bove, Henri Barbusse, André Salmon, Philippe Chabaneix, Paul Dermée, V. Bonnans, Ivan Goll [48], Marcel Say, Maurice Wullens, R. Gruel, Freundlich, Gustave Kahn, Henri Poulaille, Francis Carco, Bouhélier, Marcel Millet, Schneeberger, Martinie, Renée Dunan, André Fontainas, Henneuse, Paul Jamati, Guillaume Apollinaire, Albert Thibaudet, Géo Charles. Grand in-4 broché, 60 p.

Mitropa : Paris brennt / Eine ekstatische Szene mit Jazz. Vers d'Iwan Goll,

Adaptation scénique de Reinhard Braun, Musique de Franz S. Boinnier, Danses de Darja Collin. Régie et mise en scène de Gérard Rutten et Bruno Fritz. Au Central Theater d'Amsterdam, le 17 mars 1928 (Affiche du spectacle du Cabaret des artistes de Berlin)

Iwan Goll : Paris brennt. Programme et texte du spectacle de Mitropa à Amsterdam, avec portrait d'Ivan Goll par Delaunay.

La Nouvelle Revue Française -15 ème année n° 175 - 1er avril 1928

Revue mensuelle de littérature et de critique - Directeur : Gaston Gallimard, rédacteur en chef : Jean Paulhan. Albert Thibaudet, Odilon-Jean Périer, Jean Cassou, Max Jacob, Auguste Bréal, André Malraux. Revue des livres par Georges Dupeyron [49] Le Microbe de l'or d'Ivan Goll, p.571

Neï Rythmoi (Nouveaux Rythmes) mars 1928, Revue néo-grecque mensuelle : 1 poème de Claire et d’Yvan tirés de Poèmes de la Vie et de la Mort, ainsi qu’un compte rendu de ce recueil et de Poèmes d’Amour 1925, et un résumé du livre de Claire Goll Une Allemande à Paris

Drama, Grêce

Claire Goll : Une Allemande à Paris Roman In-8 191 p .

Editions Radot, Paris 1928 (12 juin)

Transition, n° 13 - été 1928 Revue littéraire, Edited by Eugene Jolas. Sommaire : Ecrivains et Poètes : James Joyce, Man Ray, Kay Boyle, Ribemont-Dessaignes, Gertrude Stein, Tzara, G. Benn, Ivan Goll p.255/256, J. Delteil, Paul Bowles … illustrations de Picasso, Man Ray, E. Atget.

Paris, Editorial and Business Offices, 1928

Die literarische Welt 4 - n° 38 -24 septembre 1928, Iwan Goll : Die Drahtseilbahn, Novelle, p.3-4

Die literarische Welt 4 - n° 39 - 1er octobre 1928, Iwan Goll : Die Drahtseilbahn, Novelle, p.7-8

Die literarische Welt 4 - n° 40 - 8 octobre 1928, Iwan Goll : Die Drahtseilbahn, Novelle, p.7-8

Die literarische Welt 4 - n° 41 - 15 octobre 1928, Iwan Goll : Die Drahtseilbahn, Novelle, p.7-8

Die literarische Welt 4 - n° 42 - 22 octobre 1928, Iwan Goll : Die Drahtseilbahn, Novelle, p.7-8

Die literarische Welt 4 - n° 43 - 29 octobre 1928, Iwan Goll : Die Drahtseilbahn, Novelle, p.7-8

Der Scheinwerfer n° 4 - novembre 1928 Iwan Goll : Soll das drama eine Tendenz haben ? Umfrage. p. 7

Neï Rythmoi (Nouveaux Rythmes) novembre 1928 - Revue néo-grecque mensuelle :

Une analyse substancielle du livre de Claire Goll Le Nègre Jupiter enlève Europe

Drama, Grêce

Ivan Goll : A bas l'Europe, Roman (version française de Der Mitropäer).

Cinquante exemplaires sur pur fil Lafuma numérotés de un à cinquante.In-16, 216 p.

Paris Editions Emile - Paul Frères, 1928 (6 nov.)- Collection Edmond Jaloux

Claire Goll : Le Nègre Jupiter enlève Europe [50] Roman, in-16, 218 p.

Paris, Les Editions G. Crès et Cie 1928 (23 novembre),"Le Beau Navire".

Claire Goll : Der Neger Jupiter raubt Europa . Roman ,

Basel, Rhein - Verlag 1928

Iwan Goll : Der Mitropäer, Roman, 243 S. Farbig illustrierter Oln.

Im Rhein - Verlag, Basel - Zürich - Leipzig - Paris - Strassburg, 1928

Jacques Beers : Trois chansons pour danser, dédiées à Madame Véra Janocopoulos. Textes des noirs de l'Afrique recueillis par Ivan Goll.

Paris, Au Ménestrel, Editions Enzel, 1928, n° H 30.038

Iwan Goll :* Die siebente Rose, Umschlagzeichnungen von Hans Arp.

(La Septième Rose, couverture de Hans Arp et signature autographe) 16 p. - 19 cm.

Verlag Poesie & C°, Paris XVI, rue Raffet 19 - 1928 (16 Bl.)

Europäische Revue 4 - 1928. Iwan et Claire Goll : Liebesgedichte p.833 / 835

Der ewige Garten, ein Buch der Einkehr von Kurt Offenburg :

Iwan Goll, * Baüme, meine Brüder [51], 18 vers p.171

Verlag der Büchergilde Gutenberg / Berlin 1928

Iwan Goll : Mathusalem (Traduction japonaise de Hugo Sakae) avec le portrait de Goll par Robert Delaunay et six illustrations de Georges Grosz pour les costumes de Mathusalem. 140 pages - 13 / 19 cm.

Tokyo 1928

Die fünf Weltteile / 1928

Ein Unidyllisches Verlegerjahrbuch, Mit einem idyllischen Dichter-Almanach von Francis Jammes. 154 pages.

Proben und Aufsätze von : Charles Andler, Blaise Cendrars, Joseph Collins, Ilja Ehrenburg, Efraïm Frisch, Claire Goll : Schwartz Weisses Ehedebüt, Mit einem Bildnis der Dichterin p.114, Iwan Goll : Vorrede zu " Das Lächeln Voltaires ". Mit dem Voltairekopf von Max Oppenheimer p.66, Iwan Goll : Drei Jünglinge von heute. Mit dem Bildnis des Dichters p. 70, Iwan Goll : Der neue Weltroman p.97, Peter Hamp, Francis Jammes, James Joyce, René Maran, Madeleine Marx, Eduard Reinacher, René Schickele, Bernard Shaw, Franziska Stöcklin, Wilhelm Van Vloten, Stefan Zweig U.A. Zeichnungen und Bilder von : Otto Baumberger, E. Bizer, Frank Buchser, Max Oppenheimer, Botto Schmidt U.A. Der Rhein-Verlag 1928 - Basel, Zürich, Leipzig, Stuttgart., Paris

Mercure de France ? -15 Janvier 1929 ( bi-mensuel ) John Charpentier sur "Agnus Dei ", roman d'Ivan Goll, Editions Emile - Paul Frères.

Mercure de France ? -15 février 1929 ( bi-mensuel ) John Charpentier sur "Le nègre Jupiter enlève Europe ", roman de Claire Goll, Editions G. Crès et Cie

Les soirées de Sagesse :

Les " Amis de Sagesse " se réunissent tous les samedis soirs, à la Brasserie Courbet, 133 Bd .Brune ( 14° )

23 février 1929 : Quelques poètes allemands contemporains .Poèmes de Rainer Maria Rilke, Ernst Toller, Karl Liebknecht, Ludwig Rubiner, Claire Studer par Jean Dorcy, E.P. Jalbert, Fernand Marc .

16 mars 1929 : Soirée réservée à l'Anthologie mondiale de la poésie contemporaine d'Ivan Goll .

Mediterranea - 3ème année, n° 27-mars 1929 Revue mensuelle, directeur Paul Castela Grd. In .4, 244 pages:. Claire et Ivan Goll : Hommage à Armand Godoy [52] p.61
Nice

Sagesse (Cahier 7) printemps 1929 [53]

Cahiers de Littérature et d'Art paraissant chaque saison.

Poèmes de Jules Supervielle, Raoul Gain, André Salmon, Ivan Goll * Moi qui ne vibrais plus p. 7, * Ah je voudrais me plaindre p.8, Pierre Gueguen, Valentine Estoup, Henri Dalby, Louis Jovent, René Maublanc, Jacques Dalléas, Jean Follain, P.A. Bréal, André Dhôtel, Roland de Noisay, Louis Emié, Emile - Pierre Jalbert, Fernand Lot, Jacques Davout, Emmanuel - Flavia Leopold, Raoul Gain, Géo Charles, Daniel-Rops, Fernand Marc, R.C. Opitz Dessins et Bois gravés de : Franz Masereel, Engel - Rozier, Hortense Begue, Albert Chazalviel . H.T. Jean Marembert et Max Feuerring. (64 p.)

Paris, Directeur Fernand Marc. Petit in - 4 broché

BIFUR -1- mai 1929 -

Rédacteur en Chef : Ribemont Dessaignes. Directeur : Pierre G. Lévy

Gottfried Benn: Elément Premier traduction d'Ivan Goll (p. 5 à 15), Blaise Cendrars, Henri Michaux, L. Pierre-Quint, Isaac Babel, Fernand Divoire, Philippe Soupault, Ch. A. Cingria, Tristan Tzara, Jean Toomer, Jean Lurçat, Paul Rosset, André Salmon, Bruno Barilli, G. Limbour, I. Ehrenbourg, G. Ribemont Dessaignes. 191 pages.

Editions du Carrefour, Paris.

Sagesse (Cahier 8) été 1929

Cahiers de Littérature et d'Art paraissant chaque saison

Poèmes de : Paule Reuss, Jean Cayrol, Oscar Cerruto, Lionello Fiumi, Ivan Goll * La Forêt ferme p. 14, Louis Parrot, Marcel Martinet, Maurice Fombeure, André Salmon, René Char, Madeleine Israël, Robert Valançay, Fernand Marc. Textes de : Jean Hytier, Pierre Menanteau, Paul Dermée.

Bois gravés, dessins et peintures de Jean Lébédeff, Delval, Mario Tazzi, Etienne Farkas, Jean Marembert, Papzoff, Auguste Sandoz, Langerman. 68 p.

Paris, Directeur Fernand Marc. Petit in - 4 broché

Sagesse (Cahier 9) automne 1929 .

Cahiers de Littérature et d'Art paraissant chaque saison

Poèmes de : Jean Hytier, Jacob Haringer, Pauvres Petites Filles, trad. Ivan Goll, Max Hermann - Neisse (A une Photographie, trad. Ivan Goll), Hannes Kuepper : Suzanne Lenglen la Divine, trad. Ivan Goll, Jean Follain, Adolphe de Falgairolle, Gabriel Audisio, Géo Charles, Georges Garampon, Madeleine Israël, René Char, Louis Parrot, Fernand Marc, René Maublanc, Jacques - Robert Duron, Nestor Miserez

Reproductions : Flouquet, W. Baumeister, Modigliani, Clergé, Le Fauconnier, Marie Vassilief, Marembert...104 pages.

Paris, Librairie Montparnasse. in - 4 broché

Ivan Goll : Agnus Dei, Roman.

50 exemplaires sur pur fil Lafuma numérotés de 1 à 5 0, In - 16, 246 p.

Paris Editions Emile - Paul Frères 1929 (6 octobre)

Claire Goll : Une Allemande à Paris Roman In-16, ( 229 p. à vérifier )

Paris, Les Editions G. Crès & Cie 1929

Claire Goll : Une Perle Roman In-16, 229 p.

Paris, Les Editions G. Crès et Cie 1929 (24 décembre)," Le Beau Navire "

Vient de Paraître : 9ème année n°89 Nov.29 Revue mensuelle des Lettres et des Arts

Léon Lemonnier : Une perle, par Mme Claire Goll p.364-365

Emile-Paul Frères Paris

Ivan Goll : Sodome et Berlin, Roman

Quarante cinq exemplaires sur pur fil Lafuma numérotés de 1 à 45. In-16, 250 p.

Paris Editions Emile - Paul Frères Editeurs 1929 ( 17 décembre)

Circe Editeur Strasbourg, 1989 - Nouvelle édition : 116 p.

La Revue Mondiale, XXX ème Année -15 novembre 1929 (ancienne Revue des Revues)

Directeur Louis-Jean Finot . p.216 [54]

Jazz - 1ère année - n° 11 - - 15 novembre 1929. L'Actualité Intellectuelle. Directrice : Titaÿna. Rédacteur en Chef: Carlo Rim. Sommaire : Titaÿna, Carlo Rim, Georges Altman, Eli Lotar, Georges Thiry, Serge, Legrand-Chabrier, Sougez, André Hunebelle, Ivan Goll : Sodome et Berlin [55], p. 497/498, Sougez. Chroniques: Paul Scize, André David, Louis Laloy, Marcel Brion. Dessins: Lubaki, Carlo Rim, Sem. Photographies: Tabard - El Lotar - Rap - Antoine - Cergely - Hansa Luftbild - Michaud - Rep - Keystone - Sougez - Jean Painlevé - Paul Martial - Wide - World - Norddeutscher-Lloyd-Bremen - Illustration.

Paris.

Montparnasse, 15ème année (nouvelle série) n°57- Novembre-Décembre 1929.

Dir. Géo Charles. Collaborateurs: Charles Dekeukeleire, Blaise Cendrars, Géo Charles, Maurice Fombeure, Aygueparse, Claire et Ivan Goll : Six Poèmes d'Amour [56], Jean Follain, Fernand Marc, Van der Cammen, André Mora, Mad. Israël, Sandoz.

Margaritone d'Arezzo, Duccio di Buoninsegna, Monteiro, Zak.

Grand in-4 broché, 20 p.

Iwan Goll : Noemi (écrit en 1915) 12 pages - Gr 8°

Berlin, Aldus Druck, 1929

Albert Londres : Schwarz und Weiss, Die Wahrheit über Afrika

(Terre d'Ebène, La Traite des Noirs ) Deutsche Ausgabe von Iwan Goll.

Agis - Verlag Wien / Berlin (224 S.) 1929.

19 Décembre 1929 : Jean-Daniel Maublanc :

Conférence sur " Ivan Goll et la poésie internationale ", au Cercle Demain, dans les salons de Floréal ( Bd. Bonne-Nouvelle, Paris.)

Audition de poèmes de Claire et Ivan Goll, Madeleine Israel, Maria-Pia Bério, Follain, Géo Charles, Bréal, Audisio, Hytier, Marc ...

par Jean Dorcy, Riera, Bréal, Dobs .

( voir " Sagesse ", dixième cahier - hiver 1929-30 p.76 )

Ivan Goll : Pascin - Essai

Illustré de 32 reproductions en héliogravure. in-16, 13 p.

Collection Les Artistes Nouveaux, publiés sous la direction de Georges Besson :

Paris, Editions G. Crès et Cie 1929 ( 24 décembre )

Technische Zeit. Dichtungen. Gesammelt von Hannes Küpper.

Essen, 1929. (Jahresgabe der Essener Bibliophilen Abends)

Die literarische Welt V - 1929 n° 5 p.7 : "Der Mann, der zwischen zwei Sthülen sitzt" (über Iwan Goll) [57]

Sagesse (Cahier 10) hiver 1929 - 30.

Cahiers de Littérature et d'Art paraissant chaque saison - Directeur Fernand Marc.

Poèmes de : Jean Follain, Raoul Gain, Marcel Sauvage, Jacques Dalléas, Louis Emié, Fernand Marc, Fernand Pouey, Jean Cayrol.

J.R. Duron, André Cayatte, O.V. de L.Milosz, Marc Seize.

Chronique des livres par J.- R. Duron, Fernand Pouey, Armand Colombat [58]:

Poèmes d'Amour - Poèmes de Jalousie - Poèmes de la Vie et de la Mort par Claire et Ivan Goll - p. 66, 67, 68.

Dessins et peintures de : Domingo, Hedley-Sandoz, Lagar, Adrienne Jouclard, Buchet, Joaquim, Mario Tozzi, André Lhote, Marembert, Bosshard, Eekman, Bottema, Gounaro, Eberl.76 p. in - 4 broché

Paris, Librairie Montparnasse.

Pierre Frondaie : Die Frau von zweimal Zwanzig [59], roman, traduction d'Iwan Goll (219S.)

Ùllstein Verlag, Berlin - 1929.

Mercure de France ? -1 janvier 1930 ( bi-mensuel ) John Charpentier sur " Une Perle ", roman de Claire Goll, Editions G. Crès et Cie


[1] Surréalisme n°1 est paru en fac-similé dans la revue Europe n°475/476 (nov.- déc. 1968), Paris, pages 111 à 126, accompagné d'un article de Claire Goll intitulé Goll et Breton pages 109-110:

En 1919, Yvan Goll publia aux Editions Erich Reiss, Berlin, sous le titre : Trois bons esprits de France, des essais sur Diderot, Mallarmé et Cézanne, qui selon une annotation dans le livre, ont été écrits en 1918.

Dans son étude sur Mallarmé, Goll dit: " L'oeuvre d'art doit surréaliser la réalité. Seule est poésie ce qui traite de l'irréel. L'art doit être une création et non une représentation. L'art commence où finit l'imitation. Jusqu'à nous l'art était un parasite de la réalité: le poème doit être lui-même son sujet. Le poète doit chanter la surréalité, non la réalité " .

Ce premier appel au Surréalisme se trouve davantage précisé dans les deux préfaces des pièces de Goll, Mathusalem ou L'éternel Bourgeois et Les Immortels, deux surdrames, publiés aux Editions Gustav Kiepenheuer, Berlin-Postdam, qui, selon de nombreux critiques allemands et anglais, " anticipent le théâtre moderne d'avant-garde ". La première de Mathusalem eut lieu en 1924 à Berlin avec des décors de George Grosz et le 10 mars 1927 la pièce fut jouée au Théâtre Michel à Paris avec Antonin Artaud dans un des rôles principaux. Dans Mathusalem, Goll inaugure également l'introduction du film sur scène.

Dans son livre German Expressionist Plays, qui vient de paraître chez Calder et Boyars, Londres, et qui contient entre autres une pièce de Kafka: Le Gardien du tombeau et le Mathusalem de Goll, le traducteur, le Professeur J.-M. Ritchie, écrit dans sa préface: " Mathusalem is an amazingly prescient work with entire scenes that reappear nearly verbatim in the much later work of Ionesco, particulary in the Bald Soprano ". Mathusalem est une oeuvre étonnamment précurseur avec des scènes entières qui apparaissent presque textuellement dans l'oeuvre beaucoup plus tardive de Ionesco, particulièrement dans la Cantatrice Chauve.

Les Editions Jean Budry, Paris, firent paraître en mars 1925 nos Poèmes d'Amour, écrits en dialogue depuis 1920. Le livre portait la bande : Collection Surréaliste, ce qui n'impliquait pas une affiliation quelconque avec Breton et ses amis. Ce recueil était suivi de deux autres, dont le dernier, Poèmes de la Vie et de la Mort, orné de radiographies de nos deux crânes, était bien dans la ligne des idées anticonformistes d'Yvan Goll.
Le 24 octobre 1924, quelques semaines, si je ne m'abuse, avant la sortie du Manifeste Surréaliste de Breton, Goll publia le numéro 1 de sa revue Surréalisme.

Breton, ignorant tout des deux manifestes allemands surréalistes de Goll, datés de 1920, ne cherche à partir de ce moment qu'un prétexte pour agresser le concurrent.

Quelques contemporains n'ont certes pas oublié le pugilat Breton - Goll au Théâtre des Champs-Elysées.

Valeska Gert, célèbre en Allemagne pour ses " danses grotesques ", y donna en novembre 1924 un récital .

(Voir L'Intransigeant du 29 octobre 1926 et du 6 novembre 1926 p.5 : Claire Goll se trompe, il s'agit du 6 novembre 1926 : voir Comoedia du 11 nov. 1926 l'article de Marcel Berger qui rend compte de l'incident .)

L'affiche portait en lettres multicolores " Danses Surréalistes ".

La salle était comble. Il y avait dans l'assistance beaucoup de nos amis: Fernand Léger, Zadkine, Pascin, René Crevel, Brancusi, Paul Dermée, Pierre Albert-Birot etc.…et les antagonistes: Breton entouré de jeunes disciples, tous armés de cannes.
Dès l'entrée en scène de Valeska Gert le groupe de Breton commença à siffler, à huer, à imiter des voix d'animaux. Au milieu de ce vacarme indescriptible, Goll se dressa et hurla: " Je vous demande un minimum de courtoisie envers une artiste étrangère ".

Ce fut le signal. Breton et ses adeptes, sachant que la danseuse était patronnée par Goll, se jetèrent sur lui, brandissant leurs cannes. Tout en tremblant pour mes dents, je m'interposais. Brusquement Goll donna un coup de poing vigoureux à Breton, qui chancela. Ses partisans, impressionnés, battirent en retraite. Aux policiers accourus, Breton pressant un mouchoir contre son oeil poché, dit avec dignité: " Ceci ne regarde pas les flics ". Suivi de ses amis il quitta la salle et Valeska Gert continua triomphalement son récital.

Goll qui était l'être le moins belliqueux que j'aie connu, ne garda aucun ressentiment envers Breton, mais celui-ci n'oublia pas la gifle pendant vingt ans.

En effet en 1940, amenés à coopérer côte à côte à la section française de l'Office of War Information à New-York, où ils préparaient les émissions destinées à la France sous la direction de Pierre Lazareff, Breton dit à Goll dès leur première rencontre: " Vous avez levé la main sur moi ". Mais bientôt il devint plus conciliant et finit par collaborer à la revue franco-américaine Hémisphères que Goll avait fondée à New-York. Il préfaça même la traduction anglaise que Goll avait faite du Cahier d'un Retour au Pays natal d'Aimé Césaire, publiée en 1945 chez Brentano's, New-York.

Les deux Surréalistes de tendance différentes étaient enfin devenus amis .

Cette version " hagiographique " de Claire Goll masque une réalité quelque peu différente. Lire la très sérieuse étude publiée par Albert Ronsin, Président des Amis de la Fondation Yvan et Claire Goll, sur les difficiles relations entre Goll et Breton dans :

Yvan Goll (1891 -1950) Situations de l'écrivain, p.57 à 74 -

Collection " Contacts ", Série II - Gallo-germanica. Volume 12 — 1994 -236 p.

Peter Lang, Editions scientifiques européennes.

Bern, Berlin, Frankfurt / M., New-York, Paris, Wien.

La lettre ci-dessous , de Goll à Breton, tapée à la machine et datée du 15 mars 1942 fait partie de la correspondance d'Yvan Goll - Fonds Yvan et Claire Goll, Bibliothèque Municipale de Saint-Dié-des-Vosges n°510.513 ff. 90:

André Breton :

Si ce n'était que pour le chagrin d'une douce petite fille, qui dut quitter une maison amie, parce que mon nom fut prononcé,

J'affronterais votre mépris, en écrivant cette lettre,

Mais c'est aussi pour mettre fin au souvenir douloureux de cette rixe à la Comédie des Champs-Elysées, que vous avez évoqué hier soir.

Dois-je vous l'avouer ? Ce coup de poing malheureux est le seul, que j'aie jamais donné à un être humain, il est le seul aussi, j'en suis sûr, que vous ayez jamais reçu dans votre vie.

Dois-je vous avouer en même temps qu'il fut un geste d'amour ? J'ai frappé votre beau visage de Jochanaan, comme Salomé, parce que je ne pouvais pas l'atteindre autrement . Ce fut un moyen suprême d'entrer en contact avec vous. J'en ai souffert plus que vous, sachant que ce fut une chose atroce pour vous.

A votre arrivée à New-York, je suis venu vers vous et je vous ai tendu la main - cette main qui vous a frappé par amour et admiration. Le globe s'est tellement rétréci ; il n'y a plus que quelques rues, hélas, quelques chambres qui s'offrent à nous. Nous serons obligés encore de nous rencontrer: nous jetterons le froid chez des amis, dans le coeur de nos femmes .

Et je suis un de vos plus fervents et plus purs admirateurs

Yvan Goll

(Ce qui est ici souligné a été rayé par André Breton qui a rajouté cette réponse manuscrite)

Il y a ici ce que je ne puis accepter et ce que j'accepte. Je vous en donne acte humainement, sans mépris. Il ne sera plus jamais bruit de cette histoire : c'est malheureusement tout ce que je puis faire, et vous rendre cette lettre

André Breton

[2] Le Journal Littéraire du 18 Octobre 1924 publie la lettre-réponse du groupe d'André Breton à un article de Pierre Morhange qui avait quelque peu critiqué le surréalisme dans son Billet de "Philosophies "n°3 du 15 septembre 1924:

" Monsieur,

Nous vous avertissons une fois pour toutes que si vous vous permettez d'écrire le mot "Surréalisme "spontanément et sans nous en avertir, nous serons un peu plus de quinze à vous corriger avec cruauté !

Tenez-vous le pour dit !

Pour le Bureau de Recherches Surréalistes

Signé: Paul Eluard, Louis Aragon, André Breton, Roger Vitrac, etc.… "

M. Morhange a répondu. Nous extrayons de sa réponse ces fragments:

"Vous me menacez de vos cruautés ; Pourquoi ne les exercez-vous ? Je dis qu’elles sont légitimes. Et elles seront accueillies par une défense efficiente et implacable, n’en doutez pas . Je donnerais ma vie pour mon honneur et je la donnerais pour la défense d’une virgule.

Ce mot qui absorbe, réjouissez-vous que nous l’enrichissions en passant. Patience ! Pour nous, vous êtes les vieux, maintenant. A vous la loi de détester la jeunesse: notre jeunesse et sa foi intruse ".

Ajoutons que dans cette lettre M. Morhange emploie le mot Dieu au moins cinquante fois.

Pour le directeur d’une revue qui s’intitule Philosophie, c’est beaucoup !

[3]Association strasbourgeoise représentant la littérature alsacienne, fondée par Henri Solveen à laquelle adhère Goll.

[4] version condensée et remaniée S.45 - 70

[5] créée à Cassel en 1927. Une traduction française de cette pièce est consultable à la Bibliothèque de Saint-Dié-des-Vosges

[6] "Ivan Goll, Né le 21 mars 1891

"Le monde moderne inspire Ivan Goll qui, par saccades, par bonds imagés, découpe et reconstruit le grand bazar où nous vivons. Cet Alsacien, qui a fait de Montparnasse sa seconde patrie, est un esprit cosmopolite. Soucieux de toutes les littératures, il est l’auteur d’une anthologie poétique des Cinq Continents (1922). L’Alsace, dit-il volontiers, était un corridor pleins de courants d’air entre l’âme de la France et l’esprit allemand qu’enseignaient les écoles. "Qui de ma génération n’y a pas contracté une bronchite ? "

Dés 1912 son Canal de Panama était un hymne à la fraternité des races. Ses Elégies Internationales expriment en 1915 l’horreur de la guerre. Son Requiem pour les Morts de l’Europe paru en allemand en 1916 se termine par un hymne à la paix. Il a traduit sous le titre Le Coeur de l’Ennemi (Les Humbles 1919) des poèmes d’écrivains allemands exprimant des sentiments analogues ".

'Il y a de nombreuses Editions de cette Anthologie, pas moins de 29 en quatre années et la pagination est alors différente).

[7] Ce poème "Aurore sans globules rouges" est repris dans : Claire et Ivan Goll : Poèmes d'Amour p.44/45 (imprimé le 20 mars 1925 avec quelques variantes ) . Egalement dans ce numéro 38 , une très intéressante analyse par Geo Charles de l'exposition du sculpteur CZAKY , à qui Claire demandera , après la mort d'Yvan, d'illustrer 2 poèmes de L'Ignifère .

[8] Dans le mensuel "Montparnasse" du 1er février 1925, Géo Charles, dans une rubrique où il traite des Revues , montre qu'il soutient le camp de Goll dans la querelle Goll-Breton (Goll a écrit plusieurs fois dans Montparnasse) , en parlant du numéro de Clarté paru le 1er janvier :

« Ce numéro constitue d'après nous le numéro-type de Clarté. Jamais la direction de cette revue ne devrait s'en écarter ; elle l'a fait parfois dans des numéros précédents; ce fut, je pense, une erreur, car on ne nous fera jamais croire, à nous sincères écrivains d'avant-garde littéraire et de gauche, gens simples, que « flirter » par exemple , avec " les petits compilateurs desséchés de Rimbaud ", sous la férule d'André Breton, magister, puisse nous être de la moindre utilité, tant au point de vue de l'Art qu'à celui des Idées que nous défendons . »

En ce qui concerne les revues belges, Géo Charles s'élève contre les propos d'un article désolant de Henri Van de Putte - qui est d'ordinaire mieux inspiré - , consacré au soporifique André Breton :

« Quel est l'artiste, le poète français digne de ce nom, qui prendrait Breton au sérieux .

Seuls ses petits amis ( ils sont trois ou quatre ), son éditeur et les contrats de publicité dudit ( exerçant la profession "d'agent de publicité", je sais à quoi m'en tenir ), ont proclamé la Gloire et le Génie de M. Breton et de son Surréalisme. »

et , après avoir cité les propos exagérément laudatifs de Van de Putte, il termine :

« Qu'à Paris, quelques personnages intéressés, " fassent la claque ", peu importe, mais qu'il y ait en Belgique des esprits que je ne puis accuser de n'être pas sincères, pour applaudir un pareil fatras littéraire, c'est à désespérer de tout .»

[9] P.29: Manifeste du Surréalisme. Poisson soluble, par André Breton (édit. Du Sagittaire)

Surréalisme n° 1(revue dirigée par Ivan Goll).

"Il y a des époques où l’art se sent à l’étroit. Il s’anime alors d’un souffle plus jeune et fait craquer son corset de conventions et de vieilles formules ; cet effort de libération s’appela jadis "Romantisme "Aujourd’hui sous une forme bien différente, ne serait-ce pas lui que l’on nomme "Surréalisme "?

L’homme, toujours pressé de définir "le Beau ", prend vite sa définition pour un idéal. Il assigne ainsi un terme précis à l’élan très imprécis qui le soulève. Puis, soudain, il s’aperçoit qu’il existe encore de la beauté au delà des limites qu’il s’était fixé ; le voici obligé de renverser ses barrières à grand fracas ! Une telle audace fait réfléchir ceux-même qu’elle effraye ou laisse un peu sceptique.

C’est justement parce qu’il "fait réfléchir "de cette façon que le Surréalisme attire les sympathies. Là où notre plume allait glisser une phrase dure au mécanisme banal de l’habitude plutôt qu’à notre spontanéité, le Surréalisme s’insurgera. Il ne craint pas de nous secouer brutalement, il ne répugne même pas à l’incompréhensible: ce qu’il veut, c’est nous dégager de cette réalité factice dont notre raison s’est entourée par un désir trop humain de repos et d’équilibre. Il vise à une réalité plus profonde, à une "Surréalité ". Cette tendance artistique est d’ailleurs en rapport étroit avec certaines tendances philosophiques contemporaines: M. Meyerson, en effet, a déjà tenté de nous prouver que l’apparence logique et rationnelle de la Nature était une vaine création de l’esprit humain. Je crois cette théorie conforme à la plus pure doctrine surréaliste.

Mais comment atteindre cette réalité si profonde qu'elle a fini par disparaître entièrement de notre vue ? André Breton et Yvan Goll sont là pour nous éclairer: tous deux disent le plus grand mal de l'Esthétique et de toute intelligence. Cependant leurs manifestes s'adressent à notre intelligence (surtout celui d'André Breton) et sont en même temps de véritables traités d'esthétique, d'une esthétique assez nouvelle, il est vrai ! Il y a là sans doute un manque de logique.... ou peut-être - qui sait ? - une sorte de "Sur-logique ". Gardons-nous bien de nous en plaindre, puisque sans les heureuses conséquences de cette contradictions, nous ne comprendrions peut-être pas grand chose à l’intérêt très vif de l’effort entrepris.

Inutile de dissimuler qu’André Breton et Ivan Goll ne sont pas d’accord: l’un se réclame du docteur Freud, l’autre des cubistes ; l’un découvre au fond de notre inconscient cette fameuse "Surréalité "qu’il cherchait ; l’autre la trouve dans le monde extérieur considéré "objectivement "et sans aucune intervention de la pensée humaine. Paul Dermée, un autre maître de cette nouvelle école, se rapprocherait plutôt de ce dernier point de vue: il veut "épurer la réalité "en la débarrassant de ses préoccupations utilitaires.

Les résultats obtenus dans tous les cas se ressemblent beaucoup aux yeux du profane: il y a en somme rupture des anciens systèmes d’images au profit de nouvelles associations, assez inattendues, souvent même cohérentes, et parfois d’une beauté indéniable. J’aime par exemple:

... la colline singulière

où le chemin tourne en montant

jusqu’au rocher sanglant où périt la lumière

dans les abattoirs du couchant.

Mais ces vers sont signés Pierre Reverdy, qui - de toutes façons - est un poète.

'suivent trois pages d’analyse critique: Poisson soluble d’André Breton, Jean Painlevé, Anatole France, André Gide, Jean Paulhan...)

Mais que pouvait produire en littérature cette spontanéité déréglée ? Les romantiques autrefois avaient cru à la spontanéité du génie ; mais un sentiment frénétique déclenchait et ordonnait toujours leur lyrisme. Privées de ce principe directeur, les images ne risquent-elles pas de se répandre sans la moindre signification ? Selon Freud, la partie la plus intimement personnelle de notre âme va se donner jour dans ce désordre ; pour André Breton, au contraire, , les oeuvres obtenues par un fidèle enregistrement de ce phénomène ne portent aucune trace de l’humeur de chacun: elles révèlent une "Surréalité "impersonnelle et que l’auteur de Poisson soluble semble diviniser, comme les romantiques firent jadis de l’enthousiasme lyrique. Or, c’est précisément cette divination qui est sujette à la critique. Il est évident que les "recherches surréalistes "peuvent être fécondes en découvertes essentielles: mais pourquoi cette mystérieuse et illogique "Surréalité "serait-elle supérieure à la réalité habituelle, comprise par la raison consciente ? Pourquoi serait-elle plus belle, plus poétique ? Avant de souscrire à cette doctrine, il faudrait admettre un renversement complet de notre échelle de valeurs la plus courante. Et comment le justifier ? Personne ne nous en indique le moyen.

Des objections du même genre peuvent s’adresser aux théories d’Ivan Goll. Mais ce dernier nous offre peu de prise, car il est encore bien imprécis. Il semble vouloir se dégager de la pensée, cette éternelle déformatrice, sans toutefois être hostile à une nouvelle volonté constructive. La littérature et l’art qu’il propose sont purement visuels: l’apogée de cet art est le film cinématographique le plus "condensé" et le moins "truqué". Le Surréalisme d’André Breton est au contraire idéaliste (oh ! paradoxe ! ). Il rompt nettement en visière avec l’ancien réalisme que prolonge et exagère Ivan Goll.

De toutes façons nous assistons à une tentatives de renversement des anciennes valeurs esthétiques et même morales. La définition que Breton nous donne "une fois pour toutes "est assez explicite sur ce point. Il est indispensable de la citer intégralement, car elle précise son point de vue, et peut aider à faire comprendre celui des autres.

"Surréalisme, n. m. Automatisme psychique pur par lequel on se propose d’exprimer soit verbalement, soit par écrit, soit de toute autre manière, le fonctionnement réel de la pensée. Dictée de la pensée en l’absence de tout contrôle exercé par la raison, en dehors de toute préoccupation esthétique ou morale.

"ENCYCL. Philos. Le Surréalisme repose sur la croyance à la réalité supérieure de certaines formes d’associations négligées jusqu'à lui, à la toute puissance du rêve, au jeu désintéressé de la pensée. Il tend à ruiner définitivement tous les autres mécanismes psychiques et à se substituer à eux dans la résolution des principaux problèmes de la vie. "

Ce redoutable programme s’explique par un juste dégoût pour tout ce qui est usé et ressassé, en même temps que par une ardeur juvénile. Par haine du "cliché "banal, les Surréalistes de toutes sortes, avec un très louable désir de rénovation, font autour d’eux une table un peu trop rase. Leur effort a la valeur de toute crise de conscience, vraiment intense et profonde. Mais il me font penser à des guerriers hardis, derrière lesquels se serait reconstruite d’elle-même la muraille qu’ils venaient d’abattre. Cette muraille les limite encore, bien qu’ils l’aient franchie: quand elle sera bel et bien démolie, l’on pourra se rendre compte de la portée de leur conquête. C’est alors que l’Art, sans distinction d’écoles, parviendra sans doute à assimiler le meilleur de leurs découvertes.

André BERGE.

[10] Long article comparant le Surréalisme de Goll et celui de Breton

[11] Reprise du portrait paru dans Les Nouvelles Littéraires du 11 octobre 1924

[12] La traduction française "La Vierge Rouge "est consultable à Saint-Dié: Ms .548.(traduction de Gilberte MARCHEGAY, inédite à ce jour.)

[13] "Ivan Goll habite à Passy, rue Jasmin...Dans le petit salon où flamboient quelques Picasso, Gleizes et Delaunay, un fort beau chat siamois saute sur mes genoux....

“ La fonction de la poésie aujourd'hui ?

— Le revirement a pris naissance vers 1910-12. Ce fût une véritable révolution...De là datent les "ismes ": cubisme en France, futurisme en Italie, expressionnisme en Allemagne. Grande divergence de forme dans ces écoles, mais bien des traits communs: l'amour de la vie, de l'activité nouvelle et ce je ne sais quoi poétique qui est un parallèle du mouvement plus rapide de notre existence. C'est Picasso, Delaunay, Cendrars, Apollinaire, Salmon qui furent les principaux meneurs à Paris.

La guerre... elle effaça en réalité presque toutes les tentatives d'action artistique. Et la paix, jusqu'en 1924, eut une influence encore plus néfaste sur le développement de l'art moderne....En 1924, il y a du nouveau: Dada touche à la banqueroute, les cubistes retouchent à l'objet...J'écrivis dans Paris-Journal un article contre l'art snob, prétentieux et pédéraste qui avait pris le haut du pavé. Les véritables poètes se cachant, les salles de spectacle s'emplissaient de la sottise quotidienne. Le théâtre était mort, remplacé par le ballet russe, suédois ou nègre.....ce n'est qu'au théâtre que l'art pourra devenir excessif, brûlant comme du vitriol et surréaliste, c'est à dire plus puissant plus fiévreux, plus vrai que la vie.

— Surréaliste...Nous y voilà ! Parlez-moi donc du surréalisme.

— Oui, surréaliste. Pour moi surréalisme signifie plus que la réalité, la réalité à outrance, la vie radiographiée, nue jusqu'aux os, et toute chair incendiée ; la vie vue à la loupe...

— Mais que pensez-vous du surréalisme de la rue de Grenelle? ..

— C'est presque l'opposé extrême, oui ; mais vous verrez qu'à la fin les extrêmes se touchent. Les surréalistes bretonniens préconisent la surréalité, qui signifie au-delà de la réalité ou l'autre réalité... Parce qu'ils sont partis du rêve....ils ont conservé du rêve la notion enfantine qu'il est quelque chose d'irréel. Mais pour moi le rêve n'est en aucune façon à distinguer de la vie. Il en est au contraire la continuation sournoise et peut-être encore plus directe. Mes rêves ne sont pas des promenades dans un absolu inconcevable pour mon être conscient, mais des continuations immédiates de ma vie journalière. Ils jugent ma vie. Dans le rêve je vois plus clair et je pense plus logiquement. Je l'attends pour résoudre les questions embrouillées par la "logique", par la diplomatie, par le cynisme des jours. Le rêve est donc pour moi une réalité plus intense, plus lucide, plus directe.

— Et le rôle du rêve dans la poésie ?

— En temps que songe matériel, aucun rôle. La surréalité des grands poètes de toutes les époques, arabes, grecs ou lapons, est due à cette extase qu'on a toujours appelée inspiration et qu'il est inutile d'appeler aujourd'hui surréalisme. Ne sera pas poète qui veut et qui, sans s'abreuver d'opium, se mettra consciemment dans cet état d'inconscience que Breton et ses amis conseillent pour former une génération soi-disant plus géniale que toutes celles qui vécurent depuis 5.000 ans.

— Qu'elle est alors la fonction politique de votre surréalisme ?

— Mon surréalisme est beaucoup plus modeste ; il ne cherche pas à créer une école absolument nouvelle et différente de tout ce qui exista jusqu'à nos jours. Il ne veut que grouper sous une formule les poètes qui expriment la volonté actuelle de faire des œuvres où coule la vie et où celle-ci puisse être construite d'une façon presque aussi parfaite que notre système cardiaque .

[14] "Ces poèmes d'un homme et d'une femme, entrelacés comme deux noms, joints comme deux corps, sont parmi les plus angoissants, les plus purs et les plus étranges à la fois qu'on ait publiés depuis assez longtemps. A vrai dire, le fond en est plus mystique que réel ; la forme se distingue par un lyrisme double, fait d'images exagérées, cosmiques, ou très proches, et d'élans spirituels fort émouvants. C'est là un livre d'une grande originalité et souvent d'une fraîcheur délicieuse... (suivent des extraits) L'expressionnisme des deux poètes, si l'on peut leur donner cette étiquette dont ils n'ont jamais voulu, je crois, et avec raison, s'est précisé, dépouillé et affiné ; la fermeté du mouvement poétique et la justesse de l'image, malgré son grossissement volontaire, confèrent à ces liturgies une allure classique. Je ne résiste pas à l'envie citer ce poème d'un lyrisme bouillant et contenu ”:

Depuis que je ne t'aime plus je t'aime

J'arrache les chênes et les myosotis

Je m'arrache les cheveux de la terre

Et j'écorche le ciel avec mes ongles.

N'avoir plus d'yeux pour pleurer,

N'avoir plus Dieu pour se plaindre,

Ecoutez le silence crier à l'autre bout de la nuit.

Je prends le sabre turc d'une comète

Et m'en perce le cœur.

[15]Czacky illustrera deux poèmes de "L'Ignifère "de Claire Goll en 1967, Editions Jean Petithory.

[16] I. G.: "Les lilas ont déteint sous la pluie "

C. G.: "Où que tu sois "'Poèmes d'Amour), ces deux poèmes en français avec d'infimes variantes

[17] Poèmes d'amour, avec quatre dessins de Marc Chagall par Claire et Ivan Goll (Jean Budry).
"D'aériens dessins de Chagall ornent ce petit livre et conviennent à sa malicieuse candeur. Nous assistons ici aux noces de deux poètes, dont on ne saurait dire lequel est plus poète: lui, plus habile peut-être, elle plus rouée ; chez lui, plus d'émotion vraie, exprimée avec assurance ; chez elle, une innocence toute étonnée et toute étonnante, très dix-huitième siècle, très Cruche cassée.

Il faut savoir gré à Claire et Ivan Goll de cette fenêtre qu'ils ont eux-mêmes ouverte sur leur intimité: mais celle-ci n'apparaît que sous forme de belles et ingénieuses images successives. Tout un libertinage lyrique s'étale avec une aimable et douce tranquillité.” (Jean Cassou)

[18] Claire et Ivan Goll sur un thème ancien à propos du Surréalisme:

«...en dépit du parti pris des poètes contemporains, certains écrivent encore des "poèmes d'amour ". En dépit de la malveillance des lieux communs, en dépit de la douceur des paradoxes, j'en connais, qui écrivent des poèmes d'amour avec génie.

Claire et Ivan Goll est un couple exceptionnel, ils ont bu un philtre qui est un cocktail à base de Gulf-stream et d'aurore boréale, rien ne les épouvante ou plutôt ils vivent dans l'épouvante ravissante de leur amour. N'ont-ils pas fait de la poésie une complicité conjugale ? comme l'anneau de Tristan et Yseult.

Pour éviter les malentendus dont se nourrissent la vie et l'amour et dont ils crèvent, ils parlent en cœur à cœur dans un langage chiffré qui est celui des anges et ce langage surnaturel est fait de demi-mot:

(suivent de nombreuses citations, accompagnées de commentaires élogieux)

Le surréalisme a trouvé chez ceux-là même qui le découvraient des commentateurs qui en firent une boîte à musique aussi bruyante qu'un congrès politique.

Il eut aussi ses héros qui en firent l'expérience dangereuse. J'aime à me persuader qu'ils sont tombés parce que les héros meurent jeunes.

La table des matières des "Poèmes d'Amour" est suivie d'une page publicitaire étayée par trois définitions du surréalisme. Les deux premières sont fumeuses et, avec tout le prétentieux vocabulaire emprunté à la plus fâcheuse critique, essaient de nous convaincre d'abstractions creuses.

La troisième, la seule qui arrache la sympathie, ne veut rien dire non plus, mais se propose une ambition beaucoup plus sévère, que d'être probante :

"Surréalisme: c'est la poésie tout court ".»

[19] Chaque saison un cahier par les soins de Massimo Bontempelli - Ramon Gomez de La Serna - James Joyce - Georg Kaiser - Pierre Mac Orlan .

[20] Ces sept pages sont inédites. Un an plus tard en Allemagne paraîtra "Die Eurokokke", une version française paraîtra chez Corréa en 1934 sous le titre: Lucifer vieillissant, mais à ce point différente de la version allemande que Claire Goll a traduit "Die Eurokokke" par son titre "L'Eurocoque": cette traduction, inédite à ce jour est archivée à la B.S.D.d.V. — Ms 549(47 ff. Dactylographiés)

[21]: "Ivan Goll, l'homme qui chante tout le long de sa vie. Impossible de ne pas voir qu'il est allemand. Il a un rire couleur du Rhin. Des lunettes qui agrandissent l'oeil, clignant comme les lumières de Nüremberg, dans la nuit de la fantaisie. Impossible de ne pas voir qu'il est français. Il est plein de sourires, d'ironie foraine. Son oeil se fixe sur tout spectacle, il en profite pour oublier la versification ; il crée de mystérieux projets de cosmogonies nouvelles.

Mon cher Robert Delaunay, surveillez Goll ; c'est l'homme qui un jour ou l'autre vous volera la tour Eiffel pour l'emporter.

Où ? "

Nino Frank parlera de Goll dans le numéro 23 ( novembre 1949) de La Table Ronde: Souvenirs sur James Joyce où il indique le rôle moteur de Goll dans cette rencontre, dans Mémoire brisée , Calmann Lévy, 1967 où il relate l'aventure de la revue "900" et de "Bifur ". Il y est souvent question de Goll et de ses relations avec Joyce (p. 30 à 64), Malraux (p. 281 / 82) et dans un autre livre de souvenirs "10.7.2. et autres portraits", Maurice Nadeau / Papyrus 1983 ( où l'on retrouve Claire et Ivan Goll).

[22] page 231 Dialogue entre LUI et MOI

MOI : Balbutiements, ténèbres, décousu et divagation, Eluard, Reverdy, Ivan Goll . Prenez un passage de Mr. J. Cocteau et constatez, je vous prie, l'impossibilité où se trouve cet écrivain, de faire des phrases qui se tiennent, qui se suivent, qui se lient, de cimenter deux idées, de réaliser un développement . Ces messieurs ont improvisé, chacun avec son "génie" spécial, une entreprise forcenée de démolitions et de transports de matériaux

LUI : je vous suis avec difficulté et il me semble que c'est vous qui rassemblez mal vos idées

MOI : …Le charlatanisme littéraire a pris, depuis peu, des dimensions inusitées et le public ces gogos ( Littératures d'Avant-Garde )

[23] Bagarre à la Comédie des Champs Elysées

A propos une bagarre.

Combien y a-t-il de surréalismes ?

Une danseuse allemande dansait l'autre jour a Paris. Et il y a eu bataille autour d'elle. Nous ne prétendons pas à prendre parti dans cette bagarre dans nous ignorons les causes et les circonstances. Mais l'un des assistants, M. Marcel Berger nous adresse là-dessus une note qui cherche à fixer de façon intéressante le sens des deux « surréalismes ». Car ils sont bien deux.

Voici la note de M. Marcel Berger :

J'étais venu Samedi dernier à la comédie des Champs-Elysées. En simple curieux, alléché par ce qu'on m'avait dit de cette danseuse berlinoise, Valeska Gert, « surréaliste » portait le programme, « danseuse de la laideur », et qu'une réputation européenne, on ne l'ignore pas, précédait.

« Surréalisme » ? Avourai-je que ce mot demeurait un peu vague à mes yeux.

Je savais tout au plus que deux groupes, sinon trois, se disputent cette étiquette, ce qui n'est pas pour déplaire, car querelles de mots sont souvent prétexte à discussions d'idées. « Surréalisme » ! Me fiant à mes modestes notions d'étymologie, je concevais à priori cette formule comme celle de jeunes hommes, qui se font fort de dépasser en acuité, en profondeur, les visions de la vie quotidienne : plus que la réalité.

La séance allait être pour moi pleine d'un singulier enseignement. Car Valeska Gert n'avait pas fini son premier numéro, qu'une petite bande se révélait au milieu de l'orchestre. J'y reconnus les jeunes et charmants camarades un peu fous, à moins qu'ils ne soient sages pleins de foi, croyais-je, et d'espérances à défaut de charité, et, ma foi, au lieu d'applaudir, comme je jure que je m'y attendais ferme, cette déléguée de l'avant-garde d'une autre nation qui ne passe pas pour mettre spécialement rétrograde en matière d'art, tout au moins d'une nation avec laquelle je crois que leur rêve audacieux est de supprimer toutes frontières, voilà qu'ils vociféraient, déchaînés, enfiévrés, vengeurs :

- A la porte ! Conspuez ! Au b... ! Ivan Goll, à l'instant, se dressait, protestant à son tour - contre eux - ainsi qu'on devait l'attendre de l'auteur de Mathusalem. Echange d'invectives , pugilat, digne des héros d'Homère. Breton ne sentira que l'oeil poché ; la police dut intervenir, a évacuer les perturbateurs, et, pour faire largement les choses, les

mainteneurs de l'ordre également.

J'avoue que je me suis pris la tête et que j'ai eu du mal à comprendre. Manifestation chauvine ? Jamais. Cette équipe turbulente ne vient-elle pas de reprendre en main Clarté ? Démonstration très « gensdelettres » de jeunes gens jaloux du mot « surréalisme » comme ils le seraient d'une maîtresse ? On me dit que le conflit serait plus profond, vrai conflit de doctrine, intéressant à cause de cela. On me dit qu'il convient en effet de faire un scrupuleux départ entre les deux « surréalismes » l'un qui s'appuie sur la réalité pour s'élever au-dessus d'elle, récuse, bien sûr, la transposition servile de la vie, mais se flatte de demeurer une formule intellectuelle et poétique, celle d'Ivan Goll justement avec sa fantaisie qui cache l'ironie la plus subtile et l'art plus équilibré, celle d'une artiste aussi qui donne, sous couleur de danse, une leçon cruelle et précise à l'égoïsme, au bourgeoisisme, au panmuflisme contemporains. Et l'autre qui n'est qu'une resucée de ce dadaïsme, défi monstrueux à toutes les règles, doctrine purement anarchiste, nihiliste, négatrice, avec un sourire d'ivrogne, de tout ce qui serait lien de raison, d'harmonie entre les phénomènes. Doctrine de neurasthéniques freudiens, de désespérés peut-être, doctrine qui fait des dégâts pas, doctrine contre laquelle il faut peut-être que l'on ne se contente pas de hausser les épaules, mais qu'on serre les rangs. Marcel Berger

[24]Le fils de M. Painlevé devient "le fils de Mathusalem"- assez long article de Géo London, accompagné d'une photo de Jean Painlevé interrogé sur la pièce "d'une conception hardie ", de son personnage "un jeune homme hanté par l'agiotage, le change, les cours de la Bourse ; de son visage dissimulé pendant l'action derrière un masque représentant une pièce d'un dollar, de son costume de businessman ; une manche a la forme d'un stylographe, l'autre la forme d'un carnet de comptes. La veste s'orne d'additions et de multiplications ; le col est un cadre de T.S.F. et la cravate un haut-parleur "....

[25]Après le film Painlevé du fils Painlevé voici la farce Painlevé (article non signé) "… Ce cabaret a ceci de curieux qu’il est dirigé par un nommé Andrieux dont l’épouse ne veut engager que des artistes juifs. Passons …La pièce à interpréter est de M. Yvan Gall ; la musique de M. Maxime Jacob. La première répétition se passa sans encombre. La deuxième se termina en catastrophe. "l'Oeil de Paris" appartient à Mme Andrieux, née Djoudha …M. Painlevé fils fit, sur elle, grosse et favorable impression. Mais le jeune homme ne voulut rien savoir. Mme Djoudha ne put supporter cet affront personnel. Au moment où la deuxième répétition battait son plein, elle fit jeter tout le monde à la porte.- ça vous apprendra à jouer les “ Joseph ”, dit un artiste au fils du ministre.

[26]Allô, Ivan Goll ? - C'est à partir du 25 que la Compagnie du Loup blanc présentera au Théâtre Michel, tous les jours à 5 heures, Mathusalem.- Une farce ?

- Non un spectacle, qui comprendra une importante partie cinématographique, un spectacle satirique sur la bourgeoisie et la révolution....

[27] Cette Cantate fut donnée pour la première fois à l'Opéra de Berlin le 2 mars 1927 sous la direction d'Erich Kleiber avec pour solistes Delia Reinhardt et Rudolf Deman , comme prélude de concert à la première exécution de l'Opéra en un acte de Kurt Weill et d'Yvan Goll "Royal Palace". Dans une lettre à ses parents de janvier 1926, Kurt Weill décrit "Der Neue Orpheus" comme l'œuvre pivot dans la découverte progressive de soi qui le mènerait ultérieurement à un style "beaucoup plus assuré, plus libre , plus léger et plus simple".

Il existe un enregistrement de cette Cantate pour chant, violon et orchestre: Carole Farley (Soprano) , Michael Guttman ( violon) et le Rheinische Philarmonie dirigé par José Serebrier , CD DCA 987 (ASV).

[28] Dans une lettre du 12 mars 1927 à Jean Painlevé, Ivan Goll, absent à la générale de Mathusalem , évoque la première de Royal Palace :

Ici, tout avait si bien marché ! Triomphe à l'Opéra d'Etat, ci-devant Impérial , où mon "Royal Palace" a ébranlé comme une bombe les poutres ancestrales . Un opéra de jazz avec film , décors cubistes , et une musique effrénée , atonale , toute moderne : un parquet d'élite , le Tout Berlin grossi de curieux accourus de toute l'Allemagne , critiques de Prague et de Francfort . Et ils n'en sont pas encore revenus ? !

Et maintenant : Mathusalem sans moi ; Toutes mes joies s'effondrent !

Ecrivez-moi , télégraphiez-moi

votre inconsolable

Ivan

Dans "Le Monde" du 03.08.01:

" Royal Palace, de Kurt Weill, rareté de 1925 d'avant L'Opéra de Quat'sous, mi-sérieuse, mi-thé dansant., a été donné le 2 août sous la direction de Sir Andrew Davies ....on avouera être venu ce soir surtout pour la rareté de Kurt Weill, un opéra de poche, au texte vaguement décalé et onirique, d'Yvan Goll, Royal Palace, écrit en 1925 et créé deux ans plus tard par Erich Kleiber . Les parties orchestrales ayant été perdues, Gunther Schüller les a formidablement "réinventées", en 1971 à partir de la réduction pour piano qui, elle, a survécu . La beauté de son instrumentation , avec ses mélanges de percussions et la présence d'un saxophone, concourt grandement à l'intérêt de cette redécouverte . C'est un Kurt Weill d'un raffinement extrême, qui ne pèse jamais ( comme c'est hélas le cas dans l'opéra Die Burschaft ( 1930-1932 ), par exemple. Dans Royal Palace , on admire le trait net de l'écriture mais aussi les beaux passages mercuriaux du rôle principal féminin ( excellente Janice Watson ), le choeur final, les passages de danse, disposés comme les "follies" d'une comédie musicale ou d'une revue pour Broadway, un genre dans lequel Weill n'allait s'illustrer que bien plus tard . Royal Palace peut paraître un peu court de portée, mais c'est surtout en raison d'un texte elliptique. C'est en tout cas un concentré parfait du meilleur Kurt Weill, parfaitement cajolé et puisé par Andrew Davies. R.Ma.

[29] En 1923, un écrivain, M. Ivan Goll a fait paraître une "anthologie mondiale de poésie contemporaine ". Il a mis là 150 poètes originaires de tous les pays: Etats-Unis, Grande-Bretagne, Irlande, France, Belgique, Italie, Espagne, Catalogne, Amérique du Sud, Grèce, Roumanie, Allemagne, Autriche, Hollande, Suisse, Suède, Norvège, Danemark, Hollande, Russie, Pologne, Hongrie, Tchécoslovaquie, Yougoslavie, Japon, Chine, Indes, Turquie, Arménie...

Toutes les races sont représentées, jusqu'aux Indiens d'Amérique, jusqu'aux nègres africains. La race juive étant la plus "mondiale "y occupe une belle place.

Il est remarquable que notre époque, au début du XXè. siècle ait fait naître à la conscience une littérature d'esprit européen, voire eurasiatique et même mondial.... en général les poètes cosmopolites, internationalistes, mondiaux (comme on voudra les appeler) s'attachent plus au fond qu'à la forme du vers, — ou plutôt ils cherchent à donner, à cette forme un caractère aussi universel que possible, c'est à dire transmissible, assimilable aux lecteurs et traducteurs de partout.....certains de ces poètes exalteront la vie pour elle-même, la vie diverse, grouillante, vue dans la variété du panorama, dans le vertige du cinéma. Quelques uns, reprenant les vieux rêves de fraternité, embrasseront le monde entier sur leur cœur.....

A la place du patriotisme enterré, l'esprit de race prend relief, se dresse et clame chez quelques juifs ; et l'âme de l'antique Israël, trempée par tant de siècles, est comme un lien solide et ténu, une fibre vivante qui traverse et unit les tronçons dispersés du cosmopolitisme littéraire.

p.314: ...Aujourd'hui, nous ne saurions nous charger de les définir et de les étiqueter un à un, car nous voyons des dadas de ce matin qui sont des surréalistes ce soir, et nul ne peut dire ce qu'ils seront demain. Pour ne pas gêner leur liberté d'évolution, contentons - nous de les classer seulement par ordre alphabétique, et de nommer ici les plus entreprenants d'entre eux: Pierre Albert-Birot, Louis Aragon, Jacques Baron, André Breton, Joseph Delteil, Paul Dermée, Paul Eluard, Ivan Goll, Francis Picabia, Philippe Soupault, Roger Vitrac.

[30] “ M. Jean Painlevé, fils de M. Paul Painlevé répète avec ardeur tous les après-midi au Théâtre de la Madeleine, une pièce étrange, écrite ? ) par un auteur russe et qui doit être jouée au profit des laboratoires. Les laboratoires sont l’excuse des débordements artistiques de M. Jean Painlevé. Dans cette pièce étrange, les acteurs doivent être costumés qui en cafetière, qui en soupière, tous en instruments de cuisine, Pot-bouille aggravé de Chanteclerc.

M. Jean Painlevé, par respect pour les convictions anciennes de son père, avait fait décider que les règles d’un socialisme autoritaire présideraient à cette oeuvre artistico-théâtrale. Pas de rivalité, pas de vedettes. On promit, on jura. Mais vendredi, au cours de la répétition, une vieille artiste de la troupe exigea la vedette. M. Barencey aussi. Puis tout le monde. M. Jean Painlevé fait l’apprentissage des difficultés sociales. Il ferait bien aussi, avant de se mêler de jouer la comédie de faire l’apprentissage du théâtre.”

[31] Importante critique sur la création de "Royal Palace".

[32] "Le roi de la chaussure convie cet après-midi la critique au Théâtre Michel. …Chaque personnage est typé avec expression, mais le masque qu’il porte sur la figure symbolise ses intentions et son rôle dans l’existence. Prenons le personnage du fils de Mathusalem, que va camper avec beaucoup de pittoresque M. Jean Painlevé. Son costume est très caractéristique, en ce sens que son bras droit est représenté par un stylographe, son bras gauche par des feuillets et son col par des accessoires de T.S.F. … Ce roi de la chaussure est entouré d’animaux. Ceux-ci s’animeront au cours du premier acte, ils fomenteront une révolution, faisant valoir leurs droits pour abattre le pouvoir de l’homme. Et lorsque le mouvement insurrectionnel sera opéré, ces bêtes seront forcées de reconnaître qu’elles font la même chose que les humains qui les ont précédées. …

Mathusalem a une action bien déterminée, après deux morts violentes, tous les personnages se retrouveront dans la plus calme et la plus douce des béatitudes. Et les personnages seront interprétés par M. Harry James, imposant et truculent Mathusalem, Mme Marguerite Ducouret … "

(dans la distribution on trouve, pour le rôle de Mme Jésusfils, Jacqueline Delubac et dans les personnages des films, Jean Painlevé et Antonin Artaud ; les films ont été conservés et remis à 25 images seconde. Mise en scène de A. René Sti - Décoration de L. Medgyès)

[33]Article de Fortunat Strowski, Membre de l'Institut: “ Je ne voudrais pas passer pour l'extravagant courtisan de l'extravagance ; mais j'avoue que ce jeu extravagant m'a plu.

J'ai eu le plaisir de l'oreille, grâce à une musique savante...mais point affectée. J'ai eu le plaisir des yeux grâce à un décor plein de détails pittoresques et où un chemin en vrille qui occupe le centre, conduit ou plutôt dépose les personnages sur la scène ! J'ai même eu un plaisir de l'esprit - si tant est que j'ai de l'esprit - grâce à une action simplifiée et voilée qui se déroule pour ainsi dire dans l'herbe.... ”

[34] "Monsieur Jean Painlevé jouera sous l'égide d'un groupe d'avant-garde au Théâtre Saint-Michel une pièce politico-anarchiste qui se déroulera de nos jours malgré son titre biblique Mathusalem ....En effet dans la pièce il y a une foule bolchevique qui brandit le portrait de Lénine et vocifère l'Internationale...M. Jean Painlevé et ses amis comptent beaucoup sur le tumulte que pourrait soulever la pièce - qui fut déjà jouée en Allemagne - pour attirer les amateurs de spectacles chahutés. Elle va bien la descendance de l'Aristocratie républicaine et laïque ! Mais n'est-ce pas dans l'ordre ? Les pères ont semé. Voici la récolte. "

[35] "... si extravagante qu'elle soit, la fantaisie de M. Yvan Goll est imprévue, abracadabrante et pour le spectateur définitivement blasé, ce spectacle est un régal, car il ne ressemble à rien. Vais-je vous raconter la pièce ? elle est inénarrable dans toute l'acception du terme. Les décors, les costumes, la mise en scène procèdent du même esprit, directement influencé par l'art Dada. C'est drôle, systématiquement excentrique...Ça repose ! MM. Harry James, Jean Painlevé, Maurice Lagrenée, Mmes Ducouret, Avril jouent imperturbablement cette étonnante pochade. "

(L'auteur de cet article, Charles Méré qui persiste à écrire Yvan Goll, avait assisté à une répétition en avant-première au Théâtre des Mathurins où, comme au Théâtre Michel, les trois coups étaient remplacés par une annonce de course - Plus que 3 secondes - plus que 2 secondes - plus qu'une seconde - partez ! )

[36] Au Théâtre Michel

Le Loup blanc a donné son premier spectacle :

Mathusalem de M. Ivan Goll, que nous a montré pour son premier spectacle le groupe d'avant-garde Le Loup blanc, contient du meilleur et du pire. Mais c'est une œuvre qui certes n'est pas indifférente. En l'écoutant, on pense à Têtes de rechange. L'on m'a dit que Mathusalem avait été écrite avant la pièce de M. Pellerin . Je n'en sais rien. Mais Mathusalem est encore dans les cornues du laboratoire, tandis que pour Têtes de rechange la distillation est terminée .

Quelle histoire nous conte-t'on en ces tableaux symboliques, par la bouche de ces personnages au visage couvert d'un masque ? L'éternelle opposition du réel et de l'idéal . Mathusalem le bourgeois, propriétaire d'une firme de chaussures qui a des succursales dans les cinq parties du monde . Il ne songe qu'à ses affaires et à ses plaisirs : la table et une maîtresse . Il craint sans cesse l'écroulement de sa fortune et toutes les voix des révoltés du monde lui arrivent effrayantes . Mais son optimisme a le dessus et dans son rêve il voit un acteur qui répète Hamlet et qui tient le crâne de Yorick entre ses mains . Lui trouve cela fade et sans nul attrait ; il ôte le crâne d'entre les mains d'Hamlet et met à la place une chaussure . Hamlet n'a plus qu'à recommencer sa méditation : To be or not to be !

Tout cela, quoique biscornu est excellent . C'est le premier tableau, dont je n'aime pas le décor aux lignes trop nettes, aux couleurs trop heurtées . Et cependant l'on a tenté je crois de représenter par une sorte de chemin en spirale tout le flou de l'esprit créateur quand il conçoit une œuvre . Alors ? Il fallait estomper !

Le deuxième tableau est, lui, beaucoup plus harmonieux. Le texte en est très heureux et le décor . Trois personnages qui représentent les diverses aspirations d'un même être : Toi, Moi, Lui, courtisent la même femme, l'un avec sincérité, les autres avec moquerie . Le décor avec la Tour Eiffel sur un fond noir est très évocateur. Il y a là-dedans une fantaisie très savoureuse. J'aime moins le reste de la pièce qui semble se précipiter ; et cela nuit aux proportions de l'ensemble . Mathusalem voudrait marier sa fille Ida à un bourgeois cossu. Mais Ida a un amant. Félix, le fils de Mathusalem, venge l'honneur de la famille en tuant le séducteur, un étudiant russe . Mais comme nous sommes dans la fantaisie, les gens qu'on tuent ici se portent assez bien. Et l'étudiant ressuscité, qui est un peu bolcheviste, tue le Bourgeois Mathusalem. Mathusalem ressuscité aussi est au dernier rideau. Sa fille est mariée à l'étudiant : elle a un poupon ; et elle semble, elle qui était poésie, illusion, rêve, fort embourgeoisée. Le mariage tue l'amour ! Seul, l'étudiant pleure l'idéal d'égalité et de justice universelles perdu.

Une agréable musique de M. Maxime Jacob, une musique qui n'est point trop révoltée, peut-être pas assez, accompagne le texte. La mise en scène adroite et subtile est de M. A. Sti, la décoration est de Medgyès; je l'ai dit, je n'aime pas son premier décor, mais j'aime beaucoup le second. Parmi les acteurs, il y a M. Maurice Lagrenée qui dit admirablement son texte et sait par d'intelligentes nuances le faire valoir; dans le rôle d'Ida Mlle Gine Avril est le printemps et la grâce même. M. Harry James compose pittoresquement Mathusalem. M. Pierre Noyelle est Lui; il dit peu de chose, mais cela est assez pour que nous goûtions son talent qui est grand. M. Jean Painlevé , le fils de notre ministre de la Guerre, jouait le rôle de Félix, le fils de Mathusalem . Félix ! Il l'a été dans son interprétation ! (Félix , je le dis pour ceux qui ne savent que la langue du jazz-band, signifie heureux ! ). Les autres acteurs : Mmes Clary-Monthal, Lily Janlys, Jacqueline Delubac, Monique Stani ; MM. Henri Marchand et Daniel Durret . L'orchestre était dirigé par M. Robert Chabé qui fit exécuter la partie symphonique à ses musiciens excellemment, avec beaucoup de délicatesse et de finesse. Dans l'orchestre : MM. Morel, Blachet, Rible, Adriano, Rumeau et Maxime Jacob. Le cinéma participe aussi à l'action : il nous montre Le rêve de Mathusalem . Ce court film était incontestablement très amusant et mériterait une analyse détaillée. Les deux autres bouts de film, L'Enterrement et Le Mariage , pour plaisants qu'ils fussent m'ont apparu un peu comme les hors-d'œuvre. Mais n'étions-nous pas au royaume de la fantaisie surréelle ? » Max Frantel

[37] Cher ami,

Ainsi, après que vous ayez préparé Mathusalem, ma chère oeuvre, avec tant d’amour et de dévouement - le sort a voulu que je fusse exclu du dernier effort et du suprême élan ! Oh, comme je regrette ! Mais n’y a-t-il pas beaucoup de votre faute ? Pourquoi ne rien m’avoir écrit, m’avoir laissé sans le moindre détail sur votre travail et tout ce qui se préparait. Un petit télégramme de votre part et j’étais dans le train de Paris ! Mais votre silence ne pouvait que me faire prévoir que vos répétitions suivaient toujours le même train que depuis le 15 novembre. Seule une lettre charitable de Gine Avril m'a ouvert les yeux, arrivée le soir même de mercredi: jour de la Générale ! Faut-il vous décrire mon effarement et mon chagrin ?

Ici tout avait si bien marché ! Triomphe à l’Opéra d 'Etat, ci-devant impérial, où mon "Royal Palace" a ébranlé comme une bombe les poutres ancestrales. Un opéra de jazz, avec film, décors cubistes, et une musique effrénée, atonale, toute moderne : un parquet d’élite, le Tout Berlin grossi de curieux accourus de toute l’Allemagne, critiques de Prague et de Francfort. Et ils n’en sont pas encore revenus ? !

Et maintenant: Mathusalem sans moi. Toutes mes joies s’effondrent !

Ecrivez-moi, téléphonez-moi

votre inconsolable Ivan

[38] en 1 ère page une photo légendée: M. Jean Painlevé qui a joué hier au Théâtre Michel (on le voit dans le costume dessiné par L. Medgyés pour le rôle de Félix, le fils de Mathusalem). En page 2, un article de Géo London: Les débuts au Théâtre de M. Jean Painlevé.

[39]"Mon cher Jean, je lis à l’instant dans le Figaro que vous allez reprendre "Mathusalem" en soirée dans de nouveaux décors. Bravo bravo bravo ! mais j’espère que vous m’enverrez une petite invitation cette fois

Bien amicalement votre Ivan Goll

[40] Extrait d'un roman à paraître "Le Microbe de l'Or"( Emile-Paul) .Il s'agit du chapitre XV de l'édition originale, pages 165 à 180.

[41] Chaque saison un cahier par les soins de Massimo Bontempelli - Ilya Ehrenbourg - Ramon Gomez de La Serna - James Joyce - Georg Kaiser - Pierre Mac Orlan (2000 exemplaires, 300 marqués de I à CCC et 1700 numérotés de 1 à 1700

[42] George Grosz

La brutalité de notre époque pose l'alternative, en dehors de laquelle il n'y a plus rien il faut lui dire Oui ou Non. Il faut se monter le coup, aimer la force pour la force, exalter les progrès du XXe siècle, qui nous firent atteindre aux gaz asphyxiants, il faut trafiquer, peiner, suer et dire : « c'est la vie » comme on avale un Amer Picon, il faut devenir boxeur au ministre ou fabriquant de casseroles en aluminium : tout le monde peut y arriver avec un peu beaucoup de bonne mauvaise foi .

Ou bien il faut cracher dessus. Se mettre en dehors. Retrousser les manches de la chemise. Et crier la vérité. Ce qu'il y a de plus redoutable dans le monde : la vérité. Ne plus se leurrer soi-même, prendre une glace de poche et s'y trouver la grimace de l'humanité : tête de mort.

Gare à ceux, qui ne disent ni oui ni non : ils sont condamnés. Ils sont roulés. Ils prêtent leur capital à une société qui n'existe déjà plus, dans la façade cache les écroulements intérieurs, dans la faillite, jamais publique, a été consommée plus de dix fois déjà. Ceux qui ne disent ni oui ni mort se figurent que la Guerre est terminée et que tout va redevenir comme « avant » ; et pour ne rien savoir, ils achètent un pyjama et un bonnet de nuit.

Ce qui nous intéresse, c'est la position que prennent les artistes par ces temps de tremblement de conscience de l'Europe. L'exemple est donné par les pays révolutionnés, où les façades croulent comme les barques de la foire, où les tours d'Ivoire son séquestrées et transformés en jetons pour maison de jeux clandestines, où en manches de parapluies pour dames, en cas d'attaques nocturnes.

L'artiste se trouve dans la rue. Il prend vite position. Il est né pour dire Non, éternel Prométhée : Tel fut le cas en Russie. Tel fut le cas en Allemagne.

À une époque aussi sinistre que la nôtre, il n'y avait pas à se tromper. Tout était négatif. Devant tant de mines cadavériques le mot de « Création » était presque de l'ironie. Aussi le courant le plus applaudi, inconsciemment, par un public qui ne s'en rendait pas compte, était celui qui disait " Non " tout court à tout ce qui existait.

Nous sommes en Allemagne. Déclic. Novembre 18. L'homme de fer, - qui n'avait plus de chair, l'homme de papier, qui n'avait plus de coeur, l'homme -- ersatz tomba en miettes. Tout l'effort, toutes les victoires étaient vaines. Désespoir. Renoncement. Le Rien. Alors Dada vint. Et il régna pendant un bon mois à Berlin. Disons de suite qu'il avait beaucoup plus de raison d'être là-bas qu'à Paris. L'esprit Négatif était urgent partout. Mais il faut se rendre compte que les dadaïste français ne connaissaient pas leur métier. Il s'affublèrent de monocles, de cravates multicolores, ils écrivirent des manifestes sur papier doré et crurent en imposer à leurs contemporains en disant Zut ! et Merde ! comme tout voyou de faubourg sait le faire. D'une part, leur monocle les firent ressembler terriblement à l'esthète Wilde, qui est pour notre époque aussi pompier qu'on peut l'être. D'autre part, leurs Zuts étaient tellement timides, qu'ils en tremblaient sur leurs piédestaux. Résultat : tout compte fait, on ne sut pas qui était le véritable imbécile : du public qui venait les écouter, ou de ceux qui n'avait que ces interjection sur les lèvres.

Les Dadas berlinois se fichèrent carrément de la société. Il ne dire pas non pour avoir une attitude glorieuse et pour faire parler la presse et citer leurs noms, ce qui, à Paris, rapportait de nombreuses coupures de l'Argus, unique désir ; à Berlin, ils giflèrent le passant, ils s'attaquèrent à la brute et firent une révolution qui compte.

George Grosz a été un chef des dadas allemands. Son oeuvre compte dans l'histoire de l'art de son pays. Il est le Daumier de sa génération, mais comme celle-ci, cent fois plus amer, plus méchant, plus sarcastique, plus brutal et plus agressif. Que faut il pourrait être révolutionnaire ? Il suffit d'avoir du bon sens et de connaître la bêtise et la misère des hommes. Il suffit de s'asseoir dans un café berlinois et noter sur sa manchette les crânes appauvris, les rictus hébétés, les sourires équivoques des Européens qui se disent les pasteurs de la Kultur. George Grosz l'a fait et il a collectionné des silhouettes qui éternisent la brute prussienne, dans toutes les attitudes : l'officier au profil émacié, fier des cadavres à la santé desquels il vide sa coupe de Champagne ; l'honorable bourgeois, qui par-dessus la table parle de coton ou de bible, et sous la nappe, d'une main moite, fouille les jambes nues d'une cocotte ; l'amant sentimental, assez riche pour se payer de la nostalgie, cachant sous son veston le revolver gentiment posé près du coeur, et un squelette maladif dans le dos. En tournant des pages des albums de Grosz, nous entrevoyons un formidable sabbat déclenché, non dans quelque antre caché, mais là, devant nous, à chaque coin de boulevard, devant chaque table de café, dans chaque magasin transformé en bordel clandestin.

La «Danse de mort » de Dürer est moins triste que cette danse de la vie pleine des grimaces de femmes que nous côtoyons tous les jours et des masques de brutes qui ressemblent affreusement à nos maîtres d'hier. Les dessins de Grosz, si comiques soient ils, nous prêtent à rire à la première minute, mais par la suite ils nous effrayent, et au fur et à mesure que nous tournons les pages, une obsession s'empare de nous, qu'il est impossible d'oublier.

S'il y a un artiste qui accuse notre façon de vivre, c'est bien George Grosz. S'il y a un homme qui a découvert les tares de notre société et les a montrées systématiquement, sans sourciller et sans craindre l'explosion de colère et surtout de honte, c'est bien George Grosz. S'il y a un document qui nous révèle l'âme « boche » jusque dans ses profondeurs les plus abjectes, ce sont ces cahiers de dessins, qui ne prétendent pas être du grand art, de la composition géniale, de la création surhumaine : mais qui simplement s'exercent à démasquer la racaille sociale qui dévore l'Europe moderne.

George Grosz est encore très jeune. Mais il était encore bien plus jeune, il y a dix ans, et des critiques le proclamait déjà le nouveau champion d'un art inconnu. Grosz a l'étoffe de ce qu'on nomme un grand artiste. Dans ses oeuvres d'avant-guerre, où il s'était créé une manière toute personnelle, toute infantile, et où il nous montrait déjà la face de nos villes modernes, des gratte-ciels américains, des boulevards apocalyptiques, avec une imagination et une puissance de mouvement et d'évocation rares, ils se révélait parfois mélancolique, subtil et hautement poétique, plaçant au-dessus des bouges d'ivrognes, les rues prostituées et des maisons hantées du malheur social, des étoiles souriantes et des demi-lunes pleines de promesses et d'espoir.

Ces promesses et ces espoirs ne se sont jamais réalisée. La guerre vint, la paix suivit. Que s'est-il passé ? D'aucuns l'ignorent, mais il y a en a qui ne dorment pas et qui attendent l'aurore avec le revolver sous l'oreiller, hantés de visions insupportables ; ils deviennent comme George Grosz, des révolutionnaires, en art et en fait, et à présent par l'image et par la parole ; un miroir cassé (leur arme unique) tremblant entre leurs mains, ils vont montrer à leurs contemporains la face véritable de l'époque, et ils parviennent à engendrer la honte, la honte féroce. Si ce qui se regardent dans ce miroir se cachent la face, ils vaincront, ils auront raison du mauvais esprit. Hélas ! L'Allemagne est loin de le reconnaître. N'a-t-elle pas traîné Grosz et ses amis devant les tribunaux, pour « outrage à l'armée » ? On poursuit Grosz ? Mais tant mieux aussi : c'est que la bête est touchée. Le sanglier saigne de toutes parts. Et ses taches de sang poisseux seront un jour les signes auxquels on reconnaîtra la route qui mena à des ténèbres à la clarté.

George Grosz, on le saura un jour, a plus fait pour la révolution allemande que n'importe quel politicien.

Ivan Goll.

[43] Comme Goll, Eugène Jolas est lorrain. Leur amitié qui date des années 20 se poursuivra jusqu'à la mort de Goll. Jean Bertho possède le livre de Claire Studer: Lyrische Films . Gedichte

Basel, Rhein Verlag, Leipzig 1922

avec cette dédicace:

A Eugène Jolas

au poète et reporter

Claire Goll ( 1924 )

[44] Traduction allemande par Georg Goyert dans Dichtungen (Oeuvres) Berlin Luchterhand Verlag, 1960.

[45] "front du développement du travail créateur et de la lutte pour l’avenir", cent cinquante collaborateurs liés à l’expressionnisme, au dadaïsme, cubisme, constructivisme, Bauhaus, surréalisme ont contribué à cet Almanach, édité par un groupe tchèque avant-gardiste.

Extraits de la contribution de Goll:

"L’Art en ce moment n’a pas droit de cité "... "Attention au succès ! C’est le pire qui pourrait nous arriver. "... "L’Art auquel nous travaillons, balbutie... les grands extrémistes sont fatigués "... "Moi je suis un poète... le poète est un anachronisme ".

[46] Paris 11 - I - 28

Mon cher Gaston Picard

Votre enquête me touche de trop près pour que

je n'y réponde pas :

Le Surréalisme !

Parce que ce terme a été inventé par Apollinaire

qui le premier a pressenti, avec ses antennes sensibles

la destinée de notre époque

Parce que ce terme désigne les deux courants

les plus caractéristiques, quoique les plus opposés, de

notre vie intellectuelle : l'un conduisant vers

l'inconscient ou le subconscient , en conformité

avec les récentes théories médicales et psychologiques

l'autre , au contraire , vers le superconscient , en

écoutant les préceptes de la science , de la

technique et de l'art modernes , avec le but suivant :

créer , par le truchement de l'œuvre d'art , une

réalité surréelle, en extrayant la substance éternelle,

le sentiment standard , de la chose quotidienne ,

de la réalité factice et fugitive , qui , à l'état brut,

" photographiée " , n'avait conduit qu'au réalisme infécond .

Bien cordialement votre Ivan Goll

[47] Satire acerbe, caricaturale et étonnamment puissante de l'avarice, avec une laideur déformante qui rappelle les charges de Georges Grosz.

[48] p.7 Paul Husson est mort:

Paul Husson, quel tendre martyr de la Fraternité ! Lui seul n'eut jamais de frère. Je le revois toujours, avec sa petite figure d'écolier réprimandé et soucieux, attendre à la terrasse de la Rotonde, quelles vacances du coeur ! Il portait en lui les cris douloureux de l'humanité en deuil, mais qui les a entendus ?

Il a souffert de la faim et de la solitude pour écrire des vers qui pourtant n'accusent jamais et sont désespérément tendus vers l'espérance comme les routes longues et sans issue ; mais qui les a lus ? Je le revois, cet inébranlable chercheur de Liberté et de Bonté, et que le doute ne toucha jamais, assis humblement dans un petit coin de la rédaction du "Quotidien", aligner les bêtises fredonnantes que " l'abonné " veut engloutir tous les matins avec son café au lait. Quel humble martyr de cette époque féroce, ce poète tendre et timide qui ne reçut que les coups de pied de la gloire ! Ajouterai-je l'avis de la concierge: C'est tout de même malheureux que ce soient ceux-là, les pauvres et les tranquilles, qui doivent partir les premiers, les honnêtes Husson et Chennevière, tandis que tant d'autres, éclairés par l'or et les lampes à arc de la publicité, roulent dans les Citroëns de la vie ! Ivan Goll

[49] " L'Avare, ici le père Tric, gagnerait pourtant à paraître moins caricatural. Il y a certains excès voulus dans ce portrait d'où le paradoxe n'est pas absent..... Et puis Ivan Goll montre finement que l'avare est toujours dupe d'une abstraction, d'une idée pure. En somme il ignore l'argent et sa valeur exacte. C'est le côté sentimental de toutes les passions. "

[50] La littérature contemporaine nous a présenté le « nègre » sous toutes ses faces et le « négrisme » nous a , pour ainsi dire envahis . Si la présentation en est parfois curieuse, elle noue est, par contre, franchement insupportable lorsque le type de sauvage mis sous nos yeux est sciemment poussé « au noir », ou quand l'auteur, voulant faire montre d'indépendance spirituelle, calomnie cyniquement sa race en portant aux nues un quelconque fils d'esclave. Claire Goll avec son instinct de femme supérieure et affranchie, a peint, en tons volontairement attiédis, une figure assez sympathique d'un roitelet Peuhl, arriviste par puéril orgueil, et dont les qualités naturelles — puisées dans le fonds instinctif d'une race vigoureuse et tout de même saine — en composent un personnage de gouvernement et presque un homme di monde .

Mais l'orgueil des nègres ne peut se circonscrire dans l'horizon pourtant limité des blancs. Jupiter Djilbouti, prince d'opérette et gentleman de confection, saura conquérir la blonde et bourgeoise Europe - Alma Valery - que l'exotisme éblouit un instant, peut-être aussi la soif de l'or facile et la fièvre paresseuse du snobisme . Mais un mariage aussi dissemblable ne peut fleurir en l'acide humus des jalousies, des préjugés et des petitesse d'esprit de notre société badigeonnée de civilisation. Et c'est le malheur sentimental après les illusions d'un rêve impossible, le malheur du « sauvage » trop simple encore pour jouer son rôle en la mascarade blanche, trop jeune de sensations et de cœur dans un monde pourri de politesse, d'égoïsme et de lâcheté.

Cette simple histoire - triste tout de même puisque le cœur y pantèle - est narrée par Claire Goll avec cette simplicité poétique, cette finesse de trait et cette exactitude qui sont la caractéristique de son jeune talent. Soutenu par une documentation fort précise, mais qu'elle n'étale qu'en soutien et recouvre d'images personnelles et très fraîches, son style chante sous la caresse d'une plume élégante qui dessine sans appuyer, évoque sans aveugler, suggère plutôt par une multitude de détails d'apparence décorative, mais qui composent, avec un art exquis, des personnages toute nature, des décors en raccourcis et des dialogues spontanés . Sans le souci de cette outrance réclamière qui nous a rendu suspects certains talents féminins et sans spéculer sur une sensualité toujours bête et point du tout attrayante . Claire Goll m'apparaît comme un romancier de tempérament exceptionnel, puisant à même le grand fleuve du réel, et dont l'avenir fera la gloire . Jean-Daniel Maublanc

[51] Déjà paru en 1920 dans Die Freude

[52] Depuis quelques années, dans tous les milieux, dans tous les pays, on se plaît à crier : La poésie est morte ! Notre siècle anti-sentimental aurait étranglé les muses . Et nous resterions seuls dans un monde de machines et de chiffres et de logique !

Heureusement, il n'en est rien. Nous avons trouvé, en cherchant avec une jumelle de précision, un nouveau poète qui, peut-être bien, pourrait-être « le dernier poète » : Armand Godoy dont l'âme est encore bleue et triste et tendre, et dont le col s'orne d'une lavallière comme d'un papillon. Dans notre Europe grise et matérielle , il nous apporte les véritables soleils d'un pays encore pur et les étoiles vierges de nuits encore non usées.

Il est doux de savoir qu'un poète existe encore, plus doux encore de le savoir si près de soi, dans ce vieil Auteuil ; de notre fenêtre, nous apercevons la dernière branche d'un orme de son jardin, et lorsqu'un oiseau s'y pose, nous pensons qu'il s'exerce à réciter les derniers vers nés le même jour dans cette maison enchantée. Et, alors, nous saluons Armand Godoy .

Claire et Ivan Goll.

[53]Les soirées de Sagesse: Les "Amis de Sagesse "se réunissent tous les samedis soirs,

à la Brasserie Courbet, 133 Bd.Brune(14°)

23 février 1929:

Quelques poètes allemands contemporains .Poèmes de Rainer Maria Rilke, Ernst Toller, Karl Liebknecht, Ludwig Rubiner, Claire Studer par Jean Dorcy, E.P. Jalbert, Fernand Marc

16 mars 1929: Soirée réservée à:

l'Anthologie mondiale de la poésie contemporaine d'Ivan Goll.

[54] "M. Ivan Goll se révèle ironiste implacable dans Sodome et Berlin . Et son humour est si féroce qu’on ne peut guère démêler la vérité de la fiction. Il nous dépeint avec verve un Berlin se réveillant avec peine des émeutes communistes, puis livré à la folle spéculation lors de la grande inflation, aux moeurs désaxées, aux aventures ahurissantes subies ou provoquées par mille gens divers, et cette fièvre de débauche, cet amour du jeu, fond du livre, sont un perpétuel rebondissement pour l’intrigue de ce roman un peu fou, parfois désordonné, qui traîne en longueur vers la fin, mais que M. Ivan Goll a réussi malgré tout, car original et vivant. "(Louis Jean Finot)

[55] M. Ivan Goll, dont le roman "Sodome et Berlin "vient de paraître, nous a offert de publier un chapitre qu’il a dû supprimer en cours de travail, par souci de composition.

[56] Claire Goll à Ivan: Ivan Goll à Claire :

1) Le jour où mes yeux …17 vers 1) Je voudrais être ce saule…16 vers

2) Nourris-moi de tes regards…10 vers 2) Tu es insaisissable…14 vers

3) Ne sors pas ce soir …16 vers 3) Puisque je sais que ta tête …14 vers

[57] "L'homme assis entre deux chaises"

[58] « Je n'ai jamais si vivement senti la vanité des esthétiques qu'en lisant Claire et Ivan Goll.. Dirai-je le fond de ma pensée ? Le Poète n'a pas d'abord envie d'être animiste, simultanéiste ou surréaliste, mais il a besoin d'avouer ou de crier ses sentiments. Le cri, l'aveu spontané, voilà la véritable origine de tout lyrisme, et ce qui me touche immédiatement dans ces trois plaquettes, c'est la franchise de leur titre. J'aime qu'on ait le courage d'écrire : "Poèmes d'Amour", "Poèmes de Jalousie" au fronton d'un recueil. Car les sentiments se nomment et il y aurait beaucoup à dire au sujet de la thèse qui prétend notre vie intérieure totalement déformée et trahie par les mots. Donc Claire et Ivan Goll sont amants avant d'être artistes et modernes.

De là cette qualité de leur poésie où l'image inattendue, l'humour et le vocabulaire scientifique ne font que servir de toile de fond à la vérité et à la violence des aveux. De là encore la réhabilitation d'une nouvelle préciosité mise cette fois à sa véritable place, je veux dire celle que la pudeur, le respect humain et le besoin de se moquer de soi-même...lui devraient toujours assigner.. (suivent de nombreuses citations commentées)...

Par ce lent glissement de l'humour et du moderne (un baiser fait de miel et d'électricité...fier comme un Transatlantique...le coeur fermé comme une huître...) vers l'humain, cette poésie peut atteindre à une grande force et à une authentique grandeur:

je suis le frère et le mari

je suis le fils de ma douleur

je ne suis rien sans elle

je la mange

je la ris

je la fume

je la hurle

je la crache

je l'aime puisqu'elle est de toi

Ce contraste entre le cri de toujours qui jaillit et les formes verbales actuelles, c'est toute l'originalité et la saveur intense de cette poésie. » (A. Colombat)

[59] Deux fois quarante ans, roman, 242 pages, Editions Emile Paul Frères, Paris 1928

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02 décembre 2008

Biobibliographie Claire et Yvan Goll jusqu'en1919

 Yvan et Claire Goll par Jean Bertho [1] 

Isaac Lang, né le 29 mars 1891 à Saint-Dié (France), est le fils d'Abraham Lang et de Rébecca Lazard. Sa généalogie a été établie par Paul Kurts, un cousin au deuxième degré, qui trouve des traces de sa famille avec certitude jusqu'en 1672.

Ses premières oeuvres sont signées en France ( Nancy ) 1910 : Ivan Lazang, en langue allemande Iwan Lazang, pour des poèmes publiés à Strasbourg en 1910, Iwan Lassang pour plusieurs poèmes publiés à Berlin en 1910, Iwan Lazang pour Lothringische Volkslieder, des poèmes publiés à Metz en 1912 et en 1913 et pour d'autres poèmes parus à Berlin en 1912/1913, Johannes Lang, son nom patronymique en janvier et en avril 1913 pour la publication dans Die Aktion de deux courts poèmes : Der Kanal et Nachtlied, Iwan Lassang pour plusieurs poèmes parus en 1914 dans Die Aktion (Café, Die beiden Schwestern, Die Automammus ) . Il signe d'un nouveau pseudonyme Tristan Torsi son premier recueil de 14 poèmes "expressionnistes" publiés à Berlin en 1914,"Films" dont voici la préface :

L'éditeur vous parle

L'expressionnisme n'est pas une nouvelle religion que nous fondons ici. Il est depuis longtemps le pain quotidien de la peinture ; il est une coloration de l'âme qui (pour les techniciens de la littérature) n'a pas encore été analysée chimiquement et qui, de ce fait, n'a pas encore de nom.

L'expressionnisme est dans l'air de notre temps, comme le romantisme et l'impressionnisme furent l'unique possibilité d'exister pour les générations précédentes.

L'expressionnisme s'écarte rigoureusement de ces écoles. Il nie ces formes de "l'art pour l'art", car il est moins une forme d'art qu'une forme d'expérience. Au sens goethéen.

L'expressionnisme se rapproche du classicisme. Il a plus de cerveau que de sentiment, il est extase plutôt que rêve. Et par là, il tient du classicisme, sans avoir la prétention de ne jamais devenir classique.

Tristan Torsi. 

C'est à l'occasion de la publication à Lausanne de son premier recueil de poèmes écrits et publiés en français, "Elégies Internationales", Pamphlets contre cette guerre qu'il adopte en 1915, le pseudonyme GOLL : GOLL en allemand, c'est GOTT en écriture gothique : DIEU. Isaac Lang aurait tout aussi bien pu signer POETE car, il va l'écrire tout au long de son oeuvre, le poète est l'envoyé de Dieu sur cette terre, le devin à qui revient le devoir d'alerter les hommes, de les prévenir des calamités qu'ils se préparent eux-mêmes. Le poète c'est Dieu.

Après ses "Elégies Internationales", il abandonne ses précédents pseudonymes : Johannes Lang, Iwan Lassang et Tristan Torsi pour celui de Goll, sans ajouter de prénom, pendant plus d'une année puis à partir de décembre 1915, il deviendra Yvan Goll (Iwan en langue allemande) pour l'éternité.

Il a, en plusieurs circonstances, livré les éléments essentiels de sa biographie :

« Ivan Goll, né en Europe, citoyen de la terre, attaché à nul village, a écrit plusieurs volumes de vers qui traitent de l'amour et de la haine, de la joie et de la  tristesse de vivre. Parmi ceux-ci il recommande les Chansons d'Amour, écrites en  tête-à-tête avec Claire Goll, les Chansons Malaises et la Chanson de Jean Sans Terre. Paris 1937 »

(Ms 584 G FF 84)

« Je suis né à Saint-Dié, (Vosges, France), d'un père alsacien et d'une mère  lorraine, c'est à dire en constante contradiction avec moi-même, avec l'Est et l'Ouest.

J'ai passé la plus grande partie de ma vie à Paris, en menant avec ma femme Claire une pure existence de poète. J'ai contribué à la destruction du capitalisme, en  vivant des rentes de mes parents, sans rien y ajouter par mon travail. 

 En été 1939, je suis venu aux Etats-Unis, apportant comme tout bagage les 3 plaquettes de "Jean sans Terre", des "Chansons Malaises», une prose poétique "Lucifer Vieillissant". Ici en Amérique, je continue "Jean sans Terre" et la résistance passive du poète. » [2] 

(Ms 584 G FF. 83)

«Yvan Goll est né le 29 mars 1891, à Saint-Dié, (Département des Vosges).

Son père, fabricant de tissus, dans cette vallée vosgienne, où les ruisseaux fournissaient la force motrice, était originaire de Ribeauvillé (Alsace), situé dans une autre vallée, sur un autre versant des montagnes .Sa mère était née à Metz (Lorraine).

Le fils représente le croisement de deux provinces ennemies, l'Alsace et la Lorraine, qui forment les deux contrastes de l'âme humaine.

L'Alsace a toujours été le pays de la vie exubérante, avec ses vallées riches, plantées de houblon, et ses collines aimables couvertes de vignes. Pays du rêve, de l'imagination et de la versatilité. Un dicton dépeint ainsi l'Alsacien : "Ce qu'il a, il ne veut pas, ce qu'il veut, il ne l'a pas». Située entre la France et l'Allemagne, tour à tour dominée par l'un ou par l'autre, au cours des siècles, elle s'en est toujours tirée à bon compte, avec un humour philosophe et narquois, sans grande conviction dans les principes de part et d'autre. Changer de morale et de politique tous les quarts de siècle, émoussent les convictions les plus candides.

 La Lorraine, dont les vastes plaines roulantes, soumises aux lois inébranlables des saisons, habitées par des vents qui ne connaissent aucune pitié, ne rendent gorge qu'au prix d'un labeur dur et continu, a une population paysanne élevée dans les principes de la terre, se souciant peu des conquérants qui passent et jamais ne restent.

Après la mort de son père, en 1897, la mère d'Yvan retourna dans sa ville natale, à Metz, où il fut élevé jusqu'à sa maturité. Tous les jours, en se rendant au lycée, il passait dans la rue où Verlaine est né.

L'Alsace-Lorraine était alors sous la domination allemande, et Yvan Goll fut témoin et victime de tous les déchirements et de toutes les humiliations infligées à ces deux provinces. Resteraient-elles éternellement la frontière disputée, où deviendraient-elles un jour le trait d'union entre l'Allemagne et la France ? Ce point d'interrogation resta menaçant pendant tout un demi-siècle.

Le drame qui se jouait dans le microcosme Alsace-Lorraine, se répétait dans le macrocosme Paris Berlin.

En 1913, avant la guerre, Yvan Goll, jeune étudiant à Berlin, fut dans la bagarre expressionniste, collabora à "Die Berlin" et "Die Weissen Blätter», que dirigeait l'alsacien René Schickele, fréquenta au fameux "Café des Westens" (Café de l'Ouest, nom fatidique) les poètes Klabund, Alfred Wolfenstein, Albert Ehrenstein et la délicieuse poétesse orientale Else Lasker-Schüler. Ses poèmes seront imprimés dans l'anthologie "Menschheitsdämmerung" de Kurt Pinthus, qui donne la somme du mouvement expressionniste.

Il passa la guerre 1914-1918 en Suisse, en partie à Zurich, où se réfugièrent les Expressionnistes, en partie à Lausanne et à Genève, où il prit part au mouvement de "demain», fréquenta Romain Rolland, Henri Guilbeaux, Pierre-Jean Jouve, Franz Masereel ; ses "Elégies Internationales" paraissent à Lausanne en 1915 et les Editions "demain" publièrent son "Requiem». Finalement il se retira à Berlin, dans le Tessin, où une colonie d'artistes étaient en train de se former ; par la suite, ce charmant village situé sur les bords du Lac Majeur, du côté suisse, vit défiler des écrivains de toutes les nationalités et devint le berceau d'un mouvement occultiste. Les adhérents du groupe "Eranos" y tinrent leurs assises annuelles, et y composèrent leur "Jahrbuch».

 Dés 1919, il est à Paris avec les Dadaïstes et Surréalistes, rencontrant régulièrement au Café Certa, André Breton, Paul Eluard, Philippe Soupault, Louis Aragon et d'autres. Mais il est aussi en rapport avec les Expressionnistes, les "Zénitistes" de Zagreb, les "Ultraïstes" de Madrid, extrêmement actif dans la mêlée et le magma de la dissolution européenne.

En 1923, Yvan Goll fait paraître aux "Editions de la Sirène", "Le Nouvel Orphée", volume qui contient une pièce satirique "Mathusalem", le poème cinématographique (écrit en 1920) "La Chaplinade", les cantates "Orphée" et "Paris Brûle", et un groupe de poésies "Edition du Matin" .

Les années suivantes, il publie avec sa femme Claire, qu'il connut en Suisse, les "Poèmes d'Amour", illustrés par Marc Chagall.

Claire et Yvan habitèrent d'abord quelques semaines à l'hôtel Pigalle, en plein Montmartre, puis un été à Fréville - Ville d'Avray, ensuite à Auteuil, rue Jasmin et rue Raffet, enfin dans l'île Saint Louis, puis finalement rue de Condé, prés du Luxembourg De nombreux peintres fréquentèrent chez eux et firent leurs portraits : Robert Delaunay, Albert Gleizes, Chagall, Pascin, Kisling et d'autres.

Les Goll avaient fait la connaissance de James Joyce et de sa famille à Zurich, et lorsque ceux-ci vinrent s'installer à Paris, l'amitié entre les deux familles dura jusqu'à la mort du grand écrivain. Yvan et Claire fêtèrent avec James Joyce la parution de la première édition d'Ulysse, chez Sylvia Beach, et furent avec le poète attristé, dans l'appartement lugubre 7, rue Edmond Valentin, lorsqu'il reçut pour son anniversaire, le premier exemplaire de son dernier livre "Finnigan's Wake", imprimé à Londres. Il était seul et malheureux ce jour-là (alors qu'à ses anniversaires précédents James Joyce donnait toujours une fête intime, où il aimait danser), car sa fille se trouvait dans un asile d'aliénés, et il devait aller la voir le soir même, pour lui chanter des chansons irlandaises.

Rainer Maria Rilke vint également souvent visiter les Goll, rue Raffet. Son apparition était une grande fête spirituelle : il lisait ses derniers poèmes, d'une voix douce et musicale.

Des voyageurs de toute part se rencontrèrent chez les Goll : Maïakowski et Essenine de Russie, Stefan Zweig et Franz Werfel d'Autriche, Hongrois, Espagnols, Haïtiens.

Tandis que Claire publiait ses romans "Le Nègre Jupiter enlève Europe" et "Une Perle", Yvan publiait "Le Microbe de l'Or", "Sodome et Berlin" et "Lucifer Vieillissant».

Puis vinrent "Les Chansons Malaises" et "Jean sans Terre».

Puis vint Munich et la deuxième Guerre, et le départ pour l'Amérique.»

(Ms 584 G FF 85-86-87)

Cette note, tapée à la machine, a sans doute été revue par Claire Goll. 

Au cours de son séjour aux U.S.A., Ivan Goll travaille à La Voix de France et continue "Jean Sans Terre" dont certains poèmes sont traduits par les plus grands poètes américains. Dés 1941, un nouveau pseudonyme, Jean Longeville, pour signer deux traductions d'Emil Ludwig car Goll doit assurer à la fois le quotidien et les frais d'édition de "Poets' Messages" ; il fonde ensuite une revue bilingue "Hémisphères" qui devient un incontournable pont entre les deux langues. Devenu citoyen américain, il apprend en juillet 1945 qu'il est atteint d'une leucémie. Il décide bientôt de revenir en France pour y terminer sa vie. Après avoir publié plusieurs recueils écrits en anglais, il quitte les U.S.A. et le 7 juin 1947, le couple Goll débarque du Mauretania à Cherbourg et arrive à Paris à la Gare Montparnasse. La leucémie d'Yvan l'oblige à surveiller en permanence la prolifération de ses globules blancs mais de nouveau il écrit en langue allemande, la langue de ses premiers succès littéraires et de l'Expressionnisme qui l'a rendu célèbre. Son premier recueil "Films", en 1914, était signé Tristan Torsi et cinq nouveaux poèmes vont être publiés en juillet 48 dans la revue mensuelle d'Alfred Döblin, "Das Goldene Tor" ("Le Portail d'Or»), sous le pseudonyme de Tristan Thor : Tristan Torsi, Tristan Thor, Goldene Tor … le cercle magique de Goll se referme lentement.

Alors qu'en Septembre 1948, il est chez sa mère en Lorraine, il est atteint d'une broncho-pneumonie. Claire doit d'urgence le faire admettre à l'hôpital de Strasbourg.

Pendant ce séjour il écrit, d'une écriture quasiment illisible, ce bouleversant faire-part :

« Nous avons la joie d'annoncer la mort du poète Yvan Goll. Il était très souffrant.

d'avoir contracté une pneumonie dans les courants d'air et d'idées en Europe.

Né sur la frontière, entre la France et l'Allemagne, ayant bu le bon vin rouge de la raison et les vins du Rhin romantique, toujours ballotté entre l'Est et l'Ouest, il ne sut jamais à quel saint se vouer.

Avec les Expressionnistes il fit la révolution allemande qui fut ratée.

Avec les minorités détruites de la poésie française son oeuvre était aussi périssable que les différents ismes qui se suivent d'année en année, qui moussent un instant et disparaissent dans la nuit des bombardements.

De ses poèmes, il restera, davantage que quelques mythes, le nom d'un personnage légendaire qu'il créa "Jean sans Terre" et le symbolise. » 

(BM Saint-Dié 510.29/3 VI)

Le mercredi 15 décembre 1948, à 12 heures, il pourra écouter une émission de Radio Strasbourg consacrée à sa poésie.

Le 14 janvier 1949, il quittera cet Hôpital, guéri de sa pneumonie, emportant des liasses de feuillets, de notes et de poèmes en langue allemande "les seuls qui comptent à présent" et qui, à l'exception des cinq déjà parus, ne seront publiés qu'après sa mort, dans "Traumkraut" en 1951 et dans "Berlin" en 1954.

Sa leucémie lui laisse quelques mois de rémission ; il aura même le bonheur de retourner en Italie avec Claire ; mais le 7 décembre, il est admis d'urgence à l'Hôpital Américain de Neuilly-sur-Seine où il meurt le 27 février 1950.

Claire GOLL [ Claire Aischmann, née à Nuremberg le 29 octobre 1890, fille de Joseph Aischmann et de Malvine Further, domiciliés à Munich, Hannhauserstrasse 19, divorcée de Henri STUDER, depuis le 27 mars 1919, mariée avec Isaac Lang (Yvan Goll) le 21 juillet 1921, décédée le 30 mai 1977 à Paris, enterrée avec Yvan Goll au cimetière du Père Lachaise ]

Journaux, Revues, Anthologies, Oeuvres —

Osterlied * [3] (20 vers) (1906)

In uralten Seen, * (10 vers.1907) [4]

Le Pays Lorrain et le Pays Messin, Septième année - 1910 Revue mensuelle illustrée (64 p.) Littérature, Beaux-Arts, Histoire, Traditions populaires) Paraissant le 20 de chaque mois. Ivan Lazang (de Metz)* Nocturne (16 vers) p.301

Nancy - 29 rue des Carmes

  Nocturne

La lune, à travers le rideau,

Verse sa lumière dorée,

Et l'on entend le crescendo

Des tristes rythmes de Borée.

Sur la fenêtre, un chat câlin

Rêve, zébré de noir et jaune,

Son œil dans l'orbite opalin

S'irise comme un œil de faune.

Il est profond comme un miroir,

Qu'un beau profil d'enfant caresse,

Et semble chercher dans le noir

Les immensités de tristesse.

Cet œil, c'est l'âme de la nuit,

Qui cherche tout sans rien comprendre:

Il veut saisir tout ce qui luit,

Et, saisi, ce n'est plus que cendre.

 Ivan Lazang (de Metz)

Le Pays Lorrain et le Pays Messin, Septième année - 1910 Revue mensuelle illustrée (64 p.) Littérature, Beaux-Arts, Histoire, Traditions populaires) Paraissant le 20 de chaque mois.

Ivan Lazang :*La Fête au Village (10 vers) p.570

Nancy - 29 rue des Carmes

C'est la fête aujourd'hui. Les parfums de lavande

Et de brioche s'embrassent. Toute une bande

D'enfants, petits-enfants s'est rassemblée. On boit

Du kirsch, du marc dans les petits verres en bois.

Le grand-père et la grand-mère font le service.

Léon, le benjamin, mange du pain d'épice,

Pendant que sa sœur Jeanne arrange le bonnet

Lorrain sur ses cheveux blonds tout enrubannés.

Mais sur la place autour du carrousel, la foule,

En attendant le bal, chante avec la vioule.

Strassburger Neue Zeitung, 22 novembre 1910 :

Iwan Lassang : * Tolstois Abschied (poème de 10 vers) p.1

Das Talent. Heft 5/6 Literarische Halbmonatsschrift zur Förderung unbekannter Autoren. Herausgegeben von Ernst Potthof : Iwan Lazang : Die Gabe des Mondes [5] p.187

Berlin. 1910.

Allgemeine Zeitung - 1910 : Iwan Lazang p.427 : Ein Mädchen, Die Reise [6] 

Der klingende Garten . Eine Dichtergabe für die Dt. Schutstiftung.

Hrsg. A.K. Martin . Beitrage von 243 Autoren, darunter P.Altenberg, P. Baum, Beerhofmann, Hofmannsthal, Holz, Lasker-Schüler, Iwan Lazang : Erkenntnis p.77, H.T. Mann, St. Zweig u.a. (149 S. 23, 8 x 21, 4 cm)

Leipzig, Verlag d. Dichtergabe, o.J. 1912

Lothringische Volkslieder *- Nachdichtungen von Iwan Lazang . Bilder von Alfred Pellon. Mit einem Geleitwort von Viktor Wendel. (S. 21)

Metz, Steinweg: P. Müller, 1912.

Petite pluie,

Petite pluie, 

Est-ce toi qui pries

Les litanies de nos misères?

Petite sœur,

Petite sœur, 

Est-ce toi qui pleures

Toute seule au bout de la terre?

Petite mort, 

Petite mort,

Est-ce toi qui dors

Dans mon coeur gros qui désespère?

Cette Chanson lorraine (Lothringisches Lied), composée vers 1907 selon Barbara Glauert figure p.274 dans Yvan Goll : Die Lyric in vier Bänden (I) Argon 1996, mais n'a jamais fait partie des Lothringische Volkslieder ( Metz 1912 )

Licht und Schatten 3 (1912/13) n° 1 - Wochenschrift für Schwartzweisskunst und Dichtung. Herausgegeben von Hanns von Gumppenberg. Berlin.

p.1 Iwan Lazang : *Sonnenaufgang ( 12 vers )

Licht und Schatten 3 (1912/13) n° 18 - Wochenschrift für Schwartzweisskunst und Dichtung. Herausgegeben von Hanns von Gumppenberg. Berlin.

Iwan Lazang : p.19 *Die Mauer ( 12 vers )

Lothringer Almanach auf das Jahr 1913 [7]. Gegrundet und herausgegeben von Heinrich Hemmer.

page 152: Iwan Lazang : Lothringisches Volkslied, avec une gravure d'Alfred Pellon, reprise du quatrième poème de Lothringische Volkslieder et 4 poèmes inédits (p. 178 - 180): Frülingslied, Geduld, Der Apfel und das Herz, Die Erfüllung.

Druck und Verlag von Gebr. Lang, Metz.

Die Aktion 3 ème année n° 4 - 22 janvier 1913

Wochenschrift für Politik, Literatur, Kunst. Herausgegeben von Franz Pfemfert 

Inhalt : Franz Pfemfert, G. Fuchs, Rudolf Leonhard, Marie Holzer, Paul Boldt,

Rudolf Kayser, Paul Mayer, Johannes Lang [8]: * Der Kanal p.113, René Schickele.

Berlin-Wilmersdorf : Verlag Die Aktion.

Die Aktion 3 ème année n° 15 - 9 avril 1913

Wochenschrift für Politik, Literatur, Kunst. Herausgegeben von Franz Pfemfert 

Inhalt : Franz Pfemfert, Stanislaw Przybyszewsky, Ludwig Rubiner, René Schickele, Nikodemus Schuster, Paul Boldt, Johannes Lang : * Nachtlied p.411

Berlin-Wilmersdorf : Verlag Die Aktion.

Revolution 1er nov. 1913. Herausgegeben von Hans Leybold puis Franz Jung.

Iwan Lazang : *Die Fahne (le Drapeau), page 12

München 1913-1914.

Genesis [9] 

1913

Die Aktion 4 ème année n°15 - 11 Avril 1914

Lyrische Anthologie Beiträge von Ernst Angel / Ludwig Bäumer / Johannes R. Becher / Franz Blei / Paul Boldt / Maximilian Brand / Max Brod / Kasimir Edschmid / Eugen Fischer / Hans Flesch von Brunningen / Paris von Gütersloh / Victor Hadwiger / Henriette Hardenberg / W.G. Hertz / Oskar Kanehl / Hugo Kersten / Wilhelm Klemm / Gottfried Kölwel / Mimi Korschelt / Iwan Lassang :* Café (13 vers),p.320 / Hans Leybold / Käte März / Paul Mayer / Heinrich Nowak / V.J. Paukner / Anselm Ruest / Götz Salomon / Robert Schnitzer / Arthur Seehof / Mario Spiro / Ernst Stadler / Kurt Striepe / Leo

Sternberg / Josef Tress / F.W. Wagner / Helmuth Wetzel / Alfred Wolfenstein. 

Berlin-Wilmersdorf : Verlag Die Aktion.

Die Aktion 4 ème année n°24 - 13 Juin 1914

Iwan Lassang :* Die beiden Schwester p.526 - 8 vers

Die Aktion 4 ème année n°40-41 - 10 Octobre 1914

Iwan Lassang : * Die Automammuts p.808 (24 vers)

Iwan Lassang : * Der Panama-kanal [10]. Mit einem Titelbild von Georg Walter Rössner

Berlin-Wilmersdorf /A.R. Meyer, 1914. Lyrische Flugblätter. Quer-8°, 8 Bll.

Tristan Torsi : * Films (Verse)14 poèmes, 16 p.- 20 cm.

14 poèmes: Der Herausgeber spricht ( en prose, sur "l'Expressionnisme", Hôtel zur Zivilisation, Heimat, Karussell am Friedrichsbahnhof, Alexanderplatz (Berlin), Vater, Krieg, Die Flucht nach Lesbos, An Ganymed, Satyros, Brasilianerin, Klementine, Baum im Hof, Die Kerze, Spätherbst.

Berlin - Charlottenburg : Verlag der expressionnistischen Hefte, 1914.

Die Aktion n° 5-6, 30 janvier 1915 : Iwan Lassang : * Der letzte Mensch p.63 (10 vers) 

Die Aktion n° 13, 20 mars 1915 : Iwan Lassang : * An Suzannah, p.164 (5 vers) 

Die Weissen Blätter 2ème année : Neunter Heft (9ème cahier) septembre 1915. Eine Monatsschrift, Herausgabe von René Schickele. Iwan Lassang : Der Panamakanal : Die Arbeit, Das Fest. (1ère version) p.1142 à 1147

Zürich, Leipzig, Rascher / Bern, Verlag der Weissen Blätter / Berlin, Cassirer

Die Aktion 5ème année - n° 39-40, 25 Sept 1915 : Sechste, Lyrische Anthologie : Kurt Adler, Ernst Angel, Theodor Däubler, Manfred Georg, Walter Hasenclever, Emmy Hennings, Else Lasker-Schüler, Iwan Lassang : * Letzte Nächte [11] p.494 - 495,44 vers et * Weltlied p. 495 - 7 vers ; Hans Leybold, Alfred Lichtenstein, Karl Otten, Franz Werfel, Alfred Wolfenstein …

Goll : Elégies internationales. Pamphlets contre cette guerre.

Lausanne : Edition des Cahiers Expressionnistes, 1915 (21, 5 cm.- 16 p. non chiffrées)

Ces douze pamphlets "Peuples guerriers!, J’ai couché dans le printemps, La chute des villes, Jusqu’à vos cathédrales, Bombardement, Printemps de guerre, Automne de guerre, Et moi qui n’avais point d’amie encore, Je suis un homme droit, Charleroi, Le supplice de la mer, Le frère des frères" sont les premiers textes signés Goll :

1) Peuples guerriers! 

Peuples des chansons militaires! Rêveurs! Européens! 

Pourquoi ces matins grelottant sous le clairon, ces campements dans la fraise des bois, les villes énervées du sang lointain, la cavalerie flottante par les brouillards, des routes hagardes traînant l’exode des veuves, des plaines inondées de feu, les enfants sentinelles, les nuits malades et chancelantes à la toux du canon, et puis la pitié des Croix-Rouges? Pourquoi cherchiez-vous l’amertume et la douleur, le tambour claquant de ses os et la plainte des tombes dans les dunes?

Peuples rêveurs!

Et vous aviez déjà la guerre hurlante dans les galeries de vos houillères! Et la guerre sournoise qui rongeait les fabriques carrées et grises, les bureaux du coton et du tabac! L’état-major des banques! Le blé était le génie de la victoire! L’eau était l’ennemi! La ruse d’un express déraillant sur le pont armé! La faim criarde de vos femmes! L’anarchie de vos fils! Peuples guerriers! Tisserands! Ouvriers! Vos chèques! Les journaux! Quels combats! Hauts-fourneaux! Le sang au coeur et dans les yeux! 

O peuples héroïques! Vous qui cherchez votre grande bataille! 

Vous en perdites la plus grande, Européens!

L'Europe!

2) J'ai couché dans le printemps 

J'ai couché dans le printemps de ton jeune pré, mon frère, et mon cheval a brouté tout ton trèfle rouge et blanc.

J'ai caché la honte de nos patrouilles dans les ombres de ton blé, mon frère, et j'ai enfoui notre batterie dans le ventre de tes dernières meules.

J'ai piétiné le seigle et j'ai coupé la fragile framboise : oh les buissons ardents ! Ma main en sortit vile et veule.

Nous allons tous les fleurs au képi et des rubans sur le coeur : mais ça ne fanera jamais, car c'est de toi, mon frère, c'est ton sang.

3) La chute des villes 

Même : Vous trahissez vos villes et vos filles !

Vous les laissez ainsi que des coquilles oubliées par la marée des batailles.

Vos pauvres villes sont folles : leurs rues fières sont saoulées de sang, et déjà dansent-elles la marche du vainqueur.

Leurs incendies ont dévoré les cachettes de votre coeur, et les ponts ont jeté au fleuve leurs souvenirs en fuite.

Peuples, vous reniez vos villes : les dômes dont les seins allaitaient vos chrétiens, les cafés assis en été sous la marquise, l'honneur équestre de vos grandes places et la noblesse de l'Hôtel de Ville.

Leurs fils sont mutilés, leurs filles sont des demoiselles, qui auront faim, qui auront faim !

Peuples guerriers : par le malheur de vos cités vous trahissez vos filleuls et vos pères !

4) Jusqu'à vos cathédrales

Jusqu'à vos cathédrales, les navires d'outre-ciel, jusqu'aux pieuses chapelles, qui abritaient le val bruyant sous la mantille de leurs cloches,

Vous avez abattu les tours, les ruches du soleil, vous avez saccagé le jardin matinal de votre vierge : les gobelets d'or et de vin et le troupeau des cierges, qui broutait autour du peuple.

Où devrons-nous reposer nos genoux ? Où pourrons nous déposer notre coeur tel un bijou qu'en ôtait dans l'armoire de la mère ou dormir ?

Vous ne rechercherez plus le secret gothique, vous vous acharnerez à des canaux, des hôpitaux et des fabriques et vous aurez raison.

Mais vous ne saurez plus la rosace qui du vent, du soleil et de l'âme indiquait l'unanime et l'ultime voix !

La brisure des vitraux saints brille à travers la paille de vos blessés, et seul le Christ manchot tient tristement la place, où Dieu servait tous ses servants. 

5) Bombardement

« J'ai peur, ma mère ! »

Tais-toi ! C'est le ciel qui en veut à notre ville.

La ville était trop fière et tendait ses usines comme des poings vers le ciel. Et que le boulevard regrette et pleure -- il n'en est rien ! Nos maisons uniformes crouleront vers son rivage. Aucune étoile pour nous retenir. Les nuages d'été dresse leur dard : il tonne.

Tais-toi ! Le ciel et malheureux : il crie.

« J'ai peur, ma mère ! »

Tais-toi ! C'est la terre qui se révolte. Nos mines la tracassent toute la nuit. La terre a des colères comme la bête. Le fiel de son grisou s'ébranle. Ton père y est bien mort aussi. L'incendie déshabille l'horizon tout entier. Et la terre s'effraie de la nudité de ses champs opaques. Elle se dresse et elle punit.

Tais-toi ! La terre est malheureuse : elle bat.

« J'ai peur, ma mère ! »

Tais-toi ! C'est l'homme qui ont veut à l'homme. Le ciel est doux comme un aveugle. La terre est triste comme une orpheline. Mais l'homme surgit. Il traîne par l'Europe ses régiments et ses canons bavards. L'homme rugit ! Il tache la nuit de son sang. Il trame le linceul de notre ville : et la navette de ses obus est plus alerte que celle du tisserand. C'est la guerre : tais-toi ! L'homme est malheureux : il tue !

6) Printemps de guerre

Mais lorsque tous les fleuves embrasseront leur rive comme un souvenir, les champs s'alarmant au bruit des chevauchées du Sud,

Voici les laboureurs, lourds artilleurs au casque noir et or, qui fouleront les calmes primevères,

Voici les canons lents triant furtivement les quarts et les huitièmes du cadre rural. Et leurs roues graveront la douleur du sillon.

La batterie dans le buisson éclatera entre les nuées d'aubépines et bondira par les jardins avec les pommiers épanouis vers le ciel. Et la chute de ses grenades comblera notre siècle.

Les nuits ne seront plus les tendres pèlerins : les nuits souffriront comme des phtisiques qui crachent en rêvant le sang : une lave d'obus.

Les serres de tulipes agenouillées dans les Flandres auront des lèvres rouges, qu'on dirait des cocottes de Paris, car tous les fils de bourgeois du pays ont dormi dans leur lit.

Et des colonnes bleues, des colonnes noires, sortiront en chantant du creux des prés mouillés : des soldats de zinnobre, des soldats de feu, mourront en embrassant l'ultime Vie.

7) Automne de guerre

Aux blés : Voici les épis blonds et bruns sous le rideau de bluets et de coquelicots ! Voici les soldats blonds et bruns dans leur capote et leur plaie rouge ! Vous tracerez le sillon de leur croix. Vous ouvrirez les ailes de vos granges aux chariots et à l'ambulance !

Holà, la vigneronne au tablier fleuri ! Dans le calice de tes mains étreins les grappes du soleil. Et par les ceps bleus de sulfate et par les fils de fer, les grappes rouges de l'infanterie tachent ta jupe. Ton vin se lèvera, roux de leur sang et lourd de leur orgueil !

Vous aurez chaud, les gueux, tout cet hiver ! Vos chars et vos brouettes seront trop petits pour les squelettes des sapins et les cercueils des antres souterraines. Vos brancards seront trop étroits pour les diables des Alpes qui, tels les daims, sont morts de liberté !

Et vous sur les grand' routes ! Les pommes tombent dans la poussière des fossés, les poires pendent par dessus les murs du parc. Attelez, les charretiers ! Mais vos fourgons sont pleins déjà de ronds boulets cuivrés et des obus mûris dans les nuits chaudes des fabriques ! 

8) Et moi qui n'avais point d'amie encore ...

Et moi qui n'avait point d'amie encore, à qui penser pendant toute une mort ?

A qui offrir la floraison des aubes pleines des bravos du thym ?

Qui courra au passage de mon tambour sonnant la gloire comme un squelette ?

Ma mère aura le crêpe et ornera ma tombe des géraniums aigus de sa cuisine.

Et ma photographie acceptera le souvenir de mes deux épaulettes rouges (en dessous des diplômes).

Mais moi qui n'étais qu'un enfant, qui gardera mon coeur de perce-neige ?

9) Je suis un homme droit 

Je suis un homme droit. Mon front d'ivoire porte en couronne les étoiles. Mon boulanger pétrit mes ronds soleils de pain. Mes enfants m'aiment.

Je suis un homme et vous êtes mon peuple.

L'échelle de Jacob tout les soirs descendait du ciel vers mon lit, et l'homme était frère de Dieu. J'étais libre et le consultai. J'étendais loin les ailes de ma conscience.

J'étais un homme, un homme de mon peuple.

Pourquoi me voulez vous taupe, requin, vautour ?

Le ciel, la mer, la terre, j'en étais bon propriétaire.

Je travaillai le champ, l'onde élevant. Il me servait tout en m'aimant.

J'étais un homme, un homme de mon peuple.

Voici que ton obus blesse la fragile semaille. Ton sous-marin sournois assomme le pêcheur, qui régnait là depuis mille ans. L'aéroplane dans son manteau de vent imite le geste de foudre. Tuer en chantant, bénir en râlant...

Je suis un homme droit, je ne te le suivrai pas, mon peuple !

10 )   Charleroi

Dans les halls de la nuit nous forgions la grandeur de la cité. La ferraille

haletante enivrait comme un vin trop lourd le ciel et la campagne et leur prenait l'haleine.

Le pouls de la cité battait au tocsin de nos wagonnets. Et les horloges épiaient les sirènes.

La cohorte des cheminées agiter ses drapeaux rougeâtres en signe de victoire.

Dans les halls de la nuit nous forgions la grandeur Européenne. Et nous étions sa gloire.

Mais voici qu'à midi

Le cliquetis des baïonnettes

Fendant le soleil en cent mille aiguilles

Fracassa les halls du travail -

La cité balbutia quelques rumeurs de cloches.

Et la bataille coula claire comme la fonte par le midi noirci de tant de mort.

La chaudière de sang éclata en cadavres.

Le coeur de Charleroi était percé. Les rues pendaient au long et portaient leurs murs dans leurs mains comme des hommes écrasés rattrapent leurs entrailles .

Dans les halls de la nuit, dans le bercail du fer, les régiments des travailleurs chantèrent la mort de l'Europe.

11 ) Le supplice de la mer 

La mer, la sombre vierge aux cheveux roux : est-ce elle qui porte le casque d'acier gris ? Et sa crinière flambe ?

Dans vos lourdes cuirasses, vous chevauchez l'onde amoureuse ! Vous lui mettez les mords du fier dreadnought, pour que le sa lèvre amère écume ; et tout en se cabrant la grande guerrière obéit !

Mais vous inquiétez ses loisirs, peuples pervers, et vous la privez de ses clairs voyages ! Elle aimait les yachts blancs et les villas sentimentales, elle aimait s'accouder aux docks sentant le cacao, aux ports cinématographiques....

Que l'éperon du sous-marin ne l'effraie pas, quand le vers luisant des

torpilles rongera sa chair mate et molle jusqu'au rocher des navires de bataille et qu'elle saignera !....

La mer, la Sainte, la Virginité : est-ce elle qui sera d'un peuple la nouvelle Jeanne ?

Et pourtant, elle ne vous aime pas !

12 ) Le frère des frères 

Nous étions des bras noirs et des voix sourdes dans les palais d'or et de houille ; seul notre nom était humain et notre pain nous parlait de midi.

Quand nous faisions saigner la terre de ses blessures de pétrole, ou que nous mordions de des tunnels dans le glacier livide et creusions les caves d'un canal dans la plaine.

Nous n'étions que des numéros de statistique ; mais nous étions des frères. Et nous aimions la terre et son travail. Nous étions Nous !

Or maintenant vous êtes l'armée du grand général. Le général c'est votre armée. Vous êtes patrie, foule, cri....

Vous n'êtes plus vivants : la volonté de l'adjudant vous cingle.

Oh ! abattez ma ville, forcez ma fille et encore ma femme, ayez les vertus du lion et du brochet rapace, vous qui n'étiez que bras noirs et voix sourdes : brûlez la carcasse des couloirs de nos mines et déchirez la dentelle de nos ponts de fer....

Je ne vous tuerai point pour votre casque ou pour votre képi !

Vous n'êtes que foule et cri :Ce n'est pas vous !

Car je sais, votre coeur est là comme une noix que personne n'a su casser, et votre cerveau est un soleil noir, qui se consume, au lieu de rayonner....

Mes frères, pour être des hommes, nous nous aimerons ! 

Voir le texte critique de Jean-Marie Valentin : Ivan Goll : Elégies Internationales p.141 à 156 dans "Ecritures Franco-allemandes de la Grande Guerre" Artois Presses Université 1996

Die Aktion 5ème année - n° 45-46, 6 novembre 1915 : Critique de Ferdinand Hardekopf page 580, Goll : Elégies internationales, Lausanne 1915

Sirius 1 (1915/16). Monatsschrift für Literatur und Kunst. Herausgeben von Walter Serner. p. 45 Tristan Torsi :* Heimat (poème de "Films" )

Zürich 1915/16 (n° 1 à 8) 

Die Aktion 6ème année n° 3-4, 22 Janv. 1916

Goll (Lausanne) : * Gebirge p. 39 - 18 vers 

demain I - n°2 - 15 Février 1916 - Pages et Documents paraissant le 15 de chaque mois.

Directeur : Henri Guilbeaux. Parmi les livres - Goll : Elégies internationales [12]

Genève, Suisse.

Die Aktion 6ème année n° 14-15, 8 Avril 1916

Goll : * Schöpfung [13] p. 194 - 15 vers et Iwan Lassang : * Klementine p.195 - 14 vers

Die Aktion n° 20-21, 20 Mai 1916

Stéphane Mallarmé : Hérodias, Nachdichtung (adaptation de Goll ) p. 273-274

Die Aktion n° 29 -30, 22 Juli 1916 : Goll : Die letzten Tage von Berlin - Romanfragment, p. 421 à 423 

demain I - n°9 - 15 Septembre 1916 - Genève, Suisse.

« Nous sommes heureux de publier une élégie du jeune poète "expressionniste" dont

nous avons parlé ici-même à propos de ses Elégies Internationales ( Voir demain N°2 ).

 Elégie

La bataille sans s'affaisser

Titubait dans l'orgie et dans le sang :

Son trop gros ventre l'entraînant

Jusqu'où les canons sur sa nuque

Hargneusement tombaient comme des marteaux mécaniques ;

Là, tel un sanglier dans les glands frais, 

Elle croula …

Ce soir, de la bataille il ne resta

Que le bras noir et suppliant de leur dernier soldat

Tout droit,

Mais il suffit pour fracasser le ciel qui avait fui,

Comme une seule torche folle

Suffit pour fracasser la cage de la nuit .

Un bras : le geste

D'un homme, qui aurait prié et pardonné ;

L'ombre d'un aigle qui frôlait la terre ;

Un cri transi d'effroi,

Comme une sépulture,

Eternellement,

Noir parmi le soleil ;

Un bras brandi brave la mort des siècles .

 GOLL

Aux Editions du Sagittaire chez Simon Kra, Paris

Die Aktion 6ème année n° 41-42, 14 Oktober 1916

Goll : * Schöpfung [1] p. 569, 15 vers

Die Aktion 6ème année - n° 49-50, 9 Dezember 1916  

Iwan Goll : * Noemi, Dithyrambe I.II.III.IV.V.VI [2] p. 672 à 676 - 149 vers

12-02-1917 Première lettre d'Ivan Goll à Claire Studer [3]

März II, IV (1917) Halbmonatsschrift für deutsche Kultur. Begründet von Albert Langen. Herausgeber : Ludwig Thoma, Hermann Hesse. 1913 verantwortlich : Wilhelm Herzog, dann Theodor Heuss. Iwan Goll :* Vögel, * Schnee p. 1076

Stuttgart, 1907-1917 

Die Aktion 7 ème année - n° 13, 30 märz 1917

Iwan Goll : * Schneemorgen p.169 - 18 vers

Die Weissen Blätter 3 - mai 1917. Eine Monatsschrift, Herausgabe von René Schickele. ( annonce de la publication de Requiem für die Gefallenen Europas )

Zürich, Leipzig, Rascher / Bern, Verlag der Weissen Blätter / Berlin, Cassirer

Iwan Goll : * Requiem für die Gefallenen von Europa. Eine Dichtung. [4]

page de titre, linotypie de Marianne von Werefkin et André Jawlensky

Verlag Max Rascher & Cie, Zürich / Leipzig 1917, 44 S. 

demain I - n°12  à vérifier - 15 mai 1917 -

Directeur : Henri Guilbeaux.

Note sur Requiem für die Gefallenen Europas

Genève, Suisse.

Zeit-Echo. Ein Kriegs-Tagebuch der Künstler.3 Jg.- cahiers 1 et 2 - juillet 1917 — Herausgegeben von Ludwig Rubiner :

Claire Studer "Die Stunde der Frauen" p.9 & 10

Iwan Goll : "Menschenleben" p.20-21

Bern, Leipzig, 1917

Die Freie Zeitung (Berne) 1. Jg. Nr 28 -18/ 07/ 1917 : Die deutsche Schmach

Gazette de Lausanne n° 213 - 5 août 1917 : Iwan Goll : " A propos d'une nouvelle loi allemande" 

Les Tablettes n° 11 - 1ère année - août 1917 ( mensuel ) Directeur Claude Le Maguet :

Iwan Goll : Requiem ( version française ) [5] 

Le Carmel  - Directeur : Charles Baudouin

Compte rendu du livre de Goll : Requiem pour les Morts de l'Europe à vérifier

Die Aktion 7 ème année - n° 31-32, 11 August 1917 - Iwan Goll : * Das Fenster p.432 - 13 vers, Claire Studer : * Gefallener Sohn p. 429 - 21 vers. 

Die Freie Zeitung (Berne) 1. Jg. Nr 39 -25 août 1917 :

Claire Studer, article sur " Iwan Goll : Ein Lassalle-Drama "

Die Aktion, VII - n° 35-36, 8 Sept. 1917

Iwan Goll, Meeting der fünften Klasse [6] (prose) p.472 à 475 Claire Studer : * Sonntag p.478 -

Die Freie Zeitung 1. Jg. Nr 45 -15 sept 1917, article signé I. G.: " Das Janushaupt der Schweiz "

Die Freie Zeitung 1. Jg. Nr 46 - 19 sept. 1917, article signé I. G. (suite du n° 45)

Die Aktion, VII - n° 39-40, 6 Okt. 1917

Iwan Goll : * Unterwelt p.532 à 534 - 20 vers

Die Freie Zeitung 1. Jg. Nr 54 -17 octobre 1917:

article de Goll : " Ein schweigender Poet (Franz Pfemfert) "

Journal de Claire Studer : Vendredi 19 Octobre 1917 [7]

Die Aktion, VII - n° 41-42, 20 Okt.1917

Iwan Goll : Kleines Kino der Menschlichkeit (une scène). Speisewagen Paris-Milan,

Dialoge p.561 à 563

Die Freie Zeitung (Berne) 1. Jg. Nr 59 -03/ 11/ 1917 : Claire Studer : Für Armenien

Die Aktion, VII - n° 45-46, 17 Nov. 1917

Iwan Goll : Appell an die Kunst [8], Manifest. p.599-600, * Ich sass bei euch in Absynthschenken p.607-608 - 19 vers 

Die Aktion, VII - n° 47-48, 1 décembre 1917

Iwan Goll : Der Führer (Der Student) p.644 - 645

Claire Studer [9]: Totendialog p. 645 à 647 

Die Aktion : VII, Nr. 51-52, 29 décembre 1917 Sonderheft Iwan Goll (spécial Iwan Goll ), p.677 à 702 : Hans Richter : Porträt des Iwan Goll, Iwan Goll : Vom Geistigen p.677-678-679, Der pflichtvergessene Geistige p. 679, Die göttliche Orgel, Dithyrambe et Gedicht in Prosa p.680, Hans Richter : Drei Federzeichnungen zu Iwan Golls " Unterwelt " ; Iwan Goll : Die Prozession Dithyrambe p.683-684, Industrievorstadt p.684-685, Möblierte Zimmer p.686, Der Sonne-Ball et Café p.687, Der Kino-Direktor Dithyrambe p.688-689, Aus der " Alpen-Passion" (deux scènes) p.690-691-692 ; Aus der Drama " Lassalle " p.692-693 une scène de Ferdinand Lassalle ) ; Aus dem Roman " Die letzten Tage von Berlin " p.694-695, Kleines Kino der Menschlichkeit : Friedhof. Eine Szene p.696 à 701. Claire Studer : Porträt des Dichters Iwan Goll. Eine Federzeichnung / F.P.: Ich shneide die Zeit aus ; Kleiner Briefkasten ; Die zweite Sonder-Austellung der Aktion / Emil Maetzen : Original Holzschnitt / Jakob Goldbaum : Original Holzschnitt

Berlin-Wilmersdorf : Verlag von Franz Pfemfert.1917

- Réédition Kösel - Verlag München 1967 [10] 

- Réédition Berlin 1986 et Köln 1987

Das Aktionsbuch 1917 Herausgabe von Franz Pfemfert - Iwan Lassang: * Litanei, p.242,* Kriegsbeginn (Début de Guerre)p.225/226 

Berlin-Wilmersdorf : Verlag Die Aktion. 346 pages, 156 articles

Marsyas, Eine Zweimonatsschrift - 1 Jg., 1.Heft. Hrsg. von Theodor Tagger.

Iwan Goll : * Die Frager vor dem Ozean p. 130/131, * Nachtwandlerinnen p.132

Berlin, Verlag Heinrich Hochstim, 1917.

Marsyas, bi-mensuel - 1 Jg., 2.Heft. Hrsg. von Theodor Tagger.

Iwan Goll : " Domkonzert" , Szene.p.176

Berlin, Verlag Heinrich Hochstim, 1917.

Iwan Goll : Die letzten Tage von Berlin, roman, 1917

Internationale Rundschau (Revue Suisse) - Herausgeber Prof. Feilbogen :

Um Elsass - Lothringen :

Iwan Goll (Reichslande): Zur Psychologie der Elsässer p.677 

Zeit-Echo -3- 1917, H.4 : Iwan Goll : Menschenleben (prose, p.20/21),

Iwan Goll : " Requiem " Rezension von Ludwig Rubiner p.48

Bern, Leipzig, 1917

Agathon 1 (1917/18)N° 1 Herausgegeben von Hermann Kruse Der Knabe, p.41 et 42 Textvariante zu : Alexanderplatz (Berlin) in Films

Wolgast

Agathon 1 (1917/18) N°3 Herausgegeben von Heinrich Böhme

Textvariante zu : Satyros in Films

Hannover

Agathon 1 (1917/18) N°4 Herausgegeben von Heinrich Böhme

Textvariante zu : Vater in Films

Hannover

Neue Blätter für Kunst und Dichtung n° 1 - 1918 : Iwan Goll : * Der Kanal p.105, * Welle und Wolke p.106 

Die Aktion, VIII - n° 3-4, 26 Januar 1918

Iwan Goll : * Der Torso, Dithyrambe I.II.III. IV. V p.27 à 29

demain I - n° - 15 mars 1918 -

Directeur : Henri Guilbeaux. Traduction de Goll

Genève, Suisse. à vérifier

Almanach der Freien Zeitung 1917-1918 . Herausgegeben und ungeleitet von Hugo Ball . Umschlagzeichnung von Hans Richter ; Enthält Beiträge von Hugo Ball, Ernst Bloch, Claire Studer p.71, u.a.

Bern, Der freie Verlag 1918 . XIV, 305 S.,1 S. Ill .

Die Aktion, VIII - n° 9-10, 9 März 1918

R.R. Junghans : Porträt Iwan Goll p.115

Claire Studer : Brennendes Dorf p.123-124 ( 23 vers )

Neue Zürcher Zeitung n° 346 -12 mars 1918

Iwan Goll : René Schickeles Vortragsabend [11].

Die Aktion, VIII - n° 11-12, 23 März 1918

Iwan Goll : Vorspiel zum Drama "Lassalle" p.149 à 153

Die Aktion, VIII - n° 21-22, 1 Juni 1918 

Claire Studer : An mein Kind p.265-266 ( 34 vers )

Die neue Rundschau 29 - Juin 1918 - 6ème cahier

p.816 à 818, Iwan Goll, sieben Gestalten aus der Unterwelt [12]: Nachtwanderinnen, Die Einsamen, Die Betjungfern, Die Schläfer, Die Landstreicher, Die Betteljuden, Der Tröster.

Berlin, S.Fischer Verlag

Die Aktion, VIII - n° 25-26, 29 Juni 1918 

Claire Studer : Krankenschwestern p.324 ( 13 vers )

Die Aktion, VIII - n° 27-28, 13 Juli 1918 

Claire Studer : Fenster in der Nacht p.357 -358

Neue Zürcher Zeitung n° 941, juillet-août 1918 : Iwan Goll " Junge Zeitschriften in Frankreich " 

Die Friedens-Warte-20-n°7/8, juillet-août 1918 : Iwan Goll " Alles oder nichts" p.191

Zürich

Die Weissen Blätter -5 -  1918 Walt Whitmann : Der Wundarzt. Briefe, aus dem amerikanischen Sezessionskrieg ;.traduction d'Iwan Goll p.85 à 96

Die Weissen Blätter -5- septembre 1918. Eine Monatsschrift, Herausgabe von René Schickele. Iwan Goll : Flucht der Fabriken * et Gesang aus der Zelle * p.160 

Die Aktion : Die Frauen erwachen . Novellen .134 S.+ 2S.

Nouvelles de Claire Studer, couverture illustrée par Otto BAUMBERGER

Frauenfeld : Verlag Huber & Co., 1918 .

Iwan Goll : Der Torso *, Stanzen und Dithyramben, dédié à Claire Studer [13] 

70 exemplaires, numérotés de I à LXX et signés par l'auteur. 8° - 53 (+1)S.

München, Roland-Verlag Dr. Albert Mundt 1918 (Dans la collection "Die neue Reihe")

Die Aktion : Claire Studer : * Mitwelt

Berlin-Wilmersdorf : Verlag des Wochenschrift " Die Aktion ".29S.+3S.

(Franz Pfemfert )1918 .( Der Rote Hahn Band 20 ) .

Nachdruck, Nendeln, Kraus Reprint 1973

Die schöne Rarität 2 - 1918. Herausgegeben von Adolf Harms.

Iwan Goll : * Die Spaziergänger p.60, * Die Traüme p.94 

Kiel 1.1917-2.1919

Daimon 1 (1918). Herausgegeben von Jakob Moreno Levy-Jg.2 : Der neue Daimon und Herausgegeben von Fritz Lampl.)

Iwan Goll : * Café [14] p. 114 * Der Laternenmann p.149

Wien 1+2. 1918/19

Iwan Goll : Der Neue Orpheus, eine dithyrambe (Le Nouvel Orphée) : I - Unterwelt, II - Boulevard, III - Absynthschenke, IV - Globus Kino, V - Café, VI - Wildnis, VII - Absolution.29 S. u. Porträt von R.R. Junghans.

Dans la collection " Der Rote Hahn " - Band 5

Verlag der Wochenschrift Die Aktion, Berlin - Wilmersdorf 1918.

Iwan Goll : Dithyramben, dédié à Claire Studer : Der grosse Frühing (Die göttliche Orgel, Der Kinodirektor, Der Student, Meeting der fünften Klasse, Der Pflichtvergessene Geistige, Der Streik, Die Prozession, Das Goldene Vlies), Die Alpen Passion ( I - Flucht, II - Schlucht, III - Bergwald, IV - Gipfelan, V - Panorama, VI - Gletscher, VII - Grat, VIII - Nachthütte, IX - Wassersturtz), Der Panamakanal (dritte Fassung) 8°— 37 (+1)S.

Der Jüngste Tag, Band 54 .Kurt Wolf Verlag, Leipzig, 1918

MA -III- 12 - 20 décembre 1918 - Irodalmi és Kepzomuveszeti Folyoirat.

Szerkesztik : Kassak Lajos és Uitz Béla

Iwan Goll : Ditiramb p.139

Budapest

Das junge Deutschland 1 (1918) Monatsschrift für Theater und Literatur. Herausgegeben vom Deutschen Theater zu Berlin (Redaktion : Arthur Kahane und Heinz Herald) : Iwan Goll : * O die ihr nie auf Gipfeln auferwachendürft..., * Das Leid ist da..., * Der Tod des Frühlings p. 13 et 14

Berlin. 1.1918 - 3.1920. 

Résurrection - n°4 - 1918.Cahiers littéraires mensuels illustrés. Directeur : Clément Pansaers.

Iwan Goll : Appel à l'art [15] p.121/122 et J'étais assis auprès de vous en un cabaret d'absinthe p.130 et 132 (trad. de Clément Pansaers), Gaston Dehoy, Clément Pansaers, Carl Einstein, Ghelderode...

28 Editions Clément Pansaers, Namur - 1918

Der Mensch 1 (1918). Heft 8/10 Monatsschrift für Kultur. Herausgegeben von Leo Reiss.

Iwan Goll : * Die Kloaken, * Die Tänzerinnen p. 101 et 102

Brünn : Verlag der Zeitschrift Der Mensch, 1918

Der Mensch 1 (1918). Heft 11/12

Iwan Goll : *Bergräbnisse p. 137

Brünn : Verlag der Zeitschrift Der Mensch, 1918

Iwan Goll : * Die Unterwelt (Le Sous-Monde). dédié "à Claire Studer", (52 poèmes [16]) 

S.Fischer Verlag, Berlin 1919, 66 Bl..

Das literarische Echo 21 (1918/19)- Lyrisches Warenhaus II - Gregori Ferdinand :Über Iwan Goll : Die Unterwelt - Der Torso - Dithyramben p.1488 - 1496

Der Gral 13 (1918/19).Seidenfaden Theodor : (Zum Iwan - Goll - Heft der Aktion. 1917) p.374 / 378 

Das Forum 3 ème année18 /19 - Heft 1 - Janvier 1919. Herausgeber Wilhelm Herzog

Romain Rolland, Iwan Goll : Diderot p.250 à 255, Jean Jaurès, Hermann Kesser, Foemina (Madame Buteau), Hans Fehlinger.

Gustav Kiepenheuer Verlag Postdam - Berlin, .

Menschen[17] 2 - n° 4 - 1er février 1919 : Zeitschrift für neue Kunst, Literatur - Graphik - Musik - Kritik : Herausgegeben von Heinar Schilling , Felix Stiemer Walter Rheiner.

Iwan Goll : Gedichte : Ararat, Chianti, Ozean Pharao, Zanzibar p.1, Die Pyramide p.4

Dresden Verlag der Menschen.

Menschen 2 - n°5 - 1919

Iwan Goll : An den Februar p.1

Die schöne Rarität 2 - 1919 :

Iwan Goll : Kleines Kino der Menschlichkeit (Dialoge) p.163 / 167 

Kiel

Das Landhaus 4 - 1919, Toni Schwabe : Das Dichterjahr. Eine Bücherbesprechung (Über Alfred Grünewald, Henriette Hardenberg, Iwan Goll, Kurt Heinicke, Robert Braun, Hans Chr. Ade, Walter Rheiner, Oskar Loerke) p.138/144.

Die Weissen Blätter. VI : Zweites Heft (2ème cahier) Février 1919.

Eine Monatsschrift, Herausgabe von René Schickelé. (50 ex. numérotés.)

Iwan Goll : Brief an der verstorbenen Dichter Apollinaire ( Lettre à Feu Guillaume Apollinaire cette lettre avait été écrite en 1918, après l’annonce du décès d’Apollinaire) p.78 à 81, Hazfeld, A.Siemsen, Freundlich, E.Weiss ; gr. - 8°

Zürich, Leipzig, Rascher / Bern, Verlag der Weissen Blätter / Berlin, Cassirer

Menschen 2 - n°5 (25) - 1er mars 1919 : Zeitschrift für neue Kunst, Literatur - Graphik - Musik - Kritik : Herausgegeben von Heinar Schilling und Walter Rheiner. Mit 3 Original - Holzschnitten von O. Sebald und Georg Kind.

Beiträge von Jakob Haringer, Iwan Goll, Walter Rheiner u.a.

Programmatisches Heft mit dem " Aufruf der russischen fortschritlichen bildenden Küntsler an die deutschen Kollegen ! "

Dresden Verlag der Menschen.

Die Weissen Blätter. VI : (4 ème cahier) Avril 1919.

Iwan Goll : Über das neue Buch von Barbusse (Clarté) p.187 à 192

Münchner Blätter für Dichtung und Graphik. 1. 1919 Eine Monatsschrift in genossensflachlichem Zusammenwirken von René Bech, Heinrich Campendonk u.a., verantwortlich herausgegeben von Renatus Kuno.

Iwan Goll : Der Möbelwagen p.41

Henri Guilbeaux : Der Rheingesang, Deutsche Nachdigtung von Iwan Goll p.65-67

München

Die neue Blätter für Kunst und Dichtung n° 2 - 1919 :

Aus dem Gedichtband " Die Unterwelt " (8 Gedichte I. Goll) p.48/50

p.51 et 52 Stéphane Mallarmé : Der Nachtung eines Fauns (L'après-midi d'un Faune) Trad. allemande d'Iwan Goll. 

Littérature [1], mensuel n° 2 - avril 1919

Direction Louis Aragon, André Breton et Philippe Soupault, du n°1 au n° 20 - août 1921

Fil spécial signé Gollifan (Ivan Goll ?) [2]

Die Aktion : Claire Studer: Der gläserne Garten, zwei Novellen . 44 S.+4 S.

München : Roland Verlag Dr. Albert Mundt . 1919

Nachdruck, Nendeln, Kraus Reprint 1973

Das Forum. 3 - cahier 8 - mai 1919, Iwan Goll : Guilbeaux (Aufsatz.) p.663-666

Déclaration d'Indépendance de l'Esprit [3] (Ce manifeste est publié en français ainsi que les noms des signataires à la date de la parution p. 901 à 904, Ivan Goll p.903)

Gustav Kiepenheuer Verlag Postdam - Berlin .

Le Coeur de l'Ennemi, Poèmes actuels, traduits de l'allemand par Ivan Goll et illustrés de 16 bois gravés par Louis Moreau. 20 exemplaires de luxe numérotés de I à XX et 750 exemplaires non numérotés (32 pages) : Maurice Wullens [4], Avant-propos : Ivan Goll [5] p.5/6, Johannes Becher : A. Zola, Albert Ehrenstein : L'Europe se meurt, Ivan Goll : Requiem [6] p.12 à 14, Walter Hasenclever : Résurrection de Jaurès, Wilhelm Klemm : La Bataille de la Marne, et Bataille l'après-midi, Rudolf Leonhard : Frère et Soeur, Karl Otten : A Marcel Martinet, Ludwig Rubiner : La lumière céleste, René Schickelé : Gloria Victis !, Claire Studer : A mon enfant, Georg Trakl : Grodek, Franz Werfel : Le Despote, Alfred Wolfenstein : A Ceux de 1914, Stefan Zweig : Inscription sur une statue de Liebknecht.

Edition de la Revue littéraire des Primaires, Les Humbles. Directeur Maurice Wullens Cahier n° 12 - Avril 1919. [7]

MA - IV - n°5- 15 mai 1919 - IRODALMIES KEPZOMU VESZETI FOLYOIRAT.

Szerkesztik : Kassak Lajos és Uitz Bela

Iwan Goll : Az uj Franciaorzag, p. 73 à 77

Budapest

Die Neue Schaubühne I (1919) H.6 - Iwan Goll : Explosion (un acte) p.173 à 180

La Feuille 2 juin 1919

Genève à compléter

La Feuille 13 juin 1919

Genève à compléter

MA - IV -n°7- 15 juin 1919 - IRODALMIES KEPZOMU VESZETI FOLYOIRAT.

Szerkesztik : Kassak Lajos és Uitz Bela

Iwan Goll : Processio, p. 148 et 149 ( trad. Szekely Janos )

Budapest

[1]Littérature, Mars 1919 à Juin 1929 - 33 numéros en 32 fascicules ; importante revue littéraire qui réunit des collaborateurs prestigieux.

[2] « Le docteur SERNER, philosophe dadaïste, vient de succomber à la suite d'une imprudence. Des peintres genevois s'étant introduits dans son appartement pour tapisser les murs de différentes peintures. SERNER, en rentrant, prit pour des réalités ces femmes et ne tarda pas à esquisser des attitudes malheureusement trop banales, lorsqu'il apprit de quoi il s'agissait. La mort fut instantanée.

ARCHIPENKO expose 38 sculptopeintures au Kunsthaus. Harp expose 16 hypoglosses, SCHAD 8 peintures Dada. 62 membres du Kunsthaus ont donné leur démission.

On nous assure que A. SAVINIO est un homme honnête. Rien de plus inexact : c'est un idiot.

Le duel TZARA-ARP n'a pas eu de suites fâcheuses, puisque les duellistes ont tiré avec des canons dans la même direction. La police a ouvert une enquête sur le mouvement Dada.

André SALMON n'est pas dadaïste.

M. ROBBER , le dadaïste américain, vient d'arriver à Zurich avec 2 autos. Le but de son voyage est d'écraser MARINETTI, qui malheureusement est déjà à Milan.»   GOLLIFAN 

[3] Ont signé cette déclaration: 

en Allemagne: G. von Arco, A. Einstein, Leonhard Frank, H. von Gerlach, I. Goll, Wilhelm Herzog, Hermann Hesse, Käte Kollwitz, Max Lehmann, Paul Natorp, G.F. Nicolaï, Heinrich Mann, A. Moissi, H. Paasche, Fritz von Unruh, Franz Werfel …

en Angleterre: Edward Carpenter, Bertrand Russel, Israël Zangwill

en Autriche: Dr. A. Fried, Stefan Zweig,

en Amérique: Jane Adams

en Belgique: Paul Colin, Georges Eekhoud, G. Khnopff, Franz Masereel, Melot Du Dy, Jacques Mesnil, Edmond Picard, Henry van de Velde.

en Catalogne: J. Lopez-Pico, Alfons Maseras, Eugenio D’Ors,

en Danemark: Sophus Michaelis

en France: René Arcos, Charles Baudouin, Henri Barbusse, Léon Bazalgette, J.R. Bloch, Samuel Buchet, Prof. Burnet, Alain Chartier, A. de Chateaubriand, Georges Chennevière, François Crucy, Paul Desanges, Albert Doyen, Georges Duhamel, Edouard Dujardin, Gustave Dupin, Waldemar George, P.J. Jouve, C.A. Laisant, Raymond Lefebvre, Marcel Martinet, Emile Masson, Luc Meriga, Mathias Morhardt, A. Pierre, Prof. A. Prenant, Gabriel Reuillard, Romain Rolland, Jules Romains, Hans Ryner, Edouard Schneider, Prof. Ed. Schoen, Prof. P. Schulte, Séverine, Prof. Schirardin, Paul Signac, Gaston Thiesson, Jules Uhry, Paul Vaillant Couturier, Charles Vildrac, Prof. Wacker, Léon Werth

en Hindoustan: Rabindranath Tagore

en Hongrie: Andréas Latzko

en Italie: Roberto Bracco, Benedetto Croce en Pologne: Dr. M. de Rusiecka

en Russie: Paul Birukoff, Nicolas Roubakine, L. de Wiskovatoff

en Suède: Verner von Heidenstamm, Ellen Key, Selma Lagerlöf, Carl Lindhagen

en Suisse: Enrico Bignami, Ernest Bloch, Prof. A. Forel, Prof. Ragas …

[4] "Tremblent encore entre mes mains les menus feuillets que m’envoie de Suisse un ami inconnu.

Et résonnent au tréfonds de moi-même, en écho joyeux, les cris attendus, les paroles aimées — à Moi aussi: 

 "Mon coeur est grand comme l’Allemagne et la France réunies,

 Il est troué par les balles du monde entier."

Geste fraternel, d’hommes à hommes, notre dernier cahier de la quatrième série

— ultime série de guerre ! — sera ce florilège unique encore, bouton frêle que suivront bientôt

— nous l’espérons fermement — d’innombrables floraisons. Bouton frêle et unique encore, mais si riches d’espoirs et que nous veillerons si amoureusement.

Des prétextes pour accomplir ce geste ? Aucun.…Nul besoin. Nous avons trop de raisons.

Poètes d’Allemagne, ô frères jadis inconnus, enfin connus, nous sommes des hommes tout simplement. Et tout heureux de trouver devant nous des hommes, nous vous tendons nos mains fraternelles et vous donnons une étreinte loyale, d’homme à homme.

Poètes d’Allemagne, ô frères enfin connus !»

 M.W.

[5] "C’est la nuit Européenne. Les peuples marchent à tâtons. Forêts de méfiance. Broussailles du mensonge. Et les précipices du meurtre, les gouffres de la maladie et de la faim

A qui s’en remettre, si ce n’est au Poète, le Nouvel Orphée ! Qui, sinon lui, imposera le silence aux chacals de la civilisation et entraînera les brutes montées sur rails de canons vers les horizons du Grand Printemps de l’humanité ?

Entendez-le, hommes de la terre: le chant de son âme éternelle auréolera vos fronts assombris. Ah, je sais bien, vos propres frères, vous les bannîtes, les aigles de la liberté, vous n’en vouliez voir l’ombre dans la cage étroite de vos frontières.

Or comment boucher plus longtemps vos oreilles épaisses à la voix cristalline du poète, qui est l’enfant d’un nouveau siècle ?

C’est votre propre voix intérieure. Vainement vous irez encore vous retrancher dans les bas-fonds du terrain ensanglanté: elle vous poursuit comme une cloche folle à travers la nuit et les bombardements.

Cette cloche est suspendue sur l’Europe entière: inutile de la fuir. Inutile aussi de vouloir la détruire: il faudrait escalader le ciel de feu, et vous vous y brûleriez l’âme et le coeur.

Vous ne lui échapperez point !

Ah, mais c’est un son étranger ! Frères, c’est un chant de l’ennemi. Malheur à lui ! direz-vous. Mais il chante, le Poète, le "Vates ", l’homme éclairé, et il érige un dôme en granit gothique !

Quel ennemi donc, mes frères ? J’entends sa voix, je l’entends qui pleure le meurtre de ses pères et de ses fils. C’est l’ennemi de votre malheur, c’est votre ami !

Attendez encore un instant, ne fermez point la page, ayez foi en l’Homme qui parle à l’Homme. Ecoutez une strophe seulement, un instant seulement, moins long que quand vous attendiez le train des blessés, et vous vous jetterez en sanglotant dans les bras de celui, qui n’a plus de visage, plus de bras ni de jambes: mais son coeur pour pleurer avec vous.

Ah, vous qui fûtes sourds pendant si longtemps: quand ils chantèrent dans un désert, il vous fut impossible de les entendre car la caravane des armées passait, passait et tuait leurs voix.

C’était là-bas comme chez vous. Les poètes allemands restèrent seuls dans la clameur. N’est-il pas grand temps que tu les recueilles, Peuple-Victoire ? N’est-il pas temps, que tu saches, que lors de la bataille de la Marne, un soldat allemand s’écria tout haut et fit insérer en Septembre 1914, dans la revue "Die Aktion ", en plein Berlin: 

 Mon coeur est grand comme l’Allemagne et la France réunies !

Il est temps, Christ-Français, que tu embrasses l ’Allemand-Judas. Le Messie, mon frère, frappe tous les jours à ta porte. Il est temps, Homme, que tu le reconnaisses et le bénisses !

 Ouvre ! Aime ! Souris ! "

 Ivan Goll

[6] 

Requiem  I

La Mort, le carnaval de la mort ! Masques noirs qui sautaient ; âmes, qui formaient des nuages rougeâtres au dessus du charnier.

Au-delà d'une forêt ivre d'obus : les courbes immenses des hommes ! Les étoiles dansaient farouches parmi les combattants !

Voici le buisson des baïonnettes ; la barbe dorée d'un homme y fleurit ; un homme, comme il ressemble à mon père ! Homme de la terre, viens-tu pour me tuer ? Mais non, sans farce : à bas le masque ! Embrasse-moi donc !

Mais des yeux flambent et incendient le soir de cuivre ! Un apache : est-ce sa baïonnette, est-ce sa bouche aux dents aiguës qui brillent ? Son bras qui me happe est gelé dans la mort : (hélas ! Il happera toujours, il happera dans tous mes cauchemars !)

L'étoile d'une médaille brille sur un torse râlant. Une bague cingle un doigt crispé et l'éclaire. Combien de vies prodigue-t-on en ce jour ? Les tombes s'ouvrent machinalement.

Ah, mon frère : tu embrasses la terre si lourdement ! Mon bon camarade, tu as de l'or et du sang autour du front : donne-moi la main !

Oh pourquoi, grand prince de la vie, pourquoi est tu muet ? Tu trébuches ? Tu te penches si bas ?

Çà, c'était une mitrailleuse ! Et il s'agenouille, bête comme un pantin, dans l'herbe qui hésite et qui frissonne !

Mon pauvre ami ! 

    II

La Guerre repue mordait jusqu'à la moelle des pays ;

La Guerre jetait son ombre géante sur les ports éclairés d'hommes, sur les fabriques et les usines tremblant d'intense lumière ;

La Guerre labourait les jeunes champs et abattait les vieilles forêts.

La Guerre était l'invisible partout ; son pouls frappant les fibres des hommes, sonnant avec les cloches des villages, tonnant la nuit pendant l'orage.

La Guerre, c'était la date journalière du calendrier. C'était le chiffre du siècle. C'était la plainte des pauvres ; la rage des faibles. C'était la faim. C'était la mort.

La saignée de l'Europe : le choléra dans les sombres ruelles des villes ; la haine hurlante des esprits.

C'était la guerre : et le soleil restait figé au ciel comme un rubis, un oeil rond qui saigne.

Coteaux rouges du printemps. Neige rouge de l'hiver.

Sang qui jaillissait des montagnes vers les fleuves, vers les lacs.

Fusées de sang : les chaussées et les boulevards.

Drapeaux gonflés de sang sur les places, sur les casernes, devant les bars.

Les journaux étaient imprimés avec du sang.

Les téléphones redondaient du tumulte du sang.

C'est le coeur de l'Europe qui coulait.

C'est la Mer Rouge qui dansait.

   III

Vous tous, mes frères ! Vous, Tommies, Poilus, Bavarois, Moujiks, Bersagliers, Honveds ! Vous tous, naguère le boulevard, la salle des fêtes, la foule, la mer qui me portait comme son onde !

Européens, visage de lait et de sang ! Chacun le fils d’une splendide mère ! O vous, symboles de choses éternelles : amour dans l’oeil limpide, bonté souriante sur vos lèvres, et la sagesse de votre front penseur !    

 Créatures de la Grande Bonté : comme un faisceau de rayons de soleil autour de moi (est-il quelque chose de plus pur que du soleil ?)

 Et vous ! Peuples des îles vertes de l’océan, des caps pointus, de golfes au nom sonore, de ports largement ouverts où la mer étreint la terre ! Zouaves, Nègres grimaçants, Indiens rêveurs !

 Vous tous, nourris de Soleil et de Terre ! Vous tous, enfantés dans un amour surhumain !

 Je ne crois pas à votre haine ! Je ne crois pas à votre guerre ! 

Vous, les peuples de Dieu ! Et vous, prédicateurs, maîtres d’école, juges et moralistes ! Inventeurs des Enfers, des Prisons, des Guillotines !

Vous, citoyens, soumis à la loi effritée et pourtant fiers de cette liberté, que vous n’échangiez que contre la mort.  

Vous si confiants dans votre propre droit et dans celui du voisin ! Qui érigiez les polycliniques, les asiles de nuit et les théâtres du peuple. Qui construisiez chacun sa maison à l’alignement. Qui ôtiez le chapeau devant quiconque vous saluait !

Vous, qui saviez la valeur de toute chose. Sacrifiant la moitié d’une vie pour découvrir une étoile lointaine. Suicidés — o les plus pudiques — ne pouvant survivre au reproche d’un être aimé. Hommes subtils !    

Non, vous ne pouviez tuer ! Vous ne pouviez assassiner ! Je ne crois pas à votre haine ! Je ne crois pas à votre guerre !

La version française du Requiem (par Goll) n'existe pas en intégralité.

[7]Dans le livre de souvenirs de Claire Goll "La poursuite du Vent" paru chez Olivier Orban, Paris 1976, p.113 "…L’ennemi n’a pas de cœur ! "claironnait le Commissaire de police en faisant irruption dans notre chambre … "Vous insultez nos morts, vous les tuez une seconde fois" puis il regarda Goll dans les yeux. "Et d’abord êtes-vous vraiment français ? " Tous les exemplaires saisis furent mis au pilon …


[1] Déjà paru dans le numéro 14-15 et repris dans Der Eiffelturm 1924

[2] Cette version, revue en 1929, est traduite par Claire Goll dans : Yvan Goll, Oeuvres I, Emile Paul - 1968, pages 39 à 44

Noëmi I  

Je porte, lourd fardeau, l’héritage fatidique

De mes frères bibliques,  

De mes prophétesses,  

De mes reines. 

Des siècles obscurs monte le bruit puissant 

Des années de Dieu, 

Des années du Temple,

Des années du ghetto.

Il est confus le chant, dans mon âme éclatée,

Des fêtes des saisons,

Des fêtes du ciel, 

Des fêtes des morts.

Ils marchent lourdement dans mon sang fou, 

Les Patriarches,

Les Héros,  .

Les Fils.

Ecoute, Israël, Adonaï était ton Dieu, 

Adonaï était l’Unique !

Noëmi VI  

A la nouvelle lune, je veux ressusciter

Oindre mes tresses bleu-noir avec l’huile des noix

Accueillir le Bien-Aimé d’un baiser étoilé,

A la nouvelle lune, je veux aller voyager,

Plus haut que le ciel heureux renoncer mon amour,

Fonder sur la terre la victoire de mon amour, 

A la nouvelle lune, je veux aller danser,

Réveiller les hommes de leur rêve,

Allumer au-dessus des villes la lumière neuve,

A la nouvelle lune, je veux ressusciter,

Relever des cendres comme un phénix l’ultime esprit,

Donner à l’ancienne Foi le nom de Connaissance.

[3] Claire et Yvan se sont rencontrés le 10 février ; leur correspondance sera publiée en 1966: 

Iwan Goll Claire Goll Briefe, Florian Kupferberg Verlag, Mainz/Berlin.

Une nouvelle édition paraîtra en 1978: Claire Goll & Iwan Goll Meiner Seele Töne chez Scherz en 1978, avec notes et commentaires de Barbara Glauert ; c’est cette édition que nous prendrons comme référence en utilisant les 3 initiales M.S.T., car la version française, traduction de Claire Goll, que l’on peut consulter à la Fondation Yvan et Claire Goll de Saint-Dié-des-Vosges ( S.D.d.V.) est toujours inédite. Ceci à l’intention d'Editeurs "éclairés" qui devraient être intéressés par cette correspondance, document littéraire de première importance.

Extraits de cette première lettre:

"…suis-je réellement aussi mauvais que j’en ai l’air ? Vous avez dû maintenant vous prononcer, et la conclusion la plus raisonnable à laquelle vous vous êtes arrêtées, c’est peut-être: ce type est venu avant - hier, aujourd’hui il est reparti, gardons notre calme après ce jeu fatal, etc. Mais vous êtes les premières à savoir que ce qui importe dans la vie, ce n’est pas toujours d’être raisonnable. Il y a une chose que je sais, c’est que vous deux, Yvonne (Schwam) et Liliane (Claire Studer, née Clara Aischmann se faisait appeler Claire mais Yvan l’appellera indistinctement Lillan, Liliane, Liane, Neila, Claire, Clarisse, Zouzou, Susu), vous avez été pour moi quelque chose d’important, et je crois que vous pouvez devenir mon destin.…

Mais surtout que je ne l’oublie pas: merci, merci, pour m’avoir accueilli si familièrement, mes bonnes soeurs. Quand on se sent des âmes si proches, pourquoi ne doit-on pas aussitôt se tutoyer ? … hier soir, mon vieux propriétaire a téléphoné à tous les bureaux de poste qu’il fallait rechercher le skieur disparu, et l’alerte a été donnée dans toutes les Alpes. En ce moment, on cherche mon cadavre imaginaire sous les avalanches de neige. Si l’on savait quelles autres blanches avalanches m’ont enseveli ! 

 Je vous envoie par le même courrier 3 exemplaires du "Requiem" et la "Himmlische Licht" de Rubiner, que je vous avais annoncée et que devra garder pour elle celle de vous qui croit pouvoir le mieux me dispenser, en échange, une autre lumière céleste

 cordialement

 votre

 Iwan 

(Quelques jours plus tard, Goll avait le pressentiment que son destin s’appellerait Claire).

[4] Version allemande écrite en 1915 ;

1)  Rezitativ: "Klagen will ich über den Auszug der Männer aus ihrer Zeit "

2)  Elegie für die Ausziehenden

3)  Rezitativ: "Wehrender Ruf ging über Europa "

4)  Litanei auf Wachtposten herzusagen

5)  Rezitativ: "Da schritten sie herrisch ins fremde Land "

6)  Ballade von einem Traum auf der Flucht

7)  Rezitativ: "Endlich platzte "

8)  Messe für die Dichter

9)  Rezitativ: "Da feierte der Tod seinen Karneval "

10) Chor der Mütter

11) Rezitativ: "O roter, erster Mai "

12) Chor der Proletarier

13) Rezitativ: "Die hundertköpfige, tausendnamige Schlacht "

14) Klage der Brant

15) Rezitativ: "Wie eine graue Wand um Europa

16) Chor der Gefangenen

17) Rezitativ: "Und Tief ins Mark der Länder "

18) Strophe der verlassenen Frauen

19) Rezitativ: "O ihr Brüder alle "

20) Weltbürgers Wanderlied

21) Rezitativ: "Aber als ich euch sterben sah "

22) Hymne an die Toten

23) Das Friedenfest

24) Schlusschor . 

Cette version fut publiée quelque mois auparavant par les Editions "demain" à Genève, sous le titre "Requiem ". La seule version française (datée 1916), publiée dans OEUVRES I, Emile-Paul, 1968 p. 27 à 35 est en fait une traduction plus tardive de Claire Goll :

" Comme un mûr gris autour de l’Europe

Courait la longue bataille.

La bataille éternelle, la bataille pourrie, 

Qui n’était jamais la dernière.

Monotonie du combat. Tranchées sépulcres. Sommeil de la faim.

Au dehors les ponts faits de cadavres.
Au dedans les rues pavées de cadavres.

Les fossés des mûrs cimentés de cadavres.

Pendant des mois l’horizon regarda, vitreux, mystérieux comme l’oeil d’un mort

Pendant des années, les lointains sonnèrent un seul glas.

Les jours se ressemblaient comme des ossuaires.

Vous qui veniez des villes électriques, grouillantes dans la nuit mouillée, grouillantes dans le froid dur

La sentinelle échangeait douze nuits de sommeil contre une cigarette.

Des armées entières jouaient l’éternité contre dix mètres de désert.

Jurons gras crachés dans les immondices.

Caveaux moisis.

Arrachés à l’ennemi, des trophées de fer blanc.

Aucun de vous ne voyait-il le regard de l’ennemi ?

Aucun de vous ne croyait donc plus à la mémoire de la terre ? 

Mes semblables ! " (extraits)

Voir le texte critique de Jean-Marie Valentin : Ivan Goll : Requiem für die Gefallenen von Europa p.141 à 156 publié dans "Ecritures Franco-allemandes de la Grande Guerre"

Artois Presses Université 1996

[5] Ce n'est qu'une partie du Requiem, celle qui sera reprise dans Le Cœur de l'ennemi, Les Humbles. Directeur Maurice Wullens Cahier n° 12 - Avril 1919. Voici ce que dit Stefan Zweig, Romain Rolland. Der Mann und das Werk. Frankfurt am Main, 1926, pages 229-231. « La revue Les Tablettes, fondée par l’imprimeur suisse Jean Saltives sous le pseudonyme de Claude le Maguet, parut d’Octobre 1916 à Janvier 1919. Les quatre premiers fascicules furent imprimés comme un « travail exécuté en camaraderie », c’est-à-dire à compte d’auteur, les autres par l’Imprimerie des Unions Ouvrières à Genève. Grâce à des contributions audacieuses et aux dessins de Masereel, ce fût la revue la plus vivante que la Suisse ait connue. Il se crée une petite île d’indépendance que tous les vents du monde saluent quelquefois de loin ; il n’y avait que là qu’on sentait un air européen au milieu des vapeurs de sang. »

Stefan Zweig, Romain Rolland. Der Mann und das Werk. Frankfurt am Main, 1926, pages 229-231.

[6]Repris dans Dithyramben, 1918

[7]  "Ce soir à 7 heures, Liane et Iwan se sont mariés. Voici ce que Liane jura à Iwan:

Je te jure de ne jamais t’abandonner, car ce serait m’abandonner moi même. Je te jure fidélité, car seulement ainsi je pourrai me rester fidèle à moi-même. Je veux te connaître plus profondément chaque jour, pour pouvoir t’aimer davantage ; aide-moi donc, à toute heure, à me connaître. Je serai toujours à tes côtés, quel que soit ton chemin ; car je crois en toi et en ton amour.

Eternellement (pas au sens humain de ce mot, car ce serait bien trop bref)

 Ta Liane

 Et voici ce que jura Iwan:

 J’accepte ton serment, car ton serment est le mien. Je veux te reconduire à toi-même — car c’est le chemin qui mène, en ligne droite, à moi. Je veux être ton mari, parce que je crois en toi: toi la profonde, toi la vraie, toi la grande Femme. Toi la poétesse. Toi l’aimante. Je suis tien, et je serai tien, même après ma mort.

 Iwan

 Sur ces mots, ils échangèrent leurs bagues.

(Le mariage "officiel" sera célébré le 21 juillet 1921 à la mairie du 16 ème arrdt. de Paris)

[8]Appel à l’Art, paraîtra en français dans Résurrection, revue littéraire n° 4 - Namur, 1918

[9]Stefan Zweig: Journaux 1912 - 1940, édités par Knut Beck et traduits de l’allemand par Jacques Legrand (Ivan Goll p.278, 281, 282, 287, 465 — Claire Studer 282, 287, 450. ) Belfond, 1986 : 

vendredi 21(décembre 1917)

"… Le soir, chez Goll et Mme Claire Studer, une ravissante jeune femme ; Mme Werefkin, l’artiste peintre russe, vient se joindre à nous. Une créature magnifique, vivante, étincelante elle raconte des souvenirs inoubliables sur son enfance et son pays (l’histoire de la fille enceinte qui lui sert de modèle et qui lui baisa les pieds, son entrée en Allemagne, elle Russe, en pleine guerre, croyant de bonne foi qu’il ne lui arriverait rien), nous avons une excellente conversation, il y a quand même ici des gens merveilleux.

[10]avec un commentaire de Paul Raabe

[11] Goll présente dans cet article Schickele comme l’un des chefs de file de la jeune génération "celui qui comprend mieux que quiconque l’esprit du temps". Ivan et Claire Studer écrivirent assez régulièrement dans la N.Z.Z. entre 1917 et 1920

[12] Il est annoncé 7 textes, mais le 5 ème "Die Landstreicher" (Les vagabonds) ne sera pas repris dans "Die Unterwelt"

[13] Contient: Création, Printemps, Soleil, Lune, Forêt, Le Torse, Noemi (écrit en 1915), Le Canal de Panama, revu en 1918 (2ème version), elle est faussement qualifiée de première version dans Menschheitsdämmerung.

[14] Des variantes avec le poème paru dans Die Aktion 1917 p. 687

[15] Version française du Manifeste paru dans Die Aktion n° 45-46, 17 novembre 1917:

Appel à l'art par Ivan Goll

 L'art n'est pas un métier. L'art n'est pas un destin. L'art est amour.

 L'amour exige l’amour, est une question bilatérale. L'art exige le public, est une question publique.

 L'art devient aujourd'hui une charitable occupation sociale.

 C’est pourquoi, artiste, entre dans le peuple et montre lui ton grand coeur. Tes appels aux hommes, tes discours seront des poèmes.

 Tu as l’ultime moyen de l'amour: tu as Dieu. Ainsi qui que ce soit, le cocher de fiacre comme le haleur de bateaux, ils t'entendront et devront croire, . Ton travail est combat: combat contre le l'inertie et le crétinisme ;combat contre la nullité et la nuit.

 L'homme a inventé les étoiles.

 Avant tout, cependant, combat contre toi-même: contre l’atavisme que tu portes en toi. Avant tout, artiste, distingue-toi du "talent "en ce que tu ne sois plus égoïste.

Le lyrique de son "moi " ment, qui se sépare de l'humanité et arrose sa douleur imaginaire d'eau de rose.

 Le peintre ment, qui s’enserre en miniatures et portraits bourgeois: il n'a pas de grand cœur, de coeur ouvert, pas le geste divinement large.

 Ne t'étonne pas, toi, petit érotique centrifuge des ateliers-bohémiens et des cafés, que l’on ne te comprenne pas: tu n'as pas d'amour.

 Celui qui a un cœur se place devant les hommes, se dresse et il dit la douleur des millions qui souffrent autour de lui.

 Celui-là bâtit des temples, des halles spacieuses, des jardins infinis, des paradis ; les voûtes circulaires de la maison du peuple - où des hommes-frères se coudoient et souffrent ensemble ; des tribunes d’où la vérité rouge est versée dans le monde noir, sans égard ; - la vérité, une soif corrodante plus difficile à supporter qu’aux yeux des hommes le soleil liquide.

 Le peintre montre en des fresques éclatantes la sublime vocation de l'humanité: le grand, l’irisant humain, l'allégorie éternelle de la beauté.

 Et toi, poète, n'aie pas honte de souffler dans la trompette. Viens avec la révolte. Roule le tonnerre dans les petits nuages de la rêverie romantique, jette l'éclair de l'esprit dans la masse. Cesse les tromperies doucereuses et les légers désespoirs des pluies et des fleurs au crépuscule.

 Il nous faut de la lumière: lumière, vérité, idée, amour, bonté, esprit ! 

 Chante des hymnes, crie des manifestes, forge des programmes pour le ciel et la terre. Pour l'Esprit !

 Artiste, présente-nous ton grand coeur. Entre sur tes ailes dans le peuple sourd et muet. Entre dans les chambres, où suinte la fièvre puerpérale, des jeunes mères, dans les hôpitaux retentissant de cris écoeurants, remplis de mourants, d'espérants ; entre dans les prisons sans air, dans les casernes lourdes de colères, dans les palais de justice et les asiles de vieillards.

 Souris toujours, et pardonne, comme l'ange, à l’inconnu. Aussi mauvais, aussi profondément sourds qu’ils puissent être - d’autant plus beau, d’autant plus élevé et plus limpide soit ton chant..

Artiste - amour !

 Iwan Goll

[16] Deux de ces poèmes auront des versions françaises: Das Fenster, p.47 et Die Säufer, p.49 seront repris dans La Vie Nouvelle n° 2 - janvier 1921 p.27 et 28

[17] Le numéro 1 de Menschen paraît en janvier 1918


[1] On peut consulter à la bibliothèque de la ville de Saint-Dié des Vosges les éléments cités de sa biographie qui sont répertoriés: Ms 584 G FF 83-84-85-86-87. Toute l’oeuvre de Goll écrite en français a été léguée par Claire Goll à Saint-Dié des Vosges et l’oeuvre allemande se trouve au Schiller-National Museum (Deutsche Literaturarchiv) à Marbach (Allemagne)

[2] View - Décembre/Janvier 1941 page 4

[3].Les poèmes sont indiqués par cet astérisque *

Premier poème conservé et inédit : Yvan Goll, Dichtungen, Hermann Luchterhand Verlag, 1960 p.9.

[4] Inédit : Yvan Goll, Dichtungen, p.10

[5] Deux strophes de 6 vers, sans doute écrites en 1909 selon Barbara Glauert

[6] Ces deux textes publié p.275 et 276 dans Yvan Goll Die Lyric in vier Bänden (I) Argon 1996, avec deux notes de Barbara Glauert p.389 du même tome .

[7] Bibliothèque de Metz (LSL 182), comprend page 152 : Lothringisches Volkslied, avec une gravure d'Alfred Pellon, et Vier Gedichte (p. 178 - 180): Frülingslied, Geduld, Der Apfel und das Herz, Die Erfüllung.

[8]Nouvelle signature avec son véritable nom et un prénom emprunté.

[9]La version française de La Genèse date de 1919: elle est parue dans Yvan Goll, Oeuvres, Emile-Paul, 1968, pages 75 à 78 alors que cet inédit de 1913, en allemand est publié p.11 à 14 dans : Yvan Goll, Dichtungen, Hermann Luchterhand Verlag, 1960

[10] Die Arbeit

I ) Wo einst der Karaïbe träumend sein leichtes Geflöss

II) Wo aber Steinwust lag, grau, mit grünem Mergel und Moor gefleckt

III) Rasend waren im Sommer die Ströme, warfen schaümend sich in den Betten

IV) Rings auch bäumte die Erde sich vor all dem Frevel

V)  Städte indes, Städte waren wie Moos im Felsgespalt angeschossen:

VI) Da von Zeit genagt, von Blut gehölt, mit Gold ohne Zahl

Das Fest 

Première version, la conclusion sera retouchée dans les versions de 1918 et 1924 du même poème: 

Et quand ces portes s’ouvriront

Quand les deux océans hostiles s’embrasseront remplis de joie, 

Alors

Pleureront tous les peuples de la terre (trad. S.F.)

[11] Letzte Nächte parait sous la signature de Lassang mais Paul Raabe attribue ce texte à Richard Huelsenbeck ( Bio-Bibliographischer Anhang zu den Jahrgängen 1915-1918 Aktion )

[12] Editions "Les Cahiers expressionnistes ", Lausanne.

"Pourquoi ces matins grelottants sous le clairon, ces campements dans la fraise des bois, les villes énervées du sang lointain, la cavalerie flottante par les brouillards des routes hagardes traînant l'exode des veuves, des plaines inondées de feu, les enfants sentinelles, les nuits malades et chancelantes à la toux du canon, et puis la pitié des Croix-Rouges ? Pourquoi cherchiez-vous l'amertume et la douleur, le tambour claquant de ses os et la plainte des tombes dans les dunes ? "

Ainsi s'adresse à ses frères d'Europe l'auteur de cette mince plaquette, qui est un Alsacien et un Européen

Ces poèmes" expressionnistes" qui dépassent les théories sont imprégnés de whitmanisme, — quoique très personnels, — et se différencient très heureusement de la collection des vers guerriers et mirlitonesques. La pièce intitulée "Charleroi "éclate d'un dynamisme poétique. H. G (Henri Guilbeaux)

[13] Repris dans Eiffelturm - 1924


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Biobibliographie Yvan Claire Goll 1930 39

Les Oeuvres libres n°104, février 1930 :

Marcelle Vioux, Fernand Nozière et J. W. Bienstock, Ivan Goll : Gala [1], grande nouvelle inédite (p. 199 à 260), André Foucault, Marcel Astruc. -17 cm.

Paris, Fayard 1930

Claire Goll : Ménagerie sentimentale ( Histoires de Bêtes ) Nouvelles, 199 p., quinze exemplaires sur vergé pur fil Lafuma, dont cinq hors Commerce, numérotés de 1 à 10 et de 11 à 15

Paris, Les Editions G. Crès et  Cie 1930

Sagesse (Cahier 11) printemps 1930

Cahiers de Littérature et d'Art paraissant chaque saison - Directeur Fernand Marc.

Poèmes de: Pierre-Albert Birot, Gabriel Audisio, Fernand Marc, Claire Goll * Hymne à la France, Ivan Goll * Poème d'Amour [2], Marc Seize, Maurice Fombeure, Louis Parrot. Textes de René Vaës, Luc Durtain, Pierre Gueguen, J.R. Duron, Simone Saint-Maur. Dessins et reproductions : W. Baumeister, André Lhote, Jean Marembert, Otto Freundlich, Marc Chagall, Marcelle Cahn, Joaquim, Le Fauconnier, Adrienne Jouclard, Auguste Sandoz, Gounaro, Hortense Bégué, Rebull.

Paris, Librairie Montparnasse - in 4 broché

La Revue Nouvelle 6 ème année -n°57 - mai 1930 (Mensuelle ) Directeur : Auguste Dewavrin . Comité de rédaction : Francisco Amunategui, Jean Cassou, Edmond Jaloux, Manuel Lelis, Georges Petit .

Les livres : Sodome et Berlin ( Ivan Goll ) p.87/88 par Raoul Celly

Paris, chez J.O. Fourcade

Sang Nouveau XVII, XVIII - 4ème année n° 1/2, mars/avril/mai 1930.

Cahier littéraire d’une Revue fondée en 1927 par Nestor Miserez et Philippe Pirote , paraissant 6 fois par an

Georges Adam, Armand Bernier, Ivan Goll * Gare de Banlieue [3] (15 vers) p.13, Robert Harpignies, Jean-Daniel Maublanc, Jules Supervielle, Claude Bordas, Léon Follain, Walter V.

Les Nouvelles Editions Européennes, Charleroi - Paris

Tambour 2ème série - n°7 mai 1930 directeur : Harold J. Salemson. ( bilingue, français-anglais, 76 pages.) Sommaire :

Poèmes anglais: Frédéric Cover, H.R. Hays, Romola S. Voynow, Arabella Yorke, Norman Mac Léod, Richard Thoma, Virginia Stait .

Poèmes italiens(en français, tous les poèmes ont été traduits par Lionello Fiumi et Eugène Bestaux): Maxime Bontempelli, Angelo Silvio Novarro, Corrado Govoni, Giuseppe Villaroel, Eugenio Montale, Nicola Moscardelli, Giacomo Prampolini, Garibaldo Alessandrini, Ignazio Drago, Georgio Ferrante, Lionello Fiumi, Claude Symil, Mario Montanard, Nino Frank, Massimo Bontempelli .

Harold J. Salemson. : Il n'est plus de crime de LESE LITTERATURE p. 58 à 67

H.J. S.: Les livres, p.70 [4]

Harold J. Salemson, Editor, Paris.

L'Archer, Jean-Daniel Maublanc : Ivan Goll et la Poésie internationale [5]

Toulouse, Juin 1930

Demain n°2 - Eté 1930 - Directeur: Paul Hay et R. Pernet Solliet

Poème d'Ivan Goll p.3 " Manège " [6], Robert Valançay, Y. Chabauty - Bretagne....

Claire et Ivan Goll : * Poèmes d'Amour [7],

illustrés de sept dessins de Marc Chagall - cinq exemplaires sur Japon impérial numérotés de 1 à 5, dix sur Hollande Van Gelder numérotés de 6 à 15 et huit cent cinquante sur papier bibliophile numérotés de 16 à 865

Editions Fourcade Paris, 1930 (110 p.)

Blaise Cendrars : Gold (L'Or) Die Fabelhafte Geschichte des Generals Johann August Suter

Deutsche Ausgabe von Iwan Goll - 196 S.

Berlin VdB ca 1930

Blaise Cendrars : Gold (L'Or), Die Fabelhafte Geschichte des Generals Johann August Suter Deutsche Ausgabe von Iwan Goll - 212 S.

Rhein Verlag, Zuerich-Muenchen, 1930

Der Weltspiegel n° 4 - 1930. Iwan Goll : Wanda Landowskas Schule von Saint-Leu p. 3

Tambour 2ème série - n° 8 - juin 1930. Directeur : Harold J. Salemson. (bilingue, français-anglais, 77 pages). Sommaire: Poèmes de: Claire Huchet, Yves Chabauty - Bretagne, Ivan Goll: Poème d'Amour [8], Robert Radelet, Francis Ambrière, J. Mariotti, Richard Thoma, Walter Lowenfels, Valentin de Manoll, Samual Putnam, Max Reynolds, Joseph Upper, Paul Frédéric Bowles. Claude Bordas, James T. Farrell, Pierre-Louis Flouquet, Edouard Roditi, Georges Linze, Van der Cammen, Henry-Fagne, Karlton Kelm, Claude Symil, H. R. Hays, H. J. Salemson. [9]

Harold J. Salemson, Editor, Paris.

chercher Contrepoint août 30 pour article de Colombat puisé  selon Goll chez Jaloux dans les Nouvelles littéraires

Mercure de France  ? -15 octobre 1930 ( bi-mensuel )

John Charpentier sur " Ménagerie sentimentale ( Histoires de Bêtes )" Nouvelles de Claire Goll, Editions G. Crès et Cie

Mercure de France  - 1er novembre 1930 ( bi-mensuel ) André Fontainas sur "Poèmes d'Amours" par Claire et Ivan Goll, Fourcade 1930.

Iwan Goll rencontre Paula Ludwig vraisemblablement au Bal de la Presse à Berlin le 31 janvier 1931. [10]

Ivan Goll : lettre à Claire Goll datée 1er février 1931[11] :

Ivan Goll : lettre à Claire Goll datée 22 février 1931 [12]

Ivan Goll : lettre à Claire Goll, datée samedi 7 mars 31 [13]

Ivan Goll : lettre à Claire Goll, datée jeudi 12 mars 31 [14]

Le Journal des Poètes 1ère année, n° 2 - 11 avril 1931-Hebdomadaire de Poésie : Création, Information et Critique.[15] : Yvan Goll : Rue de la mort [16] (28 vers) et reproduction du dessin de Chagall (couverture de " Poèmes d'Amour", Fourcade 1930)

Bruxelles.

La Nouvelle Revue Française -19 ème année n° 212 - 1er mai 1931 :

Revue mensuelle de littérature et de critique

A propos d'une traduction par Philippe Soupault [17] p.633 à 637

Gallimard, Paris

Sagesse (Cahier 15-16) printemps - été 1931

Cahiers trimestriels de Littérature et d'Art, Directeur Fernand Marc  .

Textes et poèmes de : Géo Norge, Lorna Réa, Ivan Goll : Mélusine Acte IV - scène 1 avec un dessin inédit de Joaquim, Raoul Gain, René Vaës, Georges Linze.

Les livres par Adrien Copperie, Robert Revel, Jacques-Robert Duron.

Illustrations par Claysen, Picasso, de Chirico, Carla Vica, Marie Laurencin, Van Leckwick, Joaquim, Victor Servranckx, Gilles Pax, Calder, Jaques Maret.

Paris, Les Nourritures Terrestres. in - 4 broché

15 novembre 31, lettre d'Ivan Goll à Elisabeth Bergner [18]

Le Journal des Poètes 2ème année, n°2 - 22 nov. 1931- Bruxelles.

Douze poètes de l'Allemagne contemporaine  [19] dont 5 traductions d'Yvan Goll : .Jacob Haringer, Oscar Loerke, David Luschnat, Paula Ludwig "Poème", Alfred Wolfenstein…

Cahiers Alsaciens et Lorrains nov./ déc. 1931

Ivan Goll : Profil ( Über Maurice Betz ) p.158 / 159

Le Journal des Poètes 2ème année, n°5 - 12 déc. 1931- Bruxelles.

p.1 -2 Géo Charles : Interview de Claire et Ivan Goll sur la Poésie [20]

Annuaire Bio - Bibliographique des Ecrivains et Publicistes de la Région d'Alsace et de Lorraine: p.33 Claire Goll, Yvan Goll.

publié par la Société des Ecrivains d'Alsace et de Lorraine1931

Claire Goll : Ein Mensch ertrinkt, Roman

Leipzig-Wien, E.P.Thal - Verlag, 1931

Claire Goll : The Jewel,[21] traduit du Français par Pierre Loving 231+1 p.-8°

New-York, Alfred A.Knopf, 1931

André Fontainas : Tableau de la Poésie Française d'aujourd'hui (238 p.) [22]

Goll p.134 - p.140 - Index p.233

Editions de la Nouvelle Revue Critique, Paris 1931

Iwan Goll : Stervend Europa [23], traduction hollandaise de Evert Straat (116 P.)

Amsterdam, " De Gulden Ster", sans date (1931)

Hier schreibt Paris, ein Sammelwerk von heute. Herausgegeben von Alfred Wolfenstein 336 p.: Paul Valéry, Henri Lichtenberger, Marcel Aymé, Iwan Goll : Paris brennt I p.45 à 51 et II p.249 à 256, Marcel Jouhandeau, Jules Supervielle, René Benjamin, Georges Duhamel, Jean Giraudoux, Jean Cocteau, Roger Vitrac, Charles Péquignot, André Chamson, Valéry Larbaud, Léon-Paul Fargue, René Lalou, Fernand Divoire, Max Jacob, Augustin Habaru, Georges Ribemont-Dessaignes, Pierre Mac Orlan, Jules Romains, Julien Green, André Gide, Blaise Cendrars, Darius Milhaud, Louis Jouvet, Le Corbusier, G.F. Bergery (député de Seine - et - Oise).Internationale Bibliothek G.m.b.H.Berlin 1931

Berliner Gedichte. Herausgegeben von Kurt Lubach und Emil Tuchmann. Gedruckt und dem Berliner Bibliophilen-Abend zum 10 März 1931 überreicht von J.S. Preuss, Berlin, 14 pages.

Camille Recht : Die alte Photographie, (préface d'Ivan Goll) p. XI à XVI

Paris, Berlin, Leipzig 1931. Henri Jonquières 144 p.

Claire Goll : El beso negro

Editora Zig-Zag, Santiago di Chile, 1931

Vossischen Zeitung : Plusieurs poèmes de "Malaiische Liebeslieder" d'Iwan Goll ont été publiés dans cette revue entre 1932 et 1934

Die Weltbühne 28 -I- février 1932. Iwan Goll : James Joyce (Würdigung zum 50 Geburtstag) p. 216/218. Berlin . (j'en ai la traduction)

Sang Nouveau 5 ème année XXIV. n° 2, Janv.- Fév.1932. Revue littéraire bimestrielle

Georges Adam, Gilbert Anthelme, Pierre Courthion, Daniel-Rops, Hubert Dubois, Jos. Duchesne, James Ensor, Marie Gevers, Claire Goll * L'Amante au Téléphone (14 vers) Ivan Goll * Qu'était-ce donc la Vie (12 vers) p.31, Jean Milo, Marcel Thiry.

Les Nouvelles Editions Européennes, Charleroi - Paris

Le Journal des Poètes 2ème année, n° 11 - 6 février 1932

Deux poèmes de Paula Ludwig - traduction de l'allemand d'Yvan Goll - Bruxelles.

Le Journal des Poètes 2ème année, n°25 - 28 mai 1932-6 pages: Création, Information et Critique.:[24]

Bruxelles.

Der Querschnitt 12 juillet (1932) Iwan Goll : Metro (poème en allemand) p.180, Ein Tag aus dem Leben eines Genies (James Joyce) p.492/493

Les Poètes indépendants, fantaisistes, modernes, tendancieux et surréalistes

Cahiers spéciaux de la Poésie - Tome 2, août 1932, grand in-8.   

publiés sous la direction de Jean-Daniel Maublanc : René Arcos, Gabiel Audisio, Aloys Bataillard, Pierre Albert-Birot, Francis Carco, Jean Cayrol, André Cayatte, Philippe Chabaneix : Indications, René Char, Jean Cocteau, Guy-Charles Cros, René Daumal, Paul Dermée, Tristan Derême (pseudonyme de Philippe Huc),, André Dhôtel, Fagus, Maurice Fombeure, Georges Gabory, Claire : J'ai peur quand tu dors, et Dans cent ans tu me tromperas, p. 139 et Ivan Goll : Tes cheveux sont le plus grand incendie du siècle et Dans cent ans les jets d'eau te pleureront encore, p 140, Gabriel-Joseph Gros, Robert Guiette,  Georges Hugnet, Max Jacob, Gustave Kahn, Tristan Klingsor, René Laporte, Guy Lavaud, Henri Lamblin : L'influence de Paul Valéry sur la poésie contemporaine, Fernand Marc, Pierre Minet, Vincent Muselli, Louis Parrot : Coup d'Oeil, Pierre Reverdy, Georges Ribemont-Dessaignes, André de Richaud, A. Rolland de Renéville : Le Surréalisme, Jean Royère,  Noël Ruet, André Salmon, Jules Supervielle, Paul Valéry, Léon Vérane, Roger Vitrac, Charles Vildrac…

Editions Le Rouge et le Noir , Paris (août 1932)

Le Journal des Poètes 3ème année, n° 6 - 18 décembre 1932

Ivan Goll : Les Mariniers de Rotterdam (24 vers)

Paula Ludwig : Dem dunklen Gott [25] (79 S.)

Wolfgang Jess Verlag, Dresden - 1932

Claire Goll: Un crime en province Roman, In-16  254 p.

Paris Editions des Portiques,1932

Claire Goll : Der Neger Jupiter raubt Europa . Roman ,

Berlin, Verlag Ullstein, 1932 ( Taschenbuch )

Karl Walter : Zwischen Rhein und Mosell  (Anthologie de poésie alsacienne et lorraine contemporaine de Karl Walter, 333 p.).Iwan Goll [26]

Heitz Verlag, Strasbourg, 1933

Claire Goll :  Arsenik ( version allemande de " Un crime en Province ) 267 P.

Paris-Wien : Bergis Verlag, 1933

L'Intransigeant  : mercredi 17 mai 1933 p.8 Claire Goll : J'ai mendié sur la voie publique ( 1ère partie )

L'Intransigeant  : jeudi 18 mai 1933 p.8 Claire Goll : J'ai mendié sur la voie publique avec une photo de Claire Goll en mendiante

Le Phare de Neuilly [27] n° 2 - (sans date) 1933 - Revue mensuelle : Directrice Lise Deharme.Gérant : G. Ribemont - Dessaignes. (Br. 88 p. 25 x 18, 5 cms)

Sommaire : Manifeste du Désarmement Psychique, René Guilleré, Stendhal, Hans Arp, Gottfried Benn : Belle Jeunesse (Extrait du cycle Morgue) Traduction Ivan Goll p. 23, James Joyce : Ecce Puer, traduction Ivan Goll p. 24 / 25, P. Drieu La Rochelle, Lise Hirtz, Juan de Zabaleta, Benjamin Fondane, Paul Dermée, Thérèse Aubray, Nathalie Barney, P. J. Launay, G. Ribemont-Dessaignes. Photos de Man Ray, Lee Miller, Brassaï, Keffer et Dora Maar.

Le Phare de Neuilly n° 3-4 -1933 Directrice Lise Deharme

Claire Goll : Dernier Rendez-vous du pont de l'Alma ( 24 vers ) p.97

Les Nouvelles littéraires n° 591, 10 Février 1934.Direct. Maurice Martin du Gard.

Ivan Goll : Chansons Malaises

Voilà ( l'hebdomadaire du Reportage ) 4ème année -N° 151 Samedi 17 Février 1934 ([28])

Voilà 4ème année -N° 152 Samedi 24 Février 1934 ([29] )

Europe, Revue mensuelle : n°137 - 15 Mai 1934. Rédacteur en chef : Jean Guéhenno

Max Eastman, Herman Simpson, Ivan Goll : * Chansons Malaises p.38 et 39 * Depuis que tu me connais, * Que ne suis-je une datte (n'est pas dans le recueil publié en 1935), * Je ne voudrais être, * Je suis couverte de sept voiles, * Sarclez toutes les fougères, Fédor Gladkov, I. Silone, Jean-Richard Bloch, Jean Guehenno, Victor Serge, Marc Jaryc, Léon Werth, Dominique Braga, Jean Pérus, Christian Sénéchal, René Maublanc, Georges Dupeyron, Jean Blanzat, .In -8°, 160 p.

Editions Rieder, Paris

Ivan Goll : Lucifer vieillissant [30] (cinq exemplaires sur vergé d'Arches numérotés de 1 à 5 et vingt exemplaires sur vélin bibliophile numérotés de 6 à 25  (138 p.)

Editions R-A Corrêa Paris, 1934

Cahiers du Sud 22 ème année - n° 167 - décembre 1934 (mensuel)

Directeur: Jean Ballard.

Chroniques : Georges Petit : Lucifer Vieillissant par Ivan Goll [31]

Marseille

Témoignages de notre Temps n° 5 - février 1934

Numéro spécial "Un siècle de scandales" à compléter

La Part du Feu n° 3 - décembre 1934 - Cahiers mensuels - Directeur : Joseph de Belleville . Ivan Goll : Chanson Malaise ( J'ai grimpé dans le néflier) [32], p. 53/54

Duhort par Aire  (Landes)

Annuaire général des Lettres, 1933-1934 à compléter

Les Nouvelles Littéraires  12 janvier 1935

Jean Cassou à propos de Chansons Malaises [33]

Ivan Goll : * Chansons Malaises [34]

500 exemplaires numérotés sur Vélin d'Arches

Paris, Editions Poésie 1935 (- 21 cm.- 40 p.- couverture illustrée)

Anthologie, Georges Linze à propos de Chansons Malaises [35]

Comœdia, Fernand Lot à propos de Chansons Malaises[36]

Le Jour : Henri Clouard à propos de Chansons Malaises [37]

Le Journal des Poètes -5ème année - 1935 Edmond Vandercammen à propos de Chansons Malaises [38]

La Presse. Fernand Divoire à propos de Chansons Malaises [39]

Sélection, 9 Février 1935 Francis de Miomandre à propos de Chansons Malaises

Les Nouvelles littéraires -n° 645, 23 Février 1935.Dir. Maurice Martin du Gard.

Nos poèmes : Ivan Goll, Ode à Rome [40] p.2

Les Nouvelles littéraires -n° 647, 9 Mars 1935.Dir. Maurice Martin du Gard.

p.5 : Ivan Goll, Chansons Malaises (Ed. Poésie et Cie) et photo d'Ivan Goll [41]

Est n°1, mai 1935 : Ivan Goll : Les Chevaliers de L'Est, Poème.25 cm. 31 p.

Paris, Editions Est, 1935

Cahiers du Sud 22 ème année - n° 172 - mai 1935

p.404 - 405 La Poésie par Jean Follain : Chansons Malaises par Ivan Goll [42]

Apollinaire n° 1 - juin 1935, Cahiers mensuels d'Art et de Poésie

Benjamin Crémieux, Pierre-Albert Birot, Luigi Paladini, Jean Cocteau, Pierre Courthion, Antonio Aniante, Giorgio de Chirico, Notes sur Ivan Goll [43] p.8, avec un portrait de Goll par Takal, Coubine, Yves Florenne, Palazzoli, Paul-Henri Michel, Stella Mertens, Sarmiento etc.; Illustrations de Chirico, Paula Ludwig (un dessin des Chansons Malaises), de Vitis, Halé Asaf, Kurt Séligmann, André Lothe, Annenkoff, Ivy Langton etc.. In-8 broché, 16 pages

Se trouve à la Librairie d'Art R. van den Berg, 120 Bd. du Montparnasse, Paris

Transition 1934/1935, Revue littéraire, n° 23 -1er juillet 1935 - An Inquiry on the Malady of Language (Enquête sur la maladie de la Langue) p.149 / 150 : Ivan Goll [44]: Réponse à une enquête d'Eugène Jolas concernant une Révolution de la Langue .

The Servire Press, The Hague (Holland) Edité par Eugène Jolas,

Jeune Europe [45] : 1 - Septembre 1935, Cahiers d'Art et de Poésie - In-8 broché, 16 pages : Aniante, Arp, Aubray, Audiberti, Bert Brecht : Discours matinal à l'arbre green, traduit par Ivan Goll, de Chirico, Collet, Courthion, Eliot, Essenine, Follain, Garfias, Ivan Goll : Thanatos Poème de 36 vers, p. 9, Halé Hasaf, G.L. Mano, Moravia, P.H. Michel, Okamoto, Pasternak, Petersen, Gisèle Prassinos, Rossi, Seifert, Kurt Séligmann, Torrès-Garcia, Vulliamy

Editions Poésie & Cie, 37 Quai d'Anjou, Paris.

Se trouve à la Librairie d'Art R van den Berg, 120 Bd. du Montparnasse, Paris.

Le Temps 5 Sept 1935 André Thérive à propos de Chansons Malaises [46]

Ivan Goll : Tcheliouskine (épopée - cantate) 1935 musique du  compositeur David

à compléter page 357 Meiner Seele Töne

Ivan Goll : Marie Bashkirtscheff (pièce écrite en 1935 ; Goll qui avait pensé la faire monter par Bruckner et la faire jouer par Alice  Cocéa qui avait le manuscrit, sinon par Marie Bell, Boggaert, Jenny Holt, Madeleine Ozeray ou Ludmilla Pittoeff, apprend qu'une pièce sur le même sujet va se donner à Vienne et dans une lettre à Claire du 12 octobre , il décide qu'il n'écrira plus pour le théâtre « je jette le manche après la cognée.»

May Reeves : Charles Chaplin intime

Souvenirs recueillis par Claire Goll

N.R.F. Gallimard, Paris 1935     In-16 196 p.

R. Schermann : L'écriture ne ment pas . Préface de J. Crépieux-Jamin. Traduction d'Ivan Goll. 187 pages

Gallimard, Paris 1935

Henri Derieux : La Poésie française contemporaine -1885 à 1935 - 294 p.

Avec une bibliographie des Poètes, une bibliographie des ouvrages généraux, une table analytique des matières et un Index des noms cités ( Claire et Yvan Goll [47] p.202 )   

Paris, Mercure de France 1935

Les Nouvelles littéraires n° 694, 1er Février 1936.Direct. Maurice Martin du Gard.

Ivan Goll : La Chanson de Jean sans Terre

La Revue Doloriste 1ère année - n°2 / 1er février 1936 : Directeur Julien Teppe;

Textes de : Claire Goll, Monique Saint-Hélier, Yvonne Deguéret, Louise-Constance Meunier, Lucienne Manalt, Germaine de Gonnès, Julien Teppe . 32 pages .

Paris

Mercure de France n° 266-15 Fév. 1936 ( bi-mensuel ) André Fontainas sur "Chansons Malaises" [48] p. 141-142

Cahiers du Sud 23ème année - n° 180, février 1936 : Joé Bousquet, Jean Fretet, Ivan Goll, Poèmes : Métro : Rame, Le Prisonnier dédicacé " à Thérèse Aubray", Le feu défendu, Toilette p.96 et 97, Georges Neveux, G. Mouren et Gabriel Bertin, Marguerite Yourcenar

Soutes, Revue de culture révolutionnaire internationale n° 2, février 1936            

Poèmes de : Aragon, L. Decaunes, J. Desrives, Gil, Ivan Goll * Métro : Rame [49], Le feu défendu, Liquidation avant inventaire [50] p.93 et 94, L. Guillaume, Kirasanov, P. Katona, Lelubre, Lougovskoï, Nigg, J. Prévert, M. Rochvarger, Nathan Adler, Louis Guillaume, Henri Hisquin, Jean Giono. Paris, Directeur Luc Decaunes. In - 12 broché

Ivan Goll : * Métro de la Mort, Poèmes (25 exemplaires de luxe sur Featherweight fort, numérotés de 1 à 25, portant le signe du coeur couronné, 100 exemplaires sur Featherweight léger numérotés de 1 à 100, réservés aux souscripteurs de la collection 1936 et 300 exemplaires non numérotés, 47 pages)

Editions Les Cahiers du Journal des Poètes, Série poétique n°4, Bruxelles mars 1936

Poésie, Cahiers mensuels illustrés -15ème année - n°4 - avril 1936. Poèmes de :

Octave Charpentier, René Virard, Raymond Millet, Paul Cour-Ancay, Berthe Pélissier, Claude Mirbel, Louis Paul Beynard, Geneviève Fays, J. Bridot, Eliane Greuze, Jean Brouillaud, Charles Corme, Clodion Bauquier, Ivan Goll : * Individu, [51] p. 72, Germain Lefèvre Pontalis, Serge Allars, Luce Doll, Jean Bégram, Lucie Guillet, J.B. Sisley, Olympio, Alexandre Goichon, George Bonnamour. Dessin de Paul Baudier.

Editions La Caravelle, Paris.

29 avril 1936, mort brutale à l'âge de 73 ans, de Daniel Kahn, beau-père d'Yvan

Yvan Goll : * Deux Chansons de la Seine :

La Chanson des Pêcheurs et des Goujons & La Chanson du Pont-Marie (inédites)

Paris, Editions Sagesse, 21 ème Feuillet-1936, " Aux Quatre Chemins", 99 Bd Raspail.

Les Nouvelles littéraires n° 707, Samedi 2 mai 1936.Direct. Maurice Martin du Gard.

Ivan Goll : Jean sans Terre devant le Printemps et la Mort [52], p.2

Les Feux de Paris - n° 5 - 21 mai 1936 : Dir. Jean Fraysse.

André Salmon, Jean Fraysse, Ivan Goll (2 poèmes inédits: Victoria, Le Maçon), Roger Lannes, Jean Le Louët, Fernand Marc, . 25 cm.

Les Cahiers du Journal des Poètes n° 14, Juin 1936 : Le Courrier des Poètes n°1

Bruxelles

Ivan Goll : * La Chanson de Jean Sans Terre, Poème en 9 Chants [53], dessin de Marc Chagall, six exemplaires sur papier Japon impérial et 500 sur vélin d'Arches numérotés de 1 à 506 (63 p. couverture illustrée - 21 cm.)

Editions Poésie et Cie Paris 1936

Les Cahiers du Journal des Poètes n° 16, 10 Juillet 1936. Série Enquêtes

Le Poète et son Temps, réponses de : F.-P. Alibert, Joë Bousquet, Jean Cassou, Aldo Capasso, Henriette Charasson, Louis-Charles Baudouin, Hubert Colleye, J. de Bosschère, Luc Durtain, Mélot du Dy, Paul Fierens, Ivan Goll [54] p.27-28, Léon-Gabriel Gros, Pierre Gueguen, Raymond Herreman, Max Jacob, Robert Kanters, Raïssa Maritain, Charles Plisnier, Michel Seuphor, Tristan Remy, Jules Supervielle, Henri Vandeputte. Présentation de Gaston Pulings.- 62 pages

Bruxelles 1936

Vendredi 21 août 1936

Paul Jamati [55] sur "La Chanson de Jean sans Terre"

Paris

Yggdrasill - n° 5, Août - Sept. 1936

Bulletin mensuel de la Poésie en France et à l'étranger.

Comité de rédaction : Guy Chastel, Noël Jeandet, Guy Lavaud, Raymond Schwab.

Sommaire : Abel Bonnard, Charles Baudouin, Shelley, Denis Saurat, Noël Jeandet, Ivan Goll * La Lionne p. 8, Jean Marchand, Mathias, Raoul Boggio, Edith Boissonnas, Marie-Louise Boudat, Guy Chastel, Paul Souffron, Albert Flory, Henri-Philippe Livet, Jean-Abel Marchand, Camille Melloy, Maurice Carême.

Les Cahiers du Journal des Poètes n° 19 - Sept. 1936 : Le Courrier des Poètes n° 2

Bruxelles

La Nouvelle Revue Française -24 ème année n° - 1er septembre 1936

Revue mensuelle de littérature et de critique -: Jean Wahl [56]

Gallimard, Paris

Les Cahiers du Journal des Poètes n° 20 - Oct. 1936 :

Anthologie de la Poésie Juive contemporaine

Bruxelles

Europe, n°168 - 15 Décembre 1936, Revue mensuelle . Rédacteur en chef : Jean Cassou. Comité de rédaction: Romain Rolland, Pierre Abraham, Aragon, René Arcos, Jean-Richard Bloch, Dominique Braga, André Chamson, Luc Durtain, Georges Friedmann, René Lalou, René Maublanc.:

p. 561 à 563 Comptes rendus : Audiberti : Ivan Goll, La Chanson de Jean Sans Terre [57]

Editions Rieder, Paris

Les Cahiers du Journal des Poètes n° 25 - 31 Déc. 1936 : Courrier des Poètes n° 3

Hommage à Pierre-Louis Flouquet, animateur du Journal des Poètes :

p.50 Ivan Goll * Les dormeurs

Bruxelles

Balises : Jean Daniel Maublanc, avec 13 bois gravés hors-texte :

Ivan et Claire Goll p. 37 à 43 ( article daté octobre1932 ) [58]

La Pipe en Ecume, Paris 1936

Cahiers du Sud n° 193 mars 1937

Léon Gabriel Gros [59]

Marseille

La Vie Réelle - I -n° 1, Juillet 1937 : La Rue vue par :

Pierre Mac Orlan, Philippe Soupault, Jean Le Louet, Henri Hertz, George Pillement, Ivan Goll : Boulevard nocturne, Francisco Amunategui, Joseph Milbauer, Jacques Lassaigne, Noél Bureau, Elie Marcuse, Jacques de Ricaumont, Ilarie Voronca, Marcel Zahar

Editions de la Vie Réelle

Europe n°176 - 15 juillet 1937 - Revue mensuelle

Henri Hertz [60] à vérifier

Les Amis de 1914, 6ème saison, n°137 -29 Octobre 1937 - Bulletin hebdomadaire de l'Académie de la Coupole, Café de Versailles, 3 place de Rennes, Paris.[61]

Allocution de Mr. Pierre Albert-Birot lors de la réception de Claire et Yvan Goll [62]

Europe n°179 - 15 novembre 1937 - Revue mensuelle : Luc Durtain, Elie Faure, Ivan Goll : Jean sans Terre épouse la lune p.322 -323-324  (68 vers) [63], Denis Marion, Maurice Martin du Gard, Anna Galil, Roberto Marvasi, G.-H. Borghin, Jean-Richard Bloch, Jean Cassou, André Würmser, Henri Hertz, Dominique Braga, Anne Fernier, René Bertelé. Les Editions Rieder, Paris.

Mirko Jelusich : César (traduit de l'allemand par Yvan Goll) 365 p.

Editions Albin Michel Paris 1937

Orchestre : Poèmes de Philippe Chabaneix, Guy-Charles Cros, Tristan Derème (pseudonyme de Philippe Huc),, Luc Durtain, André Fontainas, Claude Fourcade, Claire Goll p.49 à 52 : Méditation devant sa première Rose, Violette de Parme, A cent à l'heure, Ivan Goll p.55 à 57 : Trois Chansons Malaises : I) Tu passes… (9 vers), II) Si j 'avais… (7 vers), III) Seras-tu l'oiseau rapace … (9 vers), Jean-Marie Guislain, Jean Pourtal de Ladevèze, Léon Laleau, Paul Lorenz, Noël Ruet. Deux exemplaires sur Japon Impérial marqués A et B. Cinquante exemplaires sur Rives jonquille, numérotés I à L. Deux cent cinquante exemplaires sur Rives pervenche numérotés 1 à 250. (96 pages)

Paris, Le Divan 1937

Daigaku Horiguchi : Traduction japonaise de Chansons Malaises d'Ivan Goll

Tokyo Editions Hanga-Sha, 1937 (51p.)

Cahiers du Nord 1937 n°2 (11è. année n° XL-XLI) Revue Trimestrielle fondée en 1927 : Roger Lannes, Louis Emie, Jean Rousselot, Yvan Goll p.86 à 90 : Jean l'Hermaphrodite [64], Jean Follain, Fernand Marc, Michel Manoll, René Lacote. Les Nouvelles Editions Européennes, Charleroi, Belgique.

Revue du Rhin, 2ème année, n°1, janvier 1938 :

Eine Monatsschrift für Kunst und Litteratur

Ivan Goll : p.20/21 L'an nu et p.37/38

Strasbourg : Editions Sébastian Brant.

Revue du Rhin, 2ème année, n°?,  1938 à reclasser à sa bonne date

Eine Monatsschrift für Kunst und Litteratur

Ivan Goll : Les nouveaux spectacles de Paris : Les Fils et les Mères p.61/62/63

Strasbourg : Editions Sébastian Brant.

Cahiers de Mai mars ( ou mai )1938 . Paris

Pierre Créange [65]

Europe, Revue mensuelle, 17ème année, n° 186 - 15 juin 1938

Comptes rendus : Ivan Goll pour Les Chants terrestres de Jean Follain (Denoël) p.288

Le Pont Mirabeau. Revue trimestrielle, n°1 - 1er juillet 1938 (25 cm.). Paris

Directeur, Marcel Castay : Jean Follain, Henri-Philippe Livet, Robert Ganzo, Raoul Dufy, Marcel Castay, Adolphe de Falgairolle, Jules Lagrange, Jean Loisy, Louis Codet, Jean-Marie Guislain, J. Milbauer, Gabriel Brunet, Jean Tortel, Ivan Goll : Chanson du Pont Marie [66] Charles Mauban, Claude Dubosq, Claude Sernet.

Ivan Goll : * Deuxième Livre de Jean Sans Terre [67]

506 Exemplaires - 21 cm.

six sur papier Japon impérial et 500 sur vélin d'Arches numérotés 1 à 506 (63 p.)

Editions Poésie et Cie Paris 1938

Lettre de Claire à Ivan du 23 juillet 1938 [68]

Les Nouvelles Lettres 1ère An. n° 2 - 1er Août 1938 - Revue Bimestrielle de Littérature et de Critique. Directeur Jean Le Louët :

Revue des Livres de Poèmes, par René Lacôte : Ivan Goll : Le deuxième livre de Jean sans Terre [69] p.104-105

Revue du Rhin, 2ème année, n°8, août 1938 :

Eine Monatsschrift für Kunst und Litteratur

Henri Solveen: compte rendu du "Deuxième livre de Jean sans Terre"

Strasbourg : Editions Sébastian Brant.

Revue du Rhin, 2ème année, n°9, septembre 1938.

Eine Monatsschrift für Kunst und Litteratur :

Ivan Goll, Jean sans Terre s'assied sous un chêne, poème.p.20-21

Strasbourg : Editions Sébastian Brant.

Revue du Rhin - 2ème année - n° 10, octobre 1938 :

Ivan Goll : Le Théâtre à Paris p.59/60

Strasbourg : Editions Sébastian Brant.

Les Nouvelles Littéraires - 29 octobre 1938

Pierre de Massot[70]

Revue du Rhin - 2ème année - n° 11, novembre 1938 :

Ivan Goll, La Ballade du Pont des Morts (Légende lorraine)

Strasbourg : Editions Sébastian Brant.

La Muse Française 15 novembre 1938

Poésie par Maurice Rat [71]

La Vie Réelle - II -n° 1, 1938 - Revue Littéraire : Construire (90 pages) :

Auguste Perret, André Arbus, Waldemar-George, Ivan Goll : Chant des Cyclopes, p.17 à 20, Georges Cattaui, Makhali Phal, Ilarie Voronca, Pierre Petitbon, Paul Vyle, Eugène Jolas, Myriam Gattegno, Joseph Milbauer, Assia Lassaigne, Pierre de Lannex, Marcel Zahar

Editions de la Vie Réelle

Marcos Fingerit : Canciones de Manyana Muchacha Malaya, Traduction espagnole de Chansons Malaises

Buenos-Aires, Incunabula, 1938

Poésie de Paris -

(Goll, p.11)

Liège 1938

L'Age Nouveau n°11 - Janvier 1939. Revue mensuelle d'Expression et d'Etude des Arts, des Lettres, des Idées. Directeur Littéraire : Marcello Fabri

Jacques Duvaldizier : sur quelques recueils de poèmes [72] p.219

Les Volontaires - 2ème année - n°4. Mars 1939. Revue mensuelle, direction : Renaud de Jouvenel. Sommaire : Philippe Lamour, Renaud de Jouvenel, Jaroslav Hasek, Ivan Goll * Jean sans Terre a le mal de terre [73], 48 vers, p.219 ; Georges Friedmann, Claude Morgan, Paul du Véou, G.D.H. Cole, Carlo Torre, Heinrich Werth, Roland Malraux, Michel Lorin. Dessins de Mayo et de Tal-Coat.

Paris.

Cahiers du Nord n°4 - mars 1939. Revue Belge - Méthode de critique :

Roger Maxence sur Chansons Malaises d'Ivan Goll [74]

Cahiers du Sud - 26ème année n°215 - Avril 1939

Méthodes critiques de Yanette Delétang-Tardif [75] p.343 à 346

Europe, Revue mensuelle, 17ème année, n° 196 - 15 avril 1939 :

Romain Rolland, Fr. M. A. Couturier, Yanette Delétang-Tardif, Ivan Goll : Anciens poèmes de guerre chinois p.459 -460-461, L'invasion des Huns  (12 vers), La guerre dans le désert de Gobi  (16 vers), Printemps sur la frontière (8 vers), Jeune femme de soldat  (32 vers)

Denoël, Paris.

Commune (1939) Traduction d'un poème par Ivan Goll

Europe, Revue mensuelle, 17ème année, n° 197 - 15 mai 1939

Paul Jamati : chronique de poésie (René Ghil, Philippe Soupault, Paul Eluard, Jacques Dyssord, Ivan Goll : * Deuxième livre de Jean sans Terre p. 128 [76], Ilarie Voronca, Gabriel Audisio)

Denoël, Paris

Dernières Nouvelles de Strasbourg, 25 mai 1939

Ivan Goll : Der Dichter Henri Solveen [77]

Georg Kaiser : Du matin à minuit ( adaptation radiophonique en 7 tableaux d'Ivan Goll [78] diffusée le 30 mai 1939, présentation de Pierre Descaves ) 77 pages .

Ivan Goll : Troisième Livre de Jean Sans Terre [79], avec, en couverture, une réduction du dessin original de Galanis repris au format p.7.

615 exemplaires dont 600 sur papier Vélin des Manufactures d'Arches numérotés de 1 à 600 et 15 exemplaires sur Japon numérotés de I à XV (48 p.)

Editions Poésie et Cie Paris 1939

Mercure de France : n° 983, 50° Année, 1er Juin 1939

André Fontainas sur Deuxième livre de Jean sans Terre et Troisième livre de Jean sans Terre : Les Poèmes [80] p.367

Le Beau Navire Revue de la Poésie, II - n° 9, Juin 1939, (paraît 6 fois l'an).
Directeur : Maurice Chapelan. Sommaire: p.98, portrait d'Yvan Goll par Zadkine
[81], Roland de Renéville, Thérèse Aubray, Marcel Martinet, Yvan Goll : "Jean Sans Terre vainc le sommeil".p.114 à 116, Audiberti, Louis Guillaume, Carmen Oriol, Lucien Becker, Maurice Fombeure, Camille Bryen, Luc Estang, Paul Voyle, Marcel Béalu, Armen Lubin, Charles Mouron . Critique. Tour d'Horizon.

Paris.

17 juin 1939 lettre d'Ivan Goll à Henri SOLVEEN :

7 juillet 1939 dédicace d'un poème inédit à Henri Michaux:

            Sur un dessin de Henri Michaux

26 août 1939 : Ivan et Claire Goll quittent la France depuis le port de Boulogne à bord du Veendam , bateau Hollandais qui  les mène à New-York le 6 septembre 1939.


[1] p.203:  "La renonciation,  c'est le désaveu de Dieu. La mort est la négation de Dieu. La loi de la vie,  c'est la haine de la mort "

p.204:  "il y a deux sortes de femmes:  les jouets et les joueuses "

[2] J'ai vieilli à regarder venir

Les févriers humides et les avrils tardifs,

Pour t'offrir un brin de muguet.

J'ai veillé combien de nuits pâles

Pour consulter la lune avant sa mort

Sur ta fidélité .

J'ai supporté des étés électriques

En attendant ton télégramme,

Et par les soirées de tristesse

J'ai tâté le pouls des prairies malades,

Et caressé les mains des lys phtisiques ...

Toute saison est bonne pour le travail du cœur :

Paysan du ciel

Je sème et je récolte les étoiles,

Pour nous nourrir, ma bien-aimée .

[3] Les trains de banlieue charrient la nuit

Comme une cargaison d'anthracite .

Ils pleurent sur leur boggies

Mais cela ne leur sert à rien .

La pluie aussi pleure sur les hangars d'ennui .

Dans les champs désolés plus un corbeau .

Pourtant dans les salles d'attente

Les yeux brûlés par les phares d'espoir,

Aussi dociles que leurs choses,

Que leur valise aux hardes de bonheur

Les naufragés du jour attendent,

Qu'attendent-ils ?

De fréter un nuage ?

De grimper dans un cerisier en fleurs ?

Ou simplement d'enterrer un cousin ?

[4] "…mais parmi les rares livres qui semblent importants,  lus dernièrement,  il faut mettre au premier plan SODOME ET BERLIN (Emile-Paul) d'Ivan Goll. C'est un bien curieux roman de notre temps,  mettant en scène l'inflation allemande,  et dû à la plume d'un romancier poète particulier qui chevauche les civilisations allemande et française. On ne saurait trop le recommander. "

[5] article de Jean-Daniel Maublanc reprenant probablement sa conférence du 19 Déc. 1929 au Cercle Demain dans les salons de Floréal,  Bd Bonne-Nouvelle. Audition de poèmes de Claire et Yvan Goll,  Follain,  Bréal,  Audisio,  Hytier,  Géo Charles …

(voir Sagesse n° 10 p.76)

IVAN GOLL ET LA POESIE INTERNATIONALE

Si l'histoire politique demande parfois le recul d'un demi siècle pour se dégager et prendre les apparences de la vérité, l'histoire littéraire, qui reflète des passions aussi ardentes et enregistre des bouleversements spirituels aussi profonds, demande les apaisements séculaires pour fixer les figures et situer les oeuvres. Mais, de même que l'histoire politique se constitue au jour le jour par l'accumulation des faits et l'élan continu des forces nouvelles, de même l'histoire littéraire s'inscrit au fil des ans selon le rythme des créations intellectuelles, chaque auteur apportant à l'édifice de la petite pierre de son talent, parfois l'airain de son génie. Il arrive, dans l'une et l'autre histoire, que des révolutions ébranlent l'édifice tout entier, que certaines personnalités s'inscrivent en lettres capitales et éclaboussent, des poussières qu'elles déplacent, un siècle de patiente harmonie et de laborieuses acquisitions. Notre début de siècle aura connu des bouleversements de tous ordres et dans tous les domaines mais si,  conduits sans conviction et mal soutenus des élites,  les bouleversements politiques s'amenuisent et s'orientent vers une stabilisation franchement régressive,  les révolutions littéraires,  après avoir consolidé d'immenses et fructueuses acquisitions,  s'installent en conquérantes dans les domaines de l'esprit.

             On pourra dire que le XX ème siècle aura consacré la mort des vieilles écoles et qu'une nouvelle poésie - la seule vraie poésie pour certains -,  est née avec lui. Le cubisme,  Dada,  le surréalisme - le vrai et l'autre -,  figureront,  dans le débat,  l'extrême gauche réalisatrice et,  parmi ces cohortes à gilet rouge et "stylo entre les dents ",  Ivan Goll m'apparaît déjà comme un chef résolu,  fier d'une doctrine qu'il a enfantée,  nourrie de son talent et de son coeur. L'avenir fera la part de son activité et de son oeuvre,  il m'a semblé bon d'en fixer dès maintenant le témoignage.

Il est incontestable que nous vivons actuellement quelques heures capitales de l'histoire humaine,  les vieilles hiérarchies s'écroulent,  prennent peur,  tentent d'endiguer le flot nouveau.

La grosse erreur de notre époque fut de donner à la bourgeoisie cette prédominance bestiale,  expression d'un désir immodéré de jouissances et de réalités matérielles. N'en incriminons pas forcément l'argent,  mais bien cet état d'esprit qui donne au ventre la maîtrise et laisse à la pourriture les valeurs spirituelles. C'est sur ce fumier qu'a fleuri la digitale Dada. Les dadaïstes étaient intelligents trop,  sans doute,  puisqu'ils poussèrent leur système à l'absurde ; ils étaient des bourgeois au sens vulgaire du mot ; mais,  révolutionnaires d'instinct,  ils rêvaient le renversement total des idées reçues et la table rase des acquisitions antérieures. Partis d'un point de vue défendable ils se contentèrent de renverser sans construire,  car l'illogisme était leur acte de foi,  la confusion,  la caractéristique essentielle de leur mouvement. Fiers de se contredire toujours,  ils réunirent à démontrer qu'ils n'étaient rien et ne pouvaient rien être.

Le mouvement Dada ne fut qu'une convulsion,  une mode fugitive,  une attitude pour milieux snobs.

Comme nombre des jeunes gens d'alors, Ivan Goll n'ayant rien de commun avec certains hommes dont le poil est gris aujourd'hui,  a participé au mouvement Dada en tant que manifestation révolutionnaire humaine. Comme les dadaïstes,  il a toujours été du côté de ceux qui voulurent jeter bas les vieilles ruines qui encombrent l'Europe et bouchent notre horizon. En cela,  il se rapproche plus,  à mon sens,  du cubisme extrêmement réalisateur et constructif d'un Cocteau. Mais après,  quelques,  tournois sonores,  à l'âge où tout paraît possible,  il s'est aperçu que les pierres moisies risquent de tomber sur la tête  (Cocteau n'a-t-il pas ruiné ses forces à essayer de soulever les mondes ? ) et il a pensé qu'il valait mieux laisser les musées à leur place et construire sa petite ville à côté. Il ne manque pas d'espaces incultes et de vallons fleuris sur cette terre. En sorte que les traces de Dada qu'il nous est possible de trouver dans les premiers vers d'Ivan Goll ne sont sans doute que des manifestations d'un esprit affranchi et non fonction d'une doctrine. Je dirai tout à l'heure ce qu'est le surréalisme d'Ivan Goll. Ses poèmes d'aujourd'hui différents pourtant des poèmes de jadis - sont tout aussi libres qu'eux et son surréalisme  (car c'est la véritable doctrine à laquelle il se rattache) était en substance aussi bien en 1920,  en 1924 qu'en 1929 dans son oeuvre. La théorie érigée dans le premier numéro de son éphémère revue (numéro premier et unique) n'était qu'une simple déclaration,  une définitive mise en règle de ce que lui avait appris 1'exercice de son art.    

Mais,  direz-vous,  le surréalisme d'Ivan Goll n'est donc pas le surréalisme orthodoxe et dictatorial qu'on nous prêche aujourd'hui sous les plafonds du " Radio " ?  Si je veux examiner la question d'une certaine hauteur - et mettant à profit le recul de quelques années - je résumerai ainsi la différence entre les deux Surréalismes :    

   Toute poésie a besoin d'ailes,  pour arriver à imiter les oiseaux qui nous sont supérieur,  par la volonté de Dieu. Les surréalistes,  groupés autour de Breton,  empruntent leurs ailes au rêve,  à l'inconscient,  au fonctionnement obscur et étrange du cerveau. Le surréalisme de Breton,  pour lequel Freud est la Muse nouvelle,  relève plutôt de la psychiatrie. Le surréalisme d'Ivan Goll,  directement issu de Rimbaud,  Laforgue et Apollinaire,  puise son extase et son haut,  au coeur,  au sentiment,  à l'ivresse obscure de l'amour de toutes choses. Pour l'un comme pour l'autre,  l'art " échappe à toute préméditation ". " C'est un événement de la Nature. Naissance spontanée " (Delteil). Et puisque Dieu,  ou la force animatrice et créatrice des Mondes,  est le point de départ des deux doctrines,  on peut dire que,  manifestement divergentes,  il existe sûrement un point où les théories se rencontrent.

Yvan Goll avait déjà publié quelques oeuvres importantes quand il fonda la revue " Surréalisme " dont le premier numéro, paru le premier octobre 1924, n'eut pas de suite, 16 pages, sous couverture illustrée par Robert Delaunay. Au sommaire : Guillaume Apollinaire, Marcel Arland, Pierre Albert-Birot, René Crevel, Joseph Delteil, Robert Delaunay, Paul Dermée, Jean Painlevé, Pierre Reverdy. La couverture annonçait la fondation d'un " Théâtre surréaliste " avec programme monstre, metteurs en scène russes, autrichiens, italiens et un français : Gaston Baty. Mais, pour vivre et durer, Revue et Théâtre cherchèrent  un Mécène. Personne n'ayant ouvert sa bourse, Revue et Théâtre moururent aussitôt que conçus. Qu'importe, le sillon était tracé, la moisson devait mûrir, malgré tout.

"La réalité,  écrivait Ivan Goll dans son manifeste,  est la base de tout grand art. Sans elle,  pas de vie,  pas de substance. La réalité,  c'est le sol sous nos pieds et le ciel sur notre tête. Tout ce que l'artiste crée a son point de départ dans la nature... Cette transposition de la réalité dans un plan supérieur  (artistique) constitue le Surréalisme. Le surréalisme est une conception qu'anima Guillaume Apollinaire,  qui avec le matériel élémentaire des phrases et des mots de la rue faisait des poèmes... Seulement,  avec ce Matériel élémentaire,  il forma des images poétiques. L'image est aujourd'hui le critère de la bonne poésie. La rapidité d'association entre la première impression et la dernière expression fait la qualité de l'image... L'image est devenue l'attribut le plus apprécié de la poésie moderne... L'art est une émanation de la vie et de l'organisme de l'homme. Le surréalisme est un vaste mouvement de l'époque. Il signifie la santé... retrouve la nature,  l'émotion première de l'homme,  et va,  avec un matériel artistique complètement neuf,  vers une construction,  vers une volonté. "

Le surréalisme,  enfin " sera international,  il absorbera tous les ismes qui partagent l'Europe,  et recueillera les éléments vitaux de chacun ".

C'est sur le plan international que se détache avec le plus de netteté la personnalité littéraire d'Ivan Goll. Esprit cosmopolite,  humanitaire,  pacifiste,  il chante la fraternité des races et l'abolition des frontières. Sa première grande oeuvre naturellement méconnue,  "Les Cinq Continents "anthologie mondiale de la Poésie contemporaine  (La Renaissance du Livre,  1922) est un essai de collaboration simultanée de toutes les races intéressant tous les individus. Ce n'est sans doute pas une anthologie complète,  mais c'est le livre idéal de l'Européen de 1923 que pouvait se représenter l'auteur,  achetant ce livre dans une gare quelconque. Livre subjectif,  unilatéral,  partial et certainement systématique,  mais si plein de vie,  si mugissant des cris de la terre,  qu'il aurait mérité le grand succès et une place de choix dans le coeur des poètes.

" Une mappemonde sur une table de travail est le plus beau jouet et le délassement le plus doux que l'on puisse trouver. L'homme oublie sa tristesse quotidienne en parcourant d'un doigt rêveur le Globe qui contient tout. Navigateur de l'infini,  pendant cinq minutes,  il va se reposer dans un paysage lointain... Pour découvrir dans des pays inconnus les véritables valeurs,  c'est aux poètes,  qui sont des prophètes,  qu'il convient de s'adresser en premier lieu ". Et,  durant trois années,  aidé par une cinquantaine de traducteurs de toutes langues,  Ivan Goll a lié cette gerbe de jeunesse et de vérité. Voici les Américains  (Carl Sandburg,  Edgar Lee Mastera,  Vachel Lindsay,  Amy Lowell,  James Oppenheim,  etc.) Les Anglais  (Richard Aldington,  F.-S. Flint,  T.-S. Eliot et John Rodker) les Irlandais  (James Stephens,  Padraic Colum). Les Français - et cela donne aux lecteurs l'idée générale et la tendance de l'ouvrage - sont représentés par Guillaume Apollinaire,  Blaise Cendrars,  Jules Romains,  Max Jacob,  André Salmon,  Jean Cocteau,  Ivan Goll,  Pierre-Albert Birot,  Philippe Soupault,  Nicolas Beauduin. Je suis assez surpris de voir Paul Valéry compléter cette liste.... Nicolas Beauduin y figure sans doute comme résurrecteur du vieux paroxysme... mais alors,  pourquoi refuser à Paul Dermée et à Verhaeren un fauteuil en la section belge,  où je ne vois figurer que Franz Hellens,  Paul Neuhuys et Wies Moens ? L'Italie futuriste et cubiste avec Marinetti en tête,  l'Espagne (Ramon Gomez de la Serna,  Juan Ramon Jimenez,  Antonio Machado,  etc.) et la Catalogne,  séparatiste  (Engeni d'Ors,  Alfons Maseras,  Salvat Papasseit) complètent,  avec quelques Mexicains,  Nicaraguens,  Péruviens,  Chiliens,  Argentins,  Portugais,  Grecs et Roumains,  cet important groupe Latin qui me semble avoir la tâche la plus dure pour secouer les rudes remparts du moyen âge et brûler les vieilles grammaires. Le groupe germanique  (allemands,  autrichiens,  hollandais,  suisses,  suédois,  norvégiens,  danois et finlandais :  23 poètes a toutes les tendresses d'Ivan Goll,  mais si le groupe slave  (21 poètes) m'effraie un peu par ses cris sauvages et ses visions incandescentes,  j'aime à relire les tendres,  douloureux,  purs et naïfs poèmes des Vieux Peuples orientaux. Les japonais (l'Empereur Moutsou-Hito,  Nico D. Horigoutchi,  Rofu Miki,  Shira Tori,  etc.) les Chinois,  sont de merveilleux,  d'incomparables inspirés. Leurs oeuvres sont des violettes toutes simples cueillies le long de la grand-route humaine,  mais si parfumées,  si tendres de rosée,  que l'âme en est toute bouleversée. Et voici les Hindous représentés par Rabindranath Tagore,  les Juifs - avec inévitable pogrome -,  les Turcs,  les Arméniens,  les Indiens,  enfin les Nègres,  instincts à leur première aurore,  poésie directe,  intense,  vraie... Je connais nombre de Poètes modernes.       Dix à peine ont eu en mains "les Cinq Continents",  trois possèdent l'ouvrage et l'ont lu.. Navrant.

Entrons désormais dans les champs poétiques d'Ivan Goll. Quelques poèmes dès 1912,  à vingt ans. Je m'en tiendrai à "Le Nouvel Orphée",  édition collective publiée par "La Sirène" en 1923. Poésie âpre,  faite d'un papillotement d'images projetées du cœur-miroir par réflexion,  avec des contours de pointe-sèche et la matière du métal. Lampes à arc et feuilles de température,  j'écris ces mots avec intention. Ces Poèmes sont des jeux kaléidoscopiques,  films primitifs et éphémères,  dont les vertèbres ne sont qu'instants et rayons,  mais dont le corps émerge d'ensemble,  en silhouette crue et dans l'atmosphère. La beauté de ces morceaux et leur pouvoir évocateur,  naissent du choc incessant des images,  dans un désordre d'apparence,  car rien n'est désordre en la vie et la poésie d'Ivan Goll,  c'est la vie même.                  

Voici quelques images détachées de "Paris brûle"

Les blancs corbeaux des quotidiens

se battent autour des appâts de la nuit

Le monde juge en trois lignes

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Ses paupières sont des feuilles d'automne

qui ont peur de tomber dans l'herbe

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L'aiguille en platine de la Tour Eiffel

crève l'abcès des nuages...

…Et j'ai peur

que mon coeur

qui n'a pas de cran d'arrêt

comme un revolver

ne parte tout seul

Le plus insignifiant détail,  le plus banal,  la notation la plus imprévue,  l'incidence la plus saugrenue,  sont venus naturellement s'inscrire sur la toile où le pinceau du poète étale la pâte coloriée,  puisée à même la réalité et découpée dans son ciel de tous les jours. Les sentiments humains nous apparaissent sans métaphysique et sans subtilités,  sans logique ni esthétique,  sans effets de grammaire ni jeux de mots. Ce ne sont que des objets participant de la sensibilité universelle,  aussi nets de contours,  aussi vrais,  aussi schématisés que l'ovale d'un visage ou le cube monstrueux d'un gratte-ciel. Un peu d'exagération,  parfois,  mais exagérer n'est pas mentir...

Je me vends moi-même je vends Dieu je vends

le monde entier

Tout ce que nous faisons est péché

Ne pas agir est l'unique salut...

Poésie externe,  en somme,  pour l'oeil et pour les sens,  mâle et dure,  poésie qui touche et fustige,  ébranle plus qu'elle n'émeut. Et par-dessus tout poésie pessimiste,  désespérée,  impliquant au renoncement,  qui fait toucher du coeur,  les immortelles misères de la création,  les égoïsmes glacés d'une société sans amour et l'immense océan de la bêtise humaine.

Le poète enregistre comme un thermomètre

la fièvre du monde....

....Le poème est de l'angoisse anesthésiée

La douleur est meilleure que I'amour....

Ivan Goll démasque et écorche (lisez Mathusalem ou l'Eternel Bourgeois) fouaille et raille,  plonge son,  scalpel dans les pourritures et met l'homme à nu sous un ciel sans mensonges. Mais si le monde gagne insensiblement son excuse de vivre,  si l'humanité,  sauvée du suicide,  marche enfin vers l'or des horizons purs,  le poète,  méconnu toujours et toujours martyr.  ( "La Chaplinade",  "Le Nouvel Orphée") reste par essence l'éternel paria,  le fou zigzaguant du grand jeu d'échec de la vie.

Le premier devoir de l'homme est en lui-même ;

Sois bon ! avant de parler de bonté..

Poète-Narcisse. mire-toi dans tes propres larmes! 

Le Parnasse existe,  ami,  dans ton cœur!

...........................................................................

La terre tourne :  cinquième roue de l'automobile divine

L'ange a beau se suicider

La bêtise reste immortelle

Recueillons-nous  recueillons-nous... ?

Le trèfle est sage qui ouvre et replie ses feuilles

Le trèfle est solitaire

Et simple

Soyons donc solitaires

Et simples...

Le Poète,  dans cette réalité souveraine et totale,  n'est peut - être que le grain de folie des mondes,  le feu follet insaisissable et éphémère que la gifle du réel fait mourir à l'aurore quitte à renaître au soir par le caprice des nuits,  le point de ralliement des idéals et le symbole des espoirs,  le poète est peut-être Dieu !  "

1923 -1925 : Ivan Goll a rencontré l'élue. Son nom n'apparaît plus seul au frontispice des recueils que Jean Budry, l'éditeur des sept manifestes Dada et des oeuvres de Pierre Albert Birot, présente au public. Ivan a rencontré Claire, les deux poètes formeront désormais une même âme tout, ellipse parfaite dont les deux coeurs sensibles sont les brûlants foyers. Il me sera bien difficile de distinguer les deux sensibilités, mais cette distinction est-elle bien nécessaire ? Je considère Claire et Ivan comme l'envers et l'avers du même astre, comme les faces confondues d'une sphère dorée où se joue la lumière et pleure la rosée :

Voici dix ans que tu m'aimes,

Que sur ma montre-bracelet

Le temps s'arrêta pour toujours !

Claire Goll était merveilleusement pétrie pour comprendre Ivan. Partageant son amour de la nature, plein d'amertume, nourrie de ce style brusque (reste de l'emporte-pièce Dada), ses récits à facettes, les uns émouvants, les autres pleins d'humour, nous faisaient déjà pressentir quelques-uns des paysages intérieurs denses d'une philosophie où la tristesse prend place, de " Une Allemande à Paris " . Elle avait subi, comme lui, l'influence des écrivains internationalistes et des peintres allemands, autrichiens et russes. L'influence de Chagall surtout, aux lignes tirées, aux boucles vives, Chagall, comme Ivan et Claire Goll, n'aime la réalité que par les contours et trace seulement des dehors d'objets pour nous les peindre. Plus exactement, il n'aiment, tous les trois, que les reflets, les surfaces, ne s'occupent que des orages du concret. Leurs peintures seront des heurts d'images concrètes, ils sont des businesmen-artistes, dédaignant la spéculation les diamants bruts d'images vivantes. Et c'est pour cela que l'illustration des recueils de Claire et Ivan m'intéresse autant que les poèmes eux-mêmes. Robert Delaunay, George Grosz et Fernand Léger, artistes pour lesquels peindre est une fonction de tous les sens , avaient délimité quelques-unes des images de " Le Nouvel Orphée ". C'est à Chagall que fut dévolue l'illustration des " Poèmes d'Amour " (1925). Il nous montre Claire et Ivan, mêlés dans un dessin aux lignes pures, puis dans une ellipse que ferme tout un monde, une tour Eiffel que couronne, comme une double étoile noire, deux visages préparant, dans notre univers, une éclatante rentrée.... Puis le geste d'une consolation nue et plus loin le masque androgyne commençant à rouler comme les satellites inquiets d'une beauté toujours immuable.... Dans " Poèmes de la Vie et de la Mort ", deux tragiques radiographies et dans les " Poèmes de Jalousie " quelques eaux fortes de Foujita, pleines d'une mollesse dont l'art s'allie avec cette préciosité un peu voulue qu'affectionnent certaines des images des Goll.

Ouvrons les " Poèmes d'Amour ".

Ivan : Tes cheveux sont le plus grand incendie du siècle...

            ... Trompés par l'or faux de l'aurore

            Les oiseaux sont rentrés

            Désespérés...

            ... Tu es la nymphe échappée des bouleaux

            A tes pieds d'or se suicident les chiens...

            ... Parfois mon coeur mort crie dans la nuit...

            ... La nuit ta chevelure orange illuminait

            Le vieux château du ciel

            Jusqu'aux tours de Saturne...

            ... Depuis que je ne t'aime plus je t'aime...

            ...Des arbres de douleur gantés de rouge...

Lyrisme pur, nourri d'aliments modernes . Le vocable ancien, le matériel prosodique est changé. Voici le tramway, l'autobus, le métro, comme les constellations d'un nouveau ciel. Au milieu de cette terre inconnue, se confiant un amour très pessimiste, ils échangent, à la fin, des compliments naïfs tels que " ton coeur est comme un abricot " ! Le symbole de la chevelure attire Goll aussi, mais c'est une chevelure concrète dont il nous révèle les brûlantes colorations. Enfin, c'est ce lyrisme, non pas le lyrisme souterrain, intérieur, tel celui de Paul Eluard par exemple, mais un lyrisme de surface, dont les éléments appartiennent aux choses qui nous entourent, lyrisme immédiat qui naît toujours, comme l'électricité de deux objets la contenant déjà, en l'ignorant. Et la note féminine nous est donnée par Claire, avec la pitié profonde que recèlent ces beaux vers :

J'arrache mes premiers cheveux blancs

Les oiseaux en feront leur nid...

.... Dès que tu pars

Je crainte l'ange cycliste

Avec le télégramme de la mort...

...Car même de l'étreinte de la mort

Mon coeur immortel reviendra vers toi !

Ici, je crois que Claire Goll a poussé loin la réussite. Avec d'aussi simples éléments, elle nous oblige à une réflexion pleine de découvertes. Magnifique écrivains d'images, elle pousse, jusqu'à l'extrême de la clarté, leur intensité et leurs associations. Habileté très aiguë qui nous offre de réelles conquêtes à la lisière de ce monde mystérieux où commence la vraie et inexplicable poésie. Certaines de ces images nous satisfont même trop complètement pour que nous puissions les dire très poétiques, il leur manque de la folie... mais Claire, comme Ivan, y suppléent par une violente passion qui s'exprime en pures révélations, pleines de charmes et écrite dans une langue originale et tendue, jusqu'à ce cri de Claire que nous attendions depuis le début du livre de.

Car même de l'étreinte de la mort

Mon coeur immortel reviendra vers toi.

Les " Poèmes de Jalousie " me satisfont moins complètement. Cette jalousie est, à vrai dire, trop galante, trop fleurie. Benserade en colère... Certains tics, certains clichés que je retrouve dans Cocteau. Les voix sont toujours aussi pures, elles montent dans un violent désarroi. L'humanité des poèmes, tout de même existante, ne semble me masquée par des bariolages presque sportifs, évoquant, avec un certain déplaisir ému, le Boulevard et la Rotonde...

Claire : Je suis jalouse de la rue

              Et de tes pas en ut-mineur...

               .... Tu étais la Colonne Vendôme

               A laquelle je m'appuyais...

Voici par contre, de très beaux vers :

Yvan : Dans l'arbre rouge de tes veines

              sont perchés mes oiseaux de rêve

              ... Je vis ta vie tandis que tu la rêves...

Et cette sincérité, entachée parfois d'un désir trop grand d'originalité, je la retrouve dans les "Poèmes de la Vie et de la Mort".

Claire : Voici dix ans que tu m'aimes

              Dix ans qui furent dix minutes !

             Mais je te vois toujours pour la première fois....

Claire a la hantise de la mort, elle craint la pourriture et surtout la léthargie trompeuse qui peut ménager un terrible réveil au sein des territoires de la mort :

            Quand je serai morte

            fais embaumer mon corps :

            Sinon les bêtes sans patrie

            Viendraient coucher dans la sciure d'or de mes cheveux

            - Quand  je serai morte

            Fais couler du blanc formol dans mes veines

            Pour conserver leurs souvenirs...

            ... J'attends la mort

            Comme un enfant ses vacances...

Enfin, quelques très beaux vers :

Claire : Je n'aurai qu'à te regarder

               Pour que l'aurore monte dans mes joues

Ivan :   Ombre parmi les ombres,

               Que chassent les saisons

               Jusqu'à la proche tombe.

  Depuis lors, cédant au goût du jour et aux nécessités tyranniques, Ivan et Claire Goll ont quelque peu délaissé la poésie. Ils sont devenus de grands romanciers. Mais ils n'ont pas démissionné, et quelques poèmes, parfois, tombent en rosée claire sur leurs carnets. S'en tiendraient-ils à leur oeuvre déjà publiée, qu'ils auraient droit à une place de premier plan dans notre histoire poétique moderne. Si, dans ces pages forcément succinctes, j'ai pu en fixer le témoignage, j'estimerai mon travail profitable sinon digne des oeuvres présentées.

Ce long article critique paraîtra à nouveau en 1936 (à quelques mots près, daté 1932 ?) dans un livre intitulé "Balises"- La Pipe en Ecume,  Paris.

[6]                                  Manège

Pauvre musique de faubourg,

Qui t’arraches la valse d’entailles déchirées,

Si fatiguée que tu radotes sous la pluie

Ton histoire vieille comme le monde.

Pourtant tu fais tourner les enfants sales

Sur des aéroplanes de bonheur

Et dans des carrosses dorés de soir !

Mais la rue alentour

S’est mise à pleurer:

Les femmes de cire du coiffeur fondent,

Les belles du photographe jaunissent sous la pluie,

Et la tristesse

S’assied dans un coin du café

Et n’en bougera plus jamais.

Cette même tristesse qui comme une putain

A décidé de s’asseoir dans mon cœur

Et d’y mourir.

                                                                       Ivan Goll.

[7] cette édition reprend des textes de Poèmes d'Amour 1925,  parfois retravaillés,  des textes de Poèmes de Jalousie,  des textes de Poèmes de la Vie et de la Mort et quelques nouveaux poèmes.

[8]                                  Nos deux corps blancs

                                   Dorés par la lune

                                   Descendent le fleuve lent de la nuit.

                                   A peine le vent aux mains pâles

                             Soulève nos âmes.

                                   Nous longeons les jardins de l’éternité         

                                   Où dorment les oiseaux et les dieux.

                                   Parfois l’on entend

                                   Une anémone s’ouvrir

                                   Ou une étoile tomber

                                   Comme une mouche brûlée...

                                   Côte à côte nos corps descendent

                                    Le fleuve de mercure

                                    Dont on ne sait plus

                                   S’il est la vie,

                                   S’il est la mort.

[9] Ivan Goll est le célèbre auteur d'A bas l’Europe,  Sodome et Berlin,  etc.. C’est un poète bilingue  (franco-allemand)

[10] Suite à des problèmes juridiques, la correspondance Iwan Goll - Paula Ludwig:  Ich sterbe mein Leben, ne sera publiée qu’en 1993,  chez Limes .

Il sera souvent fait référence à cet ouvrage et aux commentaires de Barbara Glauert en reprenant simplement ces 4 initiales : IsmL

[11] "Georges Manfred avait invité les gens les plus en renom à une discussion sur le "drame contemporain ",  le drame didactique:  il y avait Brecht,  Döblin,  Diebold,  Faktor,  Herzfelde,  Wolfenstein,  Willy Haas,  Kersten,  Guilbeaux,  Cranach,  Carola Neher,  Marino,  Werner Hegemann,  etc.…Rien que des chefs de file. Brecht dont on a représenté récemment un drame didactique communiste "Die Massnahme ",  et qui affrontait ces artistes et ces critiques,  pour la plupart libéraux,  avec une superbe et une ironie que j’admirais,  prit la parole. La discussion déviait sans cesse et s’éloignait du sujet,  c’était un chaos incroyable d’idées,  de thèses différentes. On n’arrivait pas à y voir clair. Et comme s’était bienfaisant pour moi,  qui ne pris pas la parole,  d’observer cet abîme de sottises émanant de porte-plume les plus lus !  Seul,  Brecht était supérieurement brillant.… "'p..58-59-60) dans:  Claire Goll & Iwan Goll,  Meiner Seele Töne, Scherz,  1978. Cette correspondance d’une importance capitale est d’abord parue chez F. Kupferberg en 1966 ; dans cette nouvelle édition elle est accompagnée de remarquables commentaires de Barbara Glauert. La traduction de ces lettres due à Claire Goll reste inédite à ce jour.

[12] ... J'ai aussi fait la connaissance de Paula Ludwig . Etrange fille de paysans, son père fabriquait des cercueils; une tête un peu "bois gravé", mais une belle âme ? Elle évolue lentement et devient peu à peu une Lasker-Schuler chrétienne  . Elle a aussi un fils de 13 ans, qui vit dans une colonie scolaire au bord de la mer . Enfant illégitime . Elle a été femme de chambre, modèle à Münich, souffleuse ; à présent, elle écrit des poésies dédiées à son petit garçon . Et quelle modestie dans la pauvreté !

Remarques-tu quelque chose dans mon écriture ? J'écris avec le pouce et le majeur, car mon index droit est malade de nouveau ; grosse bosse de pus, cataplasmes et toute la suite . C'est ainsi que je devrai écrire les scènes de "Germaine" ( Berton ).

Beaucoup de tendresse de ton Ivan .

[13] Chère Suzu,

Que ta dernière lettre était merveilleuse ! Si sûre et si compréhensive. La voix de ton cœur est un alto apaisant . Oui, je suis maintenant très bien installé chez Paula Ludwig . Elle m'a très bien soigné pendant ma maladie ...

[14] ( il lui déconseille de venir à Berlin ) ... Je me propose de ne plus coller aussi étroitement à Paris, de me déplacer beaucoup plus qu'auparavant, de voyager beaucoup au printemps et en été . Puisqu'aucune profession fixe ne m'enchaîne, Dieu merci .

L'avenir idéal, voici comment il m'apparaît : milieu d'avril, toi et moi, encore en Allemagne . Ensuite, deux ou trois semaines à Paris . Pas plus . Et un grand voyage d'été, aux eaux ou à la mer . Durant des mois .

[15] Comité de lecture:  C. Arnaud,  P. Bourgeois,  M. Carême,  Géo Charles,  P. Dermée,  H. Fagne,  P. Flouquet,  C. et Y. Goll,  G. Linze,  Géo Norge,  A. Salmon,  H. Vandeputte,  E. Vanderkammen,  R. Verboom,  P. Werrie.

Le numéro du 27 juin 1931 comporte la première table alphabétique de tout ce qui est paru dans Le Journal des Poètes jusqu'à cette date.

[16] Sous ta poitrine de ciment,

Sous tes paupières de fer,

Ville narcotisée,

J'entends ton sang qui bat .

J'entends tes femmes qui chantent,

Sources chaudes souterraines ;

Tes escaliers qui pleurent

Et tes morts aux lèvres plombées .

Il y a les hommes qui se réveillent

Au milieu de la nuit,

Soudain ils comprennent

Qu'ils ont oublié de vivre .

Des rues désespérées

Courent en vain après le ciel

Et tremblent

De tous leurs réverbères . 

Est-ce toi, solitude ?

Qui grelottes sur la Place

Dans ton manteau de vent,

Prostituée qu'aime un poète ?

Un autobus malade

Transporte les soucis des gens

De l'aube au soir et retour

Sans jamais calmer son angoisse .

Quelquefois une porte

Restée ouverte

Comme la bouche d'une morte ...

Je suis son dernier confident .

[17] c'est l'histoire de la traduction d'Anna Livia Plurabelle de Joyce à laquelle ont participé E. Jolas,  I. Goll

[18]                                                                                                          Paris, 15 nov. 31

Lisl,

J'ai donné aujourd'hui ta bague à quelqu'un d'autre .           J'ai compris qu'elle ne signifie aucunement l'amitié, et j'ai honte de l'avoir portée pendant quatre ans comme symbole d'une erreur .

            Je ne te la renvoie pas, car je ne veux pas que cette bague, qui contient en elle beaucoup de mon être, risque d'être donnée à quelqu'un qui la mérite encore moins que moi .                                                                                                                                                                           Ivan Goll

[19] :  Le coeur d’Alfred Wolfenstein,  J.S. Bach jouant de l’orgue la nuit d’Oscar Loerke,  Pour Hilda de Jacob Haringer,  Mort argentée de David Luschnat et Poème,  de Paula Ludwig.

                                   Poème

Je ne sais jouer que de la flute

Je n'ai que cinq sons….

Mais quand je la porte aux levres

Les caravanes rentrent du désert

Et les oiseaux de leurs sombres ciels.

Les pêcheurs se hâtent sur le rivage

Et le soir parfumé déjaisse les Orients du matin.

Adossée à l'érable

Dans l'ombre du lierre

J'envoie ma chanson à ta recherche

                        Traduction d'Yvan Goll

Ce n'est pas la première fois que les noms d’Ivan et de Paula sont juxtaposés ; leur aventure amoureuse date de février 1931 et restera constante et passionnée jusqu’au départ d’Ivan et de Claire Goll pour les U.S.A. en août 1939

[20] Geo Charles . La représentation de votre "Mathusalem" à Bruxelles, mon cher Ivan Goll, nous a fourni l'occasion d'apprécier, une fois de plus, une oeuvre du "Théâtre poétique moderne ". Cette formule exprime assez bien la tendance et le mouvement de ce théâtre dit - toujours -"d'avant-garde ",  bien qu'il ait pris naissance longtemps avant la guerre. Je range sous ce signe :"Ubu Roi ",  de Jarry, "les Mamelles de Tirésias ",  d'Apollinaire, certaines pièces de Ribemont-Dessaignes, et justement ce "Mathusalem ".... Pourriez vous préciser votre conception personnelle quant à "l'esprit" poétique de cette oeuvre ?

Ivan Goll : J'estime que toutes les pièces que vous venez d'énumérer sont avant tout, en effet, des oeuvres de poètes que j'opposerai aux auteurs dramatiques. Comment les distinguer par une formule ? Ceux-ci excellent à copier la vie au théâtre, tandis que les poètes ont avant tout le désir de recréer la vie. Ils ne veulent pas du tout en donner, par exemple, une image exacte, mais plutôt révéler la signification profonde des faits et des paroles qui unissent les personnages dans une action.

Géo Charles : Et créer des prototypes ?

Ivan Goll:  Oui. "Mathusalem ",  par exemple,  c'est l'éternel Bourgeois. Il ne parle pas la langue courante du théâtre habituel et conventionnel. Il dit des phrases,  les phrases-types que chaque bourgeois,  dans n'importe quel pays,  répète suivant sa prononciation . L'action de la pièce n'est pas individuelle et unique : le cas est applicable et nettement imputable à tous les bourgeois du monde entier.

Geo Charles : Et rien de plus banal que les propos d'un tel héros ! 

Ivan Goll :"L'expression" en est apparemment banale,  mais avant tout elle est vraie. Et cette transposition du "vrai" me rappelle une autre formule,  celle de "surréaliste" dans le sens où Apollinaire l'entendait..

Vous savez, n'est-ce pas, qu'il inventa le vocable "surréaliste" pour désigner précisément" Les Mamelles de Tirésias ",  que vous citiez un instant parmi les pièces du théâtre poétique.

Geo Charles: En effet,  c'est d'ailleurs dans la revue "Surréalisme" que vous avez dirigée que Pierre Albert-Birot a fixé ce point d'histoire de la façon suivante :" … Quant au mot "surréalisme ",  nous l'avons, Apollinaire et moi, choisi et fixé ensemble . C'était au printemps 1917, nous rédigions le programme des "Mamelles ",  et, sous le titre, nous avions d'abord écrit" drame" et ensuite je lui ai dit : ne pourrions-nous pas ajouter quelque chose à ce mot, le qualifier, et il me dit en effet, mettons "surnaturaliste ",  et aussitôt je me suis élevé contre surnaturaliste qui ne convenait point au moins pour trois raisons, et naturellement, avant que j'eusse fini l'exposé de la première,  Apollinaire était de mon avis et me disait :"Alors mettons surréaliste ". C'était trouvé. "... La lettre d'Apollinaire à Paul Dermée écrite également en 1917, et reproduite dans la même revue, confirme les souvenirs de Birot..."Et vous Goll, rangez-vous "Mathusalem" sous la même formule ?

Ivan Goll: Mon Dieu,  si une formule est nécessaire ! 

Geo Charles : nous appelons les pièces de ce théâtre – et "Mathusalem"-- poétiques. Certaines de ces oeuvres, et particulièrement la vôtre, présentent un curieux mélange de poésie et de prosaïsme...

Ivan Goll : J'attendais cette objection. J'ai donné à chaque personnages la langue de son âme. Ainsi la jeune fille, Ida, sent et parle en vers, et je ne crains pas de lui prêter les images les plus lyriques, comme dans les pièces en alexandrins. Par contre le frère voué aux affaires modernes, n'emploie que le style haché des appareils Morse. Et ainsi de suite.... Mais le langage truculent et terra à Claire

terre-à-terre du père n'est pas moins poétique que celui de sa fille, s'il crée l'atmosphère élémentaire du personnage.

Geo Charles : Vous confirmez l'impression que me laisse la représentation de Bruxelles. Du lyrisme pur, cette réplique d'Ida :

" je ne connais plus d'autre jour que celui-ci

ou des narcisses remplacent l'herbe des gazons

le soleil est un chrysanthème que tu m'offres,

ton front pâle est une tour d'Ivoire

sur laquelle je monte pour voir le monde.

C'est toi qui bâtis les villes apocalyptiques,

les temples d'Asie et les docks d'Amérique,

les places portent toutes ton nom,

les horloges sonnent à chaque heure ton nom

et les navires en mer

ne sont partis que pour te voir. "

Ce poème pourrait très bien être tiré des "Poèmes d'Amour" que vous avez publiés avec Claire Goll

Claire Goll: Oh,  je n’accepte que les poésies qui me sont adressées personnellement !

Ivan:  Mais tout ce que j’écris,  s’adresse à toi. Pour qui écrit-on, par qui veut-on être compris,  sinon par l’être qu’on aime et dont on veut être admiré ?

Claire:  Tu me trompes !

Ivan:  Avec toi-même !

Geo Charles: Je pense que vous allez faire dévier,  publiquement,  en "scènes de ménage ",  vos beaux "Poèmes d'Amour "Au fait,  si vous continuez,  je pourrais dire que vos poèmes d’amour ne sont pas autre chose … finalement ! !

Claire:  Eh bien,  vous donneriez une belle idée de notre poésie !

Ivan: Mais,  Claire,  après tout,  je ne serais pas éloigné de croire que dans les poésies d’amour de tous les temps,  les poètes ne sont occupés qu’à exprimer à leur amante des reproches,  et sous forme de compliments,  des sottises.

Geo Charles:  Qu’en pensez-vous Claire ?

Claire: Pour moi il n’existe qu’une sorte de poésie,  celle de l’amour. Une femme ne doit chanter que l’amour. Ce n’est que par l’amour qu'elle participe de la vie du monde. Les seuls poètes que je relis toujours,  que je comprends et que j’éprouve jusqu’au fond des moelles sont Marceline Desbordes-Valmore et Elisabeth Barrett-Browning.

Geo Charles: L’essence de leur poésie est la souffrance.

Claire: L’essence de l’amour est la souffrance.

Ivan: - Peut-être y a t - il là comme une accusation ?

Claire:  Non,  c’est une déclaration d’amour. Géo Charles notez vite. Je prétends que c’est celui-là (qui me fait tant souffrir) qui m’a faite poète. Je lui dois d’avoir appris à exprimer en vers cette affection que toutes les autres femmes expriment en soupirs.

Geo Charles: Vous avez su prolonger à deux - en des oeuvres toujours lyriques et en des "Poèmes d’amour" que je relis avec une joie critique sans cesse accrue - votre amour de la Poésie. Votre double rêve a su se réaliser et se poursuivre en cette époque si bassement matérielle,  si misérable,  selon un rythme de beauté et d’idéal !

Ivan:  Ce rêve nous sauve !  Tout ce qui se passe en dehors de lui et de notre amour devrait nous laisser indifférents. Nous sentons confusément que les soucis du jour sont des soucis bien lamentables,  mais aussi passagers. Les époques où l’humanité a faim,  reviennent toujours. Cette fois,  sa détresse provient de sa bêtise. Mais passons. Parlons d’amour qui est la seule raison d’être et qui est éternel. Thème peu actuel Thème qui le redeviendra au prochain printemps,  soyez-en sûr !  Sinon,  dans cent ans. Et il vaut mieux avoir raison dans cent ans que l’année prochaine. La vérité se mesure par siècles.

Je laisse Claire et Ivan,  assis en leur jolie terrasse d'Auteuil, dont j'aime tant caresser les feuilles. Lui, grappillait les raisins qui pendaient au vieux cep qui épouse la grâce de la balustrade, elle, appelait une demi-douzaine de pigeons blancs et leur donnait à manger dans sa main pâle.... Les deux silhouettes, les bêtes et les choses, se composaient en des attitudes qui me sont familières depuis longtemps... en cette petite terrasse du jardin automnal d'Auteuil qui m'apparaît toujours comme un carrefour rustique où la vie et la poésie viennent s'unir.

Geo Charles.

[21] _Première traduction américaine de "Une Perle "

[22] "par l'outrance clownesque,  la fantaisie d'Ivan Goll provoque aisément le rire ; on ne saurait le situer trop près d'un Max Jacob,  d'un Cocteau sans doute,  mais surtout il réussit assez facilement à introduire dans le développement lyrique les procédés brusques et enfantins de quelque film cinématographique ".

[23] Ce texte a été donné en représentation publique par Charlotte Köhler pour la première fois le 22 avril 1931 au Stadsschouwburg d’Amsterdam. Devant le succès,  il fut repris et redonné en présence d’Ivan Goll le 21 novembre 1931

[24] Ce numéro comporte 6 pages: la page 3 est intitulée : UNE EXPRESSION POETIQUE DU MONDE ou l'aventure d'un hebdomadaire belge Table alphabétique des 24 premiers numéros de la seconde série 1931-1932 .

1. Poèmes. 2. Etudes et critiques . 3. Interviews . 4. Pages étrangères . 5. Enquêtes . 6. Poésie ethnique . 7. Divers .

Page 6,  compte rendu de la première réunion littéraire des Amis du Journal des Poètes tenue le 17 mai au Café du Bel-Air,  avenue du Maine:  présidence assurée par Paul Dermée en présence de Salmon,  Gans,  Gueguen,  Gyssord,  Pilchard,  Gonzague-Frick,  Launay,  Follain,  Seuphor,  Dermée,  Goll,  Fondane,  Madeleine Israél ( secrétaire du groupe parisien ) qui sont tous intervenus au cours des débats . La prochaine réunion,  le jeudi 9 juin sera consacrée à la jeune poésie espagnole .

Page 6 également,  un article de Charles Plisnier:  Révisions:  Le salut dans la fuite (adressé à Breton et à ses amis surréalistes) extrait:  "Pour moi la chose est assez claire . Le Surréalisme est seulement une maladie secrète dans le cerveau de la bourgeoisie,  une hantise de suicide,  une tache de folie,  cette angoisse du paralytique général qui croit toucher le point le plus aigu de la lucidité mais qui ne sait pas si demain il va trouver une lumière nouvelle et étonnante ou s'asseoir dans une petite voiture .

Vraiment la révolution n'a rien à voir avec cela . "

[25] "Ein Jahresgedicht der Liebe ". C’est Iwan le dunkel Gott et c’est en réponse à ce recueil de Paula que Goll écrit le magnifique chant d’amour que sont ses "Chansons Malaises ". Voir la correspondance Paula Ludwig - Goll  (Briefe 1931-1940) Limes Verlag 1993.

[26] Cinq poèmes en allemand:  Fremd et Grammatik der Gefühle p.219,  Liebesgedicht p.259,  Vision den toten Vaters p.290,  Weltbürgers Wanderlied p.207.

[27] Cette revue éphémère ne paraîtra que 3 fois:  n° 1 / n° 2 / n° 3-4. Principaux collaborateurs: Céline Arnaud,  Hans Arp,  Jacques Baron,  Gottfried Benn,  Georgette Camille,  Paul Dermée,  Robert Desnos,  Pierre Drieu-La Rochelle,  Léon-Paul Fargue,  Jean Follain,  Benjamin Fondane,  Claire Goll,  Eugène Jolas,  Marcel Jouhandeau,  James Joyce,  D.-H. Lawrence,  Jean Painlevé,  Raymond Queneau, Man Ray,  Georges Ribemont-Dessaignes,  Jules Supervielle,  Roger Vitrac. cote:  USGdo:  Ai-28/10/97

[28] Une photo de Claire Goll devant une station de Métro sur toute la page de couverture avec en surimpression "Chanteuse de Rues" un reportage par Claire Goll et le reportage en page 7 avec 5 photos en situation .

[29] p.14 et 15 : Chanteuse de Rues par Claire Goll avec 2 photos en situation .

[30] Ce texte est une version poétique de son roman "Die Eurokokke "mais,  à ce point différente que Claire Goll a fait une traduction française,  L'Eurocoque,  traduction inédite à ce jour,  archivée à la B.S.D.d.V. — Ms 549'47 ff. Dactylographiés)

[31] "Dans tout ce qu'écrit Ivan Goll il y a toujours beaucoup de pessimisme et d'amertume. L'ironie de cet écrivain est à la fois grimaçante et corrosive et son désespoir est à peu près sans limites:  ce dont,  après tant d'autres livres,  "Lucifer vieillissant " nous offre un témoignage où il y a d'ailleurs beaucoup de grâce,  un charme de cauchemar dont la force s'impose à vous comme une réalité. "Lucifer vieillissant ":  on entend bien par là qu'il s'agit de la fin du monde,  — ou à peu près. Le monde va mal,  c'est un fait,  l'humanité est moribonde,  et il n'y a qu'à jeter les yeux autour de soi pour se convaincre de cette vérité première que M. Ivan Goll a bien raison de proclamer comme il le fait:  c'est-à-dire lyriquement avec des mots de feu,  d'airain et d'or.

            On a pu dire très justement,  il y a quelques années,  que tous les poètes écrivaient en prose. Mais à l'heure actuelle les poètes ont rendu la prose aux prosateurs,  le roman aux romanciers. M. Goll est toutefois une exception et le dernier survivant:  son "Lucifer vieillissant "n'est qu'un long poème somptueux et désolant,  traversé de gémissements et surtout d'imprécations,  amer et sans fausse pitié,  le poème de la fin de l'humanité. Lucifer,  — l'homme divinisé —,  n'est plus qu'une risible épave qui se heurte aux murs d'une prison sans issue où la lumière et l'air ne pénètrent plus. Ce n'est pas un cri d'alarme que jette l'auteur:  le pessimisme de M. Ivan Goll est trop absolu pour lui permettre d'entrevoir la possibilité d'une réhabilitation.

            Ce livre vient,  sans s'en douter,  tout à fait à son heure. Il n'y a de vrai que l'actuel,  pourrait-on dire en déformant un peu telle phrase célèbre du sage de Weimar. "Lucifer vieillissant "est un ouvrage terriblement lucide et véridique,  le dernier coup d'oeil plein de désolation et d'épouvante que consent à jeter,  comme un suprême regret,  un poète sur un monde dont il entend ensuite se détourner à tout jamais”

[32] Ivan Goll,  le poète du "Nouvel Orphée" a jadis écrit dans une anthologie:

"O notre père donnez-nous notre peine quotidienne

Pour ne pas crever d'ennui ".

Cette part du feu où nous mettons en commun toutes nos misères pour en lancer des sourires et des confetti que font semblant de brûler les feux de Bengale devrait lui être sympathique. C'est donc avec joie,  mais sans étonnement que nous avons reçu la chanson malaise qu'il a bien voulu détacher pour nous d'un recueil qui va paraître aux Editions Poésie et Cie (19 rue Raffet,  Paris XVI). Dans un autre numéro de la Part du Feu, J. de Belleville écrit:

Toutes les images de M. Ivan Goll chantent encore en moi. Chansons Malaises est un de ces livres où je me sens incapable d’être critique.

[33]…Il y a là une émouvante passion qui fait penser au Cantique des Cantiques et aux meilleures coplas andalouses

[34]L'édition originale sur Vélin d'Arches comporte aussi des exemplaires  (combien ? ) avec des illustrations de Paula Ludwig.

[35]…La poésie d’Ivan Goll,  étrangement primitive,  rôde éperdument parmi nous.

[36]…Images toutes neuves,  cueillies dans une nature qui semble chaque matin au premier jour de la création ; images fraîches et chaudes qui chantent et nous enchantent.

[37]…Ah !  quelle suave fontaine coule de ces Chansons Malaises. Il y a là d’adorables précisions,  des traits aigus de réalité pour dire l’amour esclave,  délivré de sa chaîne,  et qui offre son innocence passionnée à la passion du maître. M. Goll avance dans un fort courant d’émotion neuve et de vie naturelle,  de surprises,  de douces choses toucher et à respirer.

[38]…Il y a ici autant de vertus de surprise dans la manière de suggérer les faits que dans les faits eux-mêmes et cela devient une magie dont on découvre les racines dans le coeur et les fleurs dans le verbe …

[39]Le poète Ivan Goll publie un joli livre de vers,  plein de tendresse,  d’exotisme,  et de poésie aussi,  qu’il intitule Chansons Malaises. Un excellent livre de vers.

[40]         Poème inédit

Mordons dans la pêche de Rome      

Ce fruit fauve et juteux.

Buvons à toutes ses fontaines

Et courons à tous ses mystères

De colline en colline.

Amis,  dressons nos corps

Nouvelles colonnes doriques,

Vers la lune rose         

Remplaçant celles qui se sont rompues

Dans les jardins de Galatée.

La vie demeure souveraine   

Dans cette terre cent fois morte.
Les tombeaux d'empereurs   

Ne sont que des berceau de mousse 

Pour le peuple très amoureux.

Dans les débris des temples

Naissent les roses, 

Dans la poussière brune

Minerve et Marie

S'épousent doucement.

La pierre a souffert plus que l'homme

Mais,  dans l'épaule mutilée d'un pape,

Un jeune lézard

A fait son nid

Et effraie déjà les chardons.

Et nous,  les amis fugitifs,

Couronnés du jasmin de juin

Ivres des roux octobres,

Nous vaincrons l'heure ténébreuse

Qui glace les espoirs.

Sous le sabot de bronze

Des rêves héroïques

Explose la lumière du matin

Et les clochers des sept collines

Ne réveillent que les morts.

                                                                                                                                                                    Ivan Goll

[41] " Les Chansons Malaises de Ivan Goll sont présentées avec beaucoup de goût typographique. Ce sont de beaux poèmes populaires où,  selon les lois du genre,  l'expression du sentiment amoureux suscite constamment des correspondances avec les travaux des champs et les aspects de la nature. Ivan Goll a rendu ces rapprochements avec l'énergie et la brièveté qui convenaient:  il y a là une émouvante passion qui fait penser au Cantique des Cantiques et aux meilleures coplas andalouses. ” Jean Cassou.

[42] "Le dernier recueil d'Ivan Goll "Chansons Malaises" décèle chez ce poète un renouvellement. Directement après la guerre,  Ivan Goll hanté par l'arabesque trouble et les cassures luisantes du nouveau monde moderne s'était adonné dans "Le Nouvel Orphée "à cette poésie à l'emporte-pièce,  pleine de fraîcheurs incertaines et ressasseuse inquiète du Verbe

L'originalité de Goll consista pourtant parmi tant d'autres à ne rien camoufler du lyrique amour,  à aborder avec tranquillité et à moduler souvent ses chansons sur le thème quelque peu décrié de la tendresse journalière de l'homme pour la femme et cela au moment même où les poètes s'armaient d'une grande pudeur visant "le sentiment ".

Dans les "Chansons Malaises "s'affirme un Ivan Goll conduit par une inspiration décantée. Ces courts poèmes sont écrits avec simplicité sur le ton tantôt didactique,  tantôt interrogatif et exclamatif du barde. Chansons évocatrices de paysages patriarcaux où l'amour règne en doux maître sous les citronniers . Poésie d'allure incantatoire et qui m'apparaît appartenir à la nature la plus vraie de Goll.

On trouve dans ces vers les plus belles évocations des silences de l'amour au cours desquels l'on entend croître et dormir les plantes ; aussi les plus fines reconnaissances de chaque reflet de sa propre beauté par la femme aimée .

            Soudain ta main savante

            M'enseigna qui j'étais...

Le poète accorde au langage de l'amour la plus suave flore : anis , safran , néfliers , caféiers neigeux , orangers , vanilliers . En exemple voici un court poème de la plus belle somptuosité :

            En passant sur la route des seigneurs

            Tu ne regardais pas le safran pauvre

            Mais ton manteau le caressa en secret

            Emportant tout de même

            Un peu de poussière dorée

            De son amour

Les poèmes se poursuivent jusqu'à la perte de l'aimée :

            O mon corps tout doré

             N'est-il déjà plus nu ...

et l'appel de la mort :

            Coupez les palmiers centenaires

            Arrachez les lauriers de gloire

La simplicité de l'écriture,  la netteté de la ligne n'empêchent point ces vers de baigner dans un halo de mystère tendre,  marqué de leur qualité.

Le livre est imprimé en beau corps d'elzévir et fort bien mis en page.” J.F.

[43] "Ivan Goll vient d’obtenir un joli succès avec ses "Chansons Malaises "(Editions Poésie et Cie). Il y retrouve cette simplicité que nous envions tant aux peuples primitifs et qu'après leur règne et leur défaite,  les pays civilisés devront réapprendre. Un poète le leur enseigne déjà. Il est allé puiser de simples bonheurs aux sources naturelles de l’Est. A lui aussi,  la "connaissance de l’Est "a porté ses fruits. Mais les "Chansons Malaises  ne sont ni des traductions ni des transpositions d’un folklore inexistant,  ce sont des divinations. Francis de Miomandre a pu écrire à leur sujet:  "Il semble que tout l’Esprit de l’Extrème-Asie,  énigmatique,  voluptueux,  à la fois très animal et très complexe,  parfume ces chansons,  composées par un homme d’Extrème-Europe,  dans une heure de magnifique divination. "

[44] "Les images les plus précieuses servent à illustrer une course cycliste ; les mots les plus sublimes sont éparpillés à travers les pages de journaux "

[45] Jeune Europe est en fait le numéro 2 d'Apollinaire (1935) - même format,  mêmes collaborateurs,  même imprimeur,  même éditeur,  même Librairie,  des clichés communs,  seul le titre diffère (ce changement car la librairie Jean Budry avait publié sous le même titre "Apollinaire "en 1924,  le n° 26 de L'Esprit nouveau)

[46]…Si la traduction est exacte ou si nous avons affaire à une traduction libre,  je vous laisse à décider,  car le petit livre ne contient pas une note,  commentaire ou information. Peut-être cache-t-il une supercherie. En ce cas,  j’applaudirais. Mais dans l’autre cas,  on regrette de ne pas être un peu renseigné. Les Chansons Malaises de M. Goll ressemblent un peu aux fragments de Sapho,  et aussi au Cantique des Cantiques:  l’érotisme,  qui n’y est pas indécent,  y comporte un caractère assez macabre ; et la couleur locale,  loin d’être torrentielle,  échevelée,  apparaît fort subtile. J’admire,  si ces textes sont authentiques,  qu’il s’y cache tant de philosophie…Dans ces poèmes,  c’est l’amante qui parle,  et qui se vante d’exercer sa tyrannie,  ou de défier,  si faible,  le robuste amant asservi:

            Je suis couverte de sept voiles                                              Je suis ton ruisseau

Pour que sept fois                                                                 Ivre de menthe

Tu puisses me découvrir                                                        Penche-toi sur moi

                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                Que je te ressemble

Je suis ointe de sept huiles                                                    Baigne en moi

Pour que sept fois                                                                                                                                                                                                   Et sens comme je tremble

Tu puisses me sentir                                                                                                                                                                                               Mange mes poissons                                                                                                 Pour mieux m’engloutir

Je t’ai dit sept mensonges                                                                                                                                                                                      Bois-moi

Pour que sept fois                                                                                                                                                                                                   Pour mieux m’anéantir

Tu puisses m’anéantir                                                                                                                                                                                             Aime-moi

                                                                                              Je t’aiderai à te noyer

…Mais il y a des pièces plus douces,  des madrigaux plus primitifs dont le tour est exquis. De toute façon ce mince recueil donnera de grands plaisirs aux lettrés.

[47] Parmi les poètes jeunes, plus ou moins en dehors des groupes, nommons encore : Céline Arnaud, François Berthault, M-L Boudat, A de Falgairolle, Jean Follain, Claire et Yvan Goll, Georges Gabory, Raymond Radiguet, etc. et le groupe de la Bouteille à la mer : Hugues Fouras, Pierre Moussarie, Henri Foix, Anne Quatemère de Quincy .

[48]…Traduction,  adaptation,  imitation,  qu’importe ?  Il suffit que les Chansons Malaises d’Ivan Goll nous incitent à nous le demander…elles sont,  dans l’irrégularité imagée de leurs rythmes,  infiniment agréables et musicales:

            Depuis que tu me connais

            Je me connais enfin

            Mon corps m’était plus étranger

            Qu’un continent lointain

            Je ne distinguais pas

            L’Est du Sud

            Mon épaule escarpée

            Pointait comme un rocher

            Soudain ta main savante

            M’enseigna qui j’étais

            Mon pied trouva sa course

            Mon coeur son battement

            Et maintenant je m’aime

            Comme tu m’aimes

Ce sont les chansons de Manyana,  jeune fille malaise,  et leur accent d’exotisme,  figuré ou réel,  est un délice dont nous ne pouvons que louer et remercier le bon poète français Ivan Goll.

[49] Importantes variantes dans ce poème publié à la même date dans les Cahiers du Sud

[50]ces deux poèmes seront repris dans "Métro de la Mort "'avec de grosses variantes pour Liquidation avant Inventaire)

[51] dédicacé "à Lise Deharme ",  extrait de Métro de la Mort .

[52]' Inédit d'Yvan Goll avec 2 variantes dans l’avant dernier quatrain) voir lettre du 4 mai 1936 (Meiner Seele Töne p.204- Scherz 1978) «..en quittant la gare,  j'ai voulu boire quelque chose d'intellectuel et j'ai acheté Les Nouvelles Littéraires. Et qu'y ai - je trouvé ?  Mes poèmes sur le Printemps et la Mort,  qui avaient certainement paru le 1er mai,  jour de l'enterrement du pauvre Daniel  (1) alors que je me trouvais effectivement en face du printemps et de la mort au cimetière de Préville.»

1) beau-père d'Yvan Goll

[53]

1)Jean sans Terre fait sept fois le tour de la Terre

2)Jean sans Terre sur le Pont

3)Jean sans Terre sur les Cimes

4)Jean sans Terre devant le Miroir

5)Jean sans Terre rencontre Ahasver

6)Don Juan sans Terre et sans Femme

7)Jean sans Terre devant le Printemps et la Mort

8)Jean sans Terre aux Enfers

9)Jean sans Terre annonce l'Avenir

[54] « Le poète ne "doit" pas être de son temps:  il "l'est",  ou ce n’est pas un poète. Car sa mission n’est pas de faire des vers,  de trouver de nouvelles formules:  le miracle du poète,  c’est de "voir",  d’avoir la "vision" de ce qui se passe dans le monde. Cette faculté le distingue des simples mortels,  ces sourds et aveugles-nés.

Dans plusieurs langues,  l’appellation "poète" se confond avec celle de "prophète" ou "voyant". Voir la réalité,  et aussi ce qui la dépasse,  tel est le travail sublime et mystérieux du poète. Il ne peut donc pas ne pas être de son temps. Il en est le témoin le plus précieux.

Les poèmes les plus vrais,  les plus universellement valables,  ont été inspirés par des soucis terrestres,  personnels,  temporels,  et portent les traces de sang humain:  celles-ci seules garantissent l’authenticité du poème.

Le poète est un accumulateur de toutes les forces vivantes et aussi leur purificateur. Tout ce qui passe au feu de sa poitrine brûlante,  au sel de ses larmes acides,  se sublimise et atteint une vérité supérieure. Comment doit-il être de son temps ?  En étant humain. Le peuple n’attend que ça,  en réclamant la bonne parole. Le poète,  en voyant,  en sentant et en exprimant la misère de cette vie et de cette humanité,  en deviendra le plus puissant consolateur. Les foules suivent,  quand le vrai poète chante. Le voyez-vous ?  Et n’est-il pourtant pas seul,  terriblement seul ? »

[55] Est-ce une chanson,  une romance,  une complainte ?  L'inspiration populaire y rejoint la tradition du moyen-âge:  celle des mystères,  des jeux,  celle aussi des rondels et des fabliaux .

Tout s'affirme humain dans ce livre,  mais d'une humanité élargie jusqu'au mythe . Le Juif Errant,  Don Juan,  Charlot lui-même semblent répondre pour Jean sans Terre,  ce "voyou divin",  personnage nouveau,  qui représente l'homme éternel . Que Jean croise donc Ahasvérus,  qu'il se confonde un instant avec Don Juan,  qu'il fasse sept fois le tour de la terre avant de se pencher sur le parapet du Pont au Change,  qu'il médite sur les cimes ou devant son miroir,  il baigne en pleine métaphysique .

[56] La Chanson de Jean sans Terre est une réussite d'Ivan Goll . Il est hanté par l'idée que la pensée est sécrétée par la matière . Et de cette idée il tire une poésie macabre et forte .

Il célèbre le mariage du "voyou divin ",  Jean sans Terre,  avec la terre,  et ses quatrains rappellent les accents de l'Opéra de Quat' sous,  en même temps que parfois un air étrange aussi,  mais plus aérien et fantasque,  les traverse .

[57] « Un Juif marche. Son pas formule une chanson. Sur des rimes croisées,  elle chemine strophe par strophe,  et chaque strophe offre une bouffée,  petite et carrée de respiration. Mais quel est ce Juif qui marche ?  C’est le Juif,  le Juif occidental de nos légendes,  le Satan familier des routes et des villages,  notre horrible,  notre tendre ennemi à nous chrétiens. (Pour ma part,  s’il m’est permis de dire mon mot dans cette page,  je ne pense qu’à lui,  et jusqu’à m’y confondre également.) Mais ce pèlerin perpétuel,  cet Isaac Laquedem ou,  mieux,  cet Ahasvérus,  qui sort de la houille grise des âges et qui,  sous son chapeau de poils,  porte les cornes de la pire misère et de la pire grandeur,  et qui est,  tout simplement,  l’Homme,  Ivan Goll,  dans son livre,  le nomme Jean Sans Terre. Nous comprenons tout de suite que notre poète voulut,  par là,  incarner le mythe du marcheur perpétuel dans un personnage plus historique,  plus proche,  tout mêlé à la chrétienté,  noué au souvenir et à l’évocation d’une sorte de bohème médiévale,  de mendicité dominatrice (En outre,  Jean Sans Terre a l’ironique mérite de signifier Jean Qui Possède La Terre. Nous appelons ça l’antiphrase.)

Ivan Goll participe de deux cultures,  la française,  l’allemande,  mais son esprit géminé et sa sensibilité monacale  (humble et égoïste) baignent volontiers à la plus athénienne,  à la plus désintéressée lumière.

Sujet de Charlemagne,  frère de l’Angelico et touriste à ses heures,  il s’autorise de ses origines judaïques pour reconnaître dans sa propre destinée celle du piéton colossal alors que celui-ci passe et repasse à travers nos siècles et nos pays.

Les poèmes de La Chanson de Jean Sans Terre où se tressent ensemble la volatilité et la nostalgie de celui qui ne tient à rien,  se composent de vers qui,  comme ceux du Clair de la Lune ou du Bon Tabac dans ma Tabatière, mesurent cinq pieds,  mais à une hauteur qui serait tout de même celle de la neige ou de la mer. Voyez comme notre auteur en pleine rigueur écrite les vieux airs de l’enfance:

                                               Jean Sans Terre penche

                                               Son profil amer

                                               Sur l’eau qui s’épanche

                                               Vers la grande mer …

                                               Ta mesure intime

                                               Toujours se défait

                                               En aveugle urine

                                               Et mousse de lait …

            Certes,  c’est un des plus émouvants apanages de la poésie qu’elle puisse,  ainsi,  suggérer la musique,  et la détenir dans la trame même d’un texte qui,  cependant,  dit ce qu’il veut dire. Non seulement la " couleur " des paroles,  mais,  encore,  celle des pensées et des images,  émettent,  en se juxtaposant étroitement,  des vibrations qui,  associées à celles,  plus matérielles,  plus physiques,  de l’articulation et de la quantité vocales,  provoquent une harmonie contrapunctique à base d’interférences subtiles. Et la ritournelle court dans la littérature.

Cela me touche de constater que,  dans ce livre,  Ivan Goll renonça aux trop aériennes et,  pourtant,  trop personnalisées,  trop incommunicables dispositions du vers libre,  du vers libre où je persiste à voir l’instrument très vaste,  très sincère,  le plus vaste et le plus sincère,  de la poésie,  mais,  aussi,  un élément provisionnel,  à peine ouvré,  mal marqué des sceaux nobles et pénibles de l’humain.

Après Métro de la Mort où Ivan Goll exprimait la pulvérulence et la liquidité d’un nomadisme encore un peu esthète,  et qui prolongeait directement ses oeuvres de cette après-guerre immonde et singulière dont j’imagine volontiers que Goll fut un des représentants les plus significatifs — le corrompu praticien d’une liberté aussi illimitée que faisandée — notre poète,  maintenant,  adopte le rythme pair,  honnête,  artisanal,  ressemelé,  régulier,  et immense,  et,  sans conteste,  magique. Et le voilà tout heureux et tout surpris de faire rimer "ail" avec "Adonaï,  "miel" avec  "Ezéchiel",  d’accoupler aux noms farouches et sublimes les détails savoureux d’une juiverie culinaire et maisonnière ?  Allons !  La place des Vosges n’est pas si loin du ghetto !

                                   Il aime la carpe

                                   au vinaigre,  au miel.

                                   Il aime la harpe

                                   du rude Ezéchiel.

Quelquefois,  pourtant,  le libertaire de la prosodie reparaît,  celui qui prétendait,  qui préférait n’interposer que le moindre écran sensible et verbal entre son intention et le lecteur. Alors Ivan Goll écrit,  au fil d’un poème,  …“ fils de diamantaire ” ou “ révolutionnaire ”… ou quoi que ce soit d’aussi peu fait pour figurer dans une économie compacte de syllabes soigneusement dénombrées. Mais ces prosaïsmes authentiques apportent,  dans cette chanson,  les présences politiques ou sociales indispensables à la plénitude d’une épopée israélite.

Heimatlos,  poète,  Ahasverus — Jean Sans Terre,  — Ivan Goll,  de port en port et le long de la Seine qu’il aime,  et devant le miroir et devant le printemps,  et devant la mort,  dévide son chemin.

A la fois cupide et indifférent,  il termine en ce moment sa course par une prophétie favorable qu’il prononce en regardant l’Orient.

                                   Ici s’échafaude

                                   le pont suspendu

                                   des assemblées chaudes

                                   de l’individu.

                                  

Je salue ce livre. Tout pesant,  tout grenu de nos réalités corporelles,  il ruisselle d’une mystique et d’une confiance humaines d’où Dieu,  un jour où l’autre sortira,  car Dieu et l'Homme c’est exactement la même chose». Audiberti.

- Le Deuxième livre de Jean Sans Terre ainsi que le Troisième livre de Jean Sans Terre,  envoyés à Audiberti avec de beaux envois d’Yvan Goll ont été mis en vente par la Librairie "Les Mains Libres",  Catalogue No 6 p.56,  Paris - juin 1972.

Audiberti et Goll étaient liés à travers Claire ; de 1935 jusqu’à sa mort en 1965,  Audiberti essaya,  en vain,  dit Claire de faire d’elle sa maîtresse ; un important courrier passionnel est conservé à La Fondation Goll de S.D.d.V.

Claire Goll rend compte de ces amours inassouvies dans "La poursuite du Vent" p.204 à 208:

« Audiberti détestait Goll,  et on peut lire sa haine dans les caricatures qu’il en fit.

— Quand laisseras-tu tomber ce Juif ?  me demandait-il souvent.

— Et moi,  que suis-je d’autre ?  répliquais-je.

— Toi, tu es Dannie.

Follement amoureux,  il me faisait des déclarations que je subissais comme un cyclone. Je n’ai pourtant jamais couché,  avec Audiberti … J’aimais son génie mais pas son corps. Je ne pouvais répondre à ses poèmes d’amour que par mon amitié. » Audiberti lui dédicaça en particulier " La Mort de Cléopâtre ".

On trouve également dans M.S.T. de nombreux témoignages de cette passion p.163 (traduction inédite de Claire Goll S.D.d.V.)

[58] Il s'agit d'une réunion de Chroniques et d'articles critiques de Jean Daniel Maublanc. Cet article est,  à quelques mots près, celui paru dans l'Archer en juin 1930 (IVAN GOLL ET LA POESIE INTERNATIONALE) C'était le thème de sa conférence du 19 Déc. 1924 au Cercle Demain dans les salons de Floréal,  Bd Bonne-Nouvelle. Audition de poèmes de Claire et Yvan Goll,  Follain,  Bréal,  Audisio,  Hytier,  Géo Charles …(voir Sagesse n° 10 p.76)

Jean Bertho possède l'exemplaire n° 241 de Poèmes d'Amour ,  Editions Fourcade Paris ,  1930 ( 110 p . )

dédicacé:

à Jean-Daniel Maublanc

le charmant interprète de

notre poésie et de notre amour

en sincère reconnaissance

et amical souvenir

Ivan Claire(signature enlacée) ,

ainsi qu'un exemplaire des Chansons Malaises,  Paris,  Editions Poésie 1935,  dédicacé

à Jean-Daniel Maublanc

dont l'amitié toujours vive

de Paris à Méditerranée

m'émeut toujours à nouveau

bien fidèlement

Ivan Goll

[59] Léon Gabriel Gros:             C'est une entreprise curieuse que celle d'Ivan Goll à retrouver l'allure et la diction des chansons populaires . "Devant le Miroir",  "Sur les Cimes",  "Sur le Pont",  autant de titres qui montrent le personnage d'Ivan Goll en présence des reflets de la réalité . Ses rencontres avec Ahasver et avec Don Juan sont exprimées en des stances d'une extrême simplicité verbale,  mais où une prosodie savante et classique à la fois dénote un subtil artisan du vers . Dans le poème s'exprime avec une rare intensité un sens quasi physiologique de la déchéance humaine . La ballade empreinte de la plus totale mélancolie s'achève par une évocation optimiste:  dans les pays d ' "Outr'Est" le vagabond retrouve d'autres hommes sans terre qui connaissent la joie commune,  et Jean,  délivré de ses fantômes,  reflets de lui-même,  termine sa confession par un éclat de rire .

Ivan Goll dont les précédentes réussites avaient été surtout de brèves notations ou du moins des poèmes valant surtout par des détails proches du haïkaï,  nous propose avec Jean sans Terre une imagerie d'Epinal rendue dans un ton très personnel et d'une naïveté savante,  tout à fait remarquable à une époque où les poètes se confessent avec plus ou moins de talent,  mais ne nous donnent qu'exceptionnellement des oeuvres comme cette ballade .

[60] Si,  dans trente ans,  les piétons pensent encore au Juif Errant,  qu'ils aient dans leur havresac:  Jean sans Terre d'Ivan Goll. Ce sera une des dernières façons plausibles de le voir,  s'arrachant aux lassos des routes,  des fleuves et des ondes,  pour s'y reprendre,  puis à nouveau s'en échapper,  marchant,  sans fin,  à la cadence 3,  4,  5,  sentant chaque organe de son corps devenir sonore et sa tête s'auréoler de musiques infinies,  passant des montagnes,  que l'homme n'a pas encore pu asservir,  aux masses humaines recrues de servitude,  pèlerin empli si vite des résonances du monde qu'arrivé en un lieu il n'a pas d'autre ressource qu'aussitôt en repartir .

[61]Les Amis de 1914,  une association qui regroupait plus de deux cents membres ; citons en quelques uns pour en montrer l’éclectisme et la diversité:  Paul Fort,  André Salmon,  G. Duhamel,  F. Carco,  A. Lhote,  Ed. Jaloux,  D. Halévy,  A. Bonnard,  Max Jacob,  Tristan Bernard,  Carlo Rim,  J. et J. Tharaud,  Valéry Larbaud,  Lugné-Poe,  L.P. Fargue,  F. Gregh,  Paul Poiret,  Jean Cocteau,  André Maurois,  F. Léger,  F. Crommelynck,  Marcel Jouhandeau,  J. Joyce,  H. de Montherlant,  M. Lherbier,  J.J. Bernard,  Edmond Sée,  Stève Passeur,  Paul Valéry,  Maurice Denis,  R. Dufy,  P. Dermée,  Dussane,  Rachilde,  Colette,  Berthe Bovy ,  M. Laurencin,  Simonne,  S. Valadon,  Yvette Guilbert, G. Casadessus …

[62]… Les Poèmes d’Amour,  le livre-type de l’étoile double,  du l’un pour l’autre,  du l’un par l’autre,  Ivan à Claire,  Claire à Ivan,  Ivan-Claire-Claire-Ivan,  mais un trait d’union,  ce n’est pas assez,  comme on le voit sur le dessin de Chagall,  où finit Claire ?  où commence Ivan ?  Peut-être serait-il encore mieux de dire:  à Claire commence Ivan. Et pourquoi pas en un seul mot:  Claireivan ? …En lisant ces poèmes d’amour on devient amoureux d’eux,  et peut-être jaloux de ceux qui aiment tant … Au plaisir retrouvé dans la relecture des Poèmes d’Amour c’est ajouté pour moi le petit amusement de revivre un instant de la vie littéraire d 'il y a douze ans … à la dernière page,  Ivan Goll annonce la création de la revue:  Surréalisme. C’est à peu près dans le même temps que le même mot était mis sur une autre enseigne. …En tout cas le surréalisme de Goll n’est pas le même que l’autre,  il est certainement celui d’Apollinaire qui trouva ce mot le jour où préparant le programme des Mamelles de Tirésias,  je lui demandai:  <Comment désignons-nous la pièce ?  - Drame.- D’accord,  mais drame tout court ?  - Mettons drame surnaturaliste. Ce n’est pas mon avis,  surnaturalisme peut prêter à confusion,  à cause de "surnaturel "qu’il contient. - C’est vrai, au contraire je veux que reste le caractère humain,  mettons drame … surréaliste >Et c’est ce qui fut imprimé sur le programme.…J’ai l’air de sortir de mon sujet,  mais point du tout,  je suis toujours aux Goll,  puisque cette histoire fait partie de leur activité poétique.

[63]version identique parue dans Le Deuxième Livre de Jean sans Terre à l’exception de l’adjectif “insouciantes” remplacé par “souriantes”

[64]Version inédite ; variantes dans la version parue dans "Deuxième Livre de Jean Sans Terre "

[65] Ce livre console de tant de livres de vers inutiles et par conséquent nuisibles .

Il est encore des hommes qui rêvent . Il est encore des poètes qui donnent forme,  couleur,  et vie aux songes .

Ivan Goll est l'un des plus doués et,  sans doute,  l'un des plus grands . Certains des poèmes de Jean sans Terre,  certains appels au secours ont un accent qui ne trompe pas . Je sais des poètes qui auraient voulu les avoir criés .

[66] version inédite,  très différente de celle publiée en 1936 aux Editions Sagesse sous le même titre

[67]         1) La Chanson de Jean sans Lune p. 9

            2) Jean sans Terre fabricant de nuit p. 13

            3) Jean sans Terre appelle les Cyclopes p. 18

            4) Jean sans Terre épouse la Lune p. 24

            5) Jean sans Terre s'immole au Soleil p. 29

            6) Jean l'Hermaphrodite p. 35

            7) Jean sans Terre maudit l'Automne p. 40

            8) Jean sans Terre devant l'Amour p.46

            9) Jean sans Terre hante le Boulevard p.51

   10) Jean sans Terre Citoyen du Rêve p.56

[68]                                                                                                                                                                                                                 23 juillet 1938

                                                                                                                                             9 h du soir

            Mon Iwan,

            Tu as écrit un jour:

                                   Pour qu’un jour dans notre vieillesse

                                   Nous nous contemplions l’un l’autre

et voici que mon rêve de vieillir ensemble avec toi tombe en poussière. Car on m’a changé mon Iwan d’autrefois. Et,  en ce moment,  où je dois rendre des comptes,  je sens plus fortement que jamais à quel point je n’ai pas du tout changé,  et t’aime encore du bel amour de notre bon vieux temps,  quand tu répondais à mon sentiment avec le sérieux d’une vraie et rare parenté d’âme. Sans égards,  une troisième a plongé un dard dans ce sentiment et m’a,  ce faisant,  poussée dans la mort. Et s’il est vrai que,  dans ces minutes,  je pardonne tout,  je t’adresse cependant une prière sacrée:  ne vis pas avec Paula L. Tu ne peux pas jouir de l’existence avec l’être humain qui me l’a volée,  et qui,  depuis bien des mois,  connaissait l’approche du dénouement inéluctable. Une mauvaise magie s’est abattue sur nous depuis neuf ans,  tu me dois une pénitence pour ces tourments d’une si longue durée que je n’ai plus la force de supporter et qui m’arrachèrent des cris furieux,  au lieu de mots d’amour. Mon chéri,  derrière les cris,  le vieil amour pleurait, 'enfantin,  vindicatif,  buté) au point d’en rendre l’âme. Cette âme veillera sur toi,  l’avenir lui est dû, elle qui n’a pas assez prié. Je construirai autour de toi une prière forte comme une tour. Là-dedans,  elle te trouvera,  la vraie:  la jeune fille qui te donnera l’enfant dont tu as la nostalgie. Sois béni,  Aimé,  pour tes longues années de bonté. Et sois remercié pour tout l’indicible. Ne sois pas triste,  mon grand enfant !  Pense à ton art,  peut-être fera-t-il ton deuil plus profond et plus grand.

            Sois doux envers ta mère,  ne la laisse plus si souvent seule. Elle est une brave femme,  je le sais maintenant,  dans l’instant où l’on sait tout. Embrasse-la pour moi ; une lettre t’attend là-bas chez elle. Et sois paternel pour ma pauvre Doralie.

            Je vais penser à toi avec une tendresse transcendante,  aussi longtemps que je pourrai penser,  et je baise avec dévotion tes chères mains.

                                                           Dans toute l’éternité

                                                                                   Ta Zouzou

Sur l’original de cette lettre (en allemand) donc à Marbach,  Claire a écrit en 1966,  ce qui suit:

Ce soir-là,  je pris du véronal,  car Iwan m’avait dit adieu pour toujours . Deux jours avant,  il était “parti” avec une grande malle et m’avait fait croire qu’il quittait Paris avec Paula Ludwig. En réalité,  il avait été rejoindre une jeune fille pour laquelle il louait,  depuis plusieurs mois,  un petit appartement dans la rue Saint-Louis-en-l’Isle,  à Paris. Le 24 juillet,  de bon matin,  quand il vint prendre en cachette,  son courrier chez notre concierge,  celle-ci lui dit qu’elle était inquiète,  que,  la veille au soir,  j’étais complètement bouleversée. Il se précipita avec elle à l’étage, et ils me trouvèrent.”

Jean Sans Terre veille une Morte

[69] "… C’est en exploitant des ressources analogues à ces dernières' "Chansons "de Philippe Soupault) que,  plus heureux,  Ivan Goll a su maintenir une renommée qui date des mêmes années. Chansons Malaises, le plus exquis de ses livres,  avait marqué un renouvellement de sa manière. Avec Jean sans Terre dont voici le deuxième volume,  nous retrouvons la même poésie primitive et la même simplicité d’écriture dans un chant soutenu,  riche d’une pensée qui ne nuit jamais à la limpidité de la phrase ou à la légèreté du rythme. ”

[70] Ivan Goll nous donne son Jean sans Terre ,  qui est à tous points de vue ,  une œuvre de premier plan . M. Ivan Goll fut,  sinon dadaïste du moins très proche de ce mouvement dont on n'a pas encore fini de délimiter l'influence . Il fut également surréaliste . Autant de titres qui méritent notre attention . Le mythe philosophique sur quoi est fondé Jean sans Terre est déjà beau en soi ; par surcroît,  le rythme qui donne exactement l'impression d'une errance sans fin à travers les mondes et le temps,  est d'une surprenante variété,  et les images surabondent qui sont émouvantes et neuves .

Un ton unique dans la poésie d'aujourd'hui . Il ne nous étonnerait pas si le Jean sans Terre d'Ivan Goll devenait classique,  un jour,  au même titre que l'inoubliable "Ballade du Mal Aimé "de Guillaume Apollinaire .

[71] Sur "La Chanson de Jean sans Terre" et "Deuxième Livre de "Jean sans Terre"

[72]M. Ivan Goll nous donne la complainte de Jean Sans Terre. Le poète est toujours un errant. Ivan Goll,  en sa qualité de Juif,  a doublement senti cette situation. En des rythmes aisés,  en des vers faciles,  mais avec des incidences profondes ou sarcastiques,  M. Ivan Goll nous confie ses émotions: (citation de deux fois 8 vers) … On le voit,  M. Ivan Goll s’est beaucoup assagi.

[73] Les deux derniers quatrains ont été retravaillés avec bonheur dans Le Troisième Livre de Jean sans Terre paru le 29 mars 1939 aux Editions Poésie et Cie,  Paris

[74] repris en partie dans le n° 215 de Cahiers du Sud.

'l'article en question n'est que la copie d'un article de Joë Bousquet sur Eluard paru dans Les Cahiers Libres n° 4-5 août - septembre 1930)

[75] Yanette Delétang-Tardif nous donne p.344-345 une présentation parallèle des deux articles:  celui de Joë Bousquet,  Les Cahiers Libres n° 4-5 août - septembre 1930,  sur Eluard et celui de Roger Maxence,  les Cahiers du Nord n°4 de mars 1939 sur Ivan Goll,  1939 :

Joë Bousquet              et         Roger Maxence :

« Je ne connais pas de poèmes plus clairs que les siens. Il nous donne le dégoût de l'oeuvre où les mots sont …» ces deux textes sont rigoureusement identiques à l'exception des mots changés,  en l’occurrence Goll et Chansons Malaises et que l'article de Roger Maxence est dû à la plume de Joë Bousquet dont il est la copie conforme.

Dans ce même numéro,  Yanette Delétang-Tardif fait état d'une lettre récente de Joë Bousquet écrivant en parlant de Roger Maxence du "méfait de cet étourdi "(! ).

[76]Le même accent personnel donne au deuxième livre de Jean sans Terre,  que vient de publier Ivan Goll tout son efficacité. Là encore on songe au moyen-âge:  aux fabliaux,  aux soties,  aux mystères. La délicatesse s’y mêle à la crudité,  l’ingénuité au cynisme. Et la satire,  plus corrosive,  traitée d’un point de vue plus large,  plus généralement humain,  y aboutit à une émotion métaphysique qui trouve en elle-même son aboutissement. La douleur,  la déception s’y cachent. La rancune s’y abolit. Le doute y recèle des raisons de foi. Certes,  Jean sans Terre,  c’est Ivan Goll. Mais c’est aussi l’homme:  c’est Don Quichotte,  et c’est Don Juan,  c’est Ahasvérus,  c’est le poète. Amant de la lune,  prêtre du soleil,  "citoyen du rêve ",  il transpose,  transmue,  transfigure. Et son alchimie n’est pas seulement verbale. Elle est spirituelle et orgiaque: 

                                               Matière première

                                               Qu’est l’opaque nuit

                                               Jean sait en extraire

                                               D’âpres sous-produits

                                               Vers les stratosphères

                                               Et les gels domptés

                                               Calme Montgolfière

                                               Je me sens monter

L’invention sans cesse renouvelée,  un sens imprévu du pittoresque et une fantaisie toujours sensible triomphent de ce que pourraient comporter de monotonie ces innombrables petits vers de cinq syllabes. Ils sont d’ailleurs étrangement énergétiques,  ces comprimés,  et explosifs,  avec leurs rimes sagement croisées que diversifie le jeu d’un vocabulaire à la fois cocasse et savant.

[77] "Cette Poésie fait de cette région resserrée d’Alsace un symbole de toutes les beautés du monde européen ".

[78] Le texte de cette adaptation ,  l'exemplaire de Jacques Baumer qui jouait le rôle principal ,  est à la Bibliothèque de l'Arsenal référence ":  4- YA 2734 Rad. Du matin à minuit .

[79]         1) Jean sans Terre conduit la Caravane p. 9

            2) Jean sans Terre a le mal de Terre p. 13

            3) Jean sans Terre brave la Tempête p. 17

            4) Jean sans Terre découvre l'Ange p. 21

            5) Jean sans Terre emplit sa Panse p. 25

            6) Jean de la Mort p. 28

            7) Jean sans Fils p. 32

            8) Jean sans Terre veille une Morte p.36

            9) Ci-gît Jean sans Terre p.41

Edition sortie le 29 mars qu'Ivan Goll n'a pas eu le temps de mettre à la vente avant son départ pour les U.S.A. (août 1939). Certains exemplaires ont toutefois été dédicacés:

Alors qu’il n’est annoncé qu’un dessin original de Galanis,  certains exemplaires sont illustrés de deux dessins différents. Les exemplaires n° 317 , 319 et 489 (collection Jean Bertho) font partie de ce second cas, ainsi que l'exemplaire n° 18, avec un poème manuscrit inédit : Sur un dessin de Henri Michaux, répondant à un petit pastel d'Henri Michaux, sur papier noir signé H. M., qui fait partie du fond Yvan et Claire Goll à Saint-Dié des Vosges

[80] Deuxième livre de Jean sans Terre : balbutiements du poète Ivan Goll en petits vers de cinq syllabes groupés en quatrains,  d'un art un peu facile,  courant,  qui se veut populaire et n'existe qu'à cette condition. Le poète y a-t-il atteint ?

Le Troisième livre de Jean sans Terre se compose de poèmes,  m’a - t’il paru,  plus fermes et plus sûrs.

[81] Ne publie que de l'inédit. Le comité de rédaction:  AUDIBERTI,  Théophile Briant,  Louis Chaumeil,  Luc Estang,  Maurice Fombeure,  Léon-Gabriel Gros,  Louis Piechaud. Sur la page de garde,  5 vers de Maïakowski:             Et ça ose se nommer poète !

                        Et ça courcaille comme une caille grise,

                        Alors que de nos jours

                        Il faut,  avec un casse-tête,

                        Tailler dans le crâne du monde.

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Bibliographie Claire et Yvan Goll 39/47

26 août 1939 : Ivan et Claire Goll quittent la France depuis le port de Boulogne à bord du Veendam , bateau Hollandais qui  les mène à New-York le 6 septembre 1939.

Revue du Rhin III, n° 8 - août 1939. Eine Monatsschrift für Kunst und Litteratur.

Ivan Goll : Poème : "La Cathédrale de Strasbourg" [1], p. 44 à 46

Strasbourg : Editions Sébastian Brant.

Centaur, 1-2, sept-oct. 1939

Revue publiée par Girard den Brabander, Wolfgang Cordan et Jac. von Hattum.

p.33 à 37 : Ivan Goll, Revolution der französischen Lyric, suivi du poème

Portrait de Goll par Marc Chagall.

Maastricht, A.M. Stols, 1939

Una gran novelista francesa en la Habana (1940 )

Conférence donnée par Claire Goll sur Rainer-Maria Rilke

Cercle des Amis de la Culture française : Pages choisies d'Ivan et  Claire Goll . Introduction par le Dr. Roberto de la Torre

La Havane, Cuba, 9 mai 1940

The New Republic New-York  (1940 )

Aufbau n°15 -12 avril 1940 - Nachrichtenblatt des German Jewish Club, Inc.

Ivan Goll : Und die Nachtigallen singen doch p.18 [2]

New-York

Espuela de Plata. April-Juli 1940. Cuarderno bimestral de Arte y Poesia.

Ivan Goll : Jean sans Terre à Cuba p.1-2

Dir. J.L.Lima, G.P. Cisneros et al.

La Habana, Cuba

Partisan Review VII, n°4 - juillet - août 1940

p.290 à 293 : Ivan Goll : Jean sans Terre traverse l'Atlantique, John Landless Crosses the Atlantic. Edition bilingue (trad. anglaise par Clark Mills et Ivan Goll). Suivi de A note on Jean sans Terre par Louise Bogan p. 294-295.

Ed: F.W. Duper, Dwight Mac Donald, George L.K. Morris, William Phillips, Philip Rahv. New-York, 1940

                        

The Nation 151-n°41 (hebdomadaire) : 28 Sept. 1940 :

Ivan Goll, * Chanson de France Nous n'irons plus au bois ma belle [3], p.274

Aufbau  n° 49 -13 décembre 1940  - Nachrichtenblatt des German Jewish Club, Inc.

Ivan Goll : Jean sans Terre a le mal de Terre p. 8

New-York

Saturday Review of Literature (1940)

Poème de Jean sans Terre d'Ivan Goll

Poetry : un poème de Goll traduit par Clark Mills

Chicago, 1940

Ivan Goll : * Chansons de France, dessin de Fernand Léger 12 p.- couv. ill. en couleur, 25 cm. (700 copies numérotées)

Poets' Messages, The Gotham Book Mart, New-York 1940

View - Décembre/Janvier 1941 page 4 : Ivan Goll écrit : [4]

New York

The Nation - 152- n° 1 - 4 Janvier 1941 :

Ivan Goll, John Landless Circles The Earth Seven Times, (Jean sans Terre fait sept fois le Tour de la Terre) traduit par William Carlos Williams p. 23 / 24

13 janvier 1941 mort de James Joyce à Zurich

Aufbau II - n° 3 - 17 janvier 1941.  - Nachrichtenblatt des German Jewish Club, Inc.

Ivan Goll : Odysseus Joyce [5]p.5 (j'en ai la traduction)

New-York 1941

The Nation - 152- n°5 -1 février 1941 : Ivan Goll, Elégie pour James Joyce p. 133

Ivan Goll, John Landless at the final Port, traduction de William Carlos Williams

Diogenes n° 2, février 1941: Trois poèmes de Goll

Kansas City, Missouri

Aufbau II - février 1941 (Hebdomadaire) - Nachrichtenblatt des German Jewish Club, Inc.

Ivan Goll : article sur James Joyce in Pumps (j'en ai la traduction)

New York

The Shangaï Jewish Chronicle 12 avril 1941-

Ivan Goll : James Joyce. Ein Nachruf auf den grossen irischen Dichter p. 8

Books Abroad, Avril 1941 : Roditi sur "Chansons de France"

Providence Journal, Mai 1941 : Ivan Goll : John Landless mours for one dead

Jean sans Terre veille une morte, traduction de Clark Mills.

Providence R.I. mai 41 : Jean Sans Terre at the edge of the road, J.S.T. au bord de la route, traduction de Clark Mills.

Decision, août 1941. Direct. Klaus Mann. à compléter

USA

Decision, nov. 1941. Direct. Klaus Mann. Claire Goll : Audiberti & un poème traduit par Clark Mills, Ivan Goll : poème.

La Voix de France bimensuel - Nouvelle série n° 4 - 1 novembre 1941- New-York.

Rédacteur en chef : Robert Goffin 12 pages:

p.5 : Arthur Rimbaud, poème d'Ivan Goll (24 vers)

France Forever 1er Nov. 1941 : Poème de Goll

Claire Goll : Education barbare, Roman . In-16, 243 p.

Ce livre, le   ème de la Collection  "Voix de France" a été tiré à 250 exemplaires : 50   exemplaires sur Papier Text numérotés de 1 à 50 et 200 exemplaires sur Papier Corsican numérotés de 51 à 250   

Editions de la Maison Française , New-York  1941

Ivan Goll : * La Cancion de Juan sin Tierra

Traduction espagnole de Manuel Altolaguirre y Bernardo Clariana - 14 cm.- 83 p.

Coleccion "el ciervo herido" . La Habana (Cuba) 1941.

Claire Goll : Le Tombeau des Amants inconnus .Roman ( in-16, 182 p.)

Ce livre, le 5 ème de la Collection  "Voix de France" a été tiré à 250 exemplaires :

50 exemplaires sur Papier Text numérotés de 1à 50 et 200 exemplaires sur Papier Corsican numérotés de 51à 250

Editions de la Maison Française , New-York  1941

Les Lettres en Alsace : Ivan Goll * La mère du Soldat, p.478

Tirage à part, extrait de "Les Lettres en Alsace" - 24 cm., 1p.

Strasbourg, Librairie Istra, 1941.

Les Allemands : Emil Ludwig Traduction de Jean Longeville [6]

French & European Publications N.Y. 1941

La Voix de France Nouvelle série n°6 -1 décembre 1941.

Numéro spécial de pages consacré à Charles de Gaulle.

Ivan Goll : Vogue Galère "Paris"(56 vers)

New Direction in Poetry and Prose

Ivan Goll : Jean sans Terre découvre le Pôle ouest p.483/484

Ed. James Laughlin . Norfolk - Connecticut(1941)

Vice Versa. 1. n°2 : Jean sans Terre et son ombre p.10/12

Ed. Harry Brown and Dunstan Thompson. New York.1941

La Voix de France bimensuel -n° 8 -1er janvier 1942

Ivan Goll : Ballade de Jean l'Apatride p. 5

American Scholar 11 - n° 4 (1942) -

A Quarterly for the indépendant thinker (Phi Beta Kappa)

Ivan Goll :Jean sans Terre devant le Printemps et la Mort, Jean sans Terre fait sept fois le tour de la Terre, p. 427, Ballade de Jean l'Apatride p.432, Jean sans Terre sur les Cimes, p.434, Jean sans Terre achète Manhattan (44 vers) p.436

New York

La Voix de France bimensuel -n° 10 - 1er Février 1942 :

Ivan Goll, Chant des Invaincus (Nous buvons le lait noir, 24 vers), p.11.

Pour la Victoire, 14 Février 1942, New-York City : Ivan Goll : Poètes en exil, page 6

Amérique Française 1 - n° 3 (Revue littéraire) Dir. Pierre Baillargeon.

Ivan Goll : Jean sans Terre devant le Miroir, page 1 à 5

Montréal. 1942

La Voix de France, Nouvelle série.  - n° 13 - 15 mars 1942 :

La page de la Poésie : Ivan Goll : La Cathédrale de Strasbourg (titre : Jean sans Terre s'agenouille devant La Cathédrale de Strasbourg), page 5

15 mars 1942 : lettre de Goll à Breton [7]

La Voix de France Nouvelle série n° 16 -1er mai 1942 :

Cinéma par Claire Goll, page 9, avec en milieu de page deux dessins de Fernand Léger légendés :

Nous sommes heureux de reproduire deux dessins devenus classiques, de notre collaborateur Fernand Léger, qui illustrèrent, il y a quelques années,  "La Chaplinade" de notre ami Ivan Goll.

La Voix de France Nouvelle série n° 17 -15 mai 1942 : numéro spécial de 26 pages :

Hommage à l'Amérique :

l'Amérique aux sources de la Poésie par Yvan Goll, page 14

Jean sans Terre achète Manhattan (44 vers) par Yvan Goll, page 15

Cinéma par Claire Goll, avec une reproduction photographique de son visage, page 20

Ivan Goll : Jean sans terre nettoyé par le vide - Landless John cleansed by the void. Poème en édition bilingue, Traduction anglaise par Clark Mills, avec une eau-forte

(40 ex.) signée de Kurt Seligmann - 2 f.- 1 f. de pl.: couv. ill. - 38 cm.

New-York, Tandem Editions - Nierendorf Galeries 1942

Ivan Goll : * Songs of a Malay girl, Translated by (traduit par ) Clark Mills [8].

16 p. - 19 cm. - 200 ex..

The Swallow pamphlets 5.

Albuquerque (New Mexico), Allan Swallow Press, 1942

Claire Goll : My Sentimental Zoo  ( Nouvelles ) Translated by May de Huyn, decorated by Paul Mc Pharlin .

1000 exemplaires imprimés sur Special Peter Pauper - 126 pages .

Peter Pauper Press, Mount Vernon - New-York 1942

La Voix de France Nouvelle série n° 20 -1er/15 août 1942 : 12 pages

Poèmes américains traduits par Ivan Goll, page 9 :Valmondois (Clark Mills),

Le Roi des Ténèbres & Qui possède un royaume (Kenneth Patchen)

Cinéma par Claire Goll, page 10

Accent (vers 15 août 1942) : poème de Goll : Landless John cleansed by the Void

New-York 1942

Lettres Françaises de Buenos Aires - n° 6 -1er novembre 1942 : Dir. Roger Caillois.

Yvan Goll, Jean sans Terre et son ombre (40 vers), page 26/27, Jean sans Terre prend un bain de sang ( 36 vers), p.27/28

La Voix de France : Deuxième année n° 2 - mardi 3 novembre 1942. New-York

Rédacteur en chef : Henri Torrès (10 pages avec un changement complet de présentation)

p 4 : Le temps n'est pas pour nous, de John Latouche, traduit de l'anglais par Yvan Goll

La page 10 de La Voix de France devient

La Voix de Belgique : Rédacteur en chef : Robert Goffin.

La Voix de France : Deuxième année n° 4 - mardi 1er décembre 1942. New-York

Rédacteur en chef : Henri Torrès

page 4, Yvan Goll : La Grande misère de la France (48 vers) 

page 5, Quatre films de Guerre : Claire Goll

Franz Werfel : Le Chant de Bernadette, roman d'une destinée merveilleuse, traduit de l'allemand par Yvan Goll, cop. 1942. 20 cm. 469 p.  (8°)

Editions de la Maison Française, New-York.

La Voix de France : Deuxième année n° 5 - jeudi 17 décembre 1942. New-York

Rédacteur en chef : Henri Torrès

page 4 : Franz Werfel, Le Chant de Bernadette, traduction d'Ivan Goll …[9]

page 5 Terre Ravagée — Casablanca

Deux films — Deux Mondes : Claire Goll

The Torch of Freedom, Twenty exiles of history :

p.61 à 77 : Yvan Goll, Voltaire

Emil Ludwig et Henry B. Kranz, New-York — Toronto, Farrar et Rinehart 1943

Ecrivains et Poètes des Etats-Unis d'Amérique : 39 Poètes : Agee James, Aiken Conrad, Bogan Louise, Caldwel Erskine, Crane Hart, Crapsey Adelaide, Crowe Ransom John, Cummings E.E., Eliot T.S. (p.164-165, Trad. Ivan Goll ), Faulkner William, Frost Robert, Gide André, Green Julien, Gregory Horace, Hagedorn Hermann, Hemingway Ernest, Hillyer Robert, Hugues Langston, Jeffers Robinson, Laughlin James, Lindsay Vachel, Macleisch Archibald p.174-175 Trad. Ivan Goll, Miller Henry, Moore Marianne, Patchen Kenneth, Prokosch Frédéric p.200 Trad. Ivan Goll, Putnam H. Phelps, Ridge Lola, Rougemont Denis de, Sandburg Karl p.182 Trad. Ivan Goll, Saroyan William, Stein Gertrude, Steinbeck John, Stevens Wallace, Tate Allen, Teasdeale Sara, Van Doren Mark, Wahl Jean, Williams William Carlos et 14 Traducteurs : Aaigui Mme la Baronne de, Bespalof Rachel, Bokanovski Hélène, Chareau Dolly, Coindreau Maurice Edgard, Dugan Pierre, Duthuit Georges, Goll Ivan, Jolas Eugène, Lebel Robert, Roditi Edouard, Rollin Jean, Wahl Jean, Yourcenar Marguerite.

n° 27-28 de la Revue Fontaine Edition d'Alger Août 1943

- Fontaine, Paris 1945

The Heart of Europe (Le Coeur de l'Europe), An Anthology of creative writting in Europe 1920-1940. Edited by Klaus Mann u. H. Kesten with introduction by Dorothy Canfield Fischer. Section française : Introduction par Yvan Goll [10], p.3 ; Paul Valéry, Romain Rolland, André Gide, Marcel Proust, Maurice Martin du Gard, Paul Claudel, Valéry Larbaud, Jules Romains, Georges Duhamel, H. de Montherlant, Julien Green, François Mauriac, Louis Aragon, André Malraux, Paul Eluard, Jean Giraudoux, Yvan Goll : John Landless Leads the Caravan p.113, Antoine de Saint - Exupéry, Jacques Maritain, Jean Cocteau, Georges Bernanos, (970 p.)

New-York, L. B. Fischer 1943                                       

Emil Ludwig : Beethoven, Traduction française de Jean Longeville.[11]

French & European Publications N.Y. 1943 -

Yvan Goll :* Croix de Lorraine,

Poème calligraphié par Thomas Naegele. 1 ff. 28 cm.

Ed. Lucien Vogel - France Forever 1943

Hémisphères n° 1 - Eté 1943 : Directeur Yvan Goll. Saint-John Perse, Roger Caillois, George Barker, Charles Henri Ford, William Carlos Williams, Kenneth Patchen, Dunstan Thompson, Parker Tyler, Yvan Goll * Elégie d'Ihpétonga p.43-44-45, Alain Bosquet, Robert Lebel. 23 cm. - 64 p.

Editions Hémisphères, New - York. 1943

France Amérique XI ème Année - n° 531 - Dimanche 14 Novembre 1943 : (12 pages)

en première page : Grand Cortège de la Résistance en l'an mille neuf cent misère  (45 vers) Yvan Goll page 1

en page 7 : Sur l'Ecran par Claire Goll

France Amérique XI ème Année - n° 537 - Dimanche 26 Décembre 1943 : (12 pages)

en première page : Le Christ à l'Auréole de Phosphore [12] Yvan Goll (21 vers)

en page 8 : Sur l'Ecran par Claire Goll

Hémisphères n° 2-3 - Automne / Hiver 1943 / 44 : Directeur Yvan Goll.

1) Découverte des Tropiques : André Breton [13], Aimé Césaire, André Masson, Yvan Goll, corbeille de fruits [14] p.22, 23, 24 et Vénus Cubaine p.25, 26, 27 ; Nicolas Guillen, Emilio Ballagas

2) Prose of Poets : Henry Miller, Vive la France [15]; Claire Goll : Blanchisserie Chinoise

3) Between the Tropics : Poems and Prose by Philip Lamantia, John Latouche, Charles Dhuits, Jean Malaquais, Roger Caillois, Ramon Sartoris, Ste Croix Loyseau, Alain Bosquet

4 dessins d'André Masson - 23 cm. - 74 p. (8)

Editions Hémisphères, New - York. 1943

France Amérique XI ème année - 6 février 1944 - n° 543 :

Ivan Goll : Vin de Guerre (Vendanges 1943 - 36 vers) page 6

en page 5 : Sur l'Ecran par Claire Goll

Lettre du 16 avril 1944 à Max-Pol Fouchet :[16] 

Tropiques n°11 - mai 1944- Revue Culturelle (Trimestrielle) ; Sommaire:

Etiemble, Aimé Césaire, André Breton : Un grand poète noir, René Ménil : Les livres, les revues[17] p. 151/152

Fort-de-France, Martinique

Ivan Goll : Lucifer vieillissant

Montréal, Editions Variété 1944

France Amérique XI ème Année - n° 557 - Dimanche 14  Mai 1944 : (10 pages)

en page 5 : Sur l'Ecran par Claire Goll

page 6 : Chronique des Livres : Ivan Goll - Lucifer Vieillissant (138 pages) Ed. Corréa, Paris - Ed. Variété - Montréal — Hémisphères I-II-III, Revue franco-américaine de Poésie, directeur Ivan Goll (deux colonnes d'analyse critique signée P.A.W.)

Lettre d'Yvan Goll à Alain Bosquet du 18 mai 1944 [18]

Lettre d'Alain Bosquet à Yvan Goll le 22 mai 44 [19]

Circle, I - n°3, Revue artistique et littéraire - Ed. George Leite.

p.17-18 : Yvan Goll : Histoire de Parmenia l'havanaise, dédié à Henry Miller

Berkeley, Californie  (1944) 

Fontaine, Revue mensuelle de la Poésie et des Lettres Françaises, 5è année - n° 34

Directeur : Max-Pol Fouchet : Pierre Jean Jouve, Comte Sforza, André Rousseaux, Saint-John Perse : "Pluies", Roger Caillois: Sur l'art de Saint-John Perse [20], p.406, Yvan Goll :* Grand Cortège de la Résistance en l'an Mille neuf cent Misère 

(p.379-380), Clément Dane, Max Jacob.

Alger, 1944

Lettre du 15 août 44 de Goll à Henri Miller : [21]

Yvan Goll : * Landless John - Jean Sans Terre. Préface d'Allen Tate (1943). Traduction anglaise par Lionel Abel, William Carlos Williams, Clark Mills, John Gould Flechter. Edition de luxe 175 copies hand-set, hand-printed in three colors, avec 2 dessins originaux d'Eugène Berman, pagination double Texte français imprimé en rouge avec, en regard, le texte anglais imprimé en noir.- 2 f. d'ill.; 39 cm. - 30p.

San Francisco - The Grabhorn Press 1944

Hémisphères n° 4, 1944 - Directeur Yvan Goll :

Trois dialogues : Denis de Rougemont, Jean Malaquais, Alain Bosquet.

Charles Dhuits, Aimé Césaire, Nicolas Calas, Wallace Fowlie. New American Poetry,

un dessin de Wilfredo Lam - 23 cm. - 64 p.

Editions de la Maison Française, New-York.

The American Scolar  (1944) : A Yvan Goll, « Jean sans Terre » [22]

Aufbau - IV - 1/8/1944 - Nachrichtenblatt des German Jewish Club, Inc.

Grand cortège de la Résistance de l'an mille neuf cent Misère, poème d'Y. Goll p.32

New York

Les Oeuvres Nouvelles IV  n°97 ( 267 p. ) : Pierre Viré, Wallace Fowlie, Claire Goll : (L'Inconnue de la Seine, Le dîner de 500 francs, deux nouvelles p.119 à 186), Maurice Vittone .

Editions de la Maison Française New-York 1944

Rainer Maria Rilke : Briefe an eine Freundin, 1918-1925 .Herausgegeben von Richard von Mises .Copyright Herbert Steiner Publisher .

Victor & Hammer, Wells College Press, Aurora, New-York 1944

Anthologie de la Poésie française moderne : Préface Roger Caillois

Yvan Goll : Soleil p.644

Editions de l'Amateur, Buenos Aires, 1945 Editeur : Valentina Bastos.

Hémisphères n° 5, Printemps 1945 - Directeur Yvan Goll .

Magie et Poésie : Yvan Goll * Les Cercles Magiques p.3 à 5, Dr. Pierre Mabille, Kurt Seligmann, Johannes Urzidil, Denis de Rougemont, Charles Dhuits, Philip Lamantia, Mark Schorer, Joseph L. Blau, H.E. Jacob, Edouard Roditi, Ernest Harms. - 18 illustrations - 23 cm. - 80 p.

Editions de la Maison Française, New-York.

France Amérique XII ème Année - n° 606 - Dimanche 22 Avril 1945 :

Vision de Roosevelt par Yvan Goll (poème inédit) page 1

La Nouvelle Relève, vol. IV, n°2, Juin 1945 Directeurs : Claude Hurtubise et Robert Charbonneau. Textes de Saint-John Perse, ( Poème à l'Etrangère )Yvan Goll : Vénus arborescente p. 105-106 ( 33 vers ), Auguste Viatte, Simone Beaulieu .

Montréal 1945

28 juillet 1945 lettre de Goll à Oscar Roos [23]

Edouard Roditi : "The Poetry of Yvan Goll" Studie.

Diogenes, Cincinnati 1945

France Amérique XII ème Année - n° 638 - Dimanche 2 Décembre 1945 (12 pages)

en page 8 : Sur l'Ecran par Claire Goll

en page 11 : Le Courrier des Arts : Art fantastique par Yvan Goll

France Amérique XII ème Année - n° 642 - Dimanche 30 Décembre 1945:

(ce numéro manque à la B.N.)

Claire Goll :  Arsenic, roman ( "Un crime en Province" )  in -16, 235 p.

Editions Variétés, Dussault et Péladeau, Montréal 1945

Paru, janvier 1946

Note de R.C. sur Arsenic, roman de Claire Goll, Editions Variétés, Montréal

France Amérique n° 643 - Dimanche 6 janv. 1946 (12 pages) :

en page 6 : Sur l'Ecran par Claire Goll

en page 11, Courrier des Arts par Ivan Goll : Allen Ullmann (Norlyst Gallery)

France Amérique n° 645 -20 janv. 1946 :

en page 7 : Sur l'Ecran par Claire Goll

Courrier des Arts par Ivan Goll : David Smith (Galerie Bucholtz)

France Amérique n° 646 - 27 janv. 1946 :

en page 6 : Nouvelle inédite de Claire Goll : Les Barricades Mystérieuses

en page 7 : Sur l'Ecran par Claire Goll

Courrier des Arts par Ivan Goll : Peintures religieuses modernes (Durand Ruel) p.11

Centaur I - n° 5, février 1946 .Internationaal Culureel Maandblad [24].

Cordan, Vestdijk, Presser e.a.( Hrsg.)

Yvan Goll : "Atom Elegy " p.221

Amsterdam, W. L. Salm & Co. Gr. 8°,pages 177 à 240, 1946

France Amérique n° 647 - 3 février 1946 :

en page 3 : suite de la Nouvelle de Claire Goll : Les Barricades Mystérieuses

en page 7 : Sur l'Ecran par Claire Goll

Courrier des Arts par Ivan Goll : Galerie Neuf (Frances Wood) page 11

France Amérique n° 648 - 10 février. 1946

en page 6 : Les Barricades Mystérieuses de Claire Goll, suite

en page 7 : Sur l'Ecran par Claire Goll

Courrier des Arts par Ivan Goll [25] : Alexandra Pregel page 11

France Amérique n° 649 - 17 février. 1946 :

en page 3: Les Barricades Mystérieuses de Claire Goll, suite

en page 7 : Sur l'Ecran par Claire Goll

en page 7 : Courrier des Arts par Ivan Goll : An American Place

France Amérique n° 650 - 24 février. 1946 :

en page 3: Les Barricades Mystérieuses de Claire Goll, suite et Fin

en page 7 : Sur l'Ecran par Claire Goll

en page 7 : Courrier des Arts par Ivan Goll : Marc Chagall - Galerie Matisse [26]

Poème (35 vers)

France Amérique n° 651 - 3 mars. 1946 :

page 7 : Sur l'Ecran par Claire Goll

page 11- Courrier des Arts par Ivan Goll : l'Art océanien (Museum of  Modern Art)

France Amérique n° 652 - 10 mars 1946 :

page 11 - Courrier des Arts par Ivan Goll : Angna Enters (Newhouse Gallery)

France Amérique n° 653 - 17 mars 1946 :

page 4 : Sur l'Ecran par Claire Goll

page 11 - Courrier des Arts par Ivan Goll : Enrico Donati (Galerie Durand - Ruel)

France Amérique n° 654 - 24 mars 1946 :

page 7 : Sur l'Ecran par Claire Goll

Courrier des Arts par Ivan Goll : Jean Lurçat - Galerie Bignon

France Amérique n° 655 - 30 mars 1946 :

page 7 : Sur l'Ecran par Claire Goll

page 11 - Courrier des Arts par Ivan Goll : Eugène Berman (Galerie Julien Levi)

Hémisphères n° 6 - Mars 1946 (Directeur Yvan Goll) Nicolas Calas, Yvan Goll : Atom Elegy p.14/15/16, John Urzidil, George Leite, H. Roskolenko, Robert Lebel, Julien Gracq, André Frenaud, J.G. Rueff, P. Waldberg, Guillevic, Pierre Seghers, Loys Masson, Alain Bosquet, Robert Goffin . 2 dessins inédits d'Yves Tanguy, 23 cm., 64 p.

Editions de la Maison Française, New-York

France Amérique n° 656 - 7 avril 1946 :

Courrier des Arts : Ivan Goll : Ozenfant (Galerie Passedoit) p. 2

France Amérique n° 657 - 14 avril 1946 :

page 7 : Sur l'Ecran par Claire Goll

page 12 - Courrier des Arts : Ivan Goll : Fresques de Vertès

France Amérique n° 658 - 21 avril 1946 :

page 7 : Sur l'Ecran par Claire Goll

page 11 - Courrier des Arts : Ivan Goll : Débutants

France Amérique n° 660 - 5 mai 1946 : (4 pages) [27]

page 2 - Courrier des Arts : Ivan Goll : Reynold Arnould (Galerie Passedoit)[28]

France Amérique XII ème année n° 661 - 12 mai 1946 (3ème et dernier numéro à 4 pages)

France Amérique XIII ème année - Nouvelle série n° 1 - dimanche 19 mai 1946 (16 pages)Directeur : Michel Pobers, Directeur Politique : Henry Torrès

page 13, Ivan Goll : Les expositions : Braque à la Galerie Rosenberg

également page 13 : A l'écran, Claire Goll

France Amérique Nouvelle série n° 2 - dimanche 26 mai 1946 (12 pages)

page 6, Ivan Goll : Peintures françaises à la Galerie Wildenstein

France Amérique XIII ème Année - Nouvelle série n° 3 - Dimanche 2 juin 1946

(12 pages) page 9 - Ivan Goll : Les Expositions [29]

également page 9 : A l'écran, Claire Goll

France Amérique XIII ème Année - n° 5 - Dimanche 16 juin 1946

page 7 : Cent chefs d'œuvres de l'Ecole de Paris par André Bay

page 9 : A l'écran, Claire Goll

Fruit from Saturn    , Poems by Yvan Goll            : Atom Elegy p.11, The Magic Circles p.23, Lilith p. 29, Raziel p.35, Peach Elegy, p. 41, The Eye of Eyes p. 47  (53 p.)

Hémisphères Editions, New-York - juin 1946

                        

Accent Anthology

New-York 1946

Centaur I - n° 9, Juin 1946

Yvan Goll : A Marc Chagall, Poème. Illustration de Marc Chagall.p.449-450

Maastricht, A.M. Stols, 1946

France Amérique XIII ème Année - n° 10 - Dimanche 21 juillet 1946

page 9 : A l'écran, Claire Goll

également page 9, Ivan Goll [30]: Les Expositions

La Nouvelle Relève, Septembre1946, vol. V, n°4.

Louis-Marcel Raymond : La vie et l'oeuvre d'Yvan Goll p.289 à 309.

Yvan Goll, Poèmes : France 1940 "Nous n'irons plus au bois ma belle" [31] p. 310 à 312,

Chanson de la Galère "Paris" p.312/313, Terre de France p.313/315, Joseph Peyre, Philippe de Vendeuvre, Paul-André Lesort.

Montréal 1946

La Nouvelle Relève, octobre 1946 vol. V, n° 5.

Yvan Goll : Identité de Jean sans Terre - Identity of Landless John p. 432, Jean sans Terre le double - Landless John the double man, p. 433, Jean sans Terre aborde au dernier port p.434

Montréal 1946

La Nouvelle Relève, novembre 1946 vol. V, n° 6.  à vérifier

France Amérique XIII ème Année - n° 21 - Dimanche 6 octobre 1946

page 9 : A l'écran, Claire Goll

Yvan Goll : Peinture et Cinéma : La Tentation des peintres, également page 9

France Amérique XIII ème Année - n° 23 - Dimanche 20 octobre 1946

page 9 : A l'écran, Claire Goll

Yvan Goll : Dessins et aquarelles de Rodin à la Galerie Buchholz également page 9

France Amérique XIII ème Année - n° 25 - Dimanche 3 novembre 1946

page 7, Yvan Goll : Toulouse-Lautrec à la Galerie Wildenstein [32]

page 9 : A l'écran, Claire Goll

France Amérique XIII ème Année - n° 26 - Dimanche 10 novembre 1946

page 9 : A l'écran, Claire Goll

également page 9, Yvan Goll : Dans les Galeries

France Amérique XIII ème Année - n° 31 - Dimanche 15 décembre 1946

page 7 : Yvan Goll : Enluminures françaises à New-York

page 9 : A l'écran, Claire Goll

France Amérique XIII ème Année - n° 32 - Dimanche 22 décembre 1946

page 13 : A l'écran, Claire Goll

également page 13, Yvan Goll : 57ème rue : rue de France

Claire Goll : Diary of a horse, with four original drawings by Marc Chagall .

300 ex. numérotés de 1à 300 sur Ticonderoga Paper et 20 ex. numérotés de I à XX sur Canson et Montgolfier Paper signés par l'auteur .

Editions Hémisphères,  New-York 1946 ( 24 p. ill.  30 cm. )

Contes et Légendes Russes, par Claire Goll, illustrations de Jean Simard

55 p.+1 (4) f. de pl. en coul. couv. ill., 26 cm.

Editions Variétés, Montréal, Canada 1946 -

Yvan Goll : Jean sans Terre

Editions de l'Arbre, Montréal 1946

Circle, III - n°, Revue artistique et littéraire - Ed. George Leite.

Berkeley, Californie  (1946) à compléter

Erich Maria Remarque : Arc de Triomphe traduction d'Yvan Goll

Editions Méditerranéennes 1946

Journal des Poètes 17ème année (mensuel) n° 1 - janvier 1947 :

Croix de Lorraine, poème d'Yvan Goll, calligraphié par Thomas Naegele, édité par Lucien Vogel p.1,Yvan Goll : Le Christ à l'auréole de Phosphore, poème

Claire et Yvan Goll en Poésie par Pierre-Louis Flouquet [33] p.1/2,

Yvan Goll : Grand cortège de la Résistance de l'an mille neuf cent Misère, p..2

The Saturday Review of Literature - 4 January 1947 .  French Poets in English : Fruit from Saturn by Yvan Goll , reviewed by Jeremy Ingals, p.24

8 janvier 1947, lettre de René de Berval à Yvan Goll [34]

Aimé Césaire : Cahiers d'un Retour au Pays natal, édition bilingue, traduction Yvan Goll et Lionel Abel ; introduction d'André Breton [35]

Brentano' s Editions, New-York 1947

France Amérique XIV ème Année - n° 38 - Dimanche 2 février 1947

Yvan Goll - Sept Salons d'Automne en un

France Amérique XIV ème Année - n° 46 - Dimanche 30 Mars 1947

en page 8 : Courrier des Arts : Yvan Goll : Rouault à la Galerie Matisse

France Amérique XIV ème Année - n° 47 - Dimanche 6 Avril 1947 (12 pages)

Courrier des Arts : Yvan Goll (page 9) Cézanne à la Galerie Wildenstein

France Amérique XIV ème Année - n° 51 - Dimanche 4 mai 1947

Courrier des Arts : Yvan Goll - Tableaux Français à la Galerie Douthitt

·      reste à classer dans "France Amérique"(la B.N. a de très nombreux manques) :

·      Chirico Renegat

·      Chronique des Arts : Peinture Française du XX ème siècle (Columbia University)

·      - Chronique des Arts : Salvador Dali (Galerie Bignon)

·      Chronique des Arts / David Aronson

·      - Dans les Galeries : Juan Gris - Robert Berthelot

·      - Dans les Galeries d''Art : (La France maintient son règne dans la 57ème …)

·      Festival Français par Yvan Goll

·      - La Photographie est un Art (Henri Cartier - Bresson)

·      Léon Kroll à la Galerie French & Co

·      Le petit-fils de Victor Hugo expose à Manhattan

·      Marc Chagall à la Galerie Matisse

·      Paul Delvaux à la Galerie Julien Levy

·      - Peintres de la Provence

·      Picasso 1947

·      - Dans les Galeries : Présence de la France

·      Seurat à la Galerie Bucholz

·      Chronique des Arts : Deux fois Takal ( décembre 1946)

·      Yves Tanguy

·      - Trois peintres : Sigmund Menkès, Mane-Katz, Bernard Lamotte

·      - Naissance du Cubisme       

·       - Les Douze Apôtres à New - York

·      Salvador Dali  (1)

·      Salvador Dali (2)

·      Salvador Dali (3)

·      Chronique des Arts : Salvador Dali, Galerie Bignou (4)

Aufbau VII -  9 mai 1947 - Nachrichtenblatt des German Jewish Club, Inc.

Yvan Goll : Fritz von Unruh neues Werk :The End is not yet, Storm Publishers,

New-York, 1947.

Terres Latines (Tierras Latinas) n°7 / Printemps 1947

Yvan Goll : Page 58 à 65 : Le Mythe de la Roche Perçée

Mexico 1947

Mai 47 départ de Claire et d'Yvan de New-York


[1] Ecrit par une nuit d’automne de 1938,  de passage à Strasbourg,  entre le train du soir et celui du matin

[2] Hebdomadaire de langue allemande à New-York

[3] Ecrit le 25 juin 1940

                                                Chanson de France      

Nous n'irons plus au bois ma belle                            Taureau chassé des pâturages   

Les lauriers sont coupés les ponts                             Et du silence paternel              

Aussi:  les arcs-en-ciel                                                                                                                                                                                Devant la pourpre de l'outrage   

Et même le Pont d'Avignon.                                                                                                                                                                      Perd tout son sang au grand soleil.

    

Jeanne d'Arc mortelle statue                                     Il perd son sang par ses fontaines   

Un peu de bronze ensanglanté                                  Par ses veines par ses ruisseaux

Dans cette France qui s'est tue                                  Il perd son sang par l'Oise et l'Aisne

Ton coeur a cessé de chanter.                                    Par ses jets d'eau par ses naseaux.

Jeanne dans sa jupe de bure                                      Les douze soeurs de ses rivières

Assise sous les framboisiers                                      Aux bras cambrés aux noeuds coulants

Se prépare une confiture                                           Dénouent leurs lacets et lanières   

Avec du sang de cuirassiers.                                     Pour se jeter à l'océan.   

La poule noire des nuages                                         Buvez buvez guerriers ivrognes   

Pond les oeufs pourris de la mort                              Les vins fermentés de la peur   

Les coqs éplumés des villages                                   Les sangs tournés de la Bourgogne   

N'annoncent que les vents du Nord.                         Les alcools amers du malheur.

    

Car l'aube avait du plomb dans l'aile                         Les bières gueuses de la Meuse   

Et le soleil est un obus                                               Et les vins platinés du Rhin   

Qui fait sauter les citadelles                                      Les sources saintes des Chartreuses   

Et les lilas sur les talus.                                              Et les absinthes du chagrin.

         

Le ciel de France est noirci d'aigles                          Les larmes qui de chaque porte   

De lémures et de corbeaux                                        Ont débordé sur le pays   

Ses soldats couchés dans les seigles                          Les eaux de vie et les eaux mortes   

Ignorent qu'ils sont des héros.                                   Grisantes comme le vin gris., 

Ni Chartres ni Rouen ni Bruges                                Nous n'irons plus au bois ma belle    

N'ont assez d'anges dans leurs tours                         Les lauriers sont coupés les ponts    

Pour lutter contre le déluge                                       Aussi : les arcs-en-ciel    

Et les escadres de vautours.                                      Et même le Pont d'Avignon.

      

                                               écrit le 25 juin 1940

[4] « Je suis né à Saint - Dié, (Vosges, France), d'un père alsacien et d'une mère lorraine, c'est à dire en constante contradiction avec moi-même, avec l'Est et l'Ouest.

J'ai passé la plus grande partie de ma vie à Paris, en menant avec ma femme Claire une pure existence de poète . J'ai contribué à la destruction du capitalisme, en vivant des rentes de mes parents, sans rien y ajouter par mon travail .

En été 1939, je suis venu aux Etats-Unis, apportant comme tout bagage les 3 plaquettes de " Jean sans Terre ", des "Chansons Malaises", une prose poétique "Lucifer Vieillissant" . Ici en Amérique, je continue "Jean sans Terre" et la résistance passive du poète. »            (Ms 584 G FF. 83)

[5] James Joyce meurt le 13 janvier 1941 à Zurich

[6] pseudonyme d'Yvan Goll pour signer cette traduction de style "alimentaire ". Les droits de cette traduction seront achetés par Flammarion en 1945 et l’ouvrage paraîtra en 1948 sous le titre “ Histoire des Allemands “.

[7]                                              André Breton,

Si ce n’était qu’au nom des larmes d’une douce petite fille qui dut quitter une maison amie, parce que mon nom fut prononcé,

J’affronterais votre mépris, en vous écrivant cette lettre,

Mais c’est pour des larmes bien plus amères encore plus douloureuses et plus conscientes, quoique invisibles, que j’ai réprimées pendant longtemps, souvent versées, en songeant au coup de poing de la Comédie des Champs-Elysées que vous avez invoqué hier soir ;

Je peux vous le dire maintenant, après plus de dix ans : ce coup est le seul, que j’aie jamais donné à un être humain, et ce coup est sûrement aussi le seul, que vous ayez jamais reçu dans votre vie.

Ce geste criminel fut un geste d’amour : j’ai frappé votre beau visage de Jochanaan, comme Salomé, parce que je ne pouvais pas l’atteindre autrement. Ce fut un moyen suprême d’entrer en contact avec vous. Je ne l’ai jamais regretté, mais j’en ai souffert, parce que je savais que ce sacrilège fut une chose atroce pour vous.

Je m’étonne même que vous ne niiez pas ce geste, avec toute la force de votre haine.

Vous savez d’ailleurs très bien tout le mal que vous m’avez fait : vous m’avez plongé dans la solitude la plus humiliante, vous avez détourné de moi des douzaines d’amis qui, sans votre mot d’ordre, m’eussent fréquenté après comme avant. Je ne suis pas aussi mauvais poète que vous voulez le faire croire : des témoignages émouvants me l’ont révélé. J’ai toujours mené une vie de poète intègre. Après quelques déraillements journalistiques, au début de mon séjour à Paris, en 1920, je me suis toujours tenu coi.

Je me rappelle une discussion que nous avons eue à cette époque, en présence de Soupault et Aragon : j’arrivais de Suisse, animé d’un esprit révolutionnaire et essayant d’enflammer vos jeunes cœurs : à cette époque, habités uniquement de la chose esthétique, vous n’aviez que du mépris pour « l’action » et pour l’esprit de révolte dont étaient animés mes amis de Clarté. Cinq ans plus tard, c’est vous qui êtes devenu plus révolutionnaire qu’eux, en complète contradiction avec vos principes formulés dans Littérature. À cette époque, ayant déjà constaté la faillite de la régénération européenne, devant la démission des révolutionnaires allemands, je rentrai dans ma tour d’ivoire.

À votre arrivée à New York, je suis venu vers vous et vous ai tendu la main — cette main qui vous a frappé par amour et admiration. Le globe s’est tellement rétréci : il n’y a plus que quelques rues, quelques chambres qui s’offrent à nous. Nous serons obligés de nous rencontrer. Nous jetterons le froid chez des amis, dans le cœur de nos femmes. Voulez-vous attendre que dans un camp de concentration, on nous enchaîne ensemble ?

Et vous êtes l’Homme que j’admire le plus au monde.

Puis Goll se ressaisit et rédige une seconde lettre, manuscrite, plus brève, datée 15 mars : les humiliations sont passées sous silence, seule reste l’admiration. C’est pourtant une troisième lettre, de la même date, tapée à la machine, plus courte, que recevra Breton. Celui-ci, hautain et superbe, méprisant quoi qu’il en dise, retourne à Goll sa lettre avec des ratures et une réponse à l’encre verte . (Albert Ronsin)

[8] Dans une lettre du 3 septembre 1942 adressée à son ami,  poète et traducteur Clark Mills: 

"Ah oui,  j’oubliais:  pour éviter d’être considéré comme Russe,  comme il m’arrive ici de plue en plus,  j’écris maintenant mon prénom avec Y. "Une lettre du 13 juillet à Allen Tate était déjà signée Yvan.

[9] "… la traduction du "Chant de Bernadette" par Ivan Goll est au-dessus de tout éloge "'Alceste).

[10] Yvan Goll dirige et préface la section française.

Dans une lettre datée du 15 décembre 42:

"Mon cher Clark, 

            Pour en revenir à tes traductions pour ladite anthologie,  pourrais-tu m’envoyer le plus tôt possible,  au choix les poèmes de Valéry Larbaud,  Max Jacob,  Jammes,  Apollinaire et Cocteau .

            Je ne sais pas si ton choix correspondra toujours à celui de Klaus Mann. Je sais par ex. qu’il aimerait avoir de Cocteau,  des extraits de Plain-Chant,  et tout particulièrement les numéros des pages 212,  213,  218,  221 de l’édition NRF 1924. Je ne pense pas que tu l’aies sous la main. Mais je pourrais te copier les textes,  très courts d’ailleurs,  si tu acceptes de traduire de nouveaux poèmes en dehors de ce que tu as déjà.

            Il n’est pas certain que toutes tes traductions seront prise:  il faut avant tout que les poèmes datent autant que possible d’après 1920.

            Bien des choses de nous deux pour vous deux. ".

Il existe une version française avec quelques variantes de cette introduction à Saint-Dié (Ms 553 G/ 110 à 116)

[11] les droits de la traduction d’Yvan Goll signée cette fois encore Jean Longeville, acquis par Flammarion en 1945,  paraîtra à Paris en 1947.

[12]         Le Christ à l'Auréole de Phosphore

                        Alléluia !  Le Christ est né !

                        Dans les entrailles de la terre

                        Dans la grande étable du monde

                        Dans les abris dans les métros

                        Dans les absides dans les tombes

                        Alléluia !  Le Christ est né !

                        La Mère en fuite sur cent routes

                        Les seins sans lait les dents sans pain

                        Accouche dans un lit de bombe

                        Alléluia !  Le Christ est né !

                        Sous les larmes de l'olivier

                        Sous l'aubépine barbelée

                        La crèche brille à la dorure des fusées

                        Alléluia !  Le Christ est né !

                        Les maigres bras comme des baguettes

                        Le ventre gros comme un tambour

                        L’enfant se meurt à Rome à Kiev

                        à Chungking à Cherbourg

                        Alléluia !  Le Christ est né !

                        Trois mages volant autour de la terre

                        Pour lui porter des fruits et des prières

                        Le voient monter au ciel dans l'auréole de phosphore

                        Alléluia !  Le Christ est né !

[13] Albert Ronsin a publié un article édifiant "Yvan Goll et André Breton:  Des relations difficiles ":

"En mars 1942,  Patrick Waldberg (américain de culture française,  connaissant les surréalistes depuis 1932) est chargé de recruter du personnel parlant français pour assurer une émission dans notre langue au War Office Information. Waldberg fait appel aux émigrés qu’il connaît et constitue,  sous la direction de Pierre Lazareff,  une équipe de speakers où se retrouvent Claude Lévi-Strauss,  Edouard Roditi,  André Breton et Yvan Goll,  pour lesquels cette offre de travail salarié est la bienvenue.

A l’arrivée de Breton à New-York,  Yvan Goll est venu à lui la main tendue. Pourtant le passé n’est pas oublié. Le 14 mars 1942,  dans un cercle de Français,  Breton fait allusion à Goll,  absent,  de manière désagréable,  au point qu’une jeune femme liée au couple quitte l’assemblée et vient rapporter à Yvan les propos de Breton. Le 15 mars Goll décide d’écrire à Breton … ".Voir la suite de ce texte p.57 à 74 dans:

Yvan Goll  (1891-1950) Situations de l ' Ecrivain,  Collection Contacts-Série II - Gallo-Germanica:  Vol. 12,  Peter Lang SA,  Editions scientifiques européennes,  Bern, Berlin,  Frankfurt/M., New-York, Paris, Wien 1994

[14] "Cuba,  corbeille de fruits. Fruits complets,  fruits glacés,  fruits charitables,  fruits sexuels. Corbeille de fruits hélas renversée. Les fruits pourrissent dans la main de l’homme. Car la main de l’homme est maudite.

            L’homme meurt de faim sous l’arbre de pain. L’homme meurt de misère dans les jardins de volupté,  dans les jardins d’abondance,  sur les divans de velours des plages nonchalantes. Prés des montagnes distribuant à profusion l’or fin,  les malachites soyeuses,  le cuivre fulgurant,  l’homme crève dans le plus atroce des pourrissoirs.

            Et pourtant,  c’est l’île des fruits magiques. Le Canistel,  qui a la forme d’un œuf de canard,  contient une crème battue avec des jaunes d’œuf pilés dans du lait,  du sucre et de la cannelle. L’Anon,  composé de compartiments à surprises comme la grenade,  contient une glace à la vanille plus fraîche que celle des frigidaires. Et voici les viandes:  le mamey,  à la rondeur oblongue et à l’odeur d’une mamelle d’Indienne,  offre une chair couleur brique,  un bifteck tartare,  repas de toute une journée. L’Oronoco,  la banane rouge,  sert un riz-de-veau tendre et cuit à point. Sans parler de trente autres variétés de bananes,  mangues,  papayas,  guyabas,  guanabanas...

Toute cette nourriture mûrit librement dans les vergers,  au bord des routes,  le long des plages. Mais depuis quatre siècles,  la population de Cuba meurt de faim,  meurt de maladie,  meurt de détresse. Depuis quatre siècles,  les nouveaux Tantalides périssent d’inanition devant l’opulence de leur île.

            Depuis quatre siècles seulement. Car avant l’arrivée du barbare blanc,  les doux Aravacos vivaient heureux dans leur paradis aux vallées jonchées d’orchidées,  aux forêts habitées d’oiseaux de feu,  aux ports souples et souriants,  d’où ils allaient pêcher les poissons miraculeux de nacre et d’émeraudes.

En 1511 l’Espagnol Diego Velazquez débarque avec une force d’occupation au nom du roi chrétien. Le massacre des Peaux-Rouges hospitaliers commence. On les force à travailler pendant seize heures dans les fleuves et dans les mines. Ils ne résistent pas à la fatigue et au fouet. Ils meurent comme des mouches. Des villages entiers choisissent le suicide collectif,  en se pendant aux arbres flamboyants,  tout ardents de fleurs et de parfums. Les mères donnent à leurs enfants le poison du yucca.

En 1533,  après vingt-deux ans,  il ne reste plus un indigène mâle. Le blanc a fait du bon travail.

            Mais qui va travailler pour lui dans les champs de cannes et dans les montagnes ?  En 1524 commence l’importation de la chair noire d’Afrique. Les négriers font encore fortune en plein 19 ème siècle. L’abolition de l’esclavage ne devient effectif à Cuba qu’en 1880. Entre-temps,  le trafiquant d’homme a eu le temps de se procurer du coolie chinois à bas prix,  dès 1847.

            Le Père Las Cases écrit qu’en passant dans les villages de l’île,  les indigènes entouraient sa voiture en pleurant et en criant un seul mot:  Faim !  Faim !  Le même cri nous a poursuivis à Las Jaguas,  dans les faubourgs de La Havane,  en avril 1940. Des grappes de petits nègres nous suivaient comme des nuées de moustiques. Ils lançaient des pierres dans les manguiers,  pour recueillir des fruits verts et immangeables. Aux abords des marchés,  ils ramassaient les pelures de caïmites ou les têtes de poissons.

            L’esclavage aboli,  le prolétariat de l’île continue à en porter la marque fatale. Les importations de chair périssable d’Afrique et d'Asie ont causé un métissage quadruple qui ne se retrouve nulle part ailleurs sur le globe,  dans cette mixture.

            Dans les rues tortueuses de la vieille ville de La Havane,  voici la femme rouge-noire-jaune-blanche,  la femme internationale,  produite d’alluvions des sept océans et des quatre sangs. C’est Anacoana,  c’est Sémiramis,  c’est une Infante,  en haillons hautement colorés,  une petite jupe orange,  un corsage vert d’eau,  une démarche royale,  un torse putréfiable,  sinon putréfié. Extraits de femmes. Essences de grâce. Paroxysmes de beauté.

Cette fille universelle contient les piments rouges de l’Indienne,  le feu noir de la Négresse,  le songe jaune de la Chinoise et la grâce blanche de l’Espagnole. Mais ce bijou de chair,  cet objet d’une rareté sublime,  est tellement pauvre,  tellement dévalorisé,  que vous pouvez l’acheter tous les soirs,  pour le prix fixe de un dollar,  aux bailes diaros. Rien qu’un dollar cette femme-arbre,  cette femme-colibri,  cette femme-source. Sa famille de douze bouches affamées,  dans la hutte en fibres de palmiers aux abords de la ville,  attend anxieusement le retour,  à l’aube,  de l’enfant de 14 ans,  pour aller acheter la miche de pain de la maisonnée.

            Ces belles vivent la vie de la forêt vierge,  où l’hibiscus immaculé est ruiné par une pluie sacrilège,  l'après-midi même de sa naissance. Dans les rues humiliées de La Havane,  qui s’appellent ironiquement Rue des Vertus et Rue des Ames, pourrit la chair des femmes comme dans les vergers pourrit la chair des fruits complets. Forêt vierge de la métropole dont les façades austères et grandiloquentes cachent peut-être des palais aussi vides que ces cabanes,  dans les savanes de l’île,  que les habitants sont parfois obligés d’abandonner en une nuit,  parce que les fourmilles blanches,  les comejéns,  ou les ormigas locas,  les fourmilles folles,  en ont pris possession.

            Forêt vierge aussi de la poésie. Cuba est une île de poètes,  une centrale de forces souterraines qui produit des électricités aveuglantes. Pendant des siècles,  les esclaves ont chanté leur souffrance et leur tristesse. Depuis deux ou trois décades,  une nouvelle génération de poètes devinant les qualités de leur condition,  retourne aux sources du primitivisme magique. Une poésie métisse est née,  la poésie afrocubaine, puisant sa force dans les mythes africains et les rythmes du tam-tam. De même que la chair des belles mulâtresses reluit des reflets des quatre couleurs de l’humanité,  l’âme des poètes reluit des reflets des quatre enfers. Dans le coeur de ces poètes n’ont pu s’éteindre la fange brûlante de la forêt,  ni l’éclair brûlant de la cravache sur leur dos. Ils devinent,  ils annoncent l’approche d’une ère de Rédemption.

            J’ai vu Nicolas Guillén,  tenant cour tous les soirs au Café Lucero,  au bord de la mer,  revenant tout scintillant,  tout vibrant de musique et de colère,  de randonnées à travers l’île,  où tantôt par des “sons“,  tantôt par des anathèmes,  agitateur d’extrême-gauche,  poète d’extrême-coeur,  il se faisait couronner secrètement par les foules.

            La poésie lance toujours le premier cri de la liberté. Et il y a de la poésie à profusion dans l’archipel paradisiaque et infernal des Antilles. Dans cette chaîne de nacre et d’opales que forme Cuba,  Haïti,  Porto Rico,  Guadeloupe,  Martinique,  Trinidad et des centaines d’autres diamants entre le Nord et le Sud,  il y a des poètes cachés qui annoncent souvent sans s’en douter la rédemption du monde. Le long des plantations de cannes,  au fond des galeries des mines de cuivre,  dans les salines,  les fabriques de cigares,  les distilleries de rhum,  quelques-uns savent,  que de la misère actuelle surgiront des châteaux enchantés,  des jardins ninivéens,  devant lesquels pâliront les gloires de l’ancien Orient. Du fond des pourrissoirs et des ossuaires,  l’oeil du poète lance ses rayons ultra-bleus d’une nouvelle foi. Et les mangues mûriront sur les manguiers. "

[15] extrait d’une lettre de Goll à Henry Miller du 31 mai 1944 (propriété de l’Université de Californie,  Los Angeles,  Department of special collections ; ne peut être reproduit en tout ou partie sans l’autorisation du bibliothécaire de l’Université):

«… Peut-être n’avez-vous pas reçu la lettre que je vous ai adressée en mars en réponse à votre missive courroucée …voici ce que je vous disais : 

1) Je plaidais coupable pour l’omission des premières pages de "Vive la France" pour manque de place.

Je plaidais non coupable pour l’omission de la fin,  due à l’imprimeur qui escamota incontestablement le dernier Galley. Je vous offrais en compensation la nouvelle qu’une revue d’Alger voulait publier une traduction française du chapitre en question,  je vous en demandais l’autorisation,  en ajoutant que j’insisterais pour que ce soit l’intégrale du texte traduit.

Voilà :  et je suis toujours sans réponse. Ceci m’afflige. Je voulais encore vous dire que j’ai parlé de votre oeuvre à un éditeur français d’ici,  qui prépare déjà de futures Editions pour la France. … vos livres devront être parmi les premiers à être traduits et offerts au public avide de connaître les grands Américains. Je vous demande ici formellement l’autorisation de m’occuper de ce travail.

            Toujours fidèlement votre

                                   Yvan Goll

[16] Mon cher Max-Pol Fouchet, 

Après votre câble reçu ici le 10.12.43 (envoyé je crois le 28.10.):  "Recevons Hémisphères stop Cordiales félicitations stop serions heureux si permettiez reproduire textes Goll Perse Caillois amitiés     Fouchet Max ",  je suis bien étonné d’apprendre que vous venez de reproduire le "Poème à l’Etrangère "de Perse,  non seulement sans mon autorisation (que le poète m’avait interdit de donner,  comme je vous le signalais dans ma lettre de réponse),  mais même sans signaler que le poème est extrait d’HEMISPHERES,  bien mieux,  sans signaler l’existence d’HEMISPHERES.

Quel procédé peu amical,  peu fraternel,  si contraire à l’atmosphère de franchise et de solidarité poétique,  qui devrait réunir la petite poignée de gens qui s’efforcent de maintenir dans le monde un climat poétique !

Après les témoignages de fraternité venus des quatre coins du monde,  Fouchet,  est-ce vous qui venez me trahir ?

J’espère qu’entre-temps,  vous avez reçu les n° 2/3,  dans lequel s’affirme encore plus que dans le n°1 l’esprit hémisphérique de ma revue. Sous le titre "Découverte des Tropiques",  j’y publie des textes d’André Breton et André Masson,  qui,  grâce à l’exil,  ont découvert à la Martinique un nouveau règne poétique,  et d’autres textes sur Cuba,  le Congo etc.

Après l’enthousiasme de votre premier télégramme,  puis-je espérer que vous affirmerez publiquement dans FONTAINE votre solidarité avec nous ?  Ou bien va-t-on déjà recommencer le système des camps poétiques,  à l’instar des camps politiques ?

                                   Tristement votre         

(S.D.d.V. 510 31 G ff. 38)

[17] "Hémisphères", revue d'actualité politique paraissant à New York,  sous la direction d'Yvan Goll,  consacre son double numéro 2-3 presque exclusivement aux Antilles.

Découverte des tropiques,  tel est le titre de la plus riche section de ce numéro. Texte liminaire de Breton qu'on lira par ailleurs sous le titre:  Un grand poète noir,  où l'inventeur du surréalisme situe la poésie de Césaire et le problème antillais (esthétique,  politique et social) mieux que ne pourrait le faire Tropiques même.

Yvan Goll nous révèle la poésie cubaine:

"Forêt vierge aussi de la poésie. Cuba est une île de poètes,  une centrale de forces souterraines qui produit des électricités aveuglantes. Pendant des siècles,  les esclaves ont chanté leur souffrance et leur tristesse. Depuis deux ou trois décades,  une nouvelle génération de poètes,  dominant les qualités dynamiques de leur condition,  retourne aux sources du primitivisme magique. Une poésie métisse est née,  la poésie afrocubaine,  puisant sa force dans les mythes africains et les rythmes du tam-tam. De même que la chair des belles mulâtresses reluit des reflets des quatre couleurs de l'humanité,  l'âme des poètes reluit des reflets des quatre enfers. Dans le coeur de ces poètes n'ont pu s'éteindre la fange brûlante de la forêt,  ni l'éclair brûlant de la cravache sur le dos. Ils devinent,  ils annoncent une ère de rédemption.

J'ai vu Nicolas Guillén,  tenant cour tous les soirs au café Lucero,  au bord de la mer,  revenant tout scintillant,  tout vivant de musique et de colère,  de randonnées à travers l'île où tantôt par des "sons ",  tantôt par des anathèmes,  agitateur d'extrême gauche,  poète d'extrême coeur,  il se faisait couronner secrètement par les foules . "

et de conclure:

"la poésie lance toujours le premier cri de la liberté. Et il y a de la poésie à profusion dans l'archipel paradisiaque et infernal des Antilles. Dans cette chaîne de nacre et d'opales que forment Cuba,  Haïti,  Porto Rico,  Guadeloupe,  Martinique,  Trinidad et des centaines d'autres diamants entre le Nord et le sud,  il y a des poètes cachés qui annoncent souvent sans s'en douter la rédemption du monde...

Du fond des pourrissoirs et des ossuaires,  l'oeil du poète lance ses rayons ultra-bleus d'une nouvelle foi. Et les mangues mûriront sur les manguiers. "

De beaux poèmes suivent de Nicolas Guillen,  chef de l'école afrocubaine,  et d'Emilio Ballagas appartenant au même groupe littéraire.

Quatre admirables dessins d'André Masson inspirés de la femme et de la forêt martiniquaises illustrent ce numéro d'Hémisphères.

[18]                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                    May 18 , 44.

                                                                                                                                                                                                Mon cher Alain ,

              Ta lettre d'Europe m'a paru plutôt morose , malgré les parfums beaucoup plus

authentiques de vos  primeroses. ( Nulle intention de rimer.) Mais ta lettre est

déjà vieille , et je soupçonne qu'un furlow à Londres t'a changé des idées . Il se peut même que tu sois allé à la librairie Zwemmer et que tu y aies vu les coucous

de notre couverture.. Je viens d'apprendre que tous les numéros sont vendus , et j'y

envoie aujourd'hui une nouvelle cargaison , ainsi que Syncopes et l'Image.

      Peut - être y as - tu aussi vu Fontaine : le No 32 comprenait le Poème à l'Etrangère de Perse , sans la moindre mention d'HEMISPHERES. J'ai envoyé une lettre furieuse à Fouchet ,  qui m'a câblé que Perse avait donné son autorisation . Puis , les Nos 33 et sans doute 34 rectifient ce malentendu , m'annonce - t - il.

    Ici rien de changé depuis ton départ . (Sauf les headlines). Le numéro 4 sera splendide , mais  avec moins  d'unité  que le précédent . Il y aura entre autres :

Trois dialogues de : Alain Bosquet, Jean Malaquais, Denis de Rougemont et des poèmes de Duits (très beau), Bosquet (très violent et puissant) et quelques américains inconnus (enfin).

       J'entends qu'il y a une grande effervescence poétique à Londres .T'en es - tu

aperçu  ? ( Je parle de Londres , parce que je crois  que Goffin  a  reçu  de  toi une

lettre de là - bas ? ).

         Nous retournerons cet été à Peterborough , ce qui ne gênera en rien les

Hémisphères de se rencontrer

                    Le plus beau sourire de Claire    

                                                                                                                                                                                                                                                                                   et les affections amicales de ton                                                                                                                                Yvan 

B.L.J.D.  Ms 47302 - 8

[19]            Quelque part en Angleterre ,

                                                 le 22 mai 1944.

                                      Mon cher Yvan ,

                          As - tu reçu ma lettre d'avril ? Comme tu le vois j'ai quitté la           verte Irlande et suis maintenant        dans la froide et morne Angleterre.   J'ai passé quelques jours à Londres , émerveillé par l'animation qui y règne et les intrigues qui s'y trament . Des gens venus de Paris quelques heures auparavant m'ont appris sur la France des choses pénibles. Le mouvement littéraire à Londres est suivi avec enthousiasme . Il faut absolument que tu t'arranges de façon qu'Hémisphères  y soit plus connu , et même distribué. Fontaine s'y vend dans tous les kiosques à journaux. ( Le n° 32 contient la Lettre à l'Etrangère , sans mentionner Hémisphères .)

                          J'ai eu en mains les journaux du maquis et les Cahiers de la Libération : passionnant ! Comment va la revue ? Où en est le numéro 4  ?  As - tu publié tes élégies , et Jean sans Terre ? Et Césaire et Sartoris ?

                                 Tiens - moi au courant , je t'en prie. De mon côté rien de neuf : routine , ennui , monotonie.

                                                 Bien chaleureusement à

                                                                                                                                                                         Claire et à toi                                                                                                                                                                                                                                    ton

                                                           Alain      

Ms 615 Goll 510.324

[20] Dans ce numéro de Fontaine qui n’est pas encore parvenu à Goll, on trouve, page 406 , cette note:  Ce texte est publié en accord avec Hémisphères,  New-York.

et en dernière page de couverture l'annonce de la parution dans un des prochains numéros du texte d’Arthur Miller "Vive la France "

[21] Mon cher Henry Miller,

15 Août,  Jour de l’Assomption,  fête toujours sacrée en France,  zénith de l’été et de l’espérance — Jour de Libération cette année,  les Alliés ayant débarqué ce matin entre Toulon et Saint-Raphael,  voulant apparemment libérer les îles de Beauté et les ports de l’Esprit …

Heureuse coïncidence que votre lettre me parvienne ce matin-même,  puisque je connais peu d’Américains et même de Français qui adorent la France aussi follement que vous,  Henry Miller.
Cette lettre vient à point pour l’invasion du midi de la France,  mais hélas un peu tard pour Hémisphères IV. Vos suggestions me paraissent pourtant bien alléchantes. Cette "Visite à Lourdes" après Münich m’intéresserait,  mais s’il faut demander les droits à Fraenkel,  à Mexico,  cela me coûterait des semaines … Il serait plus facile de m’adresser à Miss Lederer qui semble être une voisine à Pierrepont St.,  mais vous avez oublié de me donner le numéro de la rue et du téléphone.… Merci pour vos autres suggestions,  mais vous ne semblez pas vouloir comprendre que je cherche pour H. du totalement inédit,  et je n’ai aucune envie de demander à Pierre ou à Paul la "permission de reproduire". Quant à Wallace Fowlie,  il vient de m’envoyer un essai "Nerval:  the Poet’s Uncrowning".

Ne m’aviez-vous pas parlé d’autres textes brûlants et incendiaires de vous,  inédits à ce jour ? 

Quant à l’éditeur dont je vous avais parlé,  il est à coup sûr,  comme vous l’avez bien deviné,  plutôt un grand con qu’un grand éditeur. Après ce que vous m’avez raconté de vos expériences avec les réellement grandes firmes françaises,  je préfère m’abstenir de ce guêpier.

Il en est autrement pour les revues ; j’apprends à l’instant que FONTAINE (43 rue du Lys du Parc,  Alger) annonce la parution prochaine de "Vive la France". Si je peux trouver un numéro ici à New-York,  je vous le ferai parvenir. Je vous envoie aussi par ce même courrier un petit livre de moi,  " Lucifer Vieillissant ",  qui vient d’être réimprimé au Canada.

Fraternellement vôtre

[22]

Remettez-vous, ô Goll,

D’une alerte si chaude :

Ne penchez plus le col

D’un tzigane en maraude :

S’il est vrai que Saint-Dié,

A votre souvenance,

Fut hospitalier

A votre adolescence,

Vous avez à votre arc

Trois bons pays : Alsace,

Vosges de Jeanne d’Arc

Amérique bonasse.

Cela ne fait-il pas

Une empreinte profonde

Où bien fixer vos pas

Sur notre mappemonde ?

Cessez donc, Yvan Goll,

D’être le Jean sans Terre

Qui joint du Ravachol

Au deuil des primevères,

Et menez triplement,

En vrai « nouvel Orphée »,

Le combat véhément,

De la Grande Journée :

C’est là le franc souhait

D’un lecteur qui s’irrite

Sitôt que reparaît

Votre « vieille bronchite ».

Fernand BALDENNE (Baldensperger) : Rimes d’exil et d’espoir

Les Belles Lettres, Paris – 1950 p. 56/87

paru dans The American Scolar (1944)

[23]                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                               Mac Dowell Colony                                                                                                 Peterboro                                                                                                                  28 juillet  Samedi matin

                                   Mon cher Oscar,

            Je sors de l'hôpital de Peterboro:  j'y suis entré mercredi à 9 h.        A 11h. j'ai reçu mon premier shot de Pénicilline,  puis strictement toutes les 3 heures,  jusqu'à hier vendredi soir.         

Aussi la nuit !  Quel traitement fatigant !  Etre éveillé toutes les 3 heures ; à la fin,  je ne dormais plus. J'ai tout le derrière comme une passoire.

            Hélas,  traitement me semble-t-il,  tout négatif. Aucun changement dans mon état,  sinon au pire. Je commence à réaliser que je suis dans un état très grave. Mes lympho-glandes n'ont pas la moindre tendance de décroître. Et un docteur m'a dit qu'il ne fallait pas y songer.

            Des rayons X,  non plus,  on ne peut espérer des miracles !  J'ai peur de m'y soumettre,  ici dans ces régions. Je me demande pourquoi le Dr Vogel n'a pas pris la chose plus au sérieux. Parce qu'il partait en vacances ?  Parce que c'est un cas désespéré ?

            Je suis obligé de me rendre à New-York pour deux jours,  le 7 et le 8 août. Je te verrai. Et je voudrais avant tout me faire les trois dents qui sont supprimées par mon dentiste . Dis-moi,  puis-je me soumettre à cette opération sans danger ?  Dans l'état actuel de mon sang ?

(Plus on attend,  pire ce sera ! )

Je prends rendez-vous avec mon dentiste pour le 7 à 3 h. Il habite 79 St..

Ensuite je viendrai chez toi à 5 h.

Pourrai-je par hasard passer la nuit du 7 au 8 chez toi ? 'Si ta famille est encore à Long Beach ? )

J'ai une peur horrible du métro jusqu'à Brocklyn,  après l'opération du dentiste,  et de rester seul la nuit !

[24] Les textes sont publiés dans la langue d'origine ; allemand,  anglais,  français, néerlandais .

[25] Yvan Goll est alors au Memorial Hospital (donner des extraits de sa lettre du 15 février 46 à Charles Dhuit

[26] le poème paru dans le numéro 650 de France Amérique se trouve reproduit page 200 et 201 dans:

Yvan Goll Die Lyric in vier Bänden (IV) Argon 1996

[27] depuis le 28 avril 1946 cet hebdo n'a plus que 4 pages

[28] Parallèlement à plusieurs poètes nouveaux qui,  Après un interlude de deux surréalistes,  reviennent au maître du début du siècle,  Guillaume Apollinaire,  le théoricien et apôtre du cubisme,  certains jeunes peintres se tournent de nouveau vers l'époque héroïque du début du siècle où fauves et cubistes firent plus pour démolir les cadres de l'habitude que leurs successeurs les plus agressifs. Ils reprennent le travail où les pionniers Metzinger,  Juan Gris,  Delaunay et d'autres l'abandonnèrent. C'est ce que nous prouve Reynold Arnould … "

[29] "Henri de Toulouse-Lautrec est plus populaire que jamais en Amérique …

…Nul tableau n'est plus symbolique de la France actuelle et de la France éternelle que cette "Barricade "dans laquelle le grand Delacroix,  tout en retraçant une scène de 1789,  a également pressenti les événements de 1944,  avec une fougue et un entrain qui allument le cœur de tout amant de la liberté. "

[30] "Le Musée d'Art Moderne de New-York vient d'avoir une heureuse inspiration:  …il a demandé à sept amateurs d'Art fameux,  qui ont réuni chez eux des joyaux précieux de l'art contemporain,  d'envoyer leurs toiles favorites … "

[31] Ecrit le 25 juin 1940 et déjà paru dans The Nation 151  (1940) n°13; la Chanson de la Galère "Paris "était parue le 11/12/1941 dans "La Voix de France "sous le titre "Vogue Galère Paris "et Terre de France en 1940 dans Saturday Review of Literature.

[32] Très long article à reproduire

[33] Des rives de la Seine aux rives de l 'Hudson...

Claire et Ivan Goll en Poésie

J'ai eu la bonne fortune de passer quelques heures, en septembre, avec nos amis les poètes Claire et Ivan Goll, dans leur appartement minuscule de Columbia Heights, à Brooklyn .

Claire et Yvan, amoureux éternels, vivent en poésie avec la même foi et le même enthousiasme qu'au temps de leur existence lutécienne, lorsqu'ils accueillaient les meilleurs poètes de Paris dans leur vaste logis du quai Bourbon.

En l'an 40, Claire et Yvan purent gagner New York, où ils vécurent dans un milieu d'émigrés, nouant de nombreux liens avec leurs confrères américains, entretenant la ferveur française, fréquentant Marc Chagall leur ami fidèle, les peintres Dali, Kisling, Léger et Mondrian,  les sculpteurs Zadkine et les Lipschitz, les écrivains André Spire, André Masson, Jules Romains, André Maurois, André Breton, et nos compatriotes Maeterlinck, Marnix Gysen, Robert Goffin, Anatole Bisque.

J'avais trouvé l'adresse des Goll chez Brentano's, le grand libraire de la cinquième Avenue. Un mot rapide était resté sans réponse, je les croyais retournés en Europe, lorsque à l'improviste me parvint, sur le papier jaune d'or des éditions "Hémisphères ",  une invitation à dîner des Poètes, revenus la veille d'un séjour en Gaspésie.

A l'heure dite, à Brooklyn, qui parfois fait songer à Neuilly et parfois aux docks de Liverpool, dans Columbia Heights, artère paisible, comme s'abat d'un coup un mur haut et lourd, une porte massive en s'effaçant me rendit deux visages et deux voix, fidèlement gardés durant les années tragiques. Ceux qui se rappellent les tailles hautes, les visages minces, les regards un peu fiévreux parfois, mais subtils et profonds comme la pensée, de Claire et d'Yvan, les auraient comme moi retrouvés sans effort . Tout de suite ils me firent les honneurs de l'étonnant paysage déployé devant leurs fenêtres.

A droite, le plus ancien pont de New York, Brooklyn Bridge, sur l'East River, ouvrage massif dont les portiques sont des lyres d'acier:  au centre, les docks avec les cargos, les steamers, les paquebots transatlantiques, et sur la rive de Manhattan les gratte-ciel tragiques de Wall  Street ; à gauche, l'embouchure de l'Hudson, Long Island où les émigrants purgent la quarantaine, la baie immense où cent vaisseaux sont à l'ancre, l'île de la Liberté portant la statue géante de Bartholdi,  don de Paris à la ville de New York . Au-delà enfin, sous un ciel étincelant, l'océan balayé par les vents.

"Nous avons connu, me dit Yvan, des alternatives d'abattement et d'exaltation, sans jamais perdre l'espoir.

Dès le début la vie intellectuelle française fut intense à New York. Maeterlinck et Romains fondèrent le journal "Voix de France "qui réunit la collaboration d'une élite française, européenne, américaine. Des éditeurs montrèrent une activité magnifique, tout spécialement la Maison de France, installée au Rockfeller Center.

De nombreux écrivains firent dans les Etats des tournées de conférences. Parmi nos confrères belges, Robert Goffin se manifesta sans compter. Il voyagea en avion à travers toute l'Amérique, parlant devant les publics les plus différents, publiant articles, poèmes et ouvrages de prose en français et en anglais. Il laissa le souvenir d'un camarade énergique et serviable.

D'un voyage à Cuba, île heureuse du beau poète Mariano Brull, je rapportais plusieurs poèmes, dont "Vénus Cubaine ",  et une prose enchantée "Corbeille de Cuba ".

En 1941, j'ai fondé la revue Hémisphères. Elle réunit une collaboration de qualité et fit connaître plusieurs poètes de valeur, comme Césaire et Duits. Hémisphères représentait, au-dessus de la Politique, une position intellectuelle intransigeante, celle de la Poésie Pure. Elle n'en publia pas moins de nombreux poèmes de circonstance, du genre de ceux qu'on devait nommer plus tard, en France, la Poésie de la Résistance. A ce propos, je vous signale que j'ai publié dans "La Nacion "et dans "The Saturday Review of  Literature ",  en 1940, ainsi qu'en 1941, dans "Poet's Messages ",  collection éditée à New York, les poèmes de "Chansons de France ",  dans lesquelles on retrouve le mètre court, le rythme populaire, le sens tragique des poèmes de "Jean sans Terre ".

Les numéros spéciaux d'Hémisphères connurent un vif succès.

L'un, consacré à la Découverte des Tropiques, comportait les collaborations d'André Breton, d'André Masson et du grand poète de couleur, Césaire. Un autre traitait de la Magie. Les recueils de poésie publiés par les éditions Hémisphères furent aussi bien accueillis.

En 1942, j'ai publié dans le journal "France Amérique " le poème "Grand cortège de la Résistance en l'an mil neuf cent misère ". Il fut repris, à Alger, par la revue "Fontaine" (numéro 34) que dirigeait, si brillamment, notre ami commun Max Pol Fouchet.

Plus tard, j'ai écrit une poésie en forme de Croix de Lorraine, qui fut imprimée en deux couleurs sur un magnifique papier de chiffon et distribué comme le message de Noël par le groupe "France for ever ",  alors présidé par Houdry.

J'ai publié dans Hémisphères les premiers poèmes des Elégies d'Ihpetonga. Ce mot, d'origine indienne, à la fois sauvage et harmonieux, signifie les falaises, les hauteurs de Brooklyn, sur lesquelles se trouve notre logis.

La suite des Elégies d'Ihpetonga, qui bientôt paraîtra chez un éditeur parisien, surprendra peut-être ceux qui croyaient que j'avais trouvé, dans le vers octosyllabique de "Jean sans Terre ",  une forme tout à fait adaptée à mon inspiration. Ces Elégies, plus métaphysiques et plus cosmiques que mes oeuvres précédentes, sont écrites en vers plus libres, d'expression plus intense. Je pense qu'il s'agit d'un approfondissement, ou plutôt d'une libération.

Au cours de mon séjour en Gaspésie, région canadienne abrupte et sauvage, à la fois maritime et boisée, j'ai écrit Le Mythe de La Roche Perçée, poème géologique aux rythmes variés, tournant autour de la vie et de la mort des pierres. Ce poème, d'une grande amplitude, m'a été inspiré par un rocher géant que perça à jour la morsure des flots. Il prédit après la longue patience et l'attente du monde minéral, apparemment inerte, sa résurrection par la brisure de l'atome... "

Ce qu'il écrira demain, Ivan Goll ne le sait, mais il n'a pas cessé, malgré l'exode, malgré l'horreur, malgré l'exil, t'écrire des poèmes d'Amour.

Maintenant j'interroge Claire, qui actuellement publie d ' excellents articles de critique dans l'hebdomadaire "France Amérique".

"Vous savez, dit Claire, que je suis plus romancière que poète. Plus que moi Yvan est tenté par le lyrisme. A toute inspiration, fût elle tragique, il mêle une onde délicieuse, semblable en cela à notre cher Chagall. Mon inspiration est plus dure.

En Amérique, j'ai publié des nouvelles sur Paris. Leurs titres ?  "Le dîner de 500 francs",  "L'Homme au Camélia",  "L'Inconnue de la Seine",  d'autres encore. La collection "les Oeuvres Libres"les publia, parmi d'autres de Maurois, de Romains.

J'ai donné à Hémisphères une autre oeuvre de prose "La Blanchisserie Chinoise" (numéro deux et trois). Les Editions de la Maison Française lancèrent deux de mes romans:  "Le Tombeau des Amants Inconnus "et "Education Barbare".

...

Comme son compagnon, Claire Goll, bien qu'ayant aux Etats-Unis de nombreux amis et admirateurs, bien qu'ayant connu à New York le succès,  n'a jamais oublié Paris, cité de la poésie et capitale de la douceur.

En souriant, elle dit comment elle conserva durant des ans, comme des objets très précieux, les emballages de produits de beauté et même de médicaments emportés en hâte de son logis de l'île Saint-Louis. Elle dit comment, chaque soir, durant tous les jours du long exil, elle voyagea en esprit dans Paris, grâce au plan de la ville aimée, fixé au-dessus de son lit. Elle dit que ce logement les retint, non seulement parce qu'il offre une vue propre à émerveiller et à exalter les artistes, mais surtout ce qu'il leur permettait de conserver leur pensée orientée vers l'Europe et la France, grâce aux navires nombreux tournant chaque jour leur proue vers le pays de leurs amours. Et parfois, ajoute-t-elle, comme une récompense, nous étions éveillés le matin par la Diane sonnant sur un vaisseau français, où la vision soudaine d'un pavillon tricolore...

Tandis que Claire parlait, l'ombre descendait lentement sur la baie immense. Dans le soir déjà brumeux le crépuscule semait des rougeurs d'incendie.

Yvan toussait doucement. Claire, un peu lasse d'avoir revécu en ce temps si court les craintes, les exaltation, les fatigues et les joies de tant d'années, tournait un visage étrangement nu vers la fenêtres.

Sous nos yeux la baie s'enténébrait par degrés. Comme en un ciel de féerie s'allumaient une à une les lumières innombrables de Manhattan. Un long paquebot, scintillant de tous ses hublots, fendait les eaux à l'endroit où l'Hudson mêle ses eaux au flots salés de l'Atlantique.

[34] Saigon le 8 janvier 1947,  René de Berval,  directeur de la Revue "France-Asie":

             "Mon bien cher ami, 

            Ce n'est qu'à l'instant que je reçois votre lettre datée du 15 octobre 1946... Elle a probablement dû venir à pied de Brooklyn,  pour avoir mis tant de temps à me parvenir...

            Je ne saurais vous dire toute la joie que j'ai eu à sa réception. Joie mêlée à une profonde émotion,  car vous m'avez rappelé les heureux temps d'avant-guerre où nos espoirs étaient communs et où nous luttions,  à ce moment-là,  pour un seul idéal qui emplissait notre vie,  et qui était la poésie. Depuis,  tant de choses atroces sont passées...Des amis comme Robert Desnos ont disparu au moment de leur libération même ; d'autres comme Benjamin Fondane,  que vous et moi connûmes fort bien,  termina si tragiquement son existence dans un four crématoire !  et tant d'autres encore qui ont fait que le martyrologe de la pensée française est fort long,  qui prouve à quel point,  lorsqu'ils s'y mettent,  les écrivains et les poètes n'ont de leçon de courage à demander à personne...

[35] lire la passionnante étude d’Albert Ronsin: Yvan Goll et André Breton,  des relations difficiles dans:

Yvan Goll  (1891-1950) Situations de l’écrivain / études réunies par Michel Grunewald et Jean-Marie Valentin .Bern,  Berlin,  Francfort/Main,  New-York,  Paris,  Vienne:  Lang,  1994

(Collection Contacts:  Série 2,  Gallo-Germanica Volume 12) p.57 à 74

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Bibliographie Claire Yvan Goll 47/50

Mai 47 départ de Claire et d'Yvan de New-York

Le Journal de Strasbourg - 13 juillet 1947

Yvan Goll, un poète d'Alsace, par Camille Schneider

Les lettres françaises 7 ème année n° ? - 23 août 1947

Visite à Yvan Goll

Le Journal des Poètes 17ème année (mensuel) n° 7- Septembre 1947 : p.2, poèmes d'Yvan Goll 1940/41, Chansons de France: Chanson de France, Chanson de la Galère "Paris", Terre de France .

Malcolm de Chazal : Sens-Plastique [1], tome 2

300 exemplaires sur papier glacé numérotés de 1 à 300

The Général Printing, Port-Louis, Ile Maurice 1947

Claire et Yvan Goll: * Love Poems, with 8 Drawings by Marc Chagall - 70 p.

600 copies on Canterbury Text, set in 14 pt. Egmont, and numbered 1 to 600, and 40 copies on Vélin of the Manufactures d'Arches numbered from I to XL, signed by the Authors and the illustrator.- 22, 5 cm., 1 front. H.T., 6 illustr. Couv. ill. (76 p.)

New-York, Hémisphères 1947

Yvan  Goll : * Le Mythe de la Roche Perçée,  Poème. 

Avec trois eaux-fortes et signées au crayon :

cent exemplaires sur papier à la cuve Shadow-mould numérotés de I à C,  ornés des 3 eaux-fortes originales d'Yves Tanguy,  tirées par les soins de Stanley William Hayter et trois cents exemplaires sur même papier plus léger,  ornés de trois clichés reproduisant les eaux-fortes,  numérotés de 101 à 400 .  Les 3 premiers exemplaires sur papier à la cuve Shadow-mould numérotés I,  II,  III,  contiennent chacun une des planches de cuivre rayée de Tanguy.  Il existe également des exemplaires avec une ou deux eaux-fortes. In 4 broché (20 / 26 cm. )-29p.

Plusieurs exemplaires H. C.  non numérotés,  réservés à l'auteur et à l'illustrateur. L’édition courante,  tirée sur le même papier,  brochure à couverture bleue est également numérotée de 1 à 300. Tous ces exemplaires ont été imprimés aux Etats-Unis d’Amérique. 

Editions Hémisphères,  Paris 1947   

Cahiers du Sud 34 ème année n° 284 - 2° semestre 1947 :

Simone Weil, Joé Bousquet, Yvan Goll : Jean Sans Terre traverse l'Atlantique, Jean Sans Terre achète Manhattan, Jean Sans Terre aborde au dernier Port, p.571 à 575 ; Marguerite Yourcenar, J. de Boschère, Claude Sernet, Colette Audry, André Chastel.

Lettre d'Yvan Goll à Marie-Anne (?) du 25 décembre 1947                                                                                                                                                                                                                                                             Jour de Noël

Paris

                                                                                                                                                                                                        Ma chère Marie-Anne,

Hier soir j'ai été avec Claire à la messe de minuit à l'église Saint-Etienne du Mont,  sur la montagne Sainte-Geneviève,  près du Panthéon.

Quel magnifique embrasement de l'âme!

Ah pierres vénérées de ces vieilles églises de Paris,  chacune saturée et nourrie des regards et des larmes du peuple au coeur brûlant et à l'esprit qui déploie ses grandes ailes dans les vents qui agitent le Continent.

Pendant mes sept années d'exil en Amérique j'ai si souvent espéré cette soirée,  je me suis rappelé les mouvements gracieux des ruelles qui montent vers cette colline spirituelle ; j'ai essayé de me remémorer les boutiques d'humbles marchands d'estampes ou de vieux livres,  qui sont aussi des penseurs et jamais tout à fait présents,  l'oeil tourné vers les antiquités lumineuses,  et si peu enclins à vendre quoi que ce soit!

Paris,  cher Paris,  cité des rêveurs et des penseurs,  cité des cordonniers-poètes et des concierges cartésiens qui vous récitent du Péguy quand vous entrez dans leur loge.

Je suis heureux d'être revenu dans tes quartiers familiers et sur tes quais près desquels coule la Seine aux eaux noires et éternellement incomprises par l'homme qui passe sur le pont et se dirige vers le Palais de Justice --

quelle justice,  sinon celle de Dieu...                         

St.D.d.V.

Mercure de France : n° , ?° Année, 1er Janvier 1948 [2]

Les Nouvelles Littéraires n°,  22 janvier 1948 [3]

lettre du 22 juillet 1948 à Alain Bosquet :

                                                                                                                                                                                                        Paris 22 juillet 48 [4]                                                                                                                                                                                                                                                                        Palais d'Orsay                                                                                                                       7 quai d'Orsay

                                   Mon cher Alain ,

Lot 3 avait prouvé que l'étonnant travail que vous faites en Allemagne, toi et Roditi, se jouait de toutes les embûches politiques : après avoir révélé aux Allemands Lautréamont et St John Perse, entre autres, le Pont de l'Air, plus fragile qu'un pont de Libellules, serait-il assez résistant pour vous apporter aussi l'encre d'imprimerie etc . ?

            Und mir scheint alles in Wohlgefallen und Deutschmark aufzugehen  .

C'est d'ailleurs bien longtemps avant le blocus russe que notre correspondance s'est ralentie. Depuis ta venue en France, en février, où tu ne fis aucun effort pour nous trouver, soit au Quai d'Orsay, soit à Metz, qui se trouve sur la ligne directe Paris-Francfort .

Cependant, le petit prospectus annonçant Lot 4 me prouve que tu ne m'as pas oublié : il contiendra, paraît-il, des poèmes de Yvan Goll : je suppose donc "Atom Elegy". Te dirai-je que j'ai une frousse incroyable de retrouver ce poème dans un travesti allemand ? (Bien que vos traducteurs soient de première qualité ) .

            Je crains surtout que le poème ne tienne pas le coup .

                Et voici ce que je voudrais te proposer, s'il en est temps encore ( je ne pense pas que Lot 4 paraîtra avant l'automne) . Pendant ces derniers mois, j'ai été repris par le charme de la langue allemande et j'ai composé un petit recueil de poésies auquel j'ai donné le titre "Das Traumkraut" . Un petit groupe de ces poésies paraîtra dans "Das Goldene Tor", un autre en Suisse, et si tu pouvais substituer la série que je t'envoie ci-incluse tu me rendrais un double service, et Lot 4 apporterait à ses lecteurs mieux qu'une traduction, la résurrection d'un poète allemand dont depuis "Menschheitsdämmerung" on n'avait plus beaucoup entendu parler .

Finalement, je me propose de publier, pour des raisons personnelles, ce nouveau recueil sous le nom Tristan Thor : cela ne fera aucune peine au "Setzer" de ta revue qui m'appelle une fois "Yan" et une autre fois "Yoan" , mais jamais Yvan .

            Pourquoi nos lettres sont-elles si espacées ?

Le trafic entre Berlin et Paris a toujours été moins rapide qu'entre Berlin et New York - à quoi cela tient il ?

L'état de ma santé s'est stabilisé ; ma numération globulaire  est  meilleure, et  nous en sommes heureux Claire et moi  .  Faut-il attribuer cette amélioration au climat de France, aux légumes et fruits si chargés d'énergies naturelles ?

            Quelques détails sur ta vie , tes travaux , ton avenir nous intéresseront toujours .

                                                           Bien à toi                                                                                                                                         Yvan

Bibliothèque Jacques Doucet B.L.J.D.  Ms 47302 - 25

Envoyées par Goll à Bosquet pour "Das Traumkraut"                                    

Rosentum                                                                                  II/320

Bluthund                                                                                           II/313

Geburt des Feuers                                                                            II/318

Die Sonnen-Kantate                                                                  II/326

Der Regenpalast                                                                        II/341

Tochter der Tiefe                                                                       II/348

Das Wüsten-Haupt                                                                    II/347

Der Staubbaum                                                                         II/344

In den Äckern des Campfers bist du daheim                           II/325

Der Salzsee                                                                                II/344

Die  Aschen-Hütte                                                                            II/345

Die Angst-Tänzerin                                                                   II/346

Schnee-Masken                                                                         II/324

Süd                                                                                            II/324

Ode an den Zürichsee (1949)                                                    II/414

Lothringische Ode (1949)                                                         II/411

Rasiel's Gesang     (en français dans Masques de Cendre)      IV/377 

Gipskopf               (en français dans Masques de Cendre)       IV/383

Todeshund     Chien de ma Mort (Masques de Cendre 1949)  IV/390

Hiob's Gesänge                           (dans Lot 5, p.61)                II/322et437 avec variantes   

Stunden                                       (dans Lot 5, p.60)                 II/317  avec variantes

Hospital [In den Äckern des …]  (dans Lot 5, p.60)                II/325  sans variante

Das Goldene Tor Jg. 3 (1948) Heft 5, Monatsschrift für Literatur und Kunst. Herausgeber : Alfred Döblin . Sommaire : Ignaz Zangerle, Dora Tatjana Söllner, Albert Fuchs, Tristan Thor : Gedichte [5] : Die Hochöfen des Schmerzes, Wasserwunder, Geburt des Feuers, Salz und Phosphor, Greise, p.465 à 467, Jean Cassou, Annette Kolb, Wilhelm Boeck.

Baden-Baden .Verlag von Moritz Schauenburg in Lahr. 1948 (juillet)

Louis-Marcel Raymond : Choix de poèmes précédés de la Vie et L'Oeuvre d'Yvan Goll

Saint-Jean, P.Q. l'Impr. Le Canada Français Ltée, 1948. 44 pages. 8°.

Centaur, Jahrbuch Annuaire 1947-1948 : Yvan Goll : Elégie Lorraine (version 1947), p.79/80, Chien de ma mort p.81/82

C.W. Breughel, Amsterdam, 1948.

Phèdre [6], Opéra en cinq scènes. Opus 58. Musique de Marcel Mihalovici, Paroles d'Yvan Goll. Dédié à Paul Sacher. (161 p.)

Paris, Editions françaises de musique, 25 Fév.- 27 mai 1948

Cahiers du Sud 35 ème année -n° 291 - 2ème semestre 1948. Poésie Cubaine : Nicolas Guillen : Discours sur le Tropique p.200-201, Chaleur p.205 ; Emilio Ballagas : Elégie de Maria Belen Chacon, p.209-211, Traductions d'Yvan Goll

La Nef, Revue mensuelle V ème. année n° 45, Août 1948 : Georges Bernanos, Maurice Druon, Marcel Jouhandeau, Pierre Jean Jouve, Claire Goll : Rilke et les femmes, Lettres inédites, Dominique Rolin, Daphné du Maurier .

Editions Albin Michel

 

3 septembre 1948 : lettre d'Yvan (Metz) à Robert et Suzanne Goffin [7]

22 septembre 1948 : émission de Radio Strasbourg consacrée à Yvan Goll [8]

22 octobre 1948 lettre d'Yvan Goll (Hôpital de Strasbourg) à Max-Pol Fouchet [9]

Franz Werfel : Le Chant de Bernadette, roman d'une destinée merveilleuse, traduit de l'allemand par Yvan Goll, cop. 1942. 20 cm. 495 p.

Albin Michel, Paris 1948 - 1952 et 1953

Emile Ludwig : Histoire des Allemands [10]

Flammarion Editeur, Paris 1948

l'Aube 17/1/1949 : page 2, article de Michel Seuphor : Claire et Yvan Goll [11]

La Gazette des Lettres - 30 avril 1949 [12] Bi-mensuel, Paris

Yvan Goll : * Le Char Triomphal de L'Antimoine. [13] In-4, en feuilles sous couverture imprimée . Victor Brauner a gravé 3 eaux-fortes à pleine page, numérotées et signées. Tirage annoncé à 333 exemplaires[14] : 3 exemplaires sur grand Vélin d'Arches numérotés A, B, C, 300 exemplaires sur papier de Rives à la forme et XXX H. C. numérotés de I à XXX . 27 cm.- (3)f. de pl.  (17) f. non paginés.

Editions Hémisphères, Paris 1949

Yvan Goll : * Elégie D'IHPETONGA suivie de * Masques de Cendre, illustrés de quatre lithographies originales de Pablo Picasso (220 ex., 33 cm.)

In-folio en 13 feuilles non paginées sous couverture imprimée. (52 p.)

L'édition originale a été constituée et numérotée de la façon suivante :

20 exemplaires sur Vélin d'Arches pur chiffon à la forme, comportant une suite à part des 4 lithographies sur Japon ancien à la forme numérotés de 1 à 20.180 exemplaires sur Vélin de Rives pur Chiffon à la forme numérotés de 21 à 200 et 20 exemplaires hors commerce, pour les amis de l'auteur et de l'illustrateur, numérotés de I à XX.

Editions Hémisphères, Paris 1949

La Gazette des Lettres n° 96 - 3 sept.1949 - bi-mensuel (Paris). Yvan Goll, interview

de Paul Guth p.1-2 [15]

3 sept.1949 lettre d'Yvan à Henry Miller [16]

La Gazette des Lettres n° - bi-mensuel. Paris1949

Maurice Toesca rend élogieusement compte du "Char Triomphal de l'Antimoine" dans sa chronique

Almanach de l'Alsace et des Marches de l'Est, 4 - 1949

Rédigé par Victor Schmidt. Camille Schneider : Yvan Goll, un poète d'Alsace en Amérique (avec portrait) p.138-139

enregistrement de poèmes par Goll  en octobre 1949

cassette demandée à Saint-Dié le 23 septembre 2003

Cahiers du Sud 36 ème année, n° 298 - 2ème semestre 1949.

Le Témoin poétique par Léon-Gabriel Gros [17]:

Yvan Goll ou La Parole est à la Matière p.478 à 485

Journal d'Yvan Goll samedi 6.11.1949 :

Paul Celan, 31, rue des Ecoles, m'avait écrit une lettre de la part de Sperber; il nous lit des poèmes de «Der Sand aus den Urnen» d'une voix inspirée et Claire et moi, nous nous accordons de les trouver admirables, purs et savants, où les ombres de Rilke et de Trakl s'effacent petit à petit devant son clair génie . "Todesfuge" notamment nous empoigne et nous émerveille.

Celan est à la fois timide et très orgueilleux. Il est convaincu, à bon droit de sa mission de poète. C'est le jeune juif de Czernowitz très raffiné.

Il avait apporté à Claire huit roses rouges, lui qui végète sans le sou dans le Quartier Latin. Nous l'avons retenu à un souper léger.

Barbara Wiedemann, Paul Celan - Die Goll-Affäre. Frankfurt am Main, 2000, page 17.

Rainer-Maria Rilke . Une étude par Pierre Desgraupes . Textes choisis, inédits [18]- bibliographie, portraits, documents, fac-similés ( 222 p.)

Paris, Pierre Seghers, Poètes d'Aujourd'hui -14, 1949

Inspire Revue 8/1/50

Goll : Pariser Theater p.257

Maurice Nadeau : Lettre du samedi 14-1-1950 [19]

ART D'AUJOURD'HUI - REVUE MENSUELLE - JANVIER 1950 n° 6 [20]

Editions de l'Architecture d'aujourd'hui, Paris

Lettre du 9 février 1950 d'Yvan [21] à Alain Bosquet :

Testament d'Yvan Goll [22], 9 février 1950 :

Combat 9ème année n°1759 du Mercredi 1er Mars 1950 : p.1 [23]

Mort du poète Ivan Goll

Combat 9ème année n°1760 du Jeudi 2 Mars 1950 : p.2.[24]

2 Mars 1950 : Discours prononcé aux obsèques d'Yvan Goll par M. Jules Romains de l'Académie Française [25]

Discours de Paul Eluard pour le souvenir d'Yvan Goll

            Voici qu'aujourd'hui nous rendons à la nature humaine, à la terre, aux pierres, aux arbres, un homme qui dans toute sa vie de poète, dans toute son oeuvre, a cherché à percer leurs secrets, à les gagner à la nature humaine, à réduire la différence qu'il y a entre le monde et nous. Pour cette entreprise, il n'avait que l'arme admirable et dérisoire des mots. C'est avec des mots qu'il s'est efforcé de vaincre, c'est par leur magie qu'il a voulu transformer le monde, lui donner la forme de son coeur et de son regard.

Ce fut sa chance et sa grandeur d'atteindre avec Claire Goll aux sommets de la poésie amoureuse, de la vie la meilleure, l'oeuvre et la vie partagées.

            Le meilleur témoignage que nous puissions donner de sa force et de sa juste confiance dans la poésie et d'écouter chanter ici le dernier poème que nous connaissons de lui.

Paul Eluard

(Eloge funèbre devant la tombe d'Ivan Goll)

SDdV 510.347/9

ARMOIRIES DE LA PAROLE

Les mots sont les luisantes haches

Pour creuser le puits d'une plaie

Et répandre le sang qu'on sache

Convoité par les roseraies

Un mot jeté dans la balance

Fait déborder le lac qui stagne

Le fléau devient une lance

Et fait s'écrouler la montagne

Sous l'aile immanente de l'aigle

Aveugle je ne m'approprie

Que par le chant l'âme du seigle

Cent soleils dans ma panoplie

Mais les barreaux de l'écriture

M'ouvrent les bans de la nature

[Le Char Triomphal de l'Antimoine (XIV)

Les lettres françaises 10 ème année n°301 - 2 mars 1950 (sur 5 colonnes p.3)

Le C.N.E. (Comité national des écrivains) vous parle : Robert Ganzo [26]

Notre ami Yvan Goll est mort : *

Poème d'Yvan Goll : Armoiries de la Parole [27]

Les Nouvelles Littéraires n°1174, Jeudi 2 Mars 1950

en page 7 :"Yvan Goll. est mort" [28]

Cahiers de Paris - n° 48 - mars 1950 : Yvan Goll : "Terre de France" p.38

Journal des Poètes 20 ème année n° 3 - Mars 1950 : La mort d'Yvan Goll

avec une photo d'Ivan Goll de H. Martinie, p.1

Claire Goll : Tagebuch eines Pferdes, mit vier Zeichnungen von Marc Chagall, Erste deutsche Ausgabe  51 S. Opbld. ( Bücher der Ernte )

Pflugverlag Thal / St. Gallen 1950

Das Goldene Tor Jg. 5, Heft 3, Juin 1950, Zweimonatschrift für Literatur und Kunst. Herausgeber : Alfred Döblin : Yvan Goll par Claire Goll p.218 à 222

Baden-Baden.Verlag für Kunst und Wissenschaft.

Cahiers du Sud 37 ème année - n°302, 2ème semestre 1950

p.45 à 49, Yvan Goll : Lettre à Feu le Poète Apollinaire [29]

Yvan Goll : * Jean sans Terre, Choix de poèmes. Six exemplaires sur papier de Chine numérotés de I à VI et cent cinquante exemplaires sur Alfamarais numérotés de 1 à 150. En outre quatre exemplaires sur Chine hors commerce ont étés tirés à part

Pierre Seghers, Paris 1950 Collection Cahiers bimensuels n°44 - 18 cm., 45p.

Les lettres françaises 10 ème année n° ? - 10 août 1950

De la Poésie d'hier à la Poésie d'aujourd'hui par Paul Jamati [30]

La Gazette des Lettres 19 août 1950 [31]

Les Lettres, 4 ème année n° 13 - 3 ème Trim. 1950 Revue trimestrielle : Poésie - Philosophie - Littérature - Critique . Directeur André Silvaire . Sommaire : Roger Ménard, Yvan Goll : Jean sans Terre traverse l'océan p.16 [32], Philippe Garcin, Claude Vigée, Maurice Blanchard, Jean L'Anselme, Willy-Paul Romain, Paul Chaulot, Pierre Béarn, Luc Estang, Heinrich von Kleist. Fasc. in-8 broché.

Librairie Les Lettres, Paris.

Le Figaro littéraire 23 septembre 1950 à compléter

Aufbau 6 - 1950. - Nachrichtenblatt des German Jewish Club, Inc.

Leonhard Rudolf : Iwan Goll. Erinnerung und Würdigung, p.465/467

New York

Yvan Goll : Four Poems of the Occult :

Sous portefeuille en 5 livres non paginés et en étui toilé beige. 40 cm.

1- Introduction par F. Carmody

2 - The Magic Circles, Drawings by Fernand Léger, transl. by Claire Goll & Eric Sellin

3 - Elegy of Ihpetonga, 4 lithos by Picasso, transl. by Louise Bogan & Claire Goll

4 - The Myth of the Pierced Rock, etchings by Yves Tanguy, transl. by Louise Bogan

5 - Multiple Woman, ill. by Jean Arp, transl. by Francis Carmody.

The Allan Press, Kentfield, Californie (s.d.) [33]

The Allan Press publia une édition en 1962 (tirage : 100 exemplaires + 30 H.C.) Il existe une troisième édition, également non datée, vraisemblablement de 1969.

Les Cahiers de la Pléiade XI - Hiver 50-51

Valéry Larbaud, Roger Nimier, Jean Tardieu, Jean Grenier, A. Pieyre de Mandiargues, Gottfried Benn : Cerveaux ; Morgue (Petit Aster, Cycle, La fiancée du Nègre p.105-106 ; traductions d'Ivan Goll)

2870 exemplaires, 100 ex. numérotés sur pur fil Lafuma Navarre, 2500 ex. numérotés sur châtaignier, 20 ex. H.C. sur Vélin pur fil Lafuma Navarre de A à T et 250 ex; H.C. sur papier de Châtaignier numérotés 2501 à 2750 (exemplaire n°2571)


[1]Exemplaire n° 173 dédicacé  (écriture de Malcolm de Chazal):    

                                   à "Hémisphères"

                                     New-York

                                   Hommage de l'auteur

(signature)         Malcolm de Chazal

                                     2 - 7 - 47

                                   Malcolm de Chazal

                                     Port - Louis

                                   Ile Maurice

            Il s'agit là de l'exemplaire envoyé à Yvan Goll,  accompagné d'une lettre assez exceptionnelle de Malcolm de Chazal:

.... "Je ne sais quel sera le sort du livre. Sa forme et le fond sont tellement neufs,  qu'il pourrait au début être piétiné,  comme il est arrivé aux oeuvres de tant de précurseurs dans le passé. J'ai pensé à vous adresser ce livre vous sachant à l'avant - plan de la pensée .Vous pourrez en faire l'usage que vous voudrez,  en extraire des parties et les publier,  reproduire les préfaces et les postfaces en totalité,  intéresser les traducteurs et les libraires,  etc.

Il n'est pas inadmissible que le livre intéresse les critiques assez pour qu'ils en fassent beaucoup plus qu'un article de presse et qu'ils le commentent à leur tour,  sous forme de livre. Ce livre indéniablement demande à être adapté pour la masse. Il demande une exégèse. Voudriez - vous la faire ou la confier à d'autres ! 

En attendant de vous lire,  veuillez croire à toutes mes civilités,

                                               Malcolm de Chazal

[2] note de Justin Saget sur "Le Mythe de la Roche Perçée"

[3] note de Pierre de Massot sur "Le Mythe de la Roche Perçée"

[4] Cette lettre fait partie de la succession d'Alain Bosquet  . Après son décès , elle a été archivée à la Bibliothèque Jacques Doucet à Paris et ne peut être reproduite sans accord préalable. La date du 22 juillet 1948 permet, sans contestation possible, de mettre un terme aux très nombreuses supputations et commentaires parus dans la presse allemande pendant les trente dernières années du siècle concernant l'antériorité de certains poèmes de Celan avec les poèmes de Traumkraut de Goll  et - ce qui n'enlève rien à l'immense talent de Paul Celan - vient contredire de façon irréfutable les contre-vérités de Paul Celan dans plusieurs courriers adressés à Petr Solomon ( PAUL CELAN, L'adolescence d'un adieu , Editions Climats , Castelnau-le-Lez , France 1990) et à Alfred Margul-Sperber (un ami de Goll depuis l'après-guerre de 1914 qui lui avait écrit en 1949 pour lui annoncer la venue à Paris de ce jeune talentueux poète  .)

[5] Tristan Thor sera le dernier pseudonyme pris par Goll ; sans aucun doute par similitude avec celui de Tristan Torsi choisi pour son premier recueil de poèmes, "Films",  paru en 1914.

Goll qui était chez sa mère,  à Metz,  alors que Claire est en cure à Challes-les-Eaux,  y prend un mauvais coup de froid ; le 21 Septembre 1948,  Claire le fera hospitaliser d'urgence à l'Hôpital civil de Strasbourg. Il restera plusieurs mois dans la salle 121 dont les 17 lits sont occupés et où l'on n'entend parler qu'allemand. Le mercredi 15 décembre 1948,  Goll pourra,  à 12 heures,  écouter une émission de Radio Strasbourg consacrée à sa poésie. Le 14 janvier 1949,  il quittera l'Hôpital,  emportant des liasses de feuillets de notes,  la plupart des poèmes en langue allemande qui,  excepté les 5 parus dans Das Goldene Tor et qui seront repris dans Traumkraut, les autres ne seront publiés qu’après sa mort dans Abendgesang.

[6] Interprétée en 1951 au Théâtre des Champs - Elysées et à la Radio Nationale à Paris. Première le 9 juin 1951 au Württenbergische Staatstheater de Stuttgart. Direction Ferdinand Leitner,  mise en scène Kurt Puhlmann,  décor Leni Bauer-Ecsy.

[7]                                                                     Metz 3 sept 1948

                                                                                                                                                         Mes chers Robert et Suzanne,

                           J'ai passé l'été à Metz, dans la vieille

maison de mes grands-parents et mère, 5 rue Dupont

des Loges, à 5 min. de chez Moitrier: quand on descend

En (mot illisible)1ère rue à gauche. Un grand appartement

délabré et presque vide comme mon cœur. Rien n'y subsiste

de jadis, et il est impossible d'acheter des meubles aux prix

actuels. Aussi aurais-tu dû me voir la semaine dernière,

allongé sur un sommier, subitement surpris par la pre -

mière crise de rhumatisme de ma vie - contractée au courant

des nuits d'août glaciales et aux effluves de cette vallée

mosellane : moi dormant toutes fenêtres ouvertes !

Claire séjournait en Haute-Savoie pour une cure

à Challes . Ma mère qui a maintenant 82 ans et

qui me va jusqu'à l'aisselle, quitte son couvent de

Moulins et vient me soigner.

            C'est ainsi que je prévois la fin d'un Don Quichotte

lorrain, jadis riche fils de famille parti vers les Etats

de la poésie, en récitant Nietzsche, dans ces mêmes mûrs.

C'est peut-être la meilleure fin imaginable, pour le jaune

squelette que je suis, car la solitude pourrait s'approfondir

encore plus . . .

            Certes , Claire revient demain et on va me soigner et

allumer des feux-follets dans le triste jardin d'en-bas.

Mais qu'y-a-t-il de brisé en moi, et, je le sais aussi en

elle qui ne nous permette plus de vibrer comme jadis.

Oh ! ça ce sait, mais  prt n'en parlons pas

            Quel silence s'est fait autour de moi, à Paris, à

Bruxelles, partout.

            Cette feuille jaune de marronnier que balaient déjà

les jardiniers dans les jardins publics                                                                                                                                                                                                                                                                                                                         vous salue en passant

                                                           Yvan

[8] Le Professeur Camille Schneider,  a lu des extraits du livre:  Yvan Goll,  Choix de poèmes,  précédé de la Vie et l’Oeuvre d’Yvan Goll par Louis-Marcel Raymond ; Goll en fait état dans sa lettre du même jour,  voir M.S.T. p.296-297

[9] Il lui parle de leur rendez-vous à la Rhumerie Martiniquaise où Max-Pol l'a aidé par ses critiques et lui soumet son dernier poème "Hôpital" pour en connaître plus les vices que les qualités .

[10] paru sous le titre Les Allemands aux Editions de la Maison Française,  à New-York en 1941 et traduit par Yvan Goll sous le pseudonyme de Jean Longeville

[11] "Je tiens à saluer le retour en France de Claire et Yvan Goll,  bien connus dans les milieux intellectuels pour leur activité littéraire entre les deux guerres. C'était alors un couple très parisien. Leur renommée venait surtout d'un recueil de Poèmes d'amour (à compléter)

[12] Note de Paul Chaulot sur "Le Mythe de la Roche Percée"

[13] I) Le Grand Œuvre

II) Azoth

III) L'arbre Sephiroth

IV) Le Fou

V) Raziel

VI) Le Semeur d'Exagones

VII) Transmutation

VIII) L'œuf Philosophique

IX) La Rose des Roses

X) Le Dé

XI) La Fille Chaste d'Héraclite

XII) Lilith

XIII) Memnon

XIV) Armoiries de la Parole

XV) Chanson de Paracelse

[14]  (une partie seulement aurait été assemblée à cause d’un différent entre l’auteur et l’illustrateur)

[15]

[16] " Je viens d'écrire les seuls poèmes qui comptent dans ma vie . En voici un petit échantillon."

[17] “ le rayonnement de l’oeuvre d’Yvan Goll n’est pas ce qu’il devrait être. Certes elle a ses fervents mais qui se recrutent parmi les seuls connaisseurs. Ayant justifié,  et au delà,  les espoirs que l’on plaçait en elle sur la foi des premiers recueils,  dans les années 20,  elle n’a point connu la large diffusion que l’on était en droit de lui prédire à l’époque. S’agit-il d’un paradoxe ou d’une injustice ?  Des deux sans doute,  et l’avenir s’en étonnera …Toute poésie qui nécessite une initiation parce qu’elle est elle-même une initiation est en raison même de sa qualité vouée à demeurer secrète …Qu'Yvan Goll soit un de ces poètes en marge c’est l’évidence même comme c’est le signe de sa grandeur. Si déplorable soit-elle l’occultation provisoire de son oeuvre s’inscrit dans l’ordre des choses mais elle a aussi des raisons spécifiquement littéraires…son lyrisme oscille constamment entre les recherches d’avant-garde et le souci de la rigueur formelle; il joue avec autant de virtuosité sur le clavier de l’hermétisme que sur celui de la chanson populaire; il est tantôt hiéroglyphe,  tantôt image d’Epinal …mais quoi !  ce sont là des qualités si rares en notre génération qu’on les y tient pour suspectes,  et qu’en fin de compte cette oeuvre se trouve en porte-à-faux entre les tendances contradictoires de l’époque . Il est difficile,  je l’admets volontiers,  de relier logiquement Le Nouvel Orphée de 1923 à L 'E Elégie d’Ihpétonga qui vient de paraître et,  à plus forte raison de concilier le ton des trois livres de Jean Sans Terre avec celui du Char Triomphal de l’Antimoine. Ce n’est pas en tout cas le lyrisme des Chansons Malaises, le seul de ses recueils disons de lecture courante,  qui nous aidera à trouver la clef de l’entreprise de Goll,  la raison une et profonde que l’on cherche fatalement à toute oeuvre de quelque ampleur. …

Mon seul propos était de rendre hommage à un poète trop négligé bien qu’il soit un des meilleurs de sa génération et celui qui a contribué à bien faire connaître à la mienne tous ceux qui de par le monde nous ont préparé les voies. Je me suis uniquement préoccupé de le situer dans une époque qui sans lui ne serait pas ce qu’elle est et dont il est dans tous domaines,  dans celui surtout des recherches esthétiques,  un des plus irrécusables témoins.”

[18] "la lettre à Liliane a été adressée à Liliane (Claire Goll) à l'occasion de la mort de son père . Le poème "frère et sœur" a été offert à Liliane lors de son séjour chez le poète à Münich en 1918 p.73-76

[19]                  Cher Yvan Goll, 

            Je suis bien désolé que vous soyez tombé

            aussi gravement malade . J’espère que le

            mieux actuel va continuer et vous permettre

            de sortir bientôt de l’hôpital.

            J’irai vous voir lundi après-midi

            vers 16h.30. Mais je ne voudrais pas

            vous fatiguer et il faudra que vous me

           renvoyiez avant que la fatigue vienne                      

                        Affectueusement à vous, 

                                   Maurice Nadeau         

Maurice Nadeau avait,  en 1945,  fait paraître au Seuil une Histoire du Surréalisme (p.85,  il cite Maurice Martin du Gard “ les Nouvelles Littéraires” du 11 octobre 1924 et son jugement sur Breton et Goll ; lui-même,  parlant du Manifeste du Surréalisme de Goll retient l’extrait suivant “ la transposition de la réalité dans un plan supérieur (artistique) constitue le surréalisme.",  et Nadeau conclut:  Un monde sépare,  comme on voit,  ce surréalisme de Breton.

[20]                                                                                                                               RAZIEL                                                                                                                                           A

            

            Sur les vingt-deux piliers de l'alphabet hébreu                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                   CET

            Raziel construit de Verbe une immense officine

            Où le mercure chante et l'oiseau se calcine                                                                                                                                                                                                                        E M P L A C E M E N T       

            Exorcisant la pierre

            apprivoisant le feu

            Soixante-douze noms de l'innommable dieu                                                                                   R E P R O D U C T I O N

            Au langage arrachés:  par le quartz qui fulmine       

            De voyelles un prisme et l'oeil de cornaline

            De lumière et de cris quel appel périlleux                                                                                                    D 'U N E              E A U - F O R T E

            "EL" fait-il "ELOHIM" peinant avec la hache

            Avec la fraise avec la diable avec la clé                                                                                                                                                                                                                            D E          B R A U N E R

            Moine de l'antimoine et magicien du blé

            

            Raziel le séducteur flattant ce qui se cache

            Il assigne il épelle il chante de sa tour

            Soixante-douze noms et devra mourir sourd

                        LE CHAR TRIOMPHAL DE L'ANTIMOINE — YVAN GOLL

                         3 eaux-fortes de BRAUNER — Editions Hémisphère — Paris

[21]             Paris,  9 février 1950

                              Mon cher Alain,

       Tu n'imagines pas quelle joie m'avait fait ta lettre du 16 décembre (qu'est venue encore renforcer celle reçue il y a une semaine environ). Et tu t'es demandé pourquoi je ne répondais pas à un geste aussi amical,  et à ta proposition si tentante.

      C'est tout simplement parce que j'étais entré à l'Hôpital Américain de Neuilly le 13 décembre et que j'y suis encore !

Tu es déjà habitué aux tableaux de mes numérations globulaires,  eh bien voici le dernier,  avant mon entrée à l'Hôpital:  1 650.000 globules rouges,  75.000 blancs,  95 % lymphocytes alors qu'en été dernier,  j'avais encore:  2.800.000 rouges,  30.000 blancs,  75 % lymphocytes.

Je crois que ces chiffres désastreux sont survenus après une série de rayons X.

Ultime remède:  des transfusions de sang. Hier,  j'ai reçu ma treizième,  mais hélas sans grand résultat. Le compte des globules rouges ne monte pas,  et ma fatigue devient de plus en plus insupportable.

Est-ce mon voyage en Italie qui m'aurait trop affaibli ?  Je ne le regrette pourtant pas. Et si je ne t'ai pas répondu plus vite,  c'est parce que je me suis immédiatement mis au travail dans cet hôpital si agréable et si élégant,  qu'on se croirait dans un Sana Suisse,  et auquel j'ai été admis grâce à ma carte de membre de l'Associated Hospital Service of New-York,  auquel j'ai payé régulièrement une petite cotisation,  depuis que j'étais employé à l'OWI.

Venons-en à la Poésie !  J'accepte de tout coeur ton offre généreuse,  surtout parce qu'il me semble pour l'instant que ce sera le dernier livre dont j'aurai choisi le sommaire et surveillé la composition.

Gardons le titre "Das Traumkraut". Je voulais avec cette lettre t'envoyer le texte complet,  dont le livre se composera ?

Je t'envoie assez de nouveaux poèmes,  pour doubler ou tripler le nombre de pages que tu as déjà !  Ça fera un ensemble cohérent. Mais pour qu'il en soit ainsi,  j'ai dû renoncer à extraire de vieilles choses dans mes livres antérieurs. L'atmosphère y est si différente que je gâterais tout. Je les abandonne aux géhennes.

       "Das Traumkraut" sera mon seul recueil de poèmes allemands.

Tu trouveras,  dans le manuscrit ci-inclus,  une nouvelle série de poèmes appartenant à celle que tu détiens déjà. Puis quelques Odes de différentes époques écrites dans une forme horacienne très sévère et enfin !  quelques traductions de mes récents poèmes français,  parus dans l'Elégie d'Ihpétonga (dont je me fais un plaisir de t'envoyer un exemplaire)

      Cela suffira-t-il ?  Sinon,  on pourrait ajouter une version allemande de mes "Chansons Malaises",  × mais seulement im ausserten Notfall.

      C'est ce travail au "Traumkraut" qui a maintenu mon moral,  pendant ces 8 semaines pénibles,  que seule,  aussi,  Claire,  a éclairées de son doux rayonnement.

      Et maintenant,  j'attends tes critiques,  tes suggestions et t'envoie ma fraternelle affection,

                                                Yvan

× Une bonne partie desquelles parut déjà en 1932 dans la "Vossische Zeitung",  "Uhr" et autres revues. Le premier manuscrit que tu détiens,  contient-il aussi "Hiob" que j'avais ajouté plus tard ?

[22]                                             Paris,  le 9 février 1950

Ceci est mon testament:

Je soussigné Yvan Goll,  né Lang Isaac,  le 29 mars 1891 à Saint-Dié  (Vosges) domicilié à Metz  (Moselle) 5,  rue Dupont des Loges,  institue ma femme Claire Goll,  née Aischmann comme légataire universelle,  n'ayant moi-même pas d'enfants et étant le fils unique de Mme Veuve D. Kahn,  qui est née à Metz et habite toujours à Metz,  son jour de naissance étant le 20 avril 1867, celle-ci m'a certifié que dans un testament de sa main,  elle a renoncé à sa part légitime au profit de mon épouse Claire Goll . C'est donc à celle-ci que je lègue tous mes biens mobiliers et immobiliers,  présents et futurs.

            Si ma femme venait à décéder avant ou en même temps que moi-même,  j'institue comme Exécuteur Testamentaire Maître Charles Rosenberg avocat à Paris qui avec tous les capitaux,  biens de droits que je possède et ceux de Claire,  créera un "Fonds Claire et Yvan Goll",  déposé dans une Banque et dont le but sera défini ci-après. Mais avant de procéder à la constitution de ce dit - Fonds,  l'Exécuteur Testamentaire réglera tous les frais d'enterrement,  achètera un caveau (déjà choisi) au cimetière du Père-Lachaise,  et réglera la Pierre Tombale du double - caveau,  dont les plans sont déjà établis.

Le "Fonds Claire et Yvan Goll",  dirigé et constitué par Me. Rosenberg comprendra les quatre personnes suivantes

1) Mme Yanette Delétang-Tardif,  poète habitant Neuilly - sur - Seine

2) Robert Ganzo,  poète à Paris

3) Paul Celan,  poète habitant à Paris

4) Alain Bosquet,  poète stationné à Berlin.

            Leur principale tâche sera de publier ou de rééditer sous forme définitive,  mes oeuvres poétiques ainsi que les oeuvres de Claire.

            S’il reste une somme suffisante,  le Fonds créera un "Prix Claire et Yvan Goll" destiné annuellement au recueil de vers d'un jeune poète particulièrement doué .

            Si un des quatre conseillers techniques venait à disparaître ou à se récuser,  les trois restants,  sous la présidence de l'exécuteur testamentaire en éliront un autre.

Je révoque tous mes testaments antérieurs

Yvan Goll

(Isaac Lang)

Paris 9 février 1950

[23] Le poète Ivan Goll qui souffrait depuis plusieurs années d'une grave maladie et qui était hospitalisé depuis quelques semaines,  est décédé hier,  à l'âge de cinquante huit ans

Né à Saint-Dié,  il avait publié en 1914 "Requiem pour des amis d 'Europe",  en collaboration avec sa femme Claire Goll "Poèmes d'Amour",  puis seul:  "Jean sans Terre" (1921 ),  "Chansons Malaises". Durant la dernière guerre,  il avait séjourné aux Etats-Unis où il publia "Le Mythe de la Roche Perçée". Depuis son retour en France,  il avait écrit:  "Le Char de l 'Antimoine",  "Le Mythe d ' Ihpétonga", ,  illustré par Picasso et dont "Combat" a publié un fragment .

Nous présentons à sa veuve,  Claire Goll,  nos respectueuses condoléances .

[24] Le 12 janvier dernier,  Yvan Goll,  dont nous avons annoncé hier le décès et qu’on enterre ce matin,  à 10h. 30,  au Père-Lachaise,  m’écrivait de l’hôpital américain de Neuilly où il venait de subir sa dixième transfusion de sang:  "J’ai eu l’occasion d’écrire un peu ici,  et notamment une théorie poétique' "manifeste" serait un trop grand mot ! ) basée sur de longues recherches et sur mes poèmes récents. J’aimerais en discuter avec vous et,  en cas de complications,  vous faire le dépositaire de ces pensées."

J’allai voir Yvan Goll qui supportait stoïquement sa terrible maladie de l’issue de laquelle il ne doutait guère. Du pré-surréalisme dont il était parti,  il aboutissait à une conception nouvelle de la poésie,  issue des choses et non du poète. Il me remit les notes qui suivent — M. N (Maurice Nadeau):

Le "Réisme" naît de l’objet absolu par Yvan Goll: 

Pour exprimer l’essence de la vie,  pour être vie,  la poésie doit émaner de la Chose en soi,  le Ding an Sich,  le RES ; être la fleur directement reliée à sa racine.

Cette racine est RES,  et non realitas. C’est l 'Objet en action,  non la réalité,  telle que le poète ou l’artiste la voit,  la pense ou la rêve.

La Poésie surgit-elle du Verbe ou de l 'Objet ?

Surgie du Verbe seul,  la poésie reste dans le domaine de la rhétorique,  de la grammaire,  de l’artifice créé par l’homme lui-même.

"Au commencement était le Verbe"?  Le Réiste dira plutôt:  "A la fin était le Verbe",  après une longue et patiente métamorphose qui,  dans le poète ou l’artiste,  transforme l'Objet en Verbe,  en oeuvre d’art.

Réalisme,  surréalisme,  réalité nouvelle sont dérivés de la Réalité,  de la vision des choses.

Réisme,  que nous proposons comme théorie de base,  naît de l'Objet absolu.

Rilke disait:  "Restez devant !  Regardez l'Objet jusqu’à ce que vous l’ayez dévoré ! "

Le Réiste dit:  "Entrez dedans !  Intégrez-vous à l'Objet,  devenez cet objet jusqu’à ce qu’il vous ait dévoré ! "

S’il est exact que la vie est créée par une énergie se renouvelant sans cesse,  énergie que les peuples ont appelée Dieu,  le poète doit serrer le RES d’aussi près que fait le croyant quand il réussit à s’intégrer l’essence et jusqu’au nom de Dieu.

[25]

( 2 mars 1950 )

L’homme qu’était Yvan Goll,  je ne l’ai vraiment connu qu’à New-York,  où nous nous trouvions ensemble pendant la Guerre .
            Je connaissais depuis longtemps le poète,  que j’avais en haute et singulière estime . Mais l’homme n’était encore pour moi qu’une silhouette,  il me restant à découvrir.

Ses amis le savent:  c’était un être d’une étonnante séduction . Sa voix,  son regard,  l’expression permanente de son visage,  faisaient appel à ce qu’il y avait en vous de moins offensif,  de moins sur le qui-vive,  de plus volontiers confiant et abandonné . Je ne l'ai jamais entendu parler avec amertume de rien,  ni de personne . D'abord il parlait peu. Pour mieux dire il ne prenait jamais la parole . Il attendait qu’un silence des autres vint la lui offrir .

            Il était si naturellement modeste qu’on oubliait de s’en apercevoir . Quand je songe à tous ceux dont chaque phrase est un rappel de leurs mérites,  où des injustices qu’on leur a faites,  ou des hommages que tout de même ils ont recueillis,  mais qui ne sont qu’un faible acompte de ceux que leur doit un avenir réparateur !

            Yvan Goll ne plaignait pas . Ou plutôt une espèce de plainte sortait bien de l’être qu’il était,  mais à son insu . S’il en avait eu conscience ; il s’en serait excusé comme d’une indiscrétion .

            Dans ce New-York des années de guerre,  il était comme un exilé,  ainsi que d’autres,  ainsi que nous . Mais l’exil ne semblait pas avoir de quoi le surprendre,  ni de le décontenancer . Pour le poète de Jean Sans Terre,  l’exil n’était pas un accident . C’était une sorte de vocation . L’on peut dire qu’il ne n'y perdait Pas . Il s’y retrouvait .

            Aux événements du monde dont nous parlions ensemble,  il vouait la même malédiction que nous . Il ne jouait nullement à leur égard l’indifférent ni le détaché . Mais il leur opposait malgré lui comme une grâce intemporelle .

            Je l’ai revu à Paris . Sa maladie ne lui laissait,  je crois,  aucune illusion .Il n’aurait pas fait aucune difficulté à vous déclarer :

             "Oh !  ma mort n’est plus qu’une question de temps". Mais il l’eût dit avec un sourire si désarmé,  si bienveillant,  qu’on eût soudain pensé que la mort,  pas plus que l’exil,  n’avait sur lui le même effet de désarroi,  le même pouvoir de morsure,  que sur d'autres . 

            Pour le poète qu’a été Yvan Goll,  je m'en voudrais de traiter de lui en si peu de mots,  de paraître expédier un éloge cursif et de circonstance . Ce que je tiens à dire,  en m’inspirant de la modération et de la pudeur qu’il montrait,  c’est que peu de poètes de notre temps ont été moins superflus . Je n'ai jamais rien lu de lui qui ne me semblât nécessaire,  justifié,  dicté . Rien qui,  du même coup ne fût intéressant et émouvant . Ce sont là deux épithètes qui peuvent paraître faibles aux amis de l’emphase . Je leur attache pour ma part beaucoup de prix,  et ne les décerne,  dans la vérité de mon cœur,  qu’à un tout petit nombre . Bien des poèmes d’Yvan Goll ont de grandes chances d’être durables .

            Une raison particulière qu’ils ont de durer est qu’Yvan Goll,  sans l’avoir prémédité ni cherché,  se trouve avoir exprimé tout à la fois,  d’une manière indissoluble,  lui-même et son époque,  le tournant du vivant qu’il était,  et le tournant de l’âge où il lui était imposé de vivre .

            Certaines de ses strophes pourront devenir des épigraphes au-dessus des portes de fer de notre temps . Quel plus bel éloge à faire d’une poésie qui n’a eu d’autre ambition,  d’autre soin,  que d’être personnelle ?

            Enfin que Claire me permette de lui affirmer avec quel sérieux,  quelle profondeur,  la perte d’Yvan Goll est ressentie par nous,  et combien sa mémoire sera pour nous non affaire de mots,  mais chose dense et vivante .

            Et laissez-moi jeter sur sa tombe ces trois strophes qu’il écrivait il y a quinze ans:

                                 

                                 Qu’il est difficile

                                 D’être seul et grand:

                                 Là-bas mille villes

                                 Te rappellent : Jean

                                 Vite il faut descendre

                                 Plein de repentir

                                 Dans la nuit de cendre

                                 Aller se blottir

                                 Là-bas !  Jean sans Terre !

                                 Pas ici !  Là-bas

                                 Sont les joies entières !

                                 Là où tu n’es pas !

                                                                  Jules Romains

                                                                   2 mars 1950

[26] Notre ami Yvan Goll est mort

Au Temps où Yvan Goll, poète, chargeait les épaules de son Jean sans Terre, de ciel, de branches, d'oiseaux ou de limons, il ne pouvait y avoir pour nous d'équivoque. Ce qui nous était proposé par d'autres chemins que ceux de Guillaume Apollinaire ou de Blaise Cendrars : une poésie qui se voulait profondément humaine et déambulant à travers les espèces et les éléments. Et lui, Goll, en son héroïque aventure, nous le savions humble et se démêlant devant les hommes afin qu'ils pussent se reconnaître jusque dans ses paroles les plus secrètes et ses synthèse souveraines.

Jean sans Terre continue à survivre dans les mots de poètes venus après Goll et parmi les plus fêtés. Un jour, je dirai peut-être mieux ce que la longue et patiente entreprise de celui dont je parle ici et qui s'en allait, au long de routes européennes ou américaines, avec une exceptionnelle tendresse pour les êtres et les objets de notre univers, et jamais défaillante.

Chaque fois que je pense à Yvan Goll, je pense aussi à Claire, sa compagne. Il publièrent ensemble un livre de poèmes d'amour. Il demeure exemplaires .

Les derniers frémissement de sa vie, Goll les a transmis à son « Elégie d'Ihpétonga » et aux  « Masques de Cendre » que Picasso illustra de lithographies. Avant cela, il y eut « Le Char Triomphal de l'Antimoine » et un livre encore « Le Mythe de La Roche Percée ».

Chacun de ces ouvrages mériteraient un long commentaire. Ils forment une trilogie. Alors que l'homme était partout avec « Jean sans Terre », ici, c'est la pierre, les éléments épars et en elle concrétisés de la terre qui sont le thème principal des poèmes de Goll. Elle s'érige -- pierre ou roche - devenue pour les hommes une sorte de lieu commun, de vieux noms si usées que plus rien presque ne subsistait de sa signification. Mais survient Yvan Goll, poète, roche ou pierre ou de quartz, il va  nous les révéler à nouveau  et nous les nommer :

Pierre plus agitée que les vivants,

plus rancunière que la mer,

plus démente que les oiseaux...

Dans l'intention même de Goll qui croyait échapper un peu aux vivants, ceux-ci ne se laissent pas oublier. Les voici, debout dans la légendaire épopée indienne. Ihpétonga est le nom que les Indiens donnaient à la partie de Brooklyn qui s'appelle aujourd'hui  Columbia Heights, et qui domine le port de New York. Mené par son poème , Goll est allé aux renseignements . Alors, il a écrit :

Dans la lagune d'Ihpétonga,

Un roseau de trente mille ans

dresse son fanion de démence...

Voilà, pour des critiques incompétents de la poésie française actuelle, de quoi passer, une fois de plus, inaperçu .

Une rumeur, un haut qui chantait un district , une rivière, une ligne de chemins de faire, de d'une flottille de remorqueurs de. C'est toujours, port Yvan Goll, un jeu émerveillé d'oreille de et de lèvres.

Entre le quartz et l'homme, quel échange et quelle haute signification  !

... à mettre un regard si pur

aux yeux biseauté du quartz.

Dans les prismes des grenats

saigne mon oeil enfermé.

Parti  de la pierre et de son tumulte, comme en un vertige avec quelque mots, Goll refait le long chemin, à rebours, depuis le premier poème à la femme qu'il aime, depuis le premier ordre reconnu, depuis la première fleur, jusqu'à lui, Goll, de nouveau et soudain :

Aveugle, je ne m'approprie

que par le champ, l'âme du seigle.

Yvan Goll n'est pas mort. Nous le rencontrons dans ses poèmes, où tout est découverte avec l'homme et pris toujours aux objets de la merveilleuse réalité.

[27] ARMOIRIES DE LA PAROLE

Les mots sont les luisantes haches

Pour creuser le puits d'une plaie

Et répandre le sang qu'on sache

Convoité par les roseraies

Un mot jeté dans la balance

Fait déborder le lac qui stagne

Le fléau devient une lance

Et fait s'écrouler la montagne

Sous l'aile immanente de l'aigle

Aveugle je ne m'approprie

Que par le chant l'âme du seigle

Cent soleils dans ma panoplie

Mais les barreaux de l'écriture

M'ouvrent les bans de la nature

[Le Char Triomphal de l'Antimoine (XIV) 14 vers] 

[28] On nous annonce la mort du poète Yvan Goll, survenue après une très longue maladie à l ' hôpital Américain de Neuilly,  hier . Yvan Goll avait 58 ans . Il était né à Saint-Dié . En 1914,  il publiait Requiem pour les Morts d 'Europe / Plus tard,  en collaboration avec Claire sa femme:  Poèmes d 'Amour:  plus tard:  Jean sans Terre,  Le Nouvel Orphée,  Le Char de l 'Antimoine,  Le Mythe de la Roche perçée, et L 'Elégie d ' Ihpétonga, un peu avant sa mort .Ce dernier ouvrage a été illustré de lithographies par Picasso . Les obsèques ont lieu ce matin,  Jeudi 3 mars,  au Père-Lachaise .

[29]Traduction du texte allemand paru dans le numéro de février des Weissen Blätter ; cette version française comporte de très nombreuses variantes avec celle parue dans:  Apollinaire,  aux Editions L’Esprit Nouveau,  Chez Budry s.d.  (1924)

[30] Sur "Jean sans Terre", Seghers

[31] Note de Hugues Fouras sur "Jean sans Terre" Seghers

[32]cette version inédite comporte 68 vers alors que "Jean sans Terre traverse l’Atlantique "p.157 dans Jean Sans Terre publié chez Seghers en 1957,  “Jean Sans Terre Crosses The Atlantic “ p.154-155 dans Jean sans Terre,  Thomas Yoseloff,  New-York - London en 1958 et dans Jean Sans Terre,  pages 152-154,  Langewiesche - Brandt KG Ebenhausen bei München,  version bilingue en 1990,  toutes versions de 56 vers (34 vers de cette première version sont conservés mais dans un ordre remanié)

[33]1950 nous dit la Bibliographie complète écrite de la main de Claire Goll,  voir note n° 133

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BIOBIBIOGRAPHIE de 50 à la mort de Claire 1977

La Voix du Nord 11-12 Février 1951 : la chronique des livres par Paul Guth [1]:

Un poète d'une densité de minerai - Un mort et une vivante se disent leur tendresse.

27 février 1951 Poème de Pierre-Emmanuel dédié à Yvan  et dit sur la tombe d'Yvan à l'occasion du premier anniversaire de sa mort :

Consolateur ! Quand j'allais ramener le soir

Sur mon visage pour m'éteindre avec ma race,

Une musique m'éveilla. C'était le vent

Qui chantait dans mes os - ou peut-être la Terre

Otée du four et que pénètre le serein

Craquelant la chaleur du sol. Ainsi des siècles

Se plaignent-ils quand on défourne des tombeaux

Couvés par les déserts d'une brûlante Asie

Les vases des Empires morts. Si je suspends

La harpe de David dans les saules, je vois

Le roi danser autour de l'arche : et quand le Livre

S'ouvre aux commandements du vent, voici gémir

Jérémie sur Moab comme une flûte. Aucune

Parole grande ne se meurt.. Je sais alors

Que le verbe est la seule éternité : promesse

D'âme, et qu'un jour viendront des hommes en esprit

Fondés sur la très sure assise du langage,

Qui prieront à visage ouvert sans se cacher

Honteux, derrière leur chapeau

            Car si le chant

Est obscur, et la voix du Baptiste enrouée

C'est que l'homme de lourde argile n'est poreux

Que par  blessure, mais non saisi d'égale flamme  :

Tous parlent, mais bien peu savent chanter?  Leur âme

Est rare comme l'air prisonnier des murs :

Rien ne porte le son au-delà de lui-même

Le poète a les pierres seules pour écho .

Mais ils respirent cette voix s'il ne l'entendent,

Et quelque jour des poumons d'homme connaîtront

Que la Parole était leur souffle, aussi commune

Que l'air ou le soleil sur la peau nue. Ce jour

Verra la terre s'arrêter comme la roue

Du potier quand le vase a reçu forme. Et Toi

Consolateur. ! Tu saisiras dans ton brasier

De Pentecôte l'âme unique de ce monde

Tous les hommes en un seul verbe réunis

Un seul temple, un seul sépulcre vide

Un seul vase où fera libation l'Esprit.

Paul Guth : Quarante contre un [2] Yvan Goll, l'Alchimiste de la Pierre p. 189 à 195

Denoel, Paris, mars 1951

Yvan Goll : * Les Géorgiques parisiennes Collection Cahiers bimensuels n° 63

(33 p.) Dix exemplaires sur Chine numérotés de A à J et cinquante exemplaires sur Alfamarais numérotés 1 à 50 (18 cm. - 35 p.)

Pierre Seghers, Paris 1951

La Nef 8è. Année n° 75/76, Avril-Mai 1951

Yvan Goll, Les Géorgiques Parisiennes (Seghers)[3].

Editions Albin Michel

Das Lot n°5 mai 1951 - Die Schriftenreihe internationaler Avantgarde .

Herausgeben von Alain Bosquet, Alexander Koval, Edouard Roditi .

Sommaire :  Ambrose Bierce, Tennessee Williams, Joachim Kartz, Alexander Koval, E. M. Cioran, Karl Schapiro, René Char, Albrecht Fabri, Jean Paulhan, Pierre Seghers,  Iwan Goll : Hospital, Stunden, Hiobsgesänge I, II, III p.60/61 et p.76, Konstandinos Kavafis .            

Karl. H. Henssel Verlag Berlin 1951

La Gazette des Lettres 15 juin 1951

Albert-Marie Schmidt [4]: p.23 à 26

Das literarische Deutschland 2 - n° 13 -1951. Schwedhelm Karl : Zweieinige Stimme. Die Dichtung von Yvan und Claire Goll. p. 3-4

Das literarische Deutschland 2 - n° 14 -1951:

Goll Yvan : Jean sans Terre conduit la caravane

Johann ohne Land führt die Karavane (français/ allemand) p.4

Welt und Wort 6 (1951). Iwan Goll : Johann ohne Land leidet die Erde.

übertr. von Johannes Piron, p.37

La Bouteille à la Mer 2ème trimestre 1951 - Cahiers trimestriels de Poésie, Directeur Hugues Fouras : Les Géorgiques Parisiennes p.47 [5]

Les lettres françaises 11 ème année n° 382 - 4 octobre 1951:

page 1, La Ballade de toutes les mères par Yvan Goll (inédit 52 vers)

Yvan Goll : * Les Cercles Magiques . Six dessins de Fernand Léger

750 Ex. sur vélin pur fil Lafuma numérotés de 1 à 750. 16 cm. (63 p.)

Editions Falaize, Paris 1951

Ivan Goll :* Traumkraut, Gedichte aus dem Nachlass (64 S.- 20 cm.)

Erste Ausgabe (Vorwort von Claire Goll ). Umschlagzeichnung von Marc Chagall

Limes Verlag Wiesbaden 1951

Limes Verlag Niedermayer & Schlüter GmbH, Wiesbaden und München, 1982

Das literarische Deutschland 2 - n° 22- 1951

Heinz-Winfried Sabais : Rez. Zu Yvan Goll: Traumkraut p.11

Signes du Temps II: n° 6 - second quadrant 1951 

Littérature - Art - Poésie - Revue trimestrielle - Dir. Gilbert Lamireau.

Sommaire : Gilbert Socard, Yvan Goll : Elégie de l'Ange capturé p. 4-5 et dernier autoportrait d'Yvan Goll p.6, Robert Sabatier, Marius Bruno, Serge Michenaud, Jean Vodaine, Albert Bruno, Gabriel Duplan, Armande Loup, Pierre Yvernault, André Malartre, Roger Judrin, Langston Hugues, Henry Miller, Yves Cosson, Joë Bousquet, Christiane Burucoa, Jean Rousselot, Christian Gali, Jean Forton, Gilbert Lamireau

Saint-Jouin-de-Marnes (Deux-Sèvres)

Claire et Yvan Goll : * Dix mille aubes. Huit dessins de Marc Chagall

957 exemplaires dont 7 sur Vélin de Madagascar numérotés de 1 à 7, 50 exemplaires sur Vélin Azur des Papeteries du Marais numérotés de 8 à 57 et 950 exemplaires sur Vélin Pur Fil Lafuma des Papeteries Navarre numérotés de 58 à 957. (91 p.)

Falaize, Paris 1951

Fritz von Unruh : Ce n 'est pas encore la Fin [6]

Traduit de l'allemand par Ivan Goll

Gallimard, Paris 1951 (Collection blanche) 630 p.

Stefan Zweig : Le Brésil, terre d'avenir

Traduit de l'allemand par Jean Longeville (Ivan Goll)

Albin Michel, Paris 1949

Synthèses février 1951: Emilie Noulet :"Le Char triomphal d'Yvan Goll",[7] Etudes.

Bruxelles

Yvan et Claire Goll : Oeuvres choisies [8] (Edition japonaise, trad. par Daïgaku Horiguchi. Ill. de Marc Chagall)

(Contient Le Nouvel Orphée, Métro de la Mort, Chansons malaises, Chanson de Jean sans Terre, L'Antirose, Dix mille Aubes )

Tokyo s.d. (c.1951)

Claire Goll : Tagebuch eines Pferdes, mit vier Zeichnungen von Marc Chagall, Limes Verlag Wiesbaden 1951

Claire Goll :* Les larmes pétrifiées, avec un dessin d'Antoni Clavé

dix exemplaires sur Hollande marqués I à X et 50 exemplaires sur Alpha Marais numérotés 1à 50

Collection Cahiers  bimensuels n°89

Pierre Seghers , Paris 1951  ( 29 )p.18 cm.   

Le Journal des Poètes 22 ème année n° 1 - 15 Janvier 1952

Alain Bosquet : Traduction française de "Fugue de la Mort" de Paul Celan.

Le Journal des Poètes 22 ème année n° 2 - 15 Février 1952

Claire Goll : Chansons Indiennes p.7

Le Journal des Poètes 22 ème année n° 3 - Mars 1952

p.1 : Portrait d'Yvan Goll vu par le Poète anglais Georg Barker

p.3 : Le souvenir de Jean Sans Terre, Yvan Goll, Poète et Magicien par Pierre-Louis Flouquet [9] avec un poème inédit "Hôpital "

Samedi 29 mars 1952, conférence de Marcel Brion sur Claire et Yvan Goll, salle Pleyel pour la Société des Poètes (fondée à l'initiative de Paul Valéry). Lecture de textes par Madeleine Milhaud, Marguerite Jules Martin et Sacha Pitoeff.

Yvan Goll : * Malaiische Liebeslieder

Aus dem Französischen übertragen von Claire Goll,

Deutsche Fassung der Gedichte 21, 23, 24 et 25 von Yvan Goll - 40 S. Kl. - 8° 17 cm. ein Tafel nach einer Originalzeichnung von Henri Matisse,

Erste Ausgabe der deutschen Fassung . "Bücher der Ernte"

Pflug Verlag Thal / St Gallen, Schweiz 1952

Neue literarische Welt 3 -1952 n°13 Heinz Winfried Propagandisten der Liebe.

Über Claire Goll: Tagebuch eines Pferdes und Yvan Goll : Malaiische Liebeslieder p.13

Simoun n° 2 - mars 1952, Revue littéraire et artistique (bimestrielle) : 74 p., Gabriel Audisio, Georges Linze, Louis de Gonzague Frick, Jean Paulhan, Jean Cocteau, Jean Rousselot, Blaise Cendrars, Amédée Guillemot, Georges le Sidaner, Ahmed Sefrioui, Julien Blanc, Armand Lanoux, José Hierro, Lario Solar, Roger Rabiniaux, Jean Cassou, Charles Le Quintrec, Yanette Deletang-Tardif, Franz Hellens, Louis Guillaume, Christiane Burucoa, Yvan Goll, notice biographique due à Paul Chaulot p.34, et grâce à la bienveillance de Claire Goll, trois poèmes inédits : Qu'ai-je trouvé dans les ruines de minuit 12 vers, Les réverbères 12 vers et Chaque minuit je me réveille 13 vers p.35-36 et 37 ; Jean Pierre Millecam, Luc Bérimont, Claude Roy, Léon Jacques, Robert Sabatier. illustrations de : Gilbert Llopis, Christian Caillard, Limouse et Jean Launois.

Oran, 1952

Le Sextant  Signes du Temps IIème quadrant : n° 9/10 - 1952 

Littérature - Art - Poésie - Revue trimestrielle - Animateurs Gilbert Lamireau, Gabriel Duplan.

Sommaire : Prix Tristan Corbière 1952, Le Point du Monde, Poésie de notre Temps :  Yvan Goll : Numéro 13, p.38 (extrait des Cercles Magiques, à paraître chez Falaize avec huit dessins de Fernand Léger), Jeannette Bayon,  René Fallet, Armand Lanoux …, Esquisses sur nos contemporains : Jean Rousselot, Jacques Doucet, Louis Guillaume …, inédits de Albert Camus, Jean de Boschère, Jean Paulhan, Luc Estang, Signes Critiques . 101 pages

Saint-Jouin-de-Marnes (Deux-Sèvres)

Die Gegenwart 7 - 1952 : Ivan Goll : Die Aschenhütte, p.461

Lee Van Dovski : Eros der Gegenwart ( Quasi ein III. Band von " Genie und Eros " )

p.37 à 55 : Yvan Goll

Genf, Neuer Pfeil-Verlag, 1952

Claire Goll : * Versteinerte Tränen  ( Les larmes pétrifiées ) Gedichte mit  Reproduktionen von Zeichnungen von Antoni Clavé ( 1000 Ex. bei Jul. Engelberg )

Eine Luxus Ausgabe : 100 Ex., Nr. 1-10 auf schwerem Japan, Nr..11-40 auf hand geshöpftem Bütten, Nr.41-100 auf Zerkall . mit vier signierten Originallithographien von Antoni Clave versehen, numeriert und von der Dichterin signiert .

Verlag der fragmente - Karlsruhe 1952

29 mars 1952, Salle Debussy à Paris, à l'invitation de la Société de Poésie, Marcel Brion : Deux Poètes, Claire et Yvan Goll

: Lectures choisies : L.J. Frenay, I. Feron, A. Janssen (édition revue et augmentée par Georges Linze), illustrée par Edmond Delsa ; p.133, Yvan Goll, Soleil (extrait de Le Nouvel Orphée)

Liège, Editions Desoer, 1952

Les lettres françaises 11 ème année n°408 - 3 au 10 avril 1952 - p.3

Le C.N.E. (Comité national des Ecrivains) vous parle : Samedi dernier (29 mars), à la salle Pleyel, Marcel Brion a fait à la Société de Poésie fondée sur l'initiative de Paul Valéry une conférence sur Claire et Yvan Goll (suit le compte-rendu de cette soirée où furent dits de nombreux poèmes de Claire et d'Ivan ). Publication du poème, Elégie du Manteau Rouge.

Merkur, 6 -n°50 ( Avril 1952) Deutsche Zeitschrift für europaïsche Denken.

Yvan Goll : Ode an die Amsel ( 86 vers de 1933 ) p.339 à 341, avec note d'introduction de Claire Goll.

Deutsches Verlag Anstalt, Stuttgart 1952

Le Populaire 10 mai 1952 [10]

Le Courrier Littéraire d'Outre-Mer et des Marches de France - Mai 1952

(Supplément mensuel du Journal de Tanger) p.3 :

Yvan Goll : * Elégie du Manteau Rouge

Merkur, 6 - (1952) p. 1133 à 1135 : Yvan Goll : * Herbst der Welt. Der Ölbaum

Deutsches Verlag Anstalt, Stuttgart 1952

L'Italia (journal) s.d.  (1952) : Ricordo in Francia di Yvan Goll, Un poeta d'Europa tragicamente nomade.

L'Italia : (journal) 21 août 1952 : article de Lionello Fiumi (Poète et critique littéraire italien) consacré à Yvan Goll, l'inventeur du terme de "surréalisme" (Invento il vocabolo "Surréalismo")

Panorama critique des nouveaux Poètes Français par Jean Rousselot [11] - 390 p.: A. Artaud, Audiberti, M. Béalu, A. Bosquet, J. Bousquet, A. Césaire, R. Char, R. Desnos, J. Follain, R. Ganzo, Yvan Goll p.54 : Identité de Jean Sans Terre p.55, Le moulin de la mort (Cercles Magiques) p.56 et 57 et Claire Goll p.54, Léon-Gabriel. Gros, Guillevic, H. Michaux, H. Pichette, F. Ponge, J. Prévert, R. Queneau, P. Seghers, G. Shéhadé, J. Tardieu, C. Vigée. 20 ex. sur Alfamarais numérotés de 1à 20.

Pierre Seghers Editeur - Poètes d'Aujourd'hui 1952

Claire et Yvan Goll : Nouvelles Petites Fleurs de Saint François

Dix exemplaires sur Hollande marqués de A à  J (69p.- 18 cm.)

Pierre Seghers, Paris 1952 Collection Cahiers bimensuels n°239

Claire und Ivan Goll : Neue Blümlein des heiligen Franziskus.

Mit fünf Zeichnungen von Francis Rose. 92 S., Ill. Opbd.

Thal St. Gallen, PflugVerlag 1952

Le Sextant,                                                                           à compléter

Nantes, 1952

Caractères, n° 6 (sans date), Revue de poésie contemporaine :

Alain Bosquet, Jan Brzekowski, Jean Cassou, Philippe Chabaneix, Malcolm de Chazal, Raymond Datheil, Yanette Delétang-Tardif, Bruno Durocher, Léon - Paul Fargue, Jean Follain, Yvan Goll : Athanor, suivi de Lilith, Jorge Guillen, Franz Hellens, Pierre Jean Jouve, Jean Le Louet, Luc - André Marcel, Loys Masson, Pierre Menanteau, Jean - Jacques Morvan, Jacques Pellissier, Michel Ragon, Gabriel Robert, Pierrette Sartin, Claude Vigée.

Bruno Durocher, Paris.

Caractères n° 7 - 8 sans date (1952 ou 53) Revue de poésie contemporaine :

Pierre-Albert Birot, Camille Bryen, Gaston Criel, Raymond Datheil, Bruno Durocher, Jacques Duron, Marc Eigeldinger, Louis Emie, Luc Estang, Benjamin Fondane, Yvan Goll : Tête de Plâtre, Louis Guillaume, Hélène Morange, Hervé Masson, Jean-Jacques Morvan, Péricle Patocchi, Gaston Puel, J. Souchon, Jean Cassou, Franz Hellens, Krol, Jean-François Chabrun, Léon-Paul Fargue, André Frenaud, Francis Picabia, Max Jacob, Raymond Queneau, Tristan Tzara, Pierre-Jean Jouve.

Dessins de : Alice Gagnaire, Francis Bott, Francis Picabia

Caractères, Paris

Claire Goll : Journal d'un Cheval ***

Exemplaire exceptionnel format 24 sur 30 cm. en couleurs, avec 1 dessin de Marc Chagall  et  1 dessin de Robert Delaunay ( 200 ex  dont 50 sur papier de Hollande.) Celui-ci est l’exemplaire imprimé pour Claire Goll qu’elle a offert dédicacé « à Suzanne BLUM à laquelle je destinerai quelques belles pages dans mon « Journal » Les lithographies ont été tirées par André CLOT,  DJ octobre 1952

Konturen 1(1952 / 53), H.2 : Hans Bender: Das neue Buch: Zu Ivan Goll, Traumkraut p.37

Konturen 1(1952 / 53), H.5 : Hans Bender: Nachwort zu Ivan Goll : Siebzehn Gedichte aus der Nachlass. p. 2-23

La Tour de Feu n° 39 - Hiver / Printemps 1953 - Revue internationaliste de création poétique, direction Pierre Boujut. L'expérience des Arcanes :

Edmond Humeau, Camille Bryen, Michel Carrouges, Georges Linze, Yvan Goll :

L'arbre de poussière p.18 [12], Armande Loup, André Niel, Géo Norge, Raymond Polyte, Robert Maret, Michel Manoll, Yves Lévy, Franz Hellens, Jacques Dalléas, Pierre Chabert, Jacques Samuel, Adrian Miatlev, André Martel, Pierre Boujut, Fred Bourguignon.144 p.

Jarnac, Charente, 1953

Paris-Comoedia 12 mai 1953 : Texte de Boris Vian, paru également dans le Programme du Théâtre de Babylone en mai 1953 pour la Première de L'Incendie de l'Opéra de Georg Kaiser [13]

samedi 16 mai 1953, création de L'Incendie de l'Opéra , de Georg Kaiser :

Traduction de Claire Goll, adaptation théâtrale de Boris Vian

Le Figaro 16-17 mai 1953 : Lettre de Boris Vian à propos de L'Incendie de l'Opéra [14]

Le Journal des Poètes 23 ème année n° 6 - juin 1953

Claire Goll : Chanson des Indiens d'Amérique du Nord p. 8

Konturen . Blätter für junge Dichtung (bimensuel): Jahrg. II - Heft 3 - Dezemb.1953 .

Herausgeber : Hans Bender . Gr-8, 24 cm.* Indianische Lieder 

Original übertragungen von Claire Goll, Grafiken Fritz Faiss  ( 3) nach Indianischen Originalen .[15]

Verlag Eremiten-Press, Frankfurt am Main 1953

Claire Goll : Chinesische Wäscherei ( Laverie chinoise ) Novelle, mit zwei Illustrationen von Zao Wou Ki . 30 S.(2) f. de pl.; 18 cm.

Pflugverlag  Zurich 1953 ( Bücher der Ernte )

Georg Kaiser : L'incendie à l'Opéra, trad. de Claire Goll, nouvelle version de Boris Vian . Théâtre Babylone, Paris 1953

Paris-Comoedia 12 mai 1953 : Texte de Boris Vian, paru également dans le Programme du Théâtre de Babylone en mai 1953 pour la Première de L'Incendie de l'Opéra de Georg Kaiser [16]

Ergriffenes Dasein, Anthologie der deutschen Lyrik von 1900-1950, Herausgeber

Hans Holtusen : plusieurs poèmes de Goll 1953

Henry W. Wells, One thousand and one Poems of Mankind

n° 163, 164, 471: Claire Goll ; n° 44, 76, 77, 78, 79, 80, 81, 385, 469, 470, 728 Ivan Goll, traduction Claire Goll.

Atlanta, Tupper and Love (1953)

Welt und Wort 8 - 1953 : Lee Van Dovski : Yvan Goll p.6 à 9

Books Abroad, Autumn 1953, p.377, Lettre de Padraic Colum annonçant la création de l'Association de la Société des Amis d'Yvan Goll aux Etats-Unis, avec la liste des membres .

Panorama de la Poésie française "De Rimbaud au Surréalisme"

par Georges-Emmanuel Clancier : - 440 p. (Yvan Goll p.427)

Editions Seghers, Paris 1953, 1959, 1970, 1991

Bulletin of the Society of Friends of Yvan Goll, n°1 - août 1954 [17]

Président : Padraic Colum, Secrétaire : François Carmody . Sommaire : Yvan Goll : America, traduit du Français par Louise Bogan, Padraic Colum : Création de la Société des Amis d'Yvan Goll, Yvan Goll : L'Amérique aux Sources de la Poésie ( La Voix de France 15 mai 1942 ), Allan Tate : Preface to Jean sans Terre ( The Grabborn Press 1944 ), Francis J. Carmody : The Love Poetry of Yvan Goll, Bibliography of the Works of Yvan Goll p. 7 à 12

Berkeley, Californie 1954

Le Journal des Poètes 24 ème année n° 4 - avril 1954

Venise * Poèmes inédits d'Yvan Goll écrits entre le 10 septembre et 10 octobre 1949): Venise en forme de poisson (14 vers), Venise entre deux Marées (14 vers), Venise reprise par les Eaux (14 vers)

Le Journal des Poètes 24 ème année n° 6 - juin 1954 : numéro spécial consacré à la Poésie américaine d'aujourd'hui avec en 1ère page un portrait de Claire Goll et un dessin de Marc Chagall : les visages de Claire et Yvan au-dessus de la Tour Eiffel.

Yvan Goll : * Abendgesang (Neila), Letzte Gedichte, aus dem Nachlass herausgegeben von Claire Goll ; mit drei Zeichnungen von Willi Baumeister und einem Nachwort vom Hans Bender (18 cm. - 63 p.) Cartonn. ill.

Bei Wolfgang Rothe in Heidelberg 1954

Ivan und Claire Goll : * Zehntausend Morgenröten, Gedichte einer Liebe,

mit 4 Zeichnungen von Marc Chagall (71 S.). Erste Deutsche Ausgabe

Limes Verlag Wiesbaden 1954

Yvan Goll : * Elegy of Ihpetonga and Masks of Ashes, with four original lithographys by Pablo Picasso, avec reprise des quatre Lithographies originales de Pablo Picasso en ? ex. numérotés. Traduction de Claire Goll en collaboration avec Babette Deutsch et Louise Bogan - 25 p.- (4) f. de pl. ; 44 cm.

The Noonday Press, New-York 1954 et 1955 (?)

Caractères n° 10 sans date (1954 ?) Revue de poésie contemporaine :

Yvan Goll : Braque sanguinaire

Caractères, Paris (S.D. 505.493) à compléter

Caractères. [Poèmes de Léon-Paul Fargue, Yvan Goll, Armen Lubin, Jean Tardieu, André Frénaud, Philippe Jaccotet, Marcel Béalu, Robert Cregut, Jean Follain, Lucien Becker, Loys Masson, Pierre Seghers, Paul Chaulot, Guillevic, Bruno Durocher]

Le Perreux sur Marne, chez Bruno Durocher, s.d. 28 x 17,5 cm, 32 p. En ff, sous chemise. Edition originale. Tirage limité à 360 ex., un des 10 ex. de tête sur pur fil du Marais, non justifié.

Caractères, Paris à essayer de dater

German life & letters 8 (1954 / 55) Londres : Yvan Goll (cinq poésies, allemand/anglais) Transl. by Richard et Marianne Exner, p. 260 à 263

Anthologie der Lyric des Expressionismus (sept poèmes d'Yvan Goll, 320 pages )

Limes Verlag, Wiesbaden 1955

Aufbau XI - 11 février 1955 : Richard Exner analyse plusieurs versions de Hiob chez Y. Goll

New York

Bulletin of the Society of Friends of Yvan Goll, n° 2 - mars 1955

Président : Padraic Colum, Secrétaire : François Carmody

Sommaire : Yvan Goll : Baala ( 11 vers ), SolLune ( 14 vers ), Lilith (13 vers ), F. Carmody : Society of Friends of Yvan Goll, Louise Bogan : Yvan Goll in America, Yvan Goll : "John Landless unmasks sleep" ( traduction de George Reavey, 48 vers ), Richard Exner : On the German Criticism of "Traumkraut", Yvan Goll : Traumkraut (Alasam, Explosion of the Buttercup, The Inner Treess, The Blastfurnaces of Pain, traductions de Francis Carmody ),  Bibliography of the Works of Yvan Goll Supplement, Bibliography of the Works of Claire Goll p. 11 et 12

Berkeley, Californie 1955

Bulletin of the Society of Friends of Yvan Goll, n° 3 - juin 1955

Président : Padraic Colum, Secrétaire : François Carmody

Sommaire : Numéro consacré à Jean sans Terre . Yvan Goll : John Death ( 56 vers, traduction de William Jay Smith ), Clark Mills : Yvan Goll's "John Landless", Louise Bogan : Jean sans Terre, Yvan Goll : Letter to Babette Deutsch regarding "Autumn Soul", Yvan Goll : Autumn Soul (traduction de "Unterwelt", par Babette Deutsch ), Chronology of  "Jean sans Terre" p. 10 à 15

Berkeley, Californie 1955

Claire Goll : Rilke et les Femmes  suivi de  Lettres de Rainer Maria Rilke [18].

25 Exemplaires numérotés de 1à25 plus 10 Exemplaires réservés aux collaborateurs sur Vergé Baroque Thé . - 94  p. Petit in-8 .

Editions Falaize, Paris 1955

Le Journal des Poètes 25ème année n° 9 - septembre 1955

Yvan Goll : Une nuit romaine et Ischia, deux poèmes inédits.

Le Journal des Poètes 25ème année n° 11 novembre 1955

p.13 compte rendu de Dix mille Aubes

Daigaku Horiguchi : * Chansons Malaises.

nouvelle traduction Japonaise et nouvelle édition avec un autoportrait d'Ivan Goll en couverture et 6 dessins d'Henri Matisse - 77 p.- 24 cm.- 300 exemplaires numérotés de 1 à 300 et 20 exemplaires Hors Commerce numérotés de 1 à 20

Editions Sho Shin Sha Tokyo, Japon 1955

Nouvelle édition, Tokyo, Presse Bibliomane, 1967 

Richard Exner : "Yvan Goll. Zu seiner deutschen Lyrik"

German Life & Letters 8, London 1954/1955 p.252 à 259

Limes - Lesebuch : Zehn Jahre Verlagsarbeit.

p.72 : Ivan Goll : Stets werden wir einsam sein, illustration de Fernand Léger p.73

Wiesbaden, Limes Verlag, 1955

Claire Goll : * Roter Mond, Weisses Wild , Lieder der Indianer . übertragen und mit einem Nachwort von Claire Goll, mit acht Graphiken nach indianischen Vorlagen von Fritz Faiss .  Couv. coul. ( Les 14 premiers poèmes sont déjà parus dans Konturen en décembre 1953, les 9 autres sont la version allemande de "Chansons indiennes" parues chez Seghers en janvier 1952  .)

Erste deutshe Ausgabe - Gr. -8°, 24 cm., 38 S.

Wolfgang Rothe Verlag,  Heidelberg 1955

Claire Goll : Diary of a horse, with five original drawings by Marc Chagall : 40 p.: ill. ; -8°, 21 cm. Le Journal d'un Cheval, Nouvelle, avec cinq dessins de Marc  Chagall

Editions Thomas Yoseloff, New-York 1956

France - Amérique, 12 août 1956.

Pierre Brodin : Francis Carmody étudie la poésie d'Yvan Goll

Curt Hohoff, Dank und Grüss : (p.51-52, poème d'Ivan Goll)

München, mai 1956

Le Journal des Poètes 26 ème année n° 10- octobre 1956

p.7 caricature de Claire Goll (numéro spécial consacré à la 3èmeBiennale internationale de Poésie de Knokke

The Poetry of Yvan Goll : A Biographical Study by Francis J. Carmody - 212 p.

Portrait d'Yvan Goll par Robert Delaunay. 500 exemplaires numérotés de 1 à 500.

Editions Caractères Paris 1956

Poètes d'Aujourd'hui n° 50, Yvan Goll : Quatre études par Jules Romains, Marcel Brion, Francis Carmody, Richard Exner .

Cinq exemplaires sur Hollande marqués de A à E - 224 p. -16 cm.[19]

Oeuvres choisies [20], fac-similés, portraits, dessins inédits, et documents, bibliographie.

Pierre Seghers Editeur - Paris 1956 (222 p.)

Cahiers du Sud - 43è année, n° 337 (octobre 1956) p.427 à 431- Le Témoin poétique : Yvan Goll, L'Alchimiste fraternel par Léon-Gabriel Gros [21]

Marseille 1956

Flügel der Zeit, Deutsche Gedichte 1900-1950. Sélection et postface de Curt Hohoff

Fischerbücherei s.d., Frankfurt am Main - Hamburg

Expressionismus, Gestalten einer literarischen Bewegung ;

herausgegeben von Hermann Friedmann et Otto Mann :

Edgar Lohner : Die Lyric von Expressionismus (Yvan Goll p. 66, 79 - 80, 82, 83)

Helmut Uhlig "Ivan Goll", Essay. p. 192 à 203

Biographie et Bibliographie : Ivan Goll p. 354 et 365 à 371

Heidelberg, Wolfgang Rothe Verlag 1956

Anna Siemsen et Julius Zerfass : Das Buch der Freiheit, Stimmen der Völker und Nationen aus vier Jahrhunderten : p.228, Yvan Goll : Chor der Gefangenen

Frankfurt am Main, Büchergilde Gutenberg 1956

10 mars 1956 : Première de Mélusine,  pièce lyrique en 4 actes de Marcel Mihalovici et d'Yvan Goll,  au Hessiches Staatstheater de Wiesbaden avec une caricature de Goll par lui-même et photographie. Textes de Jules Romain et de Claire Goll. Direction Werner Weinheuer, mise en scène Rolf Muller,  décor Ruodi Barth,  costumes Ursula Inge Amann.

Iwan Goll : Mélusine, Pièce en 4 actes, dédiée à Claire-Mélusine.

Gustav Kiepenheuer Verlag, Berlin 1956

Yvan Goll :* Multiple Femme, Poèmes

avec huit gravures et une gravure déchirée de Jean Arp.

50 exemplaires sur Rives numérotés de 1 à 50 - 40 p. couv.ill.-19 cm. Or. br.

Editions Caractères, Paris 1956.

Yvan Goll : * Pariser Georgika

Französisch und deutsch - Edition bilingue - Übertragen von Claire Goll -

Mit zwei Abbildungen nach Zeichnungen von Robert Delaunay (59 S. - 21 cm.)

Hermann Luchterhand Verlag, Darmstadt, Berlin Frohnau u. Neuwied a. Rhein 1956

Yvan Goll : * Mythus vom Durchbrochenen Felsen, Eine Dichtung Französisch und deutsch (Edition bilingue) Übertragen von Claire Goll, mit drei Abbildungen nach Kupferstichen von Yves Tanguy (46 s.- 21 cm.)

Hermann Luchterhand Verlag, Darmstadt, Berlin Frohnau u. Neuwied am Rhein 1956

Daïgaku Horiguchi : "Yvan Goll".

Brise Marine, Shingosha Verlag, Tokyo 1957

Hidéo Fujikawa : "Yvan Goll".

Les Saisons, Kita - Kamakura, Tokyo 1957

Claire et Yvan  Goll : Neue Blümlein des Heiligen Franziskus

Hermann Luchterhand Verlag 1957

Claire Goll : * Das Tätowierte Herz ( le Coeur tatoué ), Ein indianischer Gesang von Liebe und Tod, Mit zehn Graphiken nach indianischen Vorlagen von Fritz Faiss ( 64 S. : ill. en coul., couv. ill. ; 19 cm.)

Wiesbaden, Limes Verlag, 1957

Ahnung und Aufbruch, Expressionistische Prosa, Hrsg. u. eingeleitet  v. Karl Otten. Claire Studer-Goll : Der gläserne Garten, p.368-70 : Ivan Goll : Die letzten Tagen von Berlin, (Romanfragment) p.410-11 (567 p.)

Darmstadt-Berlin-Spandau/Neuwied-a.Rhein :Hermann Luchterhand Verlag 1957 & 1977

Les Lettres Nouvelles 5è Année n° 46, février 1957. Directeur : Maurice Nadeau.

(paraissent le premier de chaque mois)

Actualités : Poésie / Multiple femme par Yvan Goll (Editions B. Durocher Caractères) par Emilie Noulet [22], p. 287-288-289

Richard Exner : "Surrealist Elements in Yvan Goll's Franco-German Poetry"

Symposium : Syracuse University, New-York 1957

Edmond Humeau : Intercession, étude sur Le Char Triomphal de l'Antimoine.

La Tour de Feu, Paris 1957

Yvan Goll : * Jean sans Terre [23]

Edition collective, Couverture de Marc Chagall (207 p. - 22 cm.)

Seghers, Paris 1957

IL GIORNALE DEI POETI Anno IV - n° 3 - 1 Luglio 1957 (Roma): p.4/5,

Direttore : Edwige Pesce Gorini ; - 12 pages .

Omaggio ad Yvan Goll : présentation de Marcel Brion, biographie sommaire d'Yvan Goll et 9 poèmes dont Canal  (1919) et des extraits de Dix Mille Aubes, Poèmes de Jalousie, Métro de la Mort, Les Géorgiques Parisiennes (Traduction italienne par Edvige Pesce Gorini)

Pierre Brodin : Présences contemporaines - Littérature, tome III, p.95 [24]

Nouvelles Editions Debresse, Paris 1957

Allemagne d'aujourd'hui, n° -1-

Chronique des livres récents :

Paul Mayer, Yvan Goll : "Mythus von durchbrochenen Felsen" [25]

Presses Universitaires de France, 1957

Neue Deutsche Hefte 4  (1957/58). Schmied Wieland : Eine Rüstung aus Blumen. Zu Yvan Goll, Der Mythos von durchbrochenen Felsen ; Pariser Georgika p.1125-26

A. Got et Ch. Vildrac :La Poèmeraie, poésies modernes choisies pour les enfants :

p.54 : Claire Goll, Compliments pour la fête de grand-père .

Paris, Editions Bourrelier - 1957

Claire Goll :  * Chants Peaux-Rouges ( Le Coeur Tatoué )

La couverture et les illustrations de cette édition originale ont été exécutées par Fritz Faiss d'après des dessins originaux Peaux-Rouges - 51p.-(6) f. de pl. dont 1 front. 18 cm.

Seghers, Paris 1958

Les Oeuvres libres n°141, février 1958 :

Joseph Jolinom, Claire Goll : Laverie Chinoise, nouvelle inédite (p. 27 à 40), Jean-Jacques Besançon, Franz Tumler, ErnestFornairon, E.T.W. Hoffmann, Max Régnier, Champagne et Wisky, pièce en 2 actes . -17 cm.

Paris, Fayard 1959

Claire Goll : Le Ciel volé , ( 25 exemplaires sur Alfa numérotés de 1à25 et cinq exemplaires hors commerce sur Alfa numérotés H.C.1àH.C.5 - 209 p.)

Librairie Arthème Fayard, Paris 1958

Ivan Goll: * Chansons Malaises ou Song of Malay girl, with 6 drawings of Henri Matisse, avec 6 dessins de Henri Matisse.

Traduction anglaise de Claire Goll (est-ce une édition bilingue ? à vérifier)

Thomas Yoseloff Editions, New - York 1958

Hortulus 8 (1958) : Yvan Goll : Ode an der Zürichsee, p.101

1 & 2 Fassung am 21 u. 23 /10/1949

Yvan Goll : * Jean sans Terre, édition collective anglaise.

Jaquette par Eugène Berman. Préface by W.H. Auden, drawings by Eugène Berman  (3), Marc Chagall  (1), Salvador Dali  (2).

Critical notes by Louise Bogan, Clark Mills, Jules Romains, Allen Tate.

Translations of the Poems by : Lionel Abel, Léonie Adams, John Peale Bishop, Louise Bogan, Babette Deutsch, John Gould Fletcher, Isabella Gardner, Claire et Yvan Goll, Paul Goodman, Galway Kinnel, W.S. Merwin, Clark Mills, Robert Nurenberg, Kenneth Patchen, George Reavey, Kenneth Rexroth, Eric Sellin, William Jay Smith, Robert Wernick, William Carlos Williams  (190 p. - 22 cm.)

Sagamore Press New-York - Thomas Yoseloff - London 1958

Claire et Yvan Goll : Nouvelles petites fleurs de Saint François d'Assise

Illustrations de Salvador Dali - 1000 Ex. 95 p.- (3) f. de pl.; 2 fac-sim. 23 cm.

Paris, Editions Emile-Paul 1958.

A. Dario Lara : "Yvan Goll, Poeta Del Amor y Del Exotismo": avec des dessins de Chagall, Matisse et deux photographies. (et une nouvelle traduction espagnole de Canciones de Manyana joven Malaya)

Paris, Impr. Taller Grafico Cies, Madrid 1958. 104 pages.

21 novembre 1958 : Soirée donnée en hommage à Yvan Goll, à la Galerie Devèche à Paris sous la présidence de Robert Kemp : Souvenir d'Yvan Goll , avec la participation de Edmée de la Rochefoucault, Alain Bosquet, Georges Cattani et Jules Romains [26]

Claire Goll : Lettre du 4 décembre 1958 à Florent Fels

SOCIETE DES AMIS D 'YVAN GOLL

Président:  JULES ROMAINS,  de l’Académie Française

SOCIETY OF FRIENDS OF YVAN GOLL

  Président:  PADRAIC COLUM - New-York                                       

SECRETARIAT: FRANCIS J. CARMODY,  Professor of French University of California,  Berkeley

                                                                                                                

         Paris le 4 déc. 58

                                          Mon cher Florent,

                                          Offensé?  Au contraire,  ta lettre m’avait apporté une très grande joie. Mais n’as - tu pas vu que je ne suis qu'une loque humaine?  Trois ans sans une journée de vacances!  Sept jours de travail par semaine,  car je ne pouvais pas me permettre un seul week-end ; il fallait taper dix heures par jours, puisque j‘avais promis à Yvan de vivre pour son oeuvre. J'ai tenu ma promesse,  son oeuvre vit,  mais moi je me meurs. Il me reste peu de force,  ce travail de secrétaire au service d'un mort m'ayant épuisée. Copier,  et recopier les documents et les manuscrits,  répondre aux demandes des cinq continents et tout cela sans aide,  car mes moyens ne me permettent pas de prendre une secrétaire et le tarif des bureaux de copies est trop élevé.

                                          Comment veux - tu que je réponde aux lettres!  Des paquets de lettres importantes - demandes de traductions,  d’anthologies etc. - traînent partout:  sur les tables,  la cheminée,  le bureau et le tapis!  Tâche - donc de comprendre un silence,  imposé par des circonstances extérieures et non par une négligence du coeur.. Celui - ci t’appartient,  puisque tu étais l’ami d’Yvan.

Non,  je n’ai pas connu Klee. Quand j’ai déjeuné chez Mme Klee,  il était encore sous les drapeaux.

Mes poèmes,  parus dans  "Action" ne m’intéressent pas. Seuls ceux d’Yvan et surtout l'article qu’il a écrit sur Rilke,  parce qu'il était à la base d'un différent entre les deux poètes . Il me faut une copie de cet article et la date de sa parution . Et aussi les titres des poèmes allemands qu'il a traduits pour  "Action". Fais les copier pour moi s.t.p.

La conférence sur Yvan,  qui a eu lieu le 21 novembre,  était très réussie. Robert Kemp a parlé de son théâtre et a dit,  entre autre,  que Ionesco et Beckett étaient basés sur lui. Jules Romains et Georges Cattaui l’ont comparé à Villon,  Gérard de Nerval,  Mallarmé etc. Et un jeune poète qui parlait au nom de la jeunesse sur son oeuvre allemande,  le mettait à côté de Hölderlin,  Novalis,  Nietzsche et Lorca. Seulement mon Yvan était trop loin pour entendre ces éloges,  trop posthumes.

                   Hélas,  de son vivant personne n’avait le génie de reconnaître son génie.

Et cela,  par mesquinerie confraternelle. Kemp l’a bien dit:   "Yvan Goll a eu,  chez nous,  contre lui,  d'être un poète bilingue ".

                  Et maintenant ,  dans tous les essais sur lui figure le mot:  "génie "

J’ai reçu hier la traduction de ses  "Chansons Malaises" en espagnol,  parue à Madrid en un très beau volume. Dans la préface on compare ces poèmes à ceux de Sapho,  au Cantique des Cantiques et à St. de la Croix.

                        C’est une douloureuse satisfaction pour moi.

La semaine dernière est sorti notre livre,  écrit en collaboration:  Nouvelles petites Fleurs de Saint François d’Assise,  avec trois dessins de Dali. Et Fernand Mourlot va éditer  "Neila"(poèmes) avec 4 lithos de couleur de Miro.

            (Voici quelques nouvelles littéraires.)

Bien des compliments à Suzy,  qui a la chance d’avoir  "un homme à tiroirs", 

                                          et un baiser affectueux pour toi

                                                       ta vieille amie

                                                               Claire

l’oeuvre complète d’Yvan qui devait sortir         

en Allemagne l’année dernière ,  sort seulement            

en 1959 parce que je n’ai pu faire texter les traductions nécessaires

Paulo Duarte : "Yvan Goll", Inquietaçao Europeia.

Editora Anhembi, Sao Polo, Brésil 1958

Les Lettres Nouvelles 7 - n°67, janvier 1959, Directeur Maurice Nadeau :

Kateb Yacine, Edouard Glissant, Yvan Goll : Calle Virtute p.10 à 18, Geneviève Serreau, Roger Grenier, Calvin Kentfield, Jean-Paul Weber, Lou Siun, Daniel Guérin, Bernard Pingaud, Jean Selz, Claude Couffon, Michel Fuchs. 160 p.

Editions René Julliard, Paris

Les Oeuvres libres n°160, septembre 1959 :

Paul Vialar, Daniel Gillès, Claire Goll : Le dîner de 10.000 francs, grande nouvelle inédite (p. 91 à 112), Nicole Louvier, Scarron, Marcel Aymé : La tête des Autres pièce en 4actes . -17 cm.

Paris, Fayard 1959

Yvan Goll : Calle Virtute ou La Parmenia Cubaine, traduction anglaise de Francis Carmody

New - York, Beechurst Press 1959

Marc Chagall. Catalogue de l'Exposition au Musée des Arts décoratifs, Pavillon de Marsan : Oeuvres de Chagall pour illustrer des ouvrages de Claire et Yvan Goll, et poème d'Yvan Goll, p.320-22

Paris, juin-octobre 1959

Claire Goll : Un Amour au Quartier Latin ,  Roman  206 p.

Librairie  Arthème Fayard Paris 1959

Yvan et Claire Goll : * Duo d'Amour, Poèmes d'Amour 1920 à 1950,

avec une couverture et douze illustrations de Marc Chagall, 109 p.

Pierre Seghers, Paris 1959

Poiètica keimena, Prote Yle, 1 (Matière Première.n° 1 : Cahier : Yvan Goll)

Préface de E.C. Gonatas et traduction grecque de 29 poèmes, tirés de Chansons Malaises (Malaisiaka Tragedia), Métro de la Mort, Dix mille Aubes, Les Cercles Magiques, Traumkraut, des extraits de textes de Marcel Brion, Richard Exner, D.P. Papaditsas : "Yvan Goll" , et une longue étude de E.C. Gonatas (70 pages sur les 135 de la Revue)

Athènes, Protègli, 1959

Karl Otten : Schrei und Bekenntnis : Expressionistische Theater.

p.426-465 : Ivan Goll : Methuselem, oder der ewige Bürger

Darmstadt-Berlin-Spandau /Neuwied-a.Rhein : Hermann Luchterhand Verlag 1959

Paul Dewalhens : Répertoire du Même aux Mêmes, Poèmes.

p.47 : Tombeau d'Yvan Goll, poème.

Anvers, Editions Ça Ira, 1959

Zürich zum Beispiel, Signatur einer Stadt in lyrischen, Texten von heute.

p.7 : Yvan Goll, * Ode an den Zürischersee

St.Gallen, Tschudy-Verlag, 1959

Baubudenpoet 1 (1959/60) Claire Goll : Unbekanntes über Celan. Zur perzönlichen Beziehung Claire u. Yvan Goll - Paul Celan p.115-116

Paul Chaulot : Soirée consacrée au poète Yvan Goll par la Radiodiffusion Télévision Française 28 février 1960 à 21h10 avec en deuxième diffusion " Mélusine" (avec la présentation de Jules Romains pré-enrégistrée)

Combat - Vendredi 11 mars 1960 :

Recherches scéniques, René Farabet : Yvan Goll, "Mathusalem" [27]

Jahrbuch der deutschen Akademie für Sprache und Dichtung (1960) : p. 101 à 131

Doehl Reinhard : Gedischichte und Kritik eines Angriffs. Zu den Behauptungen gegen Paul Celan (Plagiat - Vorwurf Celan - Yvan Goll)

Heidelberg / Darmstadt, 1960

Dichtung unserer Zeit H.15 (1960) . Claire Goll :* Klage um Ivan 24 p.

Wiesbaden : Limes Verlag 1960

Paul Portner : Experiment Theater, Chronique et documents, avec dessins et 45 pl.

p.51, 54, 159, 185 : Ivan Goll (références et citations)

Zürich, Die Arche, 1960

Paul Portner : Literature-Revolution, 1910-1925 (Dokumente, Manifeste, Programme)

I, Zur Aesthetik und Poetik :

Yvan Goll : p.144-145, 254-259, 379 - 382, 474 - 475.

Darmstadt-Berlin-Spandau /Neuwied-a.Rhein : Hermann Luchterhand Verlag     1960

Claire et Yvan Goll : Les Elus : Die Auserwählten

Die ukrainischen Ausgaben "Auf der Bergen" (Les éditions ukrainiennes en exil) choix

de poèmes de Claire et Yvan Goll, textes français - allemand avec des traductions ukrainiennes par Elisabeth Kotmeier et E.G. Kostetzky

250 exemplaires - 21 cm., ill. fac-sim. et photos. Couv. ill. 50 p.

les Editions ukrainiennes en Exil, Münich 1960

München, Buchdruckerei "Logos" 1960

Theater heute 1- H.3 - nov. 1960 - Zeitschrift für Schauspiel, Oper Ballet : Siegfried Melchinger : Sein Ruhm wird wachsen. Yvan Goll und das Theater. p.26-27

Hannover

Iwan Goll : Dichtungen (Oeuvres complètes) Lyric, Prosa, Drama.

Herausgegeben von Claire Goll. Deutsche von Claire Goll, Georg Goyert, Friedhelm Kemp und Lothar Klünner. Nachwort von Helmut Uhlig p.803 —813 und Richard Exner p.814—830.1 portr. h.t. Relié toile noire - 25 cm., 837 p.

Berlin-Spandau /Neuwied : Hermann Luchterhand Verlag 1960

Deutsche Rundschau 86 - 1960. Rez. Von Kristiane Schäffer : Goll Yvan, Zehntausend Morgenröten, Gedichte einer Liebe von Yvan und Claire Goll. Wiesbaden 1954 et Dichtungen, Wiesbaden 1960. p.944/46

Festival du roman Nr.37 - octobre 1960

Claire Goll : La récolte des huîtres, nouvelle ( 8 p.)

Ed. Tallandier, Paris

Festival du roman Nr.44 - mai 1961

Claire Goll : Jeanne d'Arc deux fois brûlée, nouvelle ( 6 p.)

Ed. Tallandier, Paris

Neue deutsche Hefte 7 (1960/61) :

SZONDI Peter : Zu einer Auseinandersetzung über Paul Celan (über die Plagiat - Vorwürfe Celan - Yvan Goll) p. 949

Konkret 7 - (1961) n° 6. Heise Hans Juergen. Rez. : Zu Yvan Golls Gesammtwerk bei Luchterhand erschienen. Buchbespechung p. 12

Germanistik 2 - 1961 : Karl Gunther Just p.127

Der Stall des Augias, Tragédie en 5 actes [28]

Berlin, G. Kiepenheuer, 1961

Forum 8 (1961)

Doehl Reinhard : (Sachen Paul Celan - Yvan Goll) p.23

Brinkmann Richard : Expressionismus. Forschungprobleme 1952-1960

Stuttgart, 1961 (p. 88)

Forschungen und Fortshritte 35 (1961). Müller Joachim : Yvan Goll im deutschen Expressionismus. Zusammenfassung eines Vortrags, gehalten in der Sächs. p.300

Akademie der Wissenschaften zu Leipzig.

Welt und Wort 16 (1961). Kottmeier Elisabeth : Yvan Goll und das Echte (Zu Goll, Dichtungel. 1960) p.141-143

Wort in der Zeit 7 - 1961- H.2 : p.4 à 6

Schmied Wieland : Literarischer Rufmord. Zum Streit um Paul Celan und Iwan Goll

Theater heute, Zeitschrift für Schauspiel, Oper, Ballet - avril 1961 :

Photo de la représentation de Methuselem à Francfort

Clemens Heselhaus, Deutsche Lyrik der Moderne von Nietzsche bis Yvan Goll. Die Rückkehr zur Bildlichkeit der Sprache .Yvan Goll p.413, 419, 432, 433, 434, 441, 444, 451, 469, 470.Yvan Golls Symbolverschränkung : p.420—430

Düsseldorf, August, Bazel - Verlag, 1961

Pierre Seghers : Le Livre d'Or de la Poésie française, 1ère partie : des origines à 1940  (pages 374 et 375, Yvan Goll : Jean Sans Terre aborde au dernier port.)

Editions Marabout, 1961

Nouvelle édition en 1972

Réédition en 1994

Frankfürter Hefte 16 (1961) - Karl Markus Michel : Nur eines Gottes Embryo. Ein Blick auf Yvan Goll, p.471 à 482.

Jarhbuch der deutschen Akademie für Sprache und Dichtung 1960 -

Reinhard Döhl [29], Geschichte und Kritik eines Angriffs.

Zu den Behauptungen gegen Paul Celan, p. 101—132

Heidelberg / Darmstadt, 1961

Marcel Mihalovici : Abendgesang :

Quatre poèmes d'Yvan Goll pour piano et chant, Op. 75

Mainz, Edition Schott, 5083.1961

Exposition Yvan Goll, Claire Goll et leurs amis : Textes de Hans Haug, Louis-Edouard Schaeffer, Camille Schneider. 21 cm., 38 p., 4 dessins et 4 planches.

Strasbourg, Château des Rohan juin - juillet 1961

Hans Richter : Dada Profile

Hans Jean Arp, Sophie Taeuber-Arp, Johannes Baader, Hugo Ball, Emmy Hennings-Ball, Ferrucio Busoni, Theodor Daeubler, Theo van Doesburg, Marcel Duchamp, Viking Eggeling, Leonhard Frank ,Ludwig Rubiner, Ferdinand Hardekopf, Bruno Goetz, Iwan Goll p.53 à 55, George Grosz, Raoul Hausmann.

Verlag  Die Arche Zurich – 1961 (115 pages)

Yvan Goll : Die Unsterblichen, 2 surdrames.

Berlin, G. Kiepenheuer, 1961 - IV, 38 p.

Aufbau : Unvergessen. Gedichte über Karl Liebknecht et Rosa Luxemburg ; Sammlung von Karl Wiegel : Texte von W. Hasenclever, S. Hermlin, B. Brecht, K. Schnog, K. Huhn, E. Hoernie, R. Leonhard, E. Toller, O. Kanehl, I. Goll u.a. - 99 s;

Berlin. 1961

Poiètica keimena, Prote Yle n° 2 . (Matière Première.n° 2, revue grecque)

Anthologie avec 2 poèmes d'Yvan Goll Duo d’Amour, six de Traumkraut (différents de ceux publiés dans le n°1 et 1 de Neila. Claire Goll : six  poèmes de Duo d’Amour, six des Larmes pétrifiées, ainsi qu’un portrait en quatre pages de Claire à l’Hôtel du Palais d’Orsay par E.C. Gonatas, 93 pages

Athènes, 1961           

Die Kultur, Décembre 1961. Deutsche Herausgebersitten. Döhl Reinhard : Einige notwendige Angaben zur Ausgabe der Dichtungen von Yvan Goll p.6. München

Prêmêr Kâvitâ (Love Poems traduction en Bengali par Syed Ali Ahsan et Syed Ali Ashraf)

Karachi, East Press 1961 (50 pages)

THE BLUE STARS POETRY QUARTERLY :Yvan Goll : Textes choisis (Traduction chinoise de Hu Pin Ching) p.9 à 16 En couverture dessin de Dali, Jean sans Terre, p. 9 portrait d'Yvan Goll, p.10: Parménia, préface, p.11: La Grande Misère de la France, p.12: Identité de Jean sans Terre, Jean sans Terre le fils prodigue, p.13: Job I, II, III, p.14 la Fête du désert, La Peur, p.15: La chanson du soir, p. 16: Chansons malaises 6, 7 et 8.

Formosa 1961

Joachim Müller : Yvan Goll im deutschen Expressionismus.

Sitzungsberichte der Sächsischen Akademie der Wissenschaften zu Leipzig.

Philolog.-Histor. Klasse.Band 107, Heft 2 - 71 S.

Berlin : Akademie - Verlag, 1962.

Claire Goll : Der gestohlene Himmel, Erzählung

München, Paul List Verlag 1962

Neue deutsche Hefte 1962 -H.88. Rez. Von Dietrich Schaeffer: Goll Yvan, Dichtungen, Darmstadt, Berlin, Neuwied.1960 p.114 à 117

Marianne Kesting : Panorama des zeitgenössischen Theaters.

Iwan Goll: Die Grotesque auf den Bourgeois p.34 à 37

München: Piper 1962

Siculorum gymnasium N. S. 15. n° 2-1962.

Marianelli Marianello : Preludio a Yvan Goll. p.210 à 227

Catania : Universita di Catania 1962

Literatur-Revue 1962 - H. 6 : Wallmann Juergen :

Plagiat im deutschen Blätterwald. Der "Fall Celan"(Celan - Yvan Goll) mit einem Nachspiel. p. 14 à 16

Lyric des Expressionnistischen Jahrzehnts. Von den Wegbereitern bis zu Dada. Einleitung von Gottfried Benn. (Ivan Goll : Mond I-II-III-IV-V, Reise ins Elend, Trauermarsch p.116 à 118)

Deutscher Taschenbuch Verlag GmbH & Co. KG, München, mai 1962

Expressionismus - grotesk, Hrsg. Karl Otten. Anthologie avec des textes de : Ball, Benn, Blass, Einstein, Goll, Schwitters etc.…106 p. avec gravures, petit in-8.

Zürich, Arche 1962

Le Journal des Poètes 32ème année n° 9, novembre 1962 p.1, Claire Goll : Utopie atomique, p.3, Jean Oswald : "Ce baiser au monde entier", l'œuvre de Claire Goll avec un dessin de Claire par Ivan.[30]

Francis J. Carmody : Yvan Goll "Jean sans Terre "

A Critical Edition with Analytical Notes by Francis Carmody (23, 5 cm. - 205 p.)

Berkeley / Los Angeles : The University of California Press 1962

(University of California Publications in Modern Philology. Vol. 65 - Texte français).

Iwan Goll : Ausgewählte Gedichte. Herausgegeben und eingeleitet von Georges Schlocker. Illustr. de Chagall - 15 cm., 72 p. front.

Stuttgart : Philipp Reclam Jun., 1962

Yvan Goll : Four Poems of the Occult :

Sous portefeuille en 5 livres non paginés et en étui toilé beige. 40 cm.

1- Introduction par F. Carmody

2 - The Magic Circles, drawings by Fernand Léger, transl. by Claire Goll & Eric Sellin

3 - Elegy of Ihpetonga, 4 lithos by Picasso, transl. by Louise Bogan & Claire Goll

4 - The Myth of the Pierced Rock, etchings by Yves Tanguy, transl. by Louise Bogan

5 - Multiple Woman, ill. by Jean Arp, transl. by Francis Carmody.

The Allan Press, 1962 (tirage : 100 exemplaires + 30 H.C.)

Il existe une autre édition, non datée, vraisemblablement 1969.

Claire Goll : Les confessions d'un Moineau du Siècle, illustrations de Chagall, Clavé, Delaunay, Louradour, Masson, Villon  ( Journal d'un Cheval, Amour de Singe, Petit  - Veau, le suicide d'un Chien, la Colombe en deuil, confessions d'un Moineau du Siècle, Mandalay, Hara - Kiri  . ( 159 p.) 1500 exemplaires sur Vélin des Papeteries de La Haye - Descartes numérotés de 1à 1500

Editions Emile - Paul, Paris 1963

Jeanine Moulin : Huit Siècles de poésie féminine - Anthologie, 476 pages : Claire Goll : p.251 et 252, La Serve (Poèmes d'Amour 1930 ), Démunie ( Les larmes pétrifiées 1951 ), Sept Souhaits ( Le coeur tatoué 1958 )

Seghers 1963 & Seghers 1981

A la page n°6 - Déc.1964 : Romans - Théâtre - Récits - Nouvelles .Revue mensuelle paraissant le 25 de chaque mois . Sommaire : Claire Goll : Le suicide d'un chien  ...

Editions Jules Tallandier, Paris .

Sokel : Anthology of german expressionist drama : The immortal one  (Die Unsterblichen, engl.) Transl. by Walter H. and Jacqueline Sokel.

New-York 1963

Yvan Goll : Mathusalem - Les Immortels : Celui qui ne meurt pas ( Surdrame en 2 actes) et Assurance contre le Suicide ( Surdrame en 2 actes) 18 cm. - 157 p.

L'Arche, Paris 1963

Archiv für das Studium der neueren Spachen und Literatur 200. Bd. 115 (1963)p.213/14 Storck Joachim . Rez.: Mueller Joachim Yvan Goll in deutschen Expressionismus -1962

Albert Soergel / Curt Hohoff : Dichtung und Dichter der Zeit, Band 2 :

Vom Naturalismus bis zur Gegenwart - Curt Hohoff : Yvan Goll, p.466—473

Düsseldorf, 1963

Le Journal des Poètes 34ème année n° 1 - janvier 1964

page 11: à Paris en 1922, Elsa Triolet, Robert Delaunay, Claire Goll, Yvan Goll, Valentine Chodassievitch, Vladimir Maïakowsky. Photo prise en 1922 à la Foire de Clichy

L'Arc, n° 25 - 4 ème Trim. 1964. Revue trimestrielle. L'Expressionnisme.

Poèmes de Jacob Van Oddis, Walter Hasenclever, August Stramm, Gottfried Benn, Alfred Lichtenstein, Georg Heym, Iwan Goll (Création) p.26-27, Georg Trakl.

Textes de Gottfried Benn, Carl Einstein, Hans Henny Jahnn, Albert Ehrenstein, Frank Wedekind. Essais de René Wintzen, Roman Vlad, Friedrich Bayl, Lotte H. Eisner, Pierre-Jean Jouve, André Masson, Andrzej Wirth, Otto Hahn, Ernst Erich Noth

Aix-en-Provence, 1964

German Life 8 - Letters 17 (1964) :

Middleton J.C. - Iwan Goll in east Germany : a journalistic note p.270 à 274

Dietrich Schaefer, Bibliographie Iwan Golls [31].

Kiel -1964 (autogr.) 84 p.- 4°

Der Monat 16 (1964) H. 191 :

Brief: Iwan Goll an Kurt Weill (25/11/1913) p.67

23 janvier 1965 lettre de Claire Goll à Hans Bender [32]

Handbuch der deutschen Gegenwartsliteratur :

Dietrich Schaefer : Iwan Goll (Wirklicher Name : Isaac Lang) p.214-215

München 1965

Studi Germanici 3 (1965)

Chiarini Paolo : Expressionismo e filologia.1.Yvan Goll p.257 à 261

Der Übersetzer 2 - (1965) n°3, p.2

Luschnat David : Silberner Tod (* Mort argentée) traduction d'Yvan Goll

Muttersprache 75 -1965 (Das Wort an sich, Auszug) - Dichter über Sprache - Iwan Goll p.123

The Chaplinade, A Film Poem by Yvan Goll, with drawings from the original édition by Fernand Léger, And a Postscript on Humor by Pirandello

Reprinted from The Massachussets Review, Vol.6, n° 3, Spring-Summer, 1965

Jacques Audiberti : Dimanche m'attend [33]

Gallimard, 1965 -1967 ( 293 Pages )

Schaefer Dietrich, Die frühe Lyric Iwan Golls. [34]

Darstellung und Deutung seines lyrischen Werkes bis zum Jahre 1935.

Band 1 : 256 pages

Mit einer Bibliographie des Gesammtwerks. Band 2 : 84 pages

Phil. Dissertation an der Christian-Allbrechts-Universität zu Kiel. 17-7-1965 (Masch.)

Yvan et Claire Goll : * L'Antirose, Poèmes ; illustrations de Chagall

Pierre Seghers Paris 1965 (125 p.)

Winfried Hauck : Die Bildwelt bei Iwan Goll . 6, 232 pages - 8°

München Phil. Diss. v. 28/2/1963 - 1965

Kushner Eva : Yvan Goll. Deux langues une âme

Actes du 4ème congrès de l'Association internationale de Littérature comparée

Fribourg 1964/1966

IL GIORNALE DEI POETI n° 5/6 mai /juin 1966 (Roma):

Poesie d'amore di YVAN E CLAIRE GOLL (4 poèmes traduits par Sandro Paparatti)

Neue deutsche Hefte 14 (1966) n°113. Benyoetz Eleazar : Iwan Goll - Claire Goll, Briefe. Mainz u. Berlin 1966, p.153 à 156

Komedia 12 : Iwan Goll : Methuselem oder Der ewige Bürger. (Mathusalem ou l'éternel bourgeois).Ein satirisches Drama. Mit vier Figurinen von George Grosz. Inhaltsverzeichnis :Vorrrede von Georg Kaiser, Vorwort des Autors Methusalem oder Der ewige Bürger.Text und Materialien zur Interprétation besorgt von Rheinold Grimm und Viktor Zmegac Materialen zum Verständnis des Textes : Editionsbericht, Zur Entsehungsgeschichte, Gattungsgeschichtliche Einordnung, Zur Analyse des Stücks, Zur Wirkungsgeschichte, Literatur (in Auswahl) 92 pages .

Walter de Gruyter & Co. / Berlin 1966

A la page n°27 -Sept.1966 : Romans - Théâtre - Récits - Nouvelles .Revue mensuelle paraissant le 25 de chaque mois . Sommaire : Frédéric Valmain, Jean Raynal, Lénie Belinda, Jacques Lanzmann, Jean Eiffel, Armand Lanoux, Daniel Rops, Claire Goll : Confession d'un moineau du siècle, p.1396 à 1401, Pierre-Edmond Victor ...

Editions Jules Tallandier, Paris .

Iwan Goll Claire Goll Briefe, Mit einem Vorwort von Kasimir Edschmid.[35]

Mit 38 Abbildungen auf Tafeln.

Florian Kupferberg Verlag Mainz / Berlin (262 p.) 1966

Bode Ingrid : Die Autobiographien zur deutschen Literatur, Kunst and Musik 1900/1965

Stuttgart : Metzler 1966

Jarhbuch der deutschen Akademie für Sprache und Dichtung 1966 -

Erhard Schwandt, Korrekturen zum Bericht von Reinhard Döhl.

Bibliographie der deutschen Gedichte Yvan Golls und Chronologie, p.191 à 206

Heidelberg / Darmstadt, 1967

A la page n°38-Août 1967 : Romans - Théâtre - Récits - Nouvelles .Revue mensuelle paraissant le 25 de chaque mois . Sommaire :  Claire Goll : Journal d'un cheval

Editions Jules Tallandier, Paris .

Frankfurter Allgemeine Zeitung n° 238 - 13/10/1967 : p. 36 Erhard Schwandt : "Argernis mit der Edition Ivan Golls". Textkristische Bemerkungen zu den Nachlassbänden.

Die Welt der Literatur 4 (1967) n°7. Benyoetz Eleazar : Zu Iwan Goll - Claire Goll, Briefe. p.3 avec reproduction d'un portrait de Foujita (Claire et Yvan Goll)

Nino Frank : Mémoire brisée [36] (315 pages)

Calmann Lévy. 1967

Ivan et Claire Goll : * Die Antirose, mit 11 Zeichnungen von Marc Chagall

Limes Verlag Niedermayer & Schlüter GmbH, Wiesbaden und München, 1967

Literarni Archiv 2 (1967)

Kalista Zdenek : Stykum Ivana Golla s ceskou literarni avantgardou po prvni svetove valce. (à propos des relations de Goll avec la littérature tchèque d'Avant-garde après la première guerre mondiale ; avec des lettres de Goll à Kalista 1920 - 1924) p.115 à 132

Yvan Goll - Joan Miro: * Bouquet de rêves pour Neila [37]

En feuillets de 33 cm. sous portefeuille de toile blanche : 25 exemplaires sur vélin du Moulin Richard de Bas, comprenant une suite des lithographies sur Japon nacré, signées par Joan Miro numérotés de 1 à 25, 150 exemplaires sur vélin de Rives, numérotés de 26 à 175 et 25 exemplaires hors-commerce marqués HC, réservés aux auteurs et aux artisans du livre. Tous avec la signature autographe de Miro - 80 p.

Fernand Mourlot Editeur Paris 1967

Yvan Goll : * Malaiische Liebeslieder Deutsche Originalausgabe (22 cm.- 128 S.)

édition bilingue des poèmes français et des versions allemandes originales. Rel. t. grise

Verlag Langewiesche-Brandt, Ebenhausen bei München 1967 / 1980 / 1990

Daigaku Horiguchi : * Chansons Malaises (traduction de 1955, aux Editions ShoShinSha Tokyo) avec un autoportrait d'Ivan Goll en couverture et 6 dessins d'Henri Matisse - 300 exemplaires numérotés de 1 à 300 et 20 exemplaires Hors Commerce numérotés de 1 à 20 - 77 p.- 24 cm.

Tokyo, Presse Bibliomane, 1967

Daigaku Horiguchi : Ivan Goll, Jean sans Terre (Traduction Japonaise)

Tirage de luxe : 30 Exemplaires avec le dessin de Dali de 1943 - 105 p.-22 cm.

et un Tirage à 245 Exemplaires tous numérotés.

Tokyo, Kikyo Sasaki, Presse-Bibliomane, 1967

Henri Béhar : Etude sur le Théâtre Dada et Surréaliste : p.64 à 68, Yvan Goll [38]

N.R.F. Gallimard, 1967

Claire Goll : Poètes d'aujourd'hui 167

présentation par Georges Cattaui, Edmée de La Rochefoucauld, Armand Lanoux : choix de textes, Bibliographie, portraits, fac-similés  192 pages

Seghers, Paris 1967 .[39]

Claire Goll : * L'Ignifère, 2 poèmes illustrés par Czaky [40]

Editions Jean Petithory, 1967

L'VII n°31-1967 : Revue trimestrielle de poésie , dir. Alain Bosquet, couverture Max Ernst (ne publie que de l'inédit )

Textes expressionnistes traduits et présentés par Jean-Claude Schneider .Sommaire :

Georg Trakl, Georg Heym, Alfred Mombert, Else Lasker Schüler, Alfred Lichtenstein, Iwan Goll : Le lac salé, Voyage au pays de misère, Mort du poète, Forêt I - II, Crucifixion, O Père I - II , p.56 à 59, August Stramm, Ernst Stadler, Max Hermann-Neisse, Klabund, Ernst Barlach, Hugo Ball, Gottfried Benn, Paul Zech, Kasimir Edschmid. Couverture de Max Ernst

Bruxelles

A la page n° 43 - Janvier 1968 : Romans - Théâtre - Récits - Nouvelles .Revue mensuelle paraissant le 25 de chaque mois . Sommaire : Simone de Beauvoir, Henri Perruchot, Roger Ikor, José André Lacour, Luc Bérimont, Catherine Tolstoï, Claire Goll : La correction, nouvelle, présentation d'Armand Lanoux p.87à103, Bellus, André Stil, Arnold Wesker, Claude Roland, Christian Melchior-Bonnet, Jean Bonot, Jean Hamon .

Editions Jules Tallandier, Paris .

Yvan Goll : Oeuvres I : Elégies Internationales - Le Nouvel Orphée - La Chaplinade - Paris brûle - Edition du matin - Poèmes d'Amour - Lucifer Vieillissant, illustrations de Chagall, Delaunay, Foujita, Léger.

Edition établie par Claire Goll et François Xavier Jaujard.-18 cm. (303 p.)

Editions Emile-Paul, Paris 1968

Ritchie : Seven expressionist plays : Yvan Goll, Methusalem (anglais) p.81 à 112

London 1968

Perkins Vivien : An iconographical study of Yvan Goll poetry.

Bristol 1968, VI, 266 pages 4°

Bristol, Magisterarbeit von Sept. 1968

Unicorn Journal : Arthur Secunda, Eugene Gomringer & Jerôme Rosenberg, Elisabeth Mann-Borgese, Thomas Merton, Yvan Goll : The Rain Palace p.43 , The Head in the Desert p.44, The Hut of Cenders p.45 , I loved you in every Blackbird p.46, Elegy for poor me p.47/48, The Mill of Death p.49/50 , Erich Kahler, Harry Martinson, Dan Northup, John Haines, Claire Trotter, Edouard J. Maunick, 98 pages.

Santa Barbara , Californie 1968

Pierre Seghers : Le Livre d'Or de la Poésie française contemporaine, de 1940 à 1960 en 2 volumes, premier volume 382 p.: Claire Goll p.345 à 348, Yvan Goll : Architecte marin (les Géorgiques parisiennes) p.349, Les Portes (Les Cercles magiques), Ars Poetica 1945 p.350

Editions Marabout, 1968

Yvan Goll : * Gedichte [41]. Eine Auswahl mit vierzehn  (14) Gedichten von Claire Goll. Herausgegeben und mit einem Kommentar versehen von René A. Strasser (23 cm. 438 S. mit zahlreichen Fotos, Faksimilés und Zeichnungen. Ill. Opbd. m. ill. Schutzumschlag Mit textkritscher Sorgfaltgestalte. Überblick über das lyrische Schaffen. Erste Ausgabe.

Meilen : Schweiz, Magica-Verlag, 1968

Du 28 (1968) p. 867. Michel Paul Pierre : Unterwegs zum wahren Yvan Goll. Zu einer neuen Auswahl seiner Gedichte, Yvan Goll : * Gedichte, Hrsg. v. R. A. Strasser. Meilen : Schweiz, Magica - Verlag. Zürich.

Erhard Schwandt : Das poetische Verfahren in der späten Lyric Yvan Golls.

Untersuchungen zur Genesis und Poetik. Mit einer kritischen Edition aus dem Nachlass,

Berlin, Freie Universität Berlin, Phil. Dissertationsdruckstelle vom 15-7- 1968, 266 pages 8°

Yvan Goll : * Poems. Selected poems in news translations by Robert Bly, George

Hitchcok, Galway Kinnel and Paul Zweig

with drawings by Jean Varda (80 p.1200 copies)

Edited by Paul Zweig - Kayac Press, San Francisco 1968

A la Page : n° 43 - 1968.Revue d'actualité littéraire, Dir. J. Jourquin, in-12 broché : Ivan Goll, Beauvoir.

Wolfhagen, Ernst : Flamme, Durst und Schrei (1968): Iwan Goll : Mond, IV (mit 1 Farbholzschnitt von Ernst Wolfhagen)

Über die Grossen Städte, Gedichte 1885 -1967

Gr.8°, 509 S. mit z.T.farb.Abb. von Meidner, Dix, Beckmann, Meckel, Kirchner, Felixmüller. Herausgegeben von Fritz Hoffmann, Joachim Schreck, Manfred Wolter, unter Mitarbeit von Bernd Jentzs. Nachwort : Fritz Hoffmann.

EA dieser grossartigen Sammlung mit Beiträgen von : Johannes R.Becher, Bertolt Brecht, Albert Ehrenstein, Iwan Goll  : Automammuts (Pseudonym : Iwan Lassang, p.106 - Schneemorgen p. 118, Litanei p. 136, Die Prozession p. 143, Ode à Berlin p. 168/169, Paris Brennt p. 196 à 214, Für eine neue Mythologie p. 225/226 -

Aufbau-Verlag Berlin und Weimar 1968

Das Aktionbuch, hrsg. von Franz Pfemfert, 1917 ) ; p.118 - Schneemorgen - "Die Aktion", 30 März 1917 ; p.143 - Die Prozession - "Dithyramben", 1918, das Gedicht erschien zuerst in einer erweiterten Fassung in : "Die Aktion", 29 Dezember 1917 ; p.168 - Ode an Berlin - "Der Eiffelturm", 1924 ; das Gedicht trägt den Entstehungsvermerk : 1918, p.196 - Paris brennt - Der Eiffelturm, 1924, das Gedicht trägt den Entstehungsvermerk : 1921 ; p.225 - Für eine neue Mythologie - Der Eiffelturm, 1924, das Gedicht trägt den Entstehungsvermerk : 1923 - Walter Hasenclever, Georg Heym, Jakob von Hoddis, Wilhelm Klemm, Rudolf Leonhard, Alfred Lichtenstein, Rainer - Maria Rilke, Ludwig Rubiner, René Schickele, Ernst Stadler, Georg Trakl, Franz Werfel, Alfred Wolfenstein, Paul Zech, u.v.a.

Verlag Berlin und Weimar (Aufbau) 1968

Cosentino Vincent J. : Walt Whitman und die deutsche Literaturrevolution

Walt Whitman und das expressionistische Jahrzehnt  (U. a. Stadler, I. Goll) p.81 à 98

München, 1968

Europe revue mensuelle nov. déc. 1968 - n°475-476 numéro spécial : Surréalisme : Philippe Soupault, Maurice Bouvier - Ajam, Jacques Gaucheron, Raymond Jean, Roger Navarri, Franz Hellens, Rolland Pierre, Georges Dupeyron, Lucienne Rochon, Charles Bachat, Arlette Albert-Birot, Paule Plouvier, Claire Goll : Goll et Breton p. 109 / 110, fac-similé de " " n° 1 - Octobre 1924 Directeur Ivan Goll, collaborateurs : Guillaume Apollinaire, Marcel Arland, P. Albert-Birot, René Crevel, Joseph Delteil, Robert Delaunay, Paul Dermée, Jean Painlevé, Pierre Reverdy avec une illustration de Robert Delaunay, p. 111 à 126, Yvan Goll : préface à Mathusalem (1920) p.127 /128 et préface à ses 2 surdrames "Les Immortels" (1920) p.128 à 130

Die neue Rundschau 79 - 1968:

Schaefer Dietrich: Yvan Goll, Malaiische Liebeslieder. (Ebenhausen 1967) p.139 à 142

Les Nouvelles Littéraires 47 ème année, n° 2193 – 2 octobre 1969 : p.4, article de Jean Rousselot  sur le premier tome des "Oeuvres" d'Ivan Goll.

La poésie :

La publication du premier tome des oeuvres d'Yvan Goll va remettre en lumière ce poète original et fécond dont le nom, dès 1912, se trouve associé à toutes les aventures de la poésie, de la littérature et de l'art nouveaux. Né à Saint-Dié en 1891, donc pendant l'annexion de l'Alsace Lorraine, et formé simultanément en français et en allemand, Goll sera toute sa vie divisé par cette double appartenance culturelle et il s'efforcera très honnêtement de l'assumer. C'est en allemand qu'il commence de s'exprimer en vers, mais c'est pour entonner un hymne à la fraternité des races, Le Canal de Panama, qu'on eut aimé trouver dans ce volume. En 1913, il participe, à Berlin, au mouvement expressionniste. La guerre venue, il passe en Suisse, y devient l'ami de Romain Rolland, de Pierre Jean Jouve, de Stéphan Zweig et publie, en français, ses Elégies internationales, sorte de réquisitoire lyrique contre la guerre.

Tour à tour futuriste, dadaïste, surréaliste, mais toujours à quelques encablures des chartes officielles, il va jusqu'à sa mort, en 1950, accumuler les livres de poèmes, les oeuvres scéniques, les romans, les traductions -- en français et en allemand -- de la plupart des poésie du monde, fonder des revues, toujours d'avant-garde, et mener des croisades, toujours pacifistes (il avait, dès 1917, dans son Requiem pour les morts de l'Europe, employé le premier, l'expression « citoyen du monde »), jamais à court d'invention, de lyrisme et de charité.  C'est aux Etats-Unis, où il se réfugie dès 1939, qu'il achèvera ce qui est sans doute son chef-d'oeuvre, le poème en quatre mille vers de Jean sans Terre.

Nous n'en sommes pas là puisque ce tome premier ne rassemble que les oeuvres composées entre 1915 et 1927, tant en allemand qu'en français.

Entre autres Le Nouvel Orphée :

Tu ne connais pas Orphée ?

il tourne l'orgue du ciel

il tourne la roue des planètes

il tourne la montre sur ton coeur

On trouvera enfin dans ce volume les Poèmes d'amour écrits en collaboration, ou plutôt en duo avec Claire Goll et qui sont l'un des sommets de notre poésie amoureuse. La Chaplinade et Lucifer vieillissant où, comme dans tout ce qui est sorti de la plume de Goll, se manifestent le même goût du merveilleux moderne et la même alacrité langagière que chez Apollinaire, Cendrars, Albert Birot, Delteil. Avec, en plus, un attachement profond à la réalité quotidienne et une sorte de spontanéité franciscaine : « rossignol, tu me convertis en chantant la messe du matin » -- et à laquelle ce poète qui se voulut peut-être trop systématiquement de son temps, doit d'être devenu un grand poète de toujours.

Claire Goll : Memoiren eines Spatzen des Jahrhunderts  ( les  confessions d'un Moineau du Siècle ), mit 16 illustrationen von Chagall, Clavé, Delaunay, Hélion, Masson, Villon  (Tagebuch eines Pferdes, Affenliebe, das Kälbchen, der Selbstmord eines Hundes, die Taubenwitwe, Memoiren eines Spatzen des Jahrhunderts)

, Mandalay, Hara - Kiri . 167 S.) Deutsche Ausgabe

Limes Verlag, Wiesbaden 1969

Claire Goll: * L'Ignifère, 560 exemplaires :

26 exemplaires sur vélin, ornés de trois lithographies de Leonor FINI marqués de A à  Z, 60 ex. sur vélin ornés de deux lithographies de Leonor FINI numérotés de 1à 60  et

500 exemplaires numérotés de 61à 560, le tout constituant l'édition originale - 80 p.

Librairie Saint-Germain - des - Pré, 1969

Yvan Goll : Les Géorgiques Parisiennes. Illustration de Jean Touret (Plaque en cuivre repoussé sur la couverture) Grand in-folio oblong (45/ 42), 16ff.-17 exemplaires

Blois, Rhumps Editions, 1969

Yvan Goll : Les Géorgiques Parisiennes. A cura di Cristina Braccio.

Parma : Guanda Editore, 1969. 78 pages

Expressionismus als Literatur. Dietrich Schaefer: Iwan Goll (Zur Lyric) p. 426 à 436

Bern 1969

Daigaku Horiguchi : Oshidori shu Shisho Ivan Claire Goll (traduction des poèmes d'amour en japonais) 255 pages

Tokyo, Hakuhô sha 1969

Expressionismus Lyric, von Martin Reso mit Silvia Schlenstedt & Manfred Wolter : Nachwort von Silvia Schlenstedt (700 p.)

Iwan Goll : Der neue Orpheus VII p.81, Der neue Orpheus p.114, Litanei zu Liebknechts Tod p.132, Klagen will ich p.361, Kriegsbeginn p.366, Lichtkorallen am Mund p.418, Noemi VI p.427, Mond p.432, Die tote Bürgerin p.436, Die Kindsmörderin 437, Fluch der Fabriken p.442, Der Streik p.484, Die Prozession p. 489, Die Pyramide p. 519, Ode an Berlin p.527, Paris brennt p. 532. Iwan Lassang : Die Fahne p.153, Der Panamakanal p.231, Die Automammus p.247, Litanei p.486,

Aufbau - Verlag Berlin und Weimar, 1969

Des Années Trente - Groupes et Ruptures

Silvia Schlenstedt : L'INDIVIDU ET LE GROUPE / L'EXEMPLE D'YVAN GOLL

Centre Régional de publications de Meudon-Bellevue p. 259 à 269

Editions du CNRS vérifier l'année de publication

Karin Rieser-Spriegel : Untersuchungen zum dramatischen Werk Yvan Golls.

Salzburg 1969, V, 211 pages - 4° (polycop. à la machine)

Salzburg, Phil. Diss. 1969

Lettre manuscrite de Claire Goll: 26 juillet 1970 à l’éditeur Jean Petithory

qui aurait dû publier  "L’Ignifère ",  deux Poèmes illustrés par Czacky en 1967:

            CLAIRE GOLL

            47 RUE VANEAU

             PARIS VII

            Le 26. VII.70

                                               Mes chers Chantal et Jean,

                                               Je suis ravie de vous savoir au soleil,  “ les

                        mains libres “. Seulement il ne faudrait pas que Jean s'expose

                        aux rayons ultra - violettes,  mais cherche l'ombre .

                                               Je suis seule et triste ici et j'ai la nostalgie

                        du Midi que je n'ai pas vu depuis de longues années.

                                   Aussi,  ai - je pensé à ta charmante proposition,

                       Jean,  de m'emmener là - bas au moment de ton retour

                        avec Man .

                                   Nager,  nager,  quel rêve!  La vieille sirène

                         ne vous dérangerait pas,  elle sera toujours cachée

                        dans le pli des vagues ou de son lit pour écrire, 

                          Et pour faire plaisir à Jean,  je lui laisserai un

                        Miro de 3 2 5.0 0 0 à 1 5 0. 0 0 0 F (anciens).

                                   Seulement,  si vous voulez bien de moi,  il

                         faut me prévenir huit jours d'avance ou  dés

                        maintenant fixer une date . Car j'ai des rendez -

                        vous à annuler que j'ai pris avec des étudiants qui

                        font leurs thèses,  soit sur Yvan,  soit sur moi .

                         Je vous embrasse affectueusement,  ainsi que Man (Man Ray)

                        et Juliette .

                                                                                                                                                                                            Votre                                                                                                                                    Claire

Métamorphoses  13-14. Eté-Automne 1970 - Revue trimestrielle dirigée par Oleg Ibrahimoff. 142 p.

Ivan Goll : Aube sur La Havane p.3, Colombes sur le toit p.4, Parmenia p.5, Flamboyants p.5, Combat de coqs p.6 et 7, Barrio de la Jaguas p.8, La maison espagnole p.9, Premier Mai à La Havane p.10 (poèmes inédits écrits à Cuba en 1940), Axelos - Jouffroy...Catalogne Espagnole, Poètes des U.S.A.

Imprimerie Richard, Céret (France) 1970

Le Pont de l'Epée n° 44-45 - 1970, Guy Chambelland : Albarède, Christian Bachelin, René Barbier, Georges Bonnet, Denise Borias, Marie-Christine Brière, Paul Colin, Christian Da Silva, André Hardellet, Yvan Goll : Lackawanna Elegy ,Tout navigue à sa perte, Les Docks, Où ces bateaux emportent-ils tout notre silence, Le Fleuve plombé, Le dernier Fleuve, Le Fleuve compatissant, Glas des Bouées, La Fermeture des Flots p.79 à 86, Vicente Huidobro, Alfonso Jimenez, Francis Picabia, Jean-Pierre Védrines, M.-A. Genest. Textes de présentation de Maxime Duchamp.224

La Bastide-d'Orniol, Goudargues (Gard)

Guy Chambelland :

«Yvan Goll est certainement l’un des poètes les plus importants apparus vers les années 20. Mêlé à tous les mouvements poétiques d’alors (il publia en 1924 une revue Surréalisme,  qui n’eut qu’un numéro mais groupait Reverdy,  Albert-Birot,  Crevel,  Radiguet,  Delteil …),  son indépendance vis-à-vis de chacun d’eux lui valut sans doute de rencontrer moins d’audience que des poètes plus …politiques. Cette liberté mérite qu’on aille y voir de plus près:  un poète de taille est là,  dont la renommée ne devrait plus tarder. Le Tome 1 de ses Oeuvres complètes est paru chez Emile-Paul. Les poèmes suivants ont été écrits en 1943 et 1944,  alors que Goll,  Alsacien,  s’était exilé aux U.S.A. Ils ont été publiés pour la première fois en 1970,  sous le titre Lackawanna Elegy,  avec une traduction américaine. La première édition française de cette Elégie de Lackawanna paraîtra en fin d’année dans notre collection Poésie-Club,  augmentée d’une suite d’inédits:  L’Herbe du Songe. »

Yvan Goll : Oeuvres II : * La Septième Rose - Chansons Malaises - Métro de la Mort - Jean sans Terre - illustrations de Chagall, Dali, Matisse, Zadkine.

Edition établie par Claire Goll et François Xavier Jaujard. - 18 cm. (299 p.)

Editions Emile-Paul, Paris 1970

Caractères n°14 (sans date) Revue internationale de Poésie dirigée par Bruno Durocher.38 poètes :..Luc Bérimont...Jeanne Bessière...Raymond Datheil...Bruno Durocher...Yvan Goll, 4 poèmes publiés dans Neila ; Liliane, mon paysage hanté 12 vers, Nuit solitaire à l’Hôpital 6 vers, Liane-Neila11 vers, Mienne est la Nuit 10 vers, reproduction du frontispice couleur de Sonia Delaunay, Franz Hellens, Abram Kroll, Jean Rousselot, Gaby Vinant., Wai-Lim-Yip …illustrations : Jeanne Bessière, Zendka Datheil, Sonia Delaunay, Abram Kroll, Jean Neuberth, Georges Visconti, Gaby Vinant - non paginé (150 p.)

Editions Caractères, Paris, vers 1970 

Yvan Goll : * Lackawanna Elegy. Poems.

Translation & Préface by Galway Kinnel. (Edition bilingue : français en pages de gauche) 1000 soft cover copies and 100 numbered and 26 lettered hardbound copies. all lettered copies have been signed by the translator.

Fremont, Michigan : The Sumac Press, 1970 (74 p.- 23 cm., couv. ill.)

Colloquia Germanica 1970. Schwandt Erhard: Mythische Selbstdarstellung in der Lyric Ivan Golls p. 232 à 247

Studien zu Germanistik, Anglistik u. Komparistik, Bd.5

Perkins Vivien : An iconographical study of Yvan Goll poetry.

Bonn : Bouvier 1970. VI, 198 pages - 8°

Mélusine. Oper in 4 Akten (1970).

Libretto nach dem gleichnaligen Schauspiel von Yvan Goll, von Claus H. Henneberg. Textbrich.20 cm.-39 p.

Mainz, Ars Viva Verlag, 1971

7 décembre 1970 lettre de Claire Goll à Hans Bender [42]

Publikation 21 - 1971. H. 5: Barbara Glauert : Als Deutscher bezeichnet: Ivan Goll zum 80. Geburstag. Über die Rückkehr seiner Werke nach Deutschland. p.9/10

Yvan Goll :* Neila . Traduction intégrale des 51 poèmes d'Abendgesang [43] Frontispice de Sonia Delaunay -  (57) p. (1) f. de pl. en coul.; 21 cm.

Editions Caractères, Paris 1971

Yvan Goll : * L'Herbe du Songe (Traumkraut) Avant-propos de Claire Goll ;

Traduit par Claire Goll et Claude Vigée ; 2 lithographies de Sonia Delaunay.

25 exemplaires sur Art-Fil, format : 19 x 27 n.p. numérotés de 1à 25 et

65 exemplaires sur Art-Fil, format : 12 x 18 n.p. numérotés de 26 à 90

Editions Caractères Paris 1971

Yvan Goll : * Multiple Femme : Bois gravés de Jean Arp ; 50 exemplaires sur Rives numérotés de 1 à 50, 3 exemplaires sur Art fil avec double suite, 7 exemplaires sur Art fil avec une suite numérotée de 4 à 10 et 150 ex. sur Art fil numérotés de 11 à 160 -33p.- 20 cm. Les huit bois gravés sous tous signés par la femme de Arp.

Editions Caractères, Paris 1971

Dire ( DireAlsacien) n°16 Automne/Hiver 1971. Revue européenne de poésie fondée en 1962 chez Jean Vodaine.

Sommaire : Alexandre, Arp, Bergel, Finck, Goll: Hôpital du cycle "Elégies d'Ihpétonga", et Le nageur crucifié, un poème du cycle inédit d'Elégie de Lackawanna, Grappe, Heitz, Jung, Katz, Klée, Reff, Schneider, Vigée, Waller, Walter, Winter, Dadelsen.(en feuillets)

Vodaine - Yutz 1971

Studia Germanica Posnaniensa 1 (1971).

Gruszkiewicz Jacek : Der expressionistiche Begriff "Menschheit" in den verschiedenen Fassungen des "Panamakanals" von Iwan Goll p.59 à 75

Horst Denkler, Gedichte der Menschheitsdämmerung.

Menz Egon : Ivan Goll "Der Panamakanal" (Interpretation) p.219 à 251

München 1971

Ivan Goll : * Chansons Malaises, Bengali translation of Malayan songs. Translated by Sanaul Huq. - 22 cm., (46) p. Cartonn. ill. coul. Texte Bengali

Published by Bengali Academy, Dacca (East Pakistan) 1971

Claire et Yvan Goll : Poèmes d'Amour et  Le Nouvel Orphée

( édition japonaise - 255 p. - ill. coul. Cartonn. ill. sous coffret vert

Tokyo, 1971

Claire Goll : Ballerine de la peur,  Récit 296 p.

Emile-Paul, Paris  1971

Claire Goll : Traumtänzerin ( Ballerine de la peur ) - Jahre der Jugend,

München , List 1971 ( 256 S.)

Yvan et Claire Goll : Poèmes avec 12 Gravures de Marc Pessin, éditeur et graveur

Saint-Laurent - du - Pont : La Galerie de Saint-Laurent-du-Pont, 1971.

Deutsche Gedichte von 1900 bis zur Gegenwart, Herausgegeben von Fritz Pratz.

Yvan Goll : Ode an der Herbst p.94, Schnee-Masken p. 268, Stunden p.270, Der Staubbaum p.336

Fischer Taschenbuch Verlag GmbH, Francfort sur le Main, Avril 1971, 1979, 1987

IL GIORNALE DEI POETI -n° 3-4- 1971 (Roma):

Poesi di Yvan Goll (Traduction italienne par Edvige Pesce Gorini)

Schlocker Georges : Le cas Yvan Goll dans "L'Expressionnisme dans le théâtre européen"

1971 (pages 133 à 139)

Poèmes d'amour, tschechisch Milostine pisne : Ivan a Claire Goll

(Prelozil Adolf Kroupa)

Se ctyrmi illustracemi Marca Chagalla.

Praha : Ceskolovensky spisovatel (1971)

Quatre-vingtième anniversaire de la naissance d'Yvan Goll. 1891-1971.

La poésie et l'art sur les chemins d'Yvan Goll et de Claire Goll. Introduction, notes biographiques et notices pour servir à l'exposition des oeuvres d'Yvan et de Claire Goll possédées par la Bibliothèque Municipale. 11 pages.

Saint - Dié 1971[44]

Carrefour mercredi 8 mars 1972, p.16 et 17, chronique de Pascal Pia : La Poésie malgré tout

La poésie malgré tout

Presque simultanément viennent de paraître chez le même éditeur un récit de Mme Claire Goll, Ballerine de la peur, et 2 volumes rassemblant une grande partie de l'oeuvre poétique d'Yvan Goll, mort à 59 ans, en mars 1950.

Les noms de Claire et d'Yvan Goll n'ont été longtemps familiers qu'aux amateurs de poésie et à la clientèle, toujours restreinte, des petites revues littéraires. Depuis dix ou douze ans, la présence de ces deux écrivains dans la collection Seghers de « Poètes d'aujourd'hui » a certainement affermi et étendu leur réputation, mais peut-être celle-ci demeure-t-elle moins grande en France que dans les pays de langue allemande, et même moins bien établie qu'elle ne l'est déjà aux Etats-Unis, où l'oeuvre d'Yvan Goll fait l'objet de travaux universitaires et d'éditions critiques.

Cette fortune peut surprendre. Elle n'a cependant rien d'inexplicable. Yvan et Claire Goll ont résidé aux Etats-Unis pendant la dernière guerre et jusqu'en 1947. Il y ont publié plusieurs ouvrages, et Yvan Goll y a dirigé une revue bilingue, Hémisphères, au sommaire de laquelle figurèrent à côté d'André Breton et de M. Aimé Césaire, qui devait un peu plus tard siéger au Palais-Bourbon comme député communiste de la Martinique, M. Roger Caillois, futur académicien, et M. St John Perse, ancien secrétaire général du Quai d'Orsay. Jean Paulhan lui-même, à la meilleure époque de la N. R. F., n'eut pas réussi un plus éclatant assortiment. On conçoit que cet éclat n'ait pas laissé les Américains indifférents, et qu'ayant eu la curiosité de s'informer du directeur d'Hémisphères, ils aient découvert et apprécié la poésie d'Yvan Goll.

Quant à l'intérêt que l'histoire littéraire attache à Yvan Goll et à Claire Goll dans tous les pays germaniques, il suffit, pour le comprendre, de se rappeler qu'ils avaient tous deux débuté comme poètes de langue allemande, lui en 1914, elle en 1917, et que, résidant en Suisse, ils avaient en pleine guerre exprimé des sentiments pacifistes que personne n'oserait leur reprocher aujourd'hui, mais qui les désignaient alors à la réprobation des « jusqu'aux boutistes » de chaque camp.

Quelques précisions biographiques ne seront pas superflues. Né d'un père alsacien et d'une mère messine, Yvan Goll avait passé son enfance en Lorraine annexée. Il avait étudié le droit et la philosophie à l'université de Strasbourg et dès 1913, collaboré aux revues allemandes d'avant-garde, qui prônaient l'expressionnisme. Un de ses premiers poèmes, publié à Berlin au printemps de 1914, exalte l'ouverture du canal de Panama en des termes qui rappelle le Panama de Blaise Cendrars et qui pourtant ne lui doivent rien : le Panama de Cendrars était encore inédit en 1914, si tant est qu'il fut déjà composé, -- ce qui est peu probable. On rencontre, dans Der Panama Kanal, quelques-unes des images d'exubérance tropicale qui parsèment le poème de Cendrars, est aussi les mêmes impressions de fièvre, les mêmes soupirs de lassitude, les mêmes cris d'enthousiasme, les mêmes odeurs de décomposition. Si la critique avait voulu pourvoir d'une généalogie littéraire le jeune poète allemand qu'était alors Yvan Goll, sans doute l'eut-elle apparenté à Walt Whitman à Verhaeren, à l'Apollinaire de Zone et de L'Emigrant de Landor Road. Mais la critique ignorait encore Yvan Goll, dont le Panama était d'ailleurs signé du pseudonyme d'Iwan Lassang. Elle ne s'est avisée de son existence qu'au cours de la première guerre mondiale, sans prendre garde en ce temps-là à la qualité de ses poèmes, se bornant à louer ou à condamner ce qu'elle appelait son humanité ou sa sensiblerie, sa lucidité ou son défaitisme. Goll s'était rangé aux côtés de Romain Rolland en faisant paraître en 1915 à Lausanne un petit recueil d'Elégies internationales, puis en donnant l'année suivante aux éditions de la revue demain, que dirigeait Henri Guilbeaux, un Requiem pour les morts de l'Europe. Il s'était trouvé en Suisse au moment de la déclaration de guerre et avait choisi d'y rester. Comme Romain Rolland, il dénonçait la sottise d'un épouvantable conflit dans les conséquences pèseront encore sur de nouvelles générations. Dans les élégies qu'il dédiait aux peuples belligérants, il disait en 1915 :

« Peuples des chansons militaires ! Rêveurs ! Européens !

« Pourquoi ses matins grelottants sous le clairon, ces campements dans la fraise des bois, les villes énervées du sang lointain, la cavalerie flottante par les brouillards, des routes hagardes traînant l'exode des veuves, des plaines inondées de feu, les enfants sentinelles, les nuits malades et chancelantes à la toux du canon, et puis la pitié des Croix-Rouges ? Pourquoi cherchiez-vous l'amertume et la douleur, le tambour claquant de ses os et la plainte des tombes dans les dunes ?

« Peuples héroïques, vous qui cherchez votre grande bataille,

« Vous avez perdu la plus grande, Européens :

« L'Europe ! »

Les événements se sont chargés de montrer ce que ces versets comportaient de prophétique. Mais dans les années 15, 1617, l'attitude d'Yvan Goll ne le faisait pas considérer comme un prophète. Qu'ils lui fussent hostiles ou favorables, les lecteurs qu'il comptait en Suisse et ceux, beaucoup plus rares, qu'il pouvait avoir en Allemagne et en France, où le contrôle postal et la censure s'opposaient à la diffusion de ce qui s'imprimait à l'étranger, ses lecteurs le regardaient surtout comme un militant d'extrême gauche, pénétrés qu'ils étaient de la conviction que certains sentiments d'humanité impliquent nécessairement certaines opinions politiques. Pour ma part, je ne crois pas qu'Yvan Goll se soit jamais converti à Marx, à Proudhon, à Bakounine ou à Lénine, mais je ne doute point qu'il ait toujours eu en horreur toutes les dictatures, quelle qu'en ait été l'origine, et toutes les tentatives d'hégémonie, quelque prétexte qu'on eut avancé pour les justifier.

Né Allemand en 1991, Goll n'eut pas d'effort d'accommodation à s'imposer pour être Français à partir de 1919. Il était bilingue depuis son enfance. Jusque vers 1930, il écrivit tantôt dans une langue et tantôt dans l'autre, et s'il en vint ensuite à ne composer qu'en français, c'est qu'il lui eut été impossible d'être encore édité dans une Allemagne où les Nazis faisaient la loi. Par bonheur, sa poésie n'a pas souffert d'être réduite aux mots d'une seule tribu. Goll s'exprimait avec autant d'aisance dans chacune de ses deux langues, comme le prouve la version allemande des textes qu'en 1923 il a rassemblés en français dans un des ses meilleurs ouvrages, Le Nouvel Orphée. Sa poétique n'était déjà plus celle de ses pièces pacifistes. Des poèmes comme Paris brûle ou comme Astral, publié en allemand en 1920, puis en français trois ans plus tard, ne rappellent en rien Whitman ou Verhaeren, mais se rapprochent de L'Inflation sentimentale de Mac Orlan, du Voyage en autobus de Marcel sauvage et des Lampes à arc de M. Paul Morand, non seulement par leur modernisme et leur cosmopolitisme, mais aussi par leur écriture précipitée, télégraphique même, et la disparate de leurs images, lesquelles, au demeurant, reflètent beaucoup mieux que ne l'eut fait un texte discursif les ravages et les bouleversements causés dans le monde et dans les esprits de quatre années d'une guerre atroce :

Attention, Premier round !

L'Europe et le nègre Zeus se serrent la main

Caleçon tricolore

La poitrine humaine cintre un acier rose

Les appareils Morse ont tous la fièvre

Quatre poings façonnent l'honneur du monde

U.S.A. toutes les montres sont arrêtées

Les usines de munitions ont congé

Les paquebots stoppent en plein Atlantique

La statue de la Liberté sourit

alors une guerre éclate

des squelettes battent du tambour

le prix du sucre monte

enterrements gratuits

des héros laurés de bandages

entassés dans des wagons à bestiaux

portent leur coeur séché

entre deux feuilles de papier timbré

Le rapide Rome-Stockholm

est exclusivement composé de voitures-cercueils

A cet instant

devant une table de café

un GENIE découvre

l'amour des hommes.

Cette citation, extraite de Paris brûle, en ignorerait-on la provenance, il ne serait pas difficile de la dater exactement, d'y reconnaître le souvenir des fourgons où avaient dû se presser les hommes envoyés à l'abattoir, le rappel des fructueuses affaires conclues après l'armistice par d'habiles spéculateurs, et les échos du tumulte organisé autour de certains matches de boxe disputés à Madison Square.

Je ne puis m'arrêter ici à tout ce que contiennent les deux volume où viennent d'être réunis la plupart des poèmes d'Yvan Goll. Je le regrette, car il n'est aucun de ces poèmes qui, d'une manière ou d'une autre, ne témoigne de la sensibilité de leur auteur. Les vers que dès 1934 Goll consacra à un imaginaire Jean sans Terre toujours en mouvement, sont d'un visionnaire que la seconde guerre mondiale n'aura pas surpris. Les amateurs de chansons populaires, les collectionneurs d'épinaleries ne sauraient s'y tromper : Jean sans Terre, c'est Isaac Laquedem, le Juif errant de la complainte. C'est aussi Yvan Goll lui-même qui, Juif, Alsacien et pacifiste, pressentait qu'il lui faudrait cherchez bientôt refuge hors de notre continent. Je ne soutiendrais pas que cette perspective lui ait été agréable, mais je ne crois pas qu'il s'en soit affligé outre mesure. Il se savait égal à son destin, comme eut dit Apollinaire. Atteint de leucémie, il a voulu rentrer en France pour y mourir. Il commence d'y survivre. » Pascal Pia

Salzburger romanistische Schriften, 1

Karin Rieser-Spriegel.: Untersuchungen zum dramatischen Werk Yvan Golls.

München : Fink 1972. IV, 213 pages

Poésie présente -V- 1972 – Cahiers trimestriels de Poésie : Yvan Goll : Mères p.7 à 20  (introduction de François - Xavier Jaujard p.5/6), Gilbert Socard, Paul Pugnaud, Renée Rivet-Borac, Jean-Claude Xuéreb. 168 pages

Rougerie, Limoges

Les Lettres Belges : Cahiers d'Analyse textuelle Tome 14

p.92 à 98 : Delcroix Maurice :La 8ème chanson malaise d'Ivan Goll

Liège 1972

Littérature française par Antoine Adam, Georges Lerminier, Edouard Morot - Sir.

Tome second : XIX ème et XX ème siècle : Claire Goll p.286, Yvan Goll p.229, 282.

Librairie Larousse, 1972.

Books Abroad 46 - 1972.Perl Walter :Yvan Goll : * Lackawanna Elegy. Poems.

Translation & Préface by Galway Kinnel.( Edition bilingue : français en pages de gauche)

Fremont, Michigan : The Sumac Press, 1970 (74 p.- 23 cm., couv. ill.) p.77-78

Manfred Brauneck : Das deutsche Drama von Expressionismus bis zur Gegenwart

Iwan Goll : Methuselem oder Der ewige Bürger. (Mathusalem ou l'éternel bourgeois) Interprétation des Dramas von Rheinold Grimm und Viktor Zmegac p.82 à 94

Bamberg 1972

Der Triumphwagen des Antimons, 15 Sonette, deutsch und franz.

mit 3 Farbradierungen von Johny Friedlaender

Propylaenterverlag, Berlin - Wien 1973 (Grand luxe)

Yvan Goll : * Elégie de Lackawanna, Poèmes.

(60 ex. sur Vélin d'Arches numérotés de 1 à 60, tous ornés d'une lithographie originale de Zao-Wou-Ki et 500 exemplaires sur Offset, 20 / 28, 75 p.

L'édition originale est constituée également par 60 exemplaires sur pur chiffon de Mandeure numérotés de 1 à 60, tous ornés d'une lithographie originale de Zao Wou Ki et par 500 exemplaires sur offset, 10 / 14, 69 p. le tout constituant l'édition originale

Librairie Saint-Germain-des-Prés Paris 1973

Glauert Barbara :Yvan und Claire Goll : Bücher und Bilder.

Katalog und Ausstellung vom 9 Mai bis 10 Juni 1973 (Mit zahlr. Abb.)

Gutenberg - Museum zu Mainz, 1973 (100 S.)

Yvan et Claire Goll : * Elégie de l'Atome, Lilith. Hölderlin ou la Tour du Fou Gravures de Marc Pessin.

Saint-Laurent - du - Pont : La Galerie de Saint-Laurent-du-Pont, 1973.

Iwan Goll : Unter keinem Stern geboren. Ausgewählte Gedichte.

Auswahl und Nachwort von Klaus Schuhmann

Aufbau - Verlag, Berlin und Weimar 1973 (200 S. Erstausgabe dieser Sammlung)

liberté, année 1974 - Numéro 94 (volume 16 numéro 4) juillet-août. directeur : jean-guy pilon.p.50 à79, Serge Fauchereau : Yvan Goll expressionniste et moderniste appliqué. Montréal Québec)

Serge Fauchereau:

«Yvan Goll. Les idées reçues que l’on pourrait glaner à son sujet auprès d’un public français incitent peu à le relire:  un écrivain protéiforme,  tour à tour expressionniste,  cubiste,  surréaliste,  un de ces écrivains toujours prêts à sauter dans n’importe quel bateau nouveau et dans le vent,  une sorte de Jean Cocteau au petit pied de peu d’influence et en somme de peu d’importance. Voici à peu près ce que l’on pense,  pour autant qu’on prenne la peine d’y penser,  chez les générations de la seconde après-guerre. Beaucoup de ses vieux amis et zélateurs ont disparu et la publication des deux volumes de ses Oeuvres n’a déchaîné aucun enthousiasme,  au point que les autres volumes sont ensuite restés à l’état de projet. Ni la critique ni le public français ne semblent vouloir ressusciter Yvan Goll. Deux faits cependant devraient inciter à reconsidérer le cas du poète:  son oeuvre est connue et traduite dans plusieurs pays étrangers ; aux Etats-Unis,  par exemple,  on peut en 1974 trouver au moins trois volumes bilingues de ses poèmes,  et si l’on peut admettre que la caution donnée au départ par William Carlos Williams,  Allen Tate et W.H. Auden était fondée sur l’amitié,  cet argument n’est plus recevable dans le cas d’écrivains beaucoup plus jeunes comme Robert Bly ou Galway Kinnel,  célèbres dans leur pays,  qui n’agissent ni par amitié ni pour attirer l’attention sur soi. Enfin,  il est indiscutable que les Allemands considèrent Goll comme l’un des meilleurs poètes expressionnistes et de façon plus générale comme l’un de leurs poètes les plus intéressants de ce siècle. Mais cela soulève une question importante:  de quel Goll parlons-nous:  du poète allemand ou du poète français?  Goll a en effet écrit tantôt dans une langue tantôt dans une autre ; il existe presque un troisième Goll puisque un volume de poèmes a été directement écrit directement en anglais. …

Yvan Goll a toujours eu la certitude de n’appartenir à aucune langue et aucun lieu ; dans les notices biographiques de la célèbre anthologie expressionniste de Kurt Pinthus,  Menschheitsdämmerung (le crépuscule de l’humanité) en 1920,  il se disait "juif par destin,  né français par hasard,  enregistré comme allemand par les papiers administratifs" .

Jean Bertho s'adresse ici à Serge Fauchereau:  Serge Fauchereau donne une analyse de la poésie de Goll à la fois sérieuse et dangereuse,  suspecte car antinomique,  amphibologique,  primaire et précieuse. Qu'a-t-on à faire de citations choisies pour sa propre argumentation!  Le système,  ridiculiser en banalisant,  est bien connu de tous les amuseurs:  c'est facile et ça peut démolir gros.

Au début,  Monsieur Fauchereau,  vous semblez vouloir redonner à Goll la place qu'il mérite et qui est la sienne,  puis sous l'analyste honnête,  sous le critique intègre,  transparaît un second Fauchereau,  démystificateur impitoyable qui va s'avérer un destructeur: 

S.F.:  « A la déclaration de guerre,  Goll fuit en Suisse … Goll commence alors à écrire en français. …Goll n’a pas gagné à changer de langue:  ce qu’il écrivait en allemand avait incontestablement plus de force.

"Gare Montparnasse" est presque un pastiche de Cendrars.

L’empreinte d’Apollinaire est reconnaissable,  et celle d’écrivains plus jeunes comme Reverdy,  Albert-Birot et peut-être même le Soupault d’Aquarium. Mais Goll reste en-deçà de ses modèles et bien peu de poèmes sont encore remarquables aujourd’hui …

Paris brûle (1921) …est complètement sous l'influence de la poésie française et de Cendrars en particulier.…L'extrait suivant reprend les thèmes et les signes favoris de Cendrars jusque dans les mots:  les boulevards parisiens,  la guillotine ; les journaux,  les trains de banlieue…:

L’échec des recueils "Le Nouvel Orphée" et "Der Eiffelturm" comme de la conception de Goll du surréalisme est double puisqu’il y a à sa base une erreur linguistique et une erreur esthétique. "

Jean Bertho:  Monsieur Fauchereau,  votre redoutable méthode s'apparente à une forme de terrorisme intellectuel:  les poètes qui aiment Goll,  vous les qualifiez de "zélateurs" et vous refusez de les suivre car,  pour vous,  trop de louanges,  c’est trop! 

·      S.F.:  « Goll n’a pas suivi les transformations de l’expressionnisme après la guerre,  particulièrement les expériences linguistiques menées par les disciples de Stramm et les dadaïstes de langue allemande. Largement débordé par dada et le surréalisme,  il a bien conscience dans les années vingt que son “surréalisme” est dépassé,  et renonçant à se trouver toujours à l’avant-garde,  il va passer plusieurs années en quête de renouvellement tout en se tenant hors des mouvements. Il se tourne vers le roman et en publie six de 1927 à1930 où il exprime son dégoût pour la société urbaine,  en particulier dans "Lucifer Vieillissant" et "Sodome et Berlin" . …Poétiquement d'ailleurs,  les récits de Goll ne sont guère mémorables en regard de ceux que d'autres poètes publient alors.

…Je ne ferai pas plus de cas des "Chansons Malaises" dont le ton idyllique a pu un temps faire illusion …certains poètes américains se sont enthousiasmés pour "Jean Sans Terre",  et Clark Mills assure que "seulement comparable à Rimbaud et Baudelaire,  il n'a été égalé par aucun poète français vivant" ; or plus qu'une exagération,  je crains que ce ne soit là une bévue..…toute l'oeuvre est ainsi composée en quatrains réguliers et dûment rimés conférant à l'ensemble une monotonie qui provoque très vite l'ennui.…tout ceci est bien sommaire:  rythmes communs,  chevilles…quand ce ne sont pas des clichés symbolistes "le fiel du dépit",  "la couleur en mélancolie" . Cette forme prosodique du XIX° siècle où Heine,  Hugo,  Musset,  Gauthier ont excellé paraît anachronique à travers les pérégrinations de Jean sans Terre en Europe et en Amérique (au moment de la Seconde Guerre mondiale,  Claire et Yvan Goll ont fui aux Etats-Unis). Au mieux ces poèmes peuvent tout juste rappeler "Le Crève Coeur" qu'Aragon composait au même moment …

Dans ces poèmes (consacrés à New-York),  Goll abandonne la prosodie traditionnelle de Jean sans Terre et des poèmes inspirés par la guerre,  et,  stimulé par l'exemple de Walt Whitmann et Hart Crane,  célèbre New-York en longues laisses lyriques souvent plus intéressantes que tout ce qu'il a écrit au cours de deux décennies passées ; mais il est excessif d'en appeler aux "Elégies de Duino" comme l'a fait Galway Kinnel.

…Durant ces deux années qui lui restent à vivre,  c'est en allemand qu'il compose ses deux derniers recueils,  parus après sa mort,  "Das Traumkraut" (L'Herbe du Songe) et "Abendgesang" (Chant du Soir) en 1954,  qui passent en pays germanique pour son chef-d'oeuvre. Le 20 mars 1948,  il écrit à Alfred Döblin:  "Après en avoir été éloigné pendant vingt ans,  je suis revenu à la langue allemande,  avec quel désir de renouvellement,  presque le coeur battant!  Le surréalisme est passé à travers moi et a déposé son sel. C'est pour moi comme si ces herbes du songe étaient une nouvelle naissance.»

Jean Bertho:  Heureusement,  dans les trois dernières pages de son analyse,  le scalpel du Professeur Fauchereau devient inopérant,  le célèbre praticien ayant dû soudain faire face à sa grosse poussée interne de Culture. Ses amis sont très inquiets. Yvan Goll heureusement s'en sortira!

Profit Vera Barbara : Death and the Poet [45] : Interpretations of Iwan Goll's late Poetry with a comprehensive and annoted Bibliography of the Writings by and about Iwan Goll.

The University of Rochester, Phil. Diss. 1974

Bern / Franckfurt : Peter Lang 1977. Bibliographie p. 121 / 201

Romanistisches Jahrbuch Bd. 25 - 1974 :

Pabst Walter: Yvan Goll und die Reise ins Nichts

Kreatives Literaturlexikon

Domin Hilde : ein tabuierter Dichter (Zu Iwan Goll Würdigung) p. 73 et 74

Starnberg 1974

Westermanns Monatshefte 1975 Heft 1. Domin Hilde : Mein Gedicht (Über Yvan Goll, Irrsal) p.48-49

Westermanns Monatshefte 1975 Heft 4

So war es (offener Brief über die Auseinandersetzung Iwan Goll / Paul Celan, Reaktion auf den Beitrag "Mein Gedicht", von Hilde Domin, die sich in Heft 1, 1975, mit einem Gedicht Iwan Golls beshäftigt hat. Lettre ouverte de Claire Goll adressée à la rédaction du Cahier mensuel "Westermanns" sur la polémique Goll - Celan) p. 76 à 80

Westermanns Monatshefte 1975 Heft 5.Jokostra Peter. Anmerkungen zu Claire Goll   (Leserbriefe von Peter Jokostra, Wolfgang Haedeke und Kristof Wachinger zu den offenen Brief Claire Golls über die Auseinanderzetzung Iwan Goll / Paul Celan, Heft 4, 1975) p.6

Die Horen 20 (1975). Bergman Rudi : Orpheus Augen, poème pour Yvan Goll, F. 100, p.116

Claire Goll : Le Cirque de la Vie, Nouvelles  . Préface de Armand Lanoux de l'Académie Goncourt, 259 p.

Emile-Paul,  Paris  1975

Claire Goll :  Zirkus des Lebens, Erzählungen, mit Nachwort von E. Schwandt (313 S. 3 Bl. Opbd, Erste Ausgabe

Berlin : Edition der 2, 1976

Berg Phyllis : Jüdische Themen und das Hiob Schiksal im Werke Yvan Golls

(331 pages tapées à la machine - Marbach - National Schillermuseum)

Cincinnati. Phil. Diss. 1976

Claire Goll : La Poursuite du Vent [46]

avec la collaboration de Otto Hahn - 319 p.  (8) p. de pl. -22 cm.

Olivier Orban : Paris 1976 - Collection "Mémoire pour le Temps Présent"

Le Nouvel Observateur n° 621 du 7 octobre1976 : Claire Goll et ses Génies [47] p.84/85/86/88/93/95/101/104/108/112118

Le Monde 22 -10-76 : Bertrand Poirot-Delpech [48] : Petits et grands témoins, Claire Goll, Clara Malraux, Emmanuel Berl.

Le Canard enchaîne -n° 2922 du 27 Octobre 1976 : Une affaire Claire [49].

Yvan Goll : * Gedichte 1924 - 1950 (134 S.- 18 cm.) [50]

DTV - Deutscher Taschenbuch Verlag GmbH & Co. K.G. München 1976

Serge Fauchereau : Expressionnisme, dada, surréalisme et autres ismes [51]

Denoël, Paris, 1976

Obliques n° 6-7, L'Expressionnisme Allemand,

numéro spécial dirigé par Lionel Richard .Vol. fort in-4 br., nb. ill. & contr. en E.O.: Yvan Goll, interview p.5-6, : Le Drame moderne p.129, Quelques mots sur Georg Kaiser p.131 et 132, p.279 et p.285 ; Adolphe Appia, Georg Kaiser, Frank Wedekind, Arnold Schoenberg, Alfred Doeblin, Carl Einstein, Erwin Piscator, Carl Sternheim, Rudolf Leonhard, Anne-Marie Lazzarini : Monter aujourd'hui Mathusalem p.253/255

R. Borderie éd., 1976

Claire Goll : Jedes Opfer tötet seinen Mörder ( 2 ème version de ) Ein Mensch ertrinkt, Roman, In neuer deutscher  Übersetzung von Claire Goll ( dans une nouvelle traduction de Claire Goll )

Berlin : Edition der 2, 1977

30 Mai 1977 : décès de Claire Goll [52]


[1]  … un couple immortel,  un Tristan et Yseult de l’ère de l’atome. Marc Chagall,  l’illustrateur associe leurs molécules. A la manche gauche du veston d’Yvan correspond le bras droit nu de Claire. Ces dix mille aubes les marient pour l’éternité,  où rouleront sans cesse leurs roucoulements de tourterelles,  pareils au Cantique des Cantiques.

Où es-tu,  mon Samaritain ?

Viens penser mon coeur

Malade d’amour

De ton psaume préféré. ”

[2] Je ne connaissais pas beaucoup le nom d’Yvan Goll.

            L’autre jour, sa voix m’est parvenue au téléphone, lointaine, comme volant par-dessus les terrains siluriens, dévoniens, permiens, et sinuant à travers les veinules d’un volcan éteint.

            Elle me parlait de longue absence, de retour d’Amérique, et me donnait rendez-vous dans son nouveau séjour : l’hôtel du Palais ,d’Orsay.

            Il n’y a pas de monument à Paris que je désirais si ardemment visiter. C’est à la gare d’Orsay que je débarquai le 29 septembre 1926, avec mon père, venant pour la première fois à Paris, pou y préparer Normale supérieure.

            L’angoisse de la capitale me tordait comme tant d’autres avant moi, débarquant ici, l’estomac barbouillé de solitude et de pauvreté.

Je pousse la porte tournante d’acajou. Dans le hall.

            Un homme que j’avais pris pour un voyageur, consultant je ne sais quels indicateurs, se déplie de son siège. C’est Yvan Goll.

            Ses Yeux noisette paraissent trop vifs pour son visage où les traits ont l’étrangeté d’un masque en carton. Tout cela furette, s’excuse, s’affole dans une panique et une pâleur qu’on voudrait apaiser. Cet homme, une fois et pour longtemps, semble avoir eu peur.

De temps en temps, il tiraille, comme pour les arracher, les poils de sa moustache, qu’il me dit être récente et provisoire.

            Il n’était pas content de sa figure. Il a jugé bon de la changer après une guerre, en lui ajoutant ce paquet de poils. Mais il me promet que cela ne durera pas. Je me demande s’il a changé aussi ses yeux, ou bien si ce sont eux qui restent les mêmes, en présence des joues taillées dans une pâte livide, non encore accoutumée à l’après-guerre..

  Soudain, dans son visage, plus rien ne paraît à sa place, dans sa contexture natale.Comme si son nez était en cuir bouilli, comme les bicornes des carabiniers d’Espagne ou, peut-être, des pays d’où il revient. Comme si son menton, en porcelaine de Limoges, allait me tomber dans la main et ses cordes vocales lui jaillir de la bouche et se dérouler sur sa cravate.

-          J’habitais autrefois à Auteuil, rue Raffet, où on faisait encore

-          la vendange. Puis au Quai Bourbon et rue de Condé, dans l’ancien hôtel d’Henri Jouvenel. Le propriétaire avait déposé mes meubles dans la cave. Je les ai retrouvés en poussière. Les Allemands ont emporté ma correspondance de Romain Rolland, de Rilke et de James Joyce. On m’a tout pris. Jai tout perdu.

      Il me fait visiter l’hôtel et les années culbutent. Nous sommes ici dans le ventre d’une baleine 1900, aussi éloignée de l’ère Queuille qu’un hypogée égyptien.

            Nous nous élevons le long d’un tapis pourpre. Partout des plaques de porphyre, portant en lettres d’or des espèces d’inscriptions funéraires annonçant les lavabos, les ascenseurs, la sortie. C’est ici que les grands d’Espagne descendaient jadis de leur wagon et montaient directement dans leur chambre par un tapis roulant et qu’Alphonse XIII apparaissait avec sa mine de caballero.

            Yvan Goll ouvre une lucarne. On aperçoit une cour plâtreuse et l’immense ventre rond de la verrière de la gare, enfouie dans l’immobilité et la vase. Plus loin, une autre ouverture : on voit les croisillons de fer, l’ossature, les vertèbres de la bête encrassée de poussière.

            Nous entrons dans les salles d’apparat. C’est ici que les charcutiers célèbrent leurs congrès, les coiffeurs leurs festivals. C’est le lieu d’examens des dactylos et des rassemblements universels d’espérantistes. Les philatélistes, les dentistes, les Aveyronnais à Paris, les pâtissiers et les anciens du 6 ème G.A.A. y organisent leurs banquets.

            Jamais la fête n’éclata en flonflons plus convaincus qu’en ces parures 1900. L’or se convulse et s’engraisse en doubles mentons et en boudins d’acanthe qui courent sur les glaces. Les lustres forment des couronnes d’où jaillissent des trompettes de verre munies d’ampoules électriques. D’un lustre à l’autre s’élancent des guirlandes de cristal figurant des feuillages et des plumes tropicales, comme des chapelets

D’oiseaux-mouches embrochés dans des éventails d’autruches et dans des peaux de bananes. Et tout cela mousse, tourbillonne, valse, multiplié par les hauts miroirs en mousses, tourbillons et valses infinis.

            Nous nous élevons jusqu’au cinquième.

-                Regardez, murmure Yvan Goll, dans la pénombre avec ses lèvres décolorées.

Nous sommes à l’entrée du couloir le plus vertigineux que j’aie jamais vu. Je ne peux pas croire que ce que je distingue dans le lointain soit l’autre extrémité. Je me demande s’il n’y a pas là-bas une glace qui double la distance par un effet d’optique. Mais non. C’est bien là toute l’étendue, hagarde, dans une lumière issue de Proust. Un seul couloir, vide, empli de ténèbres, le long duquel s’alignent les chambres, avec leur pancarte rouge, parallèlement à la rue de Lille.

            C’est ici que les banquiers espagnols, les éleveurs de bœufs argentins, les propriétaires de forêts brésiliennes, les chercheurs d’or du Pérou. Les étrangers fabuleux à panamas, à cigares et à gibus, les tonitruants à moustaches, les rayonnants en habits, les nouveaux débarqués des parties fines foulaient le tapis de leurs escarpins, tandis que le roulement des victorias et des landaus se perdait en bas dans la rue.

            D’un chambre s’échappe la phrase d’un violon que le musicien répète, recommence. Une phrase rampant dans la poussière et le sirop. Nous croisons une vieille douairière fardée et charbonneuse.

-          Voyez tout ce que j’ai dû traîner ici !

Contre la paroi du couloir, Yvan Goll me montre un amoncellement de valises, de coffres de fer, de cartons à chapeaux, de boîtes et de caisses.

            Nous entrons dans la chambre. Claire Goll se lève d’un des deux lits jumeaux à couverture bleue. Elle est belle. D’immenses yeux d’un bleu et d’un vert marins, qui se mouillent ou s’allument dans un visage blanc sous une chevelure dont la frange rousse mange le front. Des pantalons de velours noir à côtes. Un pull-over de laine noire moulant, constellé d’étoiles blanches et le même hésitant, rude et tendre accent d’Alsace que son mari.

            Elle me montre l’étroit couloir entre les deux lits, la table sue dévorent les paquets de livres, les sacs de biscottes, les brosses à habits, les casseroles. La dégringolade de paniers, de cabas, de boîtes qui s’abat du haut des deux armoires.

-          Comment voulez-vous travailler dans ces conditions ?

  Ils restent chacun sur leur lit et respectent le silence laborieux de l’autre.

            Yvan Goll a tiré quelques livres d’un sac. Il me les montre, à la sauvette, comme prêt à les refourrer dans leur cachette si quelque agent surgissait.

     Le Nouvel Orphée (1923) renfermant La Chaplinade, écrite en 1919. Le premier poème composé en l’honneur de Charlot, et illustré de dessins que Fernand Léger utilisera dans son Ballet mécanique.

            Le poème de Jean Sans Terre, prêt pour une musique de Strawinsky.

            

            Au blond matin

            D’une vie entière

            Il s’en va loin

            Vers la grand’terre

            La main d’Yvan Goll s’attendrit. Il ne regarde plus autour de lui. Il tire du sac les Chansons malaises, les cantiques d’amour de Manyana, jeune fille de là-bas que l’on crut authentique.

            Je suis la trace sombre

            Que ton canot marque dans l’eau.

            Et un autre amour, encore plus vaste, sort du sac. Les Poèmes d’amour de Claire et Yvan Goll. Lui et elle dessinés sur la couverture par Chagall. Un seul corps à deux têtes, mariant le corsage et le veston, le froufrou et le revers de drap.

            Tes cheveux allument le plus grand incendie du siècle

            Ton front est l’écran où passent les secrets des hommes.

-          Moi ce n’est qu’adoration et elle n’est que jalousie.

         Il tourne les pages, en bloc, vers l’autre moitié du livre, vers le versant femelle, Claire à Yvan.

            Je donnerai un grand festin,

            Lorsque j’aurai ton scalpe,

            Et de tes boucles d’astrakan

            Je me ferai un béret pour l’hiver.

   Sur son lit, Claire a sursauté. Je lui demande si elle est si jalouse que cela. Ses yeux s’obscurcissent, ses narines se pincent.

-          Je suis si inquiète ! J’ai toujours peur pour lui !...

    En 1939, ils sont partis pour l’Amérique. Claire décrit leur maison de trois étages, à Brooklyn, au-dessus du port de New-York.

-                     Je couchais avec la Liberté. Je la voyais de mon lit, toujours illuminée, un peu verdâtre.

    Yvan Goll a fondé là-bas une revue, Hémisphères, où écrivaient André Breton, Saint-John Perse, Roger Caillois, Aimé Césaire, Masson, Miller. Les témoins de Jéhovah, les orateurs des boîtes de savon, l’ont chassé de sa maison pour la transformer en un phalanstère.

            Il est ici, maintenant, dans cet hôtel du Palais d’Orsay. Il a échappé au métro ferrailleur de New-York et à l’air conditionné..

            Il vit une existence de navigateur, dans cet hôtel qui tremble aux heures des trains de banlieue. Alors tout l’immense édifice semble se détacher, et flotter, hors du temps et des rives de l’Exposition universelle.

            Mais Yvan Goll, au sommet du Léviathan, ne perçoit pas tout cela. Lui, le lichen navigant, il s’est consacré à l’éloge de la pierre. Il échafaude déjà son triptyque. L’apothéose de la pierre factice, amassée en conglomérat. L’Elégie d’Ihpétonga, consacrée aux gratte-ciel de New-York – Le mythe de la  Roche percée -   l’hagiographie de la pierre philosophale : Le char triomphal de l’antimoine.

   La pierre réduite en esclavage dans les tours et dans les gratte-ciel de New-York élevés sur les anciens totems des Indiens :

            Tour aveugle de Nemrod

Memnon colosse mutilé de Thèbes

Bétyle androgyne de Crète

De Han la stèle passionnée

La roche des premiers temps, brute et candide, comme La  Roche percée de Gaspésie, face à Terre-Neuve. Ses sœurs, la Roche précieuse, la Roche danseuse, la Roche sibylle. Toutes ces naïves créatures, gonflées d’immobilité.

            Et la pierre du grand secret, issue du fourneau des alchimistes ou des piles atomiques.

La rose naît du minerai

Du poisson s’élève l’esprit

Que j’adore et dévorerai.

O démiurge sans abri

Le feu d’Egypte me nourrit

Et le roi rouge m’apparaît.

   Yvan Goll, magicien de la pierre, niche entre les côtes de la vieille baleine échouée au bord de la Seine depuis le président Loubet.

p. 189 à 195 Denoel, Paris, mars 1951

[3] Jean Follain,  p.248:  "C’est malgré le titre du recueil une vision assez tumultueuse que délivrent ces poèmes d’Yvan Goll dans lesquels s’inscrit un Paris: 

écartelé au carrefour Saint-Eustache

entre la bête et le Christ

et où l’on entend

hennir les chevaux de Marly

L’on ressent dans ces vers un rythme saccadé et une température de fièvre et pourtant s’y maintient aussi une volonté de douceur,  de paix et de réconciliation.

L’épinoche qui gîte près de Notre-Dame,  le vieillard ramasseur de têtes de dorades,  les vierges de Clichy,  la Tour Eiffel sont pour Yvan Goll autant d’images fulgurantes de la ville qu’après l’exil de la guerre il n’a retrouvée que pour prématurément y mourir ".

[4] Importante déclaration agréée par Breton à recopier

[5] Hugues Fouras:  "Cri d’amour à la fois tendre et railleur,  tantôt familier et tantôt plein de révérence,  ici filial,  là empreint de fierté,  Les Géorgiques Parisiennes sont le message posthume du poète à la ville où il vécut si longtemps.

Comme s’ils avaient été écrits à des époques très différentes,  ces textes sont de deux veines:  la veine légèrement cubiste et la veine très sensiblement traditionnelle. D’un poème à l’autre,  on passe de la poésie rapide à la poésie scandée,  sans toutefois perdre l’équilibre,  grâce,  sans doute,  au jaillissement continuel d’images neuves et justes ;

Voici l’armée tondue des champignons de Paris,  les cris de Sioux des marchands de quatre-saisons,  les chats pharaons régnant dans les horlogeries sans bouleverser le temps,  la flûte d’airain de la Tour Eiffel,  un lâcher de corbeaux qui s’échappe des cloches et la Seine avec ses vagues aux hanches souples.

Mes préférences vont,  comme toujours,  aux poèmes les plus achevés:  ceux dont la forme est la plus rythmée et la plus musicale ".

[6]La dernière traduction que Goll ait faite. Voir courrier S.D.d.V.

[7] "mais toute puissance des formes, du contour, du chiffre et de la substance des choses."

[8] contient Le Nouvel Orphée,  Métro de la Mort,  Chansons Malaises,  Chanson de Jean sans Terre,  l’Antirose,  Dix mille Aubes)

[9] "Yvan Goll fut toujours pour moi une sorte de magicien. Non pour l’intérêt qu’il portait aux sciences occultes,  mais parce qu’il était prodigieusement humain et que la magie véritable est d’accéder assez haut,  dans la connaissance,  pour tout pénétrer et tout comprendre sans cesser de s’émerveiller et d’aimer.…

Goll écrira:  "les humiliations et les déchirements d’une population qui ne savait plus si sa vocation était d’être écartelée tous les quarts de siècle ou de devenir le trait d’union entre l’Allemagne et la France ". Et plus tard:  "L’Alsace était un corridor plein de courants d’air entre la douce France et la violente Allemagne ; qui de ma génération n’y a pas contracté une bronchite ?  "

Après avoir participé au mouvement expressionniste allemand,  il passera en Suisse pour ne pas porter les armes contre la France. Il s’associera à l’évangile pacifiste de Romain Rolland,  publiera le beau  "Requiem pour les morts de l’Europe" qui se termine par un hymne à la paix,  et partagera les recherches occultistes du groupe "Eranos".

… En peu d’années Yvan Goll devait publier deux anthologies admirables  "Le Coeur de l’ennemi" et "Les Cinq Continents". La première,  choix de poèmes de combattants pacifiques allemands,  révélaient au lecteur français les angoisses,  les révoltes,  les désespoirs d’hommes qui avaient honte,  criaient leur dégoût de la guerre,  et sous le feu rêvaient de concorde et de paix. L’anthologie des poètes des cinq continents avait pour but de montrer,  par un florilège de pages d’une haute valeur poétique,  intellectuelle et morale,  que le coeur ne connaît pas de frontière. … A mesure où s’évanouissaient les espoirs de paix grandissait le désenchantement du poète. L’homme des foules fraternelles se sentait envahi par le sentiment de la précarité des choses . Dans "Métro de la Mort ",  l’ouvrage de Goll que je publiais en 1934,  aux "Cahiers du Journal des Poètes ",  on pouvait lire:

Ombre grêle et hâtive

Passager quotidien

Quitte la triste rive

Sur le fleuve du Rien

et dans l’un de ses ouvrages de prose,  peignant la décadence de l’Europe,  il avait trouvé un terme étrange,  Eurocoque,  pour désigner le virus de sa destruction.…

L’odyssée de "Jean sans terre" est symboliquement celle du poète qui ne se connaît pas de patrie héréditaire. Le premier ouvrage, " La Chanson de Jean sans terre",  c’est la complainte terrestre de l’Eternel Errant. Il parut en 1936. Le "Deuxième livre de Jean sans terre" propose une course vers l’infini,  une rose de cendres sur le front. Le "Troisième livre" est celui de la passion ultime du poète. Jean a le mal de terre,  rencontre l’ange,  emplit sa panse,  pour lutter contre la maigre mort,  brave la tempête puis se pare du nom de Jean de la mort,  comme une couronne d’étoiles et de nuit.…

De lui jaillissent ces  "Chansons de France" (Septembre 1940) dont on a pu dire qu’elles étaient par l’esprit et la forme même,  les premiers poèmes de résistance,  bien que publiés à l’étranger.… Sa poésie prend alors un sens toujours plus cosmique. Dans ses poèmes anglais sur l’atomisme,  intitulés "Fruits de Saturne",  il montre en tremblant que:  "Chaque grain de poussière,  si petit soit-il,  est le centre d’un système planétaire aussi perfectionné que la mécanique qui gravite autour du soleil."… Mais "Jean sans Terre",  blessé à mort,  maudissant en poésie les nations ivres de leur méprisable puissance et de leur orgueil dérisoire,  voit poindre une aube qui n’est plus d’ici. Dans la suite lyrique intitulée "Masques de Cendre" il saluera la promesse de destruction. Vers ce moment écrit Claire Goll :  « sa lyre se fit plus forte et son imagination plus riche. A mesure que,  semblable à une ombre,  il chancelle vers la mort,  renaît son amour de la langue allemande,  qui a été sa seconde langue maternelle  (…) Du subconscient de ce mourant montait cette évidence qu’il était le produit de deux civilisations qui l’avaient nourri,  bien que son amour le plus grand allât à la France.»

Qui fut Yvan Goll ?  Jules Romains le dit dans son discours funèbre:  «…Sans l’avoir prémédité,  ni cherché,  Goll se trouve avoir exprimé tout à la fois,  d’une manière indissoluble,  par une espèce d’harmonie préétablie,  lui-même et son époque,  le tourment du vivant qu’il était et le tourment de l’âge où il lui était imposé de vivre … »

…Les poèmes de "Herbe du Songe",  encore inédits,  sont d’une beauté pantelante et triste …

[10] Article annonçant la naissance de l'association "Les Amis d'Yvan Goll" sous la présidence de Jules Romains

[11] "Il faut ranger dans ces amants de "l'impossible pureté" des poètes aussi différents que Yvan Goll et Alain Bosquet. Le premier qui vient de mourir  (1) a été mêlé à toute l'histoire de la poésie de ces trente dernières années ; surréaliste sans orthodoxie,  épris de toute chose étrange,  alchimiste du verbe et magicien appliqué qui se mouvait dans l'insolite avec une aisance parfaite,  c'est une sorte de Gérard de Nerval moderne qui n'a jamais trouvé plus purs accents que dans ses Poèmes d'Amour écrits à deux voix,  avec sa femme Claire Goll  (2),  dans ses simples chansons de Jean sans Terre et dans Les Cercles magiques parus un an après sa mort,  où,  sous la préciosité de certaines images,  c'est la voix d'un grand poète que l'on entend traduire le cheminement de la faucheuse dans les viscères de l'homme "....

(1) notices bibliographiques détaillées d'Yvan Goll

(2) idem de Claire Goll

[12]Tiré de Traumkraut,  traduit de l'allemand par Claude Vigée à la demande de Claire Goll - version assez différente de celle publiée aux Editions Caractères en 1971.

[13] Georg Kaiser, auteur dramatique allemand, est mort en Suisse en 1945, laissant une œuvre considérable ( 40 pièces ). Il a publié également deux romans et plusieurs essais. Il est actuellement joué régulièrement en Allemagne.

  Georg Kaiser quitta l'Allemagne sous Hitler, se réfugia en Hollande puis en Suisse .

            Pour qui n'a jamais eu de contact spécialement fréquent avec la littérature allemande d'entre les deux guerres, la rencontre d'un auteur comme Georg Kaiser est assez surprenante : suffocante est même le mot qui s'appliquerait à cet Incendie de l'Opéra que le Théâtre de Babylone vient de me prier d'adapter.

            Signalons tout de suite que cette adaptation diffère fort notablement de la version traduite par Claire Goll et qui est celle représentée le 15 février 1924 à L'œuvre dans la traduction d'Yvan Goll.

            Dans l'exemplaire allemand sur lequel j'ai travaillé, le deuxième acte présente déjà de sérieuses variantes et le troisième acte, lui est complètement dissemblable; ce troisième acte nous a semblé, dans la version que nous avions en main, plus homogène - plus fou aussi mais plus cohérent dans sa folie - et nous l'avons gardé tel avec les quelques coupures secondaires auxquelles nous contraignaient certaines redites.

            Ce qui, dans cette pièce de Kaiser, paraît le plus frappant, c'est le contraste étrange du style d'un lyrisme forcené et de la construction du drame d'une logique presque malsaine, tant elle est impitoyable ; de cet incendie qui gronde et rugit, entraînant dans la mort les compagnons d'une orgie monstre, de cet homme muré en lui-même et dont la vie se déroule en marge indifférente à la fin du monde - un certain monde, avec lequel il a rompu pour resté lové au creux de son rêve glacial et chaste ou s'embraser enfin d'un autre rêve plus impossible encore.

            Je me suis attaché dans cette adaptation à m'effacer totalement devant l'auteur qui eut une voix assez extraordinaire pour qu'on mette un point d'honneur à ne pas la dénaturer.

                                               Boris Vian

[14] « Mis en cause par le représentant de Mme Claire Goll, qui s'émeut de voir son œuvre bouleversée par l'auteur de J'irai cracher sur vos tombes, je vous serais reconnaissant de bien vouloir noter que je suis aussi le traducteur génial, mais injustement méconnu, des Mémoires du général Omar Nelson Bradley .

    Je vous signalerai en outre que je n'ai pas touché à sa traduction, parfaite dans son genre : j'en ai fait une autre, d'une autre version de la pièce, et je voudrais bien savoir ce qu'elle me reproche car vous pourrez constater ailleurs que ce n'est vraiment pas une mauvaise opération pour Mme Goll .

   Je ne lui en fais nullement le grief, mais je trouve tout de même curieux, si ma personne la gêne tant, qu'elle exige de passer sur l'affiche et à la caisse en mon indésirable compagnie .»

[15] C'est la véritable édition originale en allemand des 14 premiers poèmes ( je crois qu'il n'en existe pas de version française ) qui paraîtront avec 9 autres chez Rothe en 1955 sous le titre " Roter Mond weisses Wild ".

[16] Georg Kaiser, auteur dramatique allemand, est mort en Suisse en 1945, laissant une œuvre considérable ( 40 pièces ). Il a publié également deux romans et plusieurs essais. Il est actuellement joué régulièrement en Allemagne.

  Georg Kaiser quitta l'Allemagne sous Hitler, se réfugia en Hollande puis en Suisse .

            Pour qui n'a jamais eu de contact spécialement fréquent avec la littérature allemande d'entre les deux guerres, la rencontre d'un auteur comme Georg Kaiser est assez surprenante : suffocante est même le mot qui s'appliquerait à cet Incendie de l'Opéra que le Théâtre de Babylone vient de me prier d'adapter.

            Signalons tout de suite que cette adaptation diffère fort notablement de la version traduite par Claire Goll et qui est celle représentée le 15 février 1924 à L'œuvre dans la traduction d'Yvan Goll.

            Dans l'exemplaire allemand sur lequel j'ai travaillé, le deuxième acte présente déjà de sérieuses variantes et le troisième acte, lui est complètement dissemblable; ce troisième acte nous a semblé, dans la version que nous avions en main, plus homogène - plus fou aussi mais plus cohérent dans sa folie - et nous l'avons gardé tel avec les quelques coupures secondaires auxquelles nous contraignaient certaines redites.

            Ce qui, dans cette pièce de Kaiser , paraît le plus frappant, c'est le contraste étrange du style d'un lyrisme forcené et de la construction du drame d'une logique presque malsaine, tant elle est impitoyable ; de cet incendie qui gronde et rugit, entraînant dans la mort les compagnons d'une orgie monstre, de cet homme muré en lui-même et dont la vie se déroule en marge indifférente à la fin du monde - un certain monde, avec lequel il a rompu pour resté lové au creux de son rêve glacial et chaste ou s'embraser enfin d'un autre rêve plus impossible encore.

            Je me suis attaché dans cette adaptation à m'effacer totalement devant l'auteur qui eut une voix assez extraordinaire pour qu'on mette un point d'honneur à ne pas la dénaturer.

                                               Boris Vian

[17] La Société des Amis d’Yvan Goll  fut fondée en 1952; parmi ses membres en Europe: 

- France:  Jules Romains,  Président ; Hans Arp,  Gaston Bachelard,  Jean-Louis Barrault,  Alain Bosquet,  Marcel Brion,  Princesse Marguerite de Broglie,  Marc Chagall,  Sonia Delaunay,  Raoul Dufy,  Pierre Emmanuel,  Robert Ganzo,  Léon-Gabriel Gros,  Valentine Hugo,  Edmond Humeau,  Pierre-Jean Jouve,  Fernand Léger,  Madame René Mayer,  Marcel Mihalovici,  Darius Milhaud,  Pablo Picasso,  François Poulenc,  la Duchesse de la Rochefoucauld,  Jean Rousselot,  Pierre Seghers,  Michel Seuphor…

- Suisse:  Ossip Kalenter,  Thomas Mann,  Gilbert Trolliet,  Franz Vetter,  Werner Weber …

- Belgique:  Pierre-Louis Flouquet,  Arthur Haulot.

- Italie:  Lionello Fiumi,  Alberto Moravia.

- Allemagne:  Hans Bender,  Günther Bleisch,  Günther Blöcker,  Helmuth Braem,  Hans Dohrenbusch,  Prof. Hugo Friedrich,  Dr Adolf Frisé,  Rudolf Hagelstange,  Wolfgang Hennig,  Dr Kurt Hohoff,  Egon Holtusen,  Thilo Koch,  E. Laaths,  Walter Lennig,  Max Niedermayer,  Carl Orff,  Wolfgang Rothe,  Heinz Winfred Sabais,  Mme S. von Schoen,  Dr Karl Schwedhelm,  Helmut Uhlig,  Hans Maria Wingler,  Friedelind Wagner.

- Amérique du Sud:  Paulo Duarte,  A. Dario Lara,  Pablo Neruda.

Les Amis américains d’Yvan Goll ( 10 mars 53):  Président:  Padraic Colum,  secrétaire Francis Carmody,  Allen Tate,  Louise Bogan,  William Carlos Williams,  Salvador Dali,  Babette Deutsch,  Carson Mac Cullers,  Clark Mills,  Arthur Miller,  Jean-Carlo Menotti,  Henri Peyre,  Karl Schapiro, 

nouveaux membres :  Henri Barzun,  Pierre Brodin,  Dr Manfred George,  Carlos Lynes,  Heinz Mönkenmeyer,  Hans Richter,  James Johnson Sweeney,  Dr Henry Sagan.

Les numéros 2 et 3 paraîtront en mars et juin 1955.

[18]  _ Claire Goll avait écrit ses lettres à Rilke en allemand ; elle les a traduites pour cette édition .

[19]Claire Goll a conservé pour elle l’exemplaire C ou elle a écrit Goll au feutre rouge sur les 3 tranches et Claire Goll sur la page de garde ainsi que sur la page de titre. Cet exemplaire est resté non coupé.
Elle a,  sur la page de garde d’un exemplaire non numéroté,  écrit,  toujours au feutre rouge "Bibliographie complète "et a écrit de très nombreux rajouts à l’encre bleue de la page 209 à la page 218 qu’elle a prolongée avec une petite feuille collée pour y noter les dernières Editions d’Yvan Goll: Gedichte 1924-1950, Verlag München 1976. Aucune autre oeuvre d’Yvan Goll ne paraîtrait plus du vivant de Claire qui mourait le mai 1997

[20] Dans ce choix de textes,  l'un n'est pas de Goll:  Ur et Sichem calcinés p.181/82. Ce poème est dû à Yves Becker. Dans une lettre datée du 21 février 1961 à Pierre Seghers:

"en septembre ou octobre 1948,  j'ai fait la connaissance à Strasbourg de Claire Goll,  qui m'a présenté à son mari,  alors hospitalisé à l'hôpital civil. Nous avons rapidement sympathisé. Goll a bien voulu m'offrir le Mythe de la Roche Perçée et Jean sans Terre ; en échange,  je lui ai fait don d'une de mes traductions "Et Job dit à Dieu "ainsi que du double de quelques poèmes inédits que le poète voulut bien apprécier. C'est un de ces inédits,  pas signés bien sûr,  qui passe dans le livre de Goll.... "

Réponse de Claire Goll,  le 25 février:

".... J'avais,  en effet,  trouvé le poème,  non signé,  parmi les manuscrits d'Yvan. Comme le mot "Ur "revient souvent dans sa poésie et comme les images et la qualité du poème s'apparentait beaucoup ä ceux qu'il vous a fait lire à l'époque,  je le lui attribuais. Je n'aurais jamais eu l'idée d'attribuer un poème d'amour à un Père Franciscain.

Bien entendu,  Pierre Seghers tiendra compte de cette confusion et rectifiera l'erreur à l'occasion d'un nouveau tirage du "Yvan Goll ".

[21]La parution chez Seghers dans la collection "Poètes d’aujourd’hui "d’une anthologie d’Yvan Goll permettra pour la première fois à un public tant soit peu élargi de découvrir et d’apprécier un poète dont la notoriété ce réduisait jusqu’à ce jour à des cercles assez restreint de connaisseurs. On peut dire que,  littérairement parlant,  la carrière d’Yvan Goll commence aujourd’hui,  prés de six ans après sa mort.“ Tel qu’en lui-même enfin …” la critique le change,  en définissant sa poésie et le rôle de premier plan qu’il joua ou plutôt qu’il ne joua pas dans le lyrisme contemporain,  car le destin voulût qu’il fût presque toujours relégué dans les coulisses des mouvements d’avant-garde alors même qu’il avait autant et plus que personne contribué à leur lancement.

Par trois fois au moins en 1917,  en 1924,  en 1940 il manqua tenir la vedette mais chaque fois il se trouva dépassé par l’événement. Ce ne fut jamais,  empressons-nous de le souligner,  la faute de ses pairs,  les meilleurs poètes de sa génération ayant toujours tenu Goll pour l’un des leurs,  mais il est par contre certain que Goll fût victime d’un snobisme intellectuel assez répandu en quelques milieux d’édition,  snobisme qui ne pouvait trouver aucun intérêt à Goll parce qu’il n’était qu’un poète,  parce que ses démarches trop humaines étaient irréductibles à un système idéologique.…Ajoutez à cela que ce prince de l’image n’a jamais versé dans la gratuité. Ses poèmes n’étaient point de simples documents mais dans la plupart des cas des objets élaborés,  formules d’exorcisme parfois à l’usage du poète lui-même,  “ mécaniques de satisfaction ” pour quiconque se prêtait à leur incantation.…

Le paradoxe de ce poète qui souffrit personnellement plus qu’aucun autre de son déchirement entre deux cultures réside précisément dans le fait qu’il a transcendé en beauté et en lucidité non seulement ses propres douleurs mais l’apocalypse dont il fut le témoin. Perpétuel exilé,  “ voyageur traqué ” comme on disait à l’époque,  Goll qui a pu faire figure d’apatride était l’être le plus enraciné dans cette patrie intérieure de la Poésie qu’il ne faut pas confondre avec les régimes qui la régissent,  écoles diverses novatrices ou académiques. Suspect à toutes les littératures établies,  étranger aux diverses coteries,  il a connu le sort de tous les pionniers et s’apparente par là à des hommes comme Reverdy,  Cendrars,  Jean de Bosschère qui pour la nouvelle génération évoquent des noms plus que des oeuvres. Comme si la jeune poésie avait commencé en 40 ou même en 24 !  Goll fut en somme un révolutionnaire d’avant la prise du pouvoir.

Yvan Goll,  ce musicien gnomique,  ce fraternel alchimiste dont on ne saura jamais très bien si les puissances du coeur l’emportèrent en lui sur celles de l’imagination,  ou inversement,  s’il fut ou non cérébral,  comme on dit,  plutôt qu’instinctif,  Goll,  le plus concerté et le plus spontané des poètes nous apparaît en effet tout cela au moment de la revanche posthume que lui offre la collection Seghers. C’est qu’aussi bien son oeuvre choisie est présentée ici avec un appareil critique tout à fait exceptionnel,  d’autant plus exceptionnel qu’à l’exclusion de Jules Romains qui bénéficie lui-même de tout le recul souhaitable les essayistes qui s’emploient à mettre Goll en valeur n’appartiennent à aucun des clans ou des mouvements de la poésie actuelle. Raisonnée ou passionnée leur adhésion échappe ainsi à tout parti-pris doctrinal. C’est le cas pour Marcel Brion qui parle en lecteur non prévenu et dit du même coup l’essentiel sur le plaisir poétique,  pour Francis -J. Carmody et Richard Exner,  le premier traitant de l’oeuvre française,  le deuxième de l’oeuvre allemande de Goll.

… Goll,  cet alchimiste du verbe (et il prétendait par les mots attendre la "res ",  la chose en soi) Goll ce mystique de l’objet dont-il souhaitait qu’il le "dévorât "s’est trouvé en un sens captif de ces "Cercles magiques "qui lui inspirèrent un de ses derniers recueils …

Si les plus émouvants,  les plus beaux peut-être de ses poèmes furent les derniers,  écrits en allemand (L’herbe du Songe) à l’époque où il agonisait,  terrassé par la plus étrange des maladies,  la leucémie,  je crois qu’un poème des "Cercles magiques ",  "Les portes "résume mieux que tout autre ce que fût sa quête passionnée:

J’ai passé devant tant de portes

Dans le couloir des peurs perdues et des rêves séquestrés

J’ai entendu derrière les portes des arbres qu’on torturait

Et des rivières qu’on essayait de dompter

J’ai passé devant la porte dorée de la connaissance

Devant des portes qui brûlaient et qui ne s’ouvraient pas

Devant des portes lasses de s’être trop fermées

D’autres comme des miroirs où ne passaient que les anges

Mais il est une porte simple,  sans verrou,  ni loquet

Tout au fond du couloir tout à l’opposé du cadran

La porte qui conduit hors de toi

Personne ne la pousse jamais

     Je m’excuse de ne pas avoir mis l’accent sur la grandeur de Goll,  j’ai simplement tenu à dire combien son oeuvre était arbitraire,  fraternelle. De toute beauté,  de trop de beauté peut-être. Mais Goll,  à sa façon a lui aussi "trouvé la beauté amère ".

                                                                                                       Léon-Gabriel Gros

[22] "…mieux que la réciproque,  c'est la mise en oeuvre chez Yvan Goll,  qui éclaire ses vues théoriques et nul poème,  à ce propos,  ne les explique mieux que Femme—Forêt:

Femme—forêt

Forêt—femme

Me frôlant de tes foulées de renarde

Me nourrissant de tes yeux bleus de peur

Comme les mûres noctambules

Ton sang frais de fraise écrasée

Sucre les mots dans ma bouche-brasier

Je suis le bourdon mangé par ta rose

Le pluvier bu par la source féroce

A tous les Clairs de lune

Substituant ton Clair de Claire

[23] Dans les oeuvres complètes de Paul Claudel, Editions Gallimard,  tome XVIII p. 330 à 335:  Deux Préfaces. A un livre de Joseph Samson intitulé:  "Paul Claudel,  Musicien" se trouve un dialogue  (texte de Claudel) entre L’UN et L’AUTRE qui n’est pas sans analogie avec une scène de Mathusalem:

"L’UN:  - J’ai bien écrit autrefois,  oui, j’en suis sûr !  j’en suis absolument sûr !  quelque chose sur la géométrie sans espace.

L’AUTRE:  - On m’a dit aussi que quand vous étiez enfant vous réclamiez à tue-tête du pain sans pain.

L’UN:  - Alors,  je ne m’étonne pas d’avoir reçu cet impressionnant paquet de pages dactylographiées qui porte pour titre un nom propre qui est le mien, suivi, ma foi !  de cette épithète:  Musicien !

L’AUTRE:  - Et l’auteur n’est rien de moins que Samson, le maître dont toute la France a entendu parler, de la plus belle chapelle de notre territoire sonore.

L’UN:  - Moi qui n’ai jamais pu apprendre mes notes et qui me réfugiais dans la cave quand maman voulait me donner ma leçon de piano ! - Qu’est-ce que vous dites ?  Allez-y et qu’il n’en soit plus question !

L’AUTRE:  - Ce sont les vers d’un certain Yvan Goll que j’ai lus ce matin dans une revue et qui me trottent par la tête: 

Jean sans Terre sur un bateau sans quille

Ayant couru les mers sans horizon

Débarque un jour sans aube au port sans ville

Et frappe à quelque porte sans maison.

Il reconnaît la femme sans figure...

                                               et coetera!

[24] "Si j’étais seulement cinéaste! "disait le poète Yvan Goll. "Seul le film permet de

rendre la poésie visuelle ". Le même Goll intitule une de ses pièces La Chaplinade(1923)...

[25]Version française et allemande. Il s’agit d’une  "roche percée" qui émerge de l’Océan,  au Canada,  et qui a beaucoup impressionné Y. Goll. Dans ce long poème en 15 chants,  l’auteur nous en fournit une description exhaustive externe et interne. Battue des vagues,  habitée par d’innombrables oiseaux dont la vie contraste avec l’apparente stérilité du rocher,  hérissée de toutes les variétés de coquillages,  elle offre un spectacle étrange qui ne pouvait laisser indifférent le surréaliste Goll. "Précieuse",   "vivante",   "inhumaine",   "chantante",   "philosophale",  elle devient pour Yvan Goll,  mythe. Elle entre dans une éternité où le temps et l’espace s’abolissent:  aussi son histoire,  sa  "vie" est-elle identique à celle des montagnes des rochers célèbres sous toutes les latitudes.
Evocation riche en mots étranges — et souvent d’une grande précision technique — cette poésie,  nettement marquée au sceau du surréalisme,  allie la magie à la minéralogie,  la géologie et la zoologie.

Le poème est illustré par trois gravures de Yves Tanguy aux traits ténus,  échafaudages ajourés qui s’équilibrent hors de toute pesanteur. ”

                                              

[26] Robert Kemp : Souvenir d'Yvan Goll

Mesdames, Messieurs,

Vous ne mesurez pas, j'en ai peur, le profond regret que j'éprouve à ne pas être ce soir parmi vous. Il a fallu que, les engagements pris depuis deux mois, les affiches collées, les notes de journaux imprimés, je fusse forcé de parler à Genève de Pirandello, pour ne pas m'associer à vous dans l'hommage rendu à Yvan Goll. Assurément, là comme ici, je me sentirai au service des lettres. Mais, Pirandello n'a plus guère besoin de nous. Sa gloire a éclaté. Celle d'Yvan Goll est encore presque secrète, lovée dans le souvenir de quelques initiés.

            Yvan Goll !  !  Je les ai connus, Claire et lui, chez une grande artiste, peut-être la plus grande musicienne de notre époque, Wanda Landowska ; nous nous sommes rendus, tantôt à Montmartre quand la grande claveciniste, l(interprète sans égale de Bach, de Mozart, de Scarlatti, nous réunissait autour d'un borsch à la polonaise, et d'un immense bassin où flottaient comme des nénuphars , de larges champignons, des cèpes aux parfums violents.

Et des bougies de cire noire nous éclairaient en clignotant .

            Ou encore, dans la maison de Wanda à Saint-Leu, quand , après le dîner, ses cheveux noirs desserrés, et voltigeant sur ses épaules, elle jouait La Fantaisie chromatique , pour nous seuls, les odeurs nocturnes du jardin entrant en bouffées par la fenêtre ouverte ; ou quelques unes de ses chères Variations Goldberg .

Ce qui me frappait en eux, c'était d'abord le caractère pathétique du couple humain, d'une harmonie : comme si deux corps ne pouvaient vibrer, comme les deux cordes d'un la aigu au piano, sans que l'autre, son jumeau, ne vibrât à la même seconde .

C'était aussi le caractère étrange, les tons dorés, l'aura poétique des deux êtres, toujours près l'un de l'autre, elle appuyée sur lui, épaule contre épaule.

            C'était aussi la physionomie d'Yvan, si particulièrement poétique . Non poétique à la façon romantique d'un Byron ou d'un Lamartine ; mais songeuse, inquiète, tourmentée, secouée de frissons angoissés ; et ce regard qui semblait toujours vous interroger, avec un peu de méfiance ….

            Voilà dix ans bientôt, en février 1950, qu'Yvan Goll est mort de leucémie à l'hôpital américain de Paris . Cette soirée-ci devrait être le terme du couloir de ténèbres que tout poète est fatalement contraint de suivre avant de déboucher dans la large notoriété. Je le souhaite bien . Car Yvan Goll a mérité une revanche.

            Les professeurs de littérature ne parlent pas assez de lui. Ainsi, le fameux Lanson, aide-mémoire des Facultés, parle d'Apollinaire et d'Eluard, mais n'admet pas Yvan Goll dans son index. Il est vrai qu'il oublie aussi Saint-John Perse et Pierre Jean-Jouve. Le Bédier-Hasard est de même muet  … Le Jasinski, le Kléber Haedens, le gros ouvrage de chez Delagrave, Neuf siècles de littérature française, auquel j'ai collaboré - mais pas pour le chapitre de la poésie, - oublie de le mentionner . Le soigneux René Lalou, loue en quatre mots "les gentils duos surréalistes de Claire et Yvan Goll" , ce qui ne donne pas une idée bien nette de l'œuvre du mari  … Le nouveau dictionnaire d'auteurs dramatiques, tout frais, de Bergeaud, si précieux, ne place pas, comme il le devrait, Yvan Goll entre Gogol et Goncourt . Henri Clouard, plus généreux, dit que cette poésie, de Claire et d'Yvan, "vise à l'essentiel" . Il parle d'une synthèse idéaliste à force de raccourcis et d'allusions elliptiques . Il les désigne comme "annonciateurs du surréalisme": il nomme le grand poème de Jean sans Terre ; mais il blâme une "prosodie capricieuse" qui empêche qu'on ne retienne leurs vers . C'est l'éternel procès fait au vers libre et aux techniques irrégulières  … Enfin, c'est un peu mieux .

            Il est vrai que cette technique est fatale. Elle éloigne le vulgaire ; ne livre ses charmes délicats qu'aux vrais amis, si rares , de la poésie, et aux spécialistes de la métrique . Yvan Goll a eu, chez nous , contre lui, d'être un poète bilingue. Il était fils d'un alsacien et d'une lorraine, né à Saint-Dié, et fut instruit dans des écoles et à la Faculté de Strasbourg sous le joug allemand . Il n'est arrivé à Paris qu'en 1919. Mais, dès lors, c'est sa vraie langue maternelle, le français, qu'il a employé, avec des raffinements exquis 

            De cette poésie, que loue le poète unanimiste Jules Romains et quelques autres dans le livre  de la collection Seghers, Poètes d'aujourd'hui . Jules Romains détache surtout du vaste poème de Jean sans Terre , "personnage intérieur du poète". Aussitôt après, Marcel Brion peint Goll comme "un être rayonnant" tout illuminé de poésie"  …" Au niveau de la cime des arbres ou caressant la pointe de la Tour Eiffel ". Il parle de sa mélancolie poignante, présence anticipée de la mort  …"

            Mais je pense que ce soir, c'est surtout du poète qu'on va parler. Je n'ai, (critique dramatique qui n'a jamais rien vu jouer d'Yvan Goll) qu'à dire l'impression que me laisse la lecture de son théâtre. Non tout entier . je ne connais ni Mélusine, ni Phèdre, oeuvres écrites pour la musique, ni l'Ecurie d'Augias , ni Ame par dessus-bord qui sont en langue allemande. J'ai lu Mathusalem et Assurance contre le suicide . Ce sont des fantaisies cocasses, mais intimement pénétrées des venins de la satire ; des pièces qui, trente ans d'avance, annonçaient Beckett et Ionesco; l'auteur de Fin de partie  et d'En attendant Godot ; l'auteur de La Cantatrice chauve  et de Comment s'en débarrasser . Les mêmes propos ininterrompus, qui aboutissent à créer des personnages grotesques et hideux ; le vieux bourgeois avare, conformiste, Mathusalem , fabricant de chaussures, parle avec son épouse, au début, exactement et de la même façon drolatique, irrésistiblement comique, dont dialogue le couple bourgeois de  La Cantatrice…L'Assurance contre le suicide , plus débridée encore, agite des fantoches absurdes et dignes d'être assommés par celui qui les écoute. C'est une drôlerie pessimiste, si je puis dire, d'un élan et d'une imagination extraordinaires, - dans le baroque . Le succès qu'on fait à Beckett et à Ionesco, Goll, apparaissant aujourd'hui, l'obtiendrait et en serait aussi digne qu'eux . Ce fût le sort de Goll dramaturge. Reste la cour d'appel ; et l'espoir qu'un audacieux directeur profite de l'atmosphère favorable qui nous entoure pour tenter une représentation de Mathusalem , la plus facile à jouer des deux pièces .

                                                           Robert Kemp

21 novembre 1958 : Soirée donnée en hommage à Yvan Goll, à la Galerie Devèche à Paris sous la présidence de Robert Kemp : Souvenir d'Yvan Goll , avec la participation de Edmée de la Rochefoucault, Alain Bosquet, Georges Cattani et Jules Romains .

[27]- Goll précurseur de Ionesco …on pourrait relever de nombreux parallélismes dans les deux premières scènes de  "Mathusalem" et de  "la Cantatrice chauve "...Ces coïncidences sont troublantes ; elles indiquent au moins combien Ionesco est proche de cette philosophie dadaïste qui fit fureur après la première guerre.... "Mathusalem " est une pièce sans doute prise dans le courant idéologique et les techniques des années 20  (l’expressionnisme,  Brecht sont aussi parfois voisins) mais qui,  jouée aujourd'hui,  révélerait une richesse et une modernité que n'ont pas toutes les pièces dites d'avant-garde.

[28] créée au Kleine Theater de Kassel le 27 février 1926

[29]Sur ce thème,  on doit lire:

Jarhbuch der deutschen Akademie für Sprache und Dichtung 1966 - Erhard Schwandt,  Korrekturen zum Bericht von Reinhard Döhl. Biographie und Chronologie,  p.191 à 206 - Heidelberg / Darmstadt,  1967 et,  Claire Goll:  La Poursuite du Vent,  Orban 1975 p.274

[30] Claire a dédicacé à Jean Oswald et à son épouse Margaret : Elégies Internationales, Deuxième livre de JsT, Troisième livre de JsT, Chansons de France et Les Cercles Magiques

[31] On peut consulter cette Bibliographie au Schiller National Museum à Marbach a N. - Allemagne ainsi qu’à la Bibliothèque Jacques Doucet,  à Paris.

[32] à traduire

[33] sur Claire et Yvan pages 61 - 190 - 195 /196

p.61:  Englouti depuis des millénaires surgissent sous les espèces de quelque livre de leur cru,  des amis qui trépassèrent. Oh!  Ils ne me reprochent rien. Devrais-je me reprocher de ne pas les avoir aimés ?  Yvan Goll,  à qui la peur octroyait de sombres ailes... Yvan Goll,  quand il habitait l'île Saint-Louis,  n'avait qu'à s'envoler par dessus la moitié de la Seine pour atterrir rue des Rosiers,  se procurant,  là,  des nourritures juives qui me soulevaient le coeur à vomir,  trop chargées en sacramentel...

p. 195 Le visage de Claire Goll,  martyrisé par les années,  brille de retours de beauté sous la chevelure chauffée au rouge. Elle me reproche de ne rien faire pour la mémoire d'Yvan Goll,  son mari. Que pourrait-on faire ?  Il était peureux,  malheureux,  un véritable arbre humain aimanté à convoquer sur lui les rafales policières et militaires de l'Allemagne dont la langue était aussi la sienne. Il écrivait de bons vers et sa femme de beaux romans. Claire Goll et Yvan Goll habitaient,  un temps,  l'île Saint-Louis. Un léger saut par-dessus la moitié de la Seine et l'on était rue des Rosiers,  ou un homme au poil noir vendait trois citrons dont le jaune strident dialoguait avec son melon noir. Alors le quartier juif éclatait d'une inexpiable intensité dans sa propre ressemblance,  les carpes dans le tonneau,  les bouchers barbus sous un feutre noir,  partout Rebecca perruquée,  sur le ciment de la rue des enfants avec des oreilles de cerf,  et de vieux hommes la face gonflée de gésiers d'oie,  et des kabbalistes barbus au visage parfois classique,  aquilin,  à peine frotté de tartare,  l'ivresse d'un printemps qui montait de cette Fête-Dieu à longueur de semaine et de journée,  et Yvan,  bizarre prénom russe à majuscule bretonne,  ramenait quelques emplettes...

[34] Se trouve à la Bibliothèque Jacques Doucet à Paris V - I - 52 -9581

[35]Cette correspondance d’un exceptionnel intérêt paraîtra sous un autre titre:  Meiner Seele Töne chez Scherz en 1978 avec des commentaires d’une excellente spécialiste de Goll,  Barbara Glauert  (466 p.)

[36] Ce livre de souvenirs relate l'aventure de la revue "900 ",  de "Bifur ". Il y est souvent question de Goll et de ses relations avec Joyce (p. 30 à 64),  Malraux (p. 281 / 82)

[37]C'est la première édition de la traduction de 41 poèmes de "Abendgesang" "Le Chant du Soir "par Claire Goll ; la version complète,  Neila,  51 poèmes,  paraîtra en 1971 aux Editions Caractères.

[38]“ Sur la même ligne que Pierre Albert-Birot, Yvan GOLL est parmi les épigones de Jarry et d’Apollinaire. Il apporte en outre au théâtre français une couleur expressionniste. Parfaitement bilingue,  aussi à l’aise parmi l’avant-garde berlinoise (à qui fut d’abord présentée sa pièce) qu’à Paris où il avait de nombreux amis,  il ne sut malheureusement pas choisir entre l’expressionnisme,  l ' "apollinarisme "et les tendances nouvelles,  de sorte qu’il se vit successivement écarté par Dada et par le groupe d’André Breton. Il fonda la revue   "Surréalisme" qui s’inspirait directement de la doctrine d'Apollinaire,  un mois à peine avant la publication du premier  "Manifeste" de Breton. Autant dire qu’elle fut immédiatement éclipsée.

Pourtant “ Mathusalem ou l’éternel bourgeois “,  drame satirique écrit en 1919,  ne manque pas d’originalité dramatique. Comme Apollinaire avait transposé,  faisant du choeur antique le mégaphone,  du bâton le pistolet,  Goll chercha de nouveaux moyens d’adaptation du théâtre au public contemporain et les trouva dans le surréalisme et l’alogique. Entendons-nous bien,  il n’est pas question d’automatisme et d’inconscient comme chez Breton. Pour lui,   "le surréalisme est la plus forte négation du réalisme. Il fait apparaître la réalité sous le masque de l’apparence ".La règle du dramaturge surréaliste sera donc de mettre les instincts à nu,  au détriment du caractère et de la psychologie. Quant à l’alogique,  qui a pour but de tourner en ridicule les conventions,  elle s’exprimera par l’humour et servira à montrer les multiples pensées qui traversent l’homme en un seul instant.…(suit une analyse de la pièce) Plus que la fantaisie bouffonne de cette histoire morale,  nous intéresse la dramaturgie. L’auteur ne demande pas au spectateur de s’identifier à l’un quelconque de ses personnages,  au contraire,  il fait tout pour l’en détacher par la caricature,  par l’emploi de masques,  par l’intervention d’automates dérisoires qui racontent des histoires à pleurer. Devant Mathusalem,  il fait surgir son double,  qui est la conscience d’Ubu. Quand il dort,  on projette ses rêves filmés (érotisme et peur animale). L’étudiant,  comme l’amoureux de Larountala,  est figuré par trois acteurs qui sont:  Moi (l’être bassement réel),  Toi (l’être social),  Lui (le subconscient obscène). Parfois le dialogue délicieusement absurde préfigure le théâtre d’aujourd’hui: 

Mathusalem: Mon fils a fait hier une manille.

Mme Camphre:  Notre fille prend tous les jours le tramway 28.

Mathusalem:  Quand mon fils sort,  il n’oublie jamais ses cigarettes.

Mme Camphre:  Mais ce sera un couple merveilleux !  A quand les fiançailles ? (p.61)

Yvan Goll fonda en 1924 un  "théâtre surréaliste" où il comptait faire jouer Apollinaire,  Albert-Birot,  Maïakowski,  Stramm,  etc.…En fait son projet échoua,  mais Mathusalem fut représenté par la compagnie du Loup blanc au Théâtre Michel,  à partir du 10 mars 1927…

La presse fut unanimement favorable au spectacle  (1) et parla de dadaïsme et de surréalisme avec sympathie. Toutefois,  on ne peut pas dire qu’elle se trompait totalement en employant ces termes,  car les espèces de marionnettes livrées en proie au public,  la compénétration du film et du théâtre pour transcrire un rêve,  l’accent mis sur l’absurdité du langage,  sont bien des thèmes et des techniques cultivés par ces deux mouvements. Avec  "Les Immortels ",  deux surdrames à peine postérieurs …(suit l’analyse des  "Les Immortels "). Le premier de ces  "surdrames ". Celui-qui-ne-meurt-pas, illustre avec beaucoup de grotesque (c’est une qualité dramatique) l’idée que l’artiste malgré toutes les forces liguées contre lui,  ne périt pas dans la mémoire des hommes. La technique théâtrale fait songer aux  "Mariés de la Tour Eiffel ",  bien que l’oeuvre d’Yvan Goll leur soit antérieure de quatre ans et qu’elle soit restée inédite jusqu’en 1963. De même,  Assurance contre le Suicide,  qui pourrait vérifier l’idée que la femme s’attache à celui qui saura toujours l’étonner,  est une farce aux multiples interprétations possibles.

Yvan Goll marque une étape notable dans le théâtre que nous étudions,  en opérant la jonction entre certaines formes de l’expressionnisme (qui ont influencé dadaïsme et surréalisme au théâtre) et un spectacle qui revêt la plus apparente dérision pour nous communiquer les angoisses d’une jeunesse aux prises avec un univers adulte qui nie ses plus chères valeurs,  son idéal d’amour et ses aspirations sociales.

(1) à l’exception de la presse dite de droite (voir extraits de presse de 1927 concernant  "Mathusalem ")

[39] Jean Bertho n'a jamais trouvé trace de l'édition de "L'Ignifère pourtant annoncée  ici p.184 aux Editions Jean Petithory pour 1967 également .

[40]  Les deux poèmes inédits ,"Voyance "et "Explosion du Présent ", datés du 27 juillet 1967 ne sont sans doute pas parus avec les 2 dessins originaux de Czaky ( ils font partie de la collection personnelle de Jean Bertho. ainsi que une lettre manuscrite adressée à l'éditeur Jean Petithory le 26 . VII .70 ( voir à cette date )

"Voyance" sera repris (avec des variantes) dans les 59 poèmes de "L'Ignifère ", Librairie Saint-Germain-des-Prés , 1969

[41]A la page 436,  il est annoncé la parution prochaine d’une Bibliographie complète des oeuvres d’Yvan Goll par Dietrich Schaefer.

[42] importante à traduire

[43] "Chant du Soir ",  titre du 46 ème poème de cette édition. Dans l'édition de luxe parue chez Mourlot en 1967 sous le titre "Bouquet de rêves pour Neila ",  Claire Goll avait seulement donné 41 des 51 poèmes,  et sa traduction comportait alors de nombreuses variantes.

[44] Schiller National Museum,  Marbach a. N. ( 81. 2389)

[45] On peut consulter cette Bibliographie au Schiller National Museum à Marbach a N.,  Allemagne:  Nr. 74-22,  622

[46] Ce livre de souvenirs raconte la vie du couple Goll et comporte des jugements parfois sévères sur certains grands contemporains. Le livre fit un certain scandale dans le milieu des lettres.

[47] article signé ; Claire Goll, juste avant la sortie de "La Poursuite du Vent"

[48] Bernard Pivot avait,  pour son émission "Apostrophes "du 15-10-1976,  choisi plusieurs de ses invités en fonction du livre de Claire Goll,  La Poursuite du Vent. Quelques uns,  en particulier Clara Malraux et Philippe Jacottet,  étaient venus avec l'intention de ne pas ménager Claire Goll qui fut attaquée pour certains propos désobligeants de son livre. Il existe,  et c’est heureux un enregistrement magnétoscopé de cette émission qui permet de rendre en partie justice à Claire Goll ".

Extraits de l’article de Bertrand Poirot-Delpech:

"…Avec  "La Poursuite du Vent",  la veuve du poète Yvan Goll pousse l’indiscrétion jusqu’au ragot,  et la méchanceté jusqu’au règlement de comptes sénile. Faute de savoir discerner par quoi les génies qu’elle a croisés en quatre vingt cinq ans de vie d’artiste sortant de l’ordinaire,  elle s’est cramponnée à l’évidence qu’en privé ils ne se distinguent guère du commun sinon…par un surcroît d’égoïsme et de lâcheté. Joyce se réduit pour elle à un air "sournois et minaudant "; son amant Rilke à "de l’arrivisme salonard "; Breton à un manque d’humour ; Chagall à de l’avarice ; Saint-John Perse à de la suffisance ; Malraux l’indispose par…ses points noirs sur le nez ; Audiberti l’écœure et Henry Miller la fait "vomir". Que n’a-t-elle préféré à leur compagnie,  et parfois à leurs avances,  celle de gens moins considérables,  donc plus à son niveau ?

Seule excuse à ce snobisme dépité d’emmerderesse:  le besoin de venger une longue vie ratée de fillette persécutée,  d’épouse sans gloire ni argent,  de maîtresse bafouée,  avortée et,  semble-t-il,  frigide. A sa façon pesteuse qui ne salit qu’elle-même,  Claire Goll a assumé l’état d ' "amas d’ovaires ",  d ' "animaux de cirque mesquins,  jaloux et masochistes "auquel,  à l’en croire,  son époque a relégué la femme.

Même un être d’une tout autre qualité,  comme Clara Malraux,  n’évite pas les perfidies liées à cet asservissement général du "deuxième sexe" par le premier.

…Juif ou pas,  c’est cet idéal de sagesse que leur vieil ami Berl s’est toujours fixé,  quant à lui,  et pour lequel,  juste avant de mourir,  il a radieusement témoigné,  en réponse à l’Interrogatoire filial de Patrick Modiano.…

…Y compris,  aussi,  dans la façon de juger les hommes. A l’inverse des chipies bornées comme Claire Goll,  il se grandit lui-même à négliger ce qui rapetisse les autres,  et anticipe,  par sérénité généreuse,  sur les jugements de la postérité. "

Jean Bertho trouve,  à la lecture,  l’article de Bertrand Poirot-Delpech:  "particulièrement attristant,  totalement injuste,  dépourvu d’objectivité,  et plus grave encore,  du minimum d’honnêteté. Que Bertrand Poirot-Delpech ne s’est-il inspiré d’Emmanuel Berl !  ".

[49]Dans l’émission  "Apostrophes" du 15-10,  Claire Goll a avoué qu’elle adorait Giscard  " parce que sur l’intervention d’André Malraux (dont elle était alors la maîtresse),  il l’avait en 1970 exonérée de 1 million 300.000 francs anciens de droits de succession se rapportant à des actions et obligations venant de sa tante qu’elle avait (sic) omis de déclarer  "…

notre président de la République a - si l’on peut dire - vraiment le Goll de l’emploi.

[50] C’est la dernière oeuvre de Goll qui paraîtra du vivant de Claire

[51] Reprise du texte "Yvan Goll expressionniste et moderniste appliqué "p.45 à 73 déjà paru dans "Liberté "en 1974

[52] « Par testament, Claire Goll, décédée le 30 mai 1977, a fait de l'ensemble des manuscrits, des livres imprimés, des oeuvres d'art et des objets divers contenus dans son double appartement au 47 rue Vaneau à Paris , deux parts :

n l'une avec les manuscrits et les imprimés en langues allemande et anglaise, plus un choix de peintures, gravures et photographies, était destinée au musée Schiller à Marbach (Allemagne) où elle devait prendre place au sein des archives littéraires allemandes que cette institution a mission de conserver et de communiquer. Cette dévolution représentait la contrepartie de la pension viagère que depuis 1971, la République fédérale d'Allemagne lui versait mensuellement. Le Musée Schiller, à Marbach, est chargé de recueillir et de conserver les archives littéraires allemandes. Il possède les papiers et les livres de plus de trois cents écrivains qui se sont fait un nom dans la littérature. Il souhaita faire entrer dans ses collections les manuscrits et les oeuvres d'Yvan et Claire Goll.

n l'autre, avec les manuscrits, les imprimés en langue française, la bibliothèque, la majeure partie des oeuvres d'art, le mobilier et les objets personnels ayant appartenu à Yvan et à Claire, revenait à la ville de Saint-Dié des Vosges. 

( Albert Ronsin , Conservateur honoraire de la Bibliothèque de S.D.d.V. , Président des Amis de la Fondation Yvan et Claire Goll )

Claire Goll décédait le 30 mai 1977,  après avoir traduit,  fait éditer ou rééditer dans une douzaine de langues (allemand,  anglais, français,  espagnol, italien, japonais, bengali) une grande partie de l'oeuvre d'Yvan,  inconnue du "grand public ",  en raison de la rareté et du prix des Editions de luxe illustrées.

Claire avait été,  comme elle le souhaitait,  la parfaite secrétaire d'un mort . C'est elle qui a réussi à lui redonner vie. Dans un exemplaire de Traumkraut Claire Goll a écrit de son habituelle encre rouge Claire sur la page de garde et Claire Goll sur la page de titre.

Un Edelweiss se trouvait dans cet exemplaire ; il ne peut s’agir que de celui dont il question dans  "Meiner Seele Töne",  lettre de Claire  (en cure à Challes-les-Eaux) datée du jeudi 19 août 1948 p.283: 

"mais tout cela n’est finalement qu’une question de patience … cette plante de la solitude et de l’altitude t’en enseignera peut-être un peu. Elle s’est patiemment adaptée à la glace et au soleil le plus ardent . Son petit pelage est aussi doux que celui d’un animal. Cet edelweiss vient de la chaîne des glaciers de Belledone.… "

dans sa note 1 p.408 Barbara Glauert dit que cet edelweiss n’était pas joint à la lettre originale ; et pour cause en avril 1972,  Claire donnait à la ville de Saint-Dié "…une croix de Lorraine et flamme "Honneur et Patrie "en métal argenté des Français Libres ayant appartenu à Yvan Goll à New-York,  un edelweiss cueilli pour Claire dans les montagnes du Tyrol en 1949. "

Albert Ronsin - Le legs Yvan et Claire Goll à Saint-Dié —Regards n° 102,  Avril 1980)

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Biobibiographie Yvan et Claire 1977à 2004

Bibliographie des Revues et Journaux Littéraires des XIX ème et XX ème siècles par Jean-Michel Place et André Vasseur - Tome troisième  (324 p.)

Ivan Goll : p.24-33-56-63-64-66-67-69-71-87-89-90-91-92-190-191-204-234-239-240-243-274 à 278-279-280 ; Claire Goll p.87-90-204-274-275.

Michel Carassou : Surréalisme p.274 à 277 - Manifeste du Surréalisme, 279, 280

Editions Jean-Michel Place, Paris 1977         

Claire - Yvan Goll : Meiner Seele Töne [1]. Das literarische Dokument eines Lebens zwischen Kunst und Liebe, aufgezeichnet in ihren Briefen . Neu herausgegeben und kommentiert von Barbara Glauert (446 S.) mit mehreren Abb. und ausführl. Anhang.

(1966 Florian Kupferberg Verlag, Mainz / Berlin) Überarbeitete und erweiterte Lizenzausgabe 1978

München, Scherz 1978

Claire Goll :  Ich verzeihe keinem . Eine literarische Chronique scandaleuse unserer Zeit . ( 333 p. version allemande de La Poursuite du Vent traduite de la version française par A. Belcampo ) A.d. Französ. v. A. Belcampo

Bern, München, Scherz 1978

Claire Goll : Memoiren eines Spatzen des Jahrhunderts  ( les  confessions d'un Moineau du Siècle ) Erzählungen und Lyrik, mit den Gedicht-Dialogen Zehntausend Morgenröten und Die Antirose von Ivan et Claire Goll  illustrationen von Chagall  zu Tagebuch eines Pferdes und Zehntausend Morgenröten, ( 367 S. )

Langen Müller, Germany 1978

Lionel Richard : Encyclopédie de l'Expressionnisme : Peinture et Gravure, Sculpture, Architecture, Littérature, Théâtre, La Scène expressionniste, Cinéma, Musique. Traduit de l'allemand par J.J. Pollet, Lionel Richard, Claude Sebish et Chantal Simonin .

Editions Aimery Somogy, Paris 1978

Frankfurter Anthologie Bd.3 M. Reich-Ranicki.Lenz Siegfried : Alle Frauen der Erde. Abdruck und Interpretation des Gedichts "Orpheus" von Yvan Goll p.165 à 168

Frankfurt a. M. 1978

Le Pont de l'Epée n° 63-64 - 1978, Guy Chambelland .Textes et poèmes de : Albert-Birot, Armstrong, G. Bataille, Borges, A. Breton, Cadou, Cendrars, Cocteau, Desnos, Follain, Guillevic, Y. Goll, Hordellet, Huidobro, Morand, Pasolini, Picabia, Ribemont-Dessaignes, Trotski, Tzara .136p.

La Bastide-d'Orniol, Goudargues (Gard)

L'analyse textuelle. Delcroix Maurice : La huitième Chanson Malaise d'Yvan Goll p.112/118

Liège 1978

Les nouveaux cahiers : 14ème année  - n° 53 - Eté 1978 - Trimestriel.

Revue d'études et de libres débats publiée sous les auspices de l'Alliance Israélite Universelle - Directeur  Gérard Israël . 68 pages

Un poète juif méconnu : Yvan Goll par Denise R. GAMZON ( Université de Tel-Aviv) page 33 à 43

Paris

Poésie - Dichtung, la Poésie en Alsace depuis 1945 .

Yvan Goll : Croix de Lorraine page 31

Editions des Vosges du Nord, Saverne, 1979

Etudes Germaniques 34- 1979. Pretzer Lelio Anne : Einflüsse des franz. Surrealismus, des Avantgarde-Films, der Werke Yvan Golls auf Weiss Stücke Schatten des Körpers des Kutchers und Die Versicherung p. 261 à 275

Regards, Mensuel d'action culturelle - n° 91 - mars 1979

Directeur de la publication : Albert Ronsin

Albert Ronsin [2] : Le legs "Yvan et Claire Goll" à Saint-Dié p.1-2

Regards, Mensuel d'action culturelle - n° 92 - avril 1979

Directeur de la publication : Albert Ronsin

Albert Ronsin : Le legs "Yvan et Claire Goll" à Saint-Dié (suite p.1-2)

Jean-Michel Palmier : L'Expressionnisme et les Arts -

1-Portrait d'une génération :

Yvan Goll p. 180 à 194 ( 358 p.)

2-Peinture, Théâtre, Cinéma (352 p.)

Editions Payot, Paris 1979 ( Publication du Centre de Recherche Erwin Piscator / Département d'Etudes des pays anglophones, Université de Paris VIII-Vincennes)

Regards, Mensuel d'action culturelle - n° 102 - avril 1980

Directeur de la publication : Albert Ronsin

Albert Ronsin : Le legs "Yvan et Claire Goll" à Saint-Dié (l'année 1972 p.1-2 )

Regards, mensuel d'action culturelle, n° 103 - mai 1980, n° 104 - juin 1980 :

Le legs Yvan et Claire Goll à Saint-Dié par André Ronsin.

Bibliothèque Municipale de Saint-Dié-des-Vosges

Yvan Goll, un poète, sa femme, ses illustrateurs.

Collection "Ecrivains et Terre Natale" . 350 exemplaires - 60 p. - 4°

Catalogue de l'Exposition, Musée et Bibliothèque du 22 novembre au 14 décembre

Saint-Dié des Vosges 1980

Le Temps des Poèmes : 1880-1980, cent poèmes sur le Temps (170 p.)

Centenaire d'UT I : Introduction de Jacques Dutourd.

p.78 :Yvan Goll: Petite soirée de Jeudi -

UTI - 1980 (5000 ex. numérotés à la main plus 20 ex. non numérotés.)

Der Literat 22 (1980) : Klaus Rainer "Wir hatten kein Haus wie die andere" (pour le 30ème anniversaire de la mort de Goll le 27 février 1980) p.81/82

Claire Goll : Meiner Seele Töne. Claire Goll/Yvan Goll. Das Literarische Dokument eines Lebens zwischen Kunst und Liebe, aufgezeichnet in ihren Briefen. 345 p.-8°

(Hrsg. von Barbara Glauert. Vorw.: Kasimir Edschmid. Bearb Taschenbuchausg.)

München, Zürich : Droemer Knaur 1981 (Knaur Taschenbücher 738)

Die schönsten deutschen Liebesgedichte. Gesammelt und herausgegeben von Andreas und Angelika Hopf : Ivan Goll : Ich möchte nichts sein p.186, Ich bin geliebt p. 187 ; Claire Goll p. 188 - 189

Wilhelm Heyne Verlag, München 1981

Abhandlungen zur Kunst - Musik - und Literaturwissenschaft Bd.321. Parmée Margaret : Ivan Goll: The developpement of his poetic themes and their imagery.

Bonn: Bouvier 1981. VIII, 352 p.

Etudes Germaniques 37 (1982). Claudon F.: Margaret A. Parmée, Ivan Goll, the developpement of his poetic themes and their imagery, Bonn.1981, p. 92

Klaus Mann : Der Wendepunkt ein Lebensbericht [3] 

Spangenberg Verlag c / o Ellermann Verlag, Münich 1982

Iwan Goll, Gefangen im Kreise, Dichtungen, Essays und Briefe

Hrsg. Klaus Schuhmann - 471 S. Okt. Erste Ausgabe.

Verlag Philipp Reclam Junior Leipzig 1982

- desgl. 2, Auflage 1988

Poesiealbum 182 : Iwan Goll, Auswahl Sylvia Schlenstedt . Übertragen von Claire Goll, Lothar Klünner und Bert Pappenfuss. Einband und Graphik Günther Huniat.32 S.

Berlin Neues Leben 1982 (Erste Ausgabe)

Yvan Goll :* Traumkraut, Gedichte aus dem Nachlass  ( 64 S.- 20 cm. )

Erste Ausgabe ( Vorwort von Claire Goll ). Umschlagzeichnung von Marc Chagall

Limes Verlag Niedermayer & Schlüter GmbH, Wiesbaden und München,1982

Dictionnaire général du Surréalisme et de ses environs, sous la direction d'Adam Biro et de René Passeron ( in-4, 464 pages ) Yvan Goll p.186/187 par James Phillips, Université de Tübingen

Paris, Presses Universitaires de France - 1982

The German Quarterly 56 (1983). Reed Eugene Eliott: Margaret A. Parmée, Ivan Goll: The developpement of his poetic themes and their imagery, Bonn.1981, p.520-521

Schlenstedt Sylvia : "Actes du Colloque URL n° 5 à l'Université de Provence"

5 - 7 Mai 83 (p. 259 à 270)

Editions du C.N.R.S. Paris 1983

Wer schreibt, handelt. Strategien und Verfahren literarischer Arbeit vor und nach 1933

Schlenstedt Sylvia: Einsamer - Mittler - Zeuge. Iwan Goll zwischen Ende der Zwanziger Jahre und 1936 p. 410 à 449

Berlin, Weimar 1983

Nino Frank : 10. 7. 2. et autres portraits Souvenirs [4]

Maurice Nadeau / Papyrus, 1983 (360 pages)

Horst Eberhard : Geh ein Wort weiter - Aufsätze zur Literatur :

Heimat im Gedicht, Yvan Goll (Würdigung) p. 156 à 161

Düsseldorf 1983

ALVAREZ ORTEGA, Manuel.- Poesía francesa contemporánea (Georges Ribemont - Maurice Blanchard - Yvan Goll - Paul Eluard - Andre Breton - Tristan Tzara - Antonin Artaud - Joë Bousquet - Philippe Soupault - Louis Aragon - Robert Ganzo - Jaques Audiberti - Henri Michaux - Benjamin Peret - Francis Ponge - Louis Emie - Robert Desnos - Jacques Prévert - Gabriel Audisio - Lanza ...
Akal, Col. Bolsillo nº111 y 112, 1983, Madrid. 17x11. 1246 pgs.

Klaus Mann : Le Tournant, Histoire d'une Vie [5]

Editions Solin, Malakoff 1984 (collection Points. Romans n° 240)

Auswahl 84: Neue Lyrik. Neue Namen.

Ziemer Gudula: Das Mahagonipferd "Für Iwan Goll"

Berlin 1984.p.125-128

Stefan Zweig : Tagebücher ( Yvan et Claire Goll )

S.Fischer Verlag GmbH, Frankfurt am Main, 1984

Stuttgarter Arbeiten zur Germanistik n°135.

Philipps James: Yvan Goll and Bilingual Poetry.

Stuttgart: Akademischer Verlag Hans-Dieter Heinz 1984. 327 p.

Frankfurter Anthologie Bd.9 in Marcel Reich-Ranicki Anthologie:

Schramm Godehard: Die traurig machende Furcht (interpretation des Gedichts In uralten Seen von Yvan Goll) p.147 à 150

Frankfurt a. M., 1985

Yvan Goll : Sodom Berlin, Roman. Dt. v. H. Thill. Nachwort v. K. Witte [6]

Berlin, Rotbuch, 1985 (Aus der Reihe) 171 p.

Der Literat 22 (1985) : Klaus Rainer "Wir hatten kein Haus wie die andere" p 41

Stefan Zweig [7] : Journaux 1912 - 1940, édités par Knut Beck et traduits de l'allemand par Jacques Legrand (Ivan Goll p.278, 281, 282, 287, 465 Claire Studer 282, 287, 450).

Belfond, 1986 - Livre de Poche 13859 - Belfond, 1995

Iwan Goll : Der Mitropäer, Roman. Nachwort v. Th. Spring. 1 Portr., 165 p.

Argon, 1987

Blaise Cendrars : Gold (L'Or), Die Fabelhafte Geschichte des Generals Johann August Suter. Deutsche Ausgabe von Iwan Goll -268 p.

Zürich, Verlag Die Arche (1987)

Claire Goll : Der Neger Jupiter raubt Europa . Roman , 152 S.

Nachwort v.R. Mielke

Berlin - Argon 1987

Cent poèmes pour la Paix,  choisis par René Maltête, Préface de Bernard Clavel :

p. 58 Yvan Goll, "Requiem pour les Morts de l'Europe

Le Cherche Midi éditeur , paris 1987

Claire Goll : Ein Mensch ertrinkt, Roman . Nachwort von B. Glauert-Hesse, 1 Portr. 235 S.

Berlin, Argon 1988

Valentin Jean-Marie : "Das neue Drama sei enorm" !

Surréalité et Grotesque dans le Théâtre d'Ivan Goll, p.82 à 96

Etudes Germaniques 43 - Janv-Mars 1988

Pouthier Pierre-Georges : Yvan à Claire, Yvan an Claire, Yvan to Claire.

Studien zur Thématik und Symbolik der "Claire-Lyric" Yvan Golls. 308 pages - 8°

Peter Lang, Fankfurt am Mein, Bern, New-York, Paris 1988

(Europaïsche Hochschulschriften. Reihe 13. Bd. 125)

Yvan Goll : * L'herbe du songe

Textes français de Claude Vigée, postface de Claire Goll (48 P.)

Arfuyen 1988, Paris Cahier n°31

Yvan Goll : Sodom Berlin, Roman

Fischer Taschenbuch Verlag, Frankfurt am Main 1988

Der Literat 30 (1988) : Tilly Boesche - Zacharow :

Der endlose Streit um "Die schwarze Milch" . Paul Celan im Zwielicht zwischen Inspiration und Plagiat (sur la relation entre Paul Celan et Yvan Goll à travers Claire Goll) p.100 à 102

Iwan Goll : El Canal de Panama. Presentacion y traduccion: Stefan Baciu.[8]

Academia Panamena de la Lengua, Panama, 1988 (24 pages) 300 exemplaires .

Deutsche Exilliteratur seit 1933 :

Weissenberger Klaus : Iwan Goll - New York 1939-1947

(Würdigung mit Schwerpunkt auf den Exiljahren in New-York)

Bern 1989 (Bd. 2- T.1, p.238 à 259)

Quadflieg-Iwan Goll : Der Neue Orpheus, eine dithyrambe. Dazu sieben Orphische Hymnen mit 7Original-Graphiken von Roswitha Quadflieg.

Einband von Christian Zwang, (140 ou 185 Ex.) Gr.8°, 50B..

Raamin-Presse, Hamburg 1989

Claire Goll : Der gläserne Garten, Prosa 1917 - 1939 Hrsg. u. kommentiert von B. Glauert-Hesse . 1 Portr . 367 S. Erstausgabe . Der Band versammelt neben den bekannten Prosastücken Zeitungsbeiträge und bisher Undgedrucktes

Berlin, Argon 1989

Jean Jacques Thomas : La langue La Poésie, essais sur la Poésie française contemporaine . Michel Leiris, Yvan Goll : "Touristes, nous nous sommes promenés". p. 19 à 34

Presses Universitaires de Lille 1989 ( 189 p.)

Yvan Goll : * Traumkraut , Yvan und Claire Goll : * Die Antirose  ( 238 S. )

Fischer Taschenbuch  Verlag, Frankfurt am Main 1990

Yvan und Claire Goll : * Die Antirose (238 S.)

Fischer Taschenbuch Verlag, Frankfurt am Main 1990

Adrien Finck : Littérature alsacienne. XX siècle / Elsässische Literatur. 20. Jahrhundert En collaboration avec Maryse Staiber, Dominique Huck, François Schaffner, Jean-Paul Sorg. Préface : Pierre Deyon.

Strasbourg 1990

Ivan Goll : Jean sans Terre. Johann Ohneland Gesamtausgabe nach den Erstdrucken und Handschriften französich-deutsch. Textedition von Kristian Wachinger

Übersetzung von Monika Fahrenbach-Wachendorff  (328 S.)

Langewiesche-Brandt KG, 8026 Ebenhausen bei München (Schäftlarn)1990

Petre Solomon : Paul Celan, l'adolescence d'un adieu [9]

(Goll p.63-64-158-159 160-161-162-163-164-165-171)

Climats, Castelnau-le-Lez, 1990

Henri-Pierre Roché : Carnets p.338 (Yvan Goll et sa femme)

Editions André Dimanche, Marseille, 1990

Eugène Jolas : "Sur Joyce", présentation Marc Dachy - 176 pages, 150 F.

Plon, 1990

Drama und Theater der Jahrhundertwerde.

Sauerland Karol : Figurinen und Figurinenhaftes bei Oskar Schlemmer und Iwan Goll;

Ausfürlich zu Iwan Golls Stück "Methuselem oder der ewige Kleinbürger"

Tübingen 1991 p.139 à 150

Yvan Goll : L'homme et l'écrivain dans son siècle.

Commissaire de l'exposition, Albert Ronsin, Président de l'Association des Amis de la

Fondation Yvan et Claire Goll. Choix des illustrations et maquette du Catalogue : Daniel Grandidier, Conservateur du Musée Municipal  (articles d'Albert Ronsin, Rémy Colombat, Aimée Bleikasten, Liliane Meffre, Jean - Marie Valentin, Philippe Brun, et bibliographie par Armelle Sprösser - Prou. Catalogue illustré de très nombreuses photographies, de gravures, de compositions en couleurs - 84 pages - 8°)

Musée de Saint-Dié des Vosges 1991

Passauer Pegasus 9 (1991) H. 17

Reimer Doris : "Ich bin das Dunkle, das Du fliehen musst"

Paula Ludwig an Iwan Goll in ihren Briefen (1931-1940) und Gedichten, p.22 à 31

Jacques Eladan : Poètes juifs de langue française, Anthologie : André Spire, Gustave Kahn, Max Jacob, Ivan Goll : p.113 à 118 Tes cheveux sont le plus grand incendie.., Albert Cohen, Tristan Tzara, Claude Sernet, Bruno Durocher, Claude Vigée, Jacques Eladan, Gilles Sebag......

Noël Blandin, Paris, 1992

Encyclopédie de l'Expressionnisme : Peinture et Gravure, Sculpture, Architecture, Littérature, Théâtre, La Scène expressionniste, Cinéma, Musique

Lionel Richard Traduit de l'allemand par J.J. Pollet, Lionel Richard, Claude Sebish et Chantal Simonin, broché. Nouvelle édition.

Somogy Editions d'art, Paris 1993

Paris, ses Poètes, ses chansons : Préface d'André Hardellet. Anthologie composée par Bernard Delvaille, Photographies de Serge de Sazo ; 256p.

Ivan Goll : Petite pluie lutécienne p.158 - 159

Seghers, Paris 1993

Iwan Goll–Paula Ludwig : Ich sterbe mein Leben Briefe 1931-1940

Literarische Dokumente zwischen Kunst und Krieg (Herausgegeben und kommentiert von Barbara Glauert-Hesse im Auftrag der Fondation Goll) 551 S.

Limes Verlag im Verlag Ullstein, Frankfurt am Main / Berlin 1993

Deutschsprachige Exilliteratur seit 1933. Band 2 : New-York. Herausgegeben von John Spalek und Joseph Strelka. Sylvia Schlenstedt : Iwan Goll (Bibliographie ab 1933. Primär und Sekundärliteratur in Deutschsprachige Exilliteratur seit 1930 pages 517 à 528

Francke Verlag im K.G. Saur Verlag - Bern - 1993

Régine Deforges : Poèmes de Femmes des origines à nos jours .372 p.

Claire Goll : Danse captive p.160 - Les Temps futurs p.161-162 ( l'Ignifère )

Le Cherche - midi, Paris 1993

Yvan Goll (1891 -1950) Situations de l'écrivain, Etudes réunies par Michel Grunewald et Jean-Marie Valentin.: Maryse Staiber /Adrien Finck : Yvan Goll et la Littérature alsacienne - Charles Fichter : Un esprit allemand a recours aux temps bibliques - Michel Grunewald : Yvan Goll, les Français, les Allemands, les Européens (1918 - 1934) - Albert Ronsin : Yvan Goll et André Breton, des relations difficiles - Liliane Meffre : Yvan Goll et Carl Einstein - Henri Béhar : Regards sur Yvan Goll et les avant-gardes - Remy Colombat : Yvan Goll ou l'expressionnisme contrarié - Philippe Brun : Yvan Goll à la recherche d'une nouvelle théorie poétique .Aimée Bleikasten : Traumkraut ou le secret des mots .Jean-Marie Valentin : Le théâtre de Goll et sa modernité .Jeanne Lorang : Yvan Goll et l'attrait des arts mineurs. Isabelle Bedouelle : Repères bibliographiques. 236 p.

Collection "Contacts", Série II - Gallo-germanica. Volume 12

Peter Lang, Editions scientifiques européennes,

Bern, Berlin, Frankfurt / M., New-York, Paris, Wien, 1994

Offene Gefüge.

Reichel Edward: Yvan Goll als Romancier - in Frankreich und in Deutschland. Ein weisser Fleck der Germanistik und Romanistik: Seine Paris-Berlin Trilogie p.471-487

Tübingen 1994

Allmende 14 - 1994 n° 42/43. Stoeckli Rainer: Zwölf Gedichte aus "Hahns Stunde ". Iwan Goll p.145/149

Les Ecrivains de la Négritude et de la Créolité sous la direction de Simone Dreyfus et Edmond Jouve 474 p., Jean Bertho : Yvan et Claire Goll, deux grands poètes européens, cosmopolites et chantres de la négritude p.241 à 264

Les Colloques de l'A.D.E.L.F.:65, rue Labrouste - 75015 Paris -

Sepeg international, Agence de Coopération Culturelle et Technique-1994

Christian Janicot : Anthologie du Cinéma invisible

100 Scénarios pour 100 ans de Cinéma : Audiberti, Apollinaire, Céline, Cendrars, Claudel, Cocteau, Dali, Desnos, Döblin, Gide, Yvan Goll : La Chaplinade ou Charlot poète p. 298 à 304 - précédé d'une notice de Jean Bertho, Klein, Maïakowski, Perec, Picabia, Prévert, Romain Rolland, Saint-Exupery ....

Gr. in -4, 672 p.

Arte - Editions Jean-Michel Place, Paris 1995

Yvan Goll : Sodome et Berlin (128 p.)

Circe / Poche, 1995

Mark Polizotti : André Breton [10]

Gallimard, Paris 1995

Ernesto Grassi, Ohne Hass und Fahne - No Hatred and no Flag - Sans haine et sans drapeau. Poèmes de guerre au XXe siècle : p.107 à 112, 164-165 Ivan Goll Rowohlt avec la collaboration de Walter Hess, Hamburg (s.d.)

Jahrbuch zur Literatur der Weimarer Republik 2. Untersuchungen zur deutschen Literaturgeschichte VI, Bd. 74.

Faehnders Walter : Ullmaier Johannes: Yvan Golls Gedicht "Paris brennt". Zur Bedeutung von Collage, Montage und Simultamismus als Gestaltungsverfahren der Avant-garde. Mit einer Edition der Zagreber Erstfassung von 1921. p.272-273

Tübingen, Max Niemayer Verlag, 1995.

Yvan Goll : Die Lyrik (in vier Banden) – Herausgegeben und kommentiert von Barbara Glauert-Hesse [11]

B.1 - Frühe Gedichte 1906 - 1930 (414 p.)

B.2 - Liebesgedichte 1917 - 1950 (660 p.)

B.3 - Jean sans Terre - Johann Ohneland (368 p.)

B.4 - Späte Gedichte 1930 - 1950 (564 p.)

Argon Verlag GmbH Berlin - 1996

Literarische Abenteuer : Michael Khotes : Yvan Goll der vogelfreie Sprachartist, (avec une photo) p. 111-120

Frankfurt 1996

Hausdorf Ursula Barbara : Thema und Variationen : Eine literaturpsychologische

Studie zu Leben und Werk von Claire Goll

(317 p. Maschinenschr. vervielf. - Thèse de Doctorat polycopiée)

Groningen, Phil. Diss. 1996

Ecritures Franco-allemandes de la Grande Guerre, Textes réunis par Jean-Jacques Pollet et Anne-Marie Saint-Gille.

Jean-Marie Valentin : L'Utopie poétique de l'Humanité réconciliée . Ivan Goll : Elégies Internationales et Requiem für die Gefallenen von Europa p.141 à 156

Artois Presses Université 1996

Frankfurter Anthologie Bd.20 in Marcel Reich-Ranicki Anthologie:

Perels Christoph : Eiffelturm und Lindenbaum.: Zu dem Gedicht "Electric" von Yvan Goll p.121 à 124

Frankfurt a. M., Leipzig 1997

Dimension 2

Contempory German-Language Literature Volume 4 Number 2, May 1997

(3 numéros par an, bilingue page de gauche en allemand, page de droite en anglais))

Literary Texts by Max Riccabona, Paula Ludwig, p.208 à 221 dont p.221 portrait d'Ivan Goll par P. Ludwig, Ulrike Längle, Jürgen Benvenuti, Ivan & Claire Goll p.236 à 243 (Gedichte aus Zehntausend Morgenröten,[12] translated by Nan Watkins, Barbara Frischmuth, Gerhard Roth, Robert Schindel, Gert Jonke, Friederike Mayröcker, Evelyn Schlag, C.W. Aigner, Zafer Senocak, Peter Constantine.

Ingo R. Stoehr, Editor, Kilgore, Texas, U.S.A.. 1997

Mathias Müller Lentrodt : Yvan Goll : Poetik für eine brennende Welt

Zonen der Poetik Yvan Golls im Kontext der europaïschen Avantgarde

Collection Contacts - Gallo-germanica . 23 Peter Lang . 1997

Eric Robertson and Robert Vilain : Yvan Goll - Claire Goll : Texts and Contexts

(Internationale Forschungen zur Allgemeinen und Vergleichenden Literaturwissenschaft 23)

Amsterdam/Atlanta, GA 1997 . VI? 249 pages

La Revue des Revues n°25 - 1998 p. 67 à 81:

Antoine Blum : Une revue Genevoise Internationale européenne, article sur Le Carmel 1916/1918 fondé par Charles Baudouin dans lequel figure un compte rendu du Requiem de Goll

Yvan Goll : J'ai grimpé dans les pruniers de Lorraine (choix de Poèmes)[13] . 31 pages

Editions Serpenoise, Metz 1999 .

Lieben sie Bach ? : Geheimnis und Zauber seiner Musik . Herausgegeben und eigeleitet von Friedrich Schoriemmer . Yvan Goll : Fuge von Bach, page 111

Herder, Fribourg - Bâle - Vienne, 1999

Yvan Goll (1891-1950) Poète Européen des Cinq Continents :

Introduction d'Albert Ronsin .

Etudes :

- Albert Ronsin : Yvan Goll, "l'Homme à tiroirs" dans la littérature européenne du XX ème siècle, p. 13 à 45

- Robert Vilain : Horizons urbains : la poésie d'Yvan Goll et la ville p.47 à 56

- Nan Watkins : Soleils Jumeaux ; Yvan et Claire Goll en Amérique p.57 à 63

- Barbara Glauert-Hesse : L'œuvre d'Yvan Goll dans l'espace germanophone : ses éditeurs, ses maisons d'édition . p.64 à 73

Répertoire des oeuvres,

Cette publication de 212 pages, avec de nombreuses photos et reproductions est un bilan sur Yvan Goll à l'occasion de l'exposition "Yvan Goll (1891-1950) Poète Européen des Cinq Continents" à la  Mairie du VI ème arrondissement Paris, 2 juin / 4 juillet 1999.

Saint-Dié des Vosges, Société des Amis de la Fondation Yvan et Claire Goll 1999

Gaston Bachelard : La poétique de la Rêverie

p.158 [14] et p.173 [15]

Quadrige / Presses Universitaires de France 1999

Geneviève Latour, avec la complicité d'Arlette Albert-Birot [16] :

Les Extravagants du Théâtre de la belle époque à la drôle de guerre

Avant-propos de Jean Tibéri, Maire de Paris . 349 pages

Yvan Goll p.133 à 141, 178, 190, 211, 213

Paris bibliothèques Editions, Paris MM (2000)

Le Monde Mardi 21 mars 2000 [17]

Bernard Lorraine : Panorama de la poésie en Lorraine ( 664 pages )

Editions Serpenoise, Metz (2000)

"Ich sehne mich sehr nach Deinen blauen Briefen " Rainer Maria Rilke - Claire Goll

Briefwechsel, Herausgegeben von Barbara Glauert-Hesse im Auftrag der Fondation Yvan et Claire Goll ) 213 S.

Wallstein Verlag, Göttingen 2000

Revue alsacienne de littérature n° 30 : Colloque Claude Vigée.

Michèle Finck : Des Fleurs du Mal à L'Herbe du Songe : Beaudelaire, Goll, Vigée p.16 à 25 à compléter

Barbara Wiedeman : Paul Celan - Die Goll - Affäre -

Dokumente zu einer "Infamie"(925 s.)

Suhrkamp Verlag Frankfuhrt am Main 2000

Claude Couffon Nicole Gdalia : Un demi-siècle de Poésie, les Poètes de Caractères :

Yvan Goll : Tu ouvres ton œil qui transcende le temps, Quatre chambres de mon cœur, Femme-Forêt  p.113 à 117

Ed. Caractères, 2000

Pascal Pia : Feuilletons littéraires ( tome 2 ) 1965-1977 . 937 pages

Yvan Goll et Claire Goll [18] p.588 à 594

Fayard - novembre 2000

Paul Celan - Gisèle Celan-Lestrange : Correspondance, éditée et commentée par Bertrand Badiou avec le concours d'Eric Celan ( Claire Goll  y est accusée d'avoir mené une campagne de calomnie contre Paul Celan ainsi que d'avoir fait des manipulations sur les poèmes posthumes d'Yvan - 785 pages. )

Editions du Seuil 2001

Europe : Revue mensuelle  n° 851/862 - janv. Fév. 2001 : Paul Celan p.3 à 211

(331 p.)

Europe : 82 ème année - n° 899 - mars 2004 (Revue mensuelle) Yvan Goll.

Etudes et Textes de : Jean Bertho : Redécouvrir Yvan Goll p.3 à 15, Yvan Goll : Anthologie poétique p.16 à 78, Lionel Richard, Eric Robertson, Joseph Delteil, Barbara Glauert-Hesse, Ljubomir Micic, Marc Martin, Albert Ronsin, Catherine Wermester, Alain Virmaux, Henri Béhar, Barbara Glauert-Hesse et Jean Bertho : Yvan Goll et Paula Ludwig p.235 à 245, Philippe Brun, Joëlle Gardes Tamine, Pierre Rivas, Daniel Grandidier (336 pages)

Surréalisme 1 – Octobre 1924 : Ivan Goll, Guillaume Apollinaire, Marcel Arland, Pierre Albert-Birot, René Crevel, Joseph Delteil, Robert Delaunay, Paul Dermée, Jean Painlevé, Pierre Reverdy.

Suivi de Autour de la revue Surréalisme par Jean BERTHO (59 pages)

Editions Jean-Michel Place, 2004

                                                           Fin provisoire


[1]M.S.T. un livre de référence avec les commentaires de Barbara Glauert,  excellente spécialiste de Goll

[2] "… Le Musée Schiller,  à Marbach,  est chargé de recueillir et de et de conserver les archives littéraires allemandes. Il possède les papiers et les livres de plus de trois cents écrivains qui se sont fait un nom dans la littérature. Il souhaita faire entrer dans ses collections les manuscrits et les oeuvres d'Yvan et Claire Goll. La question du dépôt de ce trésor littéraire se posait en effet car Claire Goll n'avait qu'une fille résidant à l'étranger et fort éloignée du monde littéraire. Déjà des contacts étaient pris avec des bibliothèques françaises.

… Dés le début de 1972 s'instaurait entre Claire Goll et la bibliothèque de Saint-Dié une véritable collaboration confiante … mais avec des jours de ciel bleu et des jours d'orage .

…Ce testament aura de 1972 à 1977 cinq versions qui reflètent,  pour qui connaît sa vie,  ses relations avec sa famille ou ses amis,  mais jamais elle n'a varié en ce qui concerne ses intentions vis à vis de Saint-Dié. "

[3] Le Tournant,  Histoire d'une Vie paraîtra en France en 1984

[4] Claire Goll p. 211,  212

Ivan Goll  (p.70 - 72):  "En ce temps-là,  tous les intellectuels du monde vivaient de Paris. Je me trouvais préposé aux relations extérieures d'une revue créée à Rome par Massimo Bontempelli,  et qui allait paraître en langue française sous le titre de "900 ",  - vingtième siècle dit à l'italienne. Résolument cosmopolite,  cette publication entendait cultiver la poétique en vogue …Ma tâche devait consister essentiellement à assurer la liaison avec un comité de direction où l'on souhaitait voir figurer Pierre Mac Orlan,  Georg Kayser,  Ramon Gomez de la Serna,  Ilya Ehrenbourg qui les rejoindra,  et surtout,  pour les lettres anglaises et américaines,  l'Irlandais James Joyce.

L'idée me venait d'Ivan Goll,  qui participait,  en ce temps-là,  à la fabuleuse adaptation collégiale de quelques pages de ce qui s'appelait encore Work in progress: lui-même en contact suivi avec Joyce,  au nom des Editions du Rhin,  qui envisageaient publier une traduction d'Ulysses. Point de meilleur parrain,  toujours tenace,  toujours souriant. Mais l'entrée en rapport avec Joyce ne fut pas chose aisée .

Un cordon littéraire,  si je puis dire,  était tendu autour de lui. Goll,  cornac opiniâtre,  me fit tenir maints longs conciliabules dans les librairies jumelles de Sylvia Beach et d'Adrienne Monnier,  rue de l'Odéon …

Un après-midi,  Ivan Goll réussit enfin à m'emmener chez le mystérieux Irlandais,  square Robiac ".

(p.211-212):  "Fin 1926. Une après-midi chez Ivan Goll,  au sourire rhénan,  tout bonhomie et amitié à travers les lunettes. Etendue sur un divan,  très poétesse style Rhomanisches Kafé,  Claire au visage triangulaire et blond de chatte,  la parole humoresque embuée de Gemütlichkeit ; la lui disputant,  cette parole,  Clara (nous apprendrons aussitôt son nom),  le doigt levé,  la phrase pétulante et volontiers précieuse,  petite,  à la fois floue et ramassée,  le nez épais et de beaux yeux songeurs,  je ne sais quoi d'enchifrené dans ses attitudes …

L'attraction est ailleurs :  ce jeune homme à qui m'amène Ivan Goll et avec qui la conversation s'engage vite à la façon d'un jeu serré …deux ou trois jours plus tard,  à la Brasserie Lutétia:  il me fait passer une espèce d'examen,  puis c'est dit,  il me promet un texte pour la revue dont je m'occupe "Ecrit pour un Ours en peluche ", qui paraîtra dans "900" à Rome ; trois ou quatre ans plus tard,  il me donnera,  pour BIFUR,  un chapitre inédit des Conquérants . La voie est ouverte à l'amitié.

Nous nous rencontrerons souvent.…Clara se raconte avec complaisance:  ses bonnes fortunes,  l'opium,  son goût pour les baignoires,  des velléités de partie carrée. J'apprends cela avec quelque impatience. Moi,  c'est le garçon qui m'intrigue:  ce quelque chose,  en lui,  d'affamé,  de pressé,  de hanté,  rien qui s'accorde avec la littérature ingénieuse et chantournée qu'il fait. Sa préciosité plaisante,  ses manières de gourmet parisien (nous dînons chez Montagné ou Place des Victoires,  il y entre avec respect),  son intellectualisme un peu mièvre,  puis,  subitement,  une fulgurance de l'idée et de la parole,  vite bridée (car Clara enchaîne sur-le-champ,  avide de parler:  et lui,  aussitôt,  de se taire,  un peu petit garçon,  le regard complice,  presque admiratif ; cependant qu'elle a ce geste des péroreuses de salon par lequel celles-ci retiennent à l'avance toute interruption). "

p.229:  "…Moi,  j'ignorais tout de son œuvre (Ehrenbourg),  et son nom,  son adresse,  m'étaient venus d'Ivan Goll,  en ce temps-là mon mentor dans la cosmopolis parisienne.…

— Il faut que j'y réfléchisse encore,  dit Ehrenbourg,  en se levant et en changeant de pipe (ses poches en contenaient toujours trois ou quatre). Venez me voir,  avant que je déménage,  ajouta-t-il,  et,  en remettant sa casquette de travers,  il prit la porte,  de son petit pas pressé.…

Je courus téléphoner à Ivan Goll:  mon récit le divertit,  et il m'expliqua qu'Ehrenbourg,  poète mystico-décadent à ses débuts,  style Saint-Pétersbourg 1910,  s'était mué,  la Révolution venue,  en gazetier satirique,  en feuilletoniste abondant,  qu'il était marqué par le Berlin de Georg Grosz,  où il avait trouvé succès et profits,  qu'il s'était parfaitement acclimaté à Montparnasse,  où il oubliait Moscou:  le seul des Soviétiques qui fût européen,  avec la bénédiction de Maxime Gorki. "

p. 298:  "Pour (Gottfried) Benn,  médecin comme(William Carlos) Williams,  et le plus grand poète allemand de son temps,  il est également possible que sa collaboration à Bifur l'ait quelque peu compromis — en l'obligeant en particulier à adhérer du bout des lèvres et le plus tard possible,  au parti national-socialiste. J'ai raconté ailleurs mes rencontres avec lui,  à Paris et à Berlin. Il m'écrivit aussi,  et,  avec l'aide d'Ivan Goll,  toujours présent,  toujours amical,  j'eus les textes que nous voulions ".

[5] Fils de l’écrivain Thomas Mann,  Klaus se suicida à Cannes le 21 mai 1949,  à l'âge de 43 ans,  un mois après avoir achevé son autobiographie "Le Tournant". Yvan et Claire Goll p.306 et p.593

« Chez Marc Chagall, on ne pouvait rien mettre en doute, rien n'était superficiel ou excentrique : tout était vrai, tout était juste . Quand il faisait jaillir des floraisons de la charpente d'acier de la Tour Eiffel, il ne s'agissait pas d'un aimable caprice mais d'une intéressante découverte : mais oui il y avait là des roses, et comme c'était étrange qu'on ne les eût jamais remarquées jusqu'alors ! Parmi les fleurs, flottaient, et c'était absolument logique, les têtes de Claire et Yvan Goll, détachées de leur corps : ce couple lyrique semblait beaucoup plus vraisemblable, beaucoup plus vrai même, à la cime de la Tour Eiffel, couronnée de guirlandes, que dans aucun de ces studios entre Auteuil et l'Ile Saint-Louis où il tenait alors ses réunions littéraires.

            Ce furent les Goll,  ces poétiques personnages cosmopolites,  parlant aussi bien le français que l'allemand,  qui dirigèrent mes premières incursions dans les milieux littéraires parisiens. Grâce à ces médiateurs gais et sociables, un contact chaleureux s'établit entre moi et toutes sortes de personnages pittoresques… »

[6] Il aura fallu attendre 55 ans pour voir paraître la première traduction allemande de ce roman de 1929

[7] Stefan Zweig:  Tagebücher,  S. Fischer Verlag GmbH,  Francfort-sur-Main,  1984

[8] Première version de 1912 et version de 1918

[9] Ce livre est d’une importance capitale:  il rapporte,  à travers la correspondance Celan-Sperber et Celan-Solomon la version de Celan sur l’accusation de "plagiat" qui fut formulée après la parution de Mohn und Gedächtnis (1952) dont certains poèmes peuvent paraître proches de poèmes de Traumkraut (1951). Voir à ce sujet "La poursuite du Vent"de Claire Goll p.274 et 275

[10] Yvan Goll p.239 à 242,  245,  249,  250,  305,  580

[11] C'est l'édition qu'attendaient tous les lecteurs de Goll. Tous les textes sont publiés dans la langue d'origine et quand il en existe une autre version (allemande,  anglaise ou française) elle est publiée en parallèle.

[12] Dix Mille Aubes

[13] Jean Bertho a choisi 30 poèmes à l'intention d'écoliers lorrains : 3 en Allemand et 27 en Français Chanson lorraine,  Nocturne,  La Fête au village,  Départ,  Bar des Misères,  Fin du monde quotidienne,  Téléphone sans fil,  Assez,  Joaillerie,  Debout,  Reviens,  Prière à un chien (inédit),  L'escargot (inédit), Ode Lorraine,  Moi qui ne vibrais plus,  Un petit soupir,  Les Honnêtes Gens,  Petite Soirée du Jeudi,  Chagrins intimes,  Strophes sur la Grande Misère de la France (inédit), Jeanne,  Jeanne te voici,  Elégie Lorraine,  La Moselle (inédit), La Ballade du Pont des Morts,  Vénus alsacienne (inédit), Selestat (inédit), La Cathédrale de Strasbourg . Avec 5 portraits de Goll ( Marc Chagall,  Zadkine,  Foujita,  CL. Riess,  Autoportrait ) un dessin de Fernand Léger et un dessin de Galanis

Publié avec le concours de La Région Lorraine

[14] Alors un œil de poète est le centre d'un monde, le soleil d'un monde.

Ce qui est rond est bien près d'être un œil quand le poète accepte les légères démences de la poésie :

O cercle magique : œil de tout être !

    Œil de volcan injecté des sangs malsains

    Œil de ce lotus noir

    Surgi des calmes du songe.

Et Yvan Goll donnant au soleil-regard sa puissance impérieuse, peut écrire encore :

           L'univers tourne autour de toi

             Œil à facettes qui chasse les yeux des étoiles

            Et les implique dans ton système giratoire

            Emportant des nébuleuses d'yeux dans ta démence.

( Yvan Goll : Les cercles magiques, Paris, édit. Falaise p.45 )

[15] Pour un rêveur de lac, l'eau est le premier regard du monde. Yvan Goll écrit dans un poème qui a pour titre : Œil :

                 Je te regarde me regarder : mon œil

                Monte je ne sais d'où

                 A la surface de mon visage

                Avec l'impertinent regard des lacs .

( Yvan Goll : Les cercles magiques, Paris, édit. Falaise p.41 )

[16]  Ouvrage très documenté, avec de nombreuses illustrations

[17] Page 34 : Ces extravagants qui voulaient changer le théâtre

" Ivan Goll, je connaissais parce que j'avais lu les poèmes de sa femme, dans ma jeunesse, quand j'étais tuberculeuse...

.Avez retrouvé des pièces injustement oubliées ?

Oui. Mathusalem, d ' Ivan Goll, est une pièce sublime. Elle commence exactement comme La Cantatrice Chauve de Ionesco. Mathusalem est un marchand de chaussures. On le voit chez lui, avec sa femme. Il lit son journal, elle s'occupe.

Et ils disent des phrases qui ne veulent rien dire. Je ne comprends pas que Jérôme Savary ne remonte pas ça. Ça attaque tout... "

Et maintenant, un dialogue entre une caissière, Véronique, et un journaliste, camembert.

Camembert : je crois que l'hiver va bientôt venir.

Véronique : les fourrures de chinchilla sont à la mode.

Camembert : Et la Rio Tinto, Ma Chère ?

Véronique : Aimez vous les framboises ?

Camembert : Je préfère Rembrandt.

Cela se trouve dans Assurance contre le suicide, d'Yvan Goll (1891-1950) qui prônait l '" alogisme dramatique" pour casser la convention du langage. Il compte parmi les écrivains injustement oubliés, selon Geneviève Latour, qui tient en haut estime sa pièce Mathusalem.

Yvan Goll nous introduit chez les Autant-Lara qui furent les premiers à le jouer. Les parents du cinéaste Claude Autant-Lara ont mené une des expériences des plus austères dans son extravagance .

[18] reprise de son article paru dans " Carrefour " le mercredi 8 mars 1972 .

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Audiberti sur Yvan Goll

Audiberti : Ivan Goll, La Chanson de Jean Sans Terre

« Un Juif marche. Son pas formule une chanson. Sur des rimes croisées, elle chemine strophe par strophe, et chaque strophe offre une bouffée, petite et carrée de respiration. Mais quel est ce Juif qui marche ? C’est le Juif, le Juif occidental de nos légendes, le Satan familier des routes et des villages, notre horrible, notre tendre ennemi à nous chrétiens. (Pour ma part, s’il m’est permis de dire mon mot dans cette page, je ne pense qu’à lui, et jusqu’à m’y confondre également.) Mais ce pèlerin perpétuel, cet Isaac Laquedem ou, mieux, cet Ahasvérus, qui sort de la houille grise des âges et qui, sous son chapeau de poils, porte les cornes de la pire misère et de la pire grandeur, et qui est, tout simplement, l’Homme, Ivan Goll, dans son livre, le nomme Jean Sans Terre. Nous comprenons tout de suite que notre poète voulut, par là, incarner le mythe du marcheur perpétuel dans un personnage plus historique, plus proche, tout mêlé à la chrétienté, noué au souvenir et à l’évocation d’une sorte de bohème médiévale, de mendicité dominatrice (En outre, Jean Sans Terre a l’ironique mérite de signifier Jean Qui Possède La Terre. Nous appelons ça l’antiphrase.)

Ivan Goll participe de deux cultures, la française, l’allemande, mais son esprit géminé et sa sensibilité monacale  (humble et égoïste) baignent volontiers à la plus athénienne, à la plus désintéressée lumière.

Sujet de Charlemagne, frère de l’Angelico et touriste à ses heures, il s’autorise de ses origines judaïques pour reconnaître dans sa propre destinée celle du piéton colossal alors que celui-ci passe et repasse à travers nos siècles et nos pays.

Les poèmes de La Chanson de Jean Sans Terre où se tressent ensemble la volatilité et la nostalgie de celui qui ne tient à rien, se composent de vers qui, comme ceux du Clair de la Lune ou du Bon Tabac dans ma Tabatière, mesurent cinq pieds, mais à une hauteur qui serait tout de même celle de la neige ou de la mer. Voyez comme notre auteur en pleine rigueur écrite les vieux airs de l’enfance:

                                               Jean Sans Terre penche

                                               Son profil amer

                                               Sur l’eau qui s’épanche

                                               Vers la grande mer …

                                               Ta mesure intime

                                               Toujours se défait

                                               En aveugle urine

                                               Et mousse de lait …

            Certes, c’est un des plus émouvants apanages de la poésie qu’elle puisse, ainsi, suggérer la musique, et la détenir dans la trame même d’un texte qui, cependant, dit ce qu’il veut dire. Non seulement la " couleur " des paroles, mais, encore, celle des pensées et des images, émettent, en se juxtaposant étroitement, des vibrations qui, associées à celles, plus matérielles, plus physiques, de l’articulation et de la quantité vocales, provoquent une harmonie contrapunctique à base d’interférences subtiles. Et la ritournelle court dans la littérature.

Cela me touche de constater que, dans ce livre, Ivan Goll renonça aux trop aériennes et, pourtant, trop personnalisées, trop incommunicables dispositions du vers libre, du vers libre où je persiste à voir l’instrument très vaste, très sincère, le plus vaste et le plus sincère, de la poésie, mais, aussi, un élément provisionnel, à peine ouvré, mal marqué des sceaux nobles et pénibles de l’humain.

Après Métro de la Mort où Ivan Goll exprimait la pulvérulence et la liquidité d’un nomadisme encore un peu esthète, et qui prolongeait directement ses oeuvres de cette après-guerre immonde et singulière dont j’imagine volontiers que Goll fut un des représentants les plus significatifs — le corrompu praticien d’une liberté aussi illimitée que faisandée — notre poète, maintenant, adopte le rythme pair, honnête, artisanal, ressemelé, régulier, et immense, et, sans conteste, magique. Et le voilà tout heureux et tout surpris de faire rimer "ail" avec "Adonaï, "miel" avec  "Ezéchiel", d’accoupler aux noms farouches et sublimes les détails savoureux d’une juiverie culinaire et maisonnière ? Allons ! La place des Vosges n’est pas si loin du ghetto !

                                   Il aime la carpe

                                   au vinaigre, au miel.

                                   Il aime la harpe

                                   du rude Ezéchiel.

Quelquefois, pourtant, le libertaire de la prosodie reparaît, celui qui prétendait, qui préférait n’interposer que le moindre écran sensible et verbal entre son intention et le lecteur. Alors Ivan Goll écrit, au fil d’un poème, …“ fils de diamantaire ” ou “ révolutionnaire ”… ou quoi que ce soit d’aussi peu fait pour figurer dans une économie compacte de syllabes soigneusement dénombrées. Mais ces prosaïsmes authentiques apportent, dans cette chanson, les présences politiques ou sociales indispensables à la plénitude d’une épopée israélite.

Heimatlos, poète, Ahasverus — Jean Sans Terre, — Ivan Goll, de port en port et le long de la Seine qu’il aime, et devant le miroir et devant le printemps, et devant la mort, dévide son chemin.

A la fois cupide et indifférent, il termine en ce moment sa course par une prophétie favorable qu’il prononce en regardant l’Orient.

                                   Ici s’échafaude

                                   le pont suspendu

                                   des assemblées chaudes

                                   de l’individu.

                                  

Je salue ce livre. Tout pesant, tout grenu de nos réalités corporelles, il ruisselle d’une mystique et d’une confiance humaines d’où Dieu, un jour où l’autre sortira, car Dieu et l'Homme c’est exactement la même chose».

Audiberti. Europe, n°168 - 15 Décembre 1936,

- Le Deuxième livre de Jean Sans Terre ainsi que le Troisième livre de Jean Sans Terre, envoyés à Audiberti avec de beaux envois d’Yvan Goll ont été mis en vente par la Librairie "Les Mains Libres ", Catalogue No 6 p.56, Paris - juin 1972.

Audiberti et Goll étaient liés à travers Claire ; de 1935 jusqu’à sa mort en 1965, Audiberti essaya, en vain, dit Claire de faire d’elle sa maîtresse ; un important courrier passionnel est conservé à La Fondation Goll de S.D.d.V.

Claire Goll rend compte de ces amours inassouvies dans “La poursuite du Vent” p.204 à 208:

“ Audiberti détestait Goll, et on peut lire sa haine dans les caricatures qu’il en fit.

— Quand laisseras-tu tomber ce Juif ? me demandait-il souvent.

— Et moi, que suis-je d’autre ? répliquais-je.

— Toi, tu es Dannie.

Follement amoureux, il me faisait des déclarations que je subissais comme un cyclone. Je n’ai pourtant jamais couché, avec Audiberti … J’aimais son génie mais pas son corps. Je ne pouvais répondre à ses poèmes d’amour que par mon amitié. ”

Audiberti lui dédicaça en particulier “ La Mort de Cléopâtre”.

On trouve également dans M.S.T. de nombreux témoignages de cette passion p.163 (traduction inédite de Claire Goll S.D.d.V.)

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Bosko Toskin sur Yvan Goll

Bosko Tokin : Evropski Pesnik Ivan Goll (Ivan Goll - Poète européen)

Cette biographie en langue serbe d'Ivan Goll p.5 à 9 est en tout point remarquable,  l'analyse est basée sur une parfaite connaissance des oeuvres. Bosko Tokin,  poète et essayiste serbe,  auteur d'un "Manifeste de l'Expressionnisme ",  publié à Belgrade,  est lié en amitié avec Goll qu'il a connu en Allemagne,  et qu'il a retrouvé à Paris en 1919 : 

"Si Goll n’était pas parvenu jusqu'à la poésie cinématographique,  il serait resté inaccompli. Son expressionnisme était une chose d’affaires. Maintenant il est accompli. Nous cherchons le style qui doit exprimer l’unité de l’esprit,  qui doit être d’origine cosmique et exprimer l’âme cosmique. Ce style cosmico-expressionniste doit être simple et complexe comme le style de Chaplin lui-même.

(Avec Goll,  s’est produit ce qui s’est passé avec beaucoup d’autres. Il n’aimait pas le cinématographe et s’étonnait de mon enthousiasme. Quand pour la première fois en 1919 il est arrivé à Paris,  je l’ai amené voir Chaplin,  Fairbanx et d’autres encore. Et il s’est mis à aimer le cinématographe jusqu'à chanter aujourd’hui la "Chaplinade ").

            Charlot a en lui quelque chose d'un Nouvel Orphée,  qui doit faire taire les chacals de la civilisation et du Christ. Et réaliser certains moments utopiques. Charlot possède ce que Félix désirait. Il est simple,  naïf,  bon,  proche de chaque homme.

            Voici la pièce:  l'image de Charlot est sur toutes les affiches qui peuplent la ville. Tous les passants sont heureux quand ils le voient. "Il est le miroir de tous". Un jour il descend de son affiche et il est suivi par tous les Charlots détachés de toutes les autres affiches. Tous les Charlots de la terre marchent et à la fin ils sont plus nombreux que le public. Il est multiplié. Enfin il réussit à s'échapper et de nouveau reste seul.

"Chaque vainqueur est seul".

Il est le poète comme Félix et tous les autres personnages des ouvrages de Goll qui parlent toujours de la situation du poète d'aujourd'hui. Charlot va chercher le Mont Parnasse. Voyage dans les Alpes. "Son oeil triomphal fait tout divin". "Saint Charlot d'Assise" médite sur le destin:

"Ce qu'il y a de pis dans mon malheur c'est quand personne n'est responsable.

Alors l'homme invente sa destinée".

Il va dans le désert, écoute avec un appareil les entrailles de la terre et toutes les voix du monde. Sur la scène elles seront reproduites par un gramophone. Charlot écoute: 

"Bülow 8736 (Avez-vous le petit Koon? ) Merci (Un jour viendra Arip) (huit,  huit non sept! ) S’il vous plaît ces places pour le cirque 37-21,  37. (J’ai dit:  On ne peut pas dire cela. Courfou est une île sans...Donne-moi les culottes roses. 1815.Napoléon est...) Sur le film on voit un paysage hollandais au bord de la mer. Les chevaux lourds traînent le fardeau. Usines. Le gramophone continue :  Le style de Flaubert est un bluff (2500% pour les actions téléphoniques) Bummelzug (Mon nom est Christ) La,  la, la petite femme EVA-AG!  Non,  non,  demain est mieux (Bétail) oui,  oui,  (Mon érotique n’est pas...) Charlottenburg... "

Charlot se demande "est-ce tout ce que pense la terre "?  Le film change. On voit Marseille. Tous sont affairés. Nouveau monde et nouvel ordre. Celui-ci socialiste. Quelque part il est écrit:  GARDEZ LES CERVEAUX. INSCRIVEZ-VOUS DANS DENKE VEREIN!  Charlot est reconnu. Un leader s’agenouille devant lui:  "Ave Charlot"!  La foule le porte en triomphe. Il s’enfuit encore. Toujours seul,  "Charlot reste Charlot à sourire,  grimacer et ricaner ":

"J’ai trop de vies en Europe et en Amérique

Paris,  New-York,  et tous les villages rient

et pourtant je suis triste comme un prophète ".

Le voici de nouveau devant une colonne. Le colleur d’affiches l’aperçoit et impitoyablement le colle au mur. Les passants passent. Il sourit de nouveau.

Je l’ai dit. Charlot est en même temps le Don Quichotte moderne,  et un Aristophane de notre époque,  et Orphée et martyre. En effet,  le comédien génial des faiblesses humaines est aimé par tous les gens. L'utopie et le comique sont unis ici dans la vérité éternelle que les hommes qui appartiennent le plus au monde sont toujours seuls. Il y a toujours chez eux quelque chose qui est étranger au monde,  qui est au-dessus du monde. Quelque chose qui dépasse la raison.,  une sorte de "communisme de l’âme " en eux comme en Charlot. Leur grandeur est en cela qu'ils sont grands et petits par rapport à la raison. Ils appartiennent à eux-mêmes et au monde. La tragique comédie.

            La Chaplinade inaugure une nouvelle époque de l'art :  celle de la poésie cinématographique. La base cinématographique est le MOUVEMENT. Il est à la base de chaque art. Ils sont très peu nombreux ceux qui ont réussi à penser cinématographiquement-poétiquement. Ils sont peu ceux qui ont vu les nouvelles possibilités du nouvel art. Goll est l'un des premiers. Il y a du clair-voyant en lui.

Bosko TOKIN (Du livre en préparation : Réalisators )

Zenit,  Année I,  n°1,  p.5-9. Zagreb,  Février 1921)                                                          

(Traduction du serbe par Branko Alecsic)

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Alain Bosquet In memoriam Yvan Goll

Alain Bosquet  :

In memoriam Yvan Goll

Poète aux interstices

Plus seul qu'un verbe vêtu de corbeaux,

plus seul qu'un mot blessé,

plus seul qu'un vent perdu dans les érables,

je viens, je ne viens pas,

je passe et ne veux point passer.

Tout un langage doit mourir.

Et tant de voyageurs se sont repus

d'une presqu'île aveugle !

Une écorce proteste :

" Il rompt ce pain d'oiseaux,

il corrompt cette bible d'écume."

Quelqu'un - vous, tiges qui cachez les aubes,

vous cendres chevelues comme les jeux de la terreur -

osera-t-il raccommoder ce peu d'espace ?

Les sables me haïssent :

je leur apprends qu'ils deviendront la chair.

Et l'eau a peur de vivre :

je lui ai dit de se changer en sang

pour nourrir l'horizon,

pour conduire le fleuve

où le fleuve n'a pas le droit d'aller.

Je suis si seul,

je paie cher le voisinage du poème.

Je triche, en dépouillant mes compagnons :

la lumière bossue,

la cascade qui souffre d'insomnie.

Un peu d'azur myope ! Une poignée de bêtes rondes !

"L'homme est trop grand, l'homme corrige le tangage" :

ainsi je parle, ainsi je donne de fausses nouvelles

à la comète, au silice, au caillou.

Plus seul que le mensonge,

ô ma rosée que je nomme couleuvre !

Plus seul, dissous.

Mes meilleurs mots se couchent sous l'ortie,

mes plus vertes syllabes rêvent,

et c'est d'un très jeune silence,

et c'est de quelque attente douce,

et c'est d'une tristesse chaude et sans musique.

J'ai fait l'apprentissage

- si gras, si décharné, contradictoire et dur -

de mes limites.

Quelqu'un disait : "Buvez les poisons des étoiles" ;

quelqu'un d'autre : "Il est temps de changer de défi."

Plus tard, mon univers,

m'ayant quatre fois salué comme un ami,

s'est suicidé ;

puis mon ciel est rentré dans mon crâne :

sa conquête y a lieu tous les jours

à  l'heure des algèbres

et des mers mortes.

Je recommence

mon seul périple :

celui d'une tiédeur,

en étranglant parfois la moindre image,

et parfois en jouant à pile ou face

Je ne sais quel faubourg de ma faible mémoire.

Je ne suis plus que ton intrus penseur,

ma chair !

Je ne suis plus que ton faux paysage,

ô ma conscience

qui n'a ni souffle ni poumon !

Et j'interdis à mes poèmes

de traduire les arbres :

est-ce pour que les arbres restent purs,

ou pour que les poèmes

ne se contentent pas de branches, de bourgeons ?

"Ton spectacle est cruel, il donne froid",

me disent quelques frères,

"tes fables ne respirent qu'en novembre,

et ton silence , bref comme un lézard,

congédie la colline

qui lui présente ses mouettes."

Or doute à doute, or dédain à dédain, or mal de coeur à mal de coeur

je bâtis mon palais sans façade ni mur.

Je suis chez moi parmi l'opprobre.

Ah ! l'hospitalité de n'être rien !

Ah ! le bonheur de s'offrir à l'oubli

comme on s'offre à des fleurs pour être leur pollens !

Et mon désert, fait de rires tués,

devient fertile

car s'il invente,

il refuse aussitôt d'inventer.

L'espace mon ortie,

l'espace mon insecte,

je t'apprivoise

- un oeil suffit,

ou la main sans les doigts,

ou l'âme privée de son âme -

d'ici sans me lever,

d'ici sans te décrire,

sans même aller à l'autre porte

d'ici.

Alain Bosquet

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Delteil sur Goll ; Dans Paris qui ,brûle

Dans Paris qui brûle

"Les trois personnages de luxe, Orphée, la Sirène et Ivan Goll, jonglent dans le coeur de Paris avec des plumes et des caractères d’imprimerie, une poule avec deux mâles, je veux dire 5 grammes de mélancolie avec 10 grammes de sens moderne, forment à mon gré le mélange le plus explosif du monde. Il y a un prunier:

            Un prunier

            Fait le sentimental,

            Avec ses larmes violettes,

et il y a des millions d’autobus. Ce serait dans le royaume d’Armide une tour Eiffel avec des stalactites et des stalagmites à foison. Ivan Goll est dans l’ascenseur, et il encense la terre avec le crâne de Charlie Chaplin. Cela fait une Chaplinade qui vaut bien la Franciade, la Henriade, etc.…Que si un roitelet avait des ailes de condor, il laisserait ainsi choir des plumes infiniment pâles au dessus de la Cordillère des Andes. Mais Charlot réside à Los Angelos, dans un bouquin aux seins blancs, avec le souvenir d’Ulysse, de Charybde et de Scylla.

            Le premier oiseau

            Tombé dans mon coeur

            A chanté les airs d’Aïda

            Sur un violon de violette.

Ce n’est ni un aigle ni un merle, ni un canari, mais peut-être un aéroplane, ou sans doute quelque enfant du Ciel. L’oiseau de violette becquette tout le long du jour le violon de mon cœur .Passe-t-il un soldat d’argent, il le blesse du crâne à l’orteil .Je suis imberbe et prêt à rendre les armes, oui prêt à rendre l’âme. Quelqu’un parle d’un ton militaire sur du papier de Lafuma.

            Une balle d’or

            Est tombée dans mon coeur.

O cruel mélange! Eau et Feu! Ce qui me désaltère me dissout, et ce qui m’agrège m’affame. Je vois en pleine piste venir Henry Dalby ceint de Marguerites et de planètes. Cosmos joue avec un instrument de rosée, et les oreillettes d’Aldebaran communiquent avec les ventricules d’un ver de terre et au centre, la veine porte.

            O ivresse du vaste monde plus illustre que les vins de Bourgogne et d’Alcantara! O chaleur! O lumière! et vous, électricité, qui unissez le minéral à l’homme, et le baobab aux chiens de la lune!  Mathusalem me délivre une Assurance contre le Suicide, et l'Edition du Matin annonce que Paris brûle.

Des gestes se lèvent à l’orient du côté de la Belle de Nuit et se couchent au sommet des Alpes. Ivan Goll se balade tout nu sur la Promenade des Anglais. Et moi, je songe à vous, Ivan Goll, Homme du Matin qui venez avec des poings et des mandolines, Homme ivre et chaste qui savez rouler vos muscles sous la peau et cueillir des filles de joie! Votre livre est une omelette qui m’assassine et me fait pareil à quelque forgeron couché sur son enclume morte. Mais si …

            La rose avait cent mille bouches combien d’hippopotames rangés en bataille marchent à travers la plaine sèche et couverte d’ossements et de boutons d’or? L’Astral m’appelle et l’Assassin frisé

me sourit sans relâche, jusqu’à ce qu’enfin

                                               Monsieur Saturne

remonte dans son auto bleu pâle, jusqu’à ce qu’enfin Ivan Goll me tende sur un plateau de fer trois violettes et la Tour Eiffel ".

                        JOSEPH DELTEIL

La revue Européenne I ère Année n°5 - 1er Juillet 1923 p.71 à 73.

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Franz Hellens sur les Goll en 1925

Franz Hellens en 1925

Le disque vert n°3 - 3 ème année - 4 ème série, 1925. Directeurs : Franz Hellens et Henri Michaux ; 68 pages. Sommaire : Jean Prévost, Paul Desmeth, Jules Supervielle, Robert de Geynst, Antonin Artaud, Franz Hellens, Henry Michaux, Robert Marin, Maurice des Ombiaux, Henry Dommartin. Notes sur les livres : Franz Hellens : Claire et Ivan Goll : Poèmes d'amour - Dessins de Chagall (Budry) p. 58 et 59. Paris, Bruxelles.

"Ces poèmes d'un homme et d'une femme, entrelacés comme deux noms, joints comme deux corps, sont parmi les plus angoissants, les plus purs et les plus étranges à la fois qu'on ait publiés depuis assez longtemps. A vrai dire, le fond en est plus mystique que réel ; la forme se distingue par un lyrisme double, fait d'images exagérées, cosmiques, ou très proches, et d'élans spirituels fort émouvants. C'est là un livre d'une grande originalité et souvent d'une fraîcheur délicieuse....'suivent des extraits) L'expressionnisme des deux poètes, si l'on peut leur donner cette étiquette dont ils n'ont jamais voulu, je crois, et avec raison, s'est précisé, dépouillé et affiné ; la fermeté du mouvement poétique et la justesse de l'image, malgré son grossissement volontaire, confèrent à ces liturgies une allure classique. Je ne résiste pas à l'envie citer ce poème d'un lyrisme bouillant et contenu ”:

                       Depuis que je ne t'aime plus je t'aime

                       J'arrache les chênes et les myosotis

                       Je m'arrache les cheveux de la terre

                       Et j'écorche le ciel avec mes ongles.

                       N'avoir plus d'yeux pour pleurer,

                       N'avoir plus Dieu pour se plaindre,

                       Ecoutez le silence crier à l'autre bout de la nuit.

                       Je prends le sabre turc d'une comète

                       Et m'en perce le cœur.

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Géo Charles sur la Poésie des Goll en31

Géo Charles : Interview de Claire et Ivan Goll sur la Poésie :

Geo Charles . La représentation de votre "Mathusalem" à Bruxelles, mon cher Ivan Goll, nous a fourni l'occasion d'apprécier, une fois de plus, une oeuvre du "Théâtre poétique moderne ".

Cette formule exprime bien la tendance et le mouvement de ce théâtre dit - toujours - "d'avant-garde" bien qu'il ait pris naissance longtemps avant la guerre . Je range sous ce signe : « Ubu Roi » de Jarry, « Les Mamelles de Tirésias » d'Apollinaire , certaines pièces de Ribemont-Dessaignes , et justement ce « Mathusalem » .... Pourriez-vous préciser votre conception personnelle quant à "l'esprit poétique" de cette œuvre ?

Ivan Goll : J'estime que toutes les pièces que vous venez d'énumérer sont avant tout, en effet, des oeuvres de poètes que j'opposerai aux auteurs dramatiques . Comment les distinguer par une formule ? Ceux-ci excellent à copier la vie au théâtre , tandis que les poètes ont avant tout le désir de recréer la vie. Ils ne veulent pas du tout en donner, par exemple, une image exacte, mais plutôt révéler la signification profonde des faits et des paroles qui unissent les personnages dans une action.

Geo Charles:  Et créer des prototypes ?

Ivan Goll : Oui . Et « Mathusalem » par exemple, c'est l'éternel Bourgeois . Il ne parle pas la langue courante du théâtre habituel et conventionnel. Il dit des phrases, les phrases-type que chaque bourgeois, dans n'importe quel pays, répète suivant sa prononciation. L'action de la pièce n'est pas individuelle et unique : le cas est applicable et nettement imputable à tous les bourgeois du monde entier.

Geo Charles:  Et rien de plus banal que les propos d'un tel héros !

Ivan Goll : «  L'expression » en est apparemment banale, mais avant tout elle est vraie. Et cette transposition du « vrai » me rappelle une autre formule, celle de « surréaliste » dans le sens où Apollinaire l'entendait . Vous savez, n'est-ce pas qu'il inventa le vocable « surréaliste » pour désigner précisément  « Les Mamelles de Tirésias » que vous citiez à l'instant parmi les pièces du théâtre poétique.

Geo Charles: En effet, c'est d'ailleurs dans la revue "Surréalisme" que vous avez dirigée que Pierre Albert-Birot a fixé ce point d'histoire de la façon suivante :  « ....Quant au mot « surréalisme » , nous l'avons, Apollinaire et moi, choisi et fixé ensemble. C'était au printemps 1917, nous rédigions le programme des « Mamelles » et, sous le titre, nous avions d'abord écrit « drame » et ensuite je lui ai dit : ne pourrions-nous pas ajouter quelque chose à ce mot, le qualifier, et il me dit en effet, mettons « surnaturaliste » et aussitôt, je me suis élevé contre surnaturaliste, qui ne convenait pas au moins pour trois raisons, et naturellement, avant que j'eusse fini l'exposé de la première, Apollinaire était de mon avis et me disait :  « Alors mettons   surréaliste » . C'était trouvé. ... La lettre d'Apollinaire à Paul Dermée écrite également en 1917, et reproduite dans la même revue, confirme les souvenirs de Birot .... » Et vous Goll, rangez-vous « Mathusalem » sous la même formule ?

Ivan Goll : Mon Dieu, si une formule est nécessaire !

Geo Charles: Nous appelons les pièces de ce théâtre - et « Mathusalem » - poétiques. Certaines de ces oeuvres , et particulièrement la vôtre, présentent un curieux mélange de poésie et de prosaïsme ....

Ivan Goll : J'attendais cette objection. J'ai donné à chaque personnage la langue de son âme. Ainsi, la jeune fille, Ida, sent et parle en vers, et je ne crains pas de lui prêter les images les plus lyriques, comme dans les pièces en alexandrins. Par contre le frère, voué aux affaires modernes, n'emploie que le style haché des appareils Morse. Et ainsi de suite  ... Mais le langage truculent et terre-à-terre du père n'est pas moins poétique que celui de sa fille, s'il crée l'atmosphère élémentaire du personnage.

Geo Charles: Vous confirmez l'impression que me laissa la représentation de Bruxelles. Du lyrisme pur cette réplique d'Ida :

« Je ne connais plus d'autre jour que celui-ci

Où des narcisses remplacent l'herbe des gazons.

Le soleil est un chrysanthème que tu m'offres,

Ton front pâle est une tour d'ivoire

Sur laquelle je monte pour voir le monde.

C'est toi qui bâtis les tours apocalyptiques,

Les temples d'Asie et les docks d'Amérique

Les places portent toutes ton nom,

Les horloges sonnent à chaque heure ton nom

Et les navires en mer ne sont partis que pour te voir .»

Ce poème pourrait très bien être tiré des « Poèmes d'Amour » que vous avez publiés avec Claire Goll.

Claire Goll: Oh, je n'accepte que les poésies qui me sont adressées personnellement !

Ivan Goll : Mais tout ce que j'écris s'adresse à toi ! Pour qui écrit-on, par qui veut-on être compris , sinon par l'être qu'on aime et dont on veut être admiré ?

Claire: Tu me trompes !

Ivan   : Avec toi-même !

Geo Charles: Je pense que vous allez faire dévier publiquement en "scènes de ménage" vos beaux " Poèmes d'Amour ". Au fait, si vous continuez, je pourrais dire que vos poèmes d'amour ne sont pas autre chose ... finalement !

Claire: Eh bien, vous donneriez une belle idée de notre poésie !

Ivan   : Mais Claire, après tout, je ne serais pas éloigné de croire que dans les poésies d'amour de tous les temps, les poètes ne sont occupés qu'à exprimer à leur amante des reproches et, sous forme de compliments, des sottises !

Geo Charles: Qu'en pensez-vous, Claire ?

Claire: Pour moi il n’existe qu’une sorte de poésie,  celle de l’amour. Une femme ne doit chanter que l’amour. Ce n’est que par l’amour qu'elle participe de la vie du monde. Les seuls poètes que je relis toujours,  que je comprends et que j’éprouve jusqu’au fond des moelles sont Marceline Desbordes-Valmore et Elisabeth Barrett-Browning.

Geo Charles: L’essence de leur poésie est la souffrance.

Claire: L’essence de l’amour est la souffrance.

Ivan : - Peut-être y a-t-il là comme une accusation ?

Claire:  Non,  c’est une déclaration d’amour. Géo Charles notez vite. Je prétends que c’est celui-là (qui me fait tant souffrir) qui m’a faite poète. Je lui dois d’avoir appris à exprimer en vers cette affection que toutes les autres femmes expriment en soupirs.

Geo Charles: Vous avez su prolonger à deux - en des oeuvres toujours lyriques et en des "Poèmes d’amour" que je relis avec une joie critique sans cesse accrue - votre amour de la Poésie. Votre double rêve a su se réaliser et se poursuivre en cette époque si bassement matérielle,  si misérable,  selon un rythme de beauté et d’idéal !

Ivan :  Ce rêve nous sauve!  Tout ce qui se passe en dehors de lui et de notre amour devrait nous laisser indifférents. Nous sentons confusément que les soucis du jour sont des soucis bien lamentables,  mais aussi passagers. Les époques où l’humanité a faim,  reviennent toujours. Cette fois,  sa détresse provient de sa bêtise. Mais passons. Parlons d’amour qui est la seule raison d’être et qui est éternel. Thème peu actuel Thème qui le redeviendra au prochain printemps,  soyez-en sûr ! Sinon,  dans cent ans. Et il vaut mieux avoir raison dans cent ans que l’année prochaine. La vérité se mesure par siècles. »

Je laisse Claire et Yvan, assis en leur jolie terrasse d'Auteuil, dont j'aime tant caresser les feuilles . Lui, grapillait les raisins qui pendaient au vieux cep qui épouse la grâce de la balustrade, elle, appelait une demi-douzaine de pigeons blancs et leur donnait à manger dans sa main pâle … Les deux silhouettes, les bêtes et les choses, se composaient dans des attitudes qui me sont familières depuis longtemps … en cette petite terrasse du jardin automnal d'Auteuil qui m'apparaît toujours comme un carrefour rustique où la vie et la poésie viennent s'unir.

Le Journal des Poètes 2ème année, n°5 - 12 déc. 1931- Bruxelles.

p.1 -2 Géo Charles : Interview de Claire et Ivan Goll sur la Poésie :

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Georges Petit sur Lucifer vieillissant de Goll

Georges Petit : Lucifer Vieillissant par Ivan Goll

" Dans tout ce qu'écrit Ivan Goll il y a toujours beaucoup de pessimisme et d'amertume. L'ironie de cet écrivain est à la fois grimaçante et corrosive et son désespoir est à peu près sans limites: ce dont, après tant d'autres livres,  "Lucifer vieillissant "nous offre un témoignage où il y a d'ailleurs beaucoup de grâce, un charme de cauchemar dont la force s'impose à vous comme une réalité. "Lucifer vieillissant ": on entend bien par là qu'il s'agit de la fin du monde, — ou à peu près. Le monde va mal, c'est un fait, l'humanité est moribonde, et il n'y a qu'à jeter les yeux autour de soi pour se convaincre de cette vérité première que M. Ivan Goll a bien raison de proclamer comme il le fait: c'est-à-dire lyriquement avec des mots de feu, d'airain et d'or.

            On a pu dire très justement, il y a quelques années, que tous les poètes écrivaient en prose. Mais à l'heure actuelle les poètes ont rendu la prose aux prosateurs, le roman aux romanciers. M. Goll est toutefois une exception et le dernier survivant: son "Lucifer vieillissant "n'est qu'un long poème somptueux et désolant, traversé de gémissements et surtout d'imprécations, amer et sans fausse pitié, le poème de la fin de l'humanité. Lucifer, — l'homme divinisé —, n'est plus qu'une risible épave qui se heurte aux murs d'une prison sans issue où la lumière et l'air ne pénètrent plus. Ce n'est pas un cri d'alarme que jette l'auteur: le pessimisme de M. Ivan Goll est trop absolu pour lui permettre d'entrevoir la possibilité d'une réhabilitation.

            Ce livre vient, sans s'en douter, tout à fait à son heure. Il n'y a de vrai que l'actuel, pourrait-on dire en déformant un peu telle phrase célèbre du sage de Weimar. "Lucifer vieillissant "est un ouvrage terriblement lucide et véridique, le dernier coup d'oeil plein de désolation et d'épouvante que consent à jeter,  comme un suprême regret, un poète sur un monde dont il entend ensuite se détourner à tout jamais .”

Cahiers du Sud 22 ème année - n° 167 - décembre 1934 (mensuel)

Directeur: Jean Ballard.

Chroniques : Georges Petit : Lucifer Vieillissant par Ivan Goll

Marseille

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03 décembre 2008

Chansons Malaises Recueil

Recueil Chansons Malaises Editions Poésies et Cie 1935     Die Lyric II/151

                          1

           Je suis la trace sombre                             (Chansons malaises p.1)  II/182

Je suis la trace sombre 

Que ton canot marque dans l'eau

                                  

Je suis l'ombre soumise                                                                                                                      Que ton palmier projette à ton pied      

                                                                                                         

Je suis le petit cri                     

Que pousse le perdreau

Atteint par tes balles.         

   

                   2                           

           On entend pousser les jeunes lianes (Chansons malaises p.2) II/175

   

On entend pousser les jeunes lianes

On entend la douce respiration des palmiers

La vanille bleue ne dort pas

Les fleurs de cannelle agitent leurs parfums

Et le ciel pose son oreille de géant

Contre la terre

Pour écouter si tu viens

                          3

           Ce n'est pas l'orage / Qui te révéla      (Chansons malaises p.3)     II/159

Ce n'est pas l'orage

Qui te révéla

Ce n'est pas de l'arbre

Que jaillit ta voix

Dans la rue basse

On ne te vit pas

O sans que je le sache

Etais-tu donc toujours en moi ?

                          4

           A ton approche toute la nuit frissonne (Chansons malaises p.4)      II/158

A ton approche toute la nuit frissonne

Les murs bougent

Le jasmin sent plus fort

La mer respire plus vite

Et le vent excité

Arrange mes cheveux

Comme tu les aimes .

                          5

           Je veux parfumer l'aube comme l'anis   (Chansons malaises p.5)   II/154

Je veux parfumer l'aube comme l'anis

Pour que ton cheval trouve plus vite

Le sentier de ma solitude

Je veux être plus faible que le nuage

Suspendu au-dessus du volcan

Et qui tombe au premier souffle du vent

Plus douce que la pistache verte

Tes dents aimeront me broyer

Me mêler à ta chair

                          6

           Depuis ma naissance /je suis parée       (Chansons malaises p.6)    II/186

Depuis ma naissance

Je suis parée pour ta venue

Depuis dix mille jours

Je vais à ta rencontre

Les pays se sont rétrécis

Les montagnes se baissent

Les fleuves ont maigri

Mon corps a grandi au-delà de moi

Il s'étale de l'aube au crépuscule

Il couvre toute la terre

Où que tu te diriges

Tu marcheras sur moi

(1er mars 1933)

                          7

           Depuis que tu m'as regardée                     (Chansons malaises p.7)       II/177

Depuis que tu m'as regardée

Sous le camphrier

Je suis toute paralysée

Je n'ose plus me risquer au jardin

Car tous les arbres

Portent tes yeux au lieu de fruits

Dans tous les champs

Je vois croître à mes pieds

Les anémones de tes yeux

Au bord du fleuve

Le thamantis voltige

Portant sur ses ailes tes yeux

Aussi j'ai décidé

De ne plus sortir que la nuit

Où tous les yeux se ferment

Hélas je n'ai pu t'échapper

Car dans les mille étoiles

Tes yeux mille fois m'ont fixée

                          8

           Je ne voudrais être                                    (Chansons malaises p.8)        II/191

Je ne voudrais être

Que le cèdre devant ta maison

Qu'une branche du cèdre

Qu'une feuille de la branche

Qu'une ombre de la feuille

Que la fraîcheur de l'ombre

Qui caresse ta tempe

Pendant une seconde

9 août 1933

(Jardin des Plantes - Paris )

                          9

           Le poivre rouge crie                                  (Chansons malaises p.9) II/184

       

Le poivre rouge crie

Il ne peut plus taire son désir

Le buisson de vanille

Est un nuage de volupté

Une tempête de cannelle envahit le monde

L'arbre de pluie

M'a jeté sa première larme

   Paris 22.2.33

                          10

           Debout sous tes cent citronniers              (Chansons malaises p.10)       II/175

Debout sous tes cent citronniers

Tu sais attendre

Que les fruits deviennent de l'or

Debout parmi tes mille bœufs

Tu leur ordonnes

De paître les plus tendres fleurs

Tu sais régner

Prenant la loi des pères

Donnant la loi aux fils  :

O maître de la vie

Je baise ta main droite et ta main gauche

                          11

           Depuis que tu me connais                  (Chansons malaises p.11)       II/172

Depuis que tu me connais

Je me connais enfin

Mon corps m'était plus étranger

Qu'un continent lointain

Je ne distinguais pas

L'Est du Sud

Mon épaule escarpée

Pointait comme un rocher

Soudain ta main savante

M'enseigna qui j'étais

Mon pied trouva sa course

Mon coeur son battement

Et maintenant je m'aime

Comme tu m'aimes

                          12

           Je suis l'amphore qu'un potier savant  (Chansons malaises p.12)   II/206

Je suis l'amphore qu'un potier savant

A voulu svelte et accueillante

Mais je t'attends : o ma substance !

Verse-moi, mon amant

Le vin de ta force

L'huile de ta bonté

L'eau fraîche de ta foi !

Peu m'importe : exauce-moi

Et donne-moi mon nom !

écrit en automne 1934

                          13

           En passant sur la route des seigneurs      (Chansons malaises p.13)       II/191

En passant sur la route des seigneurs

Tu ne regardes pas le safran pauvre

Mais ton manteau le caresse en secret

Emportant tout de même

Un peu de poussière dorée

De son amour

7 août 1933

(Jardin des Plantes

                          14

           Je suis la terre                                    (Chansons malaises p.14)       I/206

Je suis la terre

Que tu laboures

Pour semer le riz et la joie

Sous l'allégresse de tes pieds

Mes prairies dansent

De ta tête ruisselle le soleil

Mais quand tu jettes l'ombre

J'ai froid comme une morte

Un jour en me creusant

Tu trouveras ta tombe

écrit en automne 1934

                          15

           Chuchote qui je suis                            (Chansons malaises p.15)       II/170

Chuchote qui je suis

Etourdis-moi de ma propre beauté

Séduis-moi par ma langueur

Exalte-moi de mon parfum intime

La femme boit l'ivresse

Dans l'oreille de nacre

Ne devient elle-même

Qu'au fond de ses miroirs

                          16

           Quand le volcan aux lèvres retroussées (Chansons malaises p.16) II/182

Quand le volcan aux lèvres retroussées

Crache le sang

Soulève la terre

Brûle les forêts

Broie les oiseaux

Et mange le soleil

Je n'ai pas peur

J'ai peur

Quand tes lèvres amincies

Se taisent

                          17

           Je suis ton ruisseau                            (Chansons malaises p.17)     II/208

            Je suis ton ruisseau      

            Ivre de menthe

                                  

            Penche-toi sur moi                                                                                                                             Que je te ressemble                

                                                                                                         

Baigne en moi                         

Et sens comme je tremble

                                                                                             

Mange mes poissons               

Pour mieux m’engloutir

Bois-moi                                 

Pour mieux m’anéantir

Aime-moi                                                                                                                              

Je t’aiderai à te noyer

écrit en automne 1934

                          18

           Cueille: o toi qui les choyas                     (Chansons malaises p.18)       II/155

Cueille : o toi qui les choyas

Les deux oranges de mes seins

Tu les as voulues lisses

Pour plaire à tes paumes

Et fraîches pour la soif nocturne

Ouvre-les

Dévore-les

Que leur sang d'or

T'abreuve et te nourrisse

Palma de Majorque 30 Sept. 32      

                          19

           Maître: je sens que tu t'approches    (Chansons malaises p.19)       II/187

Maître : je sens que tu t'approches

Tes boucles annoncent la tempête

Tes yeux sont chargés d'éclairs

Ta hache brille

Et va pourfendre le soleil

Ta main déjà levée

Ta main de velours et de bronze

M'arrache de la terre

Et me jette brutalement aux anges

8 mars 1933

                          20

           Dans ton baiser plus profond que la mort (Chansons malaises p.20)II/203

Dans ton baiser plus profond que la mort

Je sens ta rage de rentrer en terre

De retourner vers ton néant

Tu te dissous

Tu te détruis

Nuage tu tombes

Fleuve tu cours vers ta mer

Et ma chair te reçois comme un sépulcre

écrit en automne 1934

                          21

           Tu as planté devant ma porte            (Chansons malaises p.21)       II/194

Tu as planté devant ma porte

Un jeune citronnier

Il n'a que deux branches

L'une porte un fruit d'or

L'autre une fleur d'argent

Comment me préfères-tu

Vierge ou mère ?

(Sienne 21 septembre 1933)

                          22

           Je ne suis que du sable                              (Chansons malaises p.22)       II/204

Je ne suis que du sable

Du sable indifférent

Sous le soleil roux

Je ne suis qu'une rive

Eperdument perdue

Au bord de l'infini

Mais je t'attends toi qui me veux

Toi marée léonine

Dieu qui me créas pour me dévorer

Eau qui me boiras

Feu qui m'incendieras

J'attends que tu m'exauces me dissolves

En sable encore plus fin

Encore plus indifférent

Sous le soleil roux

( écrit en automne 1934 )

                          23

           Cette nuit un condor / Vola dans ma chambre (Chans. Mal. p.23)    II/161

Cette nuit un condor

Vola dans ma chambre

Il battait lourdement

De ses ailes de bronze

Je sentis sur mon corps

Son ombre brune

Et tout le firmament

Fondit sur moi

Lorsqu'il se mit à boire

Mon sang endormi

Au réveil une plume noire

Gisait sur mon cœur

                          24

           Les buffles lourds / Regagnent leurs étés (Chansons malaises p.24) II/164

Les buffles lourds

Regagnent leurs étés

Leurs sabots font trembler

Les champs de riz

Avec leurs cornes torses

Ils raclent les arbres

Leur nuque est frisée

Et leurs yeux savants

Comprennent le langage du feu

Seraient-ils des dieux

Qui se souviennent

Que tu les vainquis

Pour me plaire ?

                          25

           Mon ami travaille / A la plantation de caoutchouc (Chans. Mal. p.25)II/166

Mon ami travaille

A la plantation de caoutchouc

Toute la journée il caresse les gommiers

Il se drape dans leur ombre verte

Et tâte leurs corps nus

Mais brusquement il enfonce son couteau

Et fait jaillir le sang des troncs trahis

Puis ses mains redeviennent douces

Et pansent amoureusement

La plaie qui pleure

Toute la nuit auprès de moi

Il recommence la même besogne

                           26

           Sous les rosiers qui t'émerveillent    (Chansons malaises p.26)       II/208

Sous les rosiers qui t'émerveillent

J'ai planté le goena-goena

Mon herbe maléfique

Bientôt dans le thé d'or

Tu boiras une goutte rouge

Une goutte du sang lunaire

Ta lèvre oubliera les autres noms

Tes pieds ne pourront plus courir

Ta tête croulera sur ton épaule

Tu m'aimeras

Malgré toi

écrit en automne 1934

                          27

           Je suis couverte de sept voiles          (Chansons malaises p.27)       II/193

            Je suis couverte de sept voiles 

Pour que sept fois                                                                                                     

Tu puisses me découvrir                                                                                                                                                                                          

Je suis ointe de sept huiles                                                                                                     

Pour que sept fois                                                                              

Tu puisses me sentir                                                               

                                                                                                         

Je t’ai dit sept mensonges                                                                  

Pour que sept fois                                                                  

Tu puisses m’anéantir                                                                                                                                                

(Auteuil 25 août 1933)

                          28

           Je te croyais le soleil                          (Chansons malaises p.28)       II/199

Je te croyais le soleil qui fait éclater

                          les rhododendrons

Je te croyais la statue de pierre qui

           ordonne la marche des jours

Je te croyais le roi étincelant qu'aucun

                   mortel n'ose approcher

Mais de mon doigt de nacre

Frôlant ton épaule orgueilleuse

J'ai fait de toi un tout petit garçon

Qui cache son angoisse sous mon

                                  aisselle brune

(écrit entre le 1er et le 7 aoùt 1934)

                          29

           Seras-tu l'oiseau rapace                            (Chansons malaises p.29)       II/201

Seras-tu l'oiseau rapace

Frère de l'Est ?

Seras-tu la colonne du temple

Frère du Sud ?

Seras-tu mon étoile

Frère de l'Ouest ?

Seras-tu ma tombe

Frère du Nord ?

Qui que tu sois : je t'attends ! je t'attends !

( écrit entre le 1er et le 7 aoùt 1934 )

                          30

           Mon amant le pêcheur                               (Chansons malaises p.30)       II/201

Mon amant le pêcheur

Me quitte chaque nuit

Comme s'il me trompait

Il se penche sur la mer pâle

Les vagues ont des corps de femmes

Habillées de dentelle

Il leur tend longuement les bras

Il se penche toujours plus bas :

Va-t-il tomber ?

Mais dès le petit jour

Il se redresse, levant au soleil

Ses paniers tressés d'or

Il vient déposer à mes pieds

Comme un bouquet de fleurs

Ses plus beaux poissons roses

            

(écrit entre le 1er et le 7 aoùt 1934)

                          31

           J'ai grimpé dans le néflier                (Chansons malaises p.31)       II/197

J'ai grimpé dans le néflier

Pour suivre ta course

Vers la montagne bleue

J'ai vu ta route à travers les rhododendrons

Des nuées de perruches blanches

S'élevaient comme une poussière

Autour de tes pas

Et lorsque tu passas le dernier col

J'ai vu dans un nuage

Ton ombre retournée vers moi

(écrit entre le 1er et le 7 aoùt 1934)

                          32

           L'oiseau chanta comme tous les matins (Chansons malaises p.32)   II/199

L'oiseau chanta comme tous les matins

Et je voulus te réveiller

Car la rizière est loin

Ma main pour te chercher

Erra tout le long de la couche

S'allongea jusqu'aux Iles

Et parcourut toute l'Asie

Oh j'avais dormi seule :

Mais l'oiseau chantait tout de même

'écrit entre le 1er et le 7 aoùt 1934)

                          33

           La neige parfumée du caféier            (Chansons malaises p.33)       II/197

La neige parfumée du caféier

A rouillé en trois jours

L'amour roux de l'abricotier

A duré moins longtemps

Le melatta pourrit

En une nuit de pluie

Mais moi présomptueuse

Dardant mes seins

A la lune

Au soleil

Croirais-je donc ma beauté immortelle ?

Hélas bientôt refleuriront

Anis safran et poivrier

Et les branches de mon squelette

Resteront nues

(écrit entre le 1er et le 7 aoùt 1934)

                          34

           Le sorcier m'a jeté / Son mauvais œil  (Chansons malaises p.34)     II/160

Le sorcier m'a jeté

Son mauvais œil

O mon corps tout doré

N'est-il déjà plus nu ?

Un sang nocturne

S'évade de ma plaie

Une main de brume

Emporte ma tête

Je me sens lourde lourde

De malheur

                          35

           Dieux : Arrachez les yeux de mon visage (Chansons malaises p.35) II/167

Dieux : Arrachez les yeux de mon visage

Qui s'écarquillent sans le voir

Coupez mes mains restées vides

Tranchez mes bras inutiles

Arrêtez mes pieds curieux

Et mes jambes trop rapides

Qui n'ont plus de but

Dieux : donnez-moi la mort

Pour qu'il pense encore une fois à

                                                   moi

                         

                          36

           Je m'endormis sur un nuage                     (Chansons malaises p.36)       II/180

Je m'endormis sur un nuage

De blanc jasmin

La vieille montagne envoya

Son ruisseau pour me bercer

La lune dansa pour moi

Sur la pointe des pins

Un oiseau picota

Le dernier soupir de mon cœur

                          37

           Quelque part fleurit l'épice amère     (Chansons malaises p.37)       II/199

Quelque part fleurit l'épice amère

La sens-tu ?

Quelque part est perché l'oiseau aveugle

Le vois-tu ?

Quelque part souffle le vent noir

L'entends-tu ?

Quelque part se lève l'ombre glacée

Le sais-tu ?

( écrit entre le 1er et le 7 aoùt 1934 )

                          38

           Quand tu auras tout pris de moi         (Chansons malaises p.38)       II/191

Quand tu auras tout pris de moi

La peau de ma chair

La chair de mes côtes

Le ciel de mes yeux

Les yeux de ma tête

Quand je ne serai plus qu'un souffle

Pour prononcer ton nom

Alors je saisirai peut-être

Combien je t'appartiens

(Auteuil 12 août 1933)

                          39

           J'habite le corps d'une morte                   (Chansons malaises p.38)       II/204

J'habite le corps d'une morte

Toute ma joie s'en est allée

Mes yeux écarquillés ne captent plus

                                               la lumière

Mes genoux s'effritent comme du

                                               sable

Tout me fuit

Seuls les fauves continuent à rôder

Flairant la charogne de mon cœur

( écrit pendant l'automne 1934 )

                          40

           Sarclez toutes les fleurs                     (Chansons malaises p.40)       II/168

Sarclez toutes les fleurs

Piétinez les fougères

Coupez les palmiers centenaires

Arrachez les lauriers de gloire

Et plantez

Devant ma case abandonnée

Le cyprès noir

Le doigt

De la mort

                        FIN

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Pierre-Louis Flouquet janvier 1947

Pierre-Louis Flouquet Journal des Poètes 17ème année - n°1 - janvier 1947

Des rives de la Seine aux rives de l 'Hudson...

Claire et Ivan Goll en Poésie

J'ai eu la bonne fortune de passer quelques heures, en septembre, avec nos amis les poètes Claire et Ivan Goll, dans leur appartement minuscule de Columbia Heights, à Brooklyn .

Claire et Yvan, amoureux éternels, vivent en poésie avec la même foi et le même enthousiasme qu'au temps de leur existence lutécienne, lorsqu'ils accueillaient les meilleurs poètes de Paris dans leur vaste logis du quai Bourbon.

En l'an 40, Claire et Yvan purent gagner New York, où ils vécurent dans un milieu d'émigrés, nouant de nombreux liens avec leurs confrères américains, entretenant la ferveur française, fréquentant Marc Chagall leur ami fidèle, les peintres Dali, Kisling, Léger et Mondrian , les sculpteurs Zadkine et les Lipschitz, les écrivains André Spire, André Masson, Jules Romains, André Maurois, André Breton, et nos compatriotes Maeterlinck, Marnix Gysen, Robert Goffin, Anatole Bisque.

J'avais trouvé l'adresse des Goll chez Brentano's, le grand libraire de la cinquième Avenue. Un mot rapide était resté sans réponse, je les croyais retournés en Europe, lorsque à l'improviste me parvint, sur le papier jaune d'or des éditions « Hémisphères » , une invitation à dîner des Poètes, revenus la veille d'un séjour en Gaspésie.

A l'heure dite, à Brooklyn, qui parfois fait songer à Neuilly et parfois aux docks de Liverpool, dans Columbia Heights, artère paisible, comme s'abat d'un coup un mur haut et lourd, une porte massive en s'effaçant me rendit deux visages et deux voix, fidèlement gardés durant les années tragiques. Ceux qui se rappellent les tailles hautes, les visages minces, les regards un peu fiévreux parfois, mais subtils et profonds comme la pensée, de Claire et d'Yvan, les auraient comme moi retrouvés sans effort . Tout de suite ils me firent les honneurs de l'étonnant paysage déployé devant leurs fenêtres.

A droite, le plus ancien pont de New York, Brooklyn Bridge, sur l'East River, ouvrage massif dont les portiques sont des lyres d'acier : au centre, les docks avec les cargos, les steamers, les paquebots transatlantiques, et sur la rive de Manhattan les gratte-ciel tragiques de Wall  Street ; à gauche, l'embouchure de l'Hudson, Long Island où les émigrants purgent la quarantaine, la baie immense où cent vaisseaux sont à l'ancre, l'île de la Liberté portant la statue géante de Bartholdi , don de Paris à la ville de New York . Au-delà enfin, sous un ciel étincelant, l'océan balayé par les vents.

" Nous avons connu, me dit Yvan, des alternatives d'abattement et d'exaltation, sans jamais perdre l'espoir.

Dès le début la vie intellectuelle française fut intense à New York. Maeterlinck et Romains fondèrent le journal « Voix de France » qui réunit la collaboration d'une élite française, européenne, américaine. Des éditeurs montrèrent une activité magnifique, tout spécialement la Maison de France, installée au Rockfeller Center.

De nombreux écrivains firent dans les Etats des tournées de conférences. Parmi nos confrères belges, Robert Goffin se manifesta sans compter. Il voyagea en avion à travers toute l'Amérique, parlant devant les publics les plus différents, publiant articles, poèmes et ouvrages de prose en français et en anglais. Il laissa le souvenir d'un camarade énergique et serviable.

D'un voyage à Cuba, île heureuse du beau poète Mariano Brull, je rapportais plusieurs poèmes, dont « Vénus Cubaine », et une prose enchantée « Corbeille de Cuba ».

En 1941, j'ai fondé la revue Hémisphères. Elle réunit une collaboration de qualité et fit connaître plusieurs poètes de valeur, comme Césaire et Duits. Hémisphères représentait, au-dessus de la Politique, une position intellectuelle intransigeante, celle de la Poésie Pure. Elle n'en publia pas moins de nombreux poèmes de circonstance, du genre de ceux qu'on devait nommer plus tard, en France, la Poésie de la Résistance. A ce propos, je vous signale que j'ai publié dans « La Nacion » et dans « The Saturday Review of  Literature » , en 1940, ainsi qu'en 1941, dans « Poet's Messages », collection éditée à New York, les poèmes de « Chansons de France », dans lesquelles on retrouve le mètre court, le rythme populaire, le sens tragique des poèmes de « Jean sans Terre ».

Les numéros spéciaux d'Hémisphères connurent un vif succès.

L'un, consacré à la Découverte des Tropiques, comportait les collaborations d'André Breton, d'André Masson et du grand poète de couleur, Césaire. Un autre traitait de la Magie. Les recueils de poésie publiés par les éditions Hémisphères furent aussi bien accueillis.

En 1942, j'ai publié dans le journal « France Amérique » le poème « Grand cortège de la Résistance en l'an mil neuf cent misère ». Il fut repris, à Alger, par la revue « Fontaine » (numéro 34) que dirigeait, si brillamment, notre ami commun Max Pol Fouchet.

Plus tard, j'ai écrit une poésie en forme de Croix de Lorraine, qui fut imprimée en deux couleurs sur un magnifique papier de chiffon et distribué comme le message de Noël par le groupe « France for ever » , alors présidé par Houdry.

J'ai publié dans Hémisphères les premiers poèmes des Elégies d'Ihpetonga. Ce mot, d'origine indienne, à la fois sauvage et harmonieux, signifie les falaises, les hauteurs de Brooklyn, sur lesquelles se trouve notre logis.

La suite des Elégies d'Ihpetonga, qui bientôt paraîtra chez un éditeur parisien, surprendra peut-être ceux qui croyaient que j'avais trouvé, dans le vers octosyllabique de « Jean sans Terre », une forme tout à fait adaptée à mon inspiration. Ces Elégies, plus métaphysiques et plus cosmiques que mes oeuvres précédentes, sont écrites en vers plus libres, d'expression plus intense. Je pense qu'il s'agit d'un approfondissement, ou plutôt d'une libération.

Au cours de mon séjour en Gaspésie, région canadienne abrupte et sauvage, à la fois maritime et boisée, j'ai écrit Le Mythe de La Roche Percée, poème géologique aux rythmes variés, tournant autour de la vie et de la mort des pierres. Ce poème, d'une grande amplitude, m'a été inspiré par un rocher géant que perça à jour la morsure des flots. Il prédit après la longue patience et l'attente du monde minéral, apparemment inerte, sa résurrection par la brisure de l'atome..."

Ce qu'il écrira demain, Ivan Goll ne le sait, mais il n'a pas cessé, malgré l'exode, malgré l'horreur, malgré l'exil, t'écrire des poèmes d'Amour.

Maintenant j'interroge Claire, qui actuellement publie d'excellents articles de critique dans l'hebdomadaire « France Amérique ».

" Vous savez, dit Claire, que je suis plus romancière que poète. Plus que moi Yvan est tenté par le lyrisme. A toute inspiration, fût elle tragique, il mêle une onde délicieuse, semblable en cela à notre cher Chagall. Mon inspiration est plus dure.

En Amérique, j'ai publié des nouvelles sur Paris. Leurs titres ? « Le dîner de 500 francs » , « L'Homme au Camélia », « L'Inconnue de la Seine », d'autres encore. La collection « les Oeuvres Libres » les publia, parmi d'autres de Maurois, de Romains.

J'ai donné à Hémisphères une autre oeuvre de prose « La Blanchisserie Chinoise » (numéro deux et trois). Les Editions de la Maison Française lancèrent deux de mes romans : « Le Tombeau des Amants Inconnus » et « Education Barbare ».

...

Comme son compagnon, Claire Goll, bien qu'ayant aux Etats-Unis de nombreux amis et admirateurs, bien qu'ayant connu à New York le succès , n'a jamais oublié Paris, cité de la poésie et capitale de la douceur.

En souriant, elle dit comment elle conserva durant des ans, comme des objets très précieux, les emballages de produits de beauté et même de médicaments emportés en hâte de son logis de l'île Saint-Louis. Elle dit comment, chaque soir, durant tous les jours du long exil, elle voyagea en esprit dans Paris, grâce au plan de la ville aimée, fixé au-dessus de son lit. Elle dit que ce logement les retint, non seulement parce qu'il offre une vue propre à émerveiller et à exalter les artistes, mais surtout ce qu'il leur permettait de conserver leur pensée orientée vers l'Europe et la France, grâce aux navires nombreux tournant chaque jour leur proue vers le pays de leurs amours. Et parfois, ajoute-t-elle, comme une récompense, nous étions éveillés le matin par la Diane sonnant sur un vaisseau français, où la vision soudaine d'un pavillon tricolore...

Tandis que Claire parlait, l'ombre descendait lentement sur la baie immense. Dans le soir déjà brumeux le crépuscule semait des rougeurs d'incendie.

Yvan toussait doucement. Claire, un peu lasse d'avoir revécu en ce temps si court les craintes, les exaltation, les fatigues et les joies de tant d'années, tournait un visage étrangement nu vers la fenêtres.

Sous nos yeux la baie s'enténébrait par degrés. Comme en un ciel de féerie s'allumaient une à une les lumières innombrables de Manhattan. Un long paquebot, scintillant de tous ses hublots, fendait les eaux à l'endroit où l'Hudson mêle ses eaux au flots salés de l'Atlantique.

Journal des Poètes 17ème année - n°1 - janvier 1947

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Robert Ganzo dans Les lettres françaises - 2 mars 1950

Le C.N.E. (Comité national des écrivains) vous parle : 

Notre ami Yvan Goll est mort

Au Temps où Yvan Goll, poète, chargeait les épaules de son Jean sans Terre, de ciel, de branches, d'oiseaux ou de limons, il ne pouvait y avoir pour nous d'équivoque. Ce qui nous était proposé par d'autres chemins que ceux de Guillaume Apollinaire ou de Blaise Cendrars : une poésie qui se voulait profondément humaine et déambulant à travers les espèces et les éléments. Et lui, Goll, en son héroïque aventure, nous le savions humble et se démêlant devant les hommes afin qu'ils pussent se reconnaître jusque dans ses paroles les plus secrètes et ses synthèse souveraines.

Jean sans Terre continue à survivre dans les mots de poètes venus après Goll et parmi les plus fêtés. Un jour, je dirai peut-être mieux ce que la longue et patiente entreprise de celui dont je parle ici et qui s'en allait, au long de routes européennes ou américaines, avec une exceptionnelle tendresse pour les êtres et les objets de notre univers, et jamais défaillante.

Chaque fois que je pense à Yvan Goll, je pense aussi à Claire, sa compagne. Il publièrent ensemble un livre de poèmes d'amour. Il demeure exemplaires .

Les derniers frémissement de sa vie, Goll les a transmis à son « Elégie d'Ihpétonga » et aux  « Masques de Cendres » que Picasso illustra de lithographies. Avant cela, il y eut « Le Char Triomphal de l'Antimoine » et un livre encore « Le Mythe de La Roche Percée ».

Chacun de ces ouvrages mériteraient un long commentaire. Ils forment une trilogie. Alors que l'homme était partout avec « Jean sans Terre », ici, c'est la pierre, les éléments épars et en elle concrétisés de la terre qui sont le thème principal des poèmes de Goll. Elle s'érige -- pierre ou roche - devenue pour les hommes une sorte de lieu commun, de vieux noms si usées que plus rien presque ne subsistait de sa signification. Mais survient Yvan Goll, poète, roche ou pierre ou de quartz, il va  nous les révéler à nouveau  et nous les nommer :

Pierre plus agitée que les vivants,

plus rancunière que la mer,

plus démente que les oiseaux...

Dans l'intention même de Goll qui croyait échapper un peu aux vivants, ceux-ci ne se laissent pas oublier. Les voici, debout dans la légendaire épopée indienne. Ihpétonga est le nom que les Indiens donnaient à la partie de Brooklyn qui s'appelle aujourd'hui  Columbia Heights, et qui domine le port de New York. Mené par son poème , Goll est allé aux renseignements . Alors, il a écrit :

Dans la lagune d'Ihpétonga,

Un roseau de trente mille ans

dresse son fanion de démence..

.

Voilà, pour des critiques incompétents de la poésie française actuelle, de quoi passer, une fois de plus, inaperçu .

Une rumeur, un haut qui chantait un district , une rivière, une ligne de chemins de fer, de d'une flottille de remorqueurs de. C'est toujours, pour Yvan Goll, un jeu émerveillé d'oreille de et de lèvres.

Entre le quartz et l'homme, quel échange et quelle haute signification  !

... à mettre un regard si pur

aux yeux biseauté du quartz.

Dans les prismes des grenats

saigne mon oeil enfermé.

Parti  de la pierre et de son tumulte, comme en un vertige avec quelque mots, Goll refait le long chemin, à rebours, depuis le premier poème à la femme qu'il aime, depuis le premier ordre reconnu, depuis la première fleur, jusqu'à lui, Goll, de nouveau et soudain :

Aveugle, je ne m'approprie

que par le champ, l'âme du seigle.

Yvan Goll n'est pas mort. Nous le rencontrons dans ses poèmes, où tout est découverte avec l'homme et pris toujours aux objets de la merveilleuse réalité.

Robert Ganzo dans Les lettres françaises 10 ème année n°301 - 2 mars 1950

(sur 5 colonnes p.3)

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Robert Kemp en 1958 Souvenir d'Yvan Goll

Robert Kemp : Souvenir d'Yvan Goll

Mesdames, Messieurs,

Vous ne mesurez pas, j'en ai peur, le profond regret que j'éprouve à ne pas être ce soir parmi vous. Il a fallu que, les engagements pris depuis deux mois, les affiches collées, les notes de journaux imprimés, je fusse forcé de parler à Genève de Pirandello, pour ne pas m'associer à vous dans l'hommage rendu à Yvan Goll. Assurément, là comme ici, je me sentirai au service des lettres. Mais, Pirandello n'a plus guère besoin de nous. Sa gloire a éclaté. Celle d'Yvan Goll est encore presque secrète, lovée dans le souvenir de quelques initiés.

         Yvan Goll !  !  Je les ai connus, Claire et lui, chez une grande artiste, peut-être la plus grande musicienne de notre époque, Wanda Landowska ; nous nous sommes rendus, tantôt à Montmartre quand la grande claveciniste, l(interprète sans égale de Bach, de Mozart, de Scarlatti, nous réunissait autour d'un borsch à la polonaise, et d'un immense bassin où flottaient comme des nénuphars , de larges champignons, des cèpes aux parfums violents.

Et des bougies de cire noire nous éclairaient en clignotant .

         Ou encore, dans la maison de Wanda à Saint-Leu, quand , après le dîner, ses cheveux noirs desserrés, et voltigeant sur ses épaules, elle jouait La Fantaisie chromatique , pour nous seuls, les odeurs nocturnes du jardin entrant en bouffées par la fenêtre ouverte ; ou quelques unes de ses chères Variations Goldberg .

Ce qui me frappait en eux, c'était d'abord le caractère pathétique du couple humain, d'une harmonie : comme si deux corps ne pouvaient vibrer, comme les deux cordes d'un la aigu au piano, sans que l'autre, son jumeau, ne vibrât à la même seconde .

C'était aussi le caractère étrange, les tons dorés, l'aura poétique des deux êtres, toujours près l'un de l'autre, elle appuyée sur lui, épaule contre épaule.

         C'était aussi la physionomie d'Yvan, si particulièrement poétique . Non poétique à la façon romantique d'un Byron ou d'un Lamartine ; mais songeuse, inquiète, tourmentée, secouée de frissons angoissés ; et ce regard qui semblait toujours vous interroger, avec un peu de méfiance ….

         Voilà dix ans bientôt, en février 1950, qu'Yvan Goll est mort de leucémie à l'hôpital américain de Paris . Cette soirée-ci devrait être le terme du couloir de ténèbres que tout poète est fatalement contraint de suivre avant de déboucher dans la large notoriété. Je le souhaite bien . Car Yvan Goll a mérité une revanche.

         Les professeurs de littérature ne parlent pas assez de lui. Ainsi, le fameux Lanson, aide-mémoire des Facultés, parle d'Apollinaire et d'Eluard, mais n'admet pas Yvan Goll dans son index. Il est vrai qu'il oublie aussi Saint-John Perse et Pierre Jean-Jouve. Le Bédier-Hasard est de même muet  … Le Jasinski, le Kléber Haedens, le gros ouvrage de chez Delagrave, Neuf siècles de littérature française, auquel j'ai collaboré - mais pas pour le chapitre de la poésie, - oublie de le mentionner . Le soigneux René Lalou, loue en quatre mots "les gentils duos surréalistes de Claire et Yvan Goll" , ce qui ne donne pas une idée bien nette de l'œuvre du mari  … Le nouveau dictionnaire d'auteurs dramatiques, tout frais, de Bergeaud, si précieux, ne place pas, comme il le devrait, Yvan Goll entre Gogol et Goncourt . Henri Clouard, plus généreux, dit que cette poésie, de Claire et d'Yvan, "vise à l'essentiel" . Il parle d'une synthèse idéaliste à force de raccourcis et d'allusions elliptiques . Il les désigne comme "annonciateurs du surréalisme": il nomme le grand poème de Jean sans Terre ; mais il blâme une "prosodie capricieuse" qui empêche qu'on ne retienne leurs vers . C'est l'éternel procès fait au vers libre et aux techniques irrégulières  … Enfin, c'est un peu mieux .

         Il est vrai que cette technique est fatale. Elle éloigne le vulgaire ; ne livre ses charmes délicats qu'aux vrais amis, si rares , de la poésie, et aux spécialistes de la métrique . Yvan Goll a eu, chez nous , contre lui, d'être un poète bilingue. Il était fils d'un alsacien et d'une lorraine, né à Saint-Dié, et fut instruit dans des écoles et à la Faculté de Strasbourg sous le joug allemand . Il n'est arrivé à Paris qu'en 1919. Mais, dès lors, c'est sa vraie langue maternelle, le français, qu'il a employé, avec des raffinements exquis 

         De cette poésie, que loue le poète unanimiste Jules Romains et quelques autres dans le livre  de la collection Seghers, Poètes d'aujourd'hui . Jules Romains détache surtout du vaste poème de Jean sans Terre , "personnage intérieur du poète". Aussitôt après, Marcel Brion peint Goll comme "un être rayonnant" tout illuminé de poésie"  …" Au niveau de la cime des arbres ou caressant la pointe de la Tour Eiffel ". Il parle de sa mélancolie poignante, présence anticipée de la mort  …"

         Mais je pense que ce soir, c'est surtout du poète qu'on va parler. Je n'ai, (critique dramatique qui n'a jamais rien vu jouer d'Yvan Goll) qu'à dire l'impression que me laisse la lecture de son théâtre. Non tout entier . je ne connais ni Mélusine, ni Phèdre, oeuvres écrites pour la musique, ni l'Ecurie d'Augias , ni Ame par dessus-bord qui sont en langue allemande. J'ai lu Mathusalem et Assurance contre le suicide . Ce sont des fantaisies cocasses, mais intimement pénétrées des venins de la satire ; des pièces qui, trente ans d'avance, annonçaient Beckett et Ionesco; l'auteur de Fin de partie  et d'En attendant Godot ; l'auteur de La Cantatrice chauve  et de Comment s'en débarrasser . Les mêmes propos ininterrompus, qui aboutissent à créer des personnages grotesques et hideux ; le vieux bourgeois avare, conformiste, Mathusalem , fabricant de chaussures, parle avec son épouse, au début, exactement et de la même façon drolatique, irrésistiblement comique, dont dialogue le couple bourgeois de  La Cantatrice…L'Assurance contre le suicide , plus débridée encore, agite des fantoches absurdes et dignes d'être assommés par celui qui les écoute. C'est une drôlerie pessimiste, si je puis dire, d'un élan et d'une imagination extraordinaires, - dans le baroque . Le succès qu'on fait à Beckett et à Ionesco, Goll, apparaissant aujourd'hui, l'obtiendrait et en serait aussi digne qu'eux . Ce fût le sort de Goll dramaturge. Reste la cour d'appel ; et l'espoir qu'un audacieux directeur profite de l'atmosphère favorable qui nous entoure pour tenter une représentation de Mathusalem , la plus facile à jouer des deux pièces .

                                               Robert Kemp

21 novembre 1958 : Soirée donnée en hommage à Yvan Goll, à la Galerie Devèche à Paris sous la présidence de Robert Kemp : Souvenir d'Yvan Goll , avec la participation de Edmée de la Rochefoucault, Alain Bosquet, Georges Cattani et Jules Romains .

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Pierre-Louis Flouquet en 1952

Pierre-Louis Flouquet  :

Le souvenir de Jean Sans Terre, Yvan Goll, Poète et Magicien

"Yvan Goll fut toujours pour moi une sorte de magicien. Non pour l’intérêt qu’il portait aux sciences occultes, mais parce qu’il était prodigieusement humain et que la magie véritable est d’accéder assez haut, dans la connaissance, pour tout pénétrer et tout comprendre sans cesser de s’émerveiller et d’aimer.…

Goll écrira :"les humiliations et les déchirements d’une population qui ne savait plus si sa vocation était d’être écartelée tous les quarts de siècle ou de devenir le trait d’union entre l’Allemagne et la France". Et plus tard :"L’Alsace était un corridor plein de courants d’air entre la douce France et la violente Allemagne ; qui de ma génération n’y a pas contracté une bronchite ?"

Après avoir participé au mouvement expressionniste allemand, il passera en Suisse pour ne pas porter les armes contre la France. Il s’associera à l’évangile pacifiste de Romain Rolland, publiera le beau "Requiem pour les morts de l’Europe" qui se termine par un hymne à la paix, et partagera les recherches occultistes du groupe "Eranos".

… En peu d’années Yvan Goll devait publier deux anthologies admirables "Le Coeur de l’ennemi" et "Les Cinq Continents". La première, choix de poèmes de combattants pacifiques allemands, révélaient au lecteur français les angoisses, les révoltes, les désespoirs d’hommes qui avaient honte, criaient leur dégoût de la guerre, et sous le feu rêvaient de concorde et de paix. L’anthologie des poètes des cinq continents avait pour but de montrer, par un florilège de pages d’une haute valeur poétique, intellectuelle et morale, que le coeur ne connaît pas de frontière. … A mesure où s’évanouissaient les espoirs de paix grandissait le désenchantement du poète. L’homme des foules fraternelles se sentait envahi par le sentiment de la précarité des choses. Dans "Métro de la Mort", l’ouvrage de Goll que je publiais en 1934, aux "Cahiers du Journal des Poètes", on pouvait lire :

         Ombre grêle et hâtive

         Passager quotidien

         Quitte la triste rive

         Sur le fleuve du Rien

et dans l’un de ses ouvrages de prose, peignant la décadence de l’Europe, il avait trouvé un terme étrange, Eurocoque, pour désigner le virus de sa destruction.…

L’odyssée de "Jean sans terre" est symboliquement celle du poète qui ne se connaît pas de patrie héréditaire. Le premier ouvrage, "La Chanson de Jean sans terre", c’est la complainte terrestre de l’Eternel Errant. Il parut en 1936. Le "Deuxième livre de Jean sans terre" propose une course vers l’infini, une rose de cendres sur le front. Le "Troisième livre" est celui de la passion ultime du poète. Jean a le mal de terre, rencontre l’ange, emplit sa panse, pour lutter contre la maigre mort, brave la tempête puis se pare du nom de Jean de la mort, comme une couronne d’étoiles et de nuit.…

De lui jaillissent ces "Chansons de France" (Septembre 1940) dont on a pu dire qu’elles étaient par l’esprit et la forme même, les premiers poèmes de résistance, bien que publiés à l’étranger.… Sa poésie prend alors un sens toujours plus cosmique. Dans ses poèmes anglais sur l’atomisme, intitulés "Fruits de Saturne", il montre en tremblant que :"Chaque grain de poussière, si petit soit-il, est le centre d’un système planétaire aussi perfectionné que la mécanique qui gravite autour du soleil."… Mais "Jean sans Terre", blessé à mort, maudissant en poésie les nations ivres de leur méprisable puissance et de leur orgueil dérisoire,  voit poindre une aube qui n’est plus d’ici. Dans la suite lyrique intitulée "Masques de Cendre" il saluera la promesse de destruction. Vers ce moment écrit Claire Goll :"sa lyre se fit plus forte et son imagination plus riche. A mesure que, semblable à une ombre, il chancelle vers la mort, renaît son amour de la langue allemande, qui a été sa seconde langue maternelle   (…) Du subconscient de ce mourant montait cette évidence qu’il était le produit de deux civilisations qui l’avaient nourri, bien que son amour le plus grand allât à la France."

Qui fut Yvan Goll ? Jules Romains le dit dans son discours funèbre :"…Sans l’avoir prémédité, ni cherché, Goll se trouve avoir exprimé tout à la fois, d’une manière indissoluble, par une espèce d’harmonie préétablie, lui-même et son époque, le tourment du vivant qu’il était et le tourment de l’âge où il lui était imposé de vivre …"

…Les poèmes de "Herbe du Songe", encore inédits, sont d’une beauté pantelante et triste …

Le Journal des Poètes 22 ème année n° 3 - Mars 1952

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Pierre Emmanuel

Pierre EMANUEL

:

Ivan Goll : un beau nom de poète, pour ceux que trois syllabes font rêver d'un univers.... Son destin ? Celui de beaucoup de Jean sans Terre. Nous autres terriens qui savons bien, parfois trop bien d'où nous sommes, pouvons nous les comprendre tout à fait, ces esprits en quête d'une patrie à travers toute une Europe de passage dont les chemins convergent où nous sommes vers cette France où nous vivons d'habitudes et l'étranger d'émerveillements ?

De toute l'Europe, depuis des siècles, tant de Jean sans Terre sont venus se reconnaître dans cette patrie du monde entier que fut et demeure la France, pour ceux qui n'y sont pas nés. Cette patrie dont l'étendue invisible déborde les frontières visibles où nous l'enfermons, et qui est beaucoup plus qu'une terre : un langage commun, une cité spirituelle où ce langage sert de passeport.

         Je ne sais pas grand-chose de la vie d'Ivan Goll. Tout son souvenir terrestre tient, je l'imagine, dans cette petite chambre du palais d'Orsay où sa femme Claire, dont les cheveux sont comme un soleil d'automne, vit au milieu des reliques du poète mort, sous l'oeil de ses portraits à lui, incisifs, inquiétants parfois de présence, tels qu'en lui-même l'ont changé de grands peintres, ses amis. Jean sans Terre aura beau trouver enfin sa patrie, c'est à l'hôtel qu'il devra vivre, un hôtel Terminus ou d'ordinaire on ne séjourne pas. Toute la terre est prise par les autres ; il lui reste le ciel pour domaine et ces quelques plantes grimpantes au balcon de sa chambre, au cinquième étage d'une grande Gare, dans la perpétuelle vibration des départs....

         Ces voyageurs éternels, ces imagination tentaculaires dont le rocher est en fin de compte Paris, qu'est-ce donc qui les séduit si fort dans ce paysage tout de mesure, dont les contrastes ne sont qu'intérieurs, et toujours dominés par une passion infiniment raisonnable,

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